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Laurent LaSalleTwitter Music enfin lancé

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 publié le 22 avril 2013 à 13 h 11

Je vous en parlais déjà il y a un mois, et c’est maintenant chose faite : Twitter a lancé sa plateforme musicale. Par le fait même, le service We Are Hunted, dont Twitter avait fait l’acquisition l’an dernier, a bel et bien disparu.

Si l’essentiel des éléments de base qu’offrait ce service se retrouve dans Twitter Music, on ne peut pas en dire autant de sa caractéristique principale. Vous voulez écouter en intégralité les pièces musicales suggérées? Malheureusement pour les Canadiens, ils doivent être abonnés à un service tiers payant, Rdio.

Comment se compare Twitter Music à We Are Hunted? Laissez-moi vous dresser le tableau.

Fils spirituel

Bien que certains aient cru au départ que Twitter avait l’intention de concurrencer Apple sur la vente de chansons en ligne, sa plateforme musicale n’a rien à voir avec iTunes. Elle s’apparente plutôt à Last.fm, Grooveshark ou SoundCloud. Néanmoins, comme je le soulignais plus haut, Twitter n’héberge pas lui-même sa musique. Il compte sur un partenariat avec iTunes (pour les extraits de chansons), Spotify (service gratuit non offert au Canada) et Rdio pour sa diffusion musicale.
 
Twitter Music conserve les principales catégories de We Are Hunted : Popular, Emerging et Suggested (une évolution de l’onglet Discover). Le service ne se limite pas aux 99 chansons d’une catégorie comme le faisait son prédécesseur. Il fait plutôt un clin d’œil à la limite des 140 signes du populaire réseau social en offrant le palmarès des 140 pièces musicales pour chacune de ses catégories.

On propose également #NowPlaying, qui collige la musique propagée par les membres de son réseau social, pourvu que ces derniers aient employé le mot-clé correspondant au nom de cette catégorie. Finalement, la section Me répertorie les artistes présents sur Twitter et auxquels vous êtes abonnés. Étrangement, on ne m’en propose que cinq, alors que je sais pertinemment que je suis beaucoup plus de musiciens. Comme le service est encore tout nouveau, il est fort probable que ces derniers doivent signaler à Twitter qu’ils sont du domaine de la musique. Espérons que le taux d’adoption de Twitter Music chez les artistes sera rapide, afin de tenir ses membres en haleine.

En ce qui concerne le design de cette nouvelle plateforme, je dois signaler ma déception. Visuellement, le tout est très sombre. Je préférais de loin l’interface de We Are Hunted, où l’image de chacun des artistes avait été choisie avec un certain souci esthétique. Twitter Music est un amalgame de photos floues et mal cadrées. Sans compter qu’il est impossible de monter sa propre liste musicale, pourtant une option intéressante qu’offrait We Are Hunted.

De plus, il est impossible de comprendre l’algorithme derrière l’élaboration de chacun des palmarès, laissant présager que certaines maisons de disques pourraient payer pour assurer la visibilité de leurs artistes.

Application mobile

Twitter Music est également offert en version mobile, par le biais d’une application qui porte son nom. Offerte seulement sous iOS pour le moment, une version Android devrait être lancée sous peu. Tout comme sur le web, on exigera que vous vous connectiez à un compte Spotify ou Rdio, afin de vous permettre d’entendre les pièces musicales en intégralité. Pour les Canadiens, cela signifie des mensualités de 9,99 $ pour tirer tous les bénéfices de l’application mobile.

À noter que Rdio propose une période d’essai gratuite de six mois, ce qui vous laisse amplement le temps de devenir accro à Twitter Music avant qu’on vous coupe le service. Désolant.

Notre vie est désormais numérique. Je ne vous apprends rien avec cette première phrase. Tout le temps que nous passons sur Facebook, Twitter ou Instagram en est la preuve quotidienne. C’est d’autant plus vrai avec le divertissement que nous consommons.

