Billets classés sous ‘PS3’

Laurent LaSalleSony dévoile la PlayStation 4

par

 publié le 21 février 2013 à 16 h 17

C’était un secret de polichinelle. Sony avait convié les médias à un événement mystère lié à la marque PlayStation qui se déroulait hier dans la ville de New York. Tous les spécialistes soupçonnaient que cette date avait été choisie pour dévoiler les détails concernant la prochaine console de salon du géant nippon de l’électronique. Et ils avaient raison.

Près de huit ans après avoir dévoilé la PlayStation 3 (soit le 16 mai 2005 à l’occasion de sa conférence à l’Electronic Entertainment Expo), Sony a présenté sa nouvelle stratégie pour conquérir le cœur de tous les joueurs : la PlayStation 4. Au menu? Beaucoup de changements. Mais aussi beaucoup de mystère.

Caractéristiques techniques

Mark Cerny, architecte en chef de la PlayStation 4, était responsable de révéler les entrailles de la nouvelle console. Fait étonnant, Sony dit adieu à la technologie propriétaire de ses consoles antérieures pour miser sur une technologie ouverte. Les composantes de la PlayStation 4 seront en tout point identiques à celles d’un PC. Cela signifie non seulement une diminution de coûts de production (puisqu’une bonne portion des pièces existe déjà sur le marché), mais c’est aussi une façon de permettre aux développeurs de maîtriser plus rapidement la plateforme puisque l’architecture leur est familière.

La PlayStation 4 sera donc propulsée par un processeur central Jaguar à 8 cœurs et un processeur graphique Radeon pouvant générer 1,84 téraflops, tous deux conçus par AMD. En terme de mémoire, la console sera munie de 8 Go de mémoire vive de type GDDR5 et d’un disque dur « de grande capacité » en guise de mémoire interne.

Avec autant de similarités entre la PlayStation 4 et le PC, on peut envisager qu’il sera simple pour les développeurs de recompiler un jeu PC afin d’en faire une version PS4.

Bien qu’il n’ait pas été question de lecteur optique lors de la conférence, Sony a révélé a posteriori que tout comme sa prédécesseure, la PlayStation 4 sera équipée d’un lecteur Blu-ray.

Nouvelle manette

Évidemment, qui dit nouvelle console, dit nouvelle manette. La DualShock 4 est une véritable évolution par rapport à ses ancêtres. La première chose que l’on remarque en voyant celle-ci est son pavé tactile en surface, hérité de la PlayStation Vita. La forme et les boutons ont été arrondis pour rendre la manette plus confortable. Les classiques boutons Start et Select sont remplacés par un seul bouton, Option. Sony a également ajouté un bouton dont le nom peut paraître étrange à première vue : Share. Je vous explique un peu plus bas à quoi celui-ci servira.

La DualShock 4 est combinée à un périphérique, ce qui n’est pas sans rappeler la Kinect de Microsoft. Ce périphérique sans nom est muni d’une caméra stéréoscopique qui permet de détecter les mouvements de la manette, en plus d’être compatible avec la PlayStation Move.

Finalement, l’élégante manette est équipée d’une entrée pour casque d’écoute, de quatre microphones et d’un haut-parleur intégré.

Expérience de jeu

Sony caractérise l’expérience de la PlayStation 4 avec cinq qualificatifs : simple, immédiate, sociale, intégrée et personnalisée.

Qu’est-ce que Sony entend par expérience immédiate? Lorsque vous effectuerez l’achat d’un jeu sur la PlayStation Network, vous pourrez y jouer dès le début de son téléchargement. Rien à installer. Aucune attente. Les jeux seront compilés de sorte que les éléments essentiels à son fonctionnement seront les premiers à être transmis.

Killzone : Shadow Fall

J’admets que j’étais plutôt sceptique quand j’ai lu les rumeurs qui prétendaient que Sony allait miser beaucoup sur l’aspect social de sa machine. Pourtant, ces rumeurs étaient fondées, et la proposition est très intéressante. Il sera possible de diffuser votre expérience de jeu à vos contacts et amis en appuyant sur le fameux bouton Share de la DualShock 4. Grâce à un partenariat avec Ustream, vos amis pourront non seulement vous regarder jouer, mais aussi vous assister au besoin. Vous n’arrivez pas à terminer un tableau ou combattre un gardien difficile? Donnez le contrôle à l’un des spectateurs. On offre même aux développeurs la possibilité d’attribuer un rôle de directeur à l’un de vos amis pour qu’il puisse vous assister différemment, en vous offrant plus de munitions lorsque vous êtes vulnérable par exemple.

