Billets classés sous ‘marketing’

Le 25 août dernier, Anita Sarkeesian, auteure d’une série de capsules dénonçant les stéréotypes sexistes dans les jeux vidéo, a de nouveau reçu des menaces après la publication d’un nouvel épisode sur son compte YouTube. Depuis plusieurs années, Anita Sarkeesian explore la question de la représentation des femmes dans les jeux vidéo sur la chaîne YouTube Feminist Frequency, qui cumule plus de 14 millions de visionnements. Périodiquement, ses propos semblent heurter une frange masculiniste radicale qui ne se gêne pas pour la dénoncer publiquement. Cette fois-ci, Sarkeesian a reçu des menaces de viol, de meurtre et de meurtre de ses parents à partir d’un compte Twitter désormais supprimé, selon cet article du Monde.

Anita Sarkeesian

Ce n’est malheureusement pas la première fois qu’Anita Sarkeesian encaisse les insultes et les menaces. Et elles sont nombreuses à subir ce genre de traitement en ligne. Récemment, la développeuse de jeux vidéo Zoe Quinn a elle aussi fait l’objet de menaces du même acabit. Bien sûr, tous les joueurs et créateurs de jeux vidéo ne pensent pas de cette manière, il n’y a qu’à voir la campagne de solidarité autour des mots-clics #NotAllGamers et #welovegamedevs qui s’est mise sur pied dans les jours qui ont suivi.

Cela dit, je me suis demandé comment on en était venus à cette culture du jeu vidéo. Samedi dernier, le 30 août, à l’émission La sphère, à laquelle je participais sur ICI Radio-Canada Première, nous recevions Maude Bonenfant, professeure à l’UQAM et directrice du groupe Homo Ludens, dont la recherche porte sur les pratiques de jeu et la communication dans les espaces numériques, et Stéphanie Harvey, joueuse professionnelle et conceptrice de jeux vidéo. Elles ont tenté d’amener certaines pistes de solution, dont celle, que j’ai trouvé particulièrement intéressante, de déconstruire certains mythes entourant les utilisateurs des jeux vidéo.

Des mythes qui ont la vie dure

Quand vous pensez au joueur typique de jeux vidéo, avez-vous immédiatement l’image du jeune adolescent boutonneux et asocial dans son sous-sol? Nous sommes nombreux à faire l’erreur. Rectifions d’abord les faits et tentons ensuite de voir où ces préjugés ont pris racine. Cet article du Washington Post du 22 août mentionne les chiffres d’une étude du groupe Entertainment Software Association. Les femmes adultes représentent en fait 36 % des joueurs de jeux vidéo. Les garçons adolescents? Seulement 17 %. Voulez-vous un autre chiffre étonnant? Le nombre de joueuses de plus de 50 ans a bondi de 32 % entre 2012 et 2013.

Les hommes représentent toujours la majorité des joueurs, mais une bien faible majorité, soit 52 %. Renversons les chiffres, 48 % des joueurs sont des femmes. Impressionnant. Surtout lorsque l’on pense que ce chiffre n’était qu’à 40 % en 2010.

Et si je vous disais que les jeux vidéo, dans leurs débuts, n’étaient pas genrés? Je suis tombée sur un article fort intéressant qui retrace peut-être le moment clé où les jeux vidéo sont devenus des jeux de garçons.

Un monde d’hommes, mais depuis quand?

Le stéréotype qu’on aime entretenir depuis des années veut que les jeux vidéo soient faits pour et par des hommes. Et bien que certains stéréotypes soient parfois trempés de vérité, ils ne disent pas pourquoi le monde du jeu vidéo ne s’intéresse pas ou s’intéresse peu aux femmes. Qui ou quoi est responsable de cela? Pourquoi une industrie qui a commencé avec un jeu comme Pong en 1972 a-t-elle finalement opté pour une division des genres?

