Billets classés sous ‘art numérique’

type_rider_1Type:Rider, qu’on retrouve sur le site de ARTV.ca, est un jeu de plateforme et d’adresse qui propose de résoudre des casse-têtes spatiaux pour récolter les clés d’environ 30 000 ans d’histoire de l’écriture.

Découvrir l’histoire de l’écriture en surfant sur la typographie

Le jeu a, comme on peut s’y attendre, une portée pédagogique assez appuyée, puisque les récompenses de chaque niveau sont l’accès à un volet de l’histoire des signes et des symboles écrits, de leur origine à la tournure plus sophistiquée et évocatrice que leur apporte la typographie.

Les amateurs de jeux de plateforme verront une certaine ressemblance avec des jeux comme Limbo ou Braid, puisque le joueur doit faire preuve de dextérité et de perspicacité pour que son deux-points jumeaux qui sert de personnage puisse trouver le moyen de se frayer un chemin jusqu’à leur but.

Il y a aussi une parenté dans le style et dans l’utilisation de personnages abstraits qui rappellent, mais en beaucoup moins recherché, un jeu comme World of Goo.

Jouer sur les lettres

À la sortie de Futura, en route pour Times...

À la sortie de Futura, en route pour Times…

Cela dit, ce qui distingue Type:Rider des autres jeux et en fera un objet convoité pour certains, c’est ce périple de typo en typo, que l’on fait en effleurant des lettres, de quoi faire frissonner les mordus de typographie. Il y a sûrement des graphistes qui rêvent parfois de glisser sur les lettres anguleuses d’une typographie Gothic, pour ensuite surfer sur Garamond, Didot, Clarendon, puis s’accrocher aux angles de Futura, avant de poursuivre vers Times, Helvetica, Pixel ou Comic Sans MS.

La musique a des allures de folk des grands espaces, un genre qui accompagne bien notre deux-points perdu dans un paysage immense.

Le jeu est offert sur WebPlayer, Smartphone, tablettes et PC/MAC. Dans iTunes et dans Google Play, il se vend 2,99 &.

C’est aussi un jeu social pour Facebook. Il est offert en version complète sur l’ARTVStudio et son esthétisme se prête très bien à une installation interactive spécialement conçue pour des lieux éducatifs et culturels.

Type:Rider est produit par Ex Nihilo et ARTE France. On retrouve par ailleurs les renseignements et liens vers les boutiques iTunes et Google Play sur le site d’ARTE.

 

 

Google trilogy, ou Trilogie Google, est une oeuvre d’Emilio Vavarella inspirée par le rapport entre les humains, la technologie, le pouvoir et les erreurs inévitables de cette rencontre. Vavarella s’est appliqué à répertorier les images de Google Street View dont la captation a connu quelques ratés. Est-ce que la machine a créé des oeuvres ou est-ce que l’art est dans l’oeil de l’artiste?

La trilogie des erreurs, ou des perceptions revisitées

Dans le premier volet, intitulé Report a problem (« Signalez un problème »), l’artiste a réuni 100 photos numériques qui montrent des paysages tantôt recolorés par les effets du numérique, tantôt déformés par une erreur poétique. On pourrait croire que ces effets sont planifiés et conçus dans un but artistique, mais il n’en est rien.

Reportaproblem

Dans le volet Michele’s story, Vavarella raconte en un panoptique de 100 images le parcours d’un homme paralysé et souffrant de pertes de mémoire après un accident. Grâce aux images d’accidents tirées de Google street view, l’artiste recrée un fragment à la fois de ce qui pourrait être l’histoire de Michele. Il explore donc ici le rapport à la mémoire, ainsi que les archives numériques qui se constituent souvent à l’insu des personnes sur les photos captées.

Michele-Story-print

Le dernier volet, The driver and the cameras, analyse la subjectivité derrière la caméra, soit le conducteur qui patrouille les rues pour capter les différentes photos qui serviront à Google street view. La série compte 11 impressions sur des plaques en aluminium de forme ronde. Emilio Vavarella explique que pour la mise en ligne, Google exige que les visages des personnes photographiées soient recouverts d’un flou pour éviter qu’on puisse les identifier. Les photographes-patrouilleurs, eux, apparaissent parfois par erreur dans une photo, montrant ainsi l’envers du décor et faisant ressortir l’action humaine qui sous-tend le processus de documentation de Google.

Drivers

Au final, le travail de Vavarella fait réfléchir sur l’esthétique de l’erreur, mais aussi sur l’action humaine dans un contexte de contrôle social, alors que nos faits et gestes sont de plus en plus captés et archivés numériquement par ces caméras présentes un peu partout dans l’espace urbain.