Somme toute, Sony mise beaucoup sur une expérience utilisateur conviviale. Un jeu en vente sur le PlayStation Network vous intrigue? Essayez-le gratuitement. La présentation ne s’est pas attardée aux modalités d’utilisation de ce nouveau service. Dur à dire si Sony limitera le nombre de jeux qu’un utilisateur peut essayer dans la semaine ou la journée.

Les propriétaires de PlayStation Vita seront heureux d’apprendre que Sony vise à ce que tous les jeux PS4 puissent être utilisés sur la console portable. Non sans rappeler certains titres sur Wii U, la PlayStation 4 pourra communiquer avec la PlayStation Vita afin qu’il soit possible de voir et de contrôler le jeu sans avoir à monopoliser le téléviseur familial.

Dernière chose : le graphisme est de loin supérieur à ce que l’on connaît de la génération de consoles actuelle. Quelle surprise!

La console? Quelle console?

À l’instar de Nintendo lors du dévoilement de la Wii U, Sony s’est faite encore plus discrète sur l’apparence physique de la PlayStation 4. Rien n’a été montré en ce sens. De plus, on ignore toujours s’il existera plusieurs modèles, et le prix de chacun d’entre eux. Sans compter que Sony a été vague sur la rétrocompatibilité (rappelons que l’architecture de la PlayStation 3 n’a rien à voir avec celle propulsée par les processeurs x86). Tout ce que nous savons, c’est que son lancement est prévu avant la période des Fêtes de cette année.

Le fabricant nippon a publié la semaine dernière une vidéo laissant croire à son intention de révéler les détails entourant sa prochaine console de jeu, la PlayStation 4. Comme vous le remarquez par vous-même, une aura de mystère entoure l’annonce en question, avec une date comme seul élément d’information, le 20 février prochain, soit 5 jours avant l’événement Destination PlayStation.

Il faut dire que la génération actuelle de consoles est la plus longue que l’industrie ait connue avant la mise en marché de consoles successeures. Microsoft qui a ouvert le bal en 2005 avec la mise en marché de la Xbox 360, suivie en 2006 de Nintendo et de Sony avec la Wii et la PlayStation 3. Ce qui donne une espérance de vie de 8 ans à cette génération, qui est pourtant loin d’être sous respirateur artificiel.

Que faut-il attendre de la PlayStation 4?

Selon le Wall Street Journal, Sony misera sur l’aspect social des jeux de sa console plutôt que de vanter ses caractéristiques techniques (la trousse de développement est propulsée par quatre processeurs bicœur AMD64 et 8 Go de mémoire vive). Bien que le fabricant ait songé à se débarrasser du lecteur optique, la taille des fichiers des jeux sera trop importante pour compter sur le téléchargement par Internet, compte tenu des connexions et des limites de la bande passante actuelles.

À mon avis, il va de soi que la prochaine console de Sony sera munie encore une fois d’un lecteur Blu-ray. Comme il est sorti victorieux de la guerre des supports contre le HD-DVD, la rumeur veut même que le format intègre également la future console de Microsoft. Par le fait même, la rétrocompatibilité avec la PS3 sera au rendez-vous.

Par contre, difficile de prédire ce qui distinguera la PlayStation 4 de ses concurrents. Tout le monde s’entend pour dire qu’un niveau de graphisme supérieur à la génération actuelle ne sera pas suffisant pour garantir une masse critique de ventes. À l’instar de Nintendo, le secret de cette nouvelle console résiderait dans sa manette. Au rendez-vous : écran ou pavé tactile, inspiré de la PS Vita, et/ ou fonctions rappelant la PS Move.

Avec les ventes désastreuses qu’a connues la PS Vita, il est impératif pour Sony de sortir de l’impasse avec un produit qui saura revitaliser la marque PlayStation. Dans un monde où les consommateurs se retrouvent de plus en plus souvent à l’extérieur de chez eux, l’industrie des téléphones et des tablettes mobiles devient également une menace pour les consoles de salon.

