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Maxime JohnsonFounderFuel : six premières impressions

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 publié le 15 mai 2014 à 8 h 47

FounderFuel 2014

L’accélérateur d’entreprises montréalais FounderFuel a présenté cette semaine les six jeunes compagnies de sa cohorte printemps 2014, qui ont passé les dernières semaines à recevoir de l’aide de mentors afin de s’améliorer et, idéalement, d’obtenir du financement pour poursuivre leur croissance.

Chacune de ces entreprises a disposé mardi, à l’occasion du cinquième Demo Day depuis 2011, de quelques minutes pour présenter son produit, son équipe et ses ambitions à un parterre principalement composé d’entrepreneurs et d’investisseurs.

Quelques minutes seulement pour laisser la meilleure première impression possible. Voici les miennes.

DoBundle
Pour DoBundle, les images que l’on voit sur le web sont une opportunité ratée, puisque de nombreux acheteurs potentiels pourraient être intéressés par les produits présentés mais ne parviennent pas à les retrouver par la suite. La technologie développée par la compagnie pourrait bientôt permettre d’acheter facilement n’importe quel produit présenté dans une image, peu importe que celle-ci soit publiée sur Twitter, Facebook ou Pinterest.

De toutes les idées présentées au Demo Day, celle de DoBundle est probablement la plus ambitieuse. Reste à voir si l’équipe parviendra à produire une solution facile à implémenter et à utiliser. On l’espère, car son produit est unique et plein de potentiel.

Kiwi Wearables
Kiwi Wearables souhaite réinventer la façon dont on interagit avec son téléphone intelligent et avec tout autre gadget qui se porte. L’entreprise conçoit des algorithmes qui permettent d’utiliser intelligemment les différents capteurs des appareils, comme l’accéléromètre et le gyroscope. Au lieu de toucher une série de boutons pour activer le chronomètre de sa montre intelligente, il pourrait par exemple suffire de cogner doucement sur son écran, un peu comme lorsqu’on frappe à une porte.

Kiwi Wearables ne fabrique pas d’appareils directement. La compagnie veut simplement être un intermédiaire logiciel pour les autres entreprises, comme les studios qui développent des applications mobiles ou les fabricants de bracelets d’entraînement. Reste à savoir si les utilisateurs ont réellement envie d’interagir de la sorte avec leurs différents appareils. Après tout, l’iPhone permet déjà certaines fonctions lorsqu’on secoue son appareil, mais très peu d’utilisateurs en profitent.

TattooHero
Les studios de tatouages ne sont généralement pas les premières entreprises auxquelles on pense lorsqu’on mentionne le nuage et les nouvelles technologies. C’est pourtant cette industrie que vise TattooHero avec ses deux produits différents : une sorte de réseau social pour tatoueurs et tatoués, et une plateforme en ligne pour permettre aux studios de gérer leurs affaires.

J’ai été agréablement surpris par TattooHero. Son réseau social m’apparaît plein de potentiel, tant pour les amateurs de tatouages à la recherche d’idées que pour les tatoueurs professionnels, qui devraient être intéressés par la plateforme. Le réseau social sert ensuite de carte de visite à TattooHero, qui pourra convaincre les tatoueurs d’utiliser leurs services pour gérer leurs rendez-vous, leurs clients et même leur inventaire. Prometteur.

Truth
Truth est une application qui permet d’envoyer des messages anonymes à ses contacts. Celui qui amorce la conversation sait à qui il parle, mais l’autre l’ignore. Pour Truth, il s’agit de la meilleure façon d’avoir une conversation réellement honnête à l’époque des réseaux sociaux.

Ce ne sera pas facile pour Truth, puisque d’autres applications similaires existent déjà, tout particulièrement Secret. Truth est toutefois différente, plus personnelle. Personne n’avait vu venir le succès fracassant de Snapchat auprès des adolescents, il ne faut donc pas rejeter l’application trop rapidement, mais la compagnie ne m’a pas encore convaincu.

Vain Pursuits
Des produits de soin de la peau fabriqués par une petite entreprise montréalaise et personnalisés pour chaque consommateur, qui doit remplir un questionnaire avant sa première commande par rapport à sa peau, son activité physique, le climat où il habite, etc.

