Billets classés sous ‘webtélé’

Laurent LaSalleLa télé 2.0 ou la télévision réinventée

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 publié le 4 avril 2012 à 13 h 28

Regardez-vous de la vidéo sur le web, que ce soit des séries télé en rattrapage ou du contenu exclusivement produit pour la toile, par les télédiffuseurs ou de façon indépendante? La montée en flèche de portails vidéo comme YouTube et Vimeo a facilité la propagation de ce mode de divertissement autrefois réservé au salon. Sans compter l’aspect démocratique de ces plateformes, qui permettent à quiconque de diffuser son contenu, pour le meilleur et pour le pire.

Et naviguez-vous sur Internet à même votre téléviseur? Êtes-vous à l’aise avec l’idée d’utiliser votre télécommande pour le faire?

Quand l’idée de produire Triplex en balado s’est présentée, nous avons envisagé dès le départ de produire des capsules vidéo. Après tout, aurait-il été approprié de parler de webtélé sans un support visuel approprié?

Notre première émission vidéo traitera donc de la création de contenu pour et par le web, de l’interaction possible entre la télévision et les médias sociaux, sans oublier un segment sur le transmédia (vulgarisé à merveille par Gina).

Émission 6 : sommaire

L’émission d’une quarantaine de minutes est divisée en sept chapitres :

00:00 – Introduction
01:00 – Est-ce que vous regardez le web à la télévision?
02:40 – La création de contenu vidéo sur le web
10:40 – L’interaction entre la télévision et les médias sociaux
19:45 – La télévision connectée : la télé et l’ordinateur, même mandat
30:40 – Qu’est-ce que le transmédia?
37:40 – Questions en rafale
34:14 – Fin

Également sur l’iTunes Store

Ceux qui préfèrent s’abonner à la baladodiffusion à partir de l’iTunes Store peuvent nous trouver dans le répertoire d’Apple sous la catégorie Technology (version vidéo à venir). Si vous utilisez un autre agrégateur de contenu, copiez/collez l’adresse du fil RSS à l’endroit approprié.

Pour s’abonner sur iTunes
Note : Pour obtenir la version vidéo, il faut se réabonner dans le répertoire de baladodiffusion de Radio-canada à Triplex en balado – Vidéo ou en cliquant sur le lien ci-haut.

Équipe de Triplex en balado :

Participants et blogueurs : Gina Desjardins, Laurent LaSalle et Martin Lessard
Animateur : Philippe Marcoux
Musique : Pierre Crube
Réalisatrice audio et au contenu: Marine Fleury
Réalisateur vidéo : Cédric Chabuel
Preneur de son : Martin Boulanger
Caméraman : Marion Carassou-Maillan
Édimestre et photographe : Félix-Antoine Viens
Infographe et intégratrice web : Marie-Anne Seim

Pour en savoir plus

Voici quelques articles sur le sujet à lire à titre de complément d’information :

Le Festival international des médias de Banff et le Gala des prix Gémeaux, anciennement connus pour récompenser uniquement la télévision, font de plus en plus de place aux productions Internet et aux nouveaux médias.

Festival international des médias de Banff

En fusionnant avec le Festival interactif NextMédia, le Festival international de la télévision est devenu le Festival international des médias de Banff. L’événement qui se terminait hier a récompensé son lot de productions Internet. Notons celles d’ici : Temps mort (programme en ligne – dramatique) et Sacrée montagne (catégorie francophone).

Netflix, l’ONF et Virgin Gaming ont reçu respectivement les prix NextMedia d’excellence en innovation, d’excellence en programmes interactifs et d’excellence en divertissement de la prochaine génération.

Le président du CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes), Konrad von Finckenstein, en a profité pour parler du passage vers le numérique. Le résumé de son discours est accessible sur le site du CRTC. Le Conseil se pose de nombreuses questions par rapport aux politiques en matière de télécommunications, de système de réglementation et de cadre institutionnel. « L’industrie est en train de se métamorphoser sur le plan de la technologie, des modèles de commercialisation et des structures organisationnelles, a-t-il exprimé vers la fin de son entretien. Elle représente une seule industrie, convergente et intégrée sous tous les angles. Cependant, elle continue d’être réglementée en vertu de trois lois distinctes, qui remontent à 20 ans. » Les gens de l’industrie ont d’ailleurs été invité à éclairer le Conseil.

