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Depuis l’an dernier, plus de la moitié de la population mondiale vit maintenant en ville. Au cours des deux dernières décennies, on a assisté en Chine, par exemple, à une des plus grandes migrations de l’histoire de l’humanité : des centaines de millions de gens ont quitté les campagnes pour s’établir dans les grands centres urbains.

Résultat, en plus des grandes mégapoles comme Pékin, Qongqing ou Shanghai, qui regroupent chacune près de 20 millions d’habitants, le pays compte une cinquantaine de villes dont la population oscille entre un et cinq millions de gens. Des villes comme Zibo ou Shijiazhuang,  dont on ne parlait même pas il y a 30 ans dans le monde. Et le phénomène n’est pas unique à la Chine. Parmi les grandes mégapoles de la planète, on peut nommer Jakarta, en Indonésie, Mumbai (Bombay), en Inde, ou Mexico. 

L'avenue Bourguiba et le Théâtre national, au centre de Tunis. Photo : Sophie Langlois

Si les êtres humains quittent les campagnes, c’est parce qu’ils trouvent en ville les services, les emplois et les produits qui peuvent améliorer leur vie. Mais tout cela a un prix. La vie en ville coûte cher. Trois de nos correspondants à Moscou, à Paris et à Pékin ont magasiné pour un appartement dans leur ville respective, avec l’équivalent du prix moyen qu’ils paieraient pour une maison à Montréal, soit 280 000 $. Dans les trois cas, avec ce montant, les habitants de Paris, Moscou et Pékin vivraient dans un taudis ou un placard.

Paris

À Moscou, l’exode vers la ville s’est accentué dès la chute du communisme. Résultat, la capitale russe est aujourd’hui la ville la plus populeuse d’Europe, mais aussi la plus chère. Le prix du mètre carré au centre de Moscou est deux fois plus cher qu’à Paris. 

La ville comporte aussi des défis colossaux de salubrité, d’approvisionnement et de sécurité. C’est ainsi qu’en Chine, une cinquantaine de villes connaissent des problèmes majeurs d’affaissement de terrain parce que l’urbanisation à outrance a vidé les nappes phréatiques qui ne suffisent plus à approvisionner les villes en eau.   

À São Paulo, la mégapole brésilienne, une nouvelle favela se crée tous les huit jours. Essentiellement des gens pauvres qui viennent des campagnes, qui squattent des terrains et les transforment du jour au lendemain en villages de carton et de métaux recyclés.  

En fait, dans les villes des pays en émergence, les nouveaux citadins s’installent la plupart du temps dans ces bidonvilles — des cités temporaires en marge des centres urbains —, qui deviennent rapidement des concentrations permanentes de misère et de violence. 

C’est ce qui s’est passé à Caracas, la capitale du Venezuela, où plus de 50 % de la population vit dans les barrios, où la violence atteint des niveaux record. On compte en moyenne plus de 50 meurtres par jour dans la capitale vénézuélienne. Il y en a eu 19 000 en 2011.   

La ville sera de plus en plus le mode de vie de prédilection des habitants de la planète. L’avenir de la vie en ville constitue par contre un défi de taille pour les urbanistes et les architectes. Ils devront inventer de nouvelles solutions pour faire face à l’attraction des concentrations urbaines. 

Certains pensent que plutôt que de développer à outrance des mégapoles ingérables, il faut entourer les grands centres urbains de villes moyennes, où la vie collective est plus humaine et mieux gérable, et qui seraient reliées aux centres par des systèmes de transport efficaces. Bientôt, Strasbourg, une ville française de taille moyenne très innovatrice en terme d’urbanisme, ne sera qu’à une heure à peine en train de Paris.

Strasbourg, la nuit. Photo : Maxence Bilodeau

Quelle sera la ville de demain? Cette question, qui a de tout temps fait rêver les artistes et les amateurs de futurologie, est plus que jamais pertinente.

