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Catherine MathysPeut-on encore sauver le web?

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 publié le 17 juillet 2015 à 13 h 01

Hossein Derakhshan ne reconnaît plus le web. Ce pionnier du web en Iran est le fondateur de l’un des premiers blogues en farsi. Il y a quelques années, il enregistrait près de 20 000 visites par jour sur sa page. Il connaissait le web, et le web le connaissait.

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Celui qu’on surnommait « le parrain du web » écrivait ses critiques du régime iranien à partir du Canada, où il étudiait la sociologie à l’Université de Toronto. Il a immigré ici quand le journal où il travaillait a été fermé par les autorités iraniennes. Il est devenu, par la suite, citoyen canadien. Dès 2001, il incitait les Iraniens à créer leurs propres sites. Une blogosphère iranienne est née, et le mouvement de protestation du pays a développé sa voie en ligne.

Puis, le blogueur a disparu. De la toile et du monde libre. Il a été emprisonné en 2008 pour une longue liste de motifs, dont la propagande contre le régime en place, la promotion de groupes révolutionnaires et des insultes à la religion. Détenu depuis deux ans, c’est en 2010 qu’il reçoit une sentence de 19 ans et demi de prison, qui sera plus tard réduite à 17 ans. Il a finalement été gracié par l’ayatollah Ali Khamenei après six ans de prison en novembre dernier.

Après six ans loin du web, il redécouvre une toile transformée. Et pas pour le mieux. Cette semaine, sur le site Medium, il décrit un web qu’il ne connaît plus et explique comment les changements qu’il constate devraient nous préoccuper. Voici les grandes lignes de ce long texte.

Comment tout a changé, et le web aussi

Bien sûr quand on retrouve la liberté après six ans de prison, tout a changé. Pour Derakhshan, tout est à redécouvrir, les sons, les odeurs, les couleurs de Téhéran, la ville qu’il connaissait pourtant si bien. Deux semaines après sa libération, il se remet à écrire. Et c’est là qu’il constate le plus de changements. Si six ans en prison, c’est une longue période de temps, écrit-il, c’est une ère entière sur le web.

Écrire sur le web n’a pas changé en soi. C’est la lecture, ou plutôt, la tentative d’être lu, qui a complètement changé. Il a vite compris qu’il devait passer par les médias sociaux pour amener les gens à ses textes. Il met un lien sur Facebook. Trois « j’aime ». Trois. Il a réalisé alors que tous ses efforts passés s’étaient évanouis, que son statut privilégié avait disparu. Il n’existait plus sur le web.

Les blogueurs, ces premières rock stars du web

En 2008, les blogueurs étaient les rock stars du web, selon lui. Lui-même au sommet de sa popularité, il se sentait comme un roi. Les gens, dit-il, lisaient ses billets attentivement, les commentaires étaient pertinents, même ceux des gens qui n’étaient pas d’accord.

À l’époque, rappelle-t-il, il n’y avait pas vraiment d’applications au sens où on l’entend aujourd’hui. Pas d’Instagram, pas de SnapChat, pas de Viber, pas de WhatsApp. Mais des blogues, beaucoup de blogues. C’est là que vivaient la pensée des gens, les nouvelles, les analyses.

Ce sont les événements du 11 septembre qui l’ont encouragé à démarrer un blogue, pour tenter de comprendre ce qui se passait. Il a même publié un guide pour aider d’autres internautes à faire comme lui. Il s’est vite forgé une réputation. Il était devenu une référence en Iran. Même à partir du Canada. Les blogues lui permettaient de rester en contact avec la réalité de son pays.

L’hyperlien, une monnaie d’échange

Derakhshan raconte qu’avant son emprisonnement, l’hyperlien était véritablement une monnaie d’échange. Pour lui, l’hyperlien représentait l’esprit ouvert, libre mais interconnecté du web. C’étaient les artères d’un réseau décentralisé. C’était des fenêtres dans la vie de gens qu’on ne connaissait pas, des ponts entre des points de vue divergents. Depuis sa sortie de prison, il constate la quasi-obsolescence de l’hyperlien.

