Billets classés sous « États-Unis »

La capacité de se mobiliser rapidement est une des grandes forces de la société américaine. Des mouvements de contestation comme Occupy Wall Street l’ont montré une fois de plus l’an dernier. Des milliers de personnes ont alors dénoncé les dérives du capitalisme financier et les inégalités croissantes entre riches et pauvres. Mais au-delà de l’expression de leur indignation, de plus en plus de jeunes militants cherchent des façons concrètes de changer les choses.

Un de ces moyens est la pétition en ligne. En combinant un vieil outil du militantisme à la force des médias sociaux, des groupes comme Change.org pensent avoir trouvé un moyen redoutable de redonner le pouvoir aux citoyens.

Change.org n’est pas le seul site de pétitions en ligne. SignOn.org, Avaaz, Care2.com offrent aussi ce service aux internautes. Mais l’entreprise veut devenir la référence en ce domaine, une sorte de Facebook ou de YouTube de l’action sociale. Elle est en voie d’y parvenir. La consécration est venue avec l’affaire Trayvon Martin, ce jeune noir tué en février 2012 par un vigile blanc en Floride. Plus de deux millions de personnes ont signé une pétition en ligne sur Change.org pour protester contre la décision des autorités judiciaires de ne pas porter d’accusations contre le meurtrier, qui invoquait la légitime défense.

Avec le succès viennent aussi les critiques, principalement en ce qui concerne le modèle économique de Change.org. La plateforme fait partie d’une nouvelle catégorie d’entreprises aux États-Unis, les B Corporations. Ces compagnies sont à but lucratif, mais elles se donnent aussi une mission sociale. Alors que tout individu peut lancer gratuitement une pétition sur Change.org, l’entreprise tire ses revenus d’organismes à but non lucratif qui, eux, doivent payer pour avoir accès à sa banque de 20 millions de membres.

La formule convient parfaitement à son fondateur Ben Rattray, qui se destinait au départ à devenir un jeune loup de Wall Street. Ben Rattray est persuadé qu’elle permet à son entreprise, dont les revenus ont atteint 15 millions de dollars l’an dernier, d’avoir les moyens de ses ambitions. Par contre, pour ses critiques, cette recherche de profits est inconciliable avec la mission sociale de Change.org et l’éloigne petit à petit de ses idéaux progressistes. Des soupçons qui auraient été confirmés par la récente décision de Change.org de dorénavant offrir à tous ses services payants, plutôt qu’aux seuls organismes qui partagent ses valeurs de justice, d’égalité et d’honnêteté, comme c’était le cas jusqu’à maintenant.

Pour le moment, en tous cas, Change.org connaît une expansion fulgurante. Le chapitre canadien, ouvert il y a moins d’un an, compte déjà près de un million de membres. Ben Rattray rêve maintenant de trouver une façon d’offrir ses services aux populations dans le monde qui n’ont pas d’ordinateurs ou de téléphones intelligents, au moyen des textos.

Les enfants boomerang

Mercredi 31 octobre 2012 à 12 h 36 | | Pour me joindre

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Les États-Unis ressemblent à un édredon tissé de 50 morceaux différents, mais dont les coutures réussissent à tenir le coup quels que soient les attaques et les tiraillements dont il est l’objet. Ce peuple puissant demeure, encore et toujours, celui qui fait le plus rêver les immigrants. Voici les États-Unis : une société bâtie sur une classe moyenne qui se sent au cœur du développement social et économique; un univers créatif où toutes les innovations sont accueillies comme vecteurs de l’autonomie et de la justice; un régime politique où même les membres d’une minorité peuvent se coaliser pour faire évoluer les mentalités.

À la veille du grand rendez-vous électoral américain du 6 novembre 2012, Une heure sur terre vous propose un portrait inédit de cette société qui n’a pas hésité à inclure Dieu dans son parcours en inscrivant sur ses pièces de monnaie et ses billets de banque « In God we trust »!

