Billets classés sous ‘enseignement primaire’

 

Crédit photo : Izneo sur Wikimedia

Cette semaine, au Forum mondial de la langue française qui se tient à Québec, le thème de l’utilisation des technologies dans l’enseignement occupera quelques discussions. Amorcer le tournant vers des classes sans papier, utiliser les technologies et les réseaux sociaux pour stimuler l’apprentissage des matières de base est louable, mais qu’en est-il des besoins de notre jeune citoyen numérique? Le monde scolaire sans technologie serait-il un luxe que seuls les plus riches peuvent se payer?

L’ordinateur en classe est-il nécessaire?

L’école Waldorf de Silicon Valley ne le croit pas et offre aux enfants des dirigeants des grandes compagnies comme Google un environnement scolaire sans technologies. À partir de la quatrième année, le web et les technologies sont présentés à petites doses aux élèves. Les parents de ces jeunes pupilles vivent avec un téléphone intelligent et une tablette numérique sous la main en tout temps et ont les moyens de prodiguer tout le rattrapage numérique qu’il faudra à leurs petits. Dans un article du New York Times, on révèle le fort taux d’admission des élèves de Waldorf dans les plus grandes universités américaines. De toute évidence, des parents qui payent quelque 20 000 $ par année pour envoyer leurs enfants à l’école primaire ont la réussite scolaire assez à cœur. Mais si vous ne travaillez pas dans les hautes sphères des nouvelles technologies, ne souhaiteriez-vous pas que notre système d’enseignement puisse apprendre aux élèves à apprivoiser le web et les technologies?

La technologie assure-t-elle le succès des étudiants?

En février 2011, le premier ministre Jean Charest avait pris l’engagement d’équiper les classes québécoises de tableaux blancs interactifs. En mai dernier, lors du plus récent Colloque scientifique international sur les TIC en éducation, les chercheurs admettaient que même si les nouvelles technologies offraient de grandes possibilités, pour l’instant leurs effets sur les résultats des étudiants ne sont pas notables. Thierry Karsenti, professeur à l’Université de Montréal et expert de la question des TIC en éducation, confirmait au Huffington Post Québec que l’utilisation du fameux tableau interactif exige énormément de temps de formation de la part des enseignants. Or, à l’heure actuelle, en classe, on n’exploite pas leur plein potentiel, les réduisant souvent au rang de coûteux écrans lumineux. Pourtant, ce ne sont pas les recherches sur le sujet qui manquent. Sur le site du professeur Thierry Karsenti, on trouve les références de quelque 20 études réalisées au cours des dernières années sur le thème du tableau blanc interactif. Est-ce que celui-ci passera de mode avant même qu’on l’utilise pleinement? La vraie révolution fera-t-elle disparaître le modèle du tableau unique en classe, qu’il soit ou non interactif, au profit d’un modèle où chaque étudiant a son petit tableau interactif ou, si vous préférez, sa propre tablette numérique? La Presse publiait en juin un article à ce sujet.

La matière et les moyens

Si vous écumez les blogues de profs et lisez leurs commentaires sur les réseaux sociaux, vous savez qu’ils sont déjà plusieurs à vouloir, par intérêt personnel et parfois aussi pour répondre aux demandes de leur milieu d’enseignement, utiliser les technologies, voire les médias sociaux, comme outils d’apprentissage dans leur classe. Dans la foulée du Forum mondial de la langue française, dont le volet numérique questionnera le rôle des technologies dans l’enseignement du français, je vous proposerai jeudi quelques programmes d’enseignement conçus ici.

Si vous avez envie d’ajouter votre grain de sel à la discussion ou encore de suggérer une idée qui vous semble porteuse, faites-le-moi savoir par le biais des commentaires ou sur Twitter, à @cheznadia.

Quelques réseaux de soutien aux enseignants au Québec et aux États-Unis

Le réseau d’apprentissage du New York Times, The Learning Network, qu’on peut aussi suivre sur Twitter (@NYTimesLearning).

La télé publique américaine PBS a aussi créé un réseau axé sur la formation destiné aux enseignants du primaire et du secondaire, PBS Teachers, qui a aussi sa communauté Facebook.

Au Québec, le secteur collégial bénéficie de quelques ressources publiques, dont Profweb, le Carrefour québécois pour l’intégration des TIC en enseignement collégial.