Billets classés sous ‘amazon’

Catherine MathysLe Washington Post : le phénix du journalisme?

par

 publié le 24 novembre 2015 à 15 h 34

Du 20 au 22 novembre dernier avait lieu le congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Cette année, l’accent était mis sur le (difficile) virage numérique des médias. Le point d’orgue du congrès a eu lieu samedi après-midi avec la conférence prononcée par Greg Barber, directeur des projets numériques en information au Washington Post et responsable de Coral, une collaboration de partage d’informations entre le Washington Post, le New York Times et Mozilla.

20151121_161400

Une industrie à la recherche de solutions

L’industrie des médias, et par extension le journalisme, sont en mode survie. La prolifération d’appareils, les changements de plateformes et la transformation de la mise en récit sont tous des facteurs qui ont contribué, selon lui, à l’érosion du modèle médiatique traditionnel. Tenter de suivre le mouvement des auditoires peut s’avérer à la fois coûteux et déroutant.

Alors, comment faire? Greg Barber donne quatre solutions qui paraissent, d’emblée, plus faciles à énumérer qu’à mettre en place :

1. Trouver sa voix

Exister ne suffit plus. Il faut aussi définir le ton, l’intérêt et la pertinence d’un média dans un paysage médiatique où de nouveaux joueurs font leur apparition toutes les semaines. Un grand média peut-il être aussi flexible et innovant qu’une plus petite entreprise de presse? Certainement, et l’exemple du Washington Post pourrait (devrait) en inspirer quelques-uns. Quels sont les principes essentiels au développement d’une culture d’innovation dans les salles de presse? L’ouverture, la vitesse et la générosité. À méditer. Selon Barber, il faut établir des objectifs et trouver le moyen de mesurer ses progrès. Il faut s’adapter et tenter d’accepter de nouvelles façons de faire.

2. Déconstruire les frontières

Ce n’est pas toujours facile d’apprendre à faire les choses autrement. Pendant le plus clair de leur histoire, les médias se sont définis selon la dynamique du « few-to-many » avec un processus bien établi, où la nouvelle n’avait pas à passer par une multitude de canaux différents. Selon Barber, les structures internes rigides desservent mal les entreprises de presse qui devraient faciliter la concertation entre les affaires, la salle de presse et les ingénieurs. Tous les départements d’un média devraient apprendre à mieux collaborer. Par exemple, Barber mentionne qu’un journaliste, de nos jours, devrait parler le langage des développeurs. Ça ne veut pas dire qu’il doit nécessairement apprendre à coder, mais il doit pouvoir collaborer facilement avec eux, tout comme il doit comprendre qu’il fait partie d’une entreprise qui doit gagner de l’argent pour rester en vie.

3. Apprendre à connaître son auditoire

Et si les médias remettaient l’auditoire au cœur de l’équation? Je parlais récemment dans ce blogue d’une initiative américaine qui vise à renverser le cycle de la nouvelle. Greg Barber nous indique aussi qu’il faut mieux écouter son auditoire quand il s’exprime. Il ne faut surtout pas confiner son lectorat aux commentaires stériles au bas des articles. C’est en ce sens que le Washington Post a mis au point le Coral Project en collaboration avec le New York Times, ainsi que les fondations Knight et Mozilla. Son premier produit sera justement un outil en code source ouvert pour repérer les meilleurs commentateurs d’un site de nouvelles. Il sera disponible début 2016. Selon Barber, la communauté doit devenir une partie importante du journalisme.

4. Essayer, essayer, puis réessayer

Difficile de faire des essais et les erreurs qu’ils impliquent dans un climat aussi précaire que celui des médias. Toutefois, Greg Barber est formel, le salut passe par là. « Soyez braves et audacieux », a-t-il rappelé, sous-entendant que les journalistes et les entreprises sont peut-être frileux à l’idée d’expérimenter de nouvelles pratiques. La peur est l’un des défis les plus importants de l’industrie des médias, selon lui. Rien ne dure jamais bien longtemps sur Internet, mais les échecs pavent la voie vers certains succès. Le véritable échec est celui de ne pas apprendre de nos erreurs.

