Bonjour, je m’appelle Laurent et je suis collectionneur de consoles de jeux.
Je les ai presque toutes : Atari 2600, Intelevision, NES, Famicom, MasterSystem, SNES, Super Famicom, Genesis, Nintendo 64, Saturn, PlayStation, GameCube, Dreamcast, PlayStation 2, Wii, PlayStation 3 et Xbox 360.
Bien que leurs puissances diffèrent grandement, ces consoles partagent toutes la même caractéristique de base : ce sont des plateformes propriétaires, fermées. Quiconque veut développer pour l’une d’entre elles doit investir une somme considérable afin de se procurer la trousse de développement nécessaire auprès du fabricant de consoles.
Cette barrière à l’entrée (incluant de multiples frais) permet un certain contrôle de qualité. Elle assure au fabricant que seuls les développeurs « sérieux » seront en mesure de contribuer à sa collection de jeux. Elle permet également au développeur de bénéficier d’un marché « protégé » empêchant le piratage de ses jeux.
Avec la popularité de nouvelles plateformes mobiles, où il est possible de développer des jeux comparables à ceux des consoles de salon sans investissement initial monstre, plusieurs rêvent de voir une telle offre prendre d’assaut une industrie bien établie.
Serait-on sur le point de voir ce rêve se réaliser?
Here comes a new challenger
S’inscrivant dans une tendance de plus en plus forte de voir des projets liés à des jeux vidéo envahir Kickstarter, une équipe de concepteurs et d’ingénieurs américains ont soumis une proposition hors de l’ordinaire : la mise en marché d’une nouvelle console de salon, ouverte et peu dispendieuse.
Ouya sera une console basée sur la plateforme Android, un système d’exploitation fiable et avec lequel des milliers de développeurs sont familiers. Comme si ce n’était pas suffisant, on invite même les bidouilleurs à s’approprier la console : il sera possible d’installer sa propre version d’Android sans annuler sa garantie. Une pratique pourtant détestée des fabricants actuels de consoles.
En terme de caractéristiques techniques, voici ce qu’on propose :
- Un processeur quadricœur Tegra 3 de Nvidia
- 1 Go de mémoire vive
- 8 Go d’espace de stockage interne (flash)
- Un port HDMI (résolution maximale de 1080p)
- Connexion WiFi 802.11 b/g/n
- Connexion Bluetooth LE 4.0
- Un port USB 2.0
- Une manette sans fil avec deux manches analogiques, une croix directionnelle, huit boutons et un pavé tactile
- Android 4.0
Ces caractéristiques peuvent sembler faibles lorsqu’on regarde ce que la compétition sera en mesure d’offrir, mais le prix sera tout autre également. L’Ouya sera offerte pour la modique somme de 99 $.
Un marché est assez grand pour 4 joueurs?
Lorsque Microsoft a annoncé en 2001 qu’elle se lançait dans le marché du jeu vidéo, les spécialistes étaient sceptiques quant à ses chances de réussir à se tailler une place sur le marché. Sega venait à peine de terminer la production de la Dreamcast, considérée par plusieurs comme l’une de ses meilleures consoles jamais produites. Essentiellement, le départ de Sega est venu confirmer ce que certains affirmaient depuis longtemps : le marché des consoles de salon ne peut être lucratif pour 3 fabricants.
Aujourd’hui, Microsoft, Nintendo et Sony parviennent tous les trois à tirer leur épingle du jeu. Est-ce dire que le marché est assez grand pour accueillir une quatrième console? Avec près de 4 millions de dollars accumulés en moins de 3 jours (alors que l’équipe avait fixé son objectif à 950 000 $), c’est dire qu’il existe un réel engouement chez les joueurs de voir un nouveau genre de console sur le marché.
Avec ce projet, on a au moins l’audace d’essayer quelque chose de complètement différent, une grave lacune que l’on retrouve chez la majorité des fabricants ayant tenté de pénétrer l’industrie sans succès.
Avec un peu de chance, l’Ouya viendra peut-être influencer la concurrence sur ses relations avec les développeurs.









