Billets classés sous ‘nouveaux medias’

Pour la cinquième année de suite, je consacrerai mon week-end de la Saint-Jean-Baptiste à célébrer autrement que par une consommation d’alcool intense et une surdose de chansons de Robert Charlebois, de Paul Piché et de Plume Latraverse. Je me dirigerai à Ottawa, où se déroulera la sixième conférence PAB, axée sur les nouveaux médias.

La rencontre annuelle attire près d’une centaine de producteurs de nouveaux médias provenant d’un peu partout au Canada et aux États-Unis. Le thème cette année : Your story deserves to be told. Well. Comme le laisse présager ce titre, l’événement se déroule en anglais.

PAB se démarque des autres événements tournant autour du web et des médias sociaux :

  • On vous livre une seule conférence à la fois, vous n’avez donc pas à faire de choix déchirants sur des ateliers se déroulant simultanément.
  • On remarque une préférence pour des sujets portant à la réflexion. La technique est accessoire, le but ultime étant de susciter l’inspiration.
  • Différentes formules sont proposées. Outre la conférence traditionnelle, on retrouve également de courtes interventions de cinq minutes, des ateliers et des tables rondes.
  • Les conférences ne sont pas diffusées en direct sur le web. Bien qu’elles soient toutes enregistrées, seuls des extraits de celles-ci se retrouveront sur le site de l’événement a posteriori.
  • Le nombre de participants est limité afin de permettre à tout le monde de se connaître. Smaller is better.

Si vous êtes en manque d’idées pour un projet sur lequel vous travaillez depuis des mois, PAB est l’événement par excellence pour vous ressourcer, voir les choses autrement ou changer de perspective.

Susciter l’inspiration

Voici l’intervention du Montréalais Julien Smith, coauteur du best-seller Trust agents, qui présente trois choses qu’il a apprises du jeu Dungeons & Dragons. When in doubt, have cultists attack…

Ce qui retient mon attention parmi les conférences annoncées cette année? Certainement celle de Sylvain Grand’Maison, intitulée Family jewels (j’ignore toujours le sujet dont il est question). Je suis également curieux d’entendre Tom Merritt, journaliste techno de l’émission Tech news today, qui dévoilera cinq trucs pour fidéliser son auditoire. Finalement, Dave Brodbeck y va d’un titre provocateur : Your story deserves no attention whatsoever.

À souligner également que la conférence d’ouverture sera donnée par Mark Poirier, directeur photo spécialisé en stéréographie ayant travaillé sur divers projets IMAX.

Du temps de qualité

PAB 2011 se tiendra au National Arts Centre d’Ottawa les 24, 25 et 26 juin prochains. Les frais d’inscriptions sont de 160 $, ce qui inclut l’accès aux conférences pour les trois journées, le dîner du samedi et une soirée croisière en catamaran le même soir (où vos amis sont les bienvenus).

Il est fort à parier que la majorité des participants ne pourront s’empêcher de livrer leur interprétation des conférences auxquelles ils assisteront. Surveillez le filtre #PAB2011 sur Twitter pour être témoin de l’évolution de l’événement.

Le Festival international des médias de Banff et le Gala des prix Gémeaux, anciennement connus pour récompenser uniquement la télévision, font de plus en plus de place aux productions Internet et aux nouveaux médias.

Festival international des médias de Banff

En fusionnant avec le Festival interactif NextMédia, le Festival international de la télévision est devenu le Festival international des médias de Banff. L’événement qui se terminait hier a récompensé son lot de productions Internet. Notons celles d’ici : Temps mort (programme en ligne – dramatique) et Sacrée montagne (catégorie francophone).

Netflix, l’ONF et Virgin Gaming ont reçu respectivement les prix NextMedia d’excellence en innovation, d’excellence en programmes interactifs et d’excellence en divertissement de la prochaine génération.

