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Laurent LaSalleComment écoutez-vous votre musique?

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 publié le 5 décembre 2011 à 15 h 40
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C’est la question que pose Musique 2.0 : La portée de vos clics, un site à l’initiative de Radio-Canada qui rassemble l’information légale concernant les diverses façons de consommer de la musique à l’ère du Web.

On y trouve un glossaire sur la terminologie employée lorsque vient le moment de parler du partage de musique sur la toile, des statistiques sur la proportion d’unités vendues au Canada, l’évolution des ventes de musique en ligne de 2005 à 2010 au Canada et des capsules vidéo mettant en vedette des acteurs de l’industrie.

J’aime particulièrement la présentation des principaux supports musicaux ayant été mis en marché au fil du temps, surtout lorsqu’on y arrime les arguments des spécialistes défendant la supériorité de ces médiums sur d’autres.

Êtes-vous de ceux qui profitent du téléchargement gratuit? Du téléchargement payant? De ceux qui préfèrent écouter de la musique en ligne ou de ceux qui achètent encore des CD, des disques vinyles? Ou, enfin, de ceux qui écoutent la radio? Personnellement, à ces questions, je ne peux répondre que : « Toutes ses réponses! »

Pour l’amour du vinyle

Le disque vinyle (ou microsillon) se présente sous deux formes : le 33 tours et le 45 tours. Le premier, aussi nommé long jeu (LP ou long play en anglais), contient entre 30 et 50 minutes d’enregistrement audio. Le second aussi se présente sous deux formes : le disque simple, comprenant au maximum deux chansons, et le maxi (EP ou extended play en anglais), qui contient entre 10 et 30 minutes d’enregistrement audio.

Pour Pierre Markotanyos, propriétaire de la boutique Aux 33 tours, il va de soi que le vinyle est le support par excellence quand vient le moment d’apprécier la musique. Il considère ce support comme plus chaleureux, par opposition au CD, plutôt froid :

Il y a des vides entre chaque millième de seconde sur un CD. Ce n’est pas un son constant, ce n’est pas un son pur. C’est un échantillonnage, et, en plus, il y manque de l’information : votre subconscient peut savoir que le son n’est pas à 100 % complet. Un vinyle, si vous l’arrêtez ou si vous le ralentissez, vous n’aurez jamais de vide. C’est pur, c’est continuellement du son analogique.

Dès qu’il est question de résolution, les spécialistes sont généralement prompts à dénoncer les limites d’une solution numérique, tant pour l’audio que pour l’image. Si, aux débuts de la photo numérique, la qualité de l’image était stigmatisée, la technologie a évolué et elle offre désormais des standards de qualité comparables, voire supérieurs à ceux de la pellicule argentique. Si on peut facilement se coller le nez sur une image afin de voir de quoi celle-ci est constituée (ses pixels ou son grain, selon le type d’image), il n’est pas aussi naturel de faire la même chose avec de la musique, c’est-à-dire de ralentir un morceau afin d’en percevoir le détail.

Personnellement, bien que je me considère audiophile, je ne suis pas un puriste. J’aime surtout le disque vinyle pour le rituel de sortir le disque de sa pochette, de lui souffler dessus afin d’en retirer un maximum de poussière, de le déposer sur ma table tournante et d’y appliquer l’aiguille au début de la plage désirée.

La perte de contrôle provoquée par la disparition du support physique

Au début du 21e siècle, tandis que les services de partage de fichiers tels Napster gagnaient en popularité et que les premiers baladeurs numériques envahissaient le marché, l’industrie de la musique a été bousculée. Guillaume Déziel, gérant du groupe Misteur Valaire, explique la nuance entre un bien rival et un bien non rival :

Le bien rival peut être par exemple une pomme. Si je mange une moitié de pomme et que je partage ma pomme avec toi, tu vas avoir une moitié de pomme. Alors que si j’ai un MP3 dans mon iPod et que je veux le partager avec toi, je n’en serai pas dépossédé de la moitié; je n’en serai pas dépossédé du tout. Une omniprésence de ce bien-là est donc possible.

Lorsque les États-Unis ont inventé l’Internet, ils ont inventé la machine à photocopier l’information numérique. Une fois qu’on a basculé dans l’ère numérique de la musique, on s’est retrouvé dans un endroit où le support de la musique n’était plus le petit rouleau de cire, ou la platine, ou le vinyle, ou le 8 pistes. On est tombé dans un univers où le support était le fil électrique, celui qui conduit l’information. La nature même de ce réseau filaire est de copier l’information.

