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L’iPhone 6s a eu droit cette année à quelques nouveautés importantes en ce qui concerne les appareils photo et caméras : deux nouveaux capteurs, de 12 et de 5 mégapixels; l’enregistrement vidéo 4K et les « Live Photos », des clichés animés qui enregistrent les instants avant et après une photo. Un concept qui a ses charmes, mais qui aura besoin d’un écosystème plus vaste que celui d’Apple pour connaître du succès.

Qu’est-ce que c’est?

Les Live Photos sont des photos normales, en plus desquelles est enregistrée environ une seconde de vidéo avant et après la photo.

Pour prendre une Live Photo, il suffit d’appuyer sur un nouveau bouton dans l’interface de l’appareil photo de l’iPhone 6s (de petits cercles concentriques), et de prendre sa photo comme si de rien n’était.

En regardant ses images par la suite dans l’application Photos, il suffit d’appuyer avec force sur l’écran de son iPhone 6s (ou d’appuyer longuement avec un autre appareil iOS 9) pour que la photo normale devienne floue et se transforme ensuite en une petite vidéo, avec le son.

Comment ça fonctionne?

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Techniquement, les Live Photos sont assez simples. Lorsque la fonctionnalité est activée et qu’une photo est prise, l’iPhone enregistre en plus une petite vidéo des secondes précédant et suivant la capture de l’image, et sauvegarde cette vidéo dans le même dossier que vos photos.

Les applications Photos sur iOS et OS X El Capitan masquent ensuite le fichier vidéo dans leur bibliothèque, et passent de la photo à la vidéo lorsqu’on appuie longuement sur le cliché.

Si vous branchez votre téléphone à un ordinateur, vous pourrez d’ailleurs constater que deux fichiers distincts sont conservés, un .JPG et un .MOV.

Le procédé assure notamment que les photos sont tout à fait normales, et qu’elles fonctionneront avec tous les autres services et appareils, peu importe qu’elles aient été prises en Live Photos ou non.

Est-ce que ça prend beaucoup de place?

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Le fichier .MOV est d’une résolution moins élevée que la photo, à 1440 par 1080 pixels, et il est assez saccadé, à 15 images par seconde seulement. Le fichier total est donc plutôt petit, soit sensiblement un peu plus gros qu’une photo d’iPhone.

Une place raisonnable, certes, mais ceux qui possèdent un iPhone de 16 Go seulement voudront probablement désactiver la fonctionnalité par défaut, et s’en servir uniquement dans les moments où elle vaut vraiment la peine.

Est-ce qu’on peut partager les Live Photos?

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Il est malheureusement difficile de partager des Live Photos, du moins en dehors de l’écosystème d’Apple. Pour l’instant, il est ainsi possible de les transférer d’un appareil iOS à l’autre par AirDrop. Il sera aussi possible de les envoyer vers un ordinateur Mac équipé d’El Capitan et de les consulter dans l’application Photos.

Pour les autres appareils et les autres sites, vous devrez plutôt vous contenter de partager la photo normale, tout simplement, ou encore de passer par un ordinateur et de partager la vidéo. Les plus motivés peuvent ensuite téléverser leurs vidéos vers YouTube et choisir la photo comme couverture de la vidéo et reproduire (en partie) une Live Photo sur le web.

Le procédé est rapide pour ceux qui s’y connaissent, mais quand même complexe pour la plupart des gens, et le résultat final est moins intéressant que sur un téléphone directement, par contre :

Heureusement, la chose pourrait changer prochainement. Apple a fourni des outils aux développeurs pour qu’ils puissent utiliser les Live Photos, et Facebook intégrera les images animées d’Apple sur son site web d’ici la fin de l’année. L’agence Getty Images serait aussi en train de considérer l’utilisation de Live Photos pour ses volets créatifs et éditoriaux, selon ce qu’a confirmé le directeur de la technologie de l’entreprise Steve Heck.

Est-ce vraiment intéressant?

