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Samedi dernier à l’émission La sphère, on recevait le journaliste Jean-Frédéric Légaré-Tremblay pour parler de l’explosion imminente du nombre d’internautes telle que présentée à la conférence The next billion qui a eu lieu à Londres la semaine dernière. On y discutait du fait que 1 milliard d’internautes allaient se joindre d’ici 2017 aux 3 milliards déjà en ligne. Et ce milliard de nouveaux utilisateurs proviendra essentiellement des pays émergents et se connectera par téléphone cellulaire. Voilà de quoi faire saliver les grosses compagnies, comme on l’a mentionné à l’émission.

Ces chiffres sont corroborés par un rapport de l’International Telecommunications Union (ITU) sur l’utilisation d’Internet dans le monde, qui confirme qu’il y aura 3,2 milliards d’internautes d’ici la fin de l’année. On y trouve des données particulièrement intéressantes sur les tendances en matière de technologies de l’information et de la communication qui complètent bien le tableau brossé par Jean-Frédéric Légaré-Tremblay.

Un marché à conquérir

Des 3,2 milliards d’utilisateurs d’Internet, 2 milliards sont déjà issus des pays émergents. Avec 1 milliard supplémentaire d’ici 2 ans, force est de constater que la numérisation du monde vient d’entrer dans une nouvelle phase d’accélération.

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Cela dit, 4 milliards d’individus, soit les deux tiers des populations des pays émergents, n’ont toujours pas accès à Internet. Parmi les 940 millions de personnes qui vivent dans les pays les moins avancés, seuls 89 millions utilisent Internet, ce qui équivaut à un taux de pénétration de 9,5 %.

Cap sur la mobilité

En l’an 2000, on comptait 1 milliard d’abonnements à des forfaits d’appareils cellulaires dans le monde. Cette année? On en est à 7 milliards. Vous cherchez l’avenir? Il se trouve dans la mobilité. Il ne semble pas y avoir beaucoup de doutes à ce sujet.

En 2014, dans 111 pays, le prix moyen d’un abonnement Internet à la maison était 1,7 fois plus élevé que le prix moyen d’un forfait mobile. Dans les pays émergents, les forfaits fixes étaient 3 fois plus élevés que ceux des pays riches, et les forfaits mobiles, deux fois plus chers qu’en Occident. Cela dit, les forfaits mobiles demeurent plus abordables que les forfaits fixes, ce qui explique en partie leur popularité.

L’évolution de l’accès à Internet

Entre 2000 et 2015, le taux de pénétration d’Internet dans le monde est passé de 6,5 % à 43 %. C’est la croissance de l’accès par la mobilité qui est la plus impressionnante. Avec un taux de pénétration de 47 % en 2015, c’est 12 fois plus qu’en 2007. La proportion de la population qui a accès à un réseau cellulaire 2G a également augmenté et est passée de 58 % en 2001 à 95 % cette année. Les réseaux 3G ne sont accessibles que par 69 % de la population, mais sont en croissance dans les régions rurales.

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L’Europe : championne de l’utilisation d’Internet

D’ici la fin de l’année, 34 % des ménages dans les pays émergents auront accès à Internet. C’est bien peu comparé aux 80 % des pays dits développés. Dans les pays les moins avancés, c’est seulement 7 % des ménages qui ont un accès à Internet. On est bien loin de la moyenne mondiale de 46 %.

De nos jours, en Afrique, c’est 1 personne sur 5 qui utilise Internet, comparé à 2 personnes sur 5 en Asie et à 3 personnes sur 5 dans la Communauté des États indépendants.

Cela dit, c’est l’Europe qui est championne toutes catégories, tant pour le pourcentage de ménages avec accès à Internet (82,1 % contre 60 % pour les Amériques) que pour le pourcentage d’individus qui utilisent Internet (77,6 %) et pour les abonnements cellulaires (78,2 %). Pour ces derniers, si l’on prend l’Europe et les Amériques, c’est environ 78 abonnements actifs par 100 habitants.

Les vitesses de connexion

L’une des données de ce rapport porte sur la disparité de la vitesse de connexion à Internet. Il semble que la Corée du Sud soit encore dominante à ce chapitre, suivie de la France, de l’Irlande et du Danemark. La Zambie, le Pakistan et le Sénégal ferment la marche. Et le Canada? Bon 18e derrière l’Allemagne, la Hongrie et les États-Unis, qui ne font guère mieux que nous en 15e place.

