Billets classés sous ‘ubisoft’

Maxime JohnsonAssassin’s Creed Syndicate passe le test féministe

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 publié le 23 octobre 2015 à 15 h 15

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Alors qu’Assassin’s Creed Unity a été critiqué l’année dernière pour son manque de personnages féminins et pour sa vision très masculine du Paris du 18e siècle, le nouveau Assassin’s Creed Syndicate, qui paraît aujourd’hui, corrige la situation avec brio. Il s’agit d’une excellente nouvelle, surtout que le jeu lui-même s’avère particulièrement réussi.

Plus qu’un personnage féminin central
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Assassin’s Creed Syndicate raconte l’histoire de deux jumeaux assassins, Jacob et Evie Frye, qui tentent de libérer Londres et ses habitants de l’industriel Starrik Crawford pendant l’époque victorienne.

Selon les missions, le joueur incarne Jacob ou Evie, deux personnages qui se complémentent bien, tant par leur personnalité que par leurs forces et leurs faiblesses. C’est la première fois qu’Assassin’s Creed permet d’incarner un personnage principal féminin.

Réduire l’aspect féministe d’Assassin’s Creed Syndicate à la possibilité de prendre les traits d’une femme serait toutefois une erreur.

Comme l’explique Anita Sarkeesian du site Femminist Frequency dans sa critique vidéo, Assassin’s Creed Syndicate n’excelle pas tant par ce qu’il montre que par ce qu’il ne montre pas.

Evie Frye est, par exemple, habillée d’une façon appropriée pour le combat, et non pas comme dans la section de lingerie fine du catalogue Sears. L’assassine offre aussi une bonne profondeur, du moins autant que son frère, et ses cris, lorsqu’elle se bat, ne ressemblent pas à des gémissements pornos comme on en entend trop souvent.

Tout au long du jeu, les personnages qui habitent Londres ne sont aussi pas plus sexualisés qu’elle. Assassin’s Creed Syndicate met d’ailleurs fin à la possibilité de payer des prostituées pour se promener dans la ville à l’abri des regards, une mécanique de jeu qui n’était pas des plus glorieuses.

Il est aussi bon de noter qu’Assassin’s Creed intègre pour la première fois un personnage transgenre. Est-ce réaliste pour Londres du 19e siècle? Certainement pas. Toutefois, Assassin’s Creed fait depuis des années des accrocs au réalisme beaucoup plus importants de toute façon (comme celui de pouvoir se jeter du sommet d’une cathédrale dans une botte de paille et d’en sortir indemne).

Tout n’est pas parfait, évidemment. L’histoire de Jacob prend plus de place à mesure que le jeu avance, et si la diversité sexuelle est bien représentée dans Assassin’s Creed Syndicate, la diversité raciale, elle, l’est beaucoup moins.

Comme l’explique toutefois Sarkeesian dans sa critique, « Syndicate nous donne une image d’un monde où les femmes sont traitées normalement. Voilà qui est rafraîchissant, et malheureusement rare dans le monde des jeux vidéo AAA, qui peine trop souvent à représenter les femmes comme des êtres humains ».

Passation du flambeau réussie
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Assassin’s Creed Syndicate est avant tout un jeu qui a été généralement bien accueilli pour ses qualités vidéoludiques. Certaines faiblesses de la série sont toujours présentes, comme l’inégalité des missions et les petits bogues occasionnels, mais le nouveau titre est somme toute un pas dans la bonne direction, avec certaines aventures des plus plaisantes (notamment celles avec Charles Dickens) et un dialogue un peu plus amusant que la moyenne.

Assassin’s Creed Syndicate comprend aussi de nouvelles mécaniques pour se déplacer plus rapidement qu’auparavant dans la ville, ce qui sera certainement apprécié.

Notons que le jeu abandonne son mode multijoueur, qui n’était de toute façon pas la force de la franchise. Avec une bonne trentaine d’heures de contenu, les amateurs de la série ne pourront pas dire qu’ils n’en ont pas eu pour leur argent.

