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Laurent LaSalleGroupMe : le besoin de texter en groupe

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 publié le 29 août 2011 à 11 h 57
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Avant que Facebook introduise l’application Messenger, et même avant que Google introduise La Clique (Huddle) sur son nouveau réseau social, une entreprise new-yorkaise avait eu l’idée d’offrir une meilleure façon de communiquer entre groupes d’utilisateurs de téléphones intelligents. GroupMe est une application mobile dont la première fonction est de permettre la communication en textos groupés, gratuitement.

Le produit a d’ailleurs attiré l’intérêt de Skype, devenue acquéreuse de l’entreprise la semaine dernière. Mais est-il possible de remplacer l’omniprésent protocole SMS comme outil principal de communication instantanée?

Groupe, où allons-nous souper?

Il vous est certainement déjà arrivé de devoir établir un rendez-vous avec 4 ou 5 de vos amis et de devoir choisir l’endroit où le moment idéal pour la rencontre. Une rafale de courriels peut en agacer certains (je fais partie de la liste), tandis que d’autres ne sont pas toujours disposés à répondre au téléphone. Sans compter que ce sera toujours à vous, l’organisateur, de jouer au téléphone arabe entre vos amis afin de transmettre les disponibilités ou suggestions des autres.

Avec les textos groupés, cette tâche est beaucoup plus simple. Comme dans une salle de clavardage privée, chacun peut ajouter son grain de sel, et la seule confusion possible est causée par l’incompétence à pouvoir s’exprimer par écrit. Merveilleux pour régler une sortie au resto ou au cinéma en deux temps trois mouvements.

Sans compter que GroupMe permet d’indiquer sa localisation géographique (optionnel à la rédaction de votre message), de poser une question (le message qui amorce la conversation), de publier cette question sur Twitter ou Facebook, et même de faire des téléconférences avec vos groupes (par le biais d’une communication téléphonique classique, avec pour l’instant un numéro new-yorkais unique pour chacun de vos groupes).

Une application pour tous types d’appareils

Je ne vous parle pas ici d’une application exclusive aux propriétaires d’iPhone : des versions pour Android, BlackBerry et même Windows Phone 7 sont également disponibles. La pire des contraintes, soit la restriction selon la plateforme, est donc non existante; un fait rare pour une application développée par une entreprise en démarrage.

Non seulement l’application existe pour toutes ces plateformes, mais il est également possible de recevoir les interventions par SMS, une barrière de moins pour votre ami qui n’aurait pas de plan de données cellulaires.

Lors de votre première visite dans l’application, vous n’avez qu’à indiquer votre numéro de téléphone et le mot de confirmation qu’on vous acheminera par SMS afin de créer votre profil GroupMe. Exit la recherche d’un nouveau mot de passe superflu pour un autre service. Une fois le compte créé, vous n’avez qu’à consulter la liste de contacts de votre téléphone par le biais de GroupMe pour voir vos amis déjà inscrits au service, et ainsi les ajouter à de nouveaux groupes.

Plan d’affaires

J’étais invité à l’émission L’analyse des geeks en fin de semaine, et en parlant de GroupMe, j’ai aimé la réflexion du coanimateur Benoît Gagnon à propos de l’abonnement à un nouveau service du genre. Je le paraphrase : « Si je ne parviens pas à comprendre le modèle d’affaires d’un service gratuit, ça signifie que c’est moi le modèle d’affaires. Il est fort possible que mon information confidentielle soit vendue au plus offrant. »

Effectivement, il est toujours bon de se poser la question avant d’investir beaucoup de temps dans un nouveau service gratuit. On peut imaginer que GroupMe pourrait faire comme Skype et proposer à ses membres de payer pour des services supplémentaires. Étant donné que l’entreprise est encore jeune (à peine un peu plus d’un an), il est possible que sa gratuité soit seulement temporaire, afin d’accumuler une masse critique d’utilisateurs.

