Billets classés sous ‘recherche’

Depuis février dernier, Google permet aux utilisateurs de divers services web de se connecter avec leurs identifiants Google, simplifiant ainsi la procédure d’inscription à ces nouveaux services. Nommé Google+ Sign-In, ce module est offert gracieusement aux développeurs d’applications désireux de céder la gestion de leurs utilisateurs à une compagnie dont la réputation est déjà bien établie. Qui sait ce qu’un service totalement inconnu pourrait faire avec vos informations confidentielles?

Évidemment, il allait de soi que Google ne faisait pas preuve ici d’altruisme. C’est d’ailleurs ce que le géant de la recherche a confirmé aujourd’hui en dévoilant une nouvelle fonctionnalité de sa procédure de connexion. Celle-ci consiste (vous l’aurez sans doute deviné) à colliger les diverses activités de chacune des applications utilisant le service Google+ Sign-In.

Résultats de recherche améliorés

La prochaine fois que vous effectuerez une recherche d’application sur Google, de l’information concernant les préférences de sa communauté sera affichée dans une case à droite des résultats de recherche (pourvu que l’application utilise Google+ Sign-In). Par exemple, si vous cherchez le service « Fandango », voici ce que vous obtenez :

En appliquant l’information recueillie par le biais de Google+ Sign-In, vous trouvez de l’information complémentaire en dessous des détails de l’application :

Il semble pour l’instant que cette fonction soit réservée uniquement aux internautes connectés à Google+. Néanmoins, Google a annoncé son intention d’afficher éventuellement l’information complémentaire même à ceux qui ne sont pas membres de son réseau social.

Le déploiement de cette nouvelle fonctionnalité devrait se faire sous peu. Elle ne concerne que les applications ayant conclu un partenariat avec Google, mais ce n’est qu’une question de temps avant que la majorité des recherches en soit touchée.

Choisir son démon

Entre Facebook, Twitter et Google, il est parfois difficile de juger lequel de ces trois services respecte le mieux la confidentialité de ses utilisateurs. Bien qu’il soit possible de signaler qu’on ne désire pas que certaines informations ou activités soient publiques, rien ne garantit que les données recueillies ne sont pas utilisées à des fins statistiques.

Laurent LaSalleRecherche dans le graphe de Facebook

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 publié le 18 janvier 2013 à 16 h 52

Mardi dernier, Facebook a dévoilé une réforme de son moteur de recherche nommée Graph Search (ou recherche dans le graphe). Cette nouveauté permet d’effectuer des recherches spécifiques en lien avec les préférences individuelles des membres du réseau social.

Curieux de savoir qui, parmi vos amis, aiment Billie Holiday? Vous désirez obtenir la liste de toutes les photos que vous avez aimées sur Facebook? Vous aimeriez voir les villes visitées par les membres de votre famille? C’est le genre de recherches que Facebook proposera bientôt. En fait, comme l’entreprise semble avoir l’habitude d’annoncer ce genre de nouveauté quelques mois avant son intégration, soyons patients.

Comment ça marche?

Non sans rappeler les premiers jeux d’aventures où l’on devait écrire l’action à exécuter par notre protagoniste, la structure de phrase employée est simple et intuitive. Tapez « People who like cycling » pour obtenir la liste de gens qui aiment le vélo. Remplacez le mot « People » par « Friends » et les résultats s’ajusteront pour ne montrer que vos amis. Complétez la phrase par « and are from my hometown » pour restreindre les résultats à ceux qui sont de votre ville natale.

Les résultats de recherche dans le graphe ne se limitent pas qu’à des individus. Tapez la requête « Photos that I like » afin d’obtenir l’ensemble des photos que vous avez aimé depuis votre arrivée sur Facebook. Il en va de même avec « Music my friends like » ou « Games my friends play ».

Vous pouvez également effectuer une recherche classique en empruntant la même syntaxe. Par exemple « Restaurants in Montreal, Quebec » ou « Photos of dogs ».

Attention aux informations confidentielles

Comme je le rappelais dans mon dernier billet au sujet du fameux réseau social, toute votre vie est sur Facebook. Si vous étiez à l’aise à l’idée que certaines de vos informations personnelles soient visibles sur votre profil, l’idée qu’elles puissent apparaître comme résultat d’une recherche vous enchante peut-être moins.

http://www.youtube.com/watch?v=bSji6Y66aKo&hl=fr&cc_lang_pref=fr&cc_load_policy=1

Facebook a publié une vidéo (ci-dessus) expliquant comment gérer la confidentialité de vos informations personnelles. Heureusement pour les habitués, la procédure est la même que celle déjà en place.