Concurrence : vétérans et nouveaux joueurs à l’horizon

À moins d’un revirement de situation extraordinaire d’ici la mi-février, tout porte à croire que Microsoft sortira sa prochaine console en dernier. IllumiRoom, un prototype dévoilé lors du dernier CES par la compagnie de Redmond, promet une expérience immersive hors du commun (voir la vidéo ci-dessous). Il s’agit essentiellement d’une Kinect projetant sur les murs de votre salon les images coupées par les limites de votre téléviseur. Si les concepteurs adoptent cette technologie, la prochaine Xbox pourrait s’avérer très prometteuse.

De son côté, Nintendo est déjà dans la course avec sa Wii U. Ses ventes sont raisonnables, étant donné qu’elle en est encore à ses balbutiements, les développeurs n’ayant pas eu la chance de pousser la console à son plein potentiel.

De nouveaux concurrents sont également à surveiller. D’abord la Ouya, une console ouverte, lancée par le biais de Kickstarter et dont le prix de vente est fixé autour de 100 $. Ensuite, la Piston (son nom de code), une console dévoilée par Valve au dernier CES. Avec des titres à succès dont les séries Half-Life et Left 4 Dead, sans oublier la populaire plateforme de distribution Steam, Valve est très bien positionnée pour être un joueur intéressant dans cette nouvelle génération de consoles.

Diffusion vidéo en direct

Sony a confirmé son intention de diffuser l’événement en vidéo sur le web. Surveillez la page de l’événement. Tout porte à croire que la prochaine console de Sony sera mise en marché avant la fin de l’année, juste à temps pour Noël.

Le 19 avril dernier, Sony a découvert qu’une intrusion avait eu lieu sur ses serveurs, et que la nature confidentielle de l’information de certains comptes du PlayStation Network (PSN) et du service Qriocity a été compromise. À la suite de cette découverte, Sony a fermé temporairement les services PSN et Qriocity et a mandaté une firme externe spécialisée en sécurité pour mener une enquête afin de connaître l’origine du problème et comprendre ce qui s’est passé.

Par conséquent, depuis plus d’une semaine, le réseau PSN est hors ligne. Il a été impossible de profiter du long congé pascal pour essayer le mode coopératif de Portal 2 ou s’affronter en ligne à Mortal Kombat, deux importants jeux arrivés en magasin cette semaine.

PlayStation Blog

Un seul sujet est prédominant sur PlayStation Blog ces jours-ci…

Six jours sont passés sans que Sony soit en mesure de donner l’état de la situation, suscitant la grogne du sénateur américain Richard Blumenthal. Il a envoyé une lettre ouverte à Jack Tretton, le président de Sony Computer Entertainment of America, afin de lui demander des explications. Au même moment, Sony a publié un billet sur son blogue répondant à certaines des interrogations soulevées par le sénateur. Difficile de savoir si la lettre en question a été transmise au préalable et s’il s’agit bel et bien d’une réaction de la part de Sony. Quoi qu’il en soit, voici un extrait du communiqué résumant l’état de la situation :

Bien que nous enquêtons toujours sur les détails de l’incident, nous croyons qu’une personne non autorisée a eu accès aux informations que vous nous avez transmises : nom, adresse (ville, province, code postal), pays, courriel, date de naissance, noms d’usager et mots de passe du PlayStation Network et des services Qriocity, et votre identifiant PSN. Il est aussi possible que vos informations de profil aient été touchées, incluant l’historique de vos achats et l’adresse de facturation (ville, province, code postal) ainsi que la réponse à la question de sécurité pour récupérer votre mot de passe. Si vous possédez des comptes secondaires, les mêmes données sont concernées. Si vous nous avez fourni vos données bancaires, il est possible que le numéro de votre carte de crédit (excluant le code de sécurité) et sa date d’expiration soient aussi concernés. Bien qu’il n’y ait pas de preuve que les données de cartes de crédit ont été récupérées, nous ne pouvons exclure cette possibilité.