Assassin’s Creed Syndicate est le premier titre « principal » de la série à être réalisé ailleurs que chez Ubisoft Montréal, puisqu’il a plutôt été conçu par Ubisoft Québec. Cette passation du flambeau est certainement réussie et de bon augure pour la suite des choses.

Maxime JohnsonAssassin’s Creed Unity : un nouveau départ

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 publié le 13 août 2014 à 8 h 53

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Le prochain Assassin’s Creed, baptisé Unity, n’est pas seulement une suite de la franchise qui a créé la renommée d’Ubisoft Montréal. Il s’agit d’un nouveau départ pour la série, complètement revue pour les consoles de nouvelle génération et conçue pour améliorer plusieurs des problèmes récurrents des derniers Assassin’s Creed.

« Nous avons commencé le développement d’Assassin’s Creed Unity il y a maintenant quatre ans », explique Alex Amancio, le directeur créatif du jeu rencontré la semaine dernière à Montréal lors d’une présentation aux médias.

Dès le départ, il était clair pour Ubisoft qu’Assassin’s Creed serait un jeu conçu spécifiquement pour les consoles de nouvelle génération. Le titre est une branche indépendante des derniers volets de la franchise, comme Assassin’s Creed 3 et Assassin’s Creed 4, avec un code source distinct et une toute nouvelle histoire.

Les mécaniques de jeu demeurent sensiblement les mêmes, mais quelques nouveautés devraient donner un nouveau souffle à la série.

Finalement, un mode coop
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Première nouveauté, Assassin’s Creed s’est finalement doté d’un mode coopératif, où il est possible de terminer des missions dans un groupe de deux à quatre personnes.

Dans le niveau testé la semaine dernière, deux joueurs tentent de dérober des voleurs, idéalement sans se faire voir. « Chaque fois qu’on est repérés, notre récompense diminue », explique Alex Amancio.

Assassin’s Creed Unity encourage le joueur à essayer les modes coop, notamment en s’assurant que les points d’expérience et l’argent acquis peuvent être utilisés pour améliorer son personnage dans le mode solo également.

Les récompenses peuvent être utilisées pour acheter de l’équipement pour Arno, le personnage central de l’histoire. Contrairement aux derniers volets de la série, les équipements achetés ne sont plus seulement esthétiques; ils permettent aussi d’améliorer son personnage.

Certaines missions, comme celle accomplie la semaine dernière, sont différentes d’une fois à l’autre (les gardes ne sont pas toujours au même endroit, certaines portes ouvertes une première fois peuvent être verrouillées lors du second essai, etc.), afin d’encourager les joueurs à recommencer les missions et à tenter d’utiliser des stratégies différentes.

Comme c’est de plus en plus souvent le cas dans les jeux d’Ubisoft, le mode coop se déroule dans le jeu principal directement, et non dans un logiciel distinct, comme c’était le cas avec le mode multijoueur des derniers Asssassin’s Creed.

Des missions plus ouvertes
Beaucoup d’efforts ont été déployés pour rendre les missions d’Assassin’s Creed plus ouvertes, afin de permettre aux joueurs de les terminer de différentes façons.

« L’objectif est clair, mais les moyens pour s’y rendre sont nombreux. On laisse le joueur aborder la mission en fonction de son style et de ses forces, mais aussi de son imagination », précise le directeur créatif.

Même les missions plus linéaires ont été revues. Dans une mission où le joueur doit suivre quelqu’un, par exemple, perdre sa trace ne le fera plus forcément mourir comme auparavant, et il pourra trouver d’autres moyens d’arriver à ses fins.

Le combat n’est pas toujours la solution
Autre différence importante, le combat devrait désormais être utilisé avec plus de parcimonie qu’auparavant. « Avec Assassin’s Creed Unity, nous voulons que les missions ne se terminent pas toujours par des combats, comme c’était souvent le cas avec les autres volets de la série », ajoute Alex Amancio.

Pour arriver à ses fins, l’équipe derrière Assassin’s Creed Unity a notamment amélioré le mode furtif, en permettant aux joueurs de plus facilement disparaître une fois qu’ils ont été vus.

