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Comme le mentionnait dernièrement Laurent LaSalle dans son billet Tablettes et consoles portables : iOS et Android menacent Nintendo, la compagnie japonaise tente de se démarquer en offrant un produit différent. Mais est-ce que la 3D de sa console portable attire assez de consommateurs? Un mois après son lancement, les chiffres de ventes de la Nintendo 3DS ont été dévoilés. Les objectifs de la compagnie n’ont pas été atteints. Quelle en est la cause? Les joueurs, les caractéristiques de la console, un manque d’intérêt pour la 3D ou le nombre insuffisant de jeux attrayants?

Selon les chiffres du groupe NPD (une firme qui comptabilise les ventes de jeux et consoles), comme rapporté par PCmag, la 3DS a vendu presque 400 000 exemplaires aux États-Unis depuis son lancement le 27 mars. C’est 100 000 unités de moins que les ventes de la DS (sortie en 2004). Toutefois, puisque le lancement de cette dernière avait eu lieu au mois de novembre, la console avait profité des ventes de la période des fêtes. Mais comme la 3DS se vend 100 $ de plus (249,99 $ au Canada), le revenu provenant des ventes du premier mois est pour sa part supérieur.

Dans le monde, selon International Business Times,  Nintendo a vendu 3,61 millions de consoles depuis sa sortie. La compagnie japonaise avait prévu des ventes de plus de 4 millions d’unités. Le chef exécutif de Nintendo, Satoru Iwata, a expliqué aux investisseurs que les consommateurs ne comprenaient pas encore les capacités de la console.

La 3D n’est pas un gage de ventes

À la lumière de ces chiffres, Deloitte considère que la révolution du jeu en 3D n’est pas encore arrivée, et je suis d’accord.  J’avais écrit, peu avant le E3 l’an dernier : « Certains analystes pensent que les nouveaux périphériques de contrôle à reconnaissance de mouvements de Microsoft et de Sony arrivent trop tard et que l’engouement sera autour de tout ce qui est 3D en relief. Personnellement, j’ai quand même l’impression que Natal  (note : le nom est devenu Kinect) attirera la majorité de l’attention. » C’est finalement ce qui est arrivé.  Kinect a eu un tel succès à sa sortie (8 millions d’unités en deux mois),  que son lancement est considéré comme le plus populaire de l’histoire des produits électroniques.

À mon avis, l’intérêt de la Nintendo 3DS n’est pas son effet 3D sans lunettes. Celui-ci est impressionnant les premières minutes, mais on s’en lasse rapidement. Il faut se tenir à un angle précis et assez près de l’écran pour bien le ressentir. Dans certains jeux, il donne plutôt l’impression de voir double. Et comme seul un des deux écrans propose un effet 3D, le passage fréquent d’un écran à l’autre peut devenir inconfortable pour certains. Heureusement, la 3D n’est pas essentielle pour la majorité des jeux proposés, alors on peut décider de la désactiver (ou de baisser son intensité) pour jouer. Les photos sont bien sympathiques, mais comme la qualité n’est que de 0,3  mégapixels et qu’on ne peut pas les partager (elles perdraient leur effet 3D), je ne pense pas que ça devienne la caractéristique la plus attirante pour l’achat de la console.

Une DS plus puissante

Mais la 3DS est plus puissante que ses consoeurs avec des capacités graphiques supérieures. Imitant les téléphones intelligents,  la console est dotée d’un accéléromètre et d’un gyroscope permettant la détection des déplacements, des changements d’angle et d’orientation. Son pad circulaire offre une commande analogique plus précise que la croix directionnelle (aussi présente). Les fonctions StreetPass et SpotPass lui donnent un caractère social avec une possibilité d’échanger du contenu. Sa rétrocompatibilité permet d’y jouer (en 2D évidemment) avec les jeux conçus pour les versions antérieures (DS et DSi).

Le plus décevant est l’autonomie de la batterie (environ trois heures). Même en désactivant la 3D, elle doit être rechargée au bout de quatre heures. L’autonomie de la DSi est quant à elle de plus de huit heures…

Ceux qui ont envie d’une console portable Nintendo ne seront pa déçus par la 3DS. Mais ceux qui possèdent déjà une DS ou DSi peuvent attendre. D’abord, une nouvelle version améliorera peut-être l’autonomie de la batterie (on l’espère). Mais surtout, le choix de jeux disponibles ne vaut pas l’investissement pour l’instant. Les titres disponibles depuis son lancement sont, pour la plupart, des versions adaptées pour la 3DS, et aucun ne constitue une raison de remplacer sa console. J’ai bien aimé les petits jeux de réalité augmentée inclus qui démontrent bien ses possibilités, mais après un maximum de 10 minutes, on a fait le tour des jeux.