Gina DesjardinsRIM précipite la sortie de son BlackBerry PlayBook

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 publié le 19 avril 2011 à 17 h 02
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La compagnie canadienne Research in Motion (RIM) est en partie responsable de la popularité des téléphones intelligents. Il y a quelques années, les gens d’affaires voulaient tous un BlackBerry. Plusieurs compagnies ont alors signé des ententes de plusieurs années pour leurs employés. Puis, Apple est arrivé avec son iPhone, plus mince, tactile et avec une boutique en ligne remplie d’applications. La clientèle des téléphones intelligents s’est étendue à bien plus large que le marché des affaires. Les fabricants qui visaient plutôt le développement du plus petit téléphone possible ont été obligés de changer de stratégie pour entrer dans la course. Mais RIM a pris beaucoup de temps à s’intéresser au tactile, en plus d’avoir une grande lacune en ce qui concerne les applications. La compagnie a perdu beaucoup de parts de marché dans les dernières années. Pour plusieurs analystes, le succès du PlayBook sera déterminant pour la survie de RIM. Est-ce que leur tablette tactile réussira à relancer la compagnie? Ce n’est pas gagné d’avance. La sortie de la tablette semble avoir été précipitée. Le BlackBerry PlayBook vient donc avec plusieurs lacunes et plusieurs promesses de mises à jour qui sauront tout régler… dans deux mois. Il vaut donc peut-être mieux attendre ces mises à jour avant de décider d’acheter ou non un PlayBook. À vous de voir…

Le BlackBerry PlayBook

Dimensions et poids

Le PlayBook a un écran de 7 pouces et une résolution de 1024 x 600. Il pèse 425 grammes. Même s’il est 14 % plus épais que l’iPad 2, il demeure plus petit et 33 % plus léger. Les dimensions de la tablette permettent plus facilement son utilisation pour la prise de photos et les enregistrements vidéo, et elle est encore plus facile à transporter. Ceux qui souhaitent une tablette davantage pour consommer du contenu multimédia ou pour remplacer leur ordinateur en voyage risquent de préférer une des tablettes de 10 pouces.

Système d’exploitation et applications

Le PlayBook roule sous un tout nouveau système d’exploitation : BlackBerry Table OS, fruit de leur achat de la compagnie QNX. On est reparti de zéro afin de créer une expérience optimisée pour une tablette. Ce nouvel OS va devenir la norme pour tous les produits de RIM. Malheureusement, les 27 000 applications existantes pour les téléphones BlackBerry ne sont pas compatibles. Au lancement, les utilisateurs auront le choix parmi 3000 applications. C’est loin de ce qu’on trouve chez les concurrents, mais certaines personnes ne désirent que certains essentiels. Toutefois, des applications de bases n’existent pas encore. Par exemple, le PlayBook n’a pas encore d’application de courriel (voir le point suivant pour plus de détails), n’a qu’une application pour la location de films et une pour la vidéo-conférence. Tout ça devrait être réglé dans deux mois, nous promet-on.

Il faut dire que depuis longtemps, les développeurs trouvent compliqué de créer des applications pour BlackBerry. Ça ne semble pas avoir changé pour le PlayBook. Plusieurs ont fait la remarque publiquement, recevant en retour une promesse de l’amélioration du processus. C’est pourtant un problème connu depuis longtemps…

Dans deux mois, un émulateur permettra le fonctionnement des applications pour téléphones Android et celles des téléphones BlackBerry. L’avantage est de permettre aux utilisateurs l’accès à une multitude d’applications. Mais on ne sait pas encore comment ça fonctionnera. Plusieurs croient que ça va nuire à la vitesse d’exécution, en plus d’être gourmand en énergie. Mais les développeurs risquent de perdre tout intérêt pour le PlayBook en se disant que les consommateurs qui désirent leurs applications pourront utiliser la version Android.

La dépendance du Playbook envers le BlackBerry

RIM mise beaucoup sur la connectivité entre la tablette et un BlackBerry. Un « pont » permet d’avoir accès à certaines applications du téléphone telles que le calendrier et le courriel. Lorsque l’on coupe la connexion, on perd toute information. On doit retourner au téléphone en cas de besoin. Ça offre plus de sécurité, mais ce n’est pas pratique pour tout le monde. Malheureusement, sans un BlackBerry, il est impossible d’avoir accès à ses courriels ou à son calendrier sans passer par le navigateur. RIM promet que des applications dédiées seront disponibles dans deux mois.