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Le jury délibère toujours sur cette dernière question. Certains adorent la fonctionnalité, d’autres la jugent inutile.

De mon côté, j’étais au départ très sceptique, notamment parce qu’aucune fonctionnalité du genre n’a jamais réellement décollé jusqu’ici. Après quelques jours d’utilisation, je me suis toutefois un peu réchauffé à l’idée.

Certaines Live Photos prises au cours des derniers jours permettent de revivre l’ambiance d’une photo un peu plus efficacement (comme une photo d’enfants qui jouaient au hockey dans la rue), et d’autres permettent de cacher des choses, comme quelqu’un qui tire la langue après la prise du cliché, par exemple.

La plupart des Live Photos tombent à plat (notamment celles où on oublie de garder son téléphone stable après la prise du cliché), mais certaines sont donc indéniablement amusantes.

En regardant ses vieilles photos, et même des photos célèbres, on réalise aussi qu’on aimerait parfois avoir accès à des images animées du genre, pour revoir les instants entourant une image prise à une époque où la technologie n’existait pas.

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Pouvoir revivre les secondes avant et après la célèbre photo de Pennie Smith où Paul Simonon des Clash brise sa guitare basse (une photo utilisée par le groupe pour la pochette de son album London Calling), par exemple, mettrait certainement en valeur la fonctionnalité.

Il est difficile de savoir de quoi auront l’air les Live Photos d’ici quelques années. Live Photos pourra soit s’imposer comme une fonctionnalité ingénieuse que les gens utiliseront dans la vie de tous les jours, ou encore s’avérer une expérience ratée.

J’ai tendance à croire que si la fonctionnalité est laissée à elle-même, elle risque plutôt de tomber dans la seconde catégorie.

Pour éviter ce destin et s’assurer que le genre puisse réellement décoller, Apple devra redoubler d’ardeur, notamment en facilitant l’exportation des images vers d’autres appareils et vers d’autres services en ligne et même, pourquoi pas, permettre aux autres entreprises d’intégrer la technologie à leurs téléphones et à leurs appareils photo conventionnels.

Apple iPad Pro

Deux nouveaux iPhone, une importante mise à jour de l’Apple TV, un iPad grand format qui peut être transformé en ordinateur portatif, de nouvelles montres : c’est une conférence de presse marathon qu’a tenue Apple mercredi. Voici mes premières impressions sur les appareils dévoilés lors de l’événement.

iPhone 6S : 3D Touch surprend

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Tel que prévu, Apple a dévoilé mercredi deux nouveaux téléphones, les iPhone 6S et 6S Plus. Fidèle à son habitude, Apple propose cette année des appareils offrant un design similaire à ceux des années précédentes, mais avec des composantes améliorées et quelques nouvelles fonctionnalités.

La plus grande nouvelle est sans aucun doute l’arrivée de 3D Touch, une technologie qui permet d’appuyer fortement sur son écran pour activer des fonctionnalités, comme un sous-menu, ou encore pour suivre un lien sans quitter son application principale.

Après quelques minutes d’utilisation, 3D Touch semble particulièrement prometteur, surtout pour les utilisateurs avancés qui recherchent des façons d’être plus efficaces sur leur appareil mobile. Les autres fabricants devraient en prendre bonne note.

Parmi les autres nouveautés des iPhone 6S et 6S Plus, ceux-ci sont plus rapides qu’auparavant, grâce au processeur A9, le lecteur d’empreintes digitales TouchID est deux fois plus rapide et leurs appareils photo ont été améliorés, avec l’appareil arrière qui passe à 12 mégapixels et l’appareil frontal qui passe à 5 mégapixels.

Malheureusement, l’iPhone 6S débute toujours avec une capacité de 16 Go, même avec ses photos plus grandes et la prise de vidéos 4K de sa caméra, ce qui est certainement une déception.