À consulter :

Article du Courrier international sur les problèmes d’affaissement des villes chinoises 

Document de l’UNFPA sur l’évolution de la population urbaine mondiale 

Photo : Alfonse Mondello

Le printemps arabe a attiré les journalistes du monde entier, mais il a fait fuir les touristes dans l’ensemble du Moyen-Orient. Qu’on pense, en plus de l’Égypte, à la Tunisie, la Syrie, la Jordanie et à d’autres pays de la région comme le Liban, Israël et la Palestine. En fait, tous les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, à l’exception des pays du golfe Persique, ont subi des diminutions draconiennes de leur taux de fréquentation touristique depuis le début du printemps arabe.

Et la situation n’est pas près de se rétablir parce que la situation politique et la sécurité dans tous ces pays resteront mouvementées pendant quelques années. En outre, l’arrivée au pouvoir de partis islamistes dans plusieurs de ces pays pourrait aussi, à maints égards, retarder un retour à la normale.

Le tourisme est une industrie sensible et le moindre soubresaut dans l’actualité fait fuir la clientèle qui choisit aussitôt d’autres destinations parmi les centaines d’autres dans le monde. C’est ainsi que l’Égypte vient de lancer une campagne mondiale de publicité pour convaincre les touristes de revenir. Les voyagistes québécois vont bientôt relayer ici aussi cette campagne.

Ironiquement, malgré cette crise, l’Égypte va peut-être réussir éventuellement à relancer son industrie touristique grâce aux changements qu’on observe dans ce secteur à l’échelle mondiale. Loin de se décourager de la baisse actuelle de fréquentation, le ministère égyptien du Tourisme prévoit en fait doubler le nombre de visiteurs étrangers au cours des prochaines années en misant en particulier sur la Chine.

On dit que plus de 60 millions de Chinois voyagent à l’étranger chaque année, et ce nombre augmente de 20 % par an. Cela veut dire 14 millions de touristes de plus chaque année dans les circuits touristiques du monde entier, seulement en provenance de la Chine. À cela, il faut ajouter les Russes, les Brésiliens et surtout les Indiens. Bref, les marchés émergents sont un réservoir de clientèle fabuleux pour les entreprises et les pays qui vivent de tourisme. 

Photo : Alfonse Mondello

En Égypte, c’est 1 emploi sur 7 qui dépend directement de cette industrie, et 12 % du PIB. C’est énorme. Le tourisme a aussi une importance économique cruciale en Tunisie, en Jordanie et en Syrie, des pays sans ressources naturelles, où dans les circonstances, cette industrie est complètement à plat. 

Photo : Alfonse Mondello

La question du tourisme a aussi été au cœur des discussions entre le premier ministre Harper et ses interlocuteurs chinois récemment. Le gouvernement canadien a signé en 2009 — très tard, par rapport à d’autres pays comme la France — un accord avec la Chine dans le domaine touristique, en vertu duquel le Canada s’est vu accorder le statut de destination approuvée par Pékin. Le nombre de visiteurs chinois au Canada a augmenté d’environ 25 % depuis. Au cours des 11 premiers mois de l’année 2011, on estime que 232 000 touristes chinois ont visité le Canada. 

C’est ainsi que durant sa récente tournée en Chine, Harper a procédé à l’ouverture officielle d’un nouveau centre de la Commission canadienne du tourisme (CCT)  à Pékin. Il s’agissait là du lancement de la campagne de marketing touristique 2012 en Chine de la CCT.

Nous aussi, en fait, nous comptons sur les marchés émergents pour rehausser notre industrie touristique un peu stagnante, surtout depuis que les Américains nous boudent parce que notre dollar est en hausse. 

Le tourisme dans le monde va d’ailleurs évoluer beaucoup au cours des prochaines années pour s’adapter à toutes ces nouvelles clientèles. Une évolution qui sera aussi influencée par les nouveaux médias comme Facebook, qui favorisent une transmission rapide des modes et des tendances dans le monde.

