Maxime JohnsonCinq choses que vous ignoriez à propos de Photoshop

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 publié le 20 février 2015 à 10 h 24

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Le fameux logiciel de traitement d’images Photoshop célébrait hier ses 25 ans. Pour l’occasion, l’un des cocréateurs du logiciel, Thomas Knoll, s’est entretenu avec la presse pour dévoiler quelques anecdotes et réflexions qui devraient intéresser ses utilisateurs.

Photohop est né de la procrastination
Même si Photoshop 1.0 a vu le jour en 1990, c’est plutôt quelques années auparavant que l’aventure de Thomas Knoll a débuté.

En 1987, l’étudiant américain crée différents outils numériques de traitement d’images au cours de son doctorat. « Au moment d’écrire ma thèse, j’ai toutefois perdu beaucoup de temps à procrastiner et à rassembler ces outils en un seul logiciel au lieu de rédiger ma thèse », se souvient Thomas Knoll.

Avec l’aide de son frère, John, caméraman pour Industrial Light and Magic, Thomas passe les mois suivants à ajouter de nouveaux outils et de nouvelles fonctionnalités à son logiciel, toujours aux dépens de sa thèse de doctorat avant de, finalement, décider de s’investir complètement dans ce projet auquel il ne se consacrait au départ qu’à temps perdu.

À ce jour, Thomas Knoll n’a toujours pas remis sa thèse de doctorat.

Photoshop aurait pu s’appeler Display, ImagePro ou PhotoLab
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Photoshop n’est pas le premier nom du logiciel de Thomas et John Knoll. Celui-ci a tout d’abord porté celui de Display, puis ImagePro, un nom qui sonnait professionnel, selon Thomas Knoll, mais qui appartenait déjà à IBM.

Pendant les mois suivants, le nom de code du logiciel est devenu PhotoLab, un nom qui était encore une fois déjà utilisé par une autre compagnie, selon ce qu’ont appris les créateurs par la suite, pour finalement devenir PhotoShop, avec un S majuscule pour être dans l’air du temps.

« Honnêtement, à ce moment-là, nous essayions de trouver un éditeur pour le logiciel, et nous pensions que celui-ci ferait des études de marché et nous proposerait un meilleur nom avant le lancement », raconte Thomas Knoll.

Adobe, qui a, par la suite, acheté la licence pour distribuer Photoshop, a finalement gardé le nom, sans le S majuscule toutefois.

L’évolution technologique a propulsé Photoshop vers de nouveaux sommets. Trois fois.
Photoshop a rapidement connu un certain succès au début des années 90, notamment auprès des artistes graphiques et des médias, mais le logiciel était limité par les technologies de l’époque. Les photographes, notamment, utilisaient peu Photoshop, en partie parce qu’ils ne pouvaient pas facilement se servir des fichiers créés. Une impression dans une boutique spécialisée pouvait alors coûter jusqu’à 2000 $ pour le premier exemplaire.

Curieusement, ce ne sont pas de nouvelles fonctionnalités qui ont permis à Photoshop de s’imposer. C’est plutôt l’industrie technologique qui a rattrapé le logiciel, et ce, à trois reprises.

« En 1993, quelque chose d’important est arrivé : le web. Les gens voulaient créer des images petites et bien compressées pour leurs sites web. Ils ont fait le tour des outils offerts, et Photoshop était le meilleur. Avec l’arrivée du web, notre popularité a carrément explosé », explique Thomas Knoll, ajoutant qu’avec son logiciel il était tout simplement au bon endroit, au bon moment.

Une seconde étape importante est survenue quelques années plus tard, avec la démocratisation des imprimantes au laser. « Les numériseurs étaient déjà assez abordables, et soudainement, on pouvait en plus imprimer soi-même des photos. C’est à ce moment-là que Photoshop est devenu l’outil de choix pour les photographes », se rappelle son cocréateur.

La troisième poussée de croissance de Photoshop s’est finalement produite quelques années plus tard, avec l’arrivée des appareils photo numériques.