Une menace pour Google?

D’entrée de jeu, le PDG Mark Zuckerberg a insisté sur le fait que cette nouveauté n’avait rien à voir avec les moteurs de recherche traditionnels (comme Google). Même si une certaine inquiétude plane chez Google à la suite de cette annonce, je dois admettre que j’ai de la difficulté à comprendre pourquoi.

La plus grande lacune de Facebook demeure le fait qu’il est impossible d’effectuer une recherche dans les contenus publiés, que ce soit dans les statuts ou les commentaires. Vous vous rappelez vaguement ce que l’un de vos amis a écrit l’été dernier au sujet du dernier film de Xavier Dolan? Vous avez intérêt à vous souvenir du moment exact où son statut a été rédigé, sans quoi vous risquez de défiler manuellement le contenu qu’il a publié entre les mois de juin et d’août.

Cette situation est ridicule. Les moteurs de recherche de la plupart des forums de discussion sont plus efficaces que ce que nous propose Facebook, et ceux-ci ont été programmés à la fin des années 90.

La recherche dans le graphe est en ce moment offerte dans le cadre d’un programme bêta très limité destiné aux utilisateurs anglophones. Vous pouvez vous joindre à la liste d’attente afin d’être parmi les premiers à utiliser le service.

Laurent LaSalleLa gestion des droits numériques, un concept désuet?

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 publié le 12 octobre 2011 à 12 h 50

À une époque où le piratage semblait devenir un véritable fléau aux yeux de l’industrie musicale, les restrictions imposées par le concept de gestion des droits numériques (DRM pour digital rights management) sont apparues comme la seule solution pouvant contrer la propagation illégale de contenus protégés par le droit d’auteur. Cette logique est aujourd’hui remise en question par Dinah A. Vernik, de l’Université Rice à Houston au Texas, et Devavrat Purohit et Preyas S. Desai, de l’Université Duke à Durham en Caroline du Nord.

Dans un ouvrage intitulé Music Downloads and the Flip Side of Digital Rights Management, le trio d’économistes tente de démontrer un des effets pervers des restrictions imposées par DRM : inciter les consommateurs au piratage.

L’envers de la médaille

En effet, selon la recherche, seuls les consommateurs (ayant payé pour leur musique) doivent composer avec les restrictions imposées par DRM, puisque les pirates obtiennent leur musique autrement sans aucune restriction du genre. Puisque dans certains cas, les restrictions par DRM empêchent un consommateur de faire une copie de sauvegarde de sa musique, certains consommateurs vont préférer le piratage.

Depuis que le téléchargement de musique est possible sur la toile, l’industrie musicale a toujours craint les effets nocifs à long terme du piratage en ligne. L’industrie a adopté le concept des restrictions imposées par DRM puisqu’elles rendent la copie plus difficile, ce qui réduit le piratage et augmente la profitabilité de l’industrie. Par contre, les restrictions imposées par DRM peuvent réduire la valeur d’un produit aux yeux du consommateur. Cet article démontre que bien que les restrictions par DRM, le piratage et les profits soient liés, leur relation demeure complexe. La logique traditionnelle ne prend pas en considération l’effet des restrictions par DRM sur la nature compétitive du marché musical, et par conséquent, incite certains consommateurs au piratage.

Dans certains cas, on remarque qu’éliminer les restrictions par DRM peut conduire à une augmentation de ventes par téléchargement, une diminution de ventes physiques et une diminution du piratage. Cette conclusion s’explique par le fait que lorsque l’achat de musique sans restrictions par DRM est permis, le téléchargement légal se retrouve au même niveau que l’achat physique, ce qui augmente la compétition entre les deux formats et incite une réduction du prix des CD [pour rivaliser l'attrait de la version téléchargeable].

Extrait de Music Downloads and the Flip Side of Digital Rights Management

J’ai trouvé amusante l’analyse du coût moral, psychologique et technique du piratage dans ce rapport : quelqu’un d’honnête ou un novice de l’informatique trouvera le piratage « dispendieux », contrairement à quelqu’un qui ne perçoit pas le piratage comme du vol ou une personne aux habiletés informatiques avancées.