Les adversaires sont aussi plus coriaces qu’auparavant, et le système de combat, plus réaliste, afin de décourager les joueurs de simplement s’attaquer à tout ce qui bouge.

Pour PC et consoles de nouvelle génération seulement
Assassin’s Creed Unity sera offert à l’automne pour Xbox One, PlayStation 4 et PC. Le jeu essayé sur PC offrait des graphiques réussis, avec notamment de grandes foules dans le Paris de la Révolution française.

Les joueurs de Xbox 360 et de PlayStation 3 pourront quant à eux se rabattre sur Assassin’s Creed Rogue, un jeu dans la lignée d’Assassin’s Creed 3 et d’Assassin’s Creed 4 : Black Flag, qui permettra pour la première fois d’incarner un templier, et non un assassin.

Maxime JohnsonJeux vidéo : mes coups de coeur au E3 2013

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 publié le 17 juin 2013 à 16 h 05

Après plusieurs semaines d’attente, me voilà enfin à Triplex, où je rejoins avec plaisir Martin et Nadia. Il faut reconnaître que le hasard fait bien les choses, puisque mon premier billet porte sur les jeux vidéo, un sujet privilégié par mon ami Laurent Lasalle, qui a quitté Triplex la semaine dernière.
 
Ceux qui me lisent déjà - j’ai collaboré à plus d’une trentaine de publications au Québec au cours des dernières années - reconnaîtront certaines des caractéristiques qui me définissent comme journaliste techno dans ce premier billet.

J’adore couvrir les congrès technos (CES, Mobile World Congress, etc.), et je suis un enthousiaste qui croit au potentiel des technologies et qui aime imaginer jusqu’où elles peuvent nous mener. Mes attentes sont toutefois élevées, et je n’ai pas peur de critiquer un produit s’il n’est pas à la hauteur de mes attentes.

Je n’ai pas peur non plus de faire cavalier seul quand j’exprime mes opinions. La cuvée 2013 du E3, le plus grand rassemblement annuel de l’industrie du jeu vidéo auquel j’ai participé la semaine dernière, a beau avoir été largement vantée, je n’ai pour ma part aucune gêne à affirmer qu’elle m’a plutôt déçu, et que peu de titres m’ont réellement passionné.

Oui, certains des jeux qui y ont été dévoilés vont certainement se vendre à des millions d’exemplaires, comme Titanfall, Destiny ou les dernières moutures de Battlefield et de Call of Duty. Ces jeux de guerre ne devraient pas décevoir les amateurs du genre, mais un peu comme avec la plupart des superproductions estivales, j’éprouve de la difficulté à m’y intéresser. Tous les goûts sont dans la nature, j’imagine.

Sans plus tarder, voici donc mes coups de coeur du Electronic Entertainment Expo (E3) 2013. Les titres que j’ai choisis ont deux points communs : ils m’ont fait vivre des émotions durant leur présentation et donné envie d’y jouer lorsqu’ils seront lancés cette année ou l’année prochaine.

Plants vs Zombies : Garden Warfare

L’éditeur Popcap et EA ont transformé leur populaire franchise Plants vs Zombies (un petit jeu qui est offert sur pratiquement toutes les plateformes et que vous devriez essayer absolument si ce n’est déjà fait) en un jeu de tir complètement déjanté.

Même s’il s’agit d’un genre tout à fait différent, la plupart des qualités qui ont fait la gloire de la série ont été préservées, comme l’humour, l’heureux mélange entre l’action et la stratégie ainsi que la bonne musique.

Plants vs Zombies : Garden Warfare devrait être un jeu pour toute la famille (après tout, on y tire avec des petits pois et du popcorn) particulièrement amusant. Une belle surprise.

Outlast

Outlast est un jeu indépendant, développé par le studio indépendant montréalais Red Barrels. Ce n’est pas la première fois que le titre est présenté, mais celui-ci a joui d’une belle visibilité au E3, puisqu’il a été mis de l’avant par Sony durant sa conférence de presse et à son kiosque.

Outlast est une aventure d’horreur vraiment terrifiante, où l’on incarne un journaliste intrépide qui s’aventure dans un établissement où il n’aurait probablement pas dû mettre les pieds.

