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Laurent LaSalleDisney met la hache dans LucasArts

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 publié le 4 avril 2013 à 14 h 17

LucasArts, le studio de développement de jeux derrière Maniac Mansion, la série Monkey Island et les populaires jeux de l’univers Star Wars, n’est plus. Disney, qui s’est porté acquéreur de Lucasfilm en octobre dernier, a annoncé hier la fermeture du studio et, par le fait même, l’annulation du très prometteur Star Wars 1313 et de Star Wars : First Assault.

À une époque où les profits générés par l’industrie du jeu vidéo dépassent ceux du cinéma, Disney considère qu’il est trop risqué de maintenir le développement de jeux à l’interne. La fermeture de LucasArts entraîne les mises à pied de près de 150 employés. Son nom survivra par le biais de jeux développés sous licence par des studios indépendants.

Les débuts de LucasArts

Alors que A New Hope était en postproduction (en 1977), la compagnie Information International a été mandatée pour explorer la possibilité de créer les vaisseaux spatiaux en image de synthèse. Bien que le résultat était satisfaisant, la numérisation complète de toutes les scènes du film aurait nécessité beaucoup trop de temps. L’idée fût abandonnée, mais George Lucas décida tout de même de fonder Lucasfilm Computer Division afin d’investir dans cette technologie, pour ainsi l’avoir sous la main une fois que celle-ci serait prête.

De son côté, Atari connaissait un franc succès avec sa première console, l’Atari 2600. Elle approcha Lucasfilm afin de conclure un partenariat entre les deux entreprises sous la bannière Atari Lucasfilm. Le fabricant de consoles aurait un droit de regard sur les titres réalisés par Lucasfilm Games Group, une subdivision de Lucasfilm Computer Division. LucasArts est ainsi né.

Au départ, la petite équipe sans expérience devait réaliser deux jeux « poubelles » afin d’apprendre le métier. Par contre, il était hors de question d’utiliser la propriété intellectuelle cinématographique de Lucasfilm, puisque la vente de ces droits rapportait beaucoup plus à la compagnie mère que le retour sur l’investissement qu’en coûterait le développement de ces jeux à l’interne.

Ce n’est qu’en 1986 que Lucasfilm Games se verra attribuer pour la première fois le droit de développer un jeu basé sur un film produit par George Lucas : Labyrinth. De cette expérience naîtra l’idée de concevoir un moteur de jeu pour son prochain titre, et premier véritable succès.

Maniac Mansion, publié en 1987, met en scène trois jeunes adolescents ayant pour mission de rescaper la petite amie du protagoniste principal, kidnappée par une famille étrange dont les esprits sont manipulés par une météorite s’étant écrasée derrière leur maison 20 ans avant les événements du jeu. Lucasfilm Games prit soin d’observer les jeux de son rival Sierra afin de noter les défauts de ceux-ci.

De ces observations est né le jeu d’aventure pointer et cliquer. Plutôt que de taper l’action qu’il désire entreprendre (ce qui exige de connaître un vocabulaire précis), le joueur n’a qu’à cliquer une première fois sur un verbe à l’écran, puis sur l’objet avec lequel il désire interagir. Cette jouabilité intuitive, combinée à des dialogues hilarants et aux différentes façons d’accomplir le jeu, est devenue la marque de commerce de LucasArts pendant ses premières années. La compagnie ne manqua jamais l’occasion d’innover au fil de ses jeux.

La fin d’une époque

La fermeture de LucasArts marque la fin d’une époque. Un peu comme Lucasfilm au début des années 80, Disney considère qu’il est plus rentable de vendre les droits des propriétés intellectuelles à des studios indépendants plutôt que de soutenir le développement de jeux de son propre studio. Il est peu probable que le travail réalisé par LucasArts au cours des derniers mois voie le jour sur une forme ou une autre.

Qui sait, peut-être est-ce l’occasion pour certains nostalgiques d’entreprendre une collecte de fonds sur Kickstarter afin d’acheter les droits de franchises comme Maniac Mansion, Zak McKraken ou Ballblazer?

Laurent LaSalleLe Commodore 64 est de retour

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 publié le 8 avril 2011 à 12 h 29

En 1982, alors que l’industrie du jeu vidéo était sur le point de connaître ses pires moments d’existence dans ce qu’on allait nommer le krach du jeu vidéo de 1983 (qui s’étendit sur trois ans), une compagnie sut tirer profit de la situation avec la mise en marché d’un produit qui allait révolutionner le monde de l’informatique. Bien qu’on attribue souvent le mérite à Apple d’avoir popularisé la souris et l’environnement graphique, il faut reconnaître l’incidence qu’a eue le Commodore 64 sur l’industrie par le simple fait qu’il demeure, encore aujourd’hui, le modèle d’ordinateur le plus vendu de tous les temps.

L'accueil du Commodore 64

Le secret de son succès? Une panoplie de facteurs et de conditions gagnantes!

La compagnie canadienne Commodore produisait déjà à l’époque des composantes informatiques (par le biais de MOS Technology, une entreprise dont elle s’était portée acquéreuse), ce qui lui permit de réduire drastiquement ses coûts de production. Contrairement à ses concurrents, dont la présence se limitait aux magasins d’informatique, le Commodore 64 (tout comme son prédécesseur, le VIC-20) se vendait dans les grands magasins. Finalement, les jeux de piètre qualité qui inondèrent le monde des consoles ont certainement contribué à la conquête de ce marché par Commodore.

L’historique du Commodore 64, par des gens trop motivés

Tout ce qui monte redescend, et Commodore perdit son avance à la génération suivante pour finalement faire « banqueroute » (je suis rétro jusque dans mes expressions) en 1994.

Un Commodore 64 des temps modernes

Depuis le début de la semaine, vous pouvez précommander un ordinateur aux caractéristiques physiques identiques au Commodore 64. Par contre, la quincaillerie interne n’a plus rien à voir avec l’inspiration de sa carrosserie : l’appareil est muni du processeur Intel Atom D525 à double cœur cadencé à 1,8 GHz, d’une carte graphique Nvidia ION2 à 512 Mo en DDR3 et d’une carte mère Mini-ITX. Différentes options sont offertes en ce qui a trait à la mémoire vive (2 ou 4 Go en DDR2), au lecteur optique (DVD ou Blu-ray) et au disque dur (de 160 Go à 1 To). Le clavier vient également avec son lecteur de cartes média (T-Flash, XD, SD/MMC, CF/CF II et MS/MS Duo).

Le Commodore 64

Pour le système d’exploitation, plusieurs choix s’offrent à vous. L’appareil vient avec Linux (la saveur Ubuntu 10.04 LTS, mais il sera évidemment possible d’y installer Windows 7 sans problème. On promet d’envoyer par la poste un exemplaire de Commodore OS 1.0, l’émulateur classique et l’ensemble de jeux rétro, dès que ceux-ci seront prêts. Comme vous l’aurez deviné, l’appareil et les logiciels sont toujours en développement.

Les cinq configurations possibles se détaillent entre 250 et 895 $US. Commodore USA prévoit livrer la marchandise cet été. Je dois admettre être tenté par l’offre… et vous?