Le Gala des prix Gémeaux

En mars dernier, j’écrivais sur les nouvelles catégories Internet et Nouveaux médias pour le 26e Gala des prix Gémeaux. C’est depuis 2008 que l’Académie décerne des prix pour ces productions. Cette année,  on trouve neuf catégories, soit quatre de plus que l’an dernier. Soixante-sept productions ont été soumises à l’Académie pour ces catégories. Le dévoilement des nominations s’est déroulé hier en fin d’après-midi.

Dans le communiqué de presse, Charles Ohayon, président de la section Québec pour l’Académie, commentait à propos de ces catégories : « Je suis très fier que l’Académie suive l’évolution de ce secteur, car ceci nous permet de récompenser et de faire reconnaître toutes les formes de production et de diffusion. Aussi, je tiens à féliciter tous ceux et celles qui sont finalistes, toutes catégories confondues. L’excellence de votre travail ne cesse de se développer, de nous réjouir et de nous étonner! Bravo à vous tous qui oeuvrez derrière ou devant les caméras! »

Voici donc les productions en nomination pour les catégories Internet et Nouveaux médias. Celles-ci seront décernées le dimanche 18 septembre à l’avant-première, animée par Anne-Marie Withenshaw et diffusée sur radio-canada.ca.

Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias :

Dramatique et comédie : 11 règles, En audition avec Simon (saison 2), Les chroniques d’une mère indigne III, Temps mort (saison 2) et Une vie de vrai gars.

Humour et variétés : Contrat d’gars, Deux steamés et Têtes à claques (volume 4).

Affaires publiques, documentaire, magazine et sport : 18Oº sur le tapis rose de Catherine, Gens du fleuve, La déséducation, Le sexe autour du  monde : aux États-Unis et Solutions gourmandes à moins de 10 $.

Jeunesse : Juliette en direct, Kwad9, Les sombres légendes de la terre et Paparadis (saison 2).

Meilleure émission ou série originale interactive produite pour les nouveaux médias : toutes catégories : Fabrique-moi un conte, Ma tribu, c’est ma vie, Sacrée montagne et Zieuter.tv.

Meilleur site web pour une émission ou série :

Dramatique : 19-2, Les rescapés, Tout sur moi et Yamaska.

Humour variétés : Les appendices, Peut contenir des Rachid II, Un gars le soir.

Affaires publiques, documentaire, magazine, sport : Du big bang au vivant, Hors-série II, Le sexe autour du monde, On est tous des artistes (saison II) et Urbania : le Québec en 12 lieux, la suite.

Jeunesse : 3 et moi, Sam Chicotte, Tactik, Toc toc toc et Zooville II

Gina DesjardinsEn manque d’humour sur le web

par

 publié le 26 mai 2011 à 13 h 22

Ce mois-ci, la manchette du magazine Wired est « Comment Internet a sauvé la comédie ». On y trouve quelques articles – très intéressants – sur le sujet. D’abord, on nous parle d’un laboratoire de recherche sur l’humour qui tente de trouver l’ultime recette pour faire rire. Puis une entrevue avec Andy Samberg sur comment faire des vidéos humoristiques populaires et comment Jay Pharoah s’est fait offrir de joindre Saturday Night Live grâce à ses clips sur Internet. La présentation de quelques utilisateurs Twitter qui se servent de la plateforme de microblogues pour faire de la comédie en 140 caractères. Puis finalement, un article sur le succès d’America’s funniest videos (l’équivalent de Drôles de vidéos) et de ses nouveaux compétiteurs, comme Failblog (Note : Au Québec, on a FailQc).

J’ai repensé à tout ça en regardant le Gala les Olivier la semaine dernière.

Déjà, le numéro d’ouverture du groupe Les Chick’n Swell soulignait l’importance des nouvelles technologies avec l’iPad géant et l’icône 3D. Plus tard, on les voyait aussi en Mario Kart (ce qui semblait inspiré par les clips Internet de Rémi Gaillard).

Les allusions aux technologies, et plus particulièrement à Internet, ont continué dans plusieurs présentations.

Le numéro de Simon Olivier Fecteau et Stéphane Rousseau faisait référence à une vidéo virale classique : le singe qui se pisse dans la bouche.

Puis, Phil Roy, finissant 2011 de l’École nationale de l’humour, a fait un numéro où il joue l’ami Facebook déçu de ne pas avoir été remercié par son idole Jean-Michel Anctil. (Il est sur Facebook et depuis peu sur Twitter)

Martin Petit et Mike Ward ont amené un bon point. On ne trouve pas beaucoup de contenu francophone sur Internet. Ils faisaient allusion aux sites de pornographie, mais même si on compare uniquement la présence des humoristes étrangers à la nôtre, on s’en aperçoit rapidement. Les humoristes québécois n’utilisent pas beaucoup Internet.