La famille est le moteur de la société américaine. Or, la grande récession de 2007-2009 a creusé un véritable cratère au cœur du rêve américain. Une fois les cendres de cette explosion volcanique dispersées on a découvert un phénomène insoupçonné, celui des « enfants boomerang ».

Quelques lignes publiées dans le Wall Street Journal au printemps 2012 ont retenu mon attention. On y révélait une statistique étonnante : en moins de 10 ans, le nombre de jeunes âgés de 25 à 34 ans qui vivent encore chez leurs parents a augmenté de 50 %. Depuis 2007, 8 millions de jeunes de 25 à 34 ans sont retournés vivre chez leurs parents. La grande récession est la principale responsable de cette migration.

Pendant quatre jours, le caméraman Martin Cloutier et moi avons été accueillis par une de ces familles en Virginie. Une expérience déroutante.

La classe moyenne frappée de plein fouet

Blacksburg est une ville de 43 000 habitants qui a été qualifiée de « meilleur endroit pour élever des enfants aux États-Unis » par le magazine Businessweek en 2011. On y trouve, entre autres, la célèbre Université Virginia Tech. C’est là que nous avons rencontré la famille Coluni.

Val, le père, a 79 ans. Sa femme, Ginny, a 75 ans. Ils ont eu trois enfants dont Maribeth, 35 ans, infirmière responsable du programme de prévention et de contrôle des infections à l’hôpital régional. Salaire : 60 000 $ par année. Son conjoint, Herbie, travaille à la cafétéria de Virginia Tech, où il gagne 15 000 $ par année. Ils ont deux enfants, un garçon de 2 ans et une fille de 10 ans.

Il y a deux ans, cette jeune famille a basculé dans la pauvreté au point de n’avoir d’autre choix que venir s’installer au sous-sol de la maison des parents. On ne parle pas ici de chômeurs, mais d’un couple dont le revenu annuel est de 75 000 $. C’est le cœur de la classe moyenne!  Que s’est-il donc passé pour en arriver là? Ils nous ont tout raconté. Mais, surtout, nous nous sommes intéressés à l’impact que ce retour dans la maison des parents retraités peut avoir.

À l’échelle du pays, le portrait est réfrigérant.

En juin 2012, la Réserve fédérale américaine révélait que la valeur nette médiane de l’avoir des familles avait perdu 40 %, effaçant 18 ans de richesse accumulée.

Aujourd’hui, le tiers des parents américains qui ont des enfants de 25 à 34 ans ont accueilli au cours des dernières années un de leurs enfants adultes à la maison. À ce jour, 17 % de la population américaine — 52 millions de personnes — vit dans une maison « intergénérationnelle ».

Quelques statistiques :

  • 60 % des parents ont contribué récemment au soutien financier de leurs enfants adultes;
  • 26 % ont augmenté leur endettement;
  • 7 % ont retardé l’âge de la retraite.

Même si les Coluni ne prévoient le départ de la famille de leur fille que dans deux ans, le retour à la maison familiale de cette enfant boomerang montre à quel point la solidarité demeure au coeur des valeurs défendues depuis longtemps par les Américains. Malgré les malheurs, on trouve toujours une fenêtre qu’on peut ouvrir avec optimisme sur l’avenir.

Être homosexuel et mormon : un combat contre le suicide

La statistique fait frémir : 74 % des étudiants homosexuels ont pensé un jour se suicider en Utah. À Provo, troisième ville de l’État, la célèbre Université Brigham Young – contrôlée par l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours – a fait la chasse aux homosexuels sur son campus jusqu’en 2007. Récemment, une vingtaine d’entre eux ont eu le courage de produire une vidéo dans laquelle ils faisaient un coming out, une sortie du placard publique, sur YouTube. Il fallait du courage, mais, aussi, ils pouvaient compter sur un profond changement survenu dans la société mormone de l’Utah au cours des 10  dernières années.