Un exemple à suivre

Le Washington Post est un exemple impressionnant d’un média qui a cherché à se réinventer et la solution lui est venue grâce au numérique. En mars 2015, l’achalandage de son site a fracassé des records en dépassant pour la première fois le seuil des 50 millions de visiteurs, avec un total de 52,2 millions de visiteurs uniques, selon ComScore. Et la progression se poursuit. En septembre, le Washington Post s’approchait des 60 millions de visiteurs uniques, un autre record qui marque une augmentation de 41 % par rapport à l’année précédente.

washington post

Greg Barber a notamment indiqué que cet auditoire est largement composé de cette masse diffuse que toutes les entreprises de presse cherchent tant à courtiser : les jeunes. L’auditoire du Washington Post est composé de 40 % de milléniaux, a-t-il rappelé. On pouvait pratiquement ressentir le frisson des patrons de presse présents dans la salle.

Toutefois, le Washington Post n’a pas toujours été synonyme de croissance. Au contraire, en 2012, le magazine Forbes décrivait une situation pour le moins inquiétante. Il indiquait que dans le premier trimestre de cette année-là, le journal avait perdu 22,6 millions de dollars et que ses revenus totaux étaient en chute de 8 %. Même les exemplaires du populaire numéro du dimanche se vendaient 5,2 % moins, tandis que les ventes du numéro de la semaine connaissaient une baisse de 10 %. Disons que les jours de gloire du journal entourant le Watergate et les Pentagone Papers étaient loin derrière.

C’est à la fin de 2013 que tout a commencé à changer. Cette année-là, Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, a racheté le média au coût de 250 millions de dollars. Il s’agit d’une aubaine, quand on pense aux 19 milliards que Facebook a dépensés quelques mois plus tard pour racheter la populaire application de messagerie WhatsApp. Ce sont les messageries qui ont la cote, et non les journaux.

Le sauveur du Washington Post

Jeff Bezos a insufflé un vent de renouveau au Washington Post. La passion de M. Bezos n’est pas tant celle du journalisme que celle de la technologie. Selon Barber, Bezos, fort de son expérience avec Amazon, a amené deux éléments essentiels au journal, soit l’élégance de la technologie et le service à la clientèle.

bezos

Selon certains, il applique la stratégie gagnante d’Amazon au journal en se concentrant d’abord sur la croissance du produit et celle de l’auditoire. Les profits viendront plus tard. À ce sujet, Greg Barber ne dévoile aucun chiffre et ne cachait pas son inconfort à l’égard des questions du public. L’entreprise est-elle désormais rentable? Quels revenus proviennent des plateformes numériques? Impossible de le savoir. Ce qu’on a su, c’est que les entreprises de presse doivent davantage penser leur produit comme une occasion d’affaires. Bien sûr, pour lui, l’éthique est importante, mais si l’on ne fait pas d’argent, on n’a plus d’emploi et le public n’est pas informé.

Le Washington Post a donc essayé de renouer avec la croissance en prenant plusieurs initiatives, notamment en refaisant le design de son site et en investissant dans son département vidéo pour s’adapter plus facilement à chaque plateforme. Le Washington Post a aussi lancé un programme de partenariats qui permet aux lecteurs de ses partenaires d’accéder à son contenu gratuitement. Quel intérêt pour le grand média? Les données, toujours les données. De tels abonnés sont des lecteurs « utiles » pour les publicitaires qui peuvent mieux cibler l’auditoire recherché. En étendant son lectorat à 270 autres journaux, le Washington Post offre un éventail de clientèle beaucoup plus intéressant pour les marques.

Une autre innovation mise de l’avant par Jeff Bezos est celle de l’application Rainbow, qui présente les articles du Washington Post dans un format magazine pour les appareils mobiles. Il faut dire que c’est plus de 70 % de l’auditoire numérique qui consulte ce journal par les appareils mobiles. La refonte de l’actualité pour la mobilité est devenue une priorité. Ici, on présente un article à la fois dans un design léché et en visant un auditoire plus national que local.

Alors, inspirés?

 

Maxime JohnsonAmazon Fire Phone : en deçà des attentes

par

 publié le 19 juin 2014 à 11 h 43

fire phone

Amazon était censé révolutionner le monde de la téléphonie mobile, hier, avec le dévoilement de son très attendu premier téléphone intelligent. Si le Fire Phone offre quelques bonnes idées et des caractéristiques convenables, l’appareil ne devrait toutefois aucunement chambouler l’industrie.

Le Fire Phone est un téléphone équipé du système d’exploitation Fire OS, une version modifiée d’Android par Amazon pour mettre de l’avant ses différents services, comme ses boutiques d’applications, de musique et de vidéo. Il s’agit en quelque sorte de la version téléphone de la tablette Kindle Fire, aussi équipée du système d’exploitation d’Amazon.