Lors du Demo Day, Vain Pursuits a fait un excellent travail pour expliquer l’importance de cette industrie et la fidélité de ses clients, qui déboursent en moyenne 3000 $ par année sur des produits du genre. Là où Vain Pursuits doit maintenant nous convaincre – et surtout convaincre ses clients -, c’est en quoi ses produits sont meilleurs que les milliers d’autres offerts par les compagnies traditionnelles.

VanHawks
L’équipe de VanHawks propose un vélo « intelligent », « sécuritaire » et « sexy », qui permet notamment de suivre ses performances (vitesse, calories brûlées, etc.), de recevoir les indications de son navigateur GPS sur son guidon, d’être alerté lorsqu’un véhicule est dans son angle mort, et plus.

L’entreprise connaît déjà beaucoup de succès avec une campagne de financement socioparticipatif, qui lui a déjà assuré des commandes anticipées de 400 000 $. Je crois que VanHawks pourrait assez facilement devenir un bon petit fabricant spécialisé, de niche, mais il lui faudra offrir un peu plus si elle veut révolutionner ce moyen de transport, comme cela semble être son intention.

Le 10 octobre dernier, Jobboom lançait Ça passe ou ça casse!, sa toute première websérie. Produite en collaboration avec la Banque de développement du Canada et FounderFuel, une firme spécialisée en « accélération d’entreprises », elle comprend 12 épisodes portant sur l’entrepreneuriat techno à Montréal. La série a été tournée entre le 27 février et le 23 mai 2012 par le réalisateur Jean-Pierre Roy, qui a filmé les coulisses de jeunes entrepreneurs qui aspirent à épater l’industrie du web, du mobile et des jeux sociaux.

Les Montréalais issus de la scène techno reconnaîtront sans doute certains des mentors : Ian Jeffrey de FounderFuel, Jean-Sébastien Cournoyer de Real Ventures et Montreal Start Up, et John Stokes, qui a, entre autres, contribué à faire de la Maison Notman un véritable quartier général consacré à l’entrepreneuriat technologique. C’est d’ailleurs à cet endroit qu’une bonne portion de la série a été tournée.

Parmi les 11 équipes participantes de la cohorte du printemps 2012 à FounderFuel, la série se concentre sur les propositions de deux d’entre elles.

Les propositions

Le covoiturage à portée de doigts, c’est ce que propose Live Rides (alias Drivv au début de la série), une application mobile pour iPhone. Les amateurs du populaire service Amigo Express seront familiarisés avec le concept. Par contre, l’interface et la forme mobile de l’application Live Rides diffèrent grandement de son concurrent.

En somme, on propose trois types de voyage. Lifts immédiats est la façon d’offrir ou de trouver du covoiturage de dernière minute. Lifts à venir est réservé pour les départs planifiés, généralement des déplacements de longue distance. Covoiturage régulier permet de trouver des personnes avec un itinéraire quotidien compatible avec le vôtre. L’application vous permet d’économiser en partageant les frais de transport avec d’autres passagers et de choisir les personnes avec qui voyager en consultant leurs profils sociaux.

De son côté, Epilogger est un service permettant de récolter les statuts, les commentaires, les tweets et les photos en lien avec un événement. À partir du site web, créez votre événement en déterminant le début et la fin de celui-ci. Invitez ensuite les participants à se connecter sur Epilogger afin de permettre la cueillette des publications provenant de divers réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Foursquare.

L’idée est de rassembler ce qui est publié sur les réseaux sociaux pendant l’événement afin d’obtenir un compte-rendu, un souvenir, une archive. Je suis plutôt réticent à l’idée d’utiliser un autre service web, mais je dois admettre que j’aime bien cette initiative.

Désirez-vous vous lancer dans de tels projets?

Curieux de savoir si vous avez ce qu’il faut pour démarrer de tels projets? Je vous invite à regarder les 12 épisodes de Ça passe ou sa casse! offerts depuis peu sur YouTube. Si la scène de l’entrepreneuriat techno vous intéresse, mon collègue Martin a écrit un article à propos du Startup Festival, un événement consacré aux entreprises en démarrage, qui se déroule à Montréal en juillet. Vous pouvez également consulter le site de Startup Weekend Montréal, où l’on trouve un compte-rendu de l’événement qui avait lieu la semaine dernière.

Merci à Catherine Gendreau.