Patrick Seybold, directeur des communications corporatives et des médias sociaux pour Sony

Avec autant d’informations entre leurs mains, les pirates ont aujourd’hui tout le nécessaire pour usurper l’identité de Sony aux yeux des membres PSN afin de leur soutirer encore plus d’informations, ou simplement confirmer la validité des informations obtenues par des moyens pernicieux. Si vous êtes membre PSN, soyez vigilant. Vérifiez le statut de votre compte bancaire et n’hésitez pas à demander à votre banque de vous émettre une nouvelle carte de crédit. Malgré qu’il soit très difficile pour les pirates d’effectuer des achats sans le code de sécurité, la prudence est de mise.

46 DC EA D3 17 FE 45 D8 09 23 EB 97 E4 95 64 10 D4 CD B2 C2

Le 3 janvier dernier, George Hotz a diffusé sur son site web la clé maîtresse de la PlayStation 3. Cette clé est la signature exigée par la console afin de considérer un logiciel comme étant valide et approuvé par Sony. Le dévoilement de cette clé est la pire chose qu’il pouvait arriver à Sony, puisqu’il est impossible de remplacer cette signature par le biais d’une mise à jour : cela rendrait tous les jeux PS3 obsolètes, puisque l’ancienne signature serait non reconnue.

Drapeau de la PS3

Quand une clé devient un drapeau…

Hotz a poussé la note lorsqu’il a distribué le nécessaire à trafiquer la plus récente version du micrologiciel (firmware) de l’époque en une version personnalisée, permettant l’exécution de code téléchargé sur la console par le biais d’une clé USB. Cependant, il a volontairement bloqué l’accès à la zone Level 2, permettant la communication avec des fonctions de haut niveau nécessaires au fonctionnement de jeux PS3. Autrement dit, la console ne pouvait qu’exécuter des logiciels « homebrew » (des émulateurs par exemple) compilés spécialement pour celle-ci.

Malgré cette précaution, d’autres pirates sont parvenus à gagner l’accès à la zone Level 2, et des logiciels permettant l’exécution et l’installation intégrale de jeux sur la console ont vu le jour. Sony a alors poursuivi George Hotz en justice pour avoir violé le Digital Millennium Copyright Act (DMCA), une loi américaine visant à protéger la propriété intellectuelle à l’ère du numérique.

Anonymous à la rescousse

Quelques semaines après le dépôt de la poursuite contre George Hotz, le collectif de pirates se présentant sous le nom d’Anonymous a envoyé un communiqué destiné aux dirigeants de Sony. Le groupe exprime sont mécontentement face à l’attitude contrôlante de Sony à l’égard de ses utilisateurs et décrit clairement ses intentions : Anonymous prendra possession de tous les sites et noms de domaine sous la gouverne de Sony.

Chose promise, chose due. Il parvient à mettre à mal la totalité des services en ligne de Sony, y compris le PlayStation Network. Anonymous va néanmoins admettre que l’attaque contre le réseau PSN était une erreur, puisque l’intention de départ était de faire bénéficier les utilisateurs, et non pas les empêcher de profiter du jeu en ligne.

Le réseau PSN revient alors en ligne, mais seulement pour une courte durée. Nous nous retrouvons alors face à la situation actuelle, où Sony décide elle-même de fermer son réseau pour une durée indéterminée. Impossible de savoir si l’intrusion en question est l’acte d’Anonymous, puisque la structure du collectif en question est anarchique.

Épilogue

Pour l’instant, Sony nous promet que la mise en ligne de ses services devrait se faire d’ici un peu moins d’une semaine. La compagnie se défend d’avoir tardé à alerter ses utilisateurs de la gravité de la situation, puisqu’elle n’a pas été en mesure de savoir si la confidentialité de leurs renseignements personnels avait été compromise sur le coup.

Chose certaine, Sony ne se sortira pas indemne de toute cette histoire. La compagnie est chanceuse que le piratage de sa console ne semble pas avoir gagné en popularité et d’avoir conclu une entente à l’amiable avec George Hotz. Reste à voir si ses utilisateurs seront conciliants quand viendra le moment de choisir entre Sony et sa concurrence dans un avenir rapproché.