On peut partager la connexion 3G de son téléphone intelligent - pas uniquement le BlackBerry  - avec sa tablette Wi-Fi.

Multitâche et navigation Internet

Une des caractéristiques intéressantes du PlayBook est la possibilité de faire rouler plusieurs applications en même temps. RIM parle de la possibilité de faire fonctionner 10 applications en même temps. Évidemment, en abuser diminuera la capacité de la batterie, mais on peut donc écouter de la musique en écrivant un texte tout en faisant de la recherche sur Internet.

Ce qui est surtout intéressant pour les gens qui font des présentations est la capacité de se brancher à un téléviseur par la sortie micro-HDMI (et à l’achat du câble nécessaire). Le multitâche nous permet, par exemple, de montrer une présentation PowerPoint sur le téléviseur tout en ayant accès à ses notes sur la tablette.

Le PlayBook supporte la version mobile d’Adobe Flash (10.2). L’avantage est d’avoir un navigateur complet, sans tomber sur la version mobile des sites Internet. L’expérience ressemble de très près à ce qu’on connaît sur un ordinateur. Le désavantage est la lenteur de la navigation, causée, entre autres, par Flash. On peut au moins désactiver les fenêtres Internet publicitaires (pop-up). Les dimensions de l‘écran ne sont pas idéales pour bien profiter de cette expérience de navigation. Des zooms incessants dans la page sont nécessaires.

Un échec?

Adam Hartung du Forbes a écrit une chronique intéressante dimanche dernier à propos de la stratégie incompréhensible de RIM. Selon lui, la compagnie tente de protéger ses acquis et ses vieux produits au lieu de suivre la vague et de se moderniser afin d’aller chercher un nouveau marché. RIM verrait même d’un bon œil que de plus en plus d’employés possèdent deux téléphones : un BlackBerry fourni par la compagnie, et un iPhone ou Android pour leur besoin personnel. Pour les dirigeants de RIM, c’est la preuve qu’ils possèdent le téléphone des affaires et que les compagnies risquent de choisir la tablette conçue essentiellement pour une bonne communication entre les deux appareils. Mais pour Adam Hartung, c’est ce qui va les mener à leur perte. Les ententes de certaines compagnies avec RIM se terminent, et de plus en plus de compagnies permettent maintenant à leurs employés de choisir le téléphone intelligent de leur choix. Selon lui, Microsoft et Nokia ont plus de chance de s’en sortir que RIM.

Ce qui est certain, c’est que RIM aurait mieux fait de sortir sa tablette cet été au lieu de se lancer dans un paquet de promesses de mises à jour. Les nombreuses critiques négatives dans tous les médias (spécialisés ou non) n’aideront en rien la popularité du PlayBook. Pour les consommateurs, il vaut mieux attendre les améliorations annoncées et aller l’essayer en magasin avant de se lancer dans l’achat d’un PlayBook.

Je suis allée à RDI matin parler du lancement du PlayBook aujourd’hui. Si vous l’avez manqué, on peut écouter ici.

Pour toutes les caractéristiques de l’appareil: blackberry.com/playbook-tablet

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En direct du CES (Consummer Electronic Show) en janvier dernier, j’écrivais « La guerre des tablettes est officiellement lancée ». Toutes les compagnies nous présentaient leur tablette à venir. Tellement qu’on en comptait une centaine annoncée! L’engouement pour l’ardoise a beau augmenter - on s’attend au double des ventes cette année, passant de 17 millions d’unités vendues en 2010 à 44 millions en 2011 -, quelques modèles seulement vont se démarquer.

Je l’avais prédit aussi, les concurrents risquaient de sortir après la deuxième génération de l’iPad, ce qui ne serait pas à leur avantage. Eh bien, c’est effectivement le cas. Apple a annoncé son iPad 2 hier pour le 11 mars aux États-Unis et le 25 mars pour le Canada.

