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Nadia SeraioccoFacebook vise maintenant les petits commerçants

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 publié le 9 juin 2014 à 12 h 09
Dan Levy lors de la rencontre de la semaine dernière

Dan Levy lors de la rencontre de la semaine dernière

Certains auront remarqué depuis le début de l’année le déclin de la portée organique des publications sur Facebook. Pour ceux qui gèrent plusieurs pages ou qui déjà ont pris l’habitude d’investir dans les publications promues, le message était clair : sans investissement minimal, les publications d’une page disparaissent littéralement dans la masse. Une chose en menant à une autre, la semaine dernière, Dan Levy, responsable pour Facebook du commerce avec les petites entreprises, tenait une rencontre à Manhattan avec environ 350 propriétaires de commerces.

La longue traîne façon Facebook

Comme l’a remarqué AdAge avec humour (Facebook courts small business), Facebook veut aller chercher des revenus dans 99 % des entreprises, soit les petites entreprises, les bureaux de professionnels (dentistes, optométristes, etc.). Dan Levy s’est donc fait rassurant, Facebook ne cherche pas à obtenir de grosses sommes de chacun, mais plutôt à voir à ce qu’ils investissent ce qu’il faut pour avoir la visibilité désirée. On arrive donc au principe de la longue traîne (La longue traîne, un article de Chris Anderson dans Wired qui est devenu un essai publié en 2009) et ici, on est dans la queue de la traîne, là où une multitudes de petits commerces représentent ensemble un apport de revenus intéressant pour Facebook. Assez intéressant en tout cas pour qu’on assigne depuis 2012 un directeur à ce marché (profil de Dan Levy sur LinkedIn).

30 millions de pages actives

Cette rencontre était la première de cinq rencontres dont le but est bien évidemment de convertir des millions de petites entreprises qui ont une page sur le réseau en clients payants. Avec environ 30 millions de pages actives de petites entreprises sur le réseau (ce qui constitue une hausse de 5 millions comparativement à l’an dernier) et 19 millions qui utilisent le mobile, on peut mesurer ce qu’un mince investissement de chacune représente comme revenu.

La vente face à face comme dans le bon vieux temps

Alors qu’on pourrait imaginer que les services de Facebook vont de soi et que le puissant réseau social a tous les outils en ligne pour rejoindre ses futurs clients, la tournée a aussi pour but de mettre un « visage sur Facebook ». On en revient donc pour ce marché des petites entreprises à la vente personnalisée.

Comme dans toute bonne rencontre du directeur des ventes d’une grande corporation avec ses clients potentiels, quelques vidéos corporatives ont donné le ton à la rencontre, et Mark Zuckerberg est même apparu à l’écran un bref moment, le temps de dire aux invités que sans leur commerce, Facebook ne serait pas utile.

Ceci expliquant cela, on s’étonne moins du nouveau design des pages d’entreprises, qui met désormais en relief les activités de la semaine de la page, comme sa portée et l’état des promotions en cours.

Autres sources d’information :

Le rapport de l’événement avec les dates prochaines rencontres sur Small Business Trends

Une entrevue avec Dan Levy sur TechCrunch 

instagram-application-mobile-photo4La firme Piper Jaffray vient tout juste de publier son rapport sur les habitudes de consommation des adolescents. Comme on peut s’y attendre, quelques pages portent sur les achats en ligne et les réseaux sociaux. Toutefois, si les marques préférées se maintiennent souvent quelques saisons, les chefs de file des réseaux sociaux que sont Facebook, Twitter et Instagram se livrent toute une bataille. Or, pour le printemps 2014, Instagram vient de devancer Facebook.

Devant Facebook et Twitter

PiperJaffrayDes 7500 adolescents interviewés par Pipper Jaffray, 30 % préfèrent Instagram à Twitter et à Facebook, qui récoltent respectivement 27 % et 23 % de la faveur des jeunes. L’an dernier à pareille date, 33 % des adolescents avaient manifesté une préférence pour Facebook, alors suivi de près par Twitter (30 %), tandis qu’Instagram était bien loin derrière avec 17 %.

Pour ce qui est des autres réseaux utilisés, Tumblr demeure le préféré de 5 % des jeunes utilisateurs depuis l’automne 2013. Quant à Google+, alors qu’il suscitait un grand intérêt pour 5 % des jeunes en 2013, il s’est, depuis l’automne, tenu sous la barre des 5 %. Pinterest ne bouge pas depuis un an, séduisant à peine 2 % des adolescents.