En 2001, j’avais le privilège d’assister à la première réunion des gais et lesbiennes à Salt Lake City, où l’on mettait sur pied Equality Utah, un comité d’action politique qui allait se charger d’amasser des fonds pour soutenir la candidature des politiciens qui acceptaient de voter une loi contre la discrimination. Onze ans plus tard, je suis retourné voir ce qu’était devenue cette organisation. Cette histoire illustre bien comment, aux États-Unis, la mobilisation et l’organisation sociale et politique mènent à des changements majeurs. Tout cela se passe dans un des États les plus conservateurs du pays, l’Utah, dont le mormon le plus célèbre en 2012 est justement le candidat républicain à la présidence, Mitt Romney.

Yémen : la guerre d’Obama

Jeudi 25 octobre 2012 à 10 h 17 | | Pour me joindre

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@mebedardSRC

 Le Yémen, l’Arabie heureuse. Une atmosphère qui rappelle les contes des Milles et une nuits règne toujours dans certains coins du Vieux Sanaa avec ses hauts murs de pierres et ses mosquées millénaires. Mais au détour des rues étroites et sinueuses qui témoignent d’un passé riche d’une longue tradition de culture islamique, on découvre vite un pays en crise profonde.

Des enfants dans une rue de la vieille ville de Sanaa, un site protégé de l'UNESCO.

Des enfants dans une rue de la vieille ville de Sanaa, un site protégé de l’UNESCO.

Un bidonville de la capitale Sanaa

Un bidonville de la capitale Sanaa

Même les enfants consomment le qat, une plante euphorisante dont les effets sur la santé sont désastreux.

Même les enfants consomment le qat, une plante euphorisante dont les effets sur la santé sont désastreux.

Le Yémen est pauvre et manque de presque tout. Même s’il est entouré d’eau, seule une petite partie de sa population a accès à de l’eau potable. Le taux de chômage y est catastrophique et la majorité de la population qui n’a pas assez à manger est droguée au qat, cette herbe amère et euphorisante que les trois quarts des Yéménites mâchent pendant de longues séances de discussion. Au marché, dans les ministères et même au combat, on croise des hommes, des femmes et des enfants à la joue anormalement gonflée par leur chiquée de qat.

Le rite social est une des rares distractions que peut s’offrir le peuple yéménite, mais c’est aussi un fléau social. Au moment où Sanaa est en voie de devenir la première capitale au monde complètement privée d’eau, 60 % de l’eau irriguée passe à la culture du qat. C’est sans compter les effets néfastes sur la santé et l’économie. Le Yémen donne l’impression de se mâcher à mort.

À midi, les vendeurs de qat, qui sont par centaines à Sanaa, font de bonnes affaires.

À midi, les vendeurs de qat, qui sont par centaines à Sanaa, font de bonnes affaires.

Mais surtout, le Yémen est un pays sous l’emprise d’Al-Qaïda. Et c’est pour ça que nous y sommes venus, le caméraman Sylvain Castonguay et moi.

Les fantômes du passé

« Tout est la faute de Saleh », nous dira-t-on un peu partout. Ali Abdallah Saleh, le président déchu, celui qui avait régné d’une main de fer sur son pays pendant près de 30 ans, s’était fait l’allié des Américains dans la guerre contre le terrorisme. Le Yémen a reçu beaucoup d’argent des États-Unis pour lutter contre le terrorisme, plus de 250 millions de dollars selon un rapport du Congrès, au cours de la dernière décennie. Mais c’était jusqu’à ce que les Américains, ne pouvant peut-être plus ignorer la violence avec laquelle le président Saleh a réprimé les foules réclamant son départ, le larguent. Deux mille personnes ont perdu la vie au cours des 11 mois qu’a duré la révolte.

En pleine tourmente, Al-Qaïda s’est emparée de provinces entières dans le sud du pays, une des conséquences les plus désastreuses de cette douloureuse transition politique. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire complexe du pays que des guerriers djihadistes débarquent dans cette région.