Le président du CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes), Konrad von Finckenstein, en a profité pour parler du passage vers le numérique. Le résumé de son discours est accessible sur le site du CRTC. Le Conseil se pose de nombreuses questions par rapport aux politiques en matière de télécommunications, de système de réglementation et de cadre institutionnel. « L’industrie est en train de se métamorphoser sur le plan de la technologie, des modèles de commercialisation et des structures organisationnelles, a-t-il exprimé vers la fin de son entretien. Elle représente une seule industrie, convergente et intégrée sous tous les angles. Cependant, elle continue d’être réglementée en vertu de trois lois distinctes, qui remontent à 20 ans. » Les gens de l’industrie ont d’ailleurs été invité à éclairer le Conseil.

Le Gala des prix Gémeaux

En mars dernier, j’écrivais sur les nouvelles catégories Internet et Nouveaux médias pour le 26e Gala des prix Gémeaux. C’est depuis 2008 que l’Académie décerne des prix pour ces productions. Cette année,  on trouve neuf catégories, soit quatre de plus que l’an dernier. Soixante-sept productions ont été soumises à l’Académie pour ces catégories. Le dévoilement des nominations s’est déroulé hier en fin d’après-midi.

Dans le communiqué de presse, Charles Ohayon, président de la section Québec pour l’Académie, commentait à propos de ces catégories : « Je suis très fier que l’Académie suive l’évolution de ce secteur, car ceci nous permet de récompenser et de faire reconnaître toutes les formes de production et de diffusion. Aussi, je tiens à féliciter tous ceux et celles qui sont finalistes, toutes catégories confondues. L’excellence de votre travail ne cesse de se développer, de nous réjouir et de nous étonner! Bravo à vous tous qui oeuvrez derrière ou devant les caméras! »

Voici donc les productions en nomination pour les catégories Internet et Nouveaux médias. Celles-ci seront décernées le dimanche 18 septembre à l’avant-première, animée par Anne-Marie Withenshaw et diffusée sur radio-canada.ca.

Meilleure émission ou série originale produite pour les nouveaux médias :

Dramatique et comédie : 11 règles, En audition avec Simon (saison 2), Les chroniques d’une mère indigne III, Temps mort (saison 2) et Une vie de vrai gars.

Humour et variétés : Contrat d’gars, Deux steamés et Têtes à claques (volume 4).

Affaires publiques, documentaire, magazine et sport : 18Oº sur le tapis rose de Catherine, Gens du fleuve, La déséducation, Le sexe autour du  monde : aux États-Unis et Solutions gourmandes à moins de 10 $.

Jeunesse : Juliette en direct, Kwad9, Les sombres légendes de la terre et Paparadis (saison 2).

Meilleure émission ou série originale interactive produite pour les nouveaux médias : toutes catégories : Fabrique-moi un conte, Ma tribu, c’est ma vie, Sacrée montagne et Zieuter.tv.

Meilleur site web pour une émission ou série :

Dramatique : 19-2, Les rescapés, Tout sur moi et Yamaska.

Humour variétés : Les appendices, Peut contenir des Rachid II, Un gars le soir.

Affaires publiques, documentaire, magazine, sport : Du big bang au vivant, Hors-série II, Le sexe autour du monde, On est tous des artistes (saison II) et Urbania : le Québec en 12 lieux, la suite.

Jeunesse : 3 et moi, Sam Chicotte, Tactik, Toc toc toc et Zooville II

Gina DesjardinsEn manque d’humour sur le web

par

 publié le 26 mai 2011 à 13 h 22

Ce mois-ci, la manchette du magazine Wired est « Comment Internet a sauvé la comédie ». On y trouve quelques articles – très intéressants – sur le sujet. D’abord, on nous parle d’un laboratoire de recherche sur l’humour qui tente de trouver l’ultime recette pour faire rire. Puis une entrevue avec Andy Samberg sur comment faire des vidéos humoristiques populaires et comment Jay Pharoah s’est fait offrir de joindre Saturday Night Live grâce à ses clips sur Internet. La présentation de quelques utilisateurs Twitter qui se servent de la plateforme de microblogues pour faire de la comédie en 140 caractères. Puis finalement, un article sur le succès d’America’s funniest videos (l’équivalent de Drôles de vidéos) et de ses nouveaux compétiteurs, comme Failblog (Note : Au Québec, on a FailQc).