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Intéressant, ce portrait global d’Internet dans le monde. Comme il ne s’agit que d’un survol, consultez le rapport pour tous les détails.

Catherine MathysBientôt la fin d’Internet?

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 publié le 7 mai 2015 à 19 h 43

Internet ne pourra bientôt plus soutenir la demande toujours plus grande en matière d’échange de données. En tous cas, c’est ce qu’avancent des chercheurs et experts britanniques qui se réuniront la semaine prochaine à la Royal Society pour discuter des limites de transmission et de stockage d’Internet.

Les limites physiques d’Internet

En sept ans, le nombre d’internautes a doublé pour atteindre 3 milliards d’utilisateurs dans le monde. Le professeur Andrew Ellis de l’Université Aston et ses collègues cherchent donc à trouver des solutions pour gérer cette demande, toujours croissante. Selon lui, considérant la manière dont nous utilisons le web, les câbles existants atteindront la limite de leur capacité d’ici la fin de la décennie.

Parmi les conséquences de ce flux exponentiel de données, on néglige trop souvent l’augmentation de la consommation en énergie. L’utilisation d’Internet consommerait déjà de 8 à 16 % de l’électricité en Angleterre et cette consommation doublerait tous les quatre ans. Il avance même que si rien n’est fait, c’est l’ensemble de la production d’électricité de l’Angleterre qui servira à Internet dès 2035.

Comme il n’est pas possible de produire une réserve aussi grande d’électricité, le professeur Ellis mentionne qu’il faudra un jour ou l’autre se contraindre à réduire notre accès à Internet, ou en instaurant le principe de l’utilisateur-payeur, par exemple.

La fibre optique saturée

Certes, le renouvellement des câbles en fibre optique renforce les capacités du réseau et permet de gérer une quantité croissante de données. Internet est d’ailleurs 50 fois plus rapide aujourd’hui qu’il y a 10 ans. Cela dit, l’augmentation du nombre d’appareils connectés au web (tablettes, téléphones, ordinateurs et télévisions) finit par surcharger le réseau.

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La fibre est ce matériau flexible, transparent et de l’épaisseur d’un cheveu. Jusqu’à présent, quand la demande augmente, les fournisseurs d’Internet envoient plus d’informations dans chaque fibre optique. Toutefois, voilà que cette façon de faire ne sera plus valable d’ici quelques années. C’est carrément l’infrastructure d’Internet qui sera remise en question la semaine prochaine.

Quelles solutions?

Augmenter le nombre de câbles? Ce n’est pas non plus une option, puisque cela ne ferait qu’accroître les besoins en électricité et donc alourdir les factures d’abonnement. Si rien n’est fait, c’est d’abord le signal qui perdra de sa qualité. Certains experts disent qu’il faudra s’habituer à un signal intermittent si nous ne sommes pas prêts à doubler notre facture.

C’est la première fois que les limites de la fibre optique deviennent un problème majeur, selon Andrew Lord de British Telecom. Toutefois, il n’est pas aussi alarmiste que certains chercheurs. Il pense que la technologie actuelle permettra de répondre aux besoins en bande passante pendant encore plusieurs années. Cela dit, il est bon d’envisager l’avenir de la consommation d’Internet.

Il sera donc présent à la rencontre de la semaine prochaine pour discuter des solutions pour contrer cette surcharge imminente du réseau et des conséquences de notre inaction. Est-ce bientôt la fin d’Internet tel qu’on le connaît?

Catherine MathysInternet et sa neutralité menacée

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 publié le 12 septembre 2014 à 16 h 10

Vous avez peut-être trouvé que certains sites web étaient plus lents qu’à l’habitude le 10 septembre dernier. Nombre de plateformes très fréquentées telles que Netflix et Reddit présentaient un symbole de téléchargement à l’occasion de l’Internet Slowdown Day.

