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Nadia SeraioccoSûrtab : la tablette made in Haïti

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 publié le 18 mars 2014 à 11 h 45
La tablette de 7 pouces de Sûrtab

La tablette de 7 pouces de Sûrtab. Source : site de la compagnie

Quand le terrible séisme de 2010 a ravagé Haïti, pays éprouvé par les crises politiques et la pauvreté, on ne s’attendait pas au développement d’une industrie de technologie de pointe en quelques années. C’était sans doute ignorer la résilience et la créativité des Haïtiens. À titre d’exemple, selon ce qu’annonçait   Reuters la fin de semaine dernière, la compagnie Sûrtab, fondée en 2013 et basée à Port-au-Prince, propose des tablettes électroniques qui se veulent abordables et durables.

Un produit abordable fabriqué dans une entreprise équitable

Rien à voir, ici, avec les moyens des grands joueurs du marché et leurs millions d’unités, puisque Sûrtab n’en produit en ce moment que quelques milliers par mois.

Fondée à partir d’un fonds de 200 000 $ attribué par l’USAID (U.S. Agency for International Development), la compagnie Sûrtab fabrique, à partir de composantes achetées en Asie, trois types de tablettes à écran de 7 pouces qui fonctionnent sur la plateforme Android. Les prix se situent entre 100 $ pour la Sûrtab 7 WIFI et 285 $ pour le modèle haut de gamme de 2 GB de RAM avec écran Retina. Chaque appareil est monté manuellement par une équipe d’employés locaux. Ces derniers sont très fiers de travailler dans cette entreprise qui promeut l’équité en emploi. Selon le site de la compagnie, les femmes constituent la plus grande partie de la main-d’œuvre.

En janvier, la station WPLG basée à Miami diffusait un reportage sur la compagnie, ses infrastructures et ses procédés. Une employée de l’équipe de montage, Fara Tilus, partageait, non sans émotion, sa joie de faire partie de l’équipe de Sûrtab. Si le PIB haïtien a connu une croissance de 4,3 %, les industries qui ont permis ce gain se situent principalement dans les secteurs de l’agriculture et de l’exploitation minière.

Les besoins de technologies des pays émergents

La présence d’une telle industrie locale à Haïti pourrait répondre à des besoins urgents. En entrevue à La sphère, la pédagogue Ninon-Louise Lepage parlait de l’importance des téléphones intelligents et des appareils mobiles pour l’accès à l’instruction dans les pays émergents en donnant notamment l’exemple de l’Afrique.

On pourrait dire la même chose du domaine médical, où le mobile occupe une place incontournable dans la prévention et les traitements depuis plus de cinq ans. Mais la présence de Sûrtab joue un rôle clé en ce qui a trait à la fierté de la communauté de Port-au-Prince, un besoin tout aussi urgent après les durs coups qui ont ébranlé Haïti.

Sûrtab assemble actuellement environ 5000 tablettes par mois et prévoyait pour mars, d’augmenter ce chiffre à 10 000.

Une classe du programme One laptop per child. Source Wikicommons, auteur : Mabdul.

Une classe du programme One laptop per child. Source Wikicommons, auteur : Mabdul.

Il semble bien que le clivage entre ceux que l’on dit natifs et les immigrants numériques ne soit pas près de se refermer. C’est ce que démontre la plus récente étude d’AVG. Selon cette étude, dès qu’ils marchent, les tout-petits ont déjà une maîtrise remarquable du numérique. La brèche s’agrandit…

Des enfants plus habiles dans le numérique que dans le monde réel

Près de 90 % des enfants de 6 à 9 ans seraient actifs en ligne et dans des mondes virtuels créés pour des enfants (notamment le Club Penguin de Disney). Le sondage souligne également que les enfants de 2 à 5 ans possèdent davantage d’habiletés numériques que d’habiletés réelles. Tandis que 66 % des enfants peuvent jouer à des jeux simples, seulement 58 % roulent à bicyclette. De même, 47 % peuvent utiliser une tablette et un téléphone intelligent, alors que 38 % peuvent écrire leur nom complet.

Un phénomène qui fait peur… partout!

Les résultats de cette étude, qui comptait la participation de 6017 parents, proviennent de partout dans le monde, notamment du Canada, de la France, du Brésil et de la République tchèque. Mais est-ce que le développement d’habiletés informatiques à un très jeune âge est une bonne chose? Si l’on trouve un nombre important d’applications et de jeux éducatifs sur le marché, du moins plus que sur les consoles mobiles, des spécialistes craignent les effets néfastes à long terme. On a donc lu en 2013 des hypothèses selon lesquelles privilégier la tablette aux activités « papier et crayon » conduirait à un développement défaillant des muscles nécessaires pour écrire. D’autres s’inquiètent plutôt du développement social et comportemental de l’enfant. Les mêmes craintes, finalement, qu’on exprime encore et toujours devant les jeux vidéo, la télévision et Internet en général.