Évidemment, plusieurs ont des pages Facebook ou Twitter qui servent à la promotion, mais peu se servent des plateformes pour faire de l’humour. La blogueuse Marie Jetset a d’ailleurs fait des listes des pages Facebook et des comptes Twitter des gens de l’humour du Québec. Pour savoir quels humoristes les utilisent le mieux, on peut voir le document de Geoffroi Gagnon « Humoristes québécois et médias sociaux ». Selon ce document, 79 % des humoristes ont une présence sur Facebook, 17 % ont un profil sur Twitter, 13 % sont sur MySpace et 6 % uniquement se servent de YouTube. Du côté des sites Internet, 69 % ont un site web actif et 18 % seulement tiennent un blogue.

Le document a été publié en janvier 2010 et dans l’univers d’Internet, c’est une éternité. Mais c’est tout de même intéressant, car ça ne semble pas avoir changé tant que ça. Finalement, ça représente ce que je constate… les humoristes québécois utilisent surtout les nouveaux médias comme vitrine. Mais outre la promotion des spectacles, il y a moyen d’utiliser Internet comme médium de diffusion. Comme je le disais dans mon article sur les nouveaux prix Internet et nouveaux médias au gala des prix Gémeaux, le web est une bonne plateforme d’expérimentation. On peut s’en servir pour se faire connaître, pour prendre de l’expérience ou pour tester des blagues.

Quelques exemples au Québec :

En plus de sa présence à Infoman, MC Gilles a pu faire connaître son humour grâce à son blogue et à Twitter (il est suivi par près de 20 000 personnes). Ses courts messages « punchés » sont un bon exemple de l’utilisation de la plateforme de microblogues. Puisqu’il donne souvent des aperçus d’objets douteux sur lesquels il tombe, ses abonnés savent déjà à quoi s’attendre de sa nouvelle émission, Boutique MC Gilles, à V.

Etienne Dano, un des cinq humoristes de la relève de l’émission Les 5 prochains, à ARTV, n’avait pas anticipé un tel succès pour son clip Douchebags, qu’il a mis en ligne sur YouTube le 13 mai dernier. Le clip a été vu plus de 320 000 fois en deux semaines. « J’ai eu cette idée et j’ai eu envie de la réaliser pour niaiser, m’expliquait-il, mais je n’avais jamais imaginé que ça pourrait avoir un tel succès. Ça m’a ouvert les yeux sur l’incidence que peuvent avoir les réseaux sociaux. C’est certain que je vais les utiliser davantage. »

Plusieurs ont découvert l’humoriste Silvi Tourigny grâce à ses capsules « Carole aide son prochain ».

Simon Olivier Fecteau a longtemps fait partie des Chick’n Swell (lorsque le groupe avait une émission hebdomadaire à Radio-Canada), il a réalisé des courts métrages primés, il a coscénarisé et coréalisé le film Bluff, mais la webémission En audition avec Simon l’a véritablement propulsé.

La webémission Contrat d’gars remporte un vif succès sur le web. D’abord diffusée sur le web de façon indépendante, la série a finalement été achetée par V télé. Son succès et ses prix ont permis aux créateurs Alexandre Champagne et Jonathan Roberge de se démarquer, de se faire connaître (ils ont plus de 50 000 fans sur Facebook) et de se faire offrir d’autres contrats (comme de joindre l’équipe de Testé sur des humains à TVA). Selon l’article « Webtélé : en promo sur Facebook, leur popularité aurait même aidé la webémission 11 règles à décoller (Alexandre Champagne a annoncé sa participation à un épisode sur sa page Facebook).

Bref, je pense que les humoristes, surtout ceux de la relève, auraient avantage à se servir des nouveaux médias et des réseaux sociaux. Pas uniquement pour promouvoir leurs dates de spectacles, mais bien pour nous faire découvrir leur humour, leur univers. Depuis quelques années, l’École nationale de l’humour donne d’ailleurs le cours Écriture humoristique et nouveaux médias. On peut donc s’attendre à un peu plus de participation de la part des jeunes humoristes. Et c’est tant mieux!

YouTube a six ans

Parlant de YouTube, le site Internet d’hébergement de vidéos fêtait ses six ans hier. Le site a publié cette image pour représenter son évolution! C’est impressionnant. Prochainement, je vais d’ailleurs parler des partenaires YouTube et de la possibilité pour eux de gagner assez d’argent pour en vivre.