Nous achetons de plus en plus de biens numériques. L’accès à ce contenu de manière légale est aujourd’hui simple, pratique, instantané. Néanmoins, certains craignent l’avènement de l’ère où la seule façon de consommer ces biens sera par téléchargement. Amoureux des vinyles, des vidéocassettes et des livres à couverture rigide, ils regrettent l’époque où l’on n’avait besoin d’aucun mot de passe pour en apprécier le contenu. Ils ont peut-être raison.

Pouvez-vous prêter facilement les biens que vous avez achetés par le biais d’Apple, d’Amazon ou de Google? Qu’adviendra-t-il de votre collection de biens virtuels après votre mort? La question de ce marché encore immature semble loin d’être réglée.

Musique

La musique est le premier type de contenu à avoir été distribué librement sur la toile. D’abord illégalement avec, entre autres, Napster, le service de partage musical introduit en 1999. Ensuite légalement, en 2003, avec la mise en ligne de l’iTunes Music Store, premier service regroupant alors les cinq majors de l’industrie de la musique (EMI, Universal, Warner, Sony et BMG – on en compte que trois aujourd’hui après rachats et fusions).

Ce système d’achat comportait par contre un bémol. Afin d’obtenir l’accord de tous ces ayants droit, Apple avait dû consentir à appliquer le concept de verrou numérique (alias DRM ou gestion des droits numériques) aux produits de son magasin musical. Résultat? Quiconque se procurait de la musique par iTunes ne pouvait l’écouter que sur un nombre limité d’appareils autorisés par le service.

Heureusement pour les consommateurs, ces restrictions furent levées en 2007 après un bras de fer entre Apple et l’industrie de la musique. Amazon a suivi quelques mois plus tard avec un service musical sans restrictions, malheureusement disponible seulement aux États-Unis (même chose pour Google et son service introduit en 2008, toujours inaccessible au Canada). Vous pouvez dorénavant déplacer les fichiers musicaux provenant de ces types de services comme bon vous semble.

Si les fichiers musicaux sont légers et faciles à stocker sur votre ordinateur, votre baladeur numérique ou un disque dur externe, il en est autrement pour les fichiers vidéo.

Films et séries télé

Pour la télé et le cinéma, c’est une autre paire de manches. Ayant observé comment Apple est parvenu à dominer l’industrie musicale, l’industrie cinématographique est beaucoup plus prudente dans sa relation avec les services de distributions numériques. Les verrous numériques, déjà présents sur DVD, ne sont pas près de disparaître des contenus téléchargeables.

Si vous pouvez archiver les films et séries télé que vous achetez sur iTunes ou Google Play, ceux-ci ne pourront être lu que par un appareil autorisé par ces services à la carte.

Vous désirez léguer votre vidéothèque à un proche après votre décès? Il vaut mieux inscrire vos nom d’utilisateur et mot de passe dans votre testament.

Livres

Les restrictions imposées aux livres sont semblables à celles imposées au contenu vidéo. Vous devrez donc utiliser la même approche afin de léguer votre collection de livres à votre descendance. Par contre, Amazon a introduit un concept intéressant avec sa liseuse Kindle : celui du prêt.

En effet, il est possible de prêter certains livres en ventes sur le Kindle Store pour une période de 14 jours. Fait regrettable, seulement environ 10 % des livres achetés sur Amazon peuvent être prêtés. Sans compter que la fonction n’est offerte qu’aux Américains; ceux-ci peuvent vous prêter un livre, mais les Canadiens ne peuvent en faire autant.

Jeux vidéo

De leur côté, les jeux vidéo ne sont pas en reste. La popularité de la vente de jeux d’occasion a monté en flèche en Amérique du Nord vers la fin des années 90, notamment avec l’arrivée des magasins spécialisés comme EB Games et GameStop. Ce marché lucratif est désormais menacé par la vente de jeux par téléchargement.

C’est d’ailleurs le cas aussi des films, des séries télé et des livres. La revente de ces biens numériques, souvent vendus au même prix que leurs versions physiques, est impossible.