Comme en toute chose, la modération est recommandée

Malgré les peurs qu’engendrent les nouveaux médias et les outils numériques, la conclusion des différentes études risque d’être partagée. Il y a des effets positifs et négatifs; ce n’est qu’une question de modération. Apprendre à un jeune âge l’utilisation d’un ordinateur, qui peut servir à la fois de jouet et d’outil de travail, n’est pas une mauvaise chose, au contraire, c’est un apprentissage incontournable dans la formation des plus jeunes.

Un problème à regarder de plus près : la cyberintimidation

 

Cela dit, le sondage d’AVG souligne un problème beaucoup plus concret : la cyberintimidation. Si 89 % des parents affirment que leur enfant n’a pas été intimidé par un ou des camarades, AVG rappelle qu’une étude récente de l’International Communication Association a démontré que, pour quelque 30 % des enfants intimidés, un maigre pourcentage de 10 % des parents en avaient connaissance. Être connecté implique un niveau de sociabilité que même les adultes ont de la difficulté à respecter. Si une action doit être faite, ce serait plutôt celle d’équiper les parents pour faire face à cette réalité.

Retirer complètement les tablettes et téléphones intelligents de la vie d’un enfant, comme certains le proposent, serait un geste inutile et vain. Les technologies ne reculeront pas, et il vaut mieux prendre le taureau par les cornes, n’en déplaise aux néo-luddistes.

Cependant, il est évident que d’apprendre à faire du vélo est prioritaire dans le développement de l’enfant, plus que l’achat de véhicule motorisé sur eBay

On l’entend à gauche et à droite ces jours-ci : Noël approche à grands pas. Vous comptez offrir un téléphone intelligent ou une tablette à un être cher? Vous anticipez recevoir un tel appareil en cadeau? Que vous apprivoisiez un appareil mobile ou que vous changiez de camp, voici quelques applications essentielles pour démarrer votre nouvelle vie « mobile »…

Fantastical

Un calendrier esthétique et performant, voilà comment décrire Fantastical. L’application est compatible avec l’agenda d’iCloud, ce qui représente un gros atout si vous utilisez déjà le service d’Apple. Aussitôt que vous démarrez le logiciel, vous retrouverez vos événements préalablement inscrits à vos calendriers : inutile de configurer quoi que ce soit, tant que votre compte iCloud est actif sur votre appareil.

Vous n’avez qu’à glisser le calendrier vers le bas pour passer du mode hebdomadaire au mode mensuel, et vice versa. Glissez le calendrier de gauche à droite pour reculer ou avancer dans le temps. Cliquez sur une date pour obtenir le détail des événements. Puisque la nouvelle version d’iOS intègre les événements Facebook, vous retrouvez ceux-ci (et les dates d’anniversaire) également dans Fantastical.

Plus conviviale que l’application classique d’Apple, pour 1,99 $.

Clear

Certainement mon application préférée. Clear permet de construire et gérer une liste de tâches à compléter, facilement et rapidement. Malheureusement, pour certains d’entre vous, l’application est offerte seulement sur iOS. Par contre, un équivalent existe sur Android – Koalcat’s Clear –, vraisemblablement une copie de l’application originalement conçue par Realmac Software.

À partir de l’écran d’accueil, vous pouvez produire une liste de trucs à acheter à l’épicerie, une liste de films à regarder ou de livres à lire, une liste de contacts, etc.

J’ai adopté l’application afin de prendre en note les idées de sujets pour mes chroniques technos, idées qui surgissent dans mon esprit à des moments où je suis rarement près de mon ordinateur. Je pousse même mon usage jusqu’à produire le plan de mes articles. Pourquoi pas?

Il est simple d’ajouter, de retirer ou de classer des éléments, tant les tâches que les listes, par le biais de commandes gestuelles intuitives. Même qu’il existe plusieurs façons d’accomplir certaines de ces actions (ex. : agrandir avec son pouce et son index, ou simplement cliquer dans la marge, permet de créer un nouvel élément).

Plus efficace que n’importe quel équivalent, pour 1,99 $ (et gratuit sur Android).

Gmail

Sa version iOS vient tout juste d’être mise à jour, et l’application fonctionne déjà comme un charme sous Android depuis longtemps. Il faut croire que Google n’était pas empressé d’offrir les mêmes fonctionnalités chez son concurrent. Qu’à cela ne tienne, la situation s’est rétablie cette semaine avec la version 2.0 de ladite application. À noter qu’on a aussi profité de l’occasion pour uniformiser l’interface des versions Android et iOS.