Adoptant le succès qu’ont d’abord connu les téléphones intelligents, les tablettes numériques ont vu leurs ventes augmenter à un rythme effréné au cours de la dernière année. Tous les chefs de file de l’industrie du téléphone mobile semblent vouloir offrir un produit rivalisant avec l’iPad, toujours en tête de meute depuis son introduction en 2010. Certains vont même jusqu’à précipiter la mise en marché de produits que les spécialistes jugent incomplets (voir l’article de Gina paru cette semaine). Pourtant, le principe de ces écrans tactiles portables pouvant dans certains cas remplacer l’ordinateur est encore très jeune; nous aurons certainement droit à des tablettes proposant d’autres innovations dans les prochaines années.

Mais comment passe-t-on le plus clair de son temps sur ses fameuses tablettes?

Jeux sur iPad

Selon un sondage mené récemment par AdMob, une agence de publicité qui appartient à Google, une majorité des propriétaires de tablettes aux États-Unis utiliseraient l’appareil pour les jeux vidéo. Voici les résultats du sondage :

  • 84 % Jeux vidéo
  • 78 % Recherche d’informations
  • 74 % Courriel
  • 61 % Lecture de l’actualité
  • 56 % Réseaux sociaux
  • 51 % Consommation audio-vidéo
  • 46 % Lecture de livres numériques
  • 42 % Achats en ligne
  • 19 % Autres

Bien que ces chiffres démontrent seulement la diversité des activités qu’effectuent les répondants avec leurs tablettes, il est impossible de déterminer le temps passé pour chacune de ces activités. S’agit-il en majeure partie de gens accrocs à Angry Birds au point d’investir des heures dans le jeu, ou font-ils preuve de parcimonie sur la durée de leurs séances de lançage d’oiseaux?

L’industrie du jeu vidéo menacée?

Lors du plus récent Game Developers Conference, Satoru Iwata a accusé l’industrie du téléphone mobile d’être responsable d’une tendance à produire des jeux de qualité inférieure à ceux produits par l’industrie du jeu vidéo. Selon le PDG de Nintendo, le prix dérisoire des jeux sur iOS et Android met en péril la rentabilité de leur production. Il faut dire qu’un jeu sur téléphone coûte en moyenne 5 $, ce qui contraste avec les 30 $ qu’on doit débourser pour un jeu sur Nintendo DS.

Satoru Iwata

L’attitude de Nintendo en ce qui concerne cette nouvelle concurrence est compréhensible, mais difficilement défendable.

Nintendo doit réaliser que le marché des joueurs occasionnels ne lui appartient plus. En dénigrant les autres plateformes mobiles de la sorte, Nintendo utilise le même type d’arguments que Sony et Microsoft lui ont longtemps reprochés en ce qui concerne sa console de salon [NDLR : la Wii étant moins performante que la PlayStation 3 et la Xbox 360, elle était qualifiée de moins sérieuse par la concurrence]. Je trouve odieux de la part de Nintendo de prétendre que seuls ses joueurs sont de « vrais » joueurs occasionnels, et que les joueurs de l’industrie du téléphone cellulaire ne sont que des joueurs occasionnels d’occasion.

François Lapierre-Messier, chroniqueur à l’émission M. Net

De plus en plus de franchises provenant des consoles de salon se trouvent maintenant dans l’App Store et l’Android Market (par exemple Mega Man, Street Fighter et Final Fantasy). Si certains succès peuvent être considérés comme des jeux légers et accessibles, les tablettes attirent désormais les jeux plus sérieux, grâce entre autres à leur superficie d’écran et leur puissance.

Nintendo a tout intérêt à se démarquer du lot. C’est d’ailleurs ce qu’elle tente de faire avec la Nintendo 3DS, sa nouvelle console portable. Reste à voir si les ventes sauront surpasser celles de la Nintendo DS.

Quels sont les vrais jeux?

Doit-on considérer les jeux provenant de ces deux industries comme des pommes et des oranges? Ils s’adressent pourtant à la même clientèle, et beaucoup de titres sont produits par les mêmes compagnies d’un côté comme de l’autre.

En décembre dernier, plusieurs spécialistes se sont posé la question à savoir s’ils devaient considérer la mise en candidature d’Angry Birds comme meilleur jeu de l’année 2010. Le débat est loin d’avoir été concluant, et j’ai l’impression qu’il ne connaîtra jamais son dénouement tant que le marché des tablettes n’aura pas atteint une certaine maturité.

Le blogue fait relâche pendant le congé de Pâques. Triplex sera de retour le mardi le 26 avril.