Les iPhone 6S et 6S Plus seront lancés au Canada le 25 septembre prochain, pour 899 $ et plus sans entente.

iPad Pro : la création avant la consommation

iPad Pro

L’iPad sera désormais offert dans une troisième taille, plus grande, à 12,9 pouces. L’iPad Pro est tout simplement énorme, avec son écran exactement deux fois plus grand que celui de l’iPad Air et son format à peine plus petit que le MacBook Air.

Alors que l’iPad est souvent considéré comme un appareil conçu pour consommer de l’information, l’iPad Pro est pour sa part beaucoup plus axé sur la création de contenu.

Si on inclut l’arrivée du multitâche d’iOS 9, permettant de travailler sur deux applications à la fois, et le lancement du clavier Smart Keyboard d’Apple, l’iPad Pro a d’ailleurs indéniablement des allures d’ordinateur portatif.

Si son clavier, qui utilise la même technologie que celui que l’on retrouve dans le MacBook, est étonnamment efficace pour sa minceur, il faudra attendre un essai plus poussé pour savoir si la tablette pourra réellement remplacer un ordinateur.

L’appareil pourra aussi être accompagné d’un nouveau stylet actif, l’Apple Pencil, pour permettre d’écrire ou dessiner avec précision sur l’écran. Un premier essai s’est avéré convaincant, avec une bonne précision et une technologie de reconnaissance de la paume efficace, pour écrire avec sa main collée sur l’écran.

L’iPad Pro sera lancé en novembre, pour environ 300 $ de plus que l’iPad Air 2 (le prix canadien exact n’a toujours pas été annoncé).

Apple TV : une fluidité qui plaît

Apple TV

Après quelques années tranquilles dans le salon, Apple a finalement dévoilé sa nouvelle console Apple TV.

Si l’appareil n’inclut aucun service télé IP d’Apple (la compagnie tenterait de lancer un service du genre depuis plusieurs années maintenant), celui-ci offre toutefois de nouvelles composantes plus puissantes et un nouveau système d’exploitation qui permettront d’y installer des applications tierces pour la première fois.

La nouvelle puissance de l’Apple TV est particulièrement agréable lorsque l’on navigue dans l’interface à l’aide de la télécommande Bluetooth qui est désormais livrée avec la console. L’interface est fluide et agréable à contrôler avec le pavé tactile de la télécommande, au point où il sera difficile de retourner en arrière.

Apple a présenté quelques-unes des applications qui seront lancées avec la console. Outre les traditionnelles applications vidéo comme Netflix et HBO, les jeux devraient occuper une place importante.

Plusieurs jeux mobiles seront adaptés pour l’Apple TV, mais aussi des jeux pour consoles de jeux vidéo, comme Guitar Hero. Détail intéressant, il sera possible d’entamer une partie sur l’Apple TV pour la poursuivre sur un appareil mobile comme l’iPad et l’iPhone. Malheureusement, les appareils d’Apple ne supportent toutefois qu’un seul compte Apple ID à la fois, ce qui pourrait rendre cette fonctionnalité plus problématique avec les familles.

Parmi les autres nouveautés de l’Apple TV, notons l’assistant personnel Siri, qui devrait simplifier les recherches.

L’Apple TV sera lancée au Canada vers la fin d’octobre, pour 149 $ US avec une capacité de 32 Go ou 199 $ US avec une capacité de 64 Go. Le prix en dollars canadiens n’a toujours pas été dévoilé.

Maxime JohnsonUn premier iPod depuis 2012 pour Apple

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 publié le 16 juillet 2015 à 8 h 09

Même s’il n’occupe plus une place prépondérante parmi les produits Apple, le lecteur multimédia iPod n’est pas mort. L’entreprise américaine a d’ailleurs lancé hier une mise à jour importante de son iPod touch, une première depuis 2012, en plus d’offrir de nouvelles couleurs pour l’iPod nano et l’iPod shuffle.

iPod touch : à mi-chemin entre un iPhone 5 et un iPhone 6
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L’iPod touch de sixième génération se veut un mélange entre un iPhone 5 et un iPhone 6.