De nos jours, l’hyperlien n’est qu’un autre objet du web, au même titre qu’une photo, qu’un texte ou autre. Selon lui, l’hyperlien n’a plus les pouvoirs qu’il a déjà eus. Il est plutôt relégué à une forme d’objectivation à la recherche de toujours plus de « j’aime ». Selon Derakhshan, les hyperliens sont les yeux du web. Une page sans hyperliens ne peut pas voir ce qui se passe en dehors de son univers fermé. Ce genre de changement a de grandes conséquences sur l’équilibre des pouvoirs en ligne.

Les nouveaux rois du web

Quand des sites comme Google ou Facebook permettent de lier des pages entre elles, ce sont elles qui redistribuent leur pouvoir à travers les liens des autres. Et la plupart du temps, ces réseaux sociaux nous encouragent à rester dans leur univers, ils limitent l’interaction avec le reste du web. Des initiatives comme Instant Articles, qui permet aux médias de publier directement leurs articles sur Facebook, en sont une illustration tangible. La conséquence, écrit-il, est que les pages web qui existent en dehors des médias sociaux se meurent.

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Derakhshan avait déjà remarqué le déclin du pouvoir des hyperliens avant son incarcération. Ils sont victimes, dit-il, du désir de nouveauté et de popularité. C’est la philosophie du flux. C’est comme ça qu’on se nourrit maintenant sur le web, à travers un flux continu d’information colligée par des algorithmes tenus secrets.

Ce que le flux implique, c’est qu’on n’a plus besoin de se rendre sur autant de sites, d’ouvrir autant d’onglets. On aurait même, dit-il, de moins en moins besoin d’un navigateur. Vous ouvrez Facebook ou Twitter et la montagne vient à vous. Les algorithmes ont choisi ce que vous alliez voir, selon votre historique ou celui de vos amis. Plus besoin de perdre son temps à chercher. Et dans un système de votation incarné par les « j’aime », les étoiles, les cœurs, c’est le statut de la personne qui va souvent l’emporter sur la substance de l’écrit.

Le règne de la nouveauté et de la popularité

Dans ce nouvel écosystème, la nouveauté et la popularité sont importantes. Les algorithmes nous servent donc souvent ce que nous avons déjà aimé. Toujours plus du même. Derakhshan s’inquiète de voir les sites de nouvelles organiser leur contenu selon ce même principe. Il ne mâche pas ses mots. Pour lui, cette façon de faire est une trahison profonde de la diversité qui accompagnait la vision originelle du web.

Selon Derakhshan, il ne fait aucun doute qu’il y a moins de diversité de thèmes et d’opinions sur le web aujourd’hui qu’avant son emprisonnement. Et le pouvoir qu’ont les nouveaux rois d’Internet, les réseaux sociaux, l’inquiète. Les blogues nous permettent de conserver les archives de nos écrits. Mais qu’en est-il si Facebook ou Twitter ne sont plus accessibles? Derakhshan pense surtout aux régimes comme celui en place en Iran qui pourraient décider de bloquer l’accès à ces services américains.

La centralisation de l’information à l’ère des réseaux sociaux a aussi une autre conséquence, souligne-t-il. Elle nous rend vulnérables dans notre relation aux gouvernements et aux grosses entreprises. La surveillance de nos activités sur le web est là pour rester. Autant s’y habituer. Et les pays qui ont de bonnes relations avec les Facebook et Twitter de ce monde en savent beaucoup plus long sur leurs citoyens que des pays comme l’Iran, qui pourtant contrôlent beaucoup plus l’accès à Internet. Ironique, n’est-ce pas? Quand Facebook vous connaît mieux que votre conjoint après 300 « j’aime », c’est que vos activités en ligne sont prévisibles. Pour Derakhshan, prévoir, c’est contrôler.

La disparition du texte

Mais Derakhshan termine sa réflexion en se demandant si son inquiétude est véritablement bien dirigée. Le plus grave n’est peut-être pas la mort de l’hyperlien ou même la centralisation de l’information. C’est peut-être la mort du texte. Il remarque à quel point le web est devenu le royaume de la vidéo. Il y a de moins en moins à lire et de plus en plus à visionner.

