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Le Plan Sud du Chili

Vendredi 19 octobre 2012 à 11 h 57 | | Pour me joindre

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jmleprince

Au Québec, le nouveau gouvernement du Parti québécois veut reprendre à son compte le Plan Nord du gouvernement Charest. Mais il veut davantage le planifier et engager totalement les populations locales.

À l’extrême sud du continent, au Chili, il existe un projet semblable pour développer l’hydroélectricité de la Patagonie, qui servirait en partie l’énorme industrie minière du pays. Mais c’était sans compter sur une opposition farouche des écologistes et surtout de la population locale de la région d’Aysen, au centre de la Patagonie. Ils se sont révoltés.

Le fjord d'Aysen, en Patagonie
Le fjord d’Aysen, en Patagonie

Jean-Michel Leprince (à gauche) en compagnie d'Ivan Fuentes, pêcheur artisanal qui est devenu l'emblème de la révolte des gens d’Aysen.
Jean-Michel Leprince (à gauche) en compagnie d’Ivan Fuentes, pêcheur artisanal qui est devenu l’emblème de la révolte des gens d’Aysen.

L'humble « chaumière » d'Yvan Fuentes
L’humble « chaumière » d’Yvan Fuentes

Ivan Fuentes, pêcheur artisanal et syndicaliste, est devenu le chef naturel, emblématique de la révolte des gens d’Aysen. Sa réputation de meneur intelligent, rassembleur et modeste a fait le tour du pays. Les partis politiques le courtisent. Phénomène rare, c’est un Chilien à surveiller.

Le pont de Puerto Aysen, symbole des affrontements avec la police
Le pont de Puerto Aysen, symbole des affrontements avec la police

Le pont de Puerto Aysen est resté le symbole des violentes manifestations qui ont opposé les habitants aux forces de police en février 2012.

Puerto Chacabuco
Puerto Chacabuco

Ils protestaient d’abord contre le centralisme de Santiago, l’isolement de la Patagonie. Le manque de routes. Le bateau est le moyen de transport le moins coûteux, mais le plus long.

La carretera austral (Ruta 7)

Route légendaire à cause des paysages extraordinaires qu’elle traverse. Le dictateur Augusto Pinochet l’a commencée en 1975. Elle devait joindre Puerto Montt, la « Porte de la Patagonie » et Punta Arenas, 2286 kilomètres au sud, à la pointe du continent. Elle n’a jamais été terminée. Une partie infime de la route est asphaltée. Le reste est du gravier. Elle est coupée à plusieurs reprises, il faut prendre un traversier. Pour la terminer, il faudrait traverser deux parcs naturels privés, Pumalin, propriété du fondateur de la compagnie North Face, Douglas Thomkins. Il ne veut rien savoir.

Cette route, commencée par le dictateur Augusto Pinochet, n'a jamais été terminée.

Ce portique n’existe plus de nos jours.

Cette route, commencée par le dictateur Augusto Pinochet, n’a jamais été terminée.

Le projet d’HidroAysen

Les écologistes s’opposent aux projets de construction de centrales hydroélectriques dans l’Aysen. Le projet qu’ils visent le plus est celui de la compagnie privée d’HidroAysen, qui veut construire cinq barrages sur les fleuves Baker et Pascua.

Un hélicoptère de la compagnie HydroAysen, qui veut construire cinq barrages en Patagonie.
Un hélicoptère de la compagnie HydroAysen, qui veut construire cinq barrages en Patagonie.

Le gouvernement y ajoutera une ligne de transmission publique vers Puerto Montt, qui se connectera au réseau central et alimentera Santiago et la puissante industrie minière du nord. Les gens d’Aysen sont divisés et se demandent ce qu’ils y gagneront.

Sylvain Castonguay, cameraman, le pilote, German Wulf Gonzales, HidroAysen, Fernando Grarabito, recherchiste.

Les négociations entre le gouvernement et les gens d’Aysen sur les projets hydroélectriques, l’isolement et le manque d’infrastructures en santé et en éducation sont pratiquement rompues. Le gouvernement de Sebastian Piñera a soumis le projet de ligne électrique au Congrès pour accélérer sa construction, au grand dam des écologistes.

La population d’Aysen a le sentiment que s’il y a une sorte de « Plan Sud » au Chili (le gouvernement a des plans nommés Plan austral, Plan Aysen, Plan de développement des régions extrêmes), il n’est pas très bien planifié et ne tient pas compte de leurs besoins et de leurs revendications.

À ne pas manquer : mon reportage à Une heure sur terre le 19 octobre

L’émission de télévision Une heure sur terre proposera, le vendredi 19 octobre à 21 h, deux reportages qui devraient avoir une résonance particulière pour la société québécoise.  Le premier reportage porte sur le Department of Investigation, l’équivalent new-yorkais de l’Unité permanente anticorruption qui existe au Québec.  L’autre reportage porte sur le Plan Sud chilien proposé par l’administration du président Sebastian Piñera et qui ressemble, à certains aspects, au Plan Nord proposé au Québec.

Les situations vécues à New York et au Chili ont-elles des enseignements qui pourraient nous être utiles ici et inspirer nos décideurs?  Je vous en laisse juger par vous-mêmes.

Lutte à la corruption, l’exemple de New York

Le Department of Investigation (DOI) de la ville de New York a servi de modèle à la constitution de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) au Québec. Depuis des années, New York a fait le ménage dans l’attribution de ses contrats de travaux publics. Le DOI a des pouvoirs qui dépassent ceux du FBI. L’agence a procédé à 806 arrestations en 2011 et a permis à la ville de recouvrer plus de 500 millions de dollars à ce jour.

Parmi les personnes arrêtées se trouvait une conseillère municipale du quartier de Brooklyn à qui un entrepreneur offrait une maison. André Gariépy nous raconte les succès du DOI et nous permet de comprendre comment New York a réussi à mettre de l’ordre dans l’attribution de ses contrats de travaux publics.

Le Plan Sud du Chili

Le Québec a son « Plan Nord », le Chili, son « Plan Sud ». Une heure sur terre présente  un reportage exceptionnel de Jean-Michel Leprince sur les plans de développement du gouvernement de Sebastián Piñera pour la Patagonie. Comme le Québec, le Chili est riche en matières premières, particulièrement en minéraux. D’autre part, le sud du Chili dispose d’un potentiel hydroélectrique important, autant d’avantages dont veulent profiter le gouvernement chilien et des investisseurs privés. Mais tout comme au Québec, le développement des régions éloignées ne va pas sans opposition.

Aussi dans cette émission :

Être femme en Israël

Lors de la création d’Israël, peu de femmes dans le monde pouvaient revendiquer autant de droits et de libertés que les Israéliennes. À l’origine, les ultrareligieux ne formaient qu’une toute petite partie de la population juive d’Israël. Mais aujourd’hui, leur nombre a grandi et leur influence se fait sentir dans plusieurs aspects de la société. Leur vision des rapports entre les hommes et les femmes tient davantage du modèle patriarcal que de l’égalitarisme. Dans ce reportage fascinant, Luc Chartrand nous montre la lutte de femmes israéliennes contre l’autoritarisme d’un autre âge des religieux ultraorthodoxes. Des scènes qui ne sont pas sans rappeler certains accommodements dits « raisonnables. »

UNE HEURE SUR TERRE�
Vendredi 19 octobre, 21 h
Rediffusion dimanche à 20 h sur RDI
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