La nouvelle variante du lecteur multimédia d’Apple intègre en effet plusieurs caractéristiques du dernier téléphone du fabricant, notamment un processeur A8 à 64 bits et le coprocesseur M8, qui permet de profiter des capteurs de l’appareil même lorsque ce dernier est en veille, afin par exemple de calculer ses pas pendant la journée.

Son appareil photo a aussi été amélioré. Il comprend désormais un capteur iSight de 8 mégapixels et une caméra frontale HD offrant un mode rafale, un mode HDR et un contrôle manuel de l’exposition.

Le nouvel iPod n’adopte toutefois pas le grand format de l’iPhone 6, puisqu’il conserve l’écran de 4 pouces qui équipait l’iPhone 5 et l’iPhone 5S. On n’y trouve pas non plus de lecteur d’empreintes digitales TouchID. Ces choix permettent en partie à l’appareil de se vendre à un prix beaucoup plus bas que celui de l’iPhone, soit 249 $ pour le modèle de 16 Go contre 839 $ pour un iPhone 6 équivalent.

Mise à jour nécessaire
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Il ne fait aucun doute que l’importance de l’iPod a grandement diminué avec la montée des téléphones intelligents. Depuis le premier trimestre de 2015, Apple ne dévoile d’ailleurs plus les ventes de ses iPod, puisque celles-ci sont désormais incorporées dans la catégorie « Autres produits » dans les résultats trimestriels de l’entreprise, avec les accessoires, les appareils Beats Electronics et l’Apple TV.

La mise à jour de cette semaine était toutefois des plus nécessaire, puisque le dernier iPod touch était inspiré de l’iPhone 5 et même de l’iPhone 4, avec son processeur A5, ses 512 Mo de mémoire vive (plutôt que 1 Go à l’heure actuelle) et sa caméra de seulement 5 mégapixels.

Avec ses nouvelles caractéristiques, l’appareil représente un choix intéressant pour ceux qui cherchent les avantages d’un téléphone intelligent, mais sans les fonctions téléphoniques et surtout, à prix abordable.

Le nouvel iPod touch devrait aussi permettre aux développeurs de tester leurs applications mobiles à faible coût sur un appareil aussi performant que l’iPhone actuel, et non sur un autre qui serait quelques générations en retard.

Notons finalement que le modèle de 128 Go remplace pour sa part l’iPod Classic de 160 Go, qui a récemment été retiré des tablettes par Apple. Son prix de 499 $ pourrait toutefois faire peur à certains.

De nouvelles couleurs pour les iPod nano et iPod shuffle
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Les iPod nano et shuffle ont pour leur part eu droit à des changements esthétiques seulement, puisqu’ils sont désormais offerts en bleu, en rose et en doré (tout comme l’iPod touch, d’ailleurs), en plus des habituels argent, noir et rouge.

Il est bon de noter que puisque ces deux appareils n’intègrent pas de connectivité wi-fi, ceux-ci ne sont pas compatibles avec le nouveau service Apple Music et la radio Beats 1. Voilà probablement une occasion ratée, surtout dans le cas de l’iPod nano, qui commence à en offrir bien peu pour son prix.

L’iPod nano est vendu à 179 $ pour 16 Go au Canada, et l’iPod shuffle, à 59 $ pour 2 Go.

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Permettre aux téléphones intelligents de se positionner dans l’environnement physique. Voilà, en gros, à quoi sert Eddystone, le nouveau système de positionnement dévoilé hier par Google, en réponse au protocole iBeacon d’Apple. Cette technologie pourrait, par exemple, permettre aux commerces de mieux servir leurs clients ou aux musées de mieux intégrer l’utilisation des téléphones des visiteurs à leurs expositions.