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Mais qu’est-ce qui est venu en premier? Les gens ont-ils changé leurs habitudes ou est-ce les réseaux sociaux qui ont changé les règles? On ne serait plus tant dans un « Internet-livre » qu’un « Internet-télévision ». Et ce dernier est beaucoup plus linéaire, passif, programmé et centré sur lui-même que le premier, décrie-t-il. Facebook est devenu une télévision personnelle avec une multitude de vidéos qui jouent toutes seules. Et nous restons captifs à l’intérieur du réseau social, qui continue de nous offrir ce qu’on pourrait aimer.

Ce n’est pas pour ce web-là que Derakhshan est allé en prison. Ce n’est pas l’avenir du web, selon lui. Si le web était jadis suffisamment puissant pour l’envoyer derrière les barreaux, il y voit maintenant essentiellement une source de divertissement. L’Iran ne prend même pas la peine de bloquer Instagram. Ce genre de site n’est pas pris au sérieux.

Derakhshan est nostalgique d’un web qui n’a pas peur des opinions divergentes et des longs textes qui ne prenaient pas autant de temps à écrire qu’à relayer sur les réseaux sociaux. Il faut sauver le web, dit-il. Qu’en pensez-vous?

Catherine MathysPour en finir avec le stress lié aux technologies

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 publié le 20 janvier 2015 à 13 h 07

Les études se suivent et ne se ressemblent pas. Plusieurs d’entre elles nous ont déjà prévenus de l’effet négatif des technologies sur notre niveau de stress. Vous pouvez retourner lire celle de l’Université de Gothenburg, celle de l’Université de Johnson and Wales ou encore celle de l’Université de Cambridge pour ne nommer que celles-là.

Certaines de ces études parlent d’une augmentation de l’anxiété, de l’impatience et d’une chute de la capacité d’apprentissage et de rétention de l’information. D’autres ont aussi abordé les problèmes de confiance et de construction de relations de proximité en lien avec les réseaux sociaux.

Mais voilà que, jeudi dernier, une nouvelle étude est venue nuancer le propos. En effet, l’Université Rutgers et le Pew Reasearch Center brouillent un peu les cartes en affirmant que les utilisateurs réguliers d’Internet et des médias sociaux ne ressentent pas plus de stress que les non-utilisateurs. Voilà qui tente d’abattre un préjugé qui a la vie dure. Ce n’est pas la première étude qui trouve des effets bénéfiques aux médias sociaux comme celle-ci qui mentionnait leurs bienfaits sur la santé mentale et physique des utilisateurs plus âgés. Mais comme on le verra plus loin, cette nouvelle étude apporte une nuance importance.

La technologie qui fait peur

Selon l’étude, la peur de la technologie n’a rien de nouveau. Lorsqu’il a été inventé, le téléphone était perçu comme un perturbateur de la quiétude des chaumières. Les montres et les horloges, quant à elles, ont été vues comme des despotes, car elles mettaient de la pression sur les ouvriers pour qu’ils soient plus productifs. L’introduction d’une nouvelle technologie change les habitudes, pas de doute. Mais selon cette étude, contrairement à ce qu’on entend parfois, l’utilisation des plus récentes technologies ne rendrait pas notre vie plus stressante.

Cette étude est le résultat d’un sondage auprès de 1800 Américains. On y réfute essentiellement l’idée que les utilisateurs des médias sociaux soient toujours en train de rêver à l’herbe du voisin, plus verte que la leur, comme l’indique cet article du New York Times. Ils ne sont donc pas plus stressés à l’idée de voir leurs « amis » partir en voyage dans le Sud ou participer à la soirée du siècle. Par contre, tout n’est pas rose. Ainsi, l’utilisation régulière des médias sociaux a un prix, celui de l’empathie.

Le prix de l’empathie

L’étude apporte une donnée intéressante au débat en parlant du prix de l’empathie (cost of caring). Ceux qui utilisent régulièrement les médias sociaux sont forcément plus conscients des événements stressants que vivent leurs amis. C’est ce qui pousse les chercheurs à penser que le stress pourrait être contagieux. Notre niveau de stress augmenterait par empathie envers nos amis. Les femmes seraient particulièrement vulnérables à cet effet secondaire, lié à l’utilisation des médias sociaux.