En plus des tablettes, les téléviseurs connectés sont la grosse tendance 2011, tel que je l’avais prédit avant le début du salon de l’électronique CES.

L’an dernier, on avait commencé à en parler, mais on en avait surtout pour la 3D. Mais selon le Financial Times, seulement 3 % des téléviseurs HD vendus en 2010 étaient 3D. Cette année, les fabricants misent sur Internet. Ce n’est pas nouveau, mais c’est en 2011 que ça devrait exploser. On parle même d’un virage qui pourrait ressembler à l’arrivée de la couleur et à celle de la haute définition… Il faut dire que de plus en plus de recherches démontrent que les gens délaissent leur téléviseur pour écouter du contenu sur le web. Alors, pourquoi ne pas offrir ce dernier sur nos téléviseurs, qui offrent une meilleure qualité d’images et un plus grand écran? Forrester Research prévoit que 43 millions de maisons américaines auront au moins un téléviseur connecté d’ici 2015. Digital Tech Computing est plus optimiste. Sa prédiction : plus de 60 millions d’ici 2012 (donc environ la moitié des téléviseurs).

L’accès à Internet offre diverses applications, telles que des plateformes de vidéo sur demande ou de lecture en continu de films ou d’émissions de télévision, des jeux, la météo et autres utilitaires, Skype ou autres services d’appels vidéo et la navigation sur le web. Plus d’une vingtaine de manufacturiers (incluant les plus gros comme LG, Panasonic, Samsung, Sharp, Sony, Toshiba et Vizio) ont montré au CES leurs nouveaux appareils connectés par un accès sans fil installé directement dans l’appareil.  Heureusement, on n’aura pas à changer de téléviseur immédiatement avec la possibilité de se connecter via une boîte (par exemple celle de Logitech avec Google TV, Apple TV ou autres), une console de jeux (la Xbox 360, la PlayStation 3 et la Nintendo Wii le permettent déjà) ou un lecteur Blu-ray.

Profusion de contenu

Un des éléments qui a empêché la 3D de décoller? Le manque de contenu! Mais avec un accès Internet, pas de manque de contenu possible. La plupart des manufacturiers ont déjà des ententes avec plusieurs agrégateurs de contenu vidéo, tels que Netflix, YouTube, Blockbuster, Amazon, CinemaNow, Vudu ou Pandora aux États-Unis. Ils espèrent intéresser les développeurs pour la création d’applications. On l’a vu avec les appareils intelligents, les applications sont en grande partie responsables du succès des nouveaux appareils sur le marché. Cela dit, pour le moment du moins, Apple TV,  Google TV et les consoles de jeux seront probablement la meilleure solution puisque plusieurs développeurs collaborent déjà sur ces plateformes. Google TV sera d’ailleurs un jour directement installé dans certains téléviseurs et on s’attend à ce que Microsoft présente sa propre solution, indépendante de la Xbox 360.

Le contenu sera inévitablement de plus en plus riche. Les développeurs ont déjà développé de nombreuses applications pour les téléphones intelligents, ils le font maintenant pour les ordinateurs (pensons au nouvel App Store de Mac ou à celui d’Intel présenté au CES) alors ils devraient les rendre compatibles aux téléviseurs. On parle maintenant de l’évolution du trio d’écrans (portable, ordinateur de bureau, salon). Les compagnies vont commencer à développer davantage pour les 3 plateformes… Angry Birds sur votre télé, ça vous tente?

Selon le vice-président de Sony, Chris Fawcett, dont les propos ont été rapportés dans le magazine Consumer Electronics Vision : « un sondage interne a démontré que la connectivité est un élément important lors de la décision d’achat. C’est juste derrière le prix et la qualité de l’image. »

Le plus ironique? Selon Kurt Scherf, vice-président et analyste de Parks Associates, seulement la moitié des téléviseurs vendus avec un accès sans fil intégré ont été connectés par leur utilisateur! Je n’ai pas de difficulté à le croire, combien n’ont jamais connecté leur console de jeu? Pourtant, elles permettent aussi la location de films récents, l’accès à Netflix et le téléchargement d’une multitude de jeux…

Lundi prochain, je vous expliquerai pourquoi le Canada risque de traîner de la patte dans la mode du tout connecté.