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Catherine MathysSnapchat fête ses 3 ans

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 publié le 25 septembre 2014 à 12 h 37

Demain, le réseau de messagerie éphémère Snapchat aura 3 ans. Retour sur l’ascension fulgurante d’une jeune entreprise qui serait désormais évaluée à 10 milliards de dollars et qui fait des émules un peu partout.

Snapchat_logo

Snap quoi?

Vous ne faites pas partie des 100 millions d’utilisateurs actifs mensuels de l’application mobile? C’est peut-être parce que vos belles années d’adolescence sont derrière vous. En effet, la moitié des utilisateurs ont de 13 à 17 ans, 31 %, de 18 à 24  ans. C’est la minorité, soit 19 %, qui a plus de 25 ans. L’application est surtout populaire en Amérique du Nord d’où proviennent 55 % de ses utilisateurs, ou devrais-je dire utilisatrices, puisqu’on estime à 70 % sa clientèle féminine.

Ce qui attire tout ce monde vers Snapchat? Sans doute le fait que les messages photos et depuis peu, vidéo, s’autodétruisent en 10 secondes maximum. Rapidement, l’application s’est monté son propre écosystème de célébrités à l’instar de YouTube, de Vine ou d’Instagram, surtout depuis qu’elle permet la publication d’histoires. Ces dernières sont en fait un récapitulatif de toutes les photos et vidéos prises dans les dernières 24 heures et qu’on peut partager avec un groupe d’amis fermé.

Qui est derrière Snapchat?

snapchat

Snapchat est une entreprise en démarrage créée en 2011 par Bobby Murphy et Evan Spiegel. Mais pas, selon Frank Reginald Brown IV, qui revendique la paternité de l’idée qu’il avait d’abord nommée Picaboo. L’histoire fait un peu penser à celle de Facebook avec sa querelle entre Mark Zuckerberg et les jumeaux Winklevoss. Dans le cas de Snapchat, les trois étudiants se sont rencontrés au sein de la fraternité Kappa Sigma de l’Université Stanford. En septembre 2014, une entente a été conclue entre les deux parties. Bien que les détails de celle-ci ne soient pas dévoilés, on sait que Brown voulait toucher un peu de la fortune des deux propriétaires qui détiennent à eux seuls 30 % de l’entreprise multimilliardaire.

L’application que tout le monde s’arrache

Une récente étude mentionne que 70 % des étudiants consultent Snapchat une fois par jour contre seulement 11 % pour Facebook. Il n’est donc pas étonnant que Facebook ait tenté de racheter la jeune entreprise pour 3 milliards de dollars en novembre 2013. Google aurait même tenté de déjouer l’offre de Facebook en offrant 4 milliards.

Contre toute attente, Snapchat a refusé toutes les offres de rachat pour faire grimper son évaluation. Sage décision puisque, en août 2014, l’entreprise a atteint les 10 milliards de dollars en évaluation. C’est l’investisseur Kleiner Perkins Caufield & Byers qui a investi 20 millions de dollars sur la base de cette évaluation. Même le géant chinois Alibaba a failli investir dans Snapchat à partir de cette même évaluation.

Pourquoi Facebook veut-il imiter Snapchat?

Ne pouvant la racheter, Facebook a décidé d’imiter la célèbre application. Dans un premier temps, en juin dernier, l’entreprise de Mark Zuckerberg a créé Slingshot qui permet d’envoyer photos et vidéos qui s’autodétruisent en 15 secondes maximum. Jusqu’ici, c’est familier. La différence de Slingshot se situe surtout dans la mécanique entre utilisateurs, puisqu’il faut absolument envoyer un message avant de pouvoir lire celui qui nous est adressé. C’est la façon qu’a trouvée Facebook de créer une communauté autour de sa nouvelle application.

Cela dit, plusieurs n’y voient qu’une pâle copie de Snapchat, vraisemblablement vouée à l’échec. C’est peut-être pour cette raison que Facebook s’est lancé dans ses propres essais de messagerie éphémère. On pourrait décider de laisser son statut en ligne pour une durée donnée : 1 heure, 3 heures, 6 heures, 12 heures, 24 heures, 2 jours ou même 7 jours. Après cette période tout le contenu du message, du statut aux commentaires, serait effacé, mais les données resteraient stockées sur les serveurs de Facebook pendant 90 jours.