Ça fait des semaines que les rumeurs courent à propos des caractéristiques de ce nouvel iPad. Plusieurs se sont avérées. Mais personne n’avait prévu que Steve Jobs, en congé de maladie, l’annoncerait lui-même. Sa présence a rassuré les investisseurs sur son rôle toujours important au sein de la compagnie, et avant même qu’il annonce quoi que ce soit, la valeur des actions de la compagnie a grimpé de 1 %! C’était probablement la véritable raison de sa présence, d’ailleurs.

Revenons-en au gadget. Parce que oui, j’ai beau aimer la tablette, ça reste un gadget dont on peut se passer (pour le moment du moins). C’est un luxe qu’on aime avoir pour consommer son contenu d’une autre façon. La force d’Apple a toujours été de développer ce qu’on ne sait pas encore qu’on veut. La compagnie a encore une fois bien réussi son coup. C’est la première tablette à avoir du succès (elle en a vendu 15 millions en 2010). D’ailleurs, Apple travaille au développement de la tablette depuis une décennie. En même temps qu’elle mettait sur pied iTunes, elle pensait à l’iPad. On dit même que l’iPhone serait sorti pour habituer la population de masse aux gadgets tactiles et aux applications pour préparer l’arrivée de la tablette.

Plus mince, plus léger et plus rapide

La deuxième génération n’apporte rien de révolutionnaire. On parle plus d’évolution. Mais en technologie, la deuxième génération d’un produit rassure plusieurs consommateurs. On a corrigé les erreurs et on a écouté les commentaires des premiers acheteurs. Apple a donc une longueur d’avance en la matière, elle offre cette année l’évolution de son produit. On s’attend d’ailleurs à ce que la compagnie conserve une part de marché d’au moins 75 % (contre 90 % en 2010).

L’iPad 2 est donc d’abord 33 % plus mince que le premier modèle, il passe de 13,4 mm à 8 mm. Ça le rend plus mince que l’iPhone 4. Il pèse maintenant 590 grammes, soit 90 de moins. Ça a l’air de rien comme ça, mais sur un petit appareil, ça paraît. Ça demeure donc la tablette de ce format (et de cette puissance) la plus légère.

L’iPad 2 est muni d’un nouveau processeur double coeur. Cette nouvelle génération sera deux fois plus rapide. Du côté graphique, on parle de neuf fois plus rapide. Mais le processeur A5 est moins gourmand en énergie et permet de garder l’autonomie de la batterie à une moyenne de 10 heures.

Comme on s’y attendait, on a ajouté deux caméras. Une frontale pour les appels vidéo. FaceTime et PhotoBooth seront directement installés. Ce dernier permettra de prendre des photos avec différents effets que l’on pourra manipuler avec les doigts. La caméra au dos existe, selon moi, pour faire plaisir aux consommateurs, parce qu’une tablette n’est pas très pratique pour remplacer l’appareil photo. Mais elle est là.

L’achat d’un accessoire d’une trentaine de dollars va permettre d’avoir une sortie HDMI.

Mais ce qui ne change pas : l’autonomie de la batterie et le prix. Les différents modèles de la tablette resteront au même prix. La deuxième génération de l’iPad 2 sera disponible le 11 mars aux États-Unis et le 25 mars au Canada (en noir et blanc dès son lancement). La première génération de la tablette est quant à elle déjà vendue maintenant une centaine de dollars de moins.

Et les autres?

Est-ce qu’il y a une différence majeure entre les différentes tablettes proposées? Sur le plan des caractéristiques, pas beaucoup.

Les principaux concurrents (que Steve Jobs a traité de copycat), le Motorola Xoom (Android 3.0), le HP TouchPad (HP Web OS) et le BlackBerry PlayBook (BlackBerry Tablet OS) auront possiblement du mal à se tailler une place de choix. Aucune de ces tablettes n’offre vraiment quelque chose de mieux, si ce n’est la possibilité de lire le Flash et un réel multitâche (qui est gourmand côté batterie). Leur autonomie est moins bonne, elles sont plus lourdes et plus chères. L’offre d’applications est moins importante.