Attendez-vous à faire de nombreux sauts lorsque le jeu sera lancé sur PC à la fin de l’été, ou sur la PlayStation 4 l’année prochaine.

Kinect : un accessoire sous-estimé

Mon troisième coup de coeur n’est pas un jeu, mais plutôt un accessoire, le Kinect de seconde génération, qui sera nécessaire pour faire fonctionner la Xbox One.

Même si elle a été décriée à de nombreuses reprises, cette obligation d’utiliser Kinect est à mon avis une bonne chose, puisqu’elle devrait permettre un nouveau genre d’utilisation pour l’appareil.

Actuellement, on bouge généralement beaucoup dans les jeux Kinect, comme dans les jeux de danse ou d’entraînement. Kinect a aussi été utilisé dans des genres plus traditionnels, sans grand succès cependant.

Le Kinect de seconde génération, avec ses capteurs plus précis qui seront branchés en permanence, pourra permettre aux concepteurs d’intégrer l’appareil dans leurs jeux, sans pour autant en faire le contrôleur principal.

Comme on nous l’a montré dans une présentation de Microsoft, un joueur pourrait ainsi simplement taper avec son doigt sur sa tempe pour activer des lunettes nocturnes. Il pourrait aussi obtenir de meilleurs prix dans une boutique en souriant, ou lancer des commandes vocales aux autres personnages du jeu, comme il le ferait dans la vraie vie (« Va explorer cette maison », « Attaque cet ennemi à go« , etc.).

Plusieurs joueurs gardent un goût amer de la Kinect de première génération. Mais je suis convaincu que ce genre d’utilisation plus subtile et complémentaire à la manette principale de la Xbox devrait lui donner un atout important au cours des prochaines années lorsque les concepteurs commenceront à s’en servir intelligemment.

Or, pour que cela arrive un jour, il fallait rendre son utilisation obligatoire. Sinon, on aurait continué de faire de la programmation pour la majorité des joueurs, soit ceux qui n’ont pas de Kinect ou qui ne l’allument même plus.

Notez toutefois que je suis contre la plupart des autres restrictions de Microsoft pour sa Xbox One, comme celles entourant les jeux d’occasion et l’obligation d’être relié à Internet au moins une fois par jour pour profiter de ses jeux, même ceux en solo.

Dead Rising 3

Je n’aime pas beaucoup les suites et les formules, mais force est de reconnaître que le jeu de zombies Dead Rising 3 s’annonce vraiment amusant.

Un jeu des plus légers, où l’on peut facilement exterminer des centaines de zombies en quelques minutes seulement.

Dead Rising 3 est loin d’être un jeu intello (très peu de gros jeux pour consoles le sont, il faut le reconnaître), mais il devrait faire passer de bons moments.

Watch Dogs

Ubisoft Montréal a présenté le très attendu Watch Dogs à quelques reprises déjà, mais on comprend maintenant un peu mieux ce jeu mystérieux, où l’on incarne un pirate informatique, armé principalement d’un téléphone intelligent.

Parmi les nouveautés dévoilées au E3, notons l’ajout d’un mode multijoueur original, où il est possible d’attaquer ses amis pendant qu’ils jouent à Watch Dogs en solo. La présentation de ce mode par les concepteurs du jeu a vraiment piqué ma curiosité.

On ignore toutefois encore beaucoup de choses de Watch Dogs, et il s’agit d’un jeu qui semble plutôt complexe. Le titre est toutefois l’un des plus prometteurs. Un jeu original, dans une industrie qui ne l’est généralement pas (ou si peu).

Super Mario 3D World

Pour ceux qui possèdent une Wii U, Nintendo a présenté une énième mouture de sa populaire franchise Mario Bros, Super Mario 3D World.

Le jeu permet à un nombre de personnages de l’univers de Mario, qui peut aller jusqu’à quatre, de jouer en même temps dans un mélange de coopération, puisqu’il faut s’entraider et se coordonner pour remplir les tableaux, et d’affrontement, puisque les points sont comptés séparément pour chacun des personnages.

