Billets classés sous ‘youtube’

Laurent LaSalleLa télé 2.0 ou la télévision réinventée

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 publié le 4 avril 2012 à 13 h 28
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Regardez-vous de la vidéo sur le web, que ce soit des séries télé en rattrapage ou du contenu exclusivement produit pour la toile, par les télédiffuseurs ou de façon indépendante? La montée en flèche de portails vidéo comme YouTube et Vimeo a facilité la propagation de ce mode de divertissement autrefois réservé au salon. Sans compter l’aspect démocratique de ces plateformes, qui permettent à quiconque de diffuser son contenu, pour le meilleur et pour le pire.

Et naviguez-vous sur Internet à même votre téléviseur? Êtes-vous à l’aise avec l’idée d’utiliser votre télécommande pour le faire?

Quand l’idée de produire Triplex en balado s’est présentée, nous avons envisagé dès le départ de produire des capsules vidéo. Après tout, aurait-il été approprié de parler de webtélé sans un support visuel approprié?

Notre première émission vidéo traitera donc de la création de contenu pour et par le web, de l’interaction possible entre la télévision et les médias sociaux, sans oublier un segment sur le transmédia (vulgarisé à merveille par Gina).

Émission 6 : sommaire

L’émission d’une quarantaine de minutes est divisée en sept chapitres :

00:00 – Introduction
01:00 – Est-ce que vous regardez le web à la télévision?
02:40 – La création de contenu vidéo sur le web
10:40 – L’interaction entre la télévision et les médias sociaux
19:45 – La télévision connectée : la télé et l’ordinateur, même mandat
30:40 – Qu’est-ce que le transmédia?
37:40 – Questions en rafale
34:14 – Fin

Également sur l’iTunes Store

Ceux qui préfèrent s’abonner à la baladodiffusion à partir de l’iTunes Store peuvent nous trouver dans le répertoire d’Apple sous la catégorie Technology (version vidéo à venir). Si vous utilisez un autre agrégateur de contenu, copiez/collez l’adresse du fil RSS à l’endroit approprié.

Pour s’abonner sur iTunes
Note : Pour obtenir la version vidéo, il faut se réabonner dans le répertoire de baladodiffusion de Radio-canada à Triplex en balado – Vidéo ou en cliquant sur le lien ci-haut.

Équipe de Triplex en balado :

Participants et blogueurs : Gina Desjardins, Laurent LaSalle et Martin Lessard
Animateur : Philippe Marcoux
Musique : Pierre Crube
Réalisatrice audio et au contenu: Marine Fleury
Réalisateur vidéo : Cédric Chabuel
Preneur de son : Martin Boulanger
Caméraman : Marion Carassou-Maillan
Édimestre et photographe : Félix-Antoine Viens
Infographe et intégratrice web : Marie-Anne Seim

Pour en savoir plus

Voici quelques articles sur le sujet à lire à titre de complément d’information :

Laurent LaSalleLa vidéo dont vous êtes le héros

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 publié le 30 mars 2012 à 14 h 10
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Avez-vous déjà lu un livre? Vous savez, ces machins avec des feuilles attachées à une reliure et sur lesquelles est imprimée une série de mots qui, lorsqu’on en fait la lecture bout à bout, forme une histoire qui a du sens?

Traditionnellement, la seule façon de procéder pour bien comprendre un livre était de le lire du début jusqu’à la fin, dans l’ordre. Cependant, un nouveau genre de lecture est devenu célèbre au début des années 80 : le livre dont vous êtes le héros.

Son principe est simple : vous lisez une portion d’histoire, vous arrivez face à une décision et, selon un choix de réponses, on vous redirige à une autre portion du livre (qui peut être située plusieurs pages avant ou après l’endroit où vous êtes). Les conséquences de vos choix peuvent être catastrophiques et mener à la fin abrupte de votre vie littéraire.

Cette formule s’apparente également à celle des débuts du jeu vidéo d’aventure, où une série de choix de réponses vous permettait de « vivre » de multiples péripéties. Le genre a beaucoup changé : avec l’évolution technologique, l’action passive est devenue active, au grand dam des amoureux des jeux point and click.

Mais tout revient à la mode un jour, et l’avènement de YouTube marque le retour de cette formule qui avait disparu.