Cette fonctionnalité n’est accessible que pour certains utilisateurs de Facebook en version iOS, dans certains pays. Reste à voir si le champion des réseaux sociaux ira de l’avant en offrant cette nouvelle option à tous. Une chose est certaine, tous ces efforts confirment la popularité de la formule Snapchat. En attendant de savoir quel géant pourra récupérer le réseau, chacun y va de ses propres essais.

Catherine MathysUne nouvelle recrue dans l’équipe de Triplex

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 publié le 26 août 2014 à 13 h 33

C’est parti! Je suis ravie de me joindre à l’équipe de Triplex. Cela dit, avant de me lancer, permettez-moi de souligner l’excellent travail de Nadia Serraiocco, qui a complété ce trio de brillants blogueurs pendant un peu plus de deux ans. Avec son flair techno des plus aiguisés, elle nous a offert une multitude de billets, toujours pertinents, au contenu fouillé et sous des angles souvent inédits. Comme je le lui ai mentionné à l’occasion de son dernier billet, je vais tenter de lui succéder dignement.

Les présentations

Alors je me présente. Catherine Mathys. Enchantée. Je suis journaliste depuis une douzaine d’années. Dans les cinq dernières années, je me suis spécialisée dans la couverture des nouvelles technologies. Avec un bac en sociologie et une maîtrise toute fraîche en communication, j’apprécie tout particulièrement notre rapport à la technologie et son impact sur notre quotidien. D’ailleurs, le sujet de mon mémoire de maîtrise portait sur le rôle des technologies dans le travail et la construction identitaire des journalistes. Tout un programme!

Je vais poursuivre l’exploration de ces questions fascinantes et de bien d’autres ici, avec Triplex, mais aussi le samedi à ICI Radio-Canada Première à l’émission La sphère avec Matthieu Dugal, ainsi qu’à ICI Radio-Canada Télé à l’émission Entrée principale avec André Robitaille. J’ajoute aussi une corde à mon arc, puisque je deviens chargée de cours à l’UQAM en septembre. Je donnerai le cours Technologies des médias socionumériques dans le cadre du nouveau certificat en communication socionumérique des organisations. Que de beaux projets pour un retour au travail! Ça part en lion!

Le grand retour

Eh oui, je reprends du collier après une année bien chargée de « congé » de maternité. Une année sans être en ondes, sans travailler, c’est long quand on aime son travail comme j’aime le mien. Cela dit, l’expérience d’un congé de maternité a beaucoup évolué avec l’utilisation des médias sociaux. Exit l’isolement, en avant le partage en ligne d’information, de conseils, d’expériences. Comme en témoigne ce billet de Nadia Serraiocco, les femmes se confient beaucoup sur les réseaux sociaux pendant la grossesse et dans les premiers mois de vie de l’enfant (ou des enfants dans mon cas). J’avais moi-même sous-estimé l’importance des médias sociaux dans le quotidien de cette période intense de changements. Prenons Facebook et ses communautés d’intérêts. Nouvellement mère de triplés, je ne trouvais pas de parents dans la même situation dans mon entourage ou dans les associations existantes. Qu’à cela ne tienne, j’ai créé un groupe Facebook secret pour les parents québécois de triplés, ce qui a grandement adouci l’aventure des premiers mois avec des conseils spécifiques à ma triple parentalité. Avec les bons paramètres de confidentialité, c’est fou ce que ce réseau social peut faire.

À suivre

Pour la suite des choses, je nous souhaite beaucoup de découvertes passionnantes, de discussions brillantes, de trouvailles intrigantes. Nous vivons une époque captivante de par ses transformations technologiques, et je suis choyée d’avoir cette tribune pour en discuter de quelques-unes avec vous.

Nadia SeraioccoFacebook vise maintenant les petits commerçants

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 publié le 9 juin 2014 à 12 h 09
Dan Levy lors de la rencontre de la semaine dernière

Dan Levy lors de la rencontre de la semaine dernière

Certains auront remarqué depuis le début de l’année le déclin de la portée organique des publications sur Facebook. Pour ceux qui gèrent plusieurs pages ou qui déjà ont pris l’habitude d’investir dans les publications promues, le message était clair : sans investissement minimal, les publications d’une page disparaissent littéralement dans la masse. Une chose en menant à une autre, la semaine dernière, Dan Levy, responsable pour Facebook du commerce avec les petites entreprises, tenait une rencontre à Manhattan avec environ 350 propriétaires de commerces.