Le tourisme de niche, par exemple, prend de plus en plus d’importance avec l’arrivée massive des baby-boomers à la retraite. Ceux-ci veulent voyager différemment, comme ils ont vécu leur vie active : des voyages taillés sur mesure, personnalisés. De plus en plus d’agences s’intéressent à ce marché en expansion. C’est ainsi que de nouvelles destinations exotiques s’ouvrent aux touristes en mal de nouveautés. Citons les cas de l’Ouzbékistan ou de la Mongolie, par exemple. Deux destinations maintenant très à la mode. 

Cette semaine, à Une heure sur terre, Jean-Michel Leprince nous emmène en Colombie, un pays déchiré jusqu’à tout récemment par la terreur des barons de la drogue et la présence, sur une grande partie du territoire, d’une guérilla féroce, les FARC, les Forces armées révolutionnaires de Colombie. Sur ces territoires où régnaient les FARC, le gouvernement, avec l’aide de l’armée, a réussi à développer un tourisme très exotique, là où il y a quelques mois encore, la guérilla détenait des otages célèbres comme l’ancienne politicienne Ingrid Betancourt.

Enfin, l’enrichissement foudroyant des plus riches dans le monde transforme aussi le tourisme de luxe. C’est ainsi que les safaris de chasse aux espèces animales menacées en Afrique suscitent de plus en plus d’attrait auprès des touristes fortunés qui sont prêts à débourser des dizaines de milliers de dollars pour un rhinocéros ou un éléphant. Bientôt, d’autres seront prêts à payer 200 000 $ et plus pour participer à un vol suborbital de quelques minutes. Virgin a déjà développé son propre appareil pour être la première entreprise à conquérir ce marché prometteur.

Comme tous les secteurs de l’économie, le tourisme devra faire des pas de géants au cours des prochaines années pour s’adapter à l’évolution de la planète.

Voir les tendances prévues par l’OMT (Organisation mondiale du tourisme)

 

Place Tahrir, le 25 janvier 2012. Photo : Alfonse Mondello

On me demande souvent : « À ton avis, le printemps arabe, est-ce que cela valait la peine pour les populations de tous ces pays? »  Un ex-politicien très connu ici me disait récemment : « Vous, les journalistes, vous avez glorifié les révoltes dans le monde arabe, mais ça n’a contribué qu’à amener au pouvoir des religieux fanatiques! »

Un an après le tsunami qui a secoué les régimes dictatoriaux du monde arabe, l’heure est aux bilans. Et sous certains aspects, on peut se demander, en effet, si la révolution qui a déferlé sur plusieurs pays de différentes façons a produit les résultats que ceux qui l’ont déclenchée espéraient.

 Il est vrai, par exemple, qu’à la faveur des élections qui ont suivi la révolte, les partis islamistes ont accédé au pouvoir dans la plupart des pays touchés. Ils composent maintenant la majorité du gouvernement au Maroc, la majorité du Parlement en Tunisie et en Égypte. Ils contrôlent le Conseil national de transition en Libye, et ils constituent la principale force d’opposition au régime de Bachar Al-Assad en Syrie.

Avec l’arrivée au pouvoir des islamistes, les droits des femmes vont-ils reculer, les minorités religieuses vont-elles souffrir d’ostracisme encore davantage? Vont-ils respecter les règles fondamentales de la démocratie?

Un an après le déclenchement du printemps arabe, on peut aussi se demander si les dictateurs qui étaient ciblés par les révoltes ont vraiment été éliminés. En Égypte, le Conseil suprême des forces armées, qui avait appuyé la dictature de Moubarak pendant trente ans, est encore le seul organe qui décide des destinées du pays. C’est lui qui nomme le gouvernement, contrôle la police, décide des lois adoptées par le Parlement et fixe les conditions des échéances électorales.