Qu’est-ce que c’est?
Eddystone est une technologie ouverte fonctionnant avec le protocole Bluetooth à faible énergie. Avec Eddystone, de petites balises émettent des informations simples, comme une adresse web, qui peuvent ensuite être utilisées par les téléphones intelligents environnants.

À quoi ça sert?
Les usages d’un système de positionnement sont nombreux. Un centre commercial pourrait, par exemple, poser une balise dans chaque commerce de son établissement pour proposer des rabais aux consommateurs lorsqu’ils visitent une boutique.

Un musée pourrait aussi développer un système grâce auquel les informations sur les œuvres s’afficheraient automatiquement sur le téléphone des visiteurs, sans que ceux-ci aient à utiliser de puce NFC ou de code QR.

Un abri d’autobus pourrait aussi envoyer de l’information sur les prochains passages aux utilisateurs environnants, par exemple, et le menu du jour pourrait s’afficher directement sur le téléphone des clients lorsqu’ils entrent dans un restaurant. Google devrait d’ailleurs intégrer prochainement ces deux derniers exemples à son assistant Google Now.

Une version plus sécuritaire du protocole dévoilé mardi par Google devrait aussi permettre éventuellement de retrouver, par exemple, ses valises à l’aéroport, à condition de placer au préalable une balise dans ses bagages.

Comment Eddystone se compare-t-il à iBeacon d’Apple
Eddystone est une technologie similaire à iBeacon, un protocole dévoilé par Apple en 2013. Celui-ci est toutefois ouvert, et non propriétaire, et il est compatible autant avec les téléphones Android qu’avec les appareils iOS, ce qui devrait représenter un avantage certain.

Combien coûteront les balises?
Ce n’est pas Google mais différents partenaires qui produisent les balises Eddystone. Les prix varient grandement. Certains modèles plus simples se détaillent à partir de 10 $, mais la plupart se vendent plutôt autour de 20 à 30 $ l’unité.

Quand pourra-t-on en profiter?
Six fabricants de balises Eddystone ont déjà été approuvés par Google, et l’entreprise californienne a publié cette semaine deux interfaces de programmation qui peuvent être utilisées par les développeurs pour intégrer Eddystone à une application.

Les premières installations avec Eddystone pourraient donc être mises en service d’ici quelques mois seulement.

Maxime JohnsonBeats 1 : cinq réflexions sur la radio d’Apple

par

 publié le 2 juillet 2015 à 11 h 33

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Apple a lancé mardi Beats 1, sa radio Internet diffusée en direct et en continu à partir de Londres, de New York et de Los Angeles. Cette composante gratuite du service musical par abonnement Apple Music est une aventure particulière, unique dans l’univers de « la Pomme ». Voici cinq réflexions sur cette radio aux ambitions mondiales.

Beats 1 est la radio de l’Internet
Beats 1 n’est peut-être pas la radio du monde, mais elle est certainement, déjà, la radio de l’Internet. Il suffit de quelques heures d’écoute tout en suivant le mot-clic #beats1 sur Twitter pour réaliser à quel point la radio d’Apple pourrait devenir quelque chose de rassembleur sur le web, où des milliers d’internautes discuteront des choix des DJ et où les entrevues auront un effet instantané. Aucune radio en direct du genre ne peut en dire autant jusqu’ici.

Avec Beats 1, l’entreprise semble déterminée à relancer un esprit de communauté autour de sa marque, quelque chose qui s’est un peu estompé depuis la mort de Steve Jobs et, surtout, depuis qu’Apple est un peu passée de David à Goliath dans l’imaginaire collectif.

Le fait qu’il est possible d’y faire des demandes spéciales – un concept pourtant archaïque considérant qu’Apple Music permet d’écouter plus de 30 millions de pièces à la carte – est certainement un bon indicateur de cet esprit communautaire.

Une programmation variée et souvent à point
Côté musique, c’est une programmation variée qu’offre Apple Music, avec un penchant toutefois pour le hip-hop et pour le rock indépendant, mais la musique électronique grand public est aussi au menu. Si on peut sentir certaines tendances au sein des émissions, on doit aussi souligner que les DJ changent drastiquement de genre en passant d’une pièce à l’autre, tout en conservant une bonne cohésion.