Nintendo développe habituellement d’excellents jeux pour ses consoles, et la venue des titres attendus tels que Kid Icarus : Uprising, Mario 3D et The Legend of Zelda : Ocarina of Time 3D risquent de faire augmenter les ventes. Espérons pour Nintendo (et Satoru Iwata) que ces jeux démontrent toutes les capacités de la 3DS afin que les consommateurs les comprennent.

On en saura plus sur les jeux 3DS lors du salon du jeu vidéo en juin prochain. C’est aussi à ce moment qu’on connaîtra les détails de la console qui va succéder à la Wii (connue pour le moment sous les noms de Projet Café et Stream). J’ai bien hâte de voir ce que Nintendo nous réserve.

Gina DesjardinsMove ou Kinect? Et la Wii dans tout ça?

par

 publié le 1 décembre 2010 à 12 h 04

Noël approche et on me pose de plus en plus de questions sur les systèmes de reconnaissance de mouvements. Plusieurs veulent savoir ce que je pense de la PlayStation Move ou de Kinect pour Xbox 360, ou bien s’ils peuvent continuer avec leur Wii.

La Wii, sortie en 2006 avec ses manettes avec la reconnaissance de mouvements, a permis de pénétrer un marché inexploité. Au lancement de la nouvelle console de Nintendo, plusieurs développeurs et éditeurs de jeux, comme Electronic Arts, n’y croyaient pas. Décidant de ne pas développer pour la console, ils ont manqué beaucoup de ventes et ont tenté de se reprendre par la suite.

La console Wii a trouvé sa place dans les familles, dans les centres pour personnes âgées et dans des centres de réadaptation physique. Plusieurs gros joueurs ont acheté une Wii comme console complémentaire pour jouer en famille ou entre amis.

Cherchant un moyen de ne pas perdre cette part de marché, PlayStation et Xbox ont donc chacun développé leur propre technologie.

PlayStation Move

Le contrôleur PlayStation Move, sorti en septembre, est similaire à la manette Wii, mais la technologie permet une reconnaissance plus précise. L’offre de jeux n’est cependant pas très intéressante. Personnellement, je n’ai pas eu de coup de cœur pour les jeux Move. J’ai l’impression que Sony, en essayant de jouer la carte « les gros joueurs aimeront notre technologie », a oublié de rendre ses jeux attrayants pour les jeunes et les joueurs occasionnels (ceux à qui ça devrait s’adresser). Au dernier salon E3, on nous a montré des images de Sorcery, un jeu en développement qui semble plutôt prometteur. Mais pour le moment, aucun jeu n’a vraiment attiré mon attention.

Depuis la sortie en septembre, 4,1 millions de systèmes Move ont été vendus.

À partir de 49,99$ (un seul contrôleur et sans la caméra).

Kinect pour Xbox 360

Kinect a, selon moi, l’avantage de s’adresser à un public précis. Les jeux sont attrayants pour les enfants, les adolescents et la famille. On ne tente pas de convaincre les gros joueurs que ça changera leur façon de jouer. On suggère plutôt que pour jouer en famille, la Kinect fait aussi bien l’affaire que la Wii.

http://www.youtube.com/watch?v=D3YC6NwsKkM

J’aime bien Kinect. Ça fonctionne et c’est intéressant de pouvoir avoir également une reconnaissance du bas du corps (par exemple pour les jeux de danse). Mais ça a des défauts. D’abord, on peut observer des délais dans plusieurs jeux. Pour la majorité des jeux, ce n’est pas trop grave. Mais parfois, ça peut devenir désagréable (surtout dans les jeux d’entraînement). De plus, ça prend beaucoup d’espace. Un minimum de six pieds entre le téléviseur et notre aire de jeu est nécessaire pour les jeux en solo, encore plus d’espace est demandé pour les jeux à deux. Un autre désavantage est de devoir rester dans l’espace attribué par le jeu. En s’amusant, les enfants oublient souvent, et le jeu arrête dès qu’ils sortent du cadre (trop proche, trop à gauche, trop à droite).