La longue traîne façon Facebook

Comme l’a remarqué AdAge avec humour (Facebook courts small business), Facebook veut aller chercher des revenus dans 99 % des entreprises, soit les petites entreprises, les bureaux de professionnels (dentistes, optométristes, etc.). Dan Levy s’est donc fait rassurant, Facebook ne cherche pas à obtenir de grosses sommes de chacun, mais plutôt à voir à ce qu’ils investissent ce qu’il faut pour avoir la visibilité désirée. On arrive donc au principe de la longue traîne (La longue traîne, un article de Chris Anderson dans Wired qui est devenu un essai publié en 2009) et ici, on est dans la queue de la traîne, là où une multitudes de petits commerces représentent ensemble un apport de revenus intéressant pour Facebook. Assez intéressant en tout cas pour qu’on assigne depuis 2012 un directeur à ce marché (profil de Dan Levy sur LinkedIn).

30 millions de pages actives

Cette rencontre était la première de cinq rencontres dont le but est bien évidemment de convertir des millions de petites entreprises qui ont une page sur le réseau en clients payants. Avec environ 30 millions de pages actives de petites entreprises sur le réseau (ce qui constitue une hausse de 5 millions comparativement à l’an dernier) et 19 millions qui utilisent le mobile, on peut mesurer ce qu’un mince investissement de chacune représente comme revenu.

La vente face à face comme dans le bon vieux temps

Alors qu’on pourrait imaginer que les services de Facebook vont de soi et que le puissant réseau social a tous les outils en ligne pour rejoindre ses futurs clients, la tournée a aussi pour but de mettre un « visage sur Facebook ». On en revient donc pour ce marché des petites entreprises à la vente personnalisée.

Comme dans toute bonne rencontre du directeur des ventes d’une grande corporation avec ses clients potentiels, quelques vidéos corporatives ont donné le ton à la rencontre, et Mark Zuckerberg est même apparu à l’écran un bref moment, le temps de dire aux invités que sans leur commerce, Facebook ne serait pas utile.

Ceci expliquant cela, on s’étonne moins du nouveau design des pages d’entreprises, qui met désormais en relief les activités de la semaine de la page, comme sa portée et l’état des promotions en cours.

Autres sources d’information :

Le rapport de l’événement avec les dates prochaines rencontres sur Small Business Trends

Une entrevue avec Dan Levy sur TechCrunch 

instagram-application-mobile-photo4La firme Piper Jaffray vient tout juste de publier son rapport sur les habitudes de consommation des adolescents. Comme on peut s’y attendre, quelques pages portent sur les achats en ligne et les réseaux sociaux. Toutefois, si les marques préférées se maintiennent souvent quelques saisons, les chefs de file des réseaux sociaux que sont Facebook, Twitter et Instagram se livrent toute une bataille. Or, pour le printemps 2014, Instagram vient de devancer Facebook.

Devant Facebook et Twitter

PiperJaffrayDes 7500 adolescents interviewés par Pipper Jaffray, 30 % préfèrent Instagram à Twitter et à Facebook, qui récoltent respectivement 27 % et 23 % de la faveur des jeunes. L’an dernier à pareille date, 33 % des adolescents avaient manifesté une préférence pour Facebook, alors suivi de près par Twitter (30 %), tandis qu’Instagram était bien loin derrière avec 17 %.

Pour ce qui est des autres réseaux utilisés, Tumblr demeure le préféré de 5 % des jeunes utilisateurs depuis l’automne 2013. Quant à Google+, alors qu’il suscitait un grand intérêt pour 5 % des jeunes en 2013, il s’est, depuis l’automne, tenu sous la barre des 5 %. Pinterest ne bouge pas depuis un an, séduisant à peine 2 % des adolescents.

Un gain pour Facebook?

Si les jeunes utilisateurs préfèrent Instagram à Facebook, ce n’est pourtant pas au détriment du grand réseau, cela vient plutôt appuyer le fait que le milliard de dollars investi par la compagnie de Zuckerberg dans le populaire service de partage de photos valait son pesant d’or ou de « J’aime ». En fait, selon un analyste de Pipper Jaffray, Gene Munster, c’est ce genre de décision qui fait que le cours de l’action de Facebook se maintient dans un marché en constante transformation.

Eh oui, les acquisitions permettent aux géants des réseaux sociaux non seulement de compléter leur offre, mais de demeurer concurrentiels dans différents segments du marché.