Je dois admettre qu’en tant qu’amateur de jeux rétro, la disparition imminente d’un support physique sans restriction m’inquiète. Il faut également tenir compte de la relation privilégiée des joueurs avec leur compte – leur identité face à leurs amis et leurs adversaires. Si l’on en vient à restreindre l’utilisation d’un jeu à une seule console ou un seul compte, je crains que le marché en soit sévèrement touché.

Vous n’êtes pas propriétaire de ce contenu

Vous n’êtes pas propriétaire du contenu que vous achetez, peu importe son support. Vous obtenez un droit de consommation, tout simplement. Certes, il était facile autrefois de prêter, voire de dupliquer ces produits. Il n’en demeurait pas moins que ce dernier geste était illégal.

Difficile de chiffrer ce que les abus de certains ont fait perdre à ces industries, puisque les consommateurs ayant profité de ces pratiques n’auraient pas systématiquement investi d’argent pour consulter ces produits.

Êtes-vous de ceux qui préfèrent les choses tangibles? Croyez-vous qu’elles sont appelées à disparaître?

Êtes-vous du genre à jouer au jeu des résolutions au début de chaque nouvelle année? Peut-être voulez-vous perdre du poids, cesser de fumer, faire des choix plus écologiques ou mieux gérer vos finances? Bien qu’il soit rare qu’on parvienne à maintenir ces objectifs, on s’apprête à recommencer une fois de plus cette routine annuelle.

Je vous propose ici une liste de résolutions pour votre vie numérique. Rassurez-vous, je ne vous invite pas à mieux agir avec votre cyberprochain ou à prendre soin de votre orthographe sur les réseaux sociaux. En fait, il ne s’agit pas tellement de résolutions, mais plutôt d’une liste de tâches concrètes à accomplir pour mieux profiter du web.

Faites le ménage de vos réseaux sociaux

On le sait bien, depuis la montée en popularité de Facebook, le terme « ami » a quelque peu perdu sa signification originelle. Vous arrive-t-il de croiser des statuts insignifiants, voire carrément blessants? Soit, il est toujours amusant de se moquer de la nature humaine, mais il est préférable que ce genre de manifestations pathétiques n’engorge pas la page d’accueil de votre réseau social favori.

Repassez à travers vos divers abonnements et assurez-vous que ceux-ci (tant les profils que les pages) correspondent toujours à vos goûts. N’hésitez pas à ajuster les paramètres d’affichage de certains de vos contacts (passant de « toutes les mises à jour » à « importants uniquement » sur Facebook), ou à retirer certaines personnes de votre liste d’amis.

Votre description sur Twitter est-elle à jour? Qu’en est-il de vos informations sur LinkedIn? Utilisez-vous réellement Pinterest? Votre profil sur Quora accumule-t-il la poussière? Chose certaine, si vous n’enterrez pas vos cadavres (je parle de vos comptes inutilisés), personne ne le fera à votre place.

Changez vos mots de passe

En juillet dernier, le journaliste Mat Honan a appris à la dure à quel point la sécurité de sa vie numérique pouvait être compromise pour une simple question de mot de passe. Je vous invite à lire le billet que j’ai écrit à ce sujet afin d’en apprendre davantage sur la question.

Profitez de ce début d’année pour changer vos mots de passe pour l’ensemble de vos services web. Choisissez un mot de passe unique pour chacun de vos comptes. Agrémentez celui-ci de majuscules et de chiffres afin d’augmenter sa sécurité. Puisque votre boîte de courriel est l’endroit où les fonctions « mot de passe oublié » valident votre identité, il est impératif d’en sécuriser l’accès. Utilisateurs de Gmail, renseignez-vous sur la procédure de connexion avec la validation en deux étapes (voir la vidéo ci-dessus).

Faites le ménage de vos comptes

Le CEFRIO nous apprenait que 28,4 % des adultes québécois avaient effectué des achats sur Internet en octobre dernier. C’est probablement le cas de beaucoup d’entre vous (après tout, vous êtes sur un blogue techno). Tandis que vous vaquez à vos occupations, vos informations bancaires dorment sur des serveurs à gauche et à droite. Est-ce vraiment pertinent que ces magasins virtuels conservent votre numéro de carte de crédit pour faciliter vos futurs achats?