Dans les années 70, les bureaux d’Atari en Californie avaient deux étages. L’étage du haut travaillait sur les jeux de console, alors que l’étage du bas travaillait sur les jeux d’arcade. Ils travaillaient souvent sur les mêmes jeux, mais ne les préparaient pas pour les mêmes utilisateurs, séparés selon l’âge, et non le genre. Pong, à l’étage du haut, était destiné aux familles; Pong, à l’étage du bas, s’adressait plutôt aux adultes dans les bars. Et le jeu a marché très fort, dans les deux cas.

Dans ces années-là, les équipes de création étaient composées de deux ou trois personnes, majoritairement des hommes. L’article mentionne que Carol Shaw, la première femme développeuse pour Atari et conceptrice du jeu River Raid, n’avait jamais pensé au fait que les jeux pouvaient être faits pour un genre ou l’autre, et ses employeurs non plus n’y faisaient aucune allusion : « We just did games we thought would be fun. » Quel concept!

Alors, depuis quand l’industrie a-t-elle changé son fusil d’épaule, pour reprendre une image bien masculine? Depuis 1983. La date est précise, toujours selon cet article. C’est la première grande crise de l’industrie des jeux vidéo. De nombreuses compagnies ont dû fermer leurs portes. Aux États-Unis, l’industrie est passée de 3,2 milliards de revenus en 1983, avant la crise, à 100 millions en 1985. Une chute de 97 %. Du jamais vu. Les raisons de ce krach sont nombreuses, mais plusieurs ont cru à la fin de l’industrie du jeu vidéo.

Ce serait en partie Nintendo qui aurait sauvé la mise avec son Nintendo Entertainment System. Mais la plus grande clairvoyance de l’entreprise aura été celle de vendre ses produits non plus comme des jeux vidéo qui n’avaient plus la cote, mais bien comme des jouets. Il fallait bien choisir son allée dans les magasins, cibler son auditoire, dépenser avec discernement le budget marketing d’une industrie à la recherche d’un second souffle. Étude après étude, les compagnies ont décrété que plus de garçons que de filles jouaient à leurs jeux. C’est alors qu’ils ont choisi leur camp.

À partir des années 90, les publicités se sont radicalisées et n’ont plus montré que de jeunes garçons jouant au Game Boy. Cet harcèlement dont Anita Sarkeesian et Zoe Quinn ont été victimes prendrait-elle sa source dans une simple décision de marketing? Vingt-cinq ans de ce genre de publicités et nous voilà convaincus d’une situation bien loin de la réalité. L’article montre du doigt la force du marketing pour expliquer la culture du jeu vidéo. Que ce soit vrai ou pas, les femmes jouent et produisent des jeux vidéo. Et ce phénomène-là semble bien loin de s’essouffler, n’en déplaise à certains.

Sortons nos boules de cristal pour les prévisions 2013…

À la fin de l’année, nous sommes submergés par les billets de blogue sur les tendances technologiques à surveiller dans les prochains mois. Certains jouent aux devins et nous proposent ce qu’on sait déjà. Je ne vous répéterai donc pas que la mobilité sera croissante, nous l’avons compris. Je me suis donc intéressée à quelques phénomènes plus larges qui auront des répercussions sur l’économie numérique.

La décroissance de la délocalisation

Qui n’a jamais reçu un appel d’un service informatique en provenance de l’Inde? La chose était devenue si habituelle qu’elle est passée au rang de plaisanterie, on parlait alors « d’outsourcing », soit de délocaliser un service dans une région du monde, souvent en Inde ou en Chine, où la main-d’œuvre est moins coûteuse. Or, quand Forbes parle de la « mort de la délocalisation », c’est en s’appuyant sur le fait d’une décroissance de 20 % des contrats attribués à l’extérieur. L’auteur, Jonathan Crane, cite parmi les raisons de cette décroissance les difficultés de communication avec les employés et la qualité médiocre du travail accompli dans ces conditions. La philosophie du « moins cher possible » n’a plus la cote, et les Américains préfèrent réorganiser leurs services de soutien informatique chez eux. De plus, avec l’automatisation de certains processus, même les firmes de recherche comme Gartner prévoient une baisse constante de la délocalisation, car il y aura moins de travail technique.