J’ai repensé à tout ça en regardant le Gala les Olivier la semaine dernière.

Déjà, le numéro d’ouverture du groupe Les Chick’n Swell soulignait l’importance des nouvelles technologies avec l’iPad géant et l’icône 3D. Plus tard, on les voyait aussi en Mario Kart (ce qui semblait inspiré par les clips Internet de Rémi Gaillard).

Les allusions aux technologies, et plus particulièrement à Internet, ont continué dans plusieurs présentations.

Le numéro de Simon Olivier Fecteau et Stéphane Rousseau faisait référence à une vidéo virale classique : le singe qui se pisse dans la bouche.

Puis, Phil Roy, finissant 2011 de l’École nationale de l’humour, a fait un numéro où il joue l’ami Facebook déçu de ne pas avoir été remercié par son idole Jean-Michel Anctil. (Il est sur Facebook et depuis peu sur Twitter)

Martin Petit et Mike Ward ont amené un bon point. On ne trouve pas beaucoup de contenu francophone sur Internet. Ils faisaient allusion aux sites de pornographie, mais même si on compare uniquement la présence des humoristes étrangers à la nôtre, on s’en aperçoit rapidement. Les humoristes québécois n’utilisent pas beaucoup Internet.

Évidemment, plusieurs ont des pages Facebook ou Twitter qui servent à la promotion, mais peu se servent des plateformes pour faire de l’humour. La blogueuse Marie Jetset a d’ailleurs fait des listes des pages Facebook et des comptes Twitter des gens de l’humour du Québec. Pour savoir quels humoristes les utilisent le mieux, on peut voir le document de Geoffroi Gagnon « Humoristes québécois et médias sociaux ». Selon ce document, 79 % des humoristes ont une présence sur Facebook, 17 % ont un profil sur Twitter, 13 % sont sur MySpace et 6 % uniquement se servent de YouTube. Du côté des sites Internet, 69 % ont un site web actif et 18 % seulement tiennent un blogue.

Le document a été publié en janvier 2010 et dans l’univers d’Internet, c’est une éternité. Mais c’est tout de même intéressant, car ça ne semble pas avoir changé tant que ça. Finalement, ça représente ce que je constate… les humoristes québécois utilisent surtout les nouveaux médias comme vitrine. Mais outre la promotion des spectacles, il y a moyen d’utiliser Internet comme médium de diffusion. Comme je le disais dans mon article sur les nouveaux prix Internet et nouveaux médias au gala des prix Gémeaux, le web est une bonne plateforme d’expérimentation. On peut s’en servir pour se faire connaître, pour prendre de l’expérience ou pour tester des blagues.

Quelques exemples au Québec :

En plus de sa présence à Infoman, MC Gilles a pu faire connaître son humour grâce à son blogue et à Twitter (il est suivi par près de 20 000 personnes). Ses courts messages « punchés » sont un bon exemple de l’utilisation de la plateforme de microblogues. Puisqu’il donne souvent des aperçus d’objets douteux sur lesquels il tombe, ses abonnés savent déjà à quoi s’attendre de sa nouvelle émission, Boutique MC Gilles, à V.