Le créateur de Photoshop programme toujours chez Adobe
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Thomas Knoll a peut-être écrit toutes les lignes du code de Photoshop 1.0, et il est demeuré développeur en chef du logiciel jusqu’à la version CS4, mais aujourd’hui, l’ingénieur en logiciels occupe un rôle un peu moins prédominant chez Adobe. Knoll travaille depuis 2002 sur Camera Raw, le module d’Adobe Photoshop et d’Adobe Lightroom, qui gère les fichiers RAW générés par les appareils photo numériques.

« Je reste toutefois fasciné par les nouvelles fonctionnalités que l’équipe ajoute à Photoshop », confie-t-il. « Il y a des choses, comme le remplissage sensible au contenu, auxquelles je n’aurais même jamais pu rêver lorsque j’ai créé Photoshop. Il faut dire que les ordinateurs d’aujourd’hui sont extrêmement puissants. »

Thomas Knoll n’était pas chaud à l’idée de vendre Photoshop par abonnement
Depuis quelques années, Adobe n’offre plus de licences perpétuelles pour ses logiciels, mais vend plutôt ses différentes suites uniquement par abonnement. Qu’en pensait Thomas Knoll lorsqu’il a appris la nouvelle?

« J’étais assez inquiet au départ », révèle-t-il, en pesant bien ses mots. « En fait, je trouvais que la nouvelle formule était trop chère, surtout pour les photographes. »

Thomas Knoll a donc poussé fort pour la création d’un nouveau forfait destiné aux photographes, avec Photoshop et Lightroom, ce qui a finalement été fait, et le créateur du logiciel est maintenant beaucoup plus à l’aise avec la façon de le vendre.

« Pour les ingénieurs comme moi, c’est super, en fait », explique-t-il.

« Auparavant, il fallait surtout concentrer les efforts sur la création de nouvelles fonctionnalités impressionnantes, qui allaient impressionner dans les démonstrations, en espérant que les utilisateurs achètent la mise à jour. Aujourd’hui, le but est plutôt d’améliorer le logiciel avec des fonctionnalités qui peuvent être plus subtiles, mais qui sont réellement pratiques pour les usagers, afin qu’ils conservent leur abonnement », ajoute-t-il.

Bref, des nouveautés qui impressionnent moins, mais qui sont souvent plus pratiques et plus utilisées.

Catégories : Informatique

Martin LessardDes lentilles cornéennes télescopiques

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 publié le 19 février 2015 à 13 h 59

La technologie portable (les montres, bracelets et lunettes connectés) comprendra, à plus ou moins long terme, inévitablement, les lentilles cornéennes.

Dévoilée lors de la conférence annuelle du AAAS (American Association for the Advancement of Science) la semaine dernière, l’École polytechnique de Lausanne, en Suisse, propose une lentille capable de zoomer.

Juste en clignant des yeux, il serait possible de passer d’une vision normale à un affichage agrandi (2.8x).

Source EPFL

Source EPFL

Zoome-moi ça!

Environ 285 millions de personnes dans le monde sont atteintes de déficience visuelle, sans parler des personnes âgées qui souffrent de dégénérescence maculaire.

Un tel type de lentilles permettrait à certains d’entre elles de mieux voir en agrandissant ce qu’elles regardent. Au lieu de se rapprocher du texte, par exemple, la personne pourrait basculer en mode zoom.

L’affichage agrandi s’affiche sur la lentille quand on active une des polarisations, et disparaît lorsqu’on choisit l’autre.

L’affichage bascule de l’un à l’autre grâce à un simple clin d’oeil. Cette fonctionnalité nécessite le port de lunettes spéciales en supplément des lentilles.

La promesse d’une meilleure vision est certainement bienvenue. Les recherches doivent évidemment continuer pour rendre le produit commercialisable à grande échelle.

Télescope portable

Comme souvent, ce qui est développé dans les laboratoires dans une optique de soins palliatifs finit par un détournement à l’usage des personnes en bonne santé.