Un jeu pour toute la famille, évidemment, qui devrait faire rire et divertir les participants.

Et un coup de gueule

Beaucoup de jeux m’ont laissé indifférent au E3, soit parce qu’ils étaient plus ou moins intéressants, soit tout simplement parce qu’ils n’étaient pas trop mon genre. Dans ce deuxième cas, je ne peux évidemment pas en vouloir à leurs créateurs, et plusieurs d’entre eux raviront même certainement leurs amateurs.

J’ai toutefois eu une petite aversion par rapport à quelques titres présentés, tout particulièrement Ryse : Son of Rome.

Je ne suis pas particulièrement contre la violence dans les jeux vidéo, mais parfois, trop, c’est trop. La violence dans Ryse : Son of Rome, une exclusivité de Xbox One, m’est apparue extrême et gratuite.

Et, désolé, mais je n’adhère pas aux excuses ridicules du genre «la guerre est violente!» pour pardonner les trop nombreuses épées rentrées en pleine gorge et les incalculables démembrements.

Je ne suis pas en train de dire que Ryse : Son of Rome ne devrait pas être lancé. Mais Microsoft ne devrait pas faire autant la promotion d’un jeu qui s’annonce aussi débile, d’autant qu’il ne semble pas apporter beaucoup de nouveautés au genre de toute façon.

Laurent LaSalleLes jeux vidéo exposés au musée

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 publié le 25 avril 2013 à 15 h 07

Depuis hier, et ce jusqu’au 16 mars 2014, le Musée de la civilisation présente une exposition consacrée à l’univers du jeu vidéo. Intitulée Une histoire de jeux vidéo, elle retrace le parcours chronologique d’une industrie ayant eu une influence significative sur les générations X et Y.

Considérée aujourd’hui comme une véritable forme d’art, ce divertissement nouveau genre n’en est pas à ses premiers pas au musée. En effet, le Museum of Modern Art de New York (MoMA) révélait en novembre dernier son intention d’intégrer une collection de jeux vidéo à l’exposition Applied design du musée. Tant à New York qu’à Québec, la particularité commune de ces expositions est qu’on peut jouer à une bonne portion des jeux exposés.

Un parcours chronologique

L’exposition trace d’abord les balbutiements de ce qui a permis d’aboutir aux premiers jeux vidéo (de 1950 à 1971) avant de présenter les sept grandes périodes correspondant aux innovations techniques et esthétiques. D’abord, la naissance de Pong et ses dérivés (1972 à 1977), ensuite, les premiers jeux en couleurs (1983 à 1989), suivi de l’ère du dessin (1989 à 1994), de l’art du pixel (1994 à 1999), puis, de l’arrivée de la 3D (2000 à 2005), pour finalement conclure avec la haute définition et le retour aux jeux rétro (2006 à aujourd’hui).

Cette exposition a été rendue possible grâce à la collaboration de MO5.COM, une association consacrée à la préservation du patrimoine informatique et vidéoludique.

« Le jeu vidéo a considérablement changé la face du loisir dans les dernières décennies. Son marché a même dépassé celui du cinéma. C’est dire l’importance du jeu vidéo dans notre culture. Il a, au cours des 25 dernières années, exploré de multiples facettes de la société québécoise à travers quelques-unes de ses passions : la chanson, les téléromans, le hockey, l’humour. En tant que musée de société, le Musée se devait d’explorer l’univers des jeux vidéo, un phénomène qui a eu un impact énorme sur les plans social et culturel, tant au Québec que dans le monde. »

Michel Côté, directeur général du Musée de la civilisation

On trouve au programme près de 450 artefacts, incluant des jeux vidéo, des bornes d’arcades, des accessoires, des affiches, des magazines et des extraits de films ayant inspiré la création de jeux vidéo (et l’inverse aussi, avec souvent un résultat désastreux).