La revanche de la télévision interactive

Le système d’annotations de YouTube, introduit en juin 2008, permet d’imbriquer des liens à même les capsules vidéo que l’on publie sur le portail. Il n’en fallait pas plus pour que des gens avec beaucoup d’imagination accaparent cette fonctionnalité afin de créer des vidéos interactives. Après tout, un lien peut aussi bien mener à une autre vidéo YouTube?

L’été dernier, Gina a écrit un billet au sujet du réalisateur Patrick Boivin, qui se trouve parmi les premiers à avoir produit ce genre de vidéo sur YouTube. On trouve l’ensemble de ses vidéos interactives dans la section judicieusement nommée « Interactivity » de son profil.

Personnellement, j’adore La Linea Interactive, une vidéo rendant hommage à la populaire série animée italienne homonyme.

Toujours du côté québécois, le groupe Ordinary Extras (des amis à moi, soyons transparents) a réalisé un jeu interactif également basé sur le système d’annotations de YouTube. Il nous plonge dans un quartier montréalais où des femmes zombies menacent l’existence du protagoniste.

La cause de l’épidémie? Une réaction nocive entre les produits chimiques d’une marque de tampon et le fluide menstruel. Ben oui…

Quand le jeu vidéo s’en mêle

La semaine dernière, j’ai croisé une vidéo sur Facebook qui comportait, à mes yeux, toutes les caractéristiques pour plaire : un jeu vidéo rétro inspiré de la série télévisée Mad Men.

Certains d’entre vous le savent peut-être déjà, mais j’ai une affection particulière pour les jeux vidéo rétro. En voyant cette vidéo interactive, un bon nombre de souvenirs enfouis dans ma mémoire ont refait surface. La nostalgie s’est emparée de moi, et j’ai immédiatement vu le potentiel que ce style d’interaction pouvait nous réserver.

Bien que ce divertissement puisse sembler rudimentaire aux yeux de ceux et celles qui n’ont pas connu l’époque du livre dont vous êtes le héros, je suis impatient de voir jusqu’où une talentueuse relève peut mener le genre.

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Le Super Bowl est un des événements télévisuels les plus populaires. En 2011, pas moins de 111 millions de personnes étaient rivées à leur téléviseur pour regarder la partie. La popularité de l’événement a un coût pour les annonceurs, qui doivent débourser 3,5 millions de dollars pour une publicité de 30 secondes. Afin de maximiser leur investissement, ils créent de plus en plus des stratégies de médias sociaux autour de leur campagne publicitaire.

L’an dernier, avant même le jour de l’événement, la publicité « The Force » de Volkswagen était virale sur YouTube. Cette année, Volkswagen a une fois de plus mis un extrait de la publicité qui sera présenté le 5 février. Ça peut paraître surprenant de voir le teaser d’une publicité, mais la vidéo « The Bark Side » obtient un grand succès sur le web, et les gens manifestent leur hâte de voir la pub au complet. Depuis le lancement de la vidéo le 18 janvier, plus de 9 millions de personnes l’ont regardée sur YouTube.

Un autre teaser viral depuis quelques jours : le retour de Ferris Bueller. Non, on ne verra pas une bande-annonce pour la suite du film. Selon les rumeurs, Honda aurait plutôt utilisé le personnage pour sa publicité. En 24 heures, la vidéo de 10 secondes a été vue plus de 1 million de fois.

Audi a pour sa part lancé un concours sur sa page Facebook demandant à ses fans de déverrouiller la publicité. Ceux qui réussissaient rapidement à assembler le casse-tête courraient ainsi la chance de remporter une voiture. La publicité de 60 secondes est depuis accessible sur YouTube.

Les visiteurs du site Internet de Doritos  (une propriété de Frito Lay) ont eu à choisir laquelle des vidéos produites par les internautes serait présentée officiellement pendant le Super Bowl.

L’idée n’est plus de garder les publicités du Super Bowl secrètes. La plupart se trouvent déjà sur YouTube. On tente maintenant de créer un engouement avant le grand jour.

Il se pourrait bien que l’on trouve dans les publicités diffusées le 5 février prochain des références aux réseaux sociaux des compagnies, des mots-clics, des liens vers la page Facebook, une expérience supplémentaire pour ceux qui ont aimé la publicité. Déjà l’an dernier, quelques publicités le proposaient.

Et tout comme l’an dernier, Adblitz sur YouTube devrait avoir de nouveau une section réservée aux publicités (les ajoutant au fur et à mesure de leur diffusion) du Super Bowl. Parfait pour ceux qui n’habitent pas aux États-Unis et qui n’ont pas accès aux publicités, qui sont devenues presque aussi populaires que le match de football et le spectacle de la mi-temps.

