
Étrange choix que celui de mettre un code QR sur un site, sans le lien vers l’App Store ni Google Play…
Cela fait déjà quelques années qu’on prédit que la géolocalisation sera la prochaine avancée en marketing. Pourtant, le positionnement géographique d’un utilisateur grâce à un appareil mobile pourrait être utilisé à bien d’autres escients que celui de faire connaître les rabais chez les marchands à proximité. Par exemple, on pourrait mettre en lumière les expositions ou activités d’un site historique ou culturel. Eh bien, depuis l’an dernier, Wifarer travaille sur un projet de localisation interne au Musée royal de la Colombie-Britannique qui commence à faire parler…
Un système interne de géolocalisation
Les systèmes de géolocalisation externes se fondent sur la technologie GPS, ou « global positionning system » qui s’appuie sur les signaux satellites. On a souvent remarqué que cette technologie est moins efficace à l’intérieur d’un édifice en raison des structures qui atténuent les signaux satellites. Pour pallier, des compagnies ont travaillé sur des IPS, soit les Indoor Positionning Systems ou systèmes de positionnement intérieur qui, plutôt que de positionner sur une carte un utilisateur grâce à un signal satellite, se basent sur des repères ou points d’ancrage (anchors ou nodes en anglais) à l’intérieur d’un édifice ou d’un ensemble d’édifices. Exit le petit code QR à l’entrée d’une salle ou dans un corridor, qu’on doit scanner pour accéder à une page d’information ou à une vidéo complémentaire. Cela relègue tranquillement le code QR à la fonction d’outil d’entrée pour accéder à une application ou pour les campagnes publicitaires de proximité. Et encore là, il est très décevant lorsqu’on navigue sur une tablette de se trouver devant un code QR censé mener à l’application à télécharger (comme c’est le cas sur le site du Musée royal). Je suis sur le Web, je veux cliquer et me rendre sur la page, pas sortir mon téléphone pour scanner mon écran… Enfin.
Stimuler l’engagement du visiteur
De toute évidence, on souhaite, avec l’utilisation de cette nouvelle technologie, enrichir l’expérience du visiteur et maximiser son engagement avec les contenus proposés, plutôt que de le cantonner à suivre passivement un trajet conçu pour tous. Le Musée royal de la Colombie-Britannique propose donc une visite « personnalisable » qui se met à jour selon l’endroit où se trouve le visiteur. Le visiteur peut aussi, par la carte proposée, choisir un objet ou une collection particulière et y être guidé par le système de positionnement pour ensuite explorer en profondeur, grâce à son appareil mobile, la documentation et les médias complémentaires qui sont proposés. S’il est un fervent admirateur du mammouth laineux, il pourra approfondir sa connaissance du sujet, tandis que son voisin passera à un autre sujet.
Mettre à jour la technologie et travailler avec les contenus existants
Dans le cas du vénérable Musée royal et son édifice plus que centenaire, le déploiement wi-fi à l’intérieur des murs à demandé à lui seul deux mois. Par la suite, la création des contenus à intégrer aux visites ou aux zones spécifiques a été assez facile, puisque les conservateurs et chercheurs cumulent déjà une foule de documents vidéo et audio relatifs à leurs objets d’études, en plus des archives de l’institution. C’est donc cette matière combinée à celle des visites déjà proposées qui constitue un parcours enrichi.
Une tendance qui suivra la montée en popularité des téléphones intelligents
En août, le Musée constatait que 6 % de ses abonnés et visiteurs avaient téléchargé la nouvelle application gratuite. Pour la direction, cela était plus que satisfaisant, car de plus en plus de Canadiens ont en leur possession un appareil mobile qu’ils transportent avec eux partout. C’est donc ces 45 % de Canadiens possédant un mobile selon les chiffres consultés par le Musée (un chiffre en croissance et plus élevé dans les strates plus jeunes de la population) que vise la direction.
Utiliser toutes les possibilités qu’offre la technologie
Ayant commencé ma carrière dans le milieu muséal, les plus récentes expérimentations de nos institutions québécoises avec des appareils mobiles m’avaient laissée sur ma faim, puisque rien d’autre que l’habituelle visite audio n’était offerte sur iPod ou iPhone. Les possibilités de personnaliser le contenu de la visite, de se concentrer sur un objet ou une période présentée pour accéder, par exemple, à la recherche plus approfondie des équipes d’un musée n’étaient pas encore utilisées. On découpait en codes QR et extraits audio la même visite qu’on aurait proposée sur cassette 10 ans plus tôt.
Cela dit, les exemples existent maintenant, outre le Musée royal de la Colombie-Britannique, l’American Museum of Natural History de New York a même six applications reliées à sa mission.
Au Québec…
Pour Montréal, on trouve sur la page de la Société des directeurs de musées de Montréal une application proposant des trajets dans les musées de la ville. La Société des musées québécois a une version mobile de son site appelée Musées à découvrir. Les grandes institutions culturelles étant un terreau fertile pour l’utilisation de la technologie de façon créative, les projets doivent déjà foisonner.
Les sources sur le sujet
Un article de 2011 sur Thot Cursus – Formation et culture numérique : Les applications mobiles des musées, juste des audioguides améliorés?
Sur Forbes : Indoor location comes to the Royal BC Museum