Ainsi, la chirurgie faciale, conçue au départ pour les grands blessés de la Première Guerre mondiale, s’est transformée en industrie de la chirurgie plastique pour gens riches et soucieux de modifier leur apparence.

On peut imaginer aussi pour ces lentilles télescopiques des applications qui dépassent le simple cas médical.

  • Les touristes en croisière sur le bord des côtes pourraient se procurer ce type de lentilles pour se promener sur le pont tout en observant de près le paysage.
  • Les agents de sécurité sur un chantier pourraient en être équipés pour étendre la portée de leur ronde de sécurité.
  • Les personnes assistant à un opéra (ou à un autre spectacle) pourraient avoir sur la scène une vue digne des premières rangées.

Il y a encore loin de la coupe aux lèvres, mais la possibilité de l’arrivée prochaine de cyborgs légers dans l’espace public me paraît chaque jour plus probable.

Il reste une chose à corriger : l’effrayant regard de robot que ces lentilles confèrent à leur utilisateur.

Catégories : Futur

Catherine MathysSommes-nous tous sous surveillance de l’État?

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 publié le 18 février 2015 à 14 h 17

Hier soir, André Mondoux, professeur à la faculté de communication de l’UQAM et spécialiste des rapports entre médias, technologie et société, prononçait une conférence publique sur le thème suivant : « Sommes-nous tous sous surveillance de l’État? »

C’était l’occasion, pour lui, de faire le point sur l’affaire Snowden et ce qu’elle nous a révélé jusqu’à présent. Comme ces révélations ont été divulguées par petites fuites dans les médias, il est difficile d’en avoir une vue d’ensemble. De plus, l’autre effet pervers de cette lente publication des documents d’Edward Snowden est qu’on finit par s’habituer à cette surveillance omniprésente, selon André Mondoux.

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La pêche de grand fond

On l’aura compris, les programmes de surveillance des Five eyes, les États-Unis, le Canada, l’Angleterre, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ressemblent à une pêche de grand fond où on tente de colliger le maximum de données pour en extraire les fichiers d’intérêt. On ne surveille plus l’exception. Dans un tel état de fait, tout le monde devient suspect.

Les outils que nous utilisons servent de sources pour alimenter ces cinq agences de surveillance. Pour Mondoux, les réseaux sociaux sont une nouvelle façon d’être au monde. Si les religions, les classes, les idéologies ne servent plus à modeler l’identité, on se tourne volontiers vers le web pour s’exprimer, pour exister. Bien sûr, nous ne livrons pas toujours nos données en toute connaissance de cause. Cela dit, nous sommes nombreux à dire que nous n’avons rien à cacher. Dans cette simple affirmation, on sent que le regard extérieur est là. C’est comme si on avait accepté cet état de surveillance, souligne André Mondoux.

Des approches de surveillance hostiles

Dans sa mise en contexte, André Mondoux a présenté les trois axes nécessaires à la mise en place des programmes de surveillance, l’axe industrie-État, l’axe industrie-université et les laboratoires d’idées (think tanks). Il a décrit le cycle de vie des données en partant des directives qui motivent leur collection jusqu’aux méthodes et aux systèmes mis en place pour colliger cette immense masse d’information.

M. Mondoux a surtout mis en lumière l’adoption d’approches de surveillance hostiles sur son propre territoire. En effet, les citoyens d’un pays ont maintenant droit aux traitements autrefois réservés aux étrangers. Plus on a de données, meilleures seront les corrélations.

« On n’oublie jamais son premier document secret »

C’est comme cela qu’André Mondoux a présenté toute une série de documents confidentiels dévoilés par Snowden. Il a donc passé en revue plusieurs des programmes, plus étonnants les uns que les autres : Total Information Awareness, le programme mis en place après le 11 Septembre précédant ainsi PRISM, « la fine fleur du programme de surveillance », a-t-il dit sur un ton ironique. Il a aussi été question de Stormbrew, qui permettait d’intercepter le trafic d’Internet directement sur les câbles eux-mêmes. Le programme Auroragold, permettait, quant à lui, de capter 71 % des réseaux cellulaires de la planète en 2012. Et la liste continue. Muscular, par exemple, était un programme qui pouvait intercepter les données d’utilisateurs dans leur transit vers les serveurs de Yahoo et de Google.