Une fonction primordiale, mais pourtant absente de la première itération : la gestion multicompte est enfin possible. Peut-être faites-vous partie de la rare exception des gens qui n’utilisent qu’un seul courriel, mais quiconque utilise un tant soit peu son téléphone pour le travail a besoin d’intégrer plus d’un compte de courriel à celui-ci.

L’intégration Google+ est appréciable, sans plus. La recherche est grandement améliorée, et beaucoup plus efficace que celle de l’application Mail d’Apple. L’interface complètement repensée propose des outils agréables à utiliser.

Une application gratuite, tant sous iOS que sous Android.

Instagram

Un incontournable, tant sous iOS que sous Android. Instagram est le réseau social d’images le plus populaire de l’heure. Peut-être suivez-vous des gens sur Facebook et Twitter. Peut-être n’êtes-vous pas toujours en harmonie avec leurs propos. Peut-être les trouvez-vous insignifiants à l’occasion. Suivre ces mêmes personnes sur Instagram vous permettra de les voir sous un angle complètement différent. À essayer.

Avec Instagram, il est possible de capter une image sur le vif (ou faire une sélection à partir de sa bibliothèque), lui appliquer un filtre et la partager avec son réseau. Une idée toute simple : une fois dans l’application, choisissez l’option « Partager », visez et cliquez pour prendre la photo, comparez les différents effets proposés, inscrivez un titre et cochez le nom des médias sociaux où vous désirez diffuser le résultat (Facebook et Twitter, par exemple).

Un classique pour les photographes amateurs, gratuit, sous iOS et Android.

Laurent LaSalleNexus 10 : qu’à cela ne tienne, on vise plus grand

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 publié le 29 octobre 2012 à 15 h 25

Tandis qu’Apple vient tout juste de rejoindre un nouveau marché en dévoilant l’iPad mini la semaine dernière, voilà que Google déroute la stratégie de son concurrent en annonçant la Nexus 10, une tablette surdimensionnée par rapport à celle qu’elle a introduite sur le marché cet été.

Si l’événement dédié à son dévoilement a été annulé en raison de l’ouragan Sandy, Google a tout de même pris soin de révéler l’information par rapport au produit en question.

Caractéristiques matérielles

Fidèle à l’habitude qu’elle semblait vouloir instaurer avec la Nexus 7, le chiffre du nom Nexus 10 n’a rien à voir avec la version dudit appareil. Il s’agit plutôt d’un indice concernant la taille de l’appareil, à savoir un écran dont la diagonale est de 10 pouces. En matière de résolution, on parle de 2560 x 1600 pixels, légèrement supérieure à celle de l’iPad (2048 x 1536 pixels). La densité de pixels se retrouve également plus élevée que celle de son principal concurrent, avec 300 ppp. La proportion de cet écran est de 16:9, ce que je trouve plutôt étrange pour une tablette.

C’est Samsung qui est responsable de la fabrication de la nouvelle tablette (rappelons qu’Asus est responsable de fabriquer la Nexus 7), on peut donc s’attendre à un produit de qualité compte tenu de la feuille de route de la compagnie coréenne en matière d’appareils mobiles. Grâce à ce partenariat, la Nexus 10 sera propulsée par Exynos 5, le tout nouveau processeur bicœur de type Cortex A15 de Samsung cadencé à 1,7 GHz.

Tout comme sa cousine de 7 pouces, la Nexus 10 n’offrira pas de connexion cellulaire en option, un choix que je trouve curieux encore aujourd’hui. Pour le sans-fil, on conserve la communication en champ proche (NFC), le signal 802.11 (b, g et n) et Bluetooth 4.0. Heureusement, contrairement à la Nexus 7, la nouvelle tablette arbore deux caméras : une frontale à 1,9 mégapixel, et une au dos de l’appareil à 5 mégapixels.

En matière d’autonomie, Google promet 9 heures d’utilisation en continu. Pour ce qui est de la connectivité, on retrouve un port micro USB et un port HDMI. Deux modèles sont offerts : une version avec 16 Go d’espace de stockage pour 409 $ et une version avec 32 Go pour 509 $.

Curieux de connaître les améliorations d’Android pour tablettes? Je vous invite à lire la portion Caractéristiques logicielles du billet que j’ai rédigé lors du dévoilement de la Nexus 7. À noter que la version d’Android passe à 4.2 avec cet appareil.