On a donc basculé dans une autre ère : le bien rival est devenu non rival. Quand [l'industrie] a constaté ça, elle n’a pas eu d’autre choix que de prendre des décisions quant à la mise en marché de ce bien-là, dont la nature a complètement changé. On a vu dans les dernières années des tentatives de contrôle de la musique numérique avec des DRM [des verrous numériques]. Ça a été un échec complet. Même que les artistes étaient contre parce que ça diminuait l’accès à leur environnement créatif.

Heureusement, comme je le soulignais dans un de mes articles du mois d’octobre dernier, une majorité de disquaires en ligne offrent leur musique sans aucune restriction.

Droit d’auteur

Il faut comprendre que cette campagne d’information a lieu alors que le gouvernement fédéral présente le projet de loi C-11 modifiant la loi sur le droit d’auteur. Le site de Radio-Canada liste aussi les actions permises et celles qui sont interdites quand vient le moment de transférer notre musique, que ce soit à des fins personnelles ou dans un processus créatif.

Le principal bémol de ce projet de loi concerne le contournement de verrou numérique. Ce concept, jusqu’à maintenant inexistant dans la loi canadienne, sera formellement interdit si la loi est acceptée telle quelle.

Pour plus d’information sur les différentes façons de consommer de la musique en ligne, ou pour en savoir davantage sur le projet de loi, visitez le portail Musique 2.0 : La portée de vos clics.

Laurent LaSalleLa gestion des droits numériques, un concept désuet?

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 publié le 12 octobre 2011 à 12 h 50
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À une époque où le piratage semblait devenir un véritable fléau aux yeux de l’industrie musicale, les restrictions imposées par le concept de gestion des droits numériques (DRM pour digital rights management) sont apparues comme la seule solution pouvant contrer la propagation illégale de contenus protégés par le droit d’auteur. Cette logique est aujourd’hui remise en question par Dinah A. Vernik, de l’Université Rice à Houston au Texas, et Devavrat Purohit et Preyas S. Desai, de l’Université Duke à Durham en Caroline du Nord.

Dans un ouvrage intitulé Music Downloads and the Flip Side of Digital Rights Management, le trio d’économistes tente de démontrer un des effets pervers des restrictions imposées par DRM : inciter les consommateurs au piratage.

L’envers de la médaille

En effet, selon la recherche, seuls les consommateurs (ayant payé pour leur musique) doivent composer avec les restrictions imposées par DRM, puisque les pirates obtiennent leur musique autrement sans aucune restriction du genre. Puisque dans certains cas, les restrictions par DRM empêchent un consommateur de faire une copie de sauvegarde de sa musique, certains consommateurs vont préférer le piratage.

Depuis que le téléchargement de musique est possible sur la toile, l’industrie musicale a toujours craint les effets nocifs à long terme du piratage en ligne. L’industrie a adopté le concept des restrictions imposées par DRM puisqu’elles rendent la copie plus difficile, ce qui réduit le piratage et augmente la profitabilité de l’industrie. Par contre, les restrictions imposées par DRM peuvent réduire la valeur d’un produit aux yeux du consommateur. Cet article démontre que bien que les restrictions par DRM, le piratage et les profits soient liés, leur relation demeure complexe. La logique traditionnelle ne prend pas en considération l’effet des restrictions par DRM sur la nature compétitive du marché musical, et par conséquent, incite certains consommateurs au piratage.

Dans certains cas, on remarque qu’éliminer les restrictions par DRM peut conduire à une augmentation de ventes par téléchargement, une diminution de ventes physiques et une diminution du piratage. Cette conclusion s’explique par le fait que lorsque l’achat de musique sans restrictions par DRM est permis, le téléchargement légal se retrouve au même niveau que l’achat physique, ce qui augmente la compétition entre les deux formats et incite une réduction du prix des CD [pour rivaliser l'attrait de la version téléchargeable].

Extrait de Music Downloads and the Flip Side of Digital Rights Management

J’ai trouvé amusante l’analyse du coût moral, psychologique et technique du piratage dans ce rapport : quelqu’un d’honnête ou un novice de l’informatique trouvera le piratage « dispendieux », contrairement à quelqu’un qui ne perçoit pas le piratage comme du vol ou une personne aux habiletés informatiques avancées.

