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Je me suis rendu à New York avec le caméraman Alfonse Mondello pour comprendre comment sorganise la lutte contre la corruption et voir aussi sil ny a pas quelques leçons à tirer de la longue expérience des autorités new-yorkaises dans ce domaine.

Il faut dire que dans la Big Apple  la corruption ne date pas dhier. Dans le reportage, nous montrons que la construction de quelques-uns des bâtiments historiques les plus connus de la ville a été entachée par des scandales, des rackets et des trafics de toutes sortes.

La corruption dans lindustrie de la construction sest érigée en système à partir des années 1920. Des membres de la Cosa Nostra, la mafia sicilienne, nouvellement arrivés à New York, ont alors pris graduellement le contrôle des chantiers.

Le pouvoir de la mafia new-yorkaise sur lindustrie a atteint son apogée dans les années 1980. Les cinq clans mafieux qui régnaient sur la ville accaparaient une bonne part des contrats de travaux publics. Une situation qui nest pas sans rappeler celle que lon découvre aujourdhui au Québec.

Les pratiques illégales et les stratagèmes de corruption utilisés par la mafia new-yorkaise ressemblent étrangement à ceux décrits par nos collègues de lémission Enquête et par les témoins de la Commission Charbonneau.

Or, aujourdhui, la situation a complètement changé à New York. Un des acteurs de la lutte contre la corruption que nous avons interviewés va même jusquà dire que la ville a été « libérée de lemprise de la mafia ».

Mais que sest-il passé? Comment les autorités new-yorkaises ont-elles réussi à remettre de lordre dans lindustrie de la construction?

Comme on le montre dans le reportage, le combat sest fait sur plusieurs fronts. Dabord, le Construction Industry Task Force a été créé. Il sagit dun groupe dintervention chargé denquêter et de mettre fin à la suprématie du crime organisé sur les chantiers de construction. Cinq ans denquête qui vont mener à des arrestations massives et donner un dur coup à la mafia new-yorkaise.

De plus, et cest fondamental, plusieurs des recommandations faites par les experts du groupe dintervention nont pas été tablettées à la fin de lenquête. Elles ont été mises en pratique.

Les autorités municipales ont mis en place de nouvelles mesures administratives pour empêcher lattribution de contrats de travaux publics aux entreprises liées à la mafia. Comme le montre aussi notre reportage, lexécution même des travaux est maintenant surveillée par des experts de la lutte à la corruption.

Plus de pouvoirs ont aussi été conférés au Department of Investigation (DOI), lescouade anticorruption de la ville de New York. Les outils légaux et les effectifs dont dispose maintenant le DOI feraient rougir denvie les enquêteurs de lUPAC, lUnité permanente anticorruption du Québec.

Bref, à New York, ce qui aura permis de faire un grand ménage dans lindustrie de la construction, cest une réelle volonté politique, des arrestations massives et ladoption des recommandations des experts de la lutte contre la corruption.

Nous verrons dans les mois qui viennent si le Québec suivra la même voie.

Il reste quà New York, le travail est loin dêtre terminé. Même si les familles mafieuses ne sont plus que lombre delles-mêmes, elles sont encore très habiles à tirer profit des moindres faiblesses du système.

À la fin du reportage, on découvre que des entreprises liées au crime organisé ont réussi encore récemment à infiltrer lun des chantiers les plus surveillés de la planète, devinez lequel…

Références :

http://www.nyc.gov/html/doi/html/home/home.shtml

Portrait de la mafia new-yorkaise selon le FBI.

http://www.fbi.gov/about-us/investigate/organizedcrime/italian_mafia

Reportage sur la lutte anticorruption à New York Téléjournal

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/09/28/009-newyork-doi-corruption.shtml

L’émission de télévision Une heure sur terre proposera, le vendredi 19 octobre à 21 h, deux reportages qui devraient avoir une résonance particulière pour la société québécoise.  Le premier reportage porte sur le Department of Investigation, l’équivalent new-yorkais de l’Unité permanente anticorruption qui existe au Québec.  L’autre reportage porte sur le Plan Sud chilien proposé par l’administration du président Sebastian Piñera et qui ressemble, à certains aspects, au Plan Nord proposé au Québec.