Vous pouvez en apprendre davantage sur la tablette à même le site de Google. MÀJ : Sa livraison est prévue pour le 13 novembre prochain (merci Jules).

Google avait également l’intention de dévoiler le Nexus 4, un nouveau téléphone intelligent fabriqué en partenariat avec LG, lors de l’événement annulé à la dernière minute. Vous pouvez en apprendre davantage sur ce produit sur le blogue de Maxime Johnson.

 

Crédit photo : Izneo sur Wikimedia

Cette semaine, au Forum mondial de la langue française qui se tient à Québec, le thème de l’utilisation des technologies dans l’enseignement occupera quelques discussions. Amorcer le tournant vers des classes sans papier, utiliser les technologies et les réseaux sociaux pour stimuler l’apprentissage des matières de base est louable, mais qu’en est-il des besoins de notre jeune citoyen numérique? Le monde scolaire sans technologie serait-il un luxe que seuls les plus riches peuvent se payer?

L’ordinateur en classe est-il nécessaire?

L’école Waldorf de Silicon Valley ne le croit pas et offre aux enfants des dirigeants des grandes compagnies comme Google un environnement scolaire sans technologies. À partir de la quatrième année, le web et les technologies sont présentés à petites doses aux élèves. Les parents de ces jeunes pupilles vivent avec un téléphone intelligent et une tablette numérique sous la main en tout temps et ont les moyens de prodiguer tout le rattrapage numérique qu’il faudra à leurs petits. Dans un article du New York Times, on révèle le fort taux d’admission des élèves de Waldorf dans les plus grandes universités américaines. De toute évidence, des parents qui payent quelque 20 000 $ par année pour envoyer leurs enfants à l’école primaire ont la réussite scolaire assez à cœur. Mais si vous ne travaillez pas dans les hautes sphères des nouvelles technologies, ne souhaiteriez-vous pas que notre système d’enseignement puisse apprendre aux élèves à apprivoiser le web et les technologies?

La technologie assure-t-elle le succès des étudiants?

En février 2011, le premier ministre Jean Charest avait pris l’engagement d’équiper les classes québécoises de tableaux blancs interactifs. En mai dernier, lors du plus récent Colloque scientifique international sur les TIC en éducation, les chercheurs admettaient que même si les nouvelles technologies offraient de grandes possibilités, pour l’instant leurs effets sur les résultats des étudiants ne sont pas notables. Thierry Karsenti, professeur à l’Université de Montréal et expert de la question des TIC en éducation, confirmait au Huffington Post Québec que l’utilisation du fameux tableau interactif exige énormément de temps de formation de la part des enseignants. Or, à l’heure actuelle, en classe, on n’exploite pas leur plein potentiel, les réduisant souvent au rang de coûteux écrans lumineux. Pourtant, ce ne sont pas les recherches sur le sujet qui manquent. Sur le site du professeur Thierry Karsenti, on trouve les références de quelque 20 études réalisées au cours des dernières années sur le thème du tableau blanc interactif. Est-ce que celui-ci passera de mode avant même qu’on l’utilise pleinement? La vraie révolution fera-t-elle disparaître le modèle du tableau unique en classe, qu’il soit ou non interactif, au profit d’un modèle où chaque étudiant a son petit tableau interactif ou, si vous préférez, sa propre tablette numérique? La Presse publiait en juin un article à ce sujet.

La matière et les moyens

Si vous écumez les blogues de profs et lisez leurs commentaires sur les réseaux sociaux, vous savez qu’ils sont déjà plusieurs à vouloir, par intérêt personnel et parfois aussi pour répondre aux demandes de leur milieu d’enseignement, utiliser les technologies, voire les médias sociaux, comme outils d’apprentissage dans leur classe. Dans la foulée du Forum mondial de la langue française, dont le volet numérique questionnera le rôle des technologies dans l’enseignement du français, je vous proposerai jeudi quelques programmes d’enseignement conçus ici.

Si vous avez envie d’ajouter votre grain de sel à la discussion ou encore de suggérer une idée qui vous semble porteuse, faites-le-moi savoir par le biais des commentaires ou sur Twitter, à @cheznadia.

Quelques réseaux de soutien aux enseignants au Québec et aux États-Unis

Le réseau d’apprentissage du New York Times, The Learning Network, qu’on peut aussi suivre sur Twitter (@NYTimesLearning).

La télé publique américaine PBS a aussi créé un réseau axé sur la formation destiné aux enseignants du primaire et du secondaire, PBS Teachers, qui a aussi sa communauté Facebook.

Au Québec, le secteur collégial bénéficie de quelques ressources publiques, dont Profweb, le Carrefour québécois pour l’intégration des TIC en enseignement collégial.