Bien que l’ouvrage soit plutôt aride (17 pages et des formules mathématiques à faire rêver un théoricien), il est intéressant de voir les conclusions d’une recherche venant appuyer la tendance qui fait sa marque depuis peu chez les détaillants en ligne : la vente de musique sans restriction.

Thoughts on Music

Cette réflexion n’est pas sans rappeler la lettre ouverte publiée par Steve Jobs en février 2007, dans laquelle il incite les quatre grandes compagnies de disques (Universal, Sony BMG, Warner et EMI) à accorder à Apple le droit de vendre leur musique sans restrictions par DRM.

Dans sa lettre, il décrit les débuts de la relation d’Apple avec ces maisons de disques et les conditions qu’Apple doit respecter pour continuer à vendre leurs contenus par le biais de l’iTunes Store. Il vulgarise le concept de la protection de la musique restreinte par DRM et met en lumière un problème insoluble : puisque le « secret » d’une protection doit être transmis aux diverses plateformes pour qu’un contenu soit consommable, quelqu’un quelque part trouvera toujours le moyen d’obtenir cette information et contourner un document numérique crypté.

Cette lettre amorcera une longue négociation qui aura comme conséquence, en avril 2009, de permettre à iTunes de vendre la totalité de sa librairie musicale sans restrictions par DRM. De son côté, si Amazon avait déjà obtenu l’accord des grandes compagnies pour vendre de la musique sans restrictions, l’offre est depuis toujours réservée au marché américain.

C’est vrai pour la musique, mais pour le reste?

Bien que la recherche de Vernik, Purohit et Desai se base principalement sur le marché musical, le trio est d’avis que la logique est applicable également à la vente de livres et de films.

Laurent LaSalleGoogle Music Beta : votre musique dans le nuage

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 publié le 11 mai 2011 à 12 h 09
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Hier et aujourd’hui ont lieu les journées Google I/O, une conférence destinée aux développeurs visant à apprendre davantage sur les produits et plateformes Google. Celle-ci profite généralement de son événement pour introduire de nouveaux concepts (comme Google Wave en 2009, malheureusement un flop), et cette année ne fait pas exception.

Google Music Beta

Contrairement à ce que certains analystes prédisaient, bien que la rumeur parlait d’un thème tournant autour de la musique, Google Music Beta n’est pas un magasin de musique numérique en ligne… du moins, pas encore. Il s’agit plutôt d’un service de stockage spécialisé : on vous propose de transférer votre collection musicale numérique dans le nuage afin d’y accéder à partir de différents appareils (ordinateurs, tablettes ou téléphones). Reste à voir si cette solution a de l’avenir dans un monde où les fournisseurs d’accès Internet imposent de plus en plus de restrictions sur les limites de téléchargements mensuels.

Sous un ciel variable

L’élément déclencheur de cette nouvelle proposition en soi n’est pas nouveau. D’ailleurs, Apple, avec iTunes, a été parmi les premières entreprises à inciter les consommateurs à adopter un nouveau comportement : numériser leur collection musicale afin de pouvoir la transférer sur iPod, et pouvoir trimbaler « 1000 chansons dans votre poche ». Avec l’omniprésence des services de nuage informatique et la multiplication des appareils personnels, permettre aux utilisateurs de stocker leur musique dans le nuage est donc une solution inévitable.

Pour consommer du contenu stocké chez Google Music Beta, il faut utiliser un appareil muni d’Android ou compatible avec Flash, ce qui exclut tous les appareils mobiles d’Apple (correspondant à une énorme part de marché). Si cet aspect semble jeter de l’ombre au tableau, il faut savoir que la majorité des utilisateurs de produits Apple est habituellement difficile à faire bouger sans avoir un fort partenariat avec la pomme. Google aurait donc dépensé beaucoup d’énergie à rendre son service fonctionnel sur une plateforme compétitrice à la sienne, en n’obtenant rien de significatif en retour.