J’ai l’impression que seules les tablettes Android (incluant la Xoom) pourront réellement percer le marché. Puisque plusieurs tablettes sortiront avec Android 3.0, le nombre d’applications va continuer d’augmenter. Mais est-ce qu’une tablette va se démarquer plus qu’une autre ?

Pour les autres OS conçus spécialement pour une tablette en particulier, je ne pense pas qu’ils seront capables de rattraper leur retard… Il faudra que les compagnies offrent des tarifs compétitifs en plus de trouver le moyen de révolutionner l’objet, plutôt que proposer leur version de l’iPad…

Laurent LaSalleHP n’abandonne pas le combat et dévoile son TouchPad

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 publié le 11 février 2011 à 11 h 08
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webOS, disponible en S, M ou L

N’en déplaise à certains d’entre nous, l’iPad est sorti grand vainqueur des plus populaires gadgets technos de 2010. Premier devant la concurrence, il est considéré par ses concurrents comme étant la cible à atteindre, à surpasser même. Si Google a surpris tout le monde le mois dernier en dévoilant la future version de son système d’exploitation Android, conçu spécifiquement pour les tablettes, HP s’en vient avec une solution propre à elle.

Généralement, quand on fait l’acquisition d’une entreprise spécialisée dans le développement d’appareils mobiles pour la somme de 1,2 milliard de dollars américains (en l’occurrence, Palm), on cherche à rentabiliser notre investissement. HP nous présente donc la version 3.0 de webOS, développé à l’origine par Palm, propulsé par de nouveaux téléphones intelligents, mais surtout, une tablette.

Le HP TouchPad à la rescousse

C’est mercredi dernier que HP dévoilait pour la première fois au public sa tablette, surnommée le TouchPad. Avec plusieurs caractéristiques physiques identiques à celles de l’iPad (écran 9,7 pouces, résolution de 1024 x 768 pixels, poids et piles très similaires), l’origine de son inspiration semble évidente. Par contre, avec son processeur légèrement plus puissant, sa mémoire vive de 1 Go (contre 256 Mo) et sa caméra frontale (un handicap majeur chez Apple), HP se prémunit de munitions pour aussi affronter Motorola et BlackBerry, deux autres joueurs sur le marché.

Une fonctionnalité intéressante a été démontrée lors de la conférence : il suffit de taper votre TouchPad avec un Pre3, le téléphone intelligent de HP également muni de webOS 3.0, pour transférer l’adresse du site web en cours de visionnement d’un appareil à l’autre. Je reste sceptique quant à l’efficacité de la procédure, mais l’originalité de la démarche est à souligner. Évidemment, il faut se placer dans un contexte où nous possédons les deux appareils, ce qui ne sera pas systématiquement le cas des premiers propriétaires.

Dans le cas de la gestion multitâche, le TouchPad présente les applications sous forme de cartes, à la manière du Palm Pre, où l’on « recule » de l’écran pour ainsi naviguer parmi les applications de gauche à droite, tel un panorama d’applications figées. Une approche plus intuitive à mon avis que la simple navigation avec icônes au pied de l’iPad.

Si vous ajoutez au lot un système unifié de contacts sur tous les appareils webOS, un gyroscope, un clavier plus complet (les dimensions des touches sont ajustables, sans oublier la rangée de chiffres), un système de vidéoconférence intégré et la compatibilité avec Flash, l’offre du TouchPad est très intéressante.

Où sont les applications?

Un fabricant peut réaliser le meilleur terrain de jeu au monde, si aucun développeur n’est là pour en tirer profit, il perd son temps. HP a dévoilé quelques applications au cours se sa conférence, notamment Angry Birds (oui encore), les magazines Time et People, Last.FM, Facebook et Twitter. Cependant, aucune plateforme de distribution de logiciels n’a été révélée lors du dévoilement.