Le Yémen unifié est un jeune pays. En 1990, le sud communiste et le nord se sont réunis. Mais une guerre civile a vite éclaté. Le président Saleh a accueilli des combattants islamistes, des vétérans d’autres conflits comme la guerre contre l’empire soviétique en Afghanistan, pour écraser le mouvement séparatiste du sud. Bon nombre d’entre eux sont restés. En 2009, d’autres sont venus gonfler les rangs d’un réseau déjà bien établi.

À Aden, ville principale du Sud, l'ancien drapeau flotte toujours et rappelle un important mouvement séparatiste parfois violent, malgré l'unification du pays en 1990.

À  Aden, ville principale du Sud, l’ancien drapeau flotte toujours et rappelle un important mouvement séparatiste parfois violent, malgré l’unification du pays en 1990.

La révolte populaire a offert l’occasion pour Al-Qaïda de solidifier ses bases, et Ansar Al-Sharia est né. Les partisans de la charia, la loi islamique, ne sont qu’un pseudonyme pour Al-Qaïda selon le Département d’État américain, une façon de refaire son image auprès des populations locales. Ce sont eux qui ont tenté l’expérience de la gouvernance dans les provinces d’Abyan et de Shabwha après avoir mené les troupes du gouvernement à battre en retraite.

Une rencontre avec Ansar Al-Sharia

Difficile de faire un reportage sur les frappes de drones américains au Yémen sans parler avec ceux qui en sont la cible. À l’aide de contacts locaux, nous nous étions entendus pour un entretien. La seule condition posée par mon interlocuteur : je devrais me couvrir de la tête aux pieds. Mais à la veille de notre rencontre prévue avec un chef d’Ansar Al-Sharia, le doute s’installe.

Et si c’était un piège? Après tout, l’organisation s’est déclarée en guerre contre l’Occident et nous pouvions en être perçus comme les représentants. Nous mesurions tout le poids des conséquences si la rencontre devait mal tourner. Nous ne sommes jamais seuls dans l’exercice du métier à l’étranger. Nos dévoués collaborateurs locaux, nos guides-interprètes, qui s’efforcent avec nous d’obtenir les accès et les entrevues essentiels à nos reportages, peuvent payer cher leur association à des étrangers. Ils restent derrière avec les leurs quand nous montons à bord de l’avion du retour.

Le cheik Abu Ghanem arrive avec quelques minutes de retard dans le petit hôtel du centre-ville que nous avions choisi, simplement parce qu’il ressemble à tous les autres hôtels fréquentés quasi uniquement par une clientèle locale. L’homme se décrit comme un chef de la branche politique d’Ansar Al-Sharia. Après avoir pensé au pire, ce qui nous troublera finalement le plus de cette rencontre, c’est d’être devant un être on ne peut plus humain, faisant même des blagues sur les ceintures d’explosifs tout en nous parlant de ses enfants et de son père mort récemment. Il est là le malaise : derrière les actes horribles et innommables des terroristes, se trouvent des hommes en chair et en os.

Le caméraman Sylvain Castonguay en compagnie d'une unité des Forces spéciales avec laquelle nous sommes allés à Jaar, une ville ou Al-Qaïda avait établi son gouvernement islamique.

Le caméraman Sylvain Castonguay en compagnie d’une unité des Forces spéciales avec laquelle nous sommes allés à Jaar, une ville ou Al-Qaïda avait établi son gouvernement islamique.

Malgré la campagne aérienne des Américains, Al-Qaïda et Ansar Al-Sharia demeurent une menace dans la Péninsule arabique. Le leadership des organisations a été lourdement déstabilisé, mais leur force de frappe ne semble pas diminuée. La semaine dernière seulement, une voiture piégée a réussi à pénétrer dans une baraque militaire aux abords de la ville de Jaar. L’attaque a fait plus de 20 morts, 12 étaient des soldats. Les autres étaient des hommes d’Al-Qaïda à bord du véhicule.