À l’aide de vos courriels, retrouvez les achats effectués au cours des derniers mois. Il est fréquent d’acheter seulement un ou deux articles à un endroit, pour ensuite ne plus y retourner. Prenez le soin de supprimer les comptes inutiles, ou du moins de retirer votre carte de crédit de votre profil.

Certains services web comme iTunes ou Amazon permettent l’utilisation de cartes prépayées à montants fixes, en vente dans divers magasins (épiceries et pharmacies). Une autre façon de redoubler de prudence.

Archivez mieux, ou archivez tout simplement

Les lecteurs assidus de Triplex se souviendront que j’ai déjà rédigé un billet concernant l’archivage. J’aurais tendance à être moins sévère au sujet des services d’archivage en ligne (le fameux nuage). Si vous privilégiez l’accès à vos données où que vous soyez, cette solution est beaucoup plus appropriée que l’achat d’un serveur local.

Bonne année

Une fois que vous aurez accompli ces tâches, répétez-les au besoin. Sur ce, je vous souhaite une excellente année 2013.

Vendredi dernier, j’étais l’invité de l’émission Bande à part afin de parler de l’état des lieux de la baladodiffusion au Québec dans une table ronde avec Benoît Mercier et Laurent Maisonnave. J’ai trouvé les questions de l’animateur Alexandre Courteau si bonnes qu’il m’est venu l’idée d’écrire sur le sujet, afin de compléter mes réponses (tout en relevant les bonnes interventions de mes collègues).

Benoît Mercier, moi-même et Laurent Maisonnave

Il faut dire que le sujet s’inscrit dans l’actualité, puisque l’équipe de l’émission Les mystérieux étonnants ont organisé le Podcast All-Stars, un premier rendez-vous des acteurs de certains des meilleurs balados du Québec sur la terrasse d’Ubisoft Montréal en début de semaine.

Un déséquilibre entre les hommes et les femmes?

D’entrée de jeu, Alexandre nous demande pourquoi aucune femme ne se trouve à la table de discussion. S’il est vrai que la gent féminine n’était à peu près pas représentée à l’événement, il serait faux de croire que ce fut toujours le cas.

En fait, j’ai de la difficulté à ne pas avoir en tête des noms de femmes quand je pense aux premiers balados québécois m’ayant le plus influencé. Il y a d’abord Vu d’ici / Seen from here, une émission musicale animée par Marie-Chantale Turgeon, mise à jour de 2005 à 2007. Ensuite 45 tours, le balado de P45 était une émission également musicale, animée par Julien Cayer, accompagné d’Annie et Catherine Bélanger, mise en ligne de 2006 à 2008. Du côté de la vidéo, on retrouve Casey Mckinnon à la barre de Kitkast, une capsule informative sur le sexe, ayant débuté en 2005 (sans oublier Galacticast lancée en 2006). Finalement, urler.tv, un collage vidéo collectif mensuel, piloté par Véronique Boisjoly et Anne-Marie Bergeron.

Ça fait quand même beaucoup de femmes. Mais où sont-elles aujourd’hui? La question demeure entière. Je dois admettre que je ne connais pas la totalité de l’offre de baladodiffusion québécoise, alors si vous en connaissez, je vous invite à nous les faire découvrir dans la section commentaires ci-bas.

L’avenir de la baladodiffusion

Est-ce une mode passagère ou est-ce que ça va rester? La sacro-sainte question. Selon Benoît, puisque les outils sont maintenant dans les mains du public, il va de soi que cette méthode de transmission est là pour rester. Ce débat me fait beaucoup penser à la mort annoncée de la radio, au moment où la télévision gagnait en popularité dans les foyers (particulièrement en Amérique du Nord). Une hypothèse qui ne sera jamais confirmée à mon humble avis.