Si Crane n’en glisse pas mot, il est difficile de passer sous silence la crise financière aux États-Unis et les mesures d’austérité qui, selon plusieurs, pourraient causer une récession en 2013 (lire États-Unis : la rigueur forcée mènera une récession en 2013). Dans ces circonstances, on peut imaginer qu’il sera indiqué pour des questions politiques de ramener les structures des TI à demeure. Si cela ne se traduit pas par une hausse immédiate des emplois, les technologies de gestion des services TI se développeront et joueront un rôle important dans le retour des systèmes de soutien aux États-Unis.

Marketing intégré : faire rayonner le contenu sur toutes les plateformes

Le contenu est roi, on le dit partout depuis quelques années déjà. Mais pour faire connaître une marque ou un produit et s’assurer que les bons messages sont communiqués par tous les moyens disponibles, il est maintenant impossible d’imaginer de fonctionner en silo, soit en scindant la publicité dite traditionnelle et les efforts mis dans le web et les réseaux sociaux. Selon Kenneth Kracmer, et c’est un point de vue que je partage avec lui, nous verrons enfin en 2013 le rôle du professionnel en marketing et communications s’affirmer et devenir le pivot des campagnes promotionnelles réussies. Ces campagnes se distingueront par des messages bien orchestrés et disséminés de façon intégrée sur les différentes plateformes publicitaires (télé, radio et autres), le web et les réseaux sociaux.

S’il faut le répéter : les réseaux sociaux doivent faire partie du plan marketing associé à une marque et ne plus être considérés comme un truc à part que l’on fait parce qu’il le faut bien… Point besoin de dire que cela viendra encore remuer la position des agences spécialisées par rapport à celles des agences dites intégrées, et que le débat reprendra peut-être.

Commerce numérique et expérience de l’utilisateur sont indissociables

Certains spécialistes insistent encore pour séparer le beau, l’expérience numérique et l’efficacité d’un site. Pourtant, avec des concepts liés au design du site comme la conception de sites adaptatifs (responsive design), de fidélisation par l’engagement comme la ludification et l’utilisation des réseaux sociaux pour le partage des contenus, il apparaît clairement que le commerce en ligne est plus qu’une marque et un site transactionnel. Anna Talerico dit même que l’expérience qu’a le visiteur en ce qui concerne les différentes formes de présence en ligne d’une compagnie constitue son marketing. Donc, si certains aspects sont moins conviviaux, c’est comme dire au client que la marque ne se soucie pas toujours de lui. Talerio cite même le point zéro de vérité (zero moment of truth), soit ce moment où un consommateur entre en contact avec un site ou une application et décide en un instant s’il adhère à ce qui lui est présenté. Il se base alors sur des critères esthétiques – est-ce plaisant ou agréable? -, de pertinence – est-ce que l’image, l’offre et le message sont cohérents? – et recherche l’aspect personnalisé et local de ce qui lui est offert.

Et surtout, comme Talerico, Kracmer et plusieurs autres auteurs l’affirment, le mobile n’est plus une option (on n’y échappe pas) et l’analyse des résultats (en développant des indicateurs de performance) doit faire partie du cycle de marketing.

Sources complémentaires :

Jonathan Crane sur Forbes : The death of outsourcing, and other IT management trends

Kenneth Kracmer sur Compro.biz : « 13 top PR and marketing trends for 2013 »

Anna Talerico sur Business 2 Community : « 9 online marketing trends for 2013 »

Matt Lee sur Business 2 Community : « 5 online marketing resolution to make for 2013 »

 

 

Nadia SeraioccoKlout, un outil pour mesurer l’influence

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 publié le 26 septembre 2012 à 11 h 14

Au départ étaient PeerIndex et Klout, deux outils de mesure d’influence, ce terme à la mode sur les réseaux sociaux souvent décliné vers « influenceur ». Comme les réseaux sociaux, dont ils dépendent pour évaluer qui se hisse au palmarès des gens populaires, ces outils web ont beaucoup évolué. Si je doutais un peu de leur pertinence au long cours, depuis peu, Klout, qui se dit la mesure standard, s’impose comme un outil de réflexion stratégique dans l’utilisation des médias sociaux.