Un gain pour Facebook?

Si les jeunes utilisateurs préfèrent Instagram à Facebook, ce n’est pourtant pas au détriment du grand réseau, cela vient plutôt appuyer le fait que le milliard de dollars investi par la compagnie de Zuckerberg dans le populaire service de partage de photos valait son pesant d’or ou de « J’aime ». En fait, selon un analyste de Pipper Jaffray, Gene Munster, c’est ce genre de décision qui fait que le cours de l’action de Facebook se maintient dans un marché en constante transformation.

Eh oui, les acquisitions permettent aux géants des réseaux sociaux non seulement de compléter leur offre, mais de demeurer concurrentiels dans différents segments du marché.

Si les tendances de consommation des adolescents vous intéressent, ou tout simplement pour voir ce qu’ils aiment, consultez le rapport complet de Pipper Jaffray (PDF en anglais).

facebook_twitter_logo_combo1Ah, le clivage des générations sur les réseaux! On présume que les jeunes ne croient plus à la vie privée, qu’ils feraient n’importe quoi pour un peu de popularité, quitte à verser dans un narcissisme dont la plus simple expression est l’autoportrait à toutes les sauces. Sur cette lancée du narcissisme induit par les réseaux, quatre chercheurs américains de Caroline du Nord publiaient récemment dans le magazine Computers in human behavior les résultats d’une étude comparant l’expression du narcissisme chez les étudiants et chez les adultes sur Twitter et Facebook.

Abonnés de Twitter c. amis de Facebook

Pourquoi comparer ainsi ces deux réseaux populaires? Les chercheurs ont montré que le lexique utilisé sur les deux réseaux implique des rapports différents. Ce point a donc fait donc partie de leurs prémisses : être suivi sur Twitter n’implique pas une relation réciproque, tandis que sur Facebook « être amis » requiert une demande d’amitié et donc une acceptation bidirectionnelle de ce lien. Cette interprétation imposait un mode de relation qui a modelé leur hypothèse de départ et les questions qu’ils ont posées aux quelque 500 étudiants de 18 à 29 ans qui se sont prêtés à l’étude. Pour comparer le comportement des étudiants à celui des adultes, les chercheurs ont soumis le même questionnaire à un échantillon d’adultes de 18 à 75 ans hors du milieu universitaire.

Plus de narcissisme sur Twitter que sur Facebook?

Publier des mises à jour fréquentes, se réjouir d’être suivi par un grand nombre d’abonnés, vérifier sa popularité à travers les palmarès ou les Twopchart, sentir parfois leur admiration au détour d’une révélation lue par des milliers de gazouilleurs. tout cela avait l’apparence d’un bon indicateur de narcissisme pour les chercheurs. D’autre part, le concept plus fermé de Facebook, les rapports de proximité auxquels mènent les interactions, les a amenés à avancer l’hypothèse que ce média était moins axé sur des rapports de narcissisme.

Les chercheurs voulaient donc vérifier si une utilisation constante de Twitter révélait un plus grand narcissisme que l’utilisation de Facebook. Le questionnaire administré aux deux groupes portait sur les raisons pour lesquelles un utilisateur fait une mise à jour, sur l’importance qu’il accorde au nombre d’abonnés ou d’amis, sur l’accent qu’il met sur un profil attirant ainsi que sur la façon dont il réagit aux manifestions d’admiration de la part d’amis ou d’abonnés.

Raisons-SNS

Illustration des variables et des questions de l’étude.

Et si la distinction entre jeunes et moins jeunes se jouait sur Facebook?

Dans les deux groupes, les participants qui n’avaient pas de compte sur l’un ou l’autre des réseaux étaient d’emblée éliminés. On s’est donc retrouvé avec des utilisateurs actifs des deux réseaux, âgés de 18 à 75 ans. Après avoir cumulé les réponses des étudiants, on a conclu que des mises à jour fréquentes des réseaux sociaux, tant sur Twitter que sur Facebook, pouvaient être un bon indicateur de narcissisme chez l’utilisateur, tout comme l’importance accordée à créer un profil pouvant attirer beaucoup d’abonnés. Sans grande surprise, le désir de susciter l’admiration tant sur Twitter que sur Facebook serait aussi un marqueur de narcissisme. Toutefois chez les étudiants, le désir d’être suivi sur Twitter s’est révélé un indicateur de narcissisme plus signifiant que le fait de mettre à jour son statut fréquemment sur Facebook.