Tout est la faute de Saleh  donc… et des Américains. Les gens que nous avons rencontrés dans les villes détruites, après l’année de combats féroces qui vient de s’écouler, ne pardonnent pas aux États-Unis leur appui au gouvernement de l’ex-président Saleh. Ils les tiennent pour responsables de toutes les années de corruption, de difficultés économiques et d’insécurité.

Un nouveau gouvernement est maintenant en place. Dans une élection au candidat unique le printemps dernier, l’ancien vice-président a été élu pour mener un processus de réconciliation nationale. Le président Abd Rabbo Mansour Hadi peut à son tour compter sur l’aide américaine pour redresser son pays. Il a d’ailleurs salué les frappes de drones des Américains au Yémen. Mais sa proximité avec les Américains lui vaut la méfiance d’un peuple qu’il ne contrôle pas complètement. Les fractures nombreuses et profondes au Yémen semblent bien loin de se résorber.

Regardez le reportage diffusé à Une heure sur terre le 26 octobre

Pour en savoir plus :

http://www.longwarjournal.org/

http://bigthink.com/blogs/waq-al-waq

 

 

Je me suis rendu à New York avec le caméraman Alfonse Mondello pour comprendre comment sorganise la lutte contre la corruption et voir aussi sil ny a pas quelques leçons à tirer de la longue expérience des autorités new-yorkaises dans ce domaine.

Il faut dire que dans la Big Apple  la corruption ne date pas dhier. Dans le reportage, nous montrons que la construction de quelques-uns des bâtiments historiques les plus connus de la ville a été entachée par des scandales, des rackets et des trafics de toutes sortes.

La corruption dans lindustrie de la construction sest érigée en système à partir des années 1920. Des membres de la Cosa Nostra, la mafia sicilienne, nouvellement arrivés à New York, ont alors pris graduellement le contrôle des chantiers.

Le pouvoir de la mafia new-yorkaise sur lindustrie a atteint son apogée dans les années 1980. Les cinq clans mafieux qui régnaient sur la ville accaparaient une bonne part des contrats de travaux publics. Une situation qui nest pas sans rappeler celle que lon découvre aujourdhui au Québec.

Les pratiques illégales et les stratagèmes de corruption utilisés par la mafia new-yorkaise ressemblent étrangement à ceux décrits par nos collègues de lémission Enquête et par les témoins de la Commission Charbonneau.

Or, aujourdhui, la situation a complètement changé à New York. Un des acteurs de la lutte contre la corruption que nous avons interviewés va même jusquà dire que la ville a été « libérée de lemprise de la mafia ».

Mais que sest-il passé? Comment les autorités new-yorkaises ont-elles réussi à remettre de lordre dans lindustrie de la construction?

Comme on le montre dans le reportage, le combat sest fait sur plusieurs fronts. Dabord, le Construction Industry Task Force a été créé. Il sagit dun groupe dintervention chargé denquêter et de mettre fin à la suprématie du crime organisé sur les chantiers de construction. Cinq ans denquête qui vont mener à des arrestations massives et donner un dur coup à la mafia new-yorkaise.

De plus, et cest fondamental, plusieurs des recommandations faites par les experts du groupe dintervention nont pas été tablettées à la fin de lenquête. Elles ont été mises en pratique.

Les autorités municipales ont mis en place de nouvelles mesures administratives pour empêcher lattribution de contrats de travaux publics aux entreprises liées à la mafia. Comme le montre aussi notre reportage, lexécution même des travaux est maintenant surveillée par des experts de la lutte à la corruption.

Plus de pouvoirs ont aussi été conférés au Department of Investigation (DOI), lescouade anticorruption de la ville de New York. Les outils légaux et les effectifs dont dispose maintenant le DOI feraient rougir denvie les enquêteurs de lUPAC, lUnité permanente anticorruption du Québec.

Bref, à New York, ce qui aura permis de faire un grand ménage dans lindustrie de la construction, cest une réelle volonté politique, des arrestations massives et ladoption des recommandations des experts de la lutte contre la corruption.