The average number of stressful events (out of a total of 12 possible) that people knew occurred in the lives of their friends/acquaintances in the past 12 months

Encore faut-il que les amis en question qui vivent des événements stressants soient des amis proches parce que, quand il s’agit de connaissances ou d’inconnus, le niveau de stress serait beaucoup moins grand, essentiellement parce qu’on est d’abord content de ne pas être touché soi-même. Moins d’empathie équivaut donc à moins de stress. C’est logique.

L’inégalité des sexes sur les réseaux sociaux

Une autre donnée intéressante ressort de l’étude. Facebook est la plateforme où hommes et femmes ont été plus conscients des événements stressants qui touchent leurs amis, mais pas de la même manière. Ainsi, une femme avec un nombre moyen d’amis est consciente de 27 % de situations stressantes de plus que les non-utilisateurs. Les hommes qui aussi un nombre moyen d’amis et qui commentent régulièrement les statuts des autres vivent 14 % de plus de situations stressantes que ceux qui n’utilisent pas les médias sociaux. « L’ignorance est la condition nécessaire du bonheur des hommes », disait l’écrivain français Anatole France.

Cependant, pour les femmes, l’utilisation de certains outils s’avère particulièrement positive. Celles qui utilisent Twitter plusieurs fois par jour, qui envoient ou reçoivent des courriels 25 fois par jour et qui publient au moins 2 photos par jour sur leur téléphone ont un niveau de stress de 21 % plus faible que ceux qui ne les utilisent pas. Pourquoi les femmes? Parce qu’elles parlent plus facilement avec d’autres de ce qui se passe dans leur vie quotidienne, que ce soit en ligne ou pas. Le rapport indique que les hommes utilisent moins la technologie comme mécanisme d’adaptation.

En somme, n’ayez plus peur, il paraît que c’est bon pour l’âme d’avoir des échanges en ligne (moins pour la confidentialité de vos données, par contre). Il y a toujours un prix à payer pour tout, semble-t-il.

 

Nadia SeraioccoFacebook espionne ses utilisateurs sans relâche

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 publié le 10 septembre 2012 à 11 h 38

Un chat qui navigue en toute naïveté… Crédit photo : Wilson Afonso sur Wikimedia.

Que le géant des réseaux sociaux souhaite en savoir plus sur ses utilisateurs ne surprendra personne, mais qu’il utilise cette information pour la vendre à des tierces parties a toujours soulevé un tollé. Cette fois-ci, Business Insider a découvert que Facebook espionnait les faits et gestes de ses utilisateurs grâce à des centaines d’outils « pisteurs ».

Recueillir des données sur les utilisateurs dans un but marketing

Depuis quelques années déjà, dans sa quête d’un modèle d’affaires toujours plus profitable, Facebook se heurte à la colère des utilisateurs et des défenseurs de la vie privée lorsqu’il cherche à devenir le principal canal de toute opération marketing. Car qui dit marketing dit données sur les publics cibles, voire offrir des coordonnées, comme les numéros de cellulaire associés aux comptes. En 2011, Facebook ne se cachait même pas d’avoir ce projet. En guise de réponse à ceux qui ont signalé officiellement leur inquiétude, Facebook avait alors répliqué qu’il ajouterait des options de contrôle plus précises pour ceux qui ne souhaitaient pas partager leurs coordonnées (rapporté sur TgDaily).

Comment suit-on un utilisateur?

C’est en testant un logiciel de la compagnie Abine, appelé Do Not Track ou DNT et qui facilite l’opération « ne pas retracer » (le Do Not Track est une technologie et une politique) pour le commun des mortels, que la journaliste Samantha Felix, du Business Insider, a compris l’ampleur des renseignements qui étaient amassés sur elle. Comme beaucoup d’internautes, sitôt son ordinateur en marche, elle accède à Facebook. Voilà que DNT lui signale qu’il a déjà bloqué 228 demandes de retraçage de Facebook. Elle accède ensuite à Business Insider et partage un lien et voilà que huit nouvelles demandes sont bloquées… Pourquoi? Parce que chaque fois qu’elle visite un site qui offre la possibilité de partager sur Facebook, une requête est envoyée à Facebook, qui envoie en retour un code Javascript qui permet de pister l’internaute.