Une journée pour protester

Les sites n’étaient pas réellement plus lents cette journée-là, mais ils visaient à sensibiliser le public à la question de la neutralité d’Internet en affichant la roue que l’on voit parfois quand un site prend du temps à charger. Cette manifestation virtuelle protestait contre la possible implantation d’un Internet à deux vitesses. Malheureusement, le sujet n’est pas nouveau, comme en témoigne ce billet publié sur Triplex en 2010. La neutralité d’Internet se réfère au principe selon lequel les fournisseurs d’accès devraient traiter tous types de fournisseurs de contenu de façon équitable en n’accordant pas de traitement de faveur à qui que ce soit. Ce schéma rigolo pourrait vous aider à vous y retrouver.

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http://www.zdnet.fr/actualites/neutralite-du-web-cet-obscur-concept-resume-en-une-bonne-infographie-39806181.htm#xtor=RSS-1

La bande passante : le nerf de la guerre

Dans le débat actuel, on trouve d’un côté les partisans des « voies rapides », principalement les fournisseurs d’accès, et de l’autre, les adeptes d’un Internet équitable pour tous, représentés par plusieurs grands fournisseurs de service comme Netflix, Tumblr, Etsy, Kickstarter, Mozilla, Reddit, Dropbox, Upworthy et d’autres. L’attente factice pour le chargement de certains sites mercredi dernier était en fait une façon de simuler ce qu’Internet pourrait devenir avec la proposition de la Federal Communications Commission (FCC), l’équivalent américain de notre CRTC.

En mai dernier, la FCC proposait en effet aux fournisseurs de bande passante de faire payer certaines entreprises comme Amazon ou Netflix pour leur offrir un meilleur débit. Les fournisseurs d’accès, qui, pour la plupart, sont des câblodistributeurs, soutiennent qu’ils ont le droit d’exiger un montant de la part de certains sites web qui ont souvent besoin d’un débit plus rapide. Netflix et YouTube, par exemple, représentent plus de la moitié de la consommation de données durant les heures de pointe aux États-Unis. Les fournisseurs Internet aimeraient donc que certains sites très fréquentés comme ceux-là participent davantage à cette surcharge de bande passante.

Un public sensibilisé?

Les détracteurs, guidés par les associations Fight for the Future et Demand Progress, craignent qu’une telle proposition appliquée à tous ne mine la capacité de payer des petits fournisseurs d’accès et que seuls les fournisseurs les plus riches aient accès aux voies rapides d’Internet. La journée du 10 septembre a voulu frapper un coup pour sensibiliser le grand public à la question. D’ailleurs, ce jour-là, le Congrès américain a été submergé par 1000 appels à la minute, et de nombreux élus se sont affichés pour la neutralité d’Internet.

Mais est-ce bien suffisant? Les géants Google et Facebook se sont contentés d’un appui plutôt discret à l’initiative sans modifier leur plateforme pour la journée de protestation. Et le grand public, lui, se sent-il interpellé par la problématique en dehors de cette action symbolique? Un récent sondage montre que 63 % des répondants trouvent que le débit d’Internet devrait être le même pour tous, et que si une priorité devait être accordée, il faudrait que ce soit pour une autre raison que celle d’une entreprise qui débourse un montant pour l’obtenir. Cela dit, ces partisans semblent rester bien silencieux le reste de l’année.

La neutralité du net : un problème américain?

Et qu’en est-il du problème à l’extérieur des États-Unis? L’Europe a déjà reconnu la neutralité d’Internet, en avril dernier, avec un vote sur un premier texte de loi. Selon l’eurodéputée française Françoise Castez citée dans cet article du Monde, « ce texte garantit l’accès de tous à tous les points du réseau, sans discrimination liée au support, au contenu, à l’émetteur ou au destinataire de tout échange de données ». Des mots qui feraient rêver les défenseurs américains de la cause.

Cela dit, un vote en deuxième lecture aura lieu, et les assises de ce texte pourraient être ébranlées par de nombreuses voix discordantes, notamment celles des câblodistributeurs qui, là aussi, cherchent des moyens de lutter contre la concurrence. D’ailleurs, bien que des amendements aient été adoptés, l’article du Monde mentionne que « l’eurodéputée espagnole Pilar del Castillo Vera, rapporteuse du projet, n’avait pas souhaité introduire dans le texte des mesures trop contraignantes, qui auraient empêché les opérateurs de faire des arbitrages pendant les périodes de fort trafic, ou de rentabiliser leurs réseaux grâce à des services à forte valeur ajoutée ». Tout n’est donc pas gagné pour les défenseurs de la neutralité d’Internet.