Un autre aspect moins intéressant est le fait qu’il soit nécessaire de transférer des gigaoctets de données pour jouir du service. Non seulement ce transfert affectera la facture des internautes n’ayant pas accès à une large bande passante, mais tout porte à croire que Google devra stocker une quantité astronomique de contenus doublés. Elle ne peut se permettre d’uniformiser ces contenus puisqu’il existe des centaines de façons différentes d’importer sa musique. Un casse-tête que sa compétition pourrait être en mesure de régler…

Depuis qu’Apple s’est portée acquéreuse de Lala en 2009 (un service de musique fonctionnant par abonnements), les rumeurs vont bon train à savoir quand iTunes proposera une formule d’abonnement similaire. Il n’est pas impossible qu’Apple vienne contrecarrer le concept que propose Google avec une solution alternative plus efficace : inutile de nous transférer votre musique, nous l’avons déjà en banque. Si cette proposition peut s’avérer dangereuse en ce qui concerne la relation d’Apple avec les maisons de disques (puisqu’il sera difficile de prouver avoir obtenu la musique légalement), elle aura le mérite d’être très conviviale pour les utilisateurs.

Sans l’appui des grandes compagnies du disque

Pour l’instant, Google Music Beta n’est offerte qu’aux États-Unis. Il est fort à parier que les avocats de Google ont longtemps sondé le terrain afin de planifier leur défense contre le dépôt d’une éventuelle poursuite au tribunal par les majors du disque. Puisque les lois sont différentes pour chaque pays, il aurait été impensable d’envisager la mise en ligne du service de façon simultanée à l’international.

Tant que la situation reste ambiguë entre les maisons de disques et Google, le service restera exclusif aux Américains. Un sage a dit : « Les bœufs sont lents, mais Google est patiente. »

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En 2006, le photographe Noam Galai publiait sur son compte Flickr quelques photos de lui en train de crier. Quelques années plus tard, il apprenait que quelques-unes de ses photos, dont une plus que les autres, étaient utilisées dans une vingtaine de pays.

Quelques rares fois, on lui donne le crédit (sans qu’il soit au courant), mais la majorité du temps, ses photos sont utilisées sans son consentement. Parfois, le nom d’un autre photographe est même inscrit!  Ses photos se sont retrouvées dans des magazines, sur des publicités imprimées et des affiches promotionnelles, dans des oeuvres artistiques présentées dans des galeries d’art et même sur plusieurs murs (par des graffitis au pochoir)! Il n’y a que le National Geographic qui l’a contacté pour lui demander la permission et le rémunérer pour l’utilisation de sa photo pour un de leurs magazines!

Pour avoir une idée de l’utilisation de ses photos, il a d’abord utilisé Tineye, un site qui analyse une photo donnée (par reconnaissance de pixel) afin de donner tous les liens où elle se trouve ailleurs sur la toile. J’utilise régulièrement ce site pour trouver la source originale de certaines photos. Très utile! Par la suite, il a demandé à la communauté. En publiant un album avec plusieurs utilisations de ses photos répertoriées via Tineye, il a demandé à ses contacts Facebook de l’informer lorsqu’ils voyaient ses photos… C’est entre autres ainsi qu’il a su que sa photo faisait la couverture d’un roman mexicain et que le crédit était attribué à un autre photographe…

Noam Galai affirme ne pas avoir de problème avec ceux qui ont utilisé sa photo pour des projets artistiques, mais être frustré que de grosses compagnies lucratives, des artistes signées ou des éditeurs ont utilisé sa photo pour vendre leurs produits.

Finalement, il a décidé de voir le beau côté de la chose: ses photos ont voyagé. Sans l’Internet, il considère que ses photos seraient restées dans son sous-sol et qu’il n’aurait pas fait plus d’argent avec elles. Son histoire, qui fait maintenant le tour de la toile depuis la mise en ligne de la vidéo il y a une dizaine de jours, lui aura finalement permis d’être reconnu pour son travail.

Mais peu importe l’utilisation, il faut toujours demander la permission. Ce n’est pas parce que c’est sur Internet, que c’est gratuit. Les droits d’auteur devraient être expliqués à l’école primaire. C’est important pour les jeunes d’en comprendre les subtilités dès leur plus jeune âge. C’est difficile d’éduquer les adultes qui décident de ne pas respecter le travail des autres, mais il faut tenter d’apprendre le respect des droits d’auteur aux nouvelles générations.