Le jeu vidéo à la télévision

Depuis 1998, Denis Talbot fait partager son amour du jeu vidéo et de la technologie sur les ondes de MusiquePlus à la barre de l’émission M. Net (à laquelle je collabore régulièrement). Spécialiste dans le domaine, il a également participé à titre de consultant à l’élaboration de nombreux jeux publiés au cours des dernières années et a comparu devant le Comité permanent du patrimoine canadien de la Chambre des communes pour livrer son expertise à propos d’une étude sur l’industrie canadienne du logiciel de divertissement en novembre dernier.

L’animateur est immortalisé dans cette exposition, aux côtés des principaux acteurs du jeu vidéo à Québec : Beenox, Sarbakan, Frima et Ubisoft.

Vous désirez contribuer à l’exposition?

Le Musée de la civilisation a lancé un appel à tous récemment afin de recueillir des dons de consoles et de jeux qui accumulent peut-être la poussière dans votre placard, au sous-sol ou au grenier. Pourvu que l’article se trouve sur la liste des artefacts recherchés, qu’il est en bonne condition et en état de marche, on vous invite à communiquer avec le musée afin d’apporter votre contribution.

Une histoire de jeux vidéo est présentée au Musée de la civilisation à Québec jusqu’au 16 mars 2014. Je vous invite à lire le billet de Nadia concernant les trajets des autocars d’Orléans Express, maintenant intégrés à Google Maps, si vous désirez vous rendre dans la Vieille Capitale en transport en commun.

Laurent LaSalleBanc d’essai : la Wii U de Nintendo

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 publié le 19 novembre 2012 à 11 h 34

Telle une éclipse totale dans le système solaire de l’industrie du jeu vidéo, la venue d’une génération de consoles n’est pas monnaie courante. Bien que les technophiles sont aujourd’hui conditionnés à voir un nouveau modèle de téléphone intelligent être introduit sur le marché chaque semaine, l’arrivée d’une vague de nouvelles consoles venant s’y échouer est beaucoup plus rare.

Cette fois-ci, c’est au tour de Nintendo d’ouvrir la danse avec le lancement de la Wii U. La sixième console de salon de son histoire débarquait en magasin hier, et j’ai eu la chance de passer quelques jours avec le produit en question.

Naufragé

Nintendo se retrouve seule sur son île, du moins pour le moment, puisque ni Microsoft ni Sony n’ont annoncé d’information concernant leurs prochaines consoles. Il va de soi cependant que le développement de celles-ci est bien entamé, à en croire les échos de studios où un flou s’installe quand vient le moment de spécifier la destination de certains jeux.

Une offensive de Microsoft et de Sony avec le lancement de leurs consoles respectives est donc à prévoir vers la fin de 2013, période traditionnelle de l’année pour ce genre de produit.

Console au nom familier

Contrairement à ce que son nom et sa forme peuvent laisser sous-entendre, la Wii U est une toute nouvelle console. En aucun cas ne vous sera-t-il possible de vous procurer un jeu Wii U pour y jouer sur votre Wii. Cette relation ne fonctionne qu’à l’inverse : la grande majorité des jeux Wii peuvent fonctionner sur la nouvelle console. Même chose pour les périphériques : les manettes Wii fonctionnent avec la Wii U, et sont même requises pour les jeux multijoueurs.

Graphisme

Nintendo a appris de ses erreurs. Pour la première fois de son existence, elle propose une console en haute définition avec un signal 1080p. Le fabricant nippon va même jusqu’à inclure un câble HDMI avec son produit : du jamais vu chez la concurrence. Bien que la qualité physique de celui-ci laisse à désirer, il était temps qu’une compagnie comprenne que son inclusion est essentielle.

Techniquement, la Wii U est en mesure de générer un graphisme du même calibre que la Xbox 360 et la PlayStation 3. Certains jeux en font déjà la démonstration (Ninja Gaiden 3, Assassin’s Creed III), mais il est difficile de savoir si l’on peut s’attendre à de l’amélioration sur ce plan, une fois que les développeurs auront bien apprivoisé les rudiments de la console. Nintendo devra fournir une assistance hors pair sur ce plan, au risque de se retrouver une fois de plus à la remorque de la concurrence. Il est fort à parier que la prochaine Xbox et la prochaine PlayStation auront beaucoup à offrir en terme de ce genre d’artifices.