Et au Canada? Depuis 2009, il est possible pour les fournisseurs d’accès de ralentir le débit pour gérer le trafic du réseau. Cela dit, ils doivent en aviser leurs clients avant de procéder. Et il faudra bien sûr surveiller le débat américain pour éviter d’éventuelles séquelles chez nous, que ce soit par un accès restreint à certains sites ou encore par l’augmentation de la tarification de l’accès à Internet. Bref, un dossier à suivre…

Catherine MathysLa télévision n’est pas encore morte

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 publié le 9 septembre 2014 à 14 h 48

Jeudi dernier, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) publiait un certain nombre de données sur le secteur de la radiodiffusion au pays provenant du Rapport de surveillance des communications de 2014. Bien que des changements d’habitudes continuent d’être observés, les Canadiens ne consomment pas moins de télévision, au contraire.

Richard Harrington. Canada. Office national du film du Canada. Bibliothèque et Archives Canada, PA-111390

Richard Harrington. Canada. Office national du film du Canada. Bibliothèque et Archives Canada, PA-111390

Moins de salon, plus d’écrans

Comme c’est la tendance depuis quelques années, on passe moins de temps à regarder la télé sur un téléviseur. En effet, en 2013, le temps passé à regarder la télévision de manière conventionnelle a diminué, et ce, pour tous les groupes d’âge. La plus forte baisse concerne, sans surprise, les jeunes de 18 à 34 ans qui sont passés de 22,8 heures par semaine en 2012 à 21,9 heures par semaine en 2013.

Cela dit, ils ne regardent pas moins de contenu télévisuel. C’est plutôt que leur attention est divisée par le nombre de plateformes qu’ils utilisent. Ainsi, les Canadiens ont augmenté leur consommation de contenu télévisuel sur Internet en passant de 1,3 heure à 1,9 heure par semaine en 2013. Il s’agit là d’une tendance mondiale. La compagnie suédoise Ericsson vient elle aussi de publier un rapport sur la question après des entrevues réalisées auprès de 23 000 individus dans 23 pays, dont les données vont essentiellement dans le même sens que celles du CRTC. La télévision conventionnelle reste compétitive bien qu’elle soit en baisse et le visionnement en ligne gagne du terrain. Ainsi, 77 % des consommateurs continuent de regarder la télévision conventionnelle bien que 75 % d’entre eux regardent du contenu en ligne plusieurs fois par semaine. Cela dit, il demeure certains obstacles de taille pour la progression du visionnement en ligne comme le coût du trafic des données, surtout au Canada.

Le prix du visionnement en ligne

En 2013, l’OCDE réalisait une étude selon laquelle le Canada se classait parmi les 10 pays où l’accès à Internet est le plus coûteux, que ce soit sur le plan de la bande passante ou celui des forfaits de données mobiles. Et pendant que la vitesse de la bande passante augmente, les coûts, eux aussi, continuent d’augmenter. Cet état de fait peut vous sembler dans l’ordre des choses, mais sachez que c’est le contraire dans la majorité des pays membres de l’OCDE, c’est-à-dire que la vitesse d’Internet augmente pendant que les prix d’abonnement sont à la baisse.

À moyen terme, il s’agit là d’un frein à la consommation de contenu sur le web. Et bien qu’on mentionne souvent la popularité de Netflix, il convient de relativiser les attentes. Dans le rapport du CRTC, on apprend que Netflix, bien qu’il gagne en popularité, reste un phénomène somme toute très marginal chez les francophones. Le taux d’adoption est passé de 5 à 7 % pour les auditeurs de langue française, alors qu’il se situe à 29 % chez les anglophones. Il faut dire que l’offre de produits québécois ou en français reste limitée.

Qu’à cela ne tienne, le patron du géant américain est convaincu qu’il s’agit de l’avenir pour le visionnement de contenu. Dans une récente entrevue accordée au magazine Télérama à l’occasion du lancement imminent du service en France, il a affirmé que la télévision traditionnelle était vouée à la disparition. Il croit que c’est le sport qui offrira un sursis au modèle, mais selon lui, la télévision « aura disparu dans 20 ans, car tout sera offert sur Internet ». Mais à quel prix?