Côté technique, il s’agit d’un appareil plutôt haut de gamme, avec un processeur Snapdragon 800, 2 Go de mémoire vive, une capacité de 32 ou de 64 Go, un appareil photo de 13 mégapixels avec stabilisation optique et un écran 720p de 4,7 pouces. L’appareil ne rivalise pas avec les nouveaux téléphones phare comme les HTC One M8 et Samsung Galaxy S5, mais celui-ci n’est pas très loin derrière.

Ce n’est toutefois pas par ses caractéristiques techniques ou son design (qui rappelle un peu celui de l’iPhone) que l’appareil se démarque (un peu) des autres sur le marché, mais pas trois caractéristiques quand même originales.

« Perspective dynamique »
peek

Les rumeurs avaient prévu un téléphone équipé d’un écran 3D, et c’est presque ce qu’Amazon a dévoilé hier dans une conférence de presse. L’écran du Fire Phone offre en fait des effets de profondeur, où les images ne ressortent pas de l’écran, mais où elles entrent en quelque sorte dans ce dernier. La technologie devrait notamment permettre de créer des applications et des jeux immersifs.

Amazon utilise le concept de « dynamic perspective » (son nom anglais) d’une façon plutôt large, puisque celui-ci intègre aussi des façons d’ajuster l’écran et de contrôler l’interface selon la façon que l’on tient et l’on bouge le téléphone dans ses mains, par exemple, pour afficher des informations sur une carte simplement en tournant son téléphone.

Les premiers échos de la presse spécialisée semblent confirmer que la technologie est plutôt impressionnante, mais son intérêt pourrait bien s’étioler après quelques jours, comme c’est souvent le cas avec des curiosités du genre.

Firefly : un outil pour tout acheter
firefly

Le Fire Phone offre également Firefly, un outil qui utilise le microphone et la caméra du téléphone pour reconnaître pratiquement tout autour de nous, comme du texte sur une affiche, une bouteille de shampoing, un disque, un livre, une émission de télé, un DVD, de la musique, etc.

Évidemment, il est ensuite possible d’acheter directement les produits trouvés sur Amazon. Considérant que le téléphone intègre un bouton dédié à Firefly et qu’Amazon permet d’acheter des produits en un seul clic avec sa fonction 1-Click, le Fire Phone s’annonce comme l’un des outils les plus puissants jamais créés pour magasiner rapidement, ce qui est certainement à l’avantage du géant du commerce en ligne.

MayDay
feature-mayday._V351099405_

La troisième nouveauté du Fire Phone est probablement celle qui sera le plus utile dans la vie de tous les jours. Avec MayDay, les propriétaires du téléphone d’Amazon pourront discuter par vidéoconférence avec le service à la clientèle de la compagnie, et ce, 24 heures sur 24.

Ce n’est pas tout le monde qui a besoin d’un service du genre, mais ceux qui sont moins habiles avec les technologies l’apprécieront certainement.

Un modèle d’affaires comme tous les autres
Là où Amazon a le plus déçu hier, c’est par l’absence de nouveauté dans le modèle d’affaires du téléphone. La plupart des observateurs s’attendaient à quelque chose de nouveau et de disruptif de la part d’Amazon, mais la compagnie a plutôt choisi d’offrir son téléphone d’une façon architraditionnelle, par le biais d’un seul opérateur américain (AT&T) et à un prix similaire aux autres téléphones du genre, soit 199 $ avec entente de deux ans.

Le Fire Phone est, à bien des égards, un excellent téléphone. Mais sans nouveauté matérielle vraiment utile et sans modèle d’affaires innovateur, il est un appareil parmi tant d’autres, et il est difficile de voir pourquoi les consommateurs choisiraient le téléphone d’Amazon avant ceux de LG, de HTC, de Samsung ou d’Apple, par exemple.

Le Fire Phone sera lancé aux États-Unis le mois prochain. Aucun lancement au Canada n’est prévu pour l’instant.

Le Fire Phone n’aura probablement pas l’impact que certains attendaient sur le marché de la téléphonie, mais l’appareil marque quand même l’arrivée d’une nouvelle figure majeure dans ce secteur. Ce ne sera vraisemblablement pas avec le Fire Phone, mais Jeff Bezos a encore le temps de faire sa marque dans ce marché, comme il l’a fait dans tant d’autres auparavant.