Selon Patrick Beauduin, responsable à Radio-Canada de la Première Chaîne et d’Espace musique, la baladodiffusion est une technologie de transition qui cédera bientôt sa place à la diffusion sur le web, un moyen plus simple d’obtenir du contenu. Effectivement, cette façon de s’alimenter est plus efficace, mais ne peut devenir la norme dans un monde où on n’est pas perpétuellement connecté à Internet – lorsqu’on se trouve en avion ou dans le métro par exemple.

Je crois qu’il ne faut pas confondre l’outil et le contenu. La baladodiffusion est une méthode de transmission sur le web de contenu audio ou vidéo par fil RSS. L’auditeur peut s’abonner à une émission (communément appelée podcast, ou balado) en ajoutant l’adresse du fil RSS dans les signets d’un agrégateur de contenu (un logiciel, tel iTunes) d’obtenir le plus récent contenu de façon automatique. Le RSS est une technologie « béton » qui est au centre de tout le web d’aujourd’hui.

Par rapport au contenu, il faut faire une distinction claire entre le contenu des médias traditionnels et le contenu indépendant (qui englobe une importante sous-catégorie : le journalisme citoyen). Les invités à l’événement Podcast All-Stars sont tous des créateurs de contenu indépendant. Si la baladodiffusion disparaît du jour au lendemain, ceux-ci trouveront le moyen de livrer leur contenu autrement.

Le cas CUTV, la télévision communautaire de l’Université de Concordia qui a joué un rôle important avec sa couverture des manifestations du printemps dernier, ferait frémir les médias de masse selon l’animateur de Bande à part. Outre le fait qu’il ne s’agit pas concrètement d’un balado, cette démarche s’inscrit dans le journalisme citoyen, une sorte de retour du balancier face à la crainte que certains médias puissent influencer la manière de rapporter l’information. Ces deux types de journalisme sont complémentaires, selon Laurent Maisonnave.

L’auditeur ne risque-t-il pas de préférer les contenus spécialisés au détriment de ceux proposés par les grands médias? Je crois que l’être humain aime la variété. Sans compter que cette préférence peut varier d’une personne à l’autre.

Le contenu indépendant, tant audio que vidéo, est loin d’être sur le point de disparaître. Heureusement.

À lire également :

Laurent LaSalleComment écoutez-vous votre musique?

par

 publié le 5 décembre 2011 à 15 h 40

C’est la question que pose Musique 2.0 : La portée de vos clics, un site à l’initiative de Radio-Canada qui rassemble l’information légale concernant les diverses façons de consommer de la musique à l’ère du Web.

On y trouve un glossaire sur la terminologie employée lorsque vient le moment de parler du partage de musique sur la toile, des statistiques sur la proportion d’unités vendues au Canada, l’évolution des ventes de musique en ligne de 2005 à 2010 au Canada et des capsules vidéo mettant en vedette des acteurs de l’industrie.

J’aime particulièrement la présentation des principaux supports musicaux ayant été mis en marché au fil du temps, surtout lorsqu’on y arrime les arguments des spécialistes défendant la supériorité de ces médiums sur d’autres.

Êtes-vous de ceux qui profitent du téléchargement gratuit? Du téléchargement payant? De ceux qui préfèrent écouter de la musique en ligne ou de ceux qui achètent encore des CD, des disques vinyles? Ou, enfin, de ceux qui écoutent la radio? Personnellement, à ces questions, je ne peux répondre que : « Toutes ses réponses! »

Pour l’amour du vinyle

Le disque vinyle (ou microsillon) se présente sous deux formes : le 33 tours et le 45 tours. Le premier, aussi nommé long jeu (LP ou long play en anglais), contient entre 30 et 50 minutes d’enregistrement audio. Le second aussi se présente sous deux formes : le disque simple, comprenant au maximum deux chansons, et le maxi (EP ou extended play en anglais), qui contient entre 10 et 30 minutes d’enregistrement audio.

