Que le géant des réseaux sociaux souhaite en savoir plus sur ses utilisateurs ne surprendra personne, mais qu’il utilise cette information pour la vendre à des tierces parties a toujours soulevé un tollé. Cette fois-ci, Business Insider a découvert que Facebook espionnait les faits et gestes de ses utilisateurs grâce à des centaines d’outils « pisteurs ».
Recueillir des données sur les utilisateurs dans un but marketing
Depuis quelques années déjà, dans sa quête d’un modèle d’affaires toujours plus profitable, Facebook se heurte à la colère des utilisateurs et des défenseurs de la vie privée lorsqu’il cherche à devenir le principal canal de toute opération marketing. Car qui dit marketing dit données sur les publics cibles, voire offrir des coordonnées, comme les numéros de cellulaire associés aux comptes. En 2011, Facebook ne se cachait même pas d’avoir ce projet. En guise de réponse à ceux qui ont signalé officiellement leur inquiétude, Facebook avait alors répliqué qu’il ajouterait des options de contrôle plus précises pour ceux qui ne souhaitaient pas partager leurs coordonnées (rapporté sur TgDaily).
Comment suit-on un utilisateur?
C’est en testant un logiciel de la compagnie Abine, appelé Do Not Track ou DNT et qui facilite l’opération « ne pas retracer » (le Do Not Track est une technologie et une politique) pour le commun des mortels, que la journaliste Samantha Felix, du Business Insider, a compris l’ampleur des renseignements qui étaient amassés sur elle. Comme beaucoup d’internautes, sitôt son ordinateur en marche, elle accède à Facebook. Voilà que DNT lui signale qu’il a déjà bloqué 228 demandes de retraçage de Facebook. Elle accède ensuite à Business Insider et partage un lien et voilà que huit nouvelles demandes sont bloquées… Pourquoi? Parce que chaque fois qu’elle visite un site qui offre la possibilité de partager sur Facebook, une requête est envoyée à Facebook, qui envoie en retour un code Javascript qui permet de pister l’internaute.
Tout savoir pour mieux vendre le service
Facebook est partout, les plus perspicaces l’auront remarqué, mais grâce à son bouton « J’aime » et à toutes les possibilités qu’offre Facebook Developers, le réseau a son icône sur la plus grande partie des sites que nous fréquentons. En fait, son absence sur un blogue ou un site surprend plus que l’inverse. Les médias et les entreprises de vente offrent les fonctions de partage, arborent fièrement l’icône de Facebook pour inviter leur clientèle à s’abonner à leur page et ainsi augmenter le trafic sur leur site et dans le second cas leurs ventes. Et que veut savoir Facebook? Il veut savoir ce qu’on lit, quels liens on partage et ce qu’on achète.
Ce qui est sans surprise, vu la place que prennent les articles des médias parmi les liens partagés et la part grandissante que la publicisation des achats, ou shopping collaboratif, s’assure sur les réseaux sociaux. À force d’espionner ses utilisateurs, Facebook finira peut-être par trouver la clé pour faire monter la valeur de son action…
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