Coca-Cola, pour sa part, pousse encore plus loin. Et j’avoue aimer l’idée. Les ours polaires, mascottes de la compagnie, regarderont le match et le commenteront. Derrière eux se cacheront des animateurs de communautés (deux employés de Wieden + Kennedy, l’agence de pub de Coca-Cola) qui seront chargés de commenter le match et les publicités. Ils ont également préparé différentes animations selon le déroulement de la partie.

Selon Mashable, des employés de l’agence Wieden + Kennedy ont eu l’idée au Super Bowl l’an dernier. Leur publicité a été bien reçue, mais ils se sont demandé comment aller plus loin et intégrer la marque dans les nombreuses conversations à propos du Super Bowl. Comme les recherches démontrent que 60 % des gens regarderont la partie avec un deuxième écran (ordinateur portable, tablette ou téléphone intelligent), ils ont pensé à un moyen de les accompagner.

Pour les annonceurs, c’est une belle occasion d’augmenter leur communauté sur le web afin de ne pas faire un grand coup un soir seulement.

 

Gina DesjardinsLe futur de YouTube : de la télévision au cinéma

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 publié le 25 janvier 2012 à 11 h 04
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Lors d’un dîner entre amis à l’hiver 2004-2005, trois employés de PayPal, Chad Hurley, Steve Chen et Jawed Karim, observaient les gens filmer la soirée en se demandant s’ils allaient voir les vidéos. Il n’y avait pas de façon de les partager facilement. Ils ont eu une idée : créer un site de partage vidéos. Les vidéos seraient créées par et pour les internautes. Un an plus tard, Google achetait YouTube pour 1,65 milliard de dollars (en actions Google). La croissance de la plateforme n’a jamais diminué depuis sa création. Mais de plus en plus, on y trouve du contenu professionnel. YouTube conclut des ententes avec des producteurs de télévision et lance son festival du film pour récompenser les jeunes réalisateurs.

Des chiffres impressionnants
YouTube publiait lundi sur son blogue des statistiques sur sa popularité.

- Tous les jours, YouTube enregistre 4 milliards de vues. Ça fait 46 000 par secondes. Une augmentation de 25 % en 8 mois.

- Depuis le lancement de la plateforme, le nombre de vidéos téléchargées sur le site n’a cessé d’augmenter. Ça a passé de l’équivalent par minute de 6 heures de contenu en 2007 à 48 heures d’images vidéo déposées sur le site en 2011. En ce début de 2012, le compte serait à l’équivalent de 60 heures de contenu par minute, une augmentation de 30 % en 8 mois. Une nouvelle heure de vidéo est donc disponible chaque seconde. D’ailleurs, on dit que le contenu mis en ligne sur le site en 60 jours est supérieur au nombre créé par les trois principaux réseaux américains en 60 ans.

Pas étonnant que la plateforme a servi de tremplin pour plusieurs artistes. Cette semaine, on célébrait d’ailleurs les 5 ans de Justin Bieber sur YouTube. Si sa mère n’avait pas mis en ligne une vidéo de lui en 2007, aurait-il été remarqué par Scooter Braun, qui, lui, a cru bon de montrer la video – de très mauvaise qualité – à Usher? Le jeune chanteur canadien fait maintenant partie des 10 comptes YouTube avec le plus d’abonnés. Le vidéoclip de sa chanson Baby a beau détenir le record du moins aimé (plus de 2 millions de « Je n’aime pas »), c’est aussi la video la plus vue du site (695 millions de vues). Mashable a créé une illustration de données pour souligner les 5 ans de Justin Bieber sur YouTube en quelques événements clés.

Évidemment, comme les vidéos viennent des utilisateurs, on trouve sur YouTube beaucoup de contenu inintéressant. Mais plus les années passent, plus on trouve du contenu de qualité. Il faut dire que les gens ont maintenant facilement accès à des caméras de qualité, même s’ils utilisent beaucoup celle de leur téléphone.

YouTube encourage d’ailleurs le contenu de qualité. D’abord, la plateforme a commencé dès le début à faire des ententes avec certaines chaînes de télévision afin qu’elles ouvrent des comptes officiels pour y mettre des extraits ou des exclusivités. Le site de partage vidéo a ensuite lancé un système de partenariat pour récompenser les utilisateurs les plus populaires. Ces derniers reçoivent un pourcentage des profits réalisés avec la publicité diffusée sur leur page et avant leurs vidéos.