Pour suivre son blogue et voir plusieurs utilisations de ses photos: thestolenscream.com

Getty Images à la poursuite des fraudeurs

L’émission La Facture diffusait justement hier un reportage sur les dangers de l’utilisation des photos sur Internet. L’agence de photos Getty Images recherche l’utilisation de ses photos dans le but de faire payer les fautifs. Avant de recevoir une mise en demeure obligeant de payer des milliers de dollars, vaut toujours mieux s’assurer qu’on utilise une photo en toute légalité! Comme « police de pixel», La Facture conseille le site Tineye, mais aussi PicScout, que je ne connaissais pas.

Steve Jobs a tué la musique  selon Jon Bon Jovi

Le chanteur Jon Bon Jovi a déclaré dans une entrevue accordée au Sunday Times magazine qu’il tenait Steve Jobs, le patron d’Apple, personnellement responsable d’avoir tué l’industrie de la musique». Quelle déclaration étrange! Est-ce qu’il préférerait que les gens continuent à partager les fichiers gratuitement? iTunes a offert une solution, une plateforme où acheter des fichiers numériques. Ce n’est pas Apple qui a pour la première fois mis de la musique en ligne. Les sites de partage de fichiers lui ont inspiré la création d’une plateforme avec un modèle payant. Il se vendrait au moins 500 pièces musicales toutes les cinq secondes sur iTunes (incluant les pièces de Jon Bon Jovi) et 70% des revenus vont à l’artiste ou à la compagnie qui le représente…

Jon Bon Jovi parle de l’expérience musicale qui n’est pas la même. C’est certain, mais il faut savoir évoluer. En même temps, moi je dirais que ce sont les artistes qui ont tué l’expérience. Avant, les albums étaient des oeuvres complètes. Un album des Beatles ou de Pink Floyd, par exemple, a un ordre logique. Ça s’écoute du début à la fin avec des transitions qui ne donnent pas envie de les écouter dans le désordre ou de sauter une chanson. Mais bien avant le téléchargement à la pièce, ça n’existait pratiquement plus. Les albums divisés en actes se faisaient de plus en plus rares. Les grosses compagnies de disque ont peut-être trop abusé de ces années de gloire, où il y avait peu d’artistes élus, en offrant des albums « jetables » ne contenant parfois qu’une ou deux pièces intéressantes. Le résultat? Les consommateurs ne voulaient que les bonnes pièces et plus de diversité. Le marché est maintenant fragmenté, de plus en plus d’indépendants se font une place enlevant une partie des revenus aux grosses compagnies de disques, tout comme l’achat à la pièce au lieu des albums. L’industrie change, mais elle est loin d’être morte.

Que ce soit en édition, en musique, en cinéma ou en photographie, le téléchargement illégal et l’utilisation des oeuvres sans le consentement de l’auteur ne devraient plus exister. Malheureusement, il y a encore bien de l’éducation à faire… Mais ça ne sert à rien de vivre dans le passé comme Jon Bon Jovi. Il faut que les compagnies et les artistes apprennent à s’ajuster avec les nouvelles réalités et encouragent les plateformes où les gens achètent des oeuvres en toute légalité.

Lire aussi:

Les éditeurs et distributeurs, en partie responsables du piratage (partie 1)

Les éditeurs et distributeurs, en partie responsables du piratage (partie 2)

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En direct du CES (Consummer Electronic Show) en janvier dernier, j’écrivais « La guerre des tablettes est officiellement lancée ». Toutes les compagnies nous présentaient leur tablette à venir. Tellement qu’on en comptait une centaine annoncée! L’engouement pour l’ardoise a beau augmenter - on s’attend au double des ventes cette année, passant de 17 millions d’unités vendues en 2010 à 44 millions en 2011 -, quelques modèles seulement vont se démarquer.

Je l’avais prédit aussi, les concurrents risquaient de sortir après la deuxième génération de l’iPad, ce qui ne serait pas à leur avantage. Eh bien, c’est effectivement le cas. Apple a annoncé son iPad 2 hier pour le 11 mars aux États-Unis et le 25 mars pour le Canada.

Ça fait des semaines que les rumeurs courent à propos des caractéristiques de ce nouvel iPad. Plusieurs se sont avérées. Mais personne n’avait prévu que Steve Jobs, en congé de maladie, l’annoncerait lui-même. Sa présence a rassuré les investisseurs sur son rôle toujours important au sein de la compagnie, et avant même qu’il annonce quoi que ce soit, la valeur des actions de la compagnie a grimpé de 1 %! C’était probablement la véritable raison de sa présence, d’ailleurs.