Tout savoir pour mieux vendre le service

Facebook est partout, les plus perspicaces l’auront remarqué, mais grâce à son bouton « J’aime » et à toutes les possibilités qu’offre Facebook Developers, le réseau a son icône sur la plus grande partie des sites que nous fréquentons. En fait, son absence sur un blogue ou un site surprend plus que l’inverse. Les médias et les entreprises de vente offrent les fonctions de partage, arborent fièrement l’icône de Facebook pour inviter leur clientèle à s’abonner à leur page et ainsi augmenter le trafic sur leur site et dans le second cas leurs ventes. Et que veut savoir Facebook? Il veut savoir ce qu’on lit, quels liens on partage et ce qu’on achète.

Ce qui est sans surprise, vu la place que prennent les articles des médias parmi les liens partagés et la part grandissante que la publicisation des achats, ou shopping collaboratif, s’assure sur les réseaux sociaux. À force d’espionner ses utilisateurs, Facebook finira peut-être par trouver la clé pour faire monter la valeur de son action…

Autre source d’information :

Le blogue de la compagnie Abine

Depuis quelques années, la majorité de mes contrats me viennent de mes réseaux sociaux. On me contacte par LinkedIn, Facebook, Twitter ou mon blogue personnel. Avant de faire affaire avec moi, les gens me connaissent un peu. Ils ont pu observer le genre d’informations que je partage par exemple. Je suis travailleuse autonome, et les médias sociaux ont véritablement aidé et changé ma carrière.

Les réseaux sont très utiles pour mettre en lien des gens. Sur LinkedIn, je reçois parfois des messages d’employeurs me demandant de les mettre en contact avec quelqu’un de mon réseau qu’ils aimeraient engager. D’autres fois, on m’écrit pour me demander si j’ai quelqu’un à recommander dans mon réseau pour un poste ouvert qui est en lien avec mes intérêts (on se dit donc que je dois connaître des gens pertinents pour le poste). Les offres d’emploi intéressantes se font partager en grand nombre dans les réseaux, mais aussi les messages de gens qui sont à la recherche. Si on trouve une personne pertinente et compétente, on veut l’aider.

Selon un récent sondage réalisé par le site Jobvite, en 2011, plus de 22 millions d’Américains auraient trouvé leur plus récent emploi grâce aux médias sociaux, soit 7,7 millions plus de personnes que l’an dernier. Donc parmi les gens à la recherche d’emploi, 1 personne sur 6 trouve un emploi sur les médias sociaux. Évidemment, ceux qui ont le plus de contacts ont de meilleurs résultats.

Parmi ceux à la recherche d’emploi, 54 % utiliseraient Facebook, Twitter et LinkedIn dans leur effort de trouver une position; 84 % utilisent Facebook, 39 %, Twitter et 35 %, LinkedIn. Le tiers possède un profil sur les trois plateformes. Ceux qui ont au moins 150 connexions sur l’un ou l’autre des réseaux ont trouvé un emploi plus facilement que les autres.

En avril, j’écrivais le billet « Les Canadiens utilisent peu les médias sociaux à des fins professionnelles ». Selon un sondage, ils préféraient les réserver à des fins personnelles. Il faudra attendre de nouvelles données pour savoir si les habitudes des Canadiens ont changé, mais j’espère que les données américaines inspireront certains Canadiens. Les médias sociaux sont un moyen facile et peu coûteux, ils ne sont pas à négliger.

Et je répète ce que je disais dans ce billet. Oui, les gens des ressources humaines feront une recherche sur vous. Mais ils trouveront beaucoup plus suspect de ne pas trouver d’identité numérique à une personne que de trouver deux ou trois photos de party.

Savoir se créer une bonne réputation numérique devient donc de plus en plus important pour quiconque est à la recherche d’emploi.