Bien que l’ouvrage soit plutôt aride (17 pages et des formules mathématiques à faire rêver un théoricien), il est intéressant de voir les conclusions d’une recherche venant appuyer la tendance qui fait sa marque depuis peu chez les détaillants en ligne : la vente de musique sans restriction.

Thoughts on Music

Cette réflexion n’est pas sans rappeler la lettre ouverte publiée par Steve Jobs en février 2007, dans laquelle il incite les quatre grandes compagnies de disques (Universal, Sony BMG, Warner et EMI) à accorder à Apple le droit de vendre leur musique sans restrictions par DRM.

Dans sa lettre, il décrit les débuts de la relation d’Apple avec ces maisons de disques et les conditions qu’Apple doit respecter pour continuer à vendre leurs contenus par le biais de l’iTunes Store. Il vulgarise le concept de la protection de la musique restreinte par DRM et met en lumière un problème insoluble : puisque le « secret » d’une protection doit être transmis aux diverses plateformes pour qu’un contenu soit consommable, quelqu’un quelque part trouvera toujours le moyen d’obtenir cette information et contourner un document numérique crypté.

Cette lettre amorcera une longue négociation qui aura comme conséquence, en avril 2009, de permettre à iTunes de vendre la totalité de sa librairie musicale sans restrictions par DRM. De son côté, si Amazon avait déjà obtenu l’accord des grandes compagnies pour vendre de la musique sans restrictions, l’offre est depuis toujours réservée au marché américain.

C’est vrai pour la musique, mais pour le reste?

Bien que la recherche de Vernik, Purohit et Desai se base principalement sur le marché musical, le trio est d’avis que la logique est applicable également à la vente de livres et de films.

La semaine dernière, ZDNet publiait un article au sujet d’une étude de l’Université de Columbia sur la relation entre Internet et la mémoire humaine.

XKCD

Une caricature du site XKCD qui décrit bien le phénomène.

L’étude tente de démontrer que le fait d’avoir accès à n’importe quelle information du bout des doigts modifie notre façon de mémoriser : plutôt que de retenir l’information elle-même, nous préférons retenir la façon d’y accéder.

L’œil d’une autruche est plus grand que son cerveau

L’étude menée par la psychologue Betsy Sparrow, intitulée « Google Effects on Memory : Cognitive Consequences of Having Information at Our Fingertips », s’est déroulée en quatre étapes.

On a d’abord demandé à des cobayes de répondre vrai ou faux à une série d’affirmations de connaissances générales (ex. : « L’œil d’une autruche est plus grand que son cerveau »). À la suite de cet exercice, on demanda aux participants de nommer la couleur de mots présentés individuellement afin de vérifier le temps de réaction face aux mots qu’ils avaient déjà à l’esprit. La réaction des participants était plus lente face à des mots à connotation web, comme « Google » ou « Yahoo », démontrant que ceux-ci avaient ces sujets en tête. Les cobayes avaient donc associé les moteurs de recherche comme source de réponses aux questions lors de l’exercice précédent.

Dans un deuxième temps, on a demandé aux candidats de retaper une quarantaine d’affirmations à l’ordinateur. La moitié du groupe a été informée que la machine allait sauvegarder automatiquement l’information transmise, tandis que l’autre moitié croyait que cette information n’allait pas être conservée. Une fois l’exercice terminé, tous les participants devaient se remémorer les affirmations qu’ils venaient de transmettre à l’ordinateur, sans aucune aide. Les cobayes qui croyaient que l’information avait été sauvegardée ont eu beaucoup plus de difficulté à se souvenir des affirmations qu’ils venaient pourtant tout juste de taper.

L’autre étape consistait encore à présenter une série d’affirmations de connaissances générales devant être retapées à l’ordinateur. Une fois une affirmation notée, des candidats étaient informés de l’endroit où l’information allait être sauvegardée, tandis que d’autres étaient informés que l’information allait être supprimée. Encore une fois, lorsqu’on demanda aux candidats de valider la véracité des affirmations (et de corriger certaines qui avaient été modifiées), ceux qui ont dû mémoriser les faits ont obtenu de meilleurs résultats.

Néanmoins, lorsqu’on demanda aux candidats qui croyaient l’information sauvegardée où elle avait été enregistrée, le taux de réussite a été nettement supérieur à la capacité de ceux devant reproduire l’information adéquatement.