Et c’est là que les deux groupes se distinguent l’un de l’autre. Pour les utilisateurs appartenant à la génération X ou plus vieux, qui n’ont pas grandi avec Facebook, mettre à jour un statut ou rendre un profil attirant n’est pas naturel. Dans ce cas, une grande activité sur Facebook est plus signifiante que pour les jeunes étudiants et se rattache avec plus de certitude à un comportement narcissique.

Contrairement à ce que les chercheurs avaient avancé dans leurs hypothèses, au final, Facebook est un terrain plus propice au narcissisme que Twitter. Et de la même manière, les distinctions entre les deux réseaux peuvent être interprétées sous un autre jour : sur Facebook, l’utilisateur narcissique aura beau jeu de solliciter tous ceux qu’il veut avoir comme « amis » pour nourrir son ego, alors que sur Twitter, c’est en partageant des contenus et des réflexions intéressantes qu’un utilisateur gagnera plus d’abonnés.

Pour télécharger l’étude parue dans Computers in human behavior : Twitter versus Facebook : Exploring the role of narcissism in the motives and usage of different social media platforms

Nadia SeraioccoAcheter ou troquer des armes sur Facebook ou Instagram

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 publié le 24 février 2014 à 13 h 19

Au cours des derniers mois, on a beaucoup parlé d’armement, notamment de la possibilité de fabriquer des fusils grâce une imprimante 3D ou d’utiliser des drones à des fins militaires. En ce moment, des activistes demandent à Facebook d’interdire la vente d’armes à feu sur leurs plateformes, dont fait partie Instagram.

Pour la demoiselle qui a tout...

Pour la demoiselle qui a tout…

Un mouvement qui part des groupes militants américains

Moms Demand Action for Gun Sense in America, une organisation fondée en décembre 2012, s’est associée avec un deuxième groupe, celui de l’ancien maire de New York Michael Bloomberg, Mayors Agains Illegals Guns, dans une campagne commune. Selon les propos d’un porte-parole de Facebook rapportés par Forbes, leurs avocats seraient en discussion, afin d’arriver à un terrain d’entente. Pendant ce temps une pétition signée par des dizaines de milliers de membres est en circulation.

Moms Demand Action avait réussi en septembre 2013 à convaincre Starbucks de s’opposer au port d’arme dans ses établissements. Depuis 2010, ces derniers étaient le lieu de prédilection des partisans de l’accès aux armes. Cette réputation s’est avérée lorsque la page Facebook « Gun Owners » avait lancé le « Bring your Gun to Starbucks Day » le vendredi 9 août 2013 où les membres étaient encouragés à se présenter armés dans les Starbucks du pays. Le président de la chaîne de café, Howard Schultz, a même pris position publiquement dans une lettre ouverte.

La vente d’armes sur Facebook

Pour appuyer cette nouvelle demande, Moms Demand Action a publié une parodie de la vidéo A closer look  sur YouTube début février, pour expliquer leur position. Ces militants s’inquiètent des pages Facebook telles que « Guns For Sale » dont les quelque 205 000 membres peuvent vendre ou offrir en échange des armes en toute impunité et sans qu’il y ait de vérifications du dossier du vendeur ou de l’acheteur. Ceux qui s’inquiètent de la chose clament que davantage de questions sont posées quand on crée un compte Facebook que pour ce genre de transaction privée.

Plusieurs sites qui se spécialisent dans la vente entre particuliers interdisent les annonces d’armes à feu. Par exemple, c’est le cas de Kijiji et de Craigslist. Mais pour ce qui est de régir les ventes entre individus sur un média social, la tâche est nettement plus complexe. D’abord, Facebook a déjà de la difficulté à faire appliquer ses politiques lorsqu’il s’agit de propagande haineuse. Son fonctionnement même permet d’éviter le côté public des pages en ouvrant un groupe privé entre personnes qui partagent ce type de centre d’intérêts. De plus, il y a la question des lois propres à chaque pays et, dans le cas des États-Unis, à chaque État. Pour Facebook, il est aussi risqué de prendre position dans ce débat houleux. Une association pro-armes comme La National Rifle Association of America compterait à elle seule près de 5 millions de membres. Donc, le risque de s’aliéner une part de clientèle est présent.