Revenons-en au gadget. Parce que oui, j’ai beau aimer la tablette, ça reste un gadget dont on peut se passer (pour le moment du moins). C’est un luxe qu’on aime avoir pour consommer son contenu d’une autre façon. La force d’Apple a toujours été de développer ce qu’on ne sait pas encore qu’on veut. La compagnie a encore une fois bien réussi son coup. C’est la première tablette à avoir du succès (elle en a vendu 15 millions en 2010). D’ailleurs, Apple travaille au développement de la tablette depuis une décennie. En même temps qu’elle mettait sur pied iTunes, elle pensait à l’iPad. On dit même que l’iPhone serait sorti pour habituer la population de masse aux gadgets tactiles et aux applications pour préparer l’arrivée de la tablette.

Plus mince, plus léger et plus rapide

La deuxième génération n’apporte rien de révolutionnaire. On parle plus d’évolution. Mais en technologie, la deuxième génération d’un produit rassure plusieurs consommateurs. On a corrigé les erreurs et on a écouté les commentaires des premiers acheteurs. Apple a donc une longueur d’avance en la matière, elle offre cette année l’évolution de son produit. On s’attend d’ailleurs à ce que la compagnie conserve une part de marché d’au moins 75 % (contre 90 % en 2010).

L’iPad 2 est donc d’abord 33 % plus mince que le premier modèle, il passe de 13,4 mm à 8 mm. Ça le rend plus mince que l’iPhone 4. Il pèse maintenant 590 grammes, soit 90 de moins. Ça a l’air de rien comme ça, mais sur un petit appareil, ça paraît. Ça demeure donc la tablette de ce format (et de cette puissance) la plus légère.

L’iPad 2 est muni d’un nouveau processeur double coeur. Cette nouvelle génération sera deux fois plus rapide. Du côté graphique, on parle de neuf fois plus rapide. Mais le processeur A5 est moins gourmand en énergie et permet de garder l’autonomie de la batterie à une moyenne de 10 heures.

Comme on s’y attendait, on a ajouté deux caméras. Une frontale pour les appels vidéo. FaceTime et PhotoBooth seront directement installés. Ce dernier permettra de prendre des photos avec différents effets que l’on pourra manipuler avec les doigts. La caméra au dos existe, selon moi, pour faire plaisir aux consommateurs, parce qu’une tablette n’est pas très pratique pour remplacer l’appareil photo. Mais elle est là.

L’achat d’un accessoire d’une trentaine de dollars va permettre d’avoir une sortie HDMI.

Mais ce qui ne change pas : l’autonomie de la batterie et le prix. Les différents modèles de la tablette resteront au même prix. La deuxième génération de l’iPad 2 sera disponible le 11 mars aux États-Unis et le 25 mars au Canada (en noir et blanc dès son lancement). La première génération de la tablette est quant à elle déjà vendue maintenant une centaine de dollars de moins.

Et les autres?

Est-ce qu’il y a une différence majeure entre les différentes tablettes proposées? Sur le plan des caractéristiques, pas beaucoup.

Les principaux concurrents (que Steve Jobs a traité de copycat), le Motorola Xoom (Android 3.0), le HP TouchPad (HP Web OS) et le BlackBerry PlayBook (BlackBerry Tablet OS) auront possiblement du mal à se tailler une place de choix. Aucune de ces tablettes n’offre vraiment quelque chose de mieux, si ce n’est la possibilité de lire le Flash et un réel multitâche (qui est gourmand côté batterie). Leur autonomie est moins bonne, elles sont plus lourdes et plus chères. L’offre d’applications est moins importante.

J’ai l’impression que seules les tablettes Android (incluant la Xoom) pourront réellement percer le marché. Puisque plusieurs tablettes sortiront avec Android 3.0, le nombre d’applications va continuer d’augmenter. Mais est-ce qu’une tablette va se démarquer plus qu’une autre ?

Pour les autres OS conçus spécialement pour une tablette en particulier, je ne pense pas qu’ils seront capables de rattraper leur retard… Il faudra que les compagnies offrent des tarifs compétitifs en plus de trouver le moyen de révolutionner l’objet, plutôt que proposer leur version de l’iPad…