Mémoire transitive

Le phénomène ainsi démontré s’apparente à la « mémoire transitive », un concept proposé par Daniel Wegner, Ph.D. (et directeur de Betsy Sparrow), il y a 30 ans. Selon cette théorie, l’être humain aurait tendance à diviser la tâche de mémoriser certaines informations avec ses proches. Par exemple, un homme compterait sur sa femme pour se souvenir des dates d’anniversaire importantes, tandis qu’elle compterait sur lui pour se remémorer des noms de certains amis et membres de la famille éloignée.

Devons-nous craindre cette influence?

Combien de numéros de téléphone connaissez-vous par coeur? N’avez-vous pas l’impression que ce nombre était beaucoup plus significatif à l’époque où vous ne possédiez pas de téléphone cellulaire?

Que dire des circuits d’autobus : êtes-vous en mesure de dire quel est le meilleur trajet à prendre pour vous rendre à n’importe quelle destination, à n’importe quel moment de la semaine ou heure de la journée? Probablement pas, vous savez que Google peut vous proposer différents parcours, prenant en considération tous ces facteurs.

Je considère que la technologie nous offre le potentiel d’emmagasiner plus d’informations pertinentes ou essentielles. Est-ce vraiment pertinent de savoir que l’œil d’une autruche est plus grand que son cerveau?

Philippe MarcouxCulturonomie

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 publié le 6 janvier 2011 à 10 h 48

Je vais faire ça court! Je veux vous laisser tout le temps nécessaire pour lire cet article (malheureusement juste en anglais) tout à fait fascinant que la revue Science a décidé d’offrir gratuitement sur son site web. Vous aurez à vous inscrire sur le site, mais c’est gratuit, et croyez-moi, ça en vaut la peine.

Vous savez probablement déjà que Google a lancé il y a quelques années la toute simple initiative de « numériser tous les livres ». Il y en a déjà 15 millions de faits, soit environ 12 % de tous les livres publiés dans l’histoire (vous admettrez avec moi que c’est une catégorie assez, disons, catégorique : « Tous les livres publiés »). Mais ce que vous ne saviez probablement pas, c’est que cette initiative a créé une nouvelle science, rien que ça! Les auteurs de l’article (et on parle ici d’une impressionnante brochette d’experts) appellent cette nouvelle science la « culturonomie » (culturomics), un savant mélange d’analyse culturelle et d’économie.

C’est qu’en numérisant tous les livres, Google a rendu possible la recherche de mots-clés ou d’expressions dans une partie importante de la réflexion humaine. Ajoutez à ça des ordinateurs assez puissants pour analyser la quantité industrielle de résultats que tout ça peut donner et vous vous retrouvez avec une banque de données qui vous permet, par exemple, de découvrir avec précision quand un mot a fait son apparition et quand il est passé dans l’usage « normal ».

Mais ça va beaucoup plus loin que ça. En analysant l’utilisation qui est faite au fil des années du nom d’une invention, par exemple, les auteurs de l’article ont pu établir à quelle vitesse la société adopte les nouvelles technologies et ils peuvent maintenant démontrer de façon scientifique que cette adoption se fait de plus en plus rapidement.

Vous n’êtes pas encore impressionnés? Les données de Google ont aussi permis de dresser une liste des auteurs et penseurs qui ont été victimes de la censure imposée par le régime nazi, tout simplement en analysant quels noms ont connu une baisse importante de popularité dans les livres allemands pendant le 3e Reich.

Vous en voulez encore? Les pointes d’utilisation du mot « grippe » correspondent aux périodes connues de pandémies dans l’histoire. Il est donc possible d’améliorer notre compréhension de l’histoire des épidémies grâce à Google.

Imaginez si on faisait la même chose avec tous les journaux et magazines publiés depuis, ben, la presse imprimée! Moi, en tout cas, je trouve ça tout simplement impressionnant.

VOTRE OPINION S.V.P.

Vos commentaires sur mon billet sur la bataille iPad-Kindle étaient très intéressants. Je vous en remercie. Mais personne n’a tenté de répondre à l’autre question que je posais dans ce billet : Pourquoi est-ce que les Canadiens passent 50 % plus de temps sur Internet que les Américains? Y aurait-il un lien avec le hockey?