L’an dernier, YouTube lançait la location de films sur son site en plus d’une section de diffusion d’événements en direct.
Si vous avez regardé le dévoilement des nominations du prochain gala des Oscars mardi matin, vous avez pu en faire l’expérience. Celui-ci était diffusé sur YouTube et les abonnés pouvaient commenter en direct l’événement dans une boîte placée à droite de la vidéo.

Le futur de la télévision ?

Mais voilà que YouTube veut aller plus loin. Le site veut offrir du contenu professionnel inspiré directement par les chaînes de télévision. C’est ainsi que ces dirigeants ont conclu des ententes avec plusieurs producteurs, diffuseurs et artistes afin de créer une centaine de chaînes offertes à la demande. Parmi la centaine de nouveaux partenaires, il y aurait Jay-Z, Reuters, LionsGate et Disney. Ce dernier y lancerait une websérie exclusive inspirée du jeu mobile Where’s my water?.

Cette semaine se déroulait à Munich la conférence DLD (Digital Life Design). Selon le site Meta-Media, YouTube est vu comme le futur de la télévision « Selon le patron du numérique de l’agence de publicité WPP, Mark Read, YouTube peut faire désormais payer parfois aux annonceurs le même prix que sur certaines chaînes TV du câble. Quand on sait que YouTube finance déjà des contenus propres à hauteur de 100 millions $ pour des chaînes originales à venir sur sa plateforme, il ne lui reste plus qu’à concourir pour des droits! » Constantin Bjercke, le pdg de Crane.tv, éditeur de magazines culturels vidéo, aurait ajouté « YouTube est bien la nouvelle TV. »

Selon Forrester Research, la moitié des ménages posséderont un téléviseur connecté d’ici 2016. Les nouvelles chaînes de YouTube seront donc facilement disponibles sur la télévision, à un prix moindre que les forfaits de câblodistribution et satellite. Pour plusieurs, ces derniers devront acheter des chaînes web pour survivre. On peut dire que YouTube part à l’assaut des téléspectateurs traditionnels.

YouTube lance un festival de film

YouTube a permis à plusieurs réalisateurs de montrer leur talent en mettant en ligne leurs courts métrages. J’ai déjà parlé de du réalisateur québécois Patrick Boivin, qui s’est fait connaître grâce à ses clips mis en ligne sur son compte YouTube. Pour encourager davantage les jeunes talents à utiliser la plateforme, YouTube annonçait la semaine dernière le lancement de YourFilm Festival. Du 2 février au 31 mars, les créateurs sont invités à inscrire leurs courts métrages d’une durée maximale 15 minutes. La compagnie de production de Ridley et Tony Scott, Scott Free Productions, aura à choisir 50 vidéos. Les internautes pourront ensuite regarder les 50 films sélectionnés à l’adresse YouTube.com/yourfilmfestival et voter pour leur coup de cœur. Les 10 finalistes ainsi choisis seront invités au Festival du film de Venise en août. Leurs créations seront présentées sur grand écran à un public de cinéphiles. Un jury présidé par Ridley Scott déterminera un gagnant. Ce dernier recevra un budget de 500 000 $ pour produire un film avec Scott Free Productions.

Mais ne vous en faites pas, les chats auront toujours une place de choix sur la plateforme !

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Depuis quelques années, le réalisateur Patrick Boivin gagne sa vie avec ses animations image par image et autres vidéos mises en ligne sur YouTube. Avec l’argent amassé, il se lance dans une nouvelle aventure : la mise en ligne du premier long métrage canadien produit pour une distribution Internet qu’il a coscénarisé et coréalisé. Le film Enfin l’automne sera en ligne le 4 septembre sur sa chaîne YouTube. Voici le parcours inhabituel d’un cinéaste passionné qui a su utiliser le web pour se faire connaître.

De YouTube à Pixar

Au départ, Patrick Boivin, un ancien de Phylactère cola, s’est inscrit sur le site de partage de vidéos pour attirer l’attention sur ce qu’il savait faire. Il voyait un avantage par rapport au rayonnement, un bon moyen de se faire connaître ailleurs dans le monde sans faire de compromis, en faisant ce qui le passionnait. Il ne faudrait pas croire qu’il n’était pas stratégique pour autant. Il a toujours pris soin de choisir les sujets populaires du moment (comme les personnages d’un film à grand déploiement dont la sortie était attendue, par exemple). Il a ainsi fait des vidéos avec Batman, le Joker, Iron Man, un « AT-AT Walker » de Star wars, etc. Ainsi, lorsque les gens cherchaient des vidéos en lien avec le film, ils tombaient parfois sur ses clips ou ils le remarquaient dans les vidéos similaires à droite. Plus sa chaîne est devenue populaire, plus les gens tombaient sur sa vidéo, plus on partageait ses vidéos (il a d’ailleurs toujours permis l’intégration sur les blogues). Il s’est ainsi créé une communauté.