Avez-vous du Klout?

Klout a été créé en 2008 à San Francisco, tandis que PeerIndex est né en Angleterre en 2009. Le second a capté l’attention de plusieurs bien avant que Klout ne s’impose dans nos conversations. Pourtant, l’an dernier, les organisateurs de partys privés ont commencé à exiger des invités un score Klout supérieur à 40. Puis, pour certains emplois liés aux médias sociaux, la même exigence s’est frayé un chemin dans les atouts recherchés chez les candidats. Hou! Là, certains blogueurs, reconnus pour leur influence, ont commencé à sentir le besoin d’adhérer au service.

Et ça marche vraiment?

Là est la question. Car Klout se fie à différents paramètres pour évaluer votre influence. Par exemple, le nombre d’abonnés à vos différents profils sur les réseaux sociaux ou le nombre de gens qui republient ou commentent vos publications. Un réseau se forme autour du profil d’un utilisateur de Klout et chaque personne peut attribuer des points ou k+ à ses connaissances sur certains sujets, voire les nommer « influenceurs ». À l’usage, on constate que plus une personne est active, publie, interagit et agit, plus Klout augmente sa note d’influence. Ceux qui critiquent l’aveuglement devant un tel système aiment bien rappeler que si cet outil est infaillible, il faudra alors concéder qu’une personne qui tweete beaucoup soit plus influente que les dirigeants d’un pays. Il faut donc prendre le tout avec un grain de sel.

L’utilité d’un tel outil

Tandis qu’en relations publiques et en marketing on veut canaliser la force des réseaux sociaux pour mettre en lumière une cause, un produit ou une marque, savoir qui sont les « influenceurs » dans un secteur donné est un net avantage. Le score Klout devient alors un des paramètres que le relationniste peut utiliser pour distinguer les uns des autres et savoir où mettre ses efforts pour influencer la conversation. Cela dit, un score Klout élevé ne devrait jamais être le seul critère pour choisir un interlocuteur. Car bien qu’avoir une influence qui se mesure est intéressant, encore faut-il savoir dans quel domaine on est influent et qui on influence. Les plus cyniques répondront alors que bon nombre des « influenceurs », qui changeront le monde dans lequel on vit, n’ont aucune envie de savoir leur score Klout ou encore que l’on sache qu’ils jouissent d’un réel pouvoir. Je suis plutôt d’accord. Mais au jeu marketing, là où le client est roi, les « influenceurs » sont votre voisin, votre collègue de bureau ou les « experts en médias sociaux » tous azimuts.

Un aperçu de Moments et du potentiel que Klout recèle pour mesurer l’influence.

Un outil prometteur et en développement

Tout récemment, Klout a ajouté à son offre la section « Moments », qui permet à un utilisateur de mesurer l’effet de ses publications les plus populaires par média. On verra donc quels gazouillis sur Twitter ont obtenu le plus d’interactions, retweets ou réponses et quels statuts sur Facebook se classent en tête au palmarès du plus grand nombre d’interactions. L’intérêt de ces « Moments » est de permettre une vue d’ensemble sur les publications les plus appréciées par les abonnés d’un utilisateur. Pour une marque (seul le compte Twitter sera évalué, car pour Facebook seules les publications des profils et pas celles des pages sont analysées), cela permet d’ajuster le tir et de répéter au besoin un type de publication qui plairait nettement plus à l’auditoire visé.

On adopte ou pas?

Difficile de s’y soustraire pour une personne qui doit analyser le profil de blogueurs-collaborateurs ou d’« influenceurs » à intégrer dans un programme de promotion. De même, pour le blogueur qui cherche à marchander son expertise, le score Klout permet d’affirmer une certaine valeur. Je doute fort que les gens dont la crédibilité repose déjà sur une expertise corroborée dans un domaine connu (alors que blogueurs et experts des réseaux sociaux doivent encore s’en remettre à ces outils) sentent le besoin de montrer un score Klout astronomique. Mais à ce compte, il ne faut pas nier le facteur ludique… Après tout donner des points et nommer des influenceurs à sa guise a de quoi amuser bien des utilisateurs.