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Tailored Access Operations est un des programmes les plus surprenants parce que dans ce cas, il ne s’agit plus d’interception de données invisibles, mais d’un système d’interception des ordinateurs en livraison pour y installer des logiciels espions de la NSA. Dans un film de James Bond, on y aurait cru. Il faut croire qu’on vit désormais dans un étrange mélange de réalité et de fiction.

Il y a aussi tous les autres, Cottonmouth, Nightstand, Picasso, Ragemaster, Candygram, sans oublier XKeyscore. Cet article de Ars Technica illustre bien quelques-uns de ces programmes.

Et le Canada dans tout ça?

On a appris récemment l’existence du programme Levitation qui intercepte 10 à 15 millions de fichiers téléchargés par jour. Le Canada participe également au programme Intolerant, qui débusque des informations volées par des pirates à des cibles d’intérêt.

Après l’énumération et la description de tous ces programmes, alors que je sors de la conférence, cette nouvelle sur le rapport de Kapersky sort sur les fils de presse. On y apprend que « durant au moins 14 ans, un groupe de pirates informatiques est parvenu à mener des centaines d’attaques de grande ampleur dans une trentaine de pays, sans jamais être inquiété ». L’enquête suggère que ce programme nommé Equation était relié aux activités de la NSA. Le Canada y a-t-il participé? On sent bien que ce qu’on aperçoit n’est encore que la pointe de l’iceberg. Mais quelle touche finale à la conférence de Mondoux! Est-ce un hasard? ;)

Catégories : Sécurité, Surveillance

Maxime JohnsonEvolve : un jeu nouveau genre

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 publié le 17 février 2015 à 16 h 01

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Evolve porte bien son nom. Le nouveau jeu vidéo de Turtle Rock a officiellement été nommé en l’honneur d’une étape importante de toutes les parties, où le monstre incarné par un joueur en ligne évolue d’une phase à une autre et devient de plus en plus difficile à détruire par ses adversaires, quatre autres joueurs qui incarnent quant à eux différents chasseurs. Mais Evolve marque aussi lui-même une évolution, dans l’industrie du jeu vidéo directement. Pour le meilleur et pour le pire.

Evolve permet un jeu en ligne asymétrique, où chaque équipe incarne des personnages différents, avec des règles différentes et des stratégies différentes.

D’un côté, le monstre. Une bête géante, qui grossit à mesure qu’elle chasse des animaux sauvages et s’en nourrit. Le joueur passe de la phase 1, où son monstre est petit et vulnérable, à la phase 2 et à la phase 3, toujours en devenant plus gros et plus fort. Son but est de grossir, pour s’attaquer aux chasseurs qui le traquent.

De l’autre côté, quatre chasseurs, justement. Chacun possède sa propre classe, avec ses propres armes et caractéristiques. L’« assaut », qui fonce tête première pour attaquer le monstre, le trappeur, qui doit le traquer et le piéger, le soigneur, un personnage essentiel qui guérit ses confrères et le « soutien », un personnage qui peut infliger un maximum de dommages, mais qui n’est pas très puissant par lui-même.

En fait, aucun de ces personnages n’a de chances seul contre le monstre. Le travail d’équipe bien coordonné est donc essentiel pour gagner lorsque l’on incarne un chasseur.

Evolve est principalement un jeu en ligne, qui propose quelques légères variations sur le même mode, mais il est aussi possible d’y jouer seul. Il n’offre alors aucune histoire suivie, mais plutôt des parties identiques à celles en ligne, où ce sont toutefois des intelligences artificielles qui contrôlent les autres joueurs. Ce mode est utile pour débloquer les différents attributs des personnages offerts ou pour s’entraîner, mais sans plus.

Des hauts et des bas
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Evolve est un jeu original, qui a beaucoup de potentiel. Les mécaniques du jeu semblent avoir été peaufinées pendant des mois, voire des années