Etienne Dano, un des cinq humoristes de la relève de l’émission Les 5 prochains, à ARTV, n’avait pas anticipé un tel succès pour son clip Douchebags, qu’il a mis en ligne sur YouTube le 13 mai dernier. Le clip a été vu plus de 320 000 fois en deux semaines. « J’ai eu cette idée et j’ai eu envie de la réaliser pour niaiser, m’expliquait-il, mais je n’avais jamais imaginé que ça pourrait avoir un tel succès. Ça m’a ouvert les yeux sur l’incidence que peuvent avoir les réseaux sociaux. C’est certain que je vais les utiliser davantage. »

Plusieurs ont découvert l’humoriste Silvi Tourigny grâce à ses capsules « Carole aide son prochain ».

Simon Olivier Fecteau a longtemps fait partie des Chick’n Swell (lorsque le groupe avait une émission hebdomadaire à Radio-Canada), il a réalisé des courts métrages primés, il a coscénarisé et coréalisé le film Bluff, mais la webémission En audition avec Simon l’a véritablement propulsé.

La webémission Contrat d’gars remporte un vif succès sur le web. D’abord diffusée sur le web de façon indépendante, la série a finalement été achetée par V télé. Son succès et ses prix ont permis aux créateurs Alexandre Champagne et Jonathan Roberge de se démarquer, de se faire connaître (ils ont plus de 50 000 fans sur Facebook) et de se faire offrir d’autres contrats (comme de joindre l’équipe de Testé sur des humains à TVA). Selon l’article « Webtélé : en promo sur Facebook, leur popularité aurait même aidé la webémission 11 règles à décoller (Alexandre Champagne a annoncé sa participation à un épisode sur sa page Facebook).

Bref, je pense que les humoristes, surtout ceux de la relève, auraient avantage à se servir des nouveaux médias et des réseaux sociaux. Pas uniquement pour promouvoir leurs dates de spectacles, mais bien pour nous faire découvrir leur humour, leur univers. Depuis quelques années, l’École nationale de l’humour donne d’ailleurs le cours Écriture humoristique et nouveaux médias. On peut donc s’attendre à un peu plus de participation de la part des jeunes humoristes. Et c’est tant mieux!

YouTube a six ans

Parlant de YouTube, le site Internet d’hébergement de vidéos fêtait ses six ans hier. Le site a publié cette image pour représenter son évolution! C’est impressionnant. Prochainement, je vais d’ailleurs parler des partenaires YouTube et de la possibilité pour eux de gagner assez d’argent pour en vivre.

Les amateurs de médias sociaux et de baladodiffusion ont rendez-vous à Toronto cette fin de semaine pour la cinquième édition de PodCamp Toronto, la plus importante anticonférence spécialisée en nouveaux médias au Canada. 

PodCamp Toronto 2011

Pour ma part, visiter la Ville Reine en février afin de partager ma passion pour la baladodiffusion est maintenant un rituel annuel. Mais qu’est-ce que ça mange en hiver, un PodCamp?

Pod… comme dans podcasting?

Effectivement, PodCamp est un concept d’anticonférence, inspiré par BarCamp, ayant comme thème la baladodiffusion. Les réseaux sociaux sont rapidement devenus un sujet connexe à l’événement, à un point tel que malgré son nom contradictoire, les ateliers d’un PodCamp ont tendance à traiter plus souvent de médias sociaux que de baladodiffusion. C’est d’ailleurs à la suite d’un atelier livré à PodCamp Toronto que j’ai joint Twitter en 2008.

Tout comme le BookCamp Montréal ayant eu lieu en novembre dernier, PodCamp Toronto est un événement qui se caractérise par son fonctionnement participatif et ouvert. Si vous avez déjà assisté à une conférence exposant un point de vue complètement réactionnaire, prétentieux ou ennuyant sur un sujet que vous maîtrisez, vous allez adorer la formule. Le concept d’anticonférence se base sur le principe que la somme de l’expertise des gens qui assistent à une conférence est souvent plus grande que celle du conférencier. Évidemment, cette hypothèse n’est pas absolue, mais quand elle se confirme, les participants sont heureux de se trouver dans une anticonférence.