Pour Pierre Markotanyos, propriétaire de la boutique Aux 33 tours, il va de soi que le vinyle est le support par excellence quand vient le moment d’apprécier la musique. Il considère ce support comme plus chaleureux, par opposition au CD, plutôt froid :

Il y a des vides entre chaque millième de seconde sur un CD. Ce n’est pas un son constant, ce n’est pas un son pur. C’est un échantillonnage, et, en plus, il y manque de l’information : votre subconscient peut savoir que le son n’est pas à 100 % complet. Un vinyle, si vous l’arrêtez ou si vous le ralentissez, vous n’aurez jamais de vide. C’est pur, c’est continuellement du son analogique.

Dès qu’il est question de résolution, les spécialistes sont généralement prompts à dénoncer les limites d’une solution numérique, tant pour l’audio que pour l’image. Si, aux débuts de la photo numérique, la qualité de l’image était stigmatisée, la technologie a évolué et elle offre désormais des standards de qualité comparables, voire supérieurs à ceux de la pellicule argentique. Si on peut facilement se coller le nez sur une image afin de voir de quoi celle-ci est constituée (ses pixels ou son grain, selon le type d’image), il n’est pas aussi naturel de faire la même chose avec de la musique, c’est-à-dire de ralentir un morceau afin d’en percevoir le détail.

Personnellement, bien que je me considère audiophile, je ne suis pas un puriste. J’aime surtout le disque vinyle pour le rituel de sortir le disque de sa pochette, de lui souffler dessus afin d’en retirer un maximum de poussière, de le déposer sur ma table tournante et d’y appliquer l’aiguille au début de la plage désirée.

La perte de contrôle provoquée par la disparition du support physique

Au début du 21e siècle, tandis que les services de partage de fichiers tels Napster gagnaient en popularité et que les premiers baladeurs numériques envahissaient le marché, l’industrie de la musique a été bousculée. Guillaume Déziel, gérant du groupe Misteur Valaire, explique la nuance entre un bien rival et un bien non rival :

Le bien rival peut être par exemple une pomme. Si je mange une moitié de pomme et que je partage ma pomme avec toi, tu vas avoir une moitié de pomme. Alors que si j’ai un MP3 dans mon iPod et que je veux le partager avec toi, je n’en serai pas dépossédé de la moitié; je n’en serai pas dépossédé du tout. Une omniprésence de ce bien-là est donc possible.

Lorsque les États-Unis ont inventé l’Internet, ils ont inventé la machine à photocopier l’information numérique. Une fois qu’on a basculé dans l’ère numérique de la musique, on s’est retrouvé dans un endroit où le support de la musique n’était plus le petit rouleau de cire, ou la platine, ou le vinyle, ou le 8 pistes. On est tombé dans un univers où le support était le fil électrique, celui qui conduit l’information. La nature même de ce réseau filaire est de copier l’information.

On a donc basculé dans une autre ère : le bien rival est devenu non rival. Quand [l'industrie] a constaté ça, elle n’a pas eu d’autre choix que de prendre des décisions quant à la mise en marché de ce bien-là, dont la nature a complètement changé. On a vu dans les dernières années des tentatives de contrôle de la musique numérique avec des DRM [des verrous numériques]. Ça a été un échec complet. Même que les artistes étaient contre parce que ça diminuait l’accès à leur environnement créatif.

Heureusement, comme je le soulignais dans un de mes articles du mois d’octobre dernier, une majorité de disquaires en ligne offrent leur musique sans aucune restriction.

Droit d’auteur

Il faut comprendre que cette campagne d’information a lieu alors que le gouvernement fédéral présente le projet de loi C-11 modifiant la loi sur le droit d’auteur. Le site de Radio-Canada liste aussi les actions permises et celles qui sont interdites quand vient le moment de transférer notre musique, que ce soit à des fins personnelles ou dans un processus créatif.

Le principal bémol de ce projet de loi concerne le contournement de verrou numérique. Ce concept, jusqu’à maintenant inexistant dans la loi canadienne, sera formellement interdit si la loi est acceptée telle quelle.

Pour plus d’information sur les différentes façons de consommer de la musique en ligne, ou pour en savoir davantage sur le projet de loi, visitez le portail Musique 2.0 : La portée de vos clics.