Si les tendances de consommation des adolescents vous intéressent, ou tout simplement pour voir ce qu’ils aiment, consultez le rapport complet de Pipper Jaffray (PDF en anglais).

facebook_twitter_logo_combo1Ah, le clivage des générations sur les réseaux! On présume que les jeunes ne croient plus à la vie privée, qu’ils feraient n’importe quoi pour un peu de popularité, quitte à verser dans un narcissisme dont la plus simple expression est l’autoportrait à toutes les sauces. Sur cette lancée du narcissisme induit par les réseaux, quatre chercheurs américains de Caroline du Nord publiaient récemment dans le magazine Computers in human behavior les résultats d’une étude comparant l’expression du narcissisme chez les étudiants et chez les adultes sur Twitter et Facebook.

Abonnés de Twitter c. amis de Facebook

Pourquoi comparer ainsi ces deux réseaux populaires? Les chercheurs ont montré que le lexique utilisé sur les deux réseaux implique des rapports différents. Ce point a donc fait donc partie de leurs prémisses : être suivi sur Twitter n’implique pas une relation réciproque, tandis que sur Facebook « être amis » requiert une demande d’amitié et donc une acceptation bidirectionnelle de ce lien. Cette interprétation imposait un mode de relation qui a modelé leur hypothèse de départ et les questions qu’ils ont posées aux quelque 500 étudiants de 18 à 29 ans qui se sont prêtés à l’étude. Pour comparer le comportement des étudiants à celui des adultes, les chercheurs ont soumis le même questionnaire à un échantillon d’adultes de 18 à 75 ans hors du milieu universitaire.

Plus de narcissisme sur Twitter que sur Facebook?

Publier des mises à jour fréquentes, se réjouir d’être suivi par un grand nombre d’abonnés, vérifier sa popularité à travers les palmarès ou les Twopchart, sentir parfois leur admiration au détour d’une révélation lue par des milliers de gazouilleurs. tout cela avait l’apparence d’un bon indicateur de narcissisme pour les chercheurs. D’autre part, le concept plus fermé de Facebook, les rapports de proximité auxquels mènent les interactions, les a amenés à avancer l’hypothèse que ce média était moins axé sur des rapports de narcissisme.

Les chercheurs voulaient donc vérifier si une utilisation constante de Twitter révélait un plus grand narcissisme que l’utilisation de Facebook. Le questionnaire administré aux deux groupes portait sur les raisons pour lesquelles un utilisateur fait une mise à jour, sur l’importance qu’il accorde au nombre d’abonnés ou d’amis, sur l’accent qu’il met sur un profil attirant ainsi que sur la façon dont il réagit aux manifestions d’admiration de la part d’amis ou d’abonnés.

Raisons-SNS

Illustration des variables et des questions de l’étude.

Et si la distinction entre jeunes et moins jeunes se jouait sur Facebook?

Dans les deux groupes, les participants qui n’avaient pas de compte sur l’un ou l’autre des réseaux étaient d’emblée éliminés. On s’est donc retrouvé avec des utilisateurs actifs des deux réseaux, âgés de 18 à 75 ans. Après avoir cumulé les réponses des étudiants, on a conclu que des mises à jour fréquentes des réseaux sociaux, tant sur Twitter que sur Facebook, pouvaient être un bon indicateur de narcissisme chez l’utilisateur, tout comme l’importance accordée à créer un profil pouvant attirer beaucoup d’abonnés. Sans grande surprise, le désir de susciter l’admiration tant sur Twitter que sur Facebook serait aussi un marqueur de narcissisme. Toutefois chez les étudiants, le désir d’être suivi sur Twitter s’est révélé un indicateur de narcissisme plus signifiant que le fait de mettre à jour son statut fréquemment sur Facebook.

Et c’est là que les deux groupes se distinguent l’un de l’autre. Pour les utilisateurs appartenant à la génération X ou plus vieux, qui n’ont pas grandi avec Facebook, mettre à jour un statut ou rendre un profil attirant n’est pas naturel. Dans ce cas, une grande activité sur Facebook est plus signifiante que pour les jeunes étudiants et se rattache avec plus de certitude à un comportement narcissique.

Contrairement à ce que les chercheurs avaient avancé dans leurs hypothèses, au final, Facebook est un terrain plus propice au narcissisme que Twitter. Et de la même manière, les distinctions entre les deux réseaux peuvent être interprétées sous un autre jour : sur Facebook, l’utilisateur narcissique aura beau jeu de solliciter tous ceux qu’il veut avoir comme « amis » pour nourrir son ego, alors que sur Twitter, c’est en partageant des contenus et des réflexions intéressantes qu’un utilisateur gagnera plus d’abonnés.

Pour télécharger l’étude parue dans Computers in human behavior : Twitter versus Facebook : Exploring the role of narcissism in the motives and usage of different social media platforms