Un texte de Martin Lessard sur la mesure de l’influence avec Klout dans un contexte électoral.

Sur The Next Web : You must have a Klout of 40 or more to get into this Fashion’s night out party.

Dans US News, un professeur qui songeait à attribuer les notes selon les pointages de Klout (en anglais).

Une photo plus ou moins réussie avec mot-clic #betseyjohnson et me voilà happée par une communauté mode.

Alors que nous avons presque tous un appareil photo à la main (merci à nos téléphones) et des applications qui nous permettent de jouer les artistes photographes, rendant ce médium plus accessible à tous, les sites de partage d’images ont la cote. Nous avons vu la montée en flèche de Pinterest en début d’année, l’achat récent du réseau mobile photo Instagram (c’est important de préciser que ce réseau est uniquement mobile et le premier de ce genre) par Facebook et une hausse de l’intérêt pour le réseau Tumblr chez les utilisateurs, mais aussi les entreprises. Serait-ce un nouvel âge d’or pour la photo? Pour les gens de communications et de marketing, cela ne fait pas doute.

Une tendance confirmée par ComScore

Selon les plus récents chiffres de ComScore, Instagram se retrouve en tête des « propriétés web » qui gagnent du terrain, Tumblr.com (propriété de Gannett Sites) figure parmi les 50 sites les plus fréquentés et la catégorie de sites regroupant les communautés traitant de beauté, de style de vie et de mode (des sites comme Polyvore.com et Pinterest en font partie) se classe bonne deuxième juste derrière la catégorie « Actualités » (General News).

Ces marques qui vous laissent parler d’elles…

Sans avoir vraiment expérimenté beaucoup Pinterest, certains se sont vite attaqués au côté superficiel beauté-mode-tendances du réseau et aux problèmes de droits d’auteurs que son utilisation pouvait soulever. Pourtant, au même moment, Martha Stewart, la femme d’affaires, la marque et ses différents produits (mariages, recettes, magazine, etc.) constatait que pour l’année 2011, Pinterest avait été à l’origine de plus de clics sur son site que Facebook et Twitter combinés. Point besoin de vous dire que Martha n’entreprendra pas de poursuite pour crédits photos non respectés lorsque que des « épingleurs » maladroits auront gommé la source d’une photo, car les « repin » légitimes (qui affichent donc par défaut la source) sont trop payants. Sur Instagram ou Pinterest, on trouve souvent une combinaison de photos qui proviennent des utilisateurs et des campagnes publicitaires des marques. Laisser les utilisateurs jouer avec la marque et encourager la production de matériel est aussi une bonne façon de créer une communauté autour  d’une entreprise. Plus près de nous, au Québec, Aldo a créé sa page sur Pinterest, mais n’a encore rien publié, et Simons, toujours à l’avant-garde, a créé une page Pinterest avec différents tableaux, dont ses « lookbooks » pour les marques Icône et Twik. Plusieurs entreprises ne saisissent pas encore la perche leur est tendue, car si vous faites une recherche par mots-clés sur Pinterest, des marques comme Le Château y sont déjà par le biais d’épinglage de leurs clients, tout comme Aldo et Simons.