Notre vie est désormais numérique. Je ne vous apprends rien avec cette première phrase. Tout le temps que nous passons sur Facebook, Twitter ou Instagram en est la preuve quotidienne. C’est d’autant plus vrai avec le divertissement que nous consommons.

Nous achetons de plus en plus de biens numériques. L’accès à ce contenu de manière légale est aujourd’hui simple, pratique, instantané. Néanmoins, certains craignent l’avènement de l’ère où la seule façon de consommer ces biens sera par téléchargement. Amoureux des vinyles, des vidéocassettes et des livres à couverture rigide, ils regrettent l’époque où l’on n’avait besoin d’aucun mot de passe pour en apprécier le contenu. Ils ont peut-être raison.

Pouvez-vous prêter facilement les biens que vous avez achetés par le biais d’Apple, d’Amazon ou de Google? Qu’adviendra-t-il de votre collection de biens virtuels après votre mort? La question de ce marché encore immature semble loin d’être réglée.

Musique

La musique est le premier type de contenu à avoir été distribué librement sur la toile. D’abord illégalement avec, entre autres, Napster, le service de partage musical introduit en 1999. Ensuite légalement, en 2003, avec la mise en ligne de l’iTunes Music Store, premier service regroupant alors les cinq majors de l’industrie de la musique (EMI, Universal, Warner, Sony et BMG – on en compte que trois aujourd’hui après rachats et fusions).

Ce système d’achat comportait par contre un bémol. Afin d’obtenir l’accord de tous ces ayants droit, Apple avait dû consentir à appliquer le concept de verrou numérique (alias DRM ou gestion des droits numériques) aux produits de son magasin musical. Résultat? Quiconque se procurait de la musique par iTunes ne pouvait l’écouter que sur un nombre limité d’appareils autorisés par le service.

Heureusement pour les consommateurs, ces restrictions furent levées en 2007 après un bras de fer entre Apple et l’industrie de la musique. Amazon a suivi quelques mois plus tard avec un service musical sans restrictions, malheureusement disponible seulement aux États-Unis (même chose pour Google et son service introduit en 2008, toujours inaccessible au Canada). Vous pouvez dorénavant déplacer les fichiers musicaux provenant de ces types de services comme bon vous semble.

Si les fichiers musicaux sont légers et faciles à stocker sur votre ordinateur, votre baladeur numérique ou un disque dur externe, il en est autrement pour les fichiers vidéo.

Films et séries télé

Pour la télé et le cinéma, c’est une autre paire de manches. Ayant observé comment Apple est parvenu à dominer l’industrie musicale, l’industrie cinématographique est beaucoup plus prudente dans sa relation avec les services de distributions numériques. Les verrous numériques, déjà présents sur DVD, ne sont pas près de disparaître des contenus téléchargeables.

Si vous pouvez archiver les films et séries télé que vous achetez sur iTunes ou Google Play, ceux-ci ne pourront être lu que par un appareil autorisé par ces services à la carte.

Vous désirez léguer votre vidéothèque à un proche après votre décès? Il vaut mieux inscrire vos nom d’utilisateur et mot de passe dans votre testament.

Livres

Les restrictions imposées aux livres sont semblables à celles imposées au contenu vidéo. Vous devrez donc utiliser la même approche afin de léguer votre collection de livres à votre descendance. Par contre, Amazon a introduit un concept intéressant avec sa liseuse Kindle : celui du prêt.

En effet, il est possible de prêter certains livres en ventes sur le Kindle Store pour une période de 14 jours. Fait regrettable, seulement environ 10 % des livres achetés sur Amazon peuvent être prêtés. Sans compter que la fonction n’est offerte qu’aux Américains; ceux-ci peuvent vous prêter un livre, mais les Canadiens ne peuvent en faire autant.

Jeux vidéo

De leur côté, les jeux vidéo ne sont pas en reste. La popularité de la vente de jeux d’occasion a monté en flèche en Amérique du Nord vers la fin des années 90, notamment avec l’arrivée des magasins spécialisés comme EB Games et GameStop. Ce marché lucratif est désormais menacé par la vente de jeux par téléchargement.

C’est d’ailleurs le cas aussi des films, des séries télé et des livres. La revente de ces biens numériques, souvent vendus au même prix que leurs versions physiques, est impossible.