Notre attachement à la télé conventionnelle

Bien que nous soyons de plus en plus nombreux à varier nos sources de visionnement de contenu télévisuel, les téléspectateurs traditionnels demeurent les plus nombreux dans de nombreux marchés. C’est la conclusion de l’étude de Strategy Analytics menée en décembre 2013 et en janvier 2014 auprès de plus de 4000 Européens et 2000 Américains. Les téléspectateurs passifs sont encore très présents. Ils sont très concentrés sur la télévision, ils ne parlent pas au téléphone, n’envoient pas de messages texte et ne consultent pas les médias sociaux. Pour le moment, c’est 3 personnes sur 10 qui font du visionnement multi-écrans, toujours selon Strategy Analytics. C’est beaucoup, mais c’est encore loin de la majorité et les habitudes des divers segments de population sont beaucoup plus variées qu’on ne le croirait. L’auteur du rapport mentionne d’ailleurs qu’il faudra repenser les façons de diviser les auditoires selon l’âge et le sexe qui sont utilisées tant par les diffuseurs que les annonceurs depuis 70 ans. Dans un même groupe d’âge, on peut retrouver des habitudes de visionnement complètement différentes.

Ainsi, la consommation de contenu sur une télévision conventionnelle diminue, mais certains indices montrent que nous y sommes toujours bien attachés et qu’elle serait encore là pour quelque temps. Le rapport du CRTC indique que les Canadiens sont encore peu nombreux à se débrancher du câble. Nous étions 11,93 millions d’abonnés en 2012, nous sommes 11,92 millions en 2013. La différence est minime malgré l’impression du raz-de-marée numérique. Il semblerait que l’on tienne encore à l’offre télévisuelle traditionnelle malgré tout.

Laurent LaSalleL’ONU pourrait bientôt contrôler Internet

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 publié le 29 novembre 2012 à 9 h 18

D’abord conçu à l’usage exclusif de l’armée américaine, Internet s’est accidentellement développé au fil des années pour devenir l’incontournable réseau qu’il est aujourd’hui. Alors que de plus en plus de foyers s’y connectaient au milieu des années 90, les plus puissantes compagnies au monde voulaient se porter acquéreur du réseau.

Pour en savoir plus sur les fondements d’Internet

Mais qui contrôle Internet? La structure du réseau est telle qu’on ne peut montrer du doigt une institution en particulier. Dans le but noble de vouloir le protéger, l’Organisation des Nations unies serait sur le point d’en prendre le contrôle, ou du moins d’essayer.

Les États-Unis vont-ils la laisser faire?

Remettre un Stradivarius à un gorille

Plusieurs membres de l’ONU ont à maintes reprises signalé leur mécontentement devant la nature ouverte et libre d’Internet, qu’ils perçoivent comme chaotique, voire dangereux. Le réseau passe au-delà des frontières, ignore les nations et les gouvernements, et se retrouve essentiellement immunisé à la censure. Selon le Washington Post, des pays, dont la Chine, la Russie, l’Iran et des pays arabes, exercent des pressions pour accorder le pouvoir de réglementer Internet à une agence régie par l’ONU.

L’agence en question, fondée en 1865, était autrefois connue sous le nom d’Union internationale du télégraphe. Vous avez bien compris, on souhaite demander à une institution aux racines analogues de prendre le contrôle du grand réseau numérique. C’est sous la désignation moderne d’Union internationale des télécommunications qu’elle se charge aujourd’hui, comme son nom l’indique, de réglementer les télécommunications mondiales. À noter que sa plus récente action remonte à 1988, avant qu’Internet ne prenne véritablement son envol populaire.

Permettre à des bureaucrates de restructurer Internet à leur façon serait comme de remettre un Stradivarius à un gorille. Je l’admets, j’ai volé cette comparaison au Washington Post. L’image est simplement trop forte et appropriée pour ne pas être répétée ici.

Tout recommencer?

Internet est constitué de près de 40 000 sous-réseaux connectés à 425 000 routes globales. Le système fonctionne, il est économe et change le quotidien de millions d’utilisateurs.

Le web est aussi devenu un carré de sable à l’innovation. Sa nature ouverte et libre signifie que vous n’avez pas à demander la permission à quiconque avant de lancer votre site web ou mettre en ligne vos créations.

L’idée de laisser le contrôle d’Internet à l’ONU serait un cauchemar. Espérons seulement qu’il ne devienne pas réalité.