PodCamp Toronto 2010 par Eva Blue

PodCamp Toronto 2010. Photo (cc) Eva Blue

Contrairement à certaines conférences traditionnelles, qui forcent les visiteurs à assister au même monologue en communion, PodCamp propose différents ateliers livrés en parallèle. Les participants ont donc le loisir de choisir des sujets qui les intéressent et ainsi de vivre une expérience plus personnalisée. PodCamp Toronto propose 11 salles où se tiendront des ateliers simultanés, totalisant un maximum de 110 ateliers en 2 jours. La variété sera donc au rendez-vous, sans compter que plusieurs événements improvisés viendront peupler les salles libres.

Voici les règles appliquées lors d’un PodCamp :

  • Les participants doivent être traités de façon équitable. Tout le monde est une rock star.
  • Le contenu des ateliers doit être publié sous une licence Creative Commons.
  • Quiconque doit être en mesure de participer s’il le désire.
  • Les ateliers doivent respecter la « règle des deux pieds » – si un atelier vous ennuie, on vous encourage à vous lever et aller voir d’autres ateliers

Sujets en vedette cette année

Même si je suis un amoureux des discussions de corridor que permet ce genre d’événement, j’ai quand même une liste de quelques sujets à surveiller :

PodCamp Toronto aura lieu les 26 et 27 février prochains à l’Université Ryerson, à Toronto. L’événement est gratuit et ouvert à tous. Visitez le site web pour vous y inscrire, vous familiariser avec le comité organisateur et consulter l’horaire. Surveillez le filtre #pcto2011 sur Twitter en fin de semaine, afin d’obtenir un compte rendu de certains ateliers en direct.

À noter que l’équivalent montréalais, PodCamp Montréal, devrait avoir lieu en septembre prochain, pour ceux et celles qui ne peuvent malheureusement pas assister à celui-ci.

J’ai assisté à une bonne partie des conférences et ateliers transmédia aux Rendez-vous du cinéma québécois cette semaine. Ma première observation : le terme transmédia est mal compris. Devenu populaire, on l’utilise à toutes les sauces. Mon billet de lundi prochain portera donc sur le transmédia.

J’ai plutôt assisté à des journées « Nouveaux médias ». Avec les années, toutes les industries réalisent à quel point elles ne peuvent plus faire du marketing comme il y a 20 ans. L’auditoire évolue et se disperse sur différentes plateformes. Pour arriver à rejoindre le plus de gens possible, il faut maintenant faire des stratégies multiplateformes. Et c’est là le défi. De nouveaux modes de consommation découlent de la culture web. L’environnement médiatique évolue et on ne peut plus se contenter de faire de l’intégration publicitaire. Le web est participatif. Comprendre l’importance des communautés et de l’interactivité est devenu essentiel. C’est ainsi qu’on retrouve de plus en plus d’expériences immersives et participatives, autant sur le plan de la publicité que sur celui du matériel original de fiction.

Alexandre Brachet, fondateur (en 1998!) de la société de production interactive française Upian, a lancé le sujet par un résumé de la situation. Précurseur, il a commencé très tôt à penser au rapport entre le cinéma et le web. L’important est selon lui de trouver comment faire une bonne passerelle entre la conception web et la manière de raconter des histoires. Parce que les bonnes histoires bien racontées, peu importe l’endroit où elles sont diffusées, auront toujours plus de succès que les autres. « En deux ans, les médias sociaux ont bouleversé nos rapports au réel. Tout est en devenir, tout est ouvert, tout est possible. » a commencé par dire M. Brachet. Pour le moment, les maisons de production font des expériences et apprennent de leurs erreurs.

J’ai trouvé son discours  intéressant. Je ne suis pas entièrement d’accord sur tout, mais sur tout de même plusieurs points. Voilà donc ses règles pour construire un contenu pertinent pour le web avec des chances d’avoir du succès, incluant mes commentaires.