Les situations vécues à New York et au Chili ont-elles des enseignements qui pourraient nous être utiles ici et inspirer nos décideurs?  Je vous en laisse juger par vous-mêmes.

Lutte à la corruption, l’exemple de New York

Le Department of Investigation (DOI) de la ville de New York a servi de modèle à la constitution de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) au Québec. Depuis des années, New York a fait le ménage dans l’attribution de ses contrats de travaux publics. Le DOI a des pouvoirs qui dépassent ceux du FBI. L’agence a procédé à 806 arrestations en 2011 et a permis à la ville de recouvrer plus de 500 millions de dollars à ce jour.

Parmi les personnes arrêtées se trouvait une conseillère municipale du quartier de Brooklyn à qui un entrepreneur offrait une maison. André Gariépy nous raconte les succès du DOI et nous permet de comprendre comment New York a réussi à mettre de l’ordre dans l’attribution de ses contrats de travaux publics.

Le Plan Sud du Chili

Le Québec a son « Plan Nord », le Chili, son « Plan Sud ». Une heure sur terre présente  un reportage exceptionnel de Jean-Michel Leprince sur les plans de développement du gouvernement de Sebastián Piñera pour la Patagonie. Comme le Québec, le Chili est riche en matières premières, particulièrement en minéraux. D’autre part, le sud du Chili dispose d’un potentiel hydroélectrique important, autant d’avantages dont veulent profiter le gouvernement chilien et des investisseurs privés. Mais tout comme au Québec, le développement des régions éloignées ne va pas sans opposition.

Aussi dans cette émission :

Être femme en Israël

Lors de la création d’Israël, peu de femmes dans le monde pouvaient revendiquer autant de droits et de libertés que les Israéliennes. À l’origine, les ultrareligieux ne formaient qu’une toute petite partie de la population juive d’Israël. Mais aujourd’hui, leur nombre a grandi et leur influence se fait sentir dans plusieurs aspects de la société. Leur vision des rapports entre les hommes et les femmes tient davantage du modèle patriarcal que de l’égalitarisme. Dans ce reportage fascinant, Luc Chartrand nous montre la lutte de femmes israéliennes contre l’autoritarisme d’un autre âge des religieux ultraorthodoxes. Des scènes qui ne sont pas sans rappeler certains accommodements dits « raisonnables. »

UNE HEURE SUR TERRE�
Vendredi 19 octobre, 21 h
Rediffusion dimanche à 20 h sur RDI
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Cette semaine, nous lançons notre nouvelle saison à UHST avec une émission exceptionnelle entièrement consacrée à la question des urgences dans nos hôpitaux. On le sait, la situation ici est catastrophique. Les temps d’attente moyens frisent la vingtaine d’heures entre l’arrivée à l’urgence et la prise en main des patients par l’hôpital.

En France, comme nous le montrons dans l’émission, quand le temps d’attente dépasse une heure et demie, le public est aux abois. Pourquoi? Parce que le système de santé français a pour mission de protéger les urgences. C’est-à-dire de faire en sorte que l’urgence de l’hôpital soit la porte d’entrée des cas lourds nécessitant une mobilisation du personnel et non une porte d’entrée universelle du système de santé, où les cas sociaux se mêlent aux cas médicaux comme cela se passe trop souvent chez nous.

Pour protéger leurs urgences, les Français ont développé un système préhospitalier efficace qui prend en charge les patients avant qu’ils ne se rendent à l’urgence :

  • système ambulancier où la répartition et les soins dans l’ambulance sont effectués par des médecins urgentologues;
  • service de médecins à domicile – SOS Médecins– , qui garantit l’envoi d’un médecin en moins de deux heures aux patients qui le demandent;
  • un médecin de famille disponible pour chaque citoyen.

Depuis des années, nos politiciens nous le promettent. En France, c’est chose faite. Comment pouvons-nous profiter de l’expérience française? C’est le sujet du reportage proposé cette semaine par Michel Rochon et Yanic Lapointe.

Corruption à New York, drones et situation en Chine

Au cours des prochaines semaines, nous vous préparons d’autres excellents sujets à Une heure sur terre :

  • les mesures prises par la ville de New York pour lutter contre la corruption dans la construction;
  • un dossier complet sur une nouvelle arme de guerre redoutable : les drones;
  • une émission sur l’état de la Chine, au moment où le leadership du pays va connaître un changement majeur;
  • un dossier sur Georges Saint-Pierre, l’athlète canadien le plus populaire du monde;
  • un reportage sur les difficultés de la classe moyenne aux États-Unis,  dans le contexte de l’élection présidentielle en cours.

Bref, comme chaque année depuis 2008, l’équipe d’Une heure sur terre est au cœur de l’actualité internationale.

Bonne saison avec nous et merci de nous être fidèles!

 

POUR COMPRENDRE LE SYSTÈME DE SANTÉ FRANÇAIS :

Le SAMU

SOS Médecins

Le salaire des médecins (Le Figaro)

Pour comparer tous les systèmes de santé du monde

Relevé quotidien de l’état des urgences de Montréal

Voici un aperçu des grands dossiers de l’actualité internationale qui seront particulièrement suivis par l’équipe du module international de Radio-Canada durant l’été. Des événements qui vont avoir de l’influence sur nous.

La Grèce et l’Europe

D’abord la Grèce, mais aussi tout l’avenir à court terme de l’économie de l’Europe. Beaucoup d’autres pays européens sont en difficulté. Même la France. Récemment, l’entourage du nouveau président français, François  Hollande, a laissé laisse planer la menace de suppression de postes dans la fonction publique. La France – c’est un sujet qu’on n’aborde pas encore de plein front au sein de la classe politique – vit largement au-dessus de ses moyens.

Tout cela se déroule en marge d’un débat entre François Hollande et Angela Merkel sur la façon de réagir à la crise appréhendée : doit-on forcer l’imposition de contraintes budgétaires qui vont accentuer la récession dans les pays les plus à risques, ou lancer une nouvelle forme de Plan Marshall? Un programme de stimulation des économies en difficulté qui impliquerait une ponction de centaines de milliards de dollars dans ces économies pour créer de l’emploi. Tout cela devrait être à l’agenda du prochain sommet européen le 28 juin à Bruxelles.

Des conséquences pour nous tous

Nous y sommes tous liés à l’avenir économique de l’Europe. C’est un marché important pour la Chine, par exemple,  qui voit sa croissance se contracter parce que ses exportations vers l’Europe diminuent. Si la croissance économique ralentit trop brutalement,  en Chine, il y a menace de crise sociale majeure.

Le Brésil, autre marché d’exportation de la Chine et de l’Inde, est aussi en période de ralentissement économique. Tout cela crée un potentiel de récession à l’échelle du globe.

Un impact majeur aux États-Unis

Si l’économie mondiale ralentit, la première puissance économique de la planète risque d’en subir les conséquences, et les espoirs de Barack Obama de se faire réélire pourraient diminuer.

L’élection présidentielle américaine sera le deuxième point important de l’actualité estivale, avec les conventions des grands partis, qui se tiendront à la fin de l’été : du 27 au 30 août à Tampa Bay, en Floride, pour les républicains, et du 3 au 6 septembre à Charlotte, en Caroline du Nord, pour les démocrates.

La réélection du président Obama est loin d’être assurée. Une première échéance importante, à court terme, sera la décision de la Cour suprême sur le droit de l’État fédéral de forcer les Américains à souscrire à un régime d’assurance maladie. C’est la pierre angulaire de la réforme de la santé proposée par Barack Obama. Une des plus importantes réalisations de son mandat. Certains disent que c’est la seule.

Un retour en arrière au Mexique?

À court terme, il faudra observer les résultats des élections présidentielles au Mexique, le premier juillet. Le retour prévisible du PRI, le Parti révolutionnaire institutionnel, qui a régné sur le pays pendant 70 ans, fait craindre à beaucoup de Mexicains un retour à un régime de favoritisme et de corruption institutionnalisé. Tout cela au moment où le Mexique connaît une croissance importante, entre 4 et 5 %.

Il faudra aussi surveiller les Jeux olympiques de Londres et la suite des élections en Égypte.

D’autres dates importantes à surveiller cet été :

  • 28 juin : le 300e anniversaire de naissance de Jean-Jacques Rousseau
  • 30 juin : le Tour de France avec, peut-être pour la première fois, un participant québécois, David Veilleux, de l’équipe Europcar. Natif de Cap-Rouge, il serait le deuxième Canadien dans la course, avec Ryder Hesjedal.
  • 1er juillet : Chypre va assumer la présidence de l’Union européenne jusqu’à la fin de l’année. Signe des temps que l’accession de ce petit pays à un rôle aussi important.
  • 5 juillet : le 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie
  • 20 juillet : le début du ramadan dans tout le monde musulman
  • 1er août : c’est la date prévue par l’ancien président français pour l’introduction en France de la taxe Tobin sur les transactions financières. François Hollande ira-t-il de l’avant?
  • 6 août : le robot américain Curiosité arrive sur Mars dans le cadre de la mission Mars Science Laboratory de la NASA.

L’année 2011-2012 d’Une heure sur terre a pris fin le 30 mars, et nous sommes déjà en production pour la saison prochaine, qui reprendra à l’automne.

Cette année, nous avons évidemment couvert les suites du printemps arabe en Libye, où on a assisté à la fin du régime Kadhafi, et en Égypte, où les Frères musulmans ont obtenu une majorité de sièges au nouveau Parlement. Nous avons marqué la fin de la mission de combat des troupes canadiennes en Afghanistan, avec un regard sur l’avenir de ce pays, où les Canadiens ont contribué généreusement à une reconstruction qui se fait attendre. Nous sommes retournés au Japon six mois après la catastrophe du tsunami de mars 2011.

Encore une fois, nous avons aussi été branchés sur les grands enjeux de la planète avec un reportage sur la disparition possible des petits pays insulaires comme Kiribati, à cause du réchauffement climatique. Nous sommes allés au Brésil, puissance agricole devenue grenier de la planète. Nous avons fait une enquête déroutante sur le trafic d’organes. Nous avons dressé, en Ouganda, un bilan de la lutte contre le sida au cœur de l’Afrique. Nous avons présenté une émission complète sur la musique qui change le monde, et une autre sur l’avenir de la vie en ville.

Nous avons poursuivi aussi notre réflexion sur la façon dont les êtres humains, ailleurs sur la planète, trouvent des solutions à des défis auxquels nous devons faire face : l’éducation, le vieillissement des populations, le traitement des déchets, la congestion urbaine, la prostitution.

Bref, encore une fois, nous pouvons être fiers de dire : mission accomplie! Et nous vous remercions de nous avoir suivis tout au long de cette année de reportages passionnants

Voici, en images, un résumé de cette production 2011-2012 d’Une heure sur terre. Des photos prises par nos équipes en tournage, qui nous rappellent les univers fascinants dans lesquels elles sont passées.

Toute cette production de reportages exceptionnels ne serait pas possible sans une équipe qui n’est pas visible dans ces photos, mais dont le travail est essentiel à la réalisation d’une émission comme Une heure sur terre. Un merci énorme aux monteurs Patrick Fry, Sylvie Mallard, Karl Paré, André Roch et à l’équipe de production et de coordination à Montréal :

  • Danielle Lauer, à l’infographie
  • Michel Caron, Jean Diamant et Sacha Rioux, au mixage sonore
  • Dominique Fournier et Julie Perreault, à la recherche
  • Robert Hynes, à la réalisation des adaptations
  • Danielle Bouchard et Lydie Lacroix, assistantes à la réalisation
  • Paul Morin, réalisation-coordination
  • Diane Lecours et Louise Paquet, à la coordination de la production
  • Guy Parent, rédacteur en chef

À l’automne prochain!