En Tunisie, malgré la chute brutale de Ben Ali, la clique qui a détourné pendant toutes ses années de pouvoir les fonds publics est encore très active dans le pays. Au point que les Tunisiens disent à la blague, Ali est parti depuis des mois, mais ses quarante voleurs sont encore là.

En Libye, malgré la mise en échec complète de la famille Kadhafi, des anciens du régime siègent au Conseil national de transition. Et le pouvoir des armes, maintenant entre les mains des anciens rebelles, menace chaque jour de relancer les hostilités.

Puis, il y a la situation économique. Dans tous les pays bouleversés par le printemps arabe, les motifs qui avaient entraîné les populations dans la rue sont encore très présents aujourd’hui. Le chômage et les inégalités sociales, qui avaient poussé le jeune Mohammed Bouazizi à s’immoler par le feu, font rage encore aujourd’hui.

Malheureusement, la révolution a ralenti encore davantage des économies déjà éprouvées par la corruption extrême et le clientélisme. Et l’instabilité va probablement durer encore plusieurs années. 

Place Tahrir, le 25 janvier 2012. Photo : Alfonse Mondello

Il y a donc plusieurs raisons de désespérer des résultats de cette année de bouleversements dans le monde arabe. Mais qu’en pensent les populations qui ont elles-mêmes lancé ce vaste mouvement de raz le-bol? Il fallait être au Caire, le 25 janvier dernier, à la place Tahrir, avec, selon certaines estimations, près de 3 millions de personnes venues marquer le premier anniversaire de la révolution, pour comprendre à quel point les Égyptiens, par exemple, sont fiers de ce qu’ils ont accompli. Si certains se désolent de la victoire des islamistes aux élections, ce n’est que pour se dire aussitôt qu’ils se battront mieux la prochaine fois pour eux-mêmes se faire élire.

Mes collègues Sophie Langlois et Christine Campestre ont retrouvé en Égypte trois de ces jeunes héros qui, un an plus tôt, avaient animé le mouvement de révolte contre Moubarak. Ramy Essam, le chanteur révolutionnaire, dont la chanson « Irhal » a fait le tour du monde et a procuré la joie aux foules du Caire. Samira Ibrahim, la courageuse, qui a poursuivi l’armée égyptienne pour avoir imposé aux femmes arrêtées par les forces de l’ordre le fameux test de virginité violent et humiliant. Et Abdul-Rahman Yusuf, le poète qui a animé la place Tahrir et qui est devenu aujourd’hui animateur de télé.

Ils nous disent tous les trois leur fierté d’avoir osé affronter un pouvoir qu’ils ne croyaient même pas eux-mêmes réussir à ébranler. Mais comme la majorité de leurs compatriotes, ils ne sont pas naïfs pour autant. Ce qui a été entrepris par les populations du monde arabe il y a un an est un long processus qui comportera ses espoirs et ses difficultés pour des années à venir. Un cadre du nouveau pouvoir libyen nous disait l’automne dernier : « Faire la guerre, c’est facile, mais construire la démocratie, c’est beaucoup plus difficile! »  

Il faudra des années de persévérance aux populations arabes qui ont osé se révolter pour voir se concrétiser les demandes que les Égyptiens, par exemple, répètent aujourd’hui sur la place Tahrir et qui étaient les demandes originelles du printemps arabe : du pain, de la liberté et de la justice sociale.

 

Quelques références :

Quel bilan pour le printemps arabe?
Article du Figaro

The Arab Spring one year later: an assessment of impact
The American University in Cairo

Arab Spring One Year On : What Happened? What changed?
Article duHuffington Post

Vieillir autrement

Cette semaine, nous reprenons la diffusion d’Une heure sur terre avec le premier de deux reportages de Gilles Gougeon sur un phénomène répandu dans le monde et qui est très d’actualité ces jours-ci au Canada : la volonté des gens âgés de vieillir dans de meilleures conditions.