Interactivité

D’abord, selon lui, tous les sujets ne sont pas faits pour le web et l’interactivité est quasi primordiale. Selon moi, les productions web ne sont pas tenues d’être interactives. Plusieurs webtélés sont conçues dans un format parfait pour le web sans interactivité, par exemple En audition avec Simon ou Contrat de gars. À mon avis, il est faux de croire que l’internaute veut absolument interagir. Lui laisser un espace pour commenter, partager, réagir ou juste cliquer sur « Recommander », ça, oui. Mais décider de la fin de l’histoire ou avoir un pouvoir sur le contenu, pas nécessairement. Certains veulent un produit terminé qui leur fait vivre une émotion en un court laps de temps. Personnellement, je trouve dommage qu’on tente absolument de tout rendre interactif. Il y a de bonnes idées, comme Zieuter.tv ou Fabrique-moi un conte, mais parfois, c’est forcé et pas nécessaire. Et l’attrait de la nouveauté risque de s’estomper.

Mais je suis d’accord avec lui sur le fait qu’il faut faire des projets web parce qu’on les a pensés ainsi. Pas parce que notre projet télé n’a pas été accepté par un diffuseur et qu’on décide de le mettre sur le web dans l’ultime but qu’il soit acheté par un diffuseur télé.

Durée

Selon lui, il n’y a pas de règle sur les formats. La longueur n’a pas d’importance tant que ça capte le public. Il faut profiter de cet espace pour adapter le format à l’interface.

Je suis plus ou moins d’accord. Capter les gens est un énorme défi. Pour une websérie, une webtélé ou une vidéo qui se veut promotionnelle, la longueur joue beaucoup. Si ça dure 10 minutes, plusieurs vont attendre d’avoir plus de temps et certains n’y retourneront jamais. Il faut réussir à capter l’attention dans les premières secondes, surtout si les protagonistes ne sont pas connus. Le défi est encore plus grand pour les projets qui ne sont pas hébergés sur un gros portail qui leur permet de la visibilité et une campagne de relations de presse dans les médias traditionnels.

Comme il l’a aussi mentionné, il peut être bon de présenter une succession de programmes courts. Effectivement, et le documentaire web Ma Tribu, c’est ma vie en est un bon exemple.

Diffusion

Évidemment, le manque d’un modèle économique revient souvent.  La plupart des compagnies qui se lancent dans des productions pour le web le font pour tester la plateforme, essayer et tester de nouvelles avenues, innover et apprendre… mais pas pour faire de l’argent. Au contraire, elles en perdent.

C’est pourquoi les gros portails jouent un grand rôle. En diffusant des productions web, ils permettent aux créateurs de rentrer dans leurs frais et parfois même de faire un peu d’argent.

Plusieurs chaînes de télévision ont compris que leurs sites ne devaient plus simplement servir de guide télé. Elles y diffusent et produisent maintenant des séries conçues spécifiquement pour le web. Brachet prenait en exemple le site de la chaîne de télévision culturelle européenne et franco-allemande ARTE. Ici, Radio-Canada.ca (incluant Tou.tv) et Vtele l’ont aussi compris.

L’internaute

Il a continué en parlant de l’importante place de l’internaute. Il faut lui donner un rôle (acteur, réalisateur, contributeur, diffuseur), mais lui laisser le plaisir de trouver lui-même sa place sans s’adresser directement à lui.

Un point qu’il a mentionné et que je trouve également essentiel : permettre aux blogueurs de partager la vidéo directement dans leur billet.

Il a également mentionné, comme je le pense aussi, que la vidéo sur le web se standardise vers le html5.

Partenaires

Finalement, il parlait de l’importance de donner un rôle à ses partenaires (par exemple, un média en ligne). Un échange de liens n’a pas un grand effet. Vaut mieux leur donner du contenu exclusif, leur permettre de diffuser une partie de son contenu ou de trouver une autre façon de vraiment les utiliser à son avantage.