Communiquer en partageant ses goûts

Sur Instagram, on peut identifier ses photos à l’aide de mots-clics, soit avec le dièse, comme sur Twitter. L’an dernier, j’ai publié une photo d’une paire de boucles d’oreille, et j’ai ajouté le nom de la designer, #betseyjohnson. Quelques minutes plus tard, une dizaine de fans de la marque avaient cliqué sur le petit cœur (équivalent au « j’aime » de Facebook, portant ainsi à mon attention un réseau d’admiratrices de la marque. Starbucks a aussi ses fans sur Instagram, ces derniers ont publié près de 700 000 photos, pour la plupart des images de cafés couronnés de crème fouettée. La même chose est observée sur le réseau de blogues Tumblr, où le mot-clic #starbucks relie une foule de courts billets et de photos inspirés par la marque de café. Les stratèges de la célèbre marque Alexander McQueen –, dans un univers où la marque prime, malgré le décès récent et en début de carrière de ce créateur de mode la marque qui porte son nom vit encore – ont inclus dans leur plan marketing social un blogue Tumblr, ce qui s’avère payant en terme de diffusion, puisque les photos des collections circulent sur ce réseau, sur Polyvore.com et sur Pinterest.

Payant en argent ou en visibilité?

Vous vous doutez bien que dans le cas d’une marque comme Starbucks, si on ne peut pas évaluer combien de capuccinos de plus sont vendus en raison des milliers de partages des internautes, le profit en visibilité et en adhésion à la marque suffit pour le moment. Quant à un produit de luxe comme les créations de la collection McQueen, il s’agit là aussi principalement de visibilité, car nous pouvons douter que les jeunes utilisateurs des réseaux sociaux photos aient les moyens d’acheter du prêt-à-porter dont les prix se comptent souvent en milliers de dollars. Mais avec des augmentations de trafic dans les 300 %, comme le révélait la chaîne Whole Foods au magazine Fortune, il est de mise d’espérer que tous ces clics seront un jour convertis en une augmentation des ventes. Les entreprises d’ici dans le secteur de la mode, de l’art de vivre et du tourisme commencent à inclure ces sites dans leur stratégie, c’est donc à surveiller.

Autres sources :

Des idées pour utiliser Pinterest (en anglais)

Pinterest pour diffuser un créatif (en anglais)

Instagram and product placement: is there a filter for transparency (Forbes)

Photo publiée sur le compte Twitter de Fly2Miami

Avez-vous déjà fait une remarque sur Twitter à propos d’une compagnie? Vous a-t-on répondu? Ça m’est arrivé quelques fois. J’aime beaucoup les compagnies qui s’occupent réellement de leurs réseaux sociaux. On a entendu plusieurs histoires où les compagnies tentent de réparer les pots cassés en répondant aux mécontents. Mais j’aime bien les histoires positives où on ne fait que prendre au sérieux la suggestion d’un client. En voici un bon exemple avec une vidéo mise en ligne aujourd’hui par la compagnie aérienne KLM.

En octobre 2010, des gens de la scène électronique néerlandaise apprenaient que KLM allait enfin offrir des vols directs vers Miami à partir du 27 mars 2011. Le DJ Sied Van Riel (10 548 abonnés) et le producteur Wilco Jung (619 abonnés) envoient donc chacun un message à KLM sur Twitter demandant à la compagnie de faire son vol inaugural une semaine plus tôt, juste à temps pour le festival électronique de Miami qui commence le 25 mars. À leur plus grand étonnement, KLM les prend au sérieux et leur répond en leur envoyant un défi : s’ils réussissent à remplir l’avion, le vol direct Amsterdam-Miami aurait lieu plus tôt. En quelques heures, le vol était plein pour un vol inaugural le 21 mars au lieu du 27 mars. Ce serait la première fois que l’horaire d’un vol aurait été changé à la suite de la demande d’un client sur Twitter.

Mais le vol ne s’est pas passé comme tous les vols. Puisque les passagers étaient tous des adeptes de musique électronique, ils ont décidé de faire un véritable party dans les airs. Ce vol a d’ailleurs été inscrit dans le livre des records Guinness comme étant le party électronique le plus haut en altitude.

À la fin de la vidéo, KLM en profite pour mentionner prendre au sérieux les souhaits de ses clients en invitant les gens à envoyer leurs questions et leurs demandes sur Twitter ou Facebook. Je me demande ce qu’ils vont maintenant recevoir comme demandes! Mais ce qui est certain, c’est qu’ils ont ainsi profité d’un bon coup de publicité improvisé qui leur donne une image positive.