Selon Statistiques Canada, en 2010, pour la première fois au Canada, la part des 65 ans et plus dans la population a dépassé les 15 %. Elle atteindra les 26 % en 2031, et 28 % en 2056.  Les Canadiens vieillissent, mais d’autres pays dans le monde connaissent déjà le même phénomène depuis quelque temps. Les 65 ans et plus représentent 23 % de la population au Japon, plus de 20 % en Allemagne et en Italie, et 17 % en France.

Dans plusieurs pays, les gouvernements et les groupes d’intérêts se mobilisent pour préparer l’avenir de ces sociétés où les gens âgés auront un poids démographique plus important,  pour faire en sorte que le vieillissement ne soit pas un poids trop lourd pour les jeunes générations qui auront à soutenir leurs aînés et, surtout, pour améliorer leurs conditions de vie.

Bientôt, des hordes de baby-boomers atteindront l’âge de la retraite. Et, comme ils l’ont fait toute leur vie, ils voudront, plus que les générations qui les ont précédés, « vieillir comme ils ont vécu ». C’est-à-dire d’une manière autonome, dans un environnement agréable pour éviter autant que possible le piège des résidences de personnes âgées.

Dans une série de deux reportages, Gilles Gougeon explore des solutions déjà expérimentées en France et aux États-Unis : colocation, cohabitation intergénérationnelle, béguinage, services à domicile sophistiqués. Autant de pistes pour envisager de nouvelles façons de vieillir. 

Pour voir quelques-unes des pistes pour vieillir autrement :

L’association Aider

Le béguinage : une alternative pour l’habitat des personnes âgées

Photo de Jean-François Lépine

La corruption en Afghanistan

En Afghanistan, ce n’est pas le vieillissement de la population qui pose problème, mais l’avenir de la jeunesse, qui compose la plus grande partie du pays. Or, au moment où les puissances occidentales, qui ont collaboré depuis 10 ans à la reconstruction de l’Afghanistan, commencent déjà à prévoir leur retrait, l’avenir du pays n’a jamais été aussi préoccupant. 

Au-delà même des menaces à la sécurité interne, des attentats de plus en plus fréquents et de la progression de la résistance menée par les talibans, c’est la corruption généralisée qui mine de plus en plus l’avenir des jeunes Afghans. On estime qu’en moyenne les Afghans dépensent le quart de leurs maigres revenus en pots-de-vin pour obtenir des services essentiels comme la justice, la police, l’éducation ou la santé. 

Le problème est tel que, dans les sondages menés à la grandeur du pays, une majorité d’Afghans rêvent de revenir à la période où les talibans étaient au pouvoir et où l’administration publique, à tous les niveaux, était beaucoup plus transparente et efficace.

Nous sommes allés sur place rencontrer des gens qui ont eu le courage de dénoncer la corruption, qui essaient de la combattre au quotidien et qui demeurent malgré tout persuadés qu’avec l’arrivée au pouvoir de nouvelles générations de politiciens, ils pourront changer les choses.  Unanimement, ils demandent tous à la communauté internationale de ne pas quitter le pays en 2014 et de continuer à accompagner et à appuyer le changement en Afghanistan.   

Pour lire un rapport de l’ONU en 2010 sur l’état de la corruption en Afghanistan :

UNODC : Corruption in Afghanistan (en anglais)

Pour terminer l’année 2011, Une heure sur terre se transforme en émission de radio à Espace Musique le vendredi 30 décembre à 20 h (reprise le 1er janvier à 15 h). La chanteuse Bïa et moi vous présenterons pendant deux heures des chansons qui ont marqué l’actualité partout dans le monde durant cette année de bouleversements. Le texte qui suit sera émaillé de liens vers des enregistrements sur le web qui font partie de cette émission.