Innovation

En matière de nouveauté, Nintendo démontre encore une fois son côté novateur avec le GamePad, une manette munie d’un écran tactile de 6,2 pouces, d’une caméra frontale et de capteurs gyroscopiques (incluant accéléromètre et magnétomètre), fortement inspirée des tablettes tactiles ayant proliféré sur le marché ces dernières années. Cette manette est légère et son utilisation est très conviviale. Bien que la résolution de son écran laisse à désirer (854 x 480 pixels), la qualité de l’image sur celle-ci demeure surprenante. Cependant, l’autonomie du périphérique est plutôt décevante (à peine 3 heures dans mon cas), et le fait que l’appareil – qui ressemble en tout point à une console portable surdimensionnée – ne puisse être utilisé de façon indépendante est ridicule.

En ce qui concerne son utilisation, le GamePad répond parfaitement aux commandes. Je n’ai rien à redire non plus sur la portée du signal entre la Wii U et le GamePad, qui permet de se mouvoir dans un rayon d’un peu plus de 7 mètres.

Spécifications techniques

La console est propulsée par un processeur central tricœur PowerPC d’IBM cadencé à 3 GHz, et un processeur graphique Radeon conçu par AMD. Pour ce qui est de la mémoire, la console est équipée de 2 Go de mémoire vive (environ quatre fois supérieur à la concurrence).

Malgré la puissance de l’appareil, le temps de chargement des diverses sections du menu est incroyablement lent. Les curieux regretteront amèrement leur envie de vouloir explorer ce dernier. La console impose facilement un temps de chargement de 30 secondes entre les diverses pages, un délai qui est à mon avis inacceptable.

On propose deux versions de la Wii U : une console blanche avec 8 Go d’espace de stockage et une console noire (l’ensemble de luxe) avec 32 Go d’espace de stockage. Pour la différence de prix (soit 50 $), la console blanche est à éviter comme la peste. Laissez-moi vous expliquer pourquoi dans le prochain paragraphe.

Jeux téléchargeables

Nintendo permet enfin d’acheter des versions numériques de ses jeux complets, les mêmes titres que l’on retrouve sur les tablettes des magasins (tant ses jeux que ceux des éditeurs tiers). Le poids de ces jeux peut-être significativement lourd : on parle de 2 Go pour New Super Mario Bros. U. Puisque le système d’exploitation de la console nécessite 4,2 Go (qui incluent de l’espace pour vos informations personnelles), il sera impossible pour le propriétaire d’une console blanche de profiter pleinement de ce service sans se prémunir d’un espace de stockage externe (une clé ou un disque dur) branché au port USB de la Wii U.

Sans compter que la première chose qu’on vous invite à faire une fois que vous avez connecté la Wii U à Internet est de mettre à jour la console. Je trouve déplorable qu’on ne fournisse aucune information concernant celle-ci. Méfiez-vous : il s’agit d’un téléchargement de 5 Go. Si vous étiez sur le point de dépasser la limite de téléchargement imposée par votre fournisseur d’accès Internet, c’est un pensez-y-bien.

Verdict

Au final, ce sont les jeux qui propulseront la console au succès. Bien que quelques titres semblent plutôt prometteurs (je pense entre autres à ZombiU), il faudra encore attendre avant de voir une majorité d’entre eux bien tirer profit des nouvelles fonctionnalités incorporées au GamePad.

Je demeure néanmoins optimiste. Nintendo semble déterminée à vouloir reconquérir le cœur des joueurs classiques, moins enthousiastes devant la tendance des jeux à commandes physiques. La compagnie est sur la bonne voie, et certains des défauts que je vois pourront être atténués lors d’une éventuelle mise à jour.

Vous comptez offrir la Wii U à un fan de Nintendo? Allez-y pour l’ensemble de luxe. Par contre, si vous vous adressez à quelqu’un qui ne jure que par sa Xbox 360 ou sa PlayStation 3, l’idéal serait d’attendre l’an prochain, quand tous les joueurs seront à jour sur le plan de leurs consoles.