L’achat d’armes sur Internet

Facebook, ce système fermé sur le reste du Web pose des questions bien légitimes. Cela dit, ce n’est qu’un aspect des possibilités d’acquisition d’armes par Internet. Ici même, au Canada, il est possible d’en acheter sur différents sites. Le plus connu au Québec serait la célèbre Quincaillerie Dante, mais il y a aussi Frontier Firearms ou Wolverine Supplies. La transaction s’effectue comme sur n’importe quel site d’achat, la livraison se faisant par la poste. S’il faut, bien sûr, détenir un permis de possession et d’acquisition (et d’armes restreintes pour, entre autres, les armes de poing), celui-ci n’est pas très difficile à obtenir. Il y a donc lieu de se demander si l’acquisition d’armes ne devrait pas se faire seulement en personne dans des commerces, encadrée par des mesures d’enquête précises.

Les possibilités pour contourner les règlements et les lois sont multiples. Dans ce contexte, on peut se demander si la campagne du groupe Moms Demand Action est non seulement pertinente, mais réalisable. Quoi qu’il en soit, cette campagne a au moins le résultat de faire prendre conscience que les lois et les frontières ne sont pas tracées aussi clairement que certains le souhaiteraient sur le web… Et il en sera ainsi encore pour un certain temps.

Sur ce blogue :

À propos des imprimantes 3D et des armes à feu : Qu’ont en commun Guy Debord et Cody Wilson?

On parle de quoi au Canada?

On parle de quoi au Canada?

Pour faire écho à mon précédent billet quant à l’écran de fumée des médias sociaux, Facebook a publié son bilan de l’an 2013. On y trouve, entre autres, une liste des sujets les plus discutés dans certains pays; notamment les États-Unis, l’Argentine, Hong Kong et, nous en sommes heureux, le Canada. Mais, faut-il le préciser, si les Canadiens se démarquent en ce qui concerne le taux d’utilisateurs actifs, cela ne semble pas rehausser la teneur des débats ou des commentaires.

Surprise, au Canada, on parle principalement de hockey

Selon Inside Facebook, les Canadiens seraient les utilisateurs les plus actifs au monde. Dix-neuf millions de Canadiens seraient présents sur ce média social, soit 54 % de la population. De quoi parlent-ils? Le sujet le plus discuté sur Facebook au Canada en 2013 serait les Maple Leafs de Toronto, et ce, au grand dam des partisans des Canadiens. Ensuite, on trouve le Harlem Shake, phénomène éphémère s’il en est, et toujours dans les danses étranges, le fameux twerking de Miley Cyrus. Enfin, à partir de la quatrième position, on découvre quelques sujets plus sérieux, comme la tragédie du marathon de Boston. Les célébrités de l’année arrivent ensuite, et là, le bon et le mauvais battage médiatique se côtoient; Rob Ford, le bébé royal, Justin Trudeau, Lance Armstrong, le pape François (élu personnalité de l’année par le New York Times) et, finalement, celui qui mérite peut-être le plus sa notoriété, l’astronaute Chris Hadfield.

Quelques correspondances dans les goûts des Canadiens et des Américains

Il y a des parallèles intéressants à faire entre les goûts des Canadiens et ceux de leurs voisins du sud. On troque le Super Bowl pour les Maple Leafs en première position, mais le Harlem Shake se trouve beaucoup plus loin, en cinquième place, chez les Américains. La fermeture du gouvernement américain, le marathon de Boston et la crise en Syrie ont été davantage discutés que les facéties de Miley Cyrus ou les amateurs de Harlem Shake. Est-ce à dire que les Américains sont beaucoup plus politisés que les Canadiens sur Facebook? Qui sait? Mais chose certaine, les préoccupations « facebookiennes » des Canadiens diffèrent un peu de celles des Québécois, au moins en matière de hockey! Le Québec compte quelque 8 millions d’habitants, soit près de 22 % de la population canadienne.

Il est aussi remarquable que des phénomènes très éphémères se hissent dans les premières positions de ce palmarès. Ces derniers semblent provoquer des réactions très intenses qui éclipsent les problématiques qui s’étendent tout au long de l’année. Évidemment, on peut y appliquer la théorie de la « longue traîne » de Chris Anderson : on risque de parler du pape François encore longtemps, et plusieurs petits sujets apparentés, une fois cumulés, monteraient certainement dans les tendances. On ne peut pas en dire autant du Harlem Shake.

Dans le palmarès YouTube de 2013 que trouve-t-on? Harlem Shake (original military version)