Plusieurs émissions sont particulièrement efficaces pour nous faire découvrir de la nouvelle musique (on pense à celle de l’ancien DJ de BBC 1 Zane Lowe), tandis que d’autres ressortent des classiques, ou encore d’anciennes pièces méconnues. Ces deux derniers points rappellent notamment les listes de l’application Songza, un autre service où la musique est choisie par des humains plutôt que par des algorithmes.

Musicalement, Beats 1 ne sera peut-être pas pour tout le monde, mais une chose est certaine, personne ne pourra qualifier la radio d’Apple de « pépère ». Au contraire, sa programmation est des plus branchées.

Une forme archiclassique
Si la proposition musicale de Beats 1 se démarque, on regrette toutefois rapidement sa forme calquée sur les radios commerciales, avec les animateurs qui parlent en même temps que la fin des pièces et qui ressassent des « You’re listening to Beats 1 », « Always on » et autres trucs du genre sur des ambiances sonores hyperactives.

Au moins, la publicité y est minimale, avec seulement le nom des principaux commanditaires qui est rappelé de temps à autre, mais personne n’invente rien ici. Notons que ce n’est pas forcément un reproche, mais plutôt un constat.

Un logiciel correct, qui pourrait être amélioré
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Il est possible d’écouter Beats 1 sur un ordinateur, par iTunes, ou encore avec l’application mobile Apple Music, une exclusivité iOS pour l’instant qui devrait aussi être offerte sur Android à l’automne. À partir d’iTunes, les options sont un peu plus limitées (Beats 1 s’affiche comme la station principale dans le nouvel onglet Radio du logiciel d’Apple), mais à partir de l’application Apple Music, le tout est un peu mieux.

Il est alors possible d’aimer et de créer des stations à partir des chansons qui passent à la radio à un moment précis – plus facilement qu’à partir d’iTunes – et on peut accéder aux dernières émissions de nos animateurs préférés, sous forme de baladodiffusion.

Ce dernier volet est particulièrement intéressant, et bien intégré dans l’application, puisqu’il permet en plus de réécouter les pièces diffusées par l’entremise d’Apple Music. L’interface en général est toutefois un peu confuse, et il est difficile d’obtenir facilement l’horaire de la radio.

Pour une radio conçue par un géant des technologies en 2015, et jouée à partir de téléphones intelligents puissants, on se demande si Apple n’aurait pas pu innover un peu plus. Beats 1 est une radio diffusée sur Internet, qui ne profite pas vraiment de la technologie pour réinventer le média. Est-ce mieux ainsi, ou est-ce une occasion ratée? Je l’ignore, mais la question vaut la peine d’être posée.

Un concept très ethnocentrique
La plus grande faiblesse de Beats 1 est intrinsèque au concept même de la radio d’Apple.

Beats 1 se veut une radio mondiale. Toutefois, c’est une radio mondiale anglophone, avec des racines fermement ancrées dans les cultures britanniques et américaines. Si Beats 1 est la vision que se fait Apple du monde, il s’agit d’une vision hautement ethnocentrique.

La radio d’Apple mélange à merveille la culture américaine noire et la scène musicale britannique, mais personne ne va confondre Beats 1 avec une chaîne de musique du monde. La question linguistique, évidemment, pose aussi problème.

Est-ce qu’un éventuel Beats 2 pourrait un jour répondre à ce besoin, avec une programmation plus internationale, dans laquelle des émissions locales géolocalisées pourraient être intercalées, par exemple (quelque chose qui serait techniquement facile à faire pour Apple)?

Voilà qui irait un peu à l’encontre de l’idée derrière Beats 1, mais qui pourrait certainement permettre de rejoindre ceux qui ne se retrouveront pas dans la nouvelle radio d’Apple.