Neuroblaste, image provenant de la page Facebook

Lundi dernier, j’assistais au lancement de Neuroblaste, une nouvelle websérie de science-fiction en bandes dessinées animées. J’en suis sortie fascinée. Le scénario s’inspire de faits réels qui se sont déroulés à Montréal. Dans les années 60, le Dr Ewen Cameron, psychiatre et directeur de l’institut Allan Memorial (et aussi ancien colonel de l’armée américaine), aurait mené des expériences de déprogrammation du cerveau de patients atteints de diverses maladies mentales pour le compte de la CIA (et donc financées par Washington). Quelles belles prémices pour « un suspense scientifique sur fond de conspiration internationale », comme le stipule le communiqué de presse.

Dans cette webfiction, on suit donc trois étudiants de l’Université McGill à la recherche d’un vaccin contre la maladie d’Alzheimer. Voici la bande-annonce :

En coulisse

Le site Internet est intéressant. On y trouve, entre autres, des vidéos sur les coulisses de la production.

L’écriture

Dans la vidéo, l’idéateur et scénariste Pierre-Michel Tremblay se réjouit de la liberté que la forme lui a donnée. « On m’a demandé d’écrire une série de suspense ou de tension qui avait des ramifications internationales, parce que la forme du motion comic permettait de faire, par exemple, des scènes qui se passent à Dubaï… »

Le réalisateur François Bégin renchérit sur la même idée : « Ça nous a permis d’éclater des choses qu’on n’aurait jamais pu faire en tournage, qu’on ne peut jamais faire au Québec : de se promener partout dans le monde, de faire un complot international avec un gros méchant qui est néerlandais ou suisse, on le sait pas trop… avec des gens qui ont des accents de partout dans le monde. »

Le laboratoire (présentation des créateurs)

« Neuroblaste, c’est vraiment comme un radioroman fusionné avec une BD, pour créer un nouveau média », résume Time Rideout, concepteur sonore. Ce dernier a travaillé à de nombreux projets pour les jeux vidéo ou la télévision, dont Splinter Cell : Double Agent pour Ubisoft.

« Ce sont des dessins fixes dans lesquels on fait des animations. On peut donner des feelings, des mouvements. Mais les personnages en tant que tels ne bougent pas, ils ne sont pas animés », explique François Bégin, qui souhaitait malgré tout apporter une dimension cinématographique au projet. Le réalisateur a aussi de l’expérience du côté de l’univers des jeux vidéo. Il a participé à la production des journaux de développement (development diaries) de Splinter Cell 5 et d’Assassin’s Creed.

D’autres vidéos sur les coulisses seront mises en ligne. On pourra en savoir plus sur les centaines de dessins du Studio Lounak (créé par Serge Lapointe qui a collaboré à de nombreuses productions pour Marvel et DC) et sur l’animation par le studio SkuadStudios.

Entre fiction et réalité

J’aime particulièrement le journal du personnage Aube, qui nous permettra d’en savoir plus sur les faits qui ont inspiré la série. C’est la journaliste scientifique Marie-Pier Élie qui est responsable de toute la recherche sur les faits répertoriés et les avancées technologiques les plus récentes. En plus des pensées d’Aube, on y trouve donc des liens vers des publications de référence, parce que la réalité s’approche parfois dangereusement de la fiction! C’est assurément une section du site Internet que je visiterai assidûment.

Fait intéressant, cette websérie n’est pas « géobloquée ». Les Français et les Belges, qui ont une grande culture de la bande dessinée et du motion comic, pourront donc aussi la suivre.

Le premier épisode de cette semaine introduit les personnages et leur quête. Les épisodes suivants sont plus courts et se suivent plus facilement. À partir du 29 mars, il y aura un épisode de quatre minutes tous les mardis et les vendredis.

En 2008, l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision ajoutait une section pour le Gala des prix Gémeaux : Internet et nouveaux médias. Un comité avait été créé spécifiquement pour bien représenter cette section. On y trouve maintenant Christiane Asselin (Turbulent), Normand Bélisle (Inpix Média), Sophie Dufort (Les Chaînes Télé Astral), Julie Duhaime (Télé-Québec), Jérôme Hellio (Radio-Canada) et Nicolas Vachon (Vivavision). Leur mission? Donner plus de visibilité aux productions diffusées sur un média autre que la télévision.

Quatre ans après l’ajout de cette section aux prix Gémeaux, l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision ajoute cette année des catégories. On en comptera maintenant neuf. Les créateurs ont encore quelques jours pour s’inscrire.