Je dois admettre qu’en tant qu’amateur de jeux rétro, la disparition imminente d’un support physique sans restriction m’inquiète. Il faut également tenir compte de la relation privilégiée des joueurs avec leur compte – leur identité face à leurs amis et leurs adversaires. Si l’on en vient à restreindre l’utilisation d’un jeu à une seule console ou un seul compte, je crains que le marché en soit sévèrement touché.

Vous n’êtes pas propriétaire de ce contenu

Vous n’êtes pas propriétaire du contenu que vous achetez, peu importe son support. Vous obtenez un droit de consommation, tout simplement. Certes, il était facile autrefois de prêter, voire de dupliquer ces produits. Il n’en demeurait pas moins que ce dernier geste était illégal.

Difficile de chiffrer ce que les abus de certains ont fait perdre à ces industries, puisque les consommateurs ayant profité de ces pratiques n’auraient pas systématiquement investi d’argent pour consulter ces produits.

Êtes-vous de ceux qui préfèrent les choses tangibles? Croyez-vous qu’elles sont appelées à disparaître?

Laurent LaSalleLe CES est-il toujours aussi pertinent?

par

 publié le 11 janvier 2013 à 16 h 09

Mes collègues vous ont parlé toute la semaine du Consumer Electronics Show (CES), le salon international de l’électronique qui s’est déroulé comme chaque année à Las Vegas. Plus de 3000 exposants ont fait des pieds et des mains pour attirer des journalistes et des partenaires potentiels à leurs kiosques afin de présenter de nouveaux téléviseurs, électroménagers intelligents, tablettes, gadgets et j’en passe.

Bien que l’électronique et l’informatique soient aujourd’hui deux industries indissociables, d’importantes compagnies ont brillé par leur absence cette année. C’est le cas notamment de Microsoft, de Google, d’Amazon et d’Apple.

J’ai assisté pour la première fois au CES l’an dernier, et je dois admettre que l’expérience m’a laissé plutôt un goût amer. Oui, j’ai eu la chance d’essayer certains produits que j’ai jugés intéressants, mais ceux-ci ne représentent qu’une petite minorité. Si bien que je m’interroge sincèrement sur la légitimité du CES, voire sur la pertinence de tenir un événement du genre sur une base annuelle.

Est-ce vraiment souhaitable de dévoiler autant de nouveaux produits sur une si courte période de temps?

Surdose de nouveautés

Il va de soi que naviguer parmi des centaines de communiqués afin d’obtenir une vision de l’ensemble des produits dévoilés au salon est un travail exigeant. Sans compter qu’il est impossible pour quelqu’un sur place de répartir équitablement son temps entre chacun des kiosques. La concurrence est féroce, et les compagnies qui peuvent organiser leur propre événement plutôt que miser tous leurs efforts sur le CES savent que le jeu en vaut la chandelle.

C’est le cas notamment d’Apple, traditionnellement toujours absente du CES, qui dévoile ses produits dans le cadre d’événements privés qui se déroulent à dates variables. Idem pour Google, qui de son côté profite parfois de son propre rendez-vous annuel, la conférence Google I/O, pour présenter des produits comme le Nexus 7. Microsoft a fait de même en juin dernier, en dévoilant au monde entier la Surface, aussi dans le cadre de son propre événement.

Intéressant de noter que les compagnies qui se permettent d’organiser des événements indépendants du CES sont des entreprises qui sont responsables tant de l’aspect matériel que de l’aspect logiciel de leurs produits.

Je comprends qu’un événement comme le CES augmente les chances pour les plus petits joueurs de rencontrer des partenaires financiers pouvant propulser l’entreprise au sommet. Par contre, j’ai l’impression qu’on y accorde trop d’importance pour ce qu’on en retire.

Tout de même curieux de connaître quelques nouveautés?

Cette année, Samsung et LG ont tous deux dévoilé des téléviseurs courbés. Cette caractéristique permet d’éliminer le blanchiment perceptible aux extrémités de l’écran. Le gagnant du plus grand téléviseur est également Samsung, avec son écran de 85 pouces.

Du côté gadget intriguant, mon collègue Maxime Johnson s’est intéressé au Trakdot Luggage Locator, un dispositif qui vous permet de suivre vos bagages lorsque vous voyagez. L’appareil fonctionne avec une carte SIM et se met automatiquement en mode veille lorsqu’il atteint une vitesse de plus de 160 km/h. L’intérêt est donc de connaître l’emplacement de votre valise une fois rendue à l’aéroport.