Malgré ces quelques défauts, j’ai eu beaucoup de plaisir à jouer à des jeux Kinect en groupe avec des enfants. Le plus drôle? Les captures de photos et de vidéos pendant qu’on joue. Un fou rire assuré à la fin de chaque partie.

La campagne marketing de Kinect jouit d’un énorme budget : 500 millions de dollars. Depuis son lancement au début de novembre, Microsoft en a vendu 2,5 millions. La compagnie croit pouvoir en vendre le double d’ici la fin de l’année.

Pour le moment, il manque un peu de titres, mais ceux disponibles sont à mon avis meilleurs que ceux de Move. Les jeux développés par Microsoft (Sports, Adventures, Kinectimals) et Dance Central d’Harmonix (mon favori!) sont les meilleurs jusqu’à présent.

Doit-on reléguer la Wii aux oubliettes?

Je ne crois pas. La Wii demeure la console qui a le plus de jeux intéressants pour les plus jeunes enfants. Si on cherche surtout des jeux divertissants pour les enfants ou la famille, la Wii demeure un bon choix. La précision est une chose, mais pour la plupart des joueurs occasionnels, l’important n’est pas dans la précision, mais bien dans le plaisir de jouer sans trop se casser la tête avec des contrôles trop compliqués.

Ça fait déjà plusieurs années que je couvre l’industrie du jeu vidéo. Et vous savez quoi? C’est épuisant. Presque toutes les fois où j’ai proposé un article sur un sujet relié de près ou de loin aux jeux vidéo, j’ai eu droit à « Notre lectorat n’est pas adolescent », « C’est trop marginal »,  « Bof, pas certain que ça intéresse. » C’est une bataille continuelle.

Toutes les fois, j’ai eu à convaincre les rédacteurs en chef ou recherchistes en apportant chiffres et statistiques pour prouver leur pertinence et leur popularité. En dehors de la presse spécialisée, c’est un secteur incompris, mal-aimé et clairement méconnu. On peut rarement trouver plus que quelques critiques des jeux les plus attendus et des articles occasionnels dans les sections affaires. C’est un fait que je m’explique difficilement.

Plus lucratif qu’Harry Potter

Aux États-Unis, selon le Wall Street Journal, l’industrie des jeux vidéo a rapporté 20 milliards de dollars en 2009, soit deux fois plus que celle du cinéma. La firme Avista Partners estime les revenus à l’échelle mondiale à 110 milliards de dollars.

Selon l’Association canadienne du Logiciel du Divertissement (ALD), les ventes ont quadruplé de 1996 à 2008 et surpassent maintenant celles provenant des entrées au cinéma.

Lors du lancement de certains jeux, comme Halo ou Call of Duty, les ventes dans les premières heures suivant la sortie ont dépassé celles des superproductions au cinéma telles qu’Harry Potter ou Pirates of the Caribbean. C’est certain qu’un jeu vidéo se vend plus cher qu’une entrée au cinéma, mais ça n’en demeure pas moins étonnant.

On peut lire dans le guide À vos jeux, Canada! Jouer pour gagner dans l’économie numérique publié par l’ALD :

« Le secteur du jeu vidéo est celui du divertissement qui affiche la plus forte croissance dans le monde. Le secteur canadien du logiciel de divertissement – qui devrait croître au rythme de 29 % par an au cours des quelques prochaines années – se situe actuellement au troisième rang mondial et l’on doit aux développeurs et aux éditeurs de jeux vidéo canadiens certains des titres les plus vendus à l’échelon international. »

L’âge du joueur moyen au Canada est de 33 ans

Alors, comme j’ai l’intention de reparler de jeux vidéo sur Triplex, sous différents angles, j’aimerais vous recommander la lecture des dernières données canadiennes publiées par l’Association canadienne du logiciel du divertissement (ALD).

Par exemple, selon son rapport de 2010 récemment publié, l’âge moyen du joueur est de 33 ans, 47 % des foyers canadiens possèdent au moins une console de jeu, 96 % possèdent un ordinateur, 45 % des joueurs de 55 ans et plus jouent quelques jours par semaine, et 32 % des joueurs sont des filles.

D’ailleurs, c’est un choix de carrière très intéressant pour les jeunes. Je vais en reparler prochainement.

Que celui qui n’a jamais joué sur une console de jeux, un ordinateur ou un cellulaire me jette la première pierre.

Une vidéo de l’ALD sur l’industrie canadienne du jeu :