Depuis, des outils sont disponibles sur demande pour quiconque voulant développer sur webOS. Pour savoir si la proposition est intéressante, il faudra attendre le lancement du TouchPad, prévu pour cet été, à un prix se chiffrant aux alentours de 800 $.

Comment réagissez-vous face à la persévérance de Palm par l’entremise de HP? Le marché du mobile sera-t-il en mesure de bénéficier d’une quatrième plateforme?

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Sudhir Venkatesh, un professeur de sociologie à l’Université de Columbia, a passé un an avec des escortes new-yorkaises pour observer l’évolution du plus vieux métier du monde. Sa conclusion : les outils technologiques ont transformé le milieu de la prostitution. Le résumé de son enquête, l’article « The flesh trade » et les nombreuses brèves sur « How tech tools transformed New York’s sex trade », se retrouve dans le magazine Wired ce mois-ci.

Ce n’est pas surprenant, mais je n’y avais jamais pensé. J’ai trouvé son reportage fascinant.

Les travailleuses du sexe préfèrent le BlackBerry

Les téléphones intelligents sont de plus en plus utilisés. Ils servent entre autres à prendre des rendez-vous, mais surtout comme parure. Les travailleuses du sexe (70 % d’entre elles) préfèrent le BlackBerry aux autres puisqu’on le considère comme un symbole professionnel. Les clients croient ainsi qu’elles ne prennent pas de drogue et qu’elles n’ont pas d’infections transmissibles sexuellement. Eh bien!

L'application Facebook pour BlackBerry

Facebook : outil de marketing

En 2003, les escortes devaient compter d’abord sur les agences, puis les clubs de danseuses, le site de petites annonces Craigslist, les bars et hôtels et finalement, les références des autres clients. L’importance de tous ces éléments a diminué pour faire place à un nouveau joueur : Facebook. Le réseau social se retrouve maintenant en deuxième position des endroits où trouver des clients. Parmi les travailleuses du sexe, 83 % y ont une page. Avec Craigslist qui a fermé sa section adulte à l’automne dernier, Facebook devrait jouer un rôle encore plus important au cours des prochains mois. Venkatesh croit que le site créé par Mark Zuckerberg montera à la position numéro 1 cette année.

Une page Facebook n’est pas tout, la plupart gèrent un site Internet personnel. Elles peuvent ainsi s’afficher tout en contrôlant leur image et indiquer clairement leur prix. Comme les agences prennent un gros pourcentage sans leur offrir de protection, plusieurs préfèrent demeurer indépendantes, ce que les outils technologiques leur permettent. Mais puisque ça rassure certains clients, elles inventent des noms de compagnie afin de mentionner sur leur site web être affiliées à une agence…

Le fossé entre les escortes et les prostituées de rue s’agrandit. De moins en moins de travailleuses du sexe et de clients auraient envie de se rencontrer aléatoirement et aveuglément sur un coin de rue. Les prostituées de rue sont donc plus rares et le métier de proxénète serait en voie de disparition. Selon le reportage dans le Wired, bon nombre d’anciens proxénètes sont maintenant sans emploi, ou devenus sans-abri.

Les sites communautaires

Faisant un peu plus de recherche sur le sujet, j’ai réalisé à quel point la toile pouvait leur être utile pour autre chose que la trouvaille de clients. Pour leur sécurité, elles feraient exactement comme les employeurs en faisant une recherche sur les clients potentiels. Avoir une mauvaise identité numérique peut faire en sorte que le client potentiel n’est pas attrayant aux yeux d’une escorte, et une absence d’identité numérique éveille les soupçons. Il existe aussi des sites où les clients peuvent s’informer sur celles à qui ils voudraient faire appel. Un peu à la façon de TripAdvisor, où l’on peut noter des établissements touristiques pour aviser les futurs voyageurs, des sites permettent aux clients de consulter les commentaires de la communauté tels que « Irresponsable, elle ne retourne pas toujours ses messages textes et ses courriels » ou « C’est une vraie passionnée qui aime son travail ».

C’est fou de voir à quel point on peut avoir besoin de donner son avis sur tout avec les plateformes sociales, surtout lorsque l’on peut rester anonyme…