Nous verrons dans les mois qui viennent si le Québec suivra la même voie.

Il reste quà New York, le travail est loin dêtre terminé. Même si les familles mafieuses ne sont plus que lombre delles-mêmes, elles sont encore très habiles à tirer profit des moindres faiblesses du système.

À la fin du reportage, on découvre que des entreprises liées au crime organisé ont réussi encore récemment à infiltrer lun des chantiers les plus surveillés de la planète, devinez lequel…

Références :

http://www.nyc.gov/html/doi/html/home/home.shtml

Portrait de la mafia new-yorkaise selon le FBI.

http://www.fbi.gov/about-us/investigate/organizedcrime/italian_mafia

Reportage sur la lutte anticorruption à New York Téléjournal

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/09/28/009-newyork-doi-corruption.shtml

La planète monde évolue tellement rapidement qu’on ne peut plus être indifférent à l’éducation qu’on offre aux générations montantes. Partout dans le monde, les questions liées à l’éducation prennent de plus en plus d’importance. Aux États-Unis, le président Barack Obama a lancé un fonds destiné à aider les États à favoriser l’innovation en éducation. 

En Inde, le gouvernement encourage les grandes universités étrangères à ouvrir des campus pour aider le système d’éducation à faire face à la hausse de la demande. En Chine, des jeunes se suicident parce qu’ils n’arrivent pas à se classer dans les examens qui déterminent l’attribution des places encore trop rares dans les grandes écoles.

Cette semaine, à Une heure sur terre, nous poursuivons notre série de deux reportages sur un sujet qui préoccupe de plus en plus de gens dans le monde de l’éducation : quelle est la solution miracle pour améliorer la performance des écoles?

Un nombre croissant de pays croient que la qualité des enseignants peut faire toute la différence. Et on cherche le professeur idéal. Au Québec, le sujet a soulevé des passions récemment lorsque François Legault a proposé d’augmenter les salaires des enseignants, mais en contrepartie de remettre en question leur sécurité d’emploi, lorsqu’ils sont jugés incompétents. Le chef de la Coalition avenir Québec a reculé depuis, mais cette idée n’était pas nouvelle.

Le cas de Washington

Dans son premier reportage la semaine dernière, notre collègue Chantal Lavigne s’est rendue à Washington, la capitale des États-Unis, qui détient le triste record des pires écoles publiques du pays.

À Washington, les autorités ont décidé de prendre les grands moyens pour améliorer la performance des enseignants en s’attaquant aux professeurs incompétents. Un peu comme François Legault le propose. 

C’est la méthode dure dont s’inspire aussi le président Obama dans son programme Race to the top, lancé à l’échelle nationale pour remonter le niveau des écoles publiques. Mais la méthode dure est déjà fortement contestée aux États-Unis, comme en témoigne un article publié cette semaine dans le New York Times.

La méthode douce en Finlande

Il y a d’autres approches qui ont déjà donné des résultats très probants. Dans un deuxième reportage qui sera diffusé le vendredi 2 décembre, notre journaliste Chantal Lavigne s’est rendue en Finlande, où le système d’éducation publique est tellement performant qu’il fait l’envie du monde entier.  

Les Finlandais ont adopté une stratégie aux antipodes de Washington. On a plutôt décidé de miser sur la qualité des enseignants en valorisant davantage leur emploi. Les enseignants sont soigneusement choisis. Les listes d’attentes dans les universités sont aussi longues que pour les médecins ou les avocats. Les enseignants sont bien formés, et ils sont considérés comme des experts à qui on fait confiance.

L’approche a eu un tel succès, que la Finlande est depuis quelques années aux premiers rangs dans le classement international PISA, publié chaque année par l’OCDE, qui mesure l’apprentissage des élèves dans plusieurs pays. 

Deux expériences intéressantes à connaître, qui témoignent de l’urgence de réfléchir sur nos méthodes en éducation dans un monde en plein bouleversement.