Le Polaroid iM1836, cette caméra Android aux lentilles interchangeables, a attiré mon attention. L’appareil de 18,1 mégapixels peut filmer en 1080p et est muni d’une connexion wi-fi et Bluetooth afin de pouvoir partager du contenu sur vos réseaux sociaux favoris.

Êtes-vous du genre à jouer au jeu des résolutions au début de chaque nouvelle année? Peut-être voulez-vous perdre du poids, cesser de fumer, faire des choix plus écologiques ou mieux gérer vos finances? Bien qu’il soit rare qu’on parvienne à maintenir ces objectifs, on s’apprête à recommencer une fois de plus cette routine annuelle.

Je vous propose ici une liste de résolutions pour votre vie numérique. Rassurez-vous, je ne vous invite pas à mieux agir avec votre cyberprochain ou à prendre soin de votre orthographe sur les réseaux sociaux. En fait, il ne s’agit pas tellement de résolutions, mais plutôt d’une liste de tâches concrètes à accomplir pour mieux profiter du web.

Faites le ménage de vos réseaux sociaux

On le sait bien, depuis la montée en popularité de Facebook, le terme « ami » a quelque peu perdu sa signification originelle. Vous arrive-t-il de croiser des statuts insignifiants, voire carrément blessants? Soit, il est toujours amusant de se moquer de la nature humaine, mais il est préférable que ce genre de manifestations pathétiques n’engorge pas la page d’accueil de votre réseau social favori.

Repassez à travers vos divers abonnements et assurez-vous que ceux-ci (tant les profils que les pages) correspondent toujours à vos goûts. N’hésitez pas à ajuster les paramètres d’affichage de certains de vos contacts (passant de « toutes les mises à jour » à « importants uniquement » sur Facebook), ou à retirer certaines personnes de votre liste d’amis.

Votre description sur Twitter est-elle à jour? Qu’en est-il de vos informations sur LinkedIn? Utilisez-vous réellement Pinterest? Votre profil sur Quora accumule-t-il la poussière? Chose certaine, si vous n’enterrez pas vos cadavres (je parle de vos comptes inutilisés), personne ne le fera à votre place.

Changez vos mots de passe

En juillet dernier, le journaliste Mat Honan a appris à la dure à quel point la sécurité de sa vie numérique pouvait être compromise pour une simple question de mot de passe. Je vous invite à lire le billet que j’ai écrit à ce sujet afin d’en apprendre davantage sur la question.

Profitez de ce début d’année pour changer vos mots de passe pour l’ensemble de vos services web. Choisissez un mot de passe unique pour chacun de vos comptes. Agrémentez celui-ci de majuscules et de chiffres afin d’augmenter sa sécurité. Puisque votre boîte de courriel est l’endroit où les fonctions « mot de passe oublié » valident votre identité, il est impératif d’en sécuriser l’accès. Utilisateurs de Gmail, renseignez-vous sur la procédure de connexion avec la validation en deux étapes (voir la vidéo ci-dessus).

Faites le ménage de vos comptes

Le CEFRIO nous apprenait que 28,4 % des adultes québécois avaient effectué des achats sur Internet en octobre dernier. C’est probablement le cas de beaucoup d’entre vous (après tout, vous êtes sur un blogue techno). Tandis que vous vaquez à vos occupations, vos informations bancaires dorment sur des serveurs à gauche et à droite. Est-ce vraiment pertinent que ces magasins virtuels conservent votre numéro de carte de crédit pour faciliter vos futurs achats?

À l’aide de vos courriels, retrouvez les achats effectués au cours des derniers mois. Il est fréquent d’acheter seulement un ou deux articles à un endroit, pour ensuite ne plus y retourner. Prenez le soin de supprimer les comptes inutiles, ou du moins de retirer votre carte de crédit de votre profil.

Certains services web comme iTunes ou Amazon permettent l’utilisation de cartes prépayées à montants fixes, en vente dans divers magasins (épiceries et pharmacies). Une autre façon de redoubler de prudence.

Archivez mieux, ou archivez tout simplement

Les lecteurs assidus de Triplex se souviendront que j’ai déjà rédigé un billet concernant l’archivage. J’aurais tendance à être moins sévère au sujet des services d’archivage en ligne (le fameux nuage). Si vous privilégiez l’accès à vos données où que vous soyez, cette solution est beaucoup plus appropriée que l’achat d’un serveur local.

Bonne année

Une fois que vous aurez accompli ces tâches, répétez-les au besoin. Sur ce, je vous souhaite une excellente année 2013.