YouTube lui a rapidement proposé de devenir partenaire. Concrètement, ça veut dire qu’en échange de publicité sur les pages de sa chaîne et au début de ses vidéos, YouTube lui remet 50 % des revenus provenant des publicités par CPM (coût par 1000 impressions ou pages vues). Certaines de ses vidéos ont été vues des millions de fois. Parmi ses plus populaires, Iron Man vs Bruce Lee a été vue près de 12 millions de fois, Iron Baby, mettant en vedette sa petite fille, 9,5 millions de fois, et la vidéo interactive Street Fighter, près de 9 millions de fois. Il a misé davantage sur la qualité que sur la quantité, il n’est donc pas parmi ceux qui font le plus d’argent avec leur chaîne YouTube, mais les redevances lui ont longtemps permis d’avoir un salaire équivalent à celui d’un emploi à temps plein (environ 3000 $ par mois).

Pour se protéger, il approche les fabricants des jouets qu’il aimerait utiliser pour ses créations et leur demande de les lui envoyer. Puisqu’ils acceptent, il serait étrange qu’ils reviennent contre lui en disant qu’il a utilisé leur personnage sans leur accord. Au fond, avec la qualité et la popularité de ses petits films image par image, c’est aussi avantageux pour eux.

Faire des vidéos pour YouTube a permis à Patrick Boivin de bien vivre en faisant ce qu’il aimait. Ça lui a surtout donné ce qu’il souhaitait : des contrats dans son domaine d’expertise. Il a commencé à recevoir des appels d’un peu partout, d’Hollywood à l’Europe, en passant par Banff. C’est ainsi qu’il a commencé à faire des contrats pour Lego, Disney et Pixar. Il a également réalisé des vidéoclips d’Iggy Pop et d’Indochine. Étant trop occupé avec une pub de Google, il a été contraint de refuser la réalisation d’un clip de Coldplay, puis récemment, son travail avec Lego l’a obligé à refuser de faire celui de Black Eyed Peas. La rançon de la gloire.

Un long métrage produit pour YouTube

Les acteurs Louis Tremblay et Christine Beaulieu

Il a commencé à travailler sur son long métrage avec Olivier Roberge il y a quatre ans en se disant que s’il n’était pas financé, il pourrait le faire quand même. Le film, Enfin l’automne, a été refusé par les institutions et les commentaires les ont découragés. « Le sujet représentait ce qu’Olivier et moi étions il y a quelques années, explique Patrick Boivin. On n’avait pas envie de faire trop de compromis. J’avais la tribune. Alors, on a décidé de se lancer. »


Olivier Roberge et Patrick Boivin ont coscénarisé et coréalisé ce qu’ils décrivent comme « une chronique urbaine de la beauté ordinaire qui raconte l’histoire d’un triangle inhabituel entre la vie quotidienne, la quête d’amour sincère et le rôle primordial de l’amitié ». Patrick est également responsable de l’image et du montage. Il a tourné avec une Canon 5D, pratiquement sans éclairage. Un perchiste et quelques comédiens ont accepté de participer bénévolement à l’aventure. Ils ont ainsi tourné pendant plusieurs semaines, quelques heures seulement par jour, lorsque l’équipe avait des disponibilités communes. Sans devoir verser un salaire à quiconque, ils ont réussi à le faire avec un budget de 45 000 $, argent qui vient, en partie, des redevances YouTube et de ses contrats avec Lego.

Sa popularité lui a permis de monter une trame sonore impressionnante. Les artistes ont accepté de participer au film gratuitement puisque la popularité de Patrick sur Internet leur permettra de se faire connaître d’un nouveau public, leur site Internet sera en lien dans la description du film. « Il y a trois ou quatre ans, les groupes de musique ne m’auraient pas répondu. Avoir une communauté m’a permis d’avoir quelque chose à leur proposer en échange de leur participation », dit-il, fier de pouvoir compter sur l’appui de Misteur Valaire, de Timber Timbre, Ricky Eat Acid, Magic Man, Foxes in Fiction, House Gobble Gobble et Optimist Park.