Gina DesjardinsL’engouement pour les médias sociaux au Québec

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 publié le 26 septembre 2011 à 14 h 59

On me demande souvent si les médias sociaux sont là pour rester ou s’ils sont une mode passagère. Puisqu’avec les années, leur popularité ne fait qu’augmenter, on ne peut plus croire à un effet de mode. Leurs plateformes ou notre façon de les utiliser vont possiblement changer et évoluer, mais les médias sociaux sont là pour rester.

Martin Lessard en parlait également la semaine dernière, le CEFRIO lançait la semaine dernière le document L’engouement pour les médias sociaux au Québec, et les chiffres sont plutôt éloquents. Avant mes réflexions, je rappelle les faits saillants (tels qu’écrits au début du fascicule) :

- Au Québec, 73 % des internautes, ou 59 % des adultes, réalisent au moins une activité sur les médias sociaux minimalement une fois par mois.

- C’est plus de 2 internautes québécois sur 3 (ou 70 %) qui consultent du contenu sur les médias sociaux en 2011.

- C’est 2 internautes québécois sur 3 qui réalisent au moins une activité sur les médias sociaux entre 45 à 54 ans (69 %), un peu plus de la moitié chez les 55 à 64 ans (55 %) et plus du tiers chez les 65 ans et plus (39 %).

- De façon quotidienne ou hebdomadaire, 60 % des internautes québécois vont sur les médias sociaux pour consulter du contenu, 44 % pour interagir avec d’autres utilisateurs et 42 % pour entretenir leur profil.

- Près du tiers des internautes québécois qui utilisent les médias sociaux y ont déjà suivi une marque, une entreprise, un organisme ou un ministère (31 %), par exemple sur Facebook ou Twitter, et c’est un peu plus de la moitié de ces derniers qui ont déjà interagi avec une entreprise ou un organisme (56 %) sur un média social.

 

Une question d’âge, de revenu et d’emploi

On apprend également que les 18-34 ans sont les plus gros utilisateurs, même si les pourcentages concernant les tranches d’âges chez les plus de 35 ans sont loin d’être négligeables. Normal, c’est l’âge où on communique le plus souvent avec nos amis. Je pense qu’avec le temps, l’intérêt demeure, mais on ne ressent plus le besoin de tout savoir. Les gens gèrent possiblement mieux leur consommation. Évidemment, avec les activités professionnelles et la famille, le temps manque. Ceci dit, pour rester en contact avec ses proches, c’est très utile. Pas étonnant que les gens qui ont des enfants utilisent davantage les médias sociaux (73,3 %) que ceux qui n’en ont pas (51,7 %). C’est aussi une bonne façon pour les parents de comprendre l’attrait de leurs enfants pour certaines plateformes et de s’assurer qu’ils utilisent bien les paramètres de confidentialité.

Plus le revenu familial est élevé, plus l’utilisation des médias sociaux est présente. Les étudiants, les professionnels et les travailleurs de bureau utilisent beaucoup plus les médias sociaux que les sans emploi ou les travailleurs manuels. Comme les statistiques concernent les internautes, tous les répondants ont accès à l’ordinateur. On peut donc comprendre que plus notre métier nous lie à un ordinateur, plus on ira sur les médias sociaux dans les temps libres (ou dans les périodes de procrastination).

Une source d’information

Et qu’est-ce que les gens vont y faire principalement? Observer ce qui se passe. Les gens consultent et interagissent davantage qu’ils y créent du contenu ou relayent de l’information. Donc, les gens veulent principalement savoir ce qui se passe. En se connectant, ils ont un aperçu du nouveau chez leurs amis ou la famille.

Les médias sociaux sont également reconnus comme une bonne source pour les nouvelles d’actualité. Une majorité considère qu’ils sont un bon moyen pour se tenir informé et même que le champ d’information est plus large que dans les médias classiques. Bref, les gens se fient à ceux qui aiment partager et relayer du contenu pour les tenir au courant des nouvelles importantes ou celles qui alimenteront leurs conversations.

Êtes-vous plus du type observateur ou faites-vous partie de ceux qui partagent des liens? Est-ce que vos sources d’information incluent les médias sociaux?