Ça change pas le monde, sauf que…

Dans un de ses derniers billets, « Connaissez-vous la webtélé indépendante du Québec? », mon collègue Laurent affirmait que, pour lui, « la véritable webtélé est produite de façon indépendante ». Je comprends le fond de son affirmation, mais je ne suis pas d’accord. Selon moi, l’intérêt des diffuseurs télé et des producteurs d’expérience à développer des projets pour le web est responsable de l’augmentation de projets destinés au web. Il ne faut pas se le cacher, il est encore très difficile de gagner sa vie avec la webtélé, et la grande majorité des créateurs indépendants souhaitent qu’un gros portail achète et diffuse leur contenu. Ils peuvent ainsi avoir un certain revenu et une meilleure visibilité. Au bout du compte, l’essentiel est que le produit soit bon, peu importe qui le finance ou le diffuse.

Pour Charles Ohayon, le président de l’Académie, Internet est également une excellente vitrine pour les jeunes créateurs. « Avant, les réalisateurs commençaient par faire des vidéoclips ou de la publicité. L’industrie a changé, les clips n’ont pas la même popularité qu’avant, et les projets Internet leur permettent de se faire connaître. Les projets Internet offrent beaucoup de possibilités et de la visibilité aux réalisateurs, mais aussi aux jeunes scénaristes, producteurs, monteurs, directeurs de la photographie ou autres. » Je suis totalement en accord avec lui. Je pense comme ça à Éric Piccoli, réalisateur de Temps mort. Je ne serais pas étonnée de voir son nom sur de grosses productions dans quelques années.

Il faut être passionné pour se lancer dans une telle aventure. On doit y mettre l’argent, le temps et l’énergie sans espérer y développer un revenu annuel. La plupart des créateurs ont un autre emploi principal. Alors, qu’est-ce que ça leur fait de gagner un Gémeaux? C’est surtout une tape dans le dos. Ça encourage plusieurs à continuer. Pour leur famille, c’est aussi une preuve que leur investissement n’est pas vain.

« Avoir gagné un Gémeaux m’a apporté de la fierté, de la confiance en moi et un peu de la notoriété qui m’a permis d’obtenir des accès pour des festivals comme Cannes, Karlovy Vary ou Unifrance », me confie Catherine Beauchamp de la webtélé sur le cinéma Le tapis rose de Catherine, lauréate d’un prix Gémeaux en 2009. « Je croyais que ça changerait ma vie, mais malheureusement, ça ne m’a pas apporté plus de travail ni de visibilité médiatique. Les journalistes qui couvrent le Gala et parlent aux gagnants ne s’intéressaient pas à moi. »

Il y a deux ans, on parlait peu des initiatives en nouveaux médias. J’ai toutefois l’impression que chaque année, les gagnants de ces catégories obtiennent un peu plus de visibilité dans les médias traditionnels. L’an dernier, une des catégories était donnée lors du gala télévisé, ce qui a aidé à faire connaître ces catégories et ces productions. « C’est toujours un honneur d’être appuyé par son milieu. Gagner un Gémeaux donne un certain prestige à tout produit, et ça nous a également donné une belle visibilité », affirme Simon-Olivier Fecteau, qui a gagné l’an dernier pour En audition avec Simon. L’Académie ne sait pas encore si des prix seront décernés pendant le gala télévisé, mais ce qui est certain, c’est qu’au moins la majorité des gagnants seront annoncés lors de l’Avant-première, le gala des prix remis en après-midi, qui sera diffusé sur Radio-Canada.ca pour une deuxième année.

Catherine Beauchamp fêtera les trois ans du Tapis rose de Catherine demain, le 8 mars. Elle qui doit toujours garder un emploi à temps plein dans le milieu de la publicité cherche toujours une façon de s’y consacrer à temps plein. Elle considère que l’augmentation du nombre de prix prouve la place grandissante des webémissions dans notre paysage télévisuel. Elle garde espoir. Pour Simon-Olivier Fecteau, c’est une preuve que les temps changent, et voir l’Académie s’ajuster est plutôt réconfortant.

Inscription avant vendredi prochain

La date limite pour soumettre une émission ou une série, diffusée entre le 1er mai 2010 et le 30 avril 2011, est le 11 mars prochain sur le site prixgemeaux.ca. Voici les catégories :

Meilleur site web pour une émission ou une série, quatre catégories :

1. dramatique

2. humour, variétés

3. affaires publiques, documentaire

4.  jeunesse

Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias, quatre catégories :

5. dramatique et comédie

6. humour, variétés

7. affaires publiques, documentaire, magazine, sport

8. jeunesse

et finalement

9. Meilleure émission ou série originale interactive produite pour les nouveaux médias : toutes catégories

Avez-vous déjà des favoris pour ces catégories? Qui aimeriez-vous voir gagner cette année?