Les deux amis ont pu faire à leur tête sans avoir des comptes à rendre. Mais sur Internet, il y a quand même certaines règles sur la nudité ou la violence à respecter. « Notre seul compromis a été de choisir de ne mettre aucune nudité. Il y a une scène dans la douche et on a choisi une prise où l’on ne voyait pas le sein. » Son film aurait pu être sur YouTube quand même, mais il aurait été ainsi réservé aux abonnés du site de partage vidéo. Comme plusieurs utilisateurs préfèrent ne pas s’inscrire même si c’est gratuit, il se serait coupé de plusieurs personnes et de toute les intégrations sur les blogues.

Ceci dit, il tient à préciser que ce n’est pas un modèle à suivre. « Ce n’est pas une nouvelle façon de faire du cinéma. Au contraire. Dans les faits, ça ne se fait pas. » Personne n’a eu de salaire. Pour cette raison, il va indiquer lors de la mise en ligne ne pas vouloir de publicité sur cette vidéo (donc pas de revenu possible selon le CPM). « Ça n’aurait pas été juste pour tous ceux qui ont accepté de participer au projet gratuitement et ça aurait été bien de la gestion. » De toute façon, il est conscient que son film ne pourra attirer autant de monde que ses clips précédents. Le fait de le mettre sur son compte lui permet deux choses : jouir de son nombre d’abonnés et téléverser un fichier de 20 G, un privilège réservé aux partenaires.

Même s’il souhaite faire ses prochains films dans de meilleures conditions, il considère que l’industrie cinématographique doit aussi s’ajuster à la révolution numérique et que c’est un nouveau modèle de distribution à explorer. « Il n’y a pas encore de marché pour la distribution web. Ça reste à construire. On expérimente. Les gens pourront regarder le film de partout dans le monde, sur leur ordinateur, leur appareil mobile ou leur télévision. Le film sera d’ailleurs en qualité Blu-Ray. » Il espère que plusieurs de ses abonnés seront curieux et aimeront son film, même si ça ne correspond pas à son style habituel.

On attribue la première distribution exclusive pour Internet à Girl walks into a bar, un film américain réalisé par Sebastián Gutiérrez, avec un budget d’un million de dollars. Plus de 450 000 personnes ont vu le film sur YouTube Screening, malheureusement géobloqué (uniquement accessible aux États-Unis).

Enfin l’automne est pour sa part le premier long métrage canadien produit pour une distribution Internet. Présenté en primeur au festival Off-Courts de Trouville le 4 septembre, il sera en ligne quelques minutes après la fin de la projection en France à cette adresse : youtube.com/user/PatrickBoivin

La bande-annonce :

 

Divers projets de longs métrages dont un aux États-Unis

Ce n’est pas parce que son premier film n’a pas été accepté par les institutions que Patrick Boivin leur tourne le dos. Il a reçu du financement pour son prochain long métrage qu’il va faire le printemps prochain (pour une sortie à l’été 2013). Martin Dubreuil et Antoine Bertrand interpréteront deux soldats pris dans le nord.

Il va aussi tourner l’été prochain un film financé par Open Film, une plateforme de courts métrages. Il a gagné un concours qui permettait à un réalisateur d’avoir le financement pour transformer son court en long. C’est ainsi que Patrick Boivin va tourner son premier long métrage américain l’été prochain. Open Film planifie une sortie en salle et sur le web.

Avec Olivier Roberge, il développe également un film avec Niv Fichman (le producteur des films Le violon rouge et Soie).

Trop occupé avec ses contrats, il entretient un peu moins son compte YouTube, mais il n’a pas l’intention d’arrêter de produire les courts clips qui l’ont fait connaître. Il travaille donc sur le prochain clip. L’important pour Patrick Boivin est d’arriver à se réinventer constamment.

 

Enfin l’automne

Un fim d’Olivier Roberge et Patrick Boivin.

Avec Christine Beaulieu, Louis Tremblay, Jacques Laroche, Dean Hagopian, Marie-Hélène Gendreau, Martin Dubreuil, Philémon Pelletier, Steve Landry, Pénélope Landry, Benoît Saint-Hilaire et Marguerite Bulté Boivin.

Prise de son et mixage sonore : Cyril Bourseaux

Mix sonore : Alexis Lemay