Billets classés sous ‘douanes’

Laurent LaSalleRéseaux sociaux, technologies et douaniers

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 publié le 31 janvier 2012 à 14 h 18

Si vous voyagez le moindrement, vous avez certainement une histoire abracadabrante à raconter sur un moment pénible et redouté par plusieurs : le passage aux douanes. Que vous ayez ou non quelque chose à vous reprocher, ce rituel cause parfois un stress démesuré lié à la crainte de se faire accuser d’un crime quelconque ou de se voir refuser l’accès au pays de votre destination.

Paranoïa exagérée ou appréhension justifiée?

La douane a parfois le bras long…

C’est du moins le cas des douanes américaines. Récemment, deux résidents de la Grande-Bretagne se sont vus refuser l’accès aux États-Unis après que l’un d’entre eux eut proféré des « menaces » contre le pays sur Twitter.

Le 16 janvier dernier, Leigh Van Bryan, gérant de bar de 26 ans, a demandé à une amie sur Twitter : « Es-tu libre cette semaine pour une courte conversation / planification avant que j’aille détruire l’Amérique? »

Il n’en fallait pas plus pour que son nom se retrouve sur une liste noire.

Bryan a dit avoir été questionné au sujet de son message pendant près de cinq heures : « Les agents me traitaient comme si j’étais un terroriste. J’ai continué à leur répéter qu’ils avaient mal interprété mon tweet. »

Au final, le département américain de la Sécurité intérieure a confirmé que Bryan avait bel et bien écrit qu’il voulait non seulement détruire l’Amérique, mais également exhumer le cadavre de Marilyn Monroe (une référence à l’émission Family Guy, provenant d’un tweet précédent).

Qu’on se le dise : le département de la Sécurité intérieure des États-Unis est dépourvu de sens de l’humour.

À pareille date l’an dernier, Paul Chambers (un autre Britannique) a dû payer une amende de 385 £ (et 2 600 £ en frais divers) pour avoir mentionné sur Twitter qu’il était prêt à faire exploser l’aéroport Robin Hood de Doncaster « à ciel ouvert! » si celui-ci ne reprenait pas ses opérations rapidement afin qu’il puisse voir sa petite amie.

Pendant ce temps au Canada

Peut-être avez-vous entendu parler de l’histoire du Québécois qui a franchi la frontière avec comme seules pièces d’identité un permis de conduire et la photo de son passeport sur son iPad?

Au début de janvier, Martin Reisch se dirigeait vers la frontière américaine lorsqu’il s’est aperçu qu’il avait oublié son passeport à la maison. Plutôt que de rebrousser chemin, il s’est souvenu avoir une copie numérisée de son passeport sur son iPad. Voulant éviter de faire quatre heures de trajet supplémentaire, il a tenté sa chance avec cette reproduction.

Malgré l’air sérieux du douanier, la chance a souri à cet homme de 33 ans.

Agacé par la sortie de Reisch dans les médias, le département de la Sécurité intérieure des États-Unis a insisté sur le fait qu’il détenait suffisamment d’information sur l’individu pour confirmer son identité avec ses registres.

Officiellement, les douanes américaines n’acceptent que les documents suivants : un passeport (physique), un permis de conduire Plus ou une carte Nexus.