Après plusieurs semaines d’attente, me voilà enfin à Triplex, où je rejoins avec plaisir Martin et Nadia. Il faut reconnaître que le hasard fait bien les choses, puisque mon premier billet porte sur les jeux vidéo, un sujet privilégié par mon ami Laurent Lasalle, qui a quitté Triplex la semaine dernière.
Ceux qui me lisent déjà - j’ai collaboré à plus d’une trentaine de publications au Québec au cours des dernières années - reconnaîtront certaines des caractéristiques qui me définissent comme journaliste techno dans ce premier billet.
J’adore couvrir les congrès technos (CES, Mobile World Congress, etc.), et je suis un enthousiaste qui croit au potentiel des technologies et qui aime imaginer jusqu’où elles peuvent nous mener. Mes attentes sont toutefois élevées, et je n’ai pas peur de critiquer un produit s’il n’est pas à la hauteur de mes attentes.
Je n’ai pas peur non plus de faire cavalier seul quand j’exprime mes opinions. La cuvée 2013 du E3, le plus grand rassemblement annuel de l’industrie du jeu vidéo auquel j’ai participé la semaine dernière, a beau avoir été largement vantée, je n’ai pour ma part aucune gêne à affirmer qu’elle m’a plutôt déçu, et que peu de titres m’ont réellement passionné.
Oui, certains des jeux qui y ont été dévoilés vont certainement se vendre à des millions d’exemplaires, comme Titanfall, Destiny ou les dernières moutures de Battlefield et de Call of Duty. Ces jeux de guerre ne devraient pas décevoir les amateurs du genre, mais un peu comme avec la plupart des superproductions estivales, j’éprouve de la difficulté à m’y intéresser. Tous les goûts sont dans la nature, j’imagine.
Sans plus tarder, voici donc mes coups de coeur du Electronic Entertainment Expo (E3) 2013. Les titres que j’ai choisis ont deux points communs : ils m’ont fait vivre des émotions durant leur présentation et donné envie d’y jouer lorsqu’ils seront lancés cette année ou l’année prochaine.
Plants vs Zombies : Garden Warfare

L’éditeur Popcap et EA ont transformé leur populaire franchise Plants vs Zombies (un petit jeu qui est offert sur pratiquement toutes les plateformes et que vous devriez essayer absolument si ce n’est déjà fait) en un jeu de tir complètement déjanté.
Même s’il s’agit d’un genre tout à fait différent, la plupart des qualités qui ont fait la gloire de la série ont été préservées, comme l’humour, l’heureux mélange entre l’action et la stratégie ainsi que la bonne musique.
Plants vs Zombies : Garden Warfare devrait être un jeu pour toute la famille (après tout, on y tire avec des petits pois et du popcorn) particulièrement amusant. Une belle surprise.
Outlast est un jeu indépendant, développé par le studio indépendant montréalais Red Barrels. Ce n’est pas la première fois que le titre est présenté, mais celui-ci a joui d’une belle visibilité au E3, puisqu’il a été mis de l’avant par Sony durant sa conférence de presse et à son kiosque.
Outlast est une aventure d’horreur vraiment terrifiante, où l’on incarne un journaliste intrépide qui s’aventure dans un établissement où il n’aurait probablement pas dû mettre les pieds.
Attendez-vous à faire de nombreux sauts lorsque le jeu sera lancé sur PC à la fin de l’été, ou sur la PlayStation 4 l’année prochaine.
Kinect : un accessoire sous-estimé

Mon troisième coup de coeur n’est pas un jeu, mais plutôt un accessoire, le Kinect de seconde génération, qui sera nécessaire pour faire fonctionner la Xbox One.
Même si elle a été décriée à de nombreuses reprises, cette obligation d’utiliser Kinect est à mon avis une bonne chose, puisqu’elle devrait permettre un nouveau genre d’utilisation pour l’appareil.
Actuellement, on bouge généralement beaucoup dans les jeux Kinect, comme dans les jeux de danse ou d’entraînement. Kinect a aussi été utilisé dans des genres plus traditionnels, sans grand succès cependant.
Le Kinect de seconde génération, avec ses capteurs plus précis qui seront branchés en permanence, pourra permettre aux concepteurs d’intégrer l’appareil dans leurs jeux, sans pour autant en faire le contrôleur principal.
Comme on nous l’a montré dans une présentation de Microsoft, un joueur pourrait ainsi simplement taper avec son doigt sur sa tempe pour activer des lunettes nocturnes. Il pourrait aussi obtenir de meilleurs prix dans une boutique en souriant, ou lancer des commandes vocales aux autres personnages du jeu, comme il le ferait dans la vraie vie (« Va explorer cette maison », « Attaque cet ennemi à go« , etc.).
Plusieurs joueurs gardent un goût amer de la Kinect de première génération. Mais je suis convaincu que ce genre d’utilisation plus subtile et complémentaire à la manette principale de la Xbox devrait lui donner un atout important au cours des prochaines années lorsque les concepteurs commenceront à s’en servir intelligemment.
Or, pour que cela arrive un jour, il fallait rendre son utilisation obligatoire. Sinon, on aurait continué de faire de la programmation pour la majorité des joueurs, soit ceux qui n’ont pas de Kinect ou qui ne l’allument même plus.
Notez toutefois que je suis contre la plupart des autres restrictions de Microsoft pour sa Xbox One, comme celles entourant les jeux d’occasion et l’obligation d’être relié à Internet au moins une fois par jour pour profiter de ses jeux, même ceux en solo.
Je n’aime pas beaucoup les suites et les formules, mais force est de reconnaître que le jeu de zombies Dead Rising 3 s’annonce vraiment amusant.
Un jeu des plus légers, où l’on peut facilement exterminer des centaines de zombies en quelques minutes seulement.
Dead Rising 3 est loin d’être un jeu intello (très peu de gros jeux pour consoles le sont, il faut le reconnaître), mais il devrait faire passer de bons moments.
Ubisoft Montréal a présenté le très attendu Watch Dogs à quelques reprises déjà, mais on comprend maintenant un peu mieux ce jeu mystérieux, où l’on incarne un pirate informatique, armé principalement d’un téléphone intelligent.
Parmi les nouveautés dévoilées au E3, notons l’ajout d’un mode multijoueur original, où il est possible d’attaquer ses amis pendant qu’ils jouent à Watch Dogs en solo. La présentation de ce mode par les concepteurs du jeu a vraiment piqué ma curiosité.
On ignore toutefois encore beaucoup de choses de Watch Dogs, et il s’agit d’un jeu qui semble plutôt complexe. Le titre est toutefois l’un des plus prometteurs. Un jeu original, dans une industrie qui ne l’est généralement pas (ou si peu).
Pour ceux qui possèdent une Wii U, Nintendo a présenté une énième mouture de sa populaire franchise Mario Bros, Super Mario 3D World.
Le jeu permet à un nombre de personnages de l’univers de Mario, qui peut aller jusqu’à quatre, de jouer en même temps dans un mélange de coopération, puisqu’il faut s’entraider et se coordonner pour remplir les tableaux, et d’affrontement, puisque les points sont comptés séparément pour chacun des personnages.
Un jeu pour toute la famille, évidemment, qui devrait faire rire et divertir les participants.
Et un coup de gueule
Beaucoup de jeux m’ont laissé indifférent au E3, soit parce qu’ils étaient plus ou moins intéressants, soit tout simplement parce qu’ils n’étaient pas trop mon genre. Dans ce deuxième cas, je ne peux évidemment pas en vouloir à leurs créateurs, et plusieurs d’entre eux raviront même certainement leurs amateurs.
J’ai toutefois eu une petite aversion par rapport à quelques titres présentés, tout particulièrement Ryse : Son of Rome.
Je ne suis pas particulièrement contre la violence dans les jeux vidéo, mais parfois, trop, c’est trop. La violence dans Ryse : Son of Rome, une exclusivité de Xbox One, m’est apparue extrême et gratuite.
Et, désolé, mais je n’adhère pas aux excuses ridicules du genre «la guerre est violente!» pour pardonner les trop nombreuses épées rentrées en pleine gorge et les incalculables démembrements.
Je ne suis pas en train de dire que Ryse : Son of Rome ne devrait pas être lancé. Mais Microsoft ne devrait pas faire autant la promotion d’un jeu qui s’annonce aussi débile, d’autant qu’il ne semble pas apporter beaucoup de nouveautés au genre de toute façon.