Le printemps arabe

L’actualité de 2011 a été marquée par le printemps arabe. Mais si cette partie du monde s’est enflammée, les conséquences de ces bouleversements se poursuivront dans les mois et les années à venir. Toutes les élections qui s’en viennent, en Égypte, en Libye, mais aussi ailleurs, où l’esprit du printemps arabe s’est répandu comme en Russie. Un des cadres du nouveau gouvernement en Libye nous a dit dans un de nos reportages : « Faire la guerre, c’est facile; construire la démocratie, c’est beaucoup plus compliqué. » Verra-t-on une prise de contrôle des islamistes dans le monde arabe? Poutine réussira-t-il à convaincre les Russes de lui redonner un mandat à la présidence? Les jeunes qui ont été le fer de lance de tous ces mouvements de rejet des vieux dictateurs verront-ils leurs aspirations se matérialiser?

La crise européenne

L’Europe se remettra-t-elle sur pied? Durant toute l’année 2011, on a assisté au développement de la crise de l’économie européenne et à ses répercussions sur le niveau de vie des jeunes en particulier. Des jeunes à qui on disait que l’éducation serait la source de leur prospérité et qui se retrouvent aujourd’hui bardés de diplômes, mais avec pour seule perspective, des années de chômage ou de travail précaire. Toute l’année, des mouvements d’indignés, — les indignados d’Espagne, par exemple, — ont manifesté leur désarroi quant à l’avenir, et surtout quant à l’écart de plus en plus grand entre la minorité riche et la grande majorité qui s’appauvrit. La crise de l’euro et des finances publiques dans plusieurs pays n’a fait qu’augmenter leurs craintes. Angela Merkel a averti tout le monde : il faudra des années pour que l’Europe résolve la crise actuelle. Verra-t-on au moins poindre un début de solution en 2012?

Le mouvement des indignés

Après les indignés d’Europe, le mouvement Occupy Wall Street a essaimé en Amérique. Les manifestations se sont terminées dans la confusion, mais l’enjeu reste entier. La mondialisation, qui devait, selon ses propagandistes, permettre aux plus pauvres d’accéder à un marché plus grand et plus ouvert, n’a fait qu’accroître les écarts entre la minorité plus nantie et la grande majorité qui s’appauvrit. Les manifestants du parc Zuccoti, à New York, dénonçaient le fait que la mondialisation avait été, en fait, la mondialisation de la richesse, l’accélération du contrôle exercé par 1 % de la population mondiale toute puissante sur le reste, les 99 % qui subissent la spéculation financière, les crises de plus en plus fréquentes qui en résultent, et l’endettement des économies nationales. 2012 verra-t-elle le début de réformes menant à une plus grande équité financière à l’échelle du globe?

Le modèle chinois

La bulle chinoise va-t-elle exploser? Il y a un danger que l’économie chinoise ne performe pas assez. Baisse des investissements étrangers, revendications ouvrières de plus en plus vigoureuses. Le modèle chinois pourra-t-il continuer à performer au même rythme, ou connaîtra-t-il des ratés qui pourraient entraîner l’économie mondiale dans une récession probable? Le gouvernement chinois admet officiellement l’existence de signaux inquiétants. Mais pour résoudre la crise, il devra faire preuve d’une plus grande transparence et d’ouverture devant sa propre population.

L’économie de l’Afrique

Heureusement, il y a de l’espoir dans tout cela. L’Afrique, le continent autrefois « perdu » selon beaucoup d’experts, poursuivra sa croissance impressionnante : l’économie de l’Afrique a crû au même rythme que celle de l’Asie en 2011, et l’avenir est encore plus prometteur. Pour soutenir cette croissance, les gouvernements d’Afrique devront s’ouvrir davantage à la transparence et au débat public, favoriser les échanges commerciaux et l’invasion de la technologie. Verrons-nous là aussi l’influence des idées propagées par le printemps arabe?

L’Afghanistan et l’Irak

Enfin, 2011 a vu le départ des troupes canadiennes d’Afghanistan et celles des États-Unis d’Iraq : comment ces deux pays que les étrangers ont voulu sauver du marasme et de la dictature vont-ils trouver leur propre voie vers la paix et le développement? Y a-t-il un espoir d’un avenir meilleur pour les Afghans et les Irakiens, alors que la violence continue de sévir? L’Afrique, elle, a assisté à la naissance d’un nouveau pays, le Soudan du Sud. Les Africains réussiront-ils à résoudre les guerres civiles qui minent deux autres pays, la République démocratique du Congo et la Somalie?

L’actualité internationale a été florissante en 2011. Le monde évolue de plus en plus rapidement. Si l’année 2012 est porteuse d’espoir à certains égards, les défis qu’elle annonce pour les humains de la planète n’en sont pas moins colossaux.

Au nom de toute l’équipe d’Une heure sur terre, bonne année 2012!

La planète monde évolue tellement rapidement qu’on ne peut plus être indifférent à l’éducation qu’on offre aux générations montantes. Partout dans le monde, les questions liées à l’éducation prennent de plus en plus d’importance. Aux États-Unis, le président Barack Obama a lancé un fonds destiné à aider les États à favoriser l’innovation en éducation. 

En Inde, le gouvernement encourage les grandes universités étrangères à ouvrir des campus pour aider le système d’éducation à faire face à la hausse de la demande. En Chine, des jeunes se suicident parce qu’ils n’arrivent pas à se classer dans les examens qui déterminent l’attribution des places encore trop rares dans les grandes écoles.

Cette semaine, à Une heure sur terre, nous poursuivons notre série de deux reportages sur un sujet qui préoccupe de plus en plus de gens dans le monde de l’éducation : quelle est la solution miracle pour améliorer la performance des écoles?

Un nombre croissant de pays croient que la qualité des enseignants peut faire toute la différence. Et on cherche le professeur idéal. Au Québec, le sujet a soulevé des passions récemment lorsque François Legault a proposé d’augmenter les salaires des enseignants, mais en contrepartie de remettre en question leur sécurité d’emploi, lorsqu’ils sont jugés incompétents. Le chef de la Coalition avenir Québec a reculé depuis, mais cette idée n’était pas nouvelle.

Le cas de Washington

Dans son premier reportage la semaine dernière, notre collègue Chantal Lavigne s’est rendue à Washington, la capitale des États-Unis, qui détient le triste record des pires écoles publiques du pays.

À Washington, les autorités ont décidé de prendre les grands moyens pour améliorer la performance des enseignants en s’attaquant aux professeurs incompétents. Un peu comme François Legault le propose. 

C’est la méthode dure dont s’inspire aussi le président Obama dans son programme Race to the top, lancé à l’échelle nationale pour remonter le niveau des écoles publiques. Mais la méthode dure est déjà fortement contestée aux États-Unis, comme en témoigne un article publié cette semaine dans le New York Times.

La méthode douce en Finlande

Il y a d’autres approches qui ont déjà donné des résultats très probants. Dans un deuxième reportage qui sera diffusé le vendredi 2 décembre, notre journaliste Chantal Lavigne s’est rendue en Finlande, où le système d’éducation publique est tellement performant qu’il fait l’envie du monde entier.  

Les Finlandais ont adopté une stratégie aux antipodes de Washington. On a plutôt décidé de miser sur la qualité des enseignants en valorisant davantage leur emploi. Les enseignants sont soigneusement choisis. Les listes d’attentes dans les universités sont aussi longues que pour les médecins ou les avocats. Les enseignants sont bien formés, et ils sont considérés comme des experts à qui on fait confiance.

L’approche a eu un tel succès, que la Finlande est depuis quelques années aux premiers rangs dans le classement international PISA, publié chaque année par l’OCDE, qui mesure l’apprentissage des élèves dans plusieurs pays. 

Deux expériences intéressantes à connaître, qui témoignent de l’urgence de réfléchir sur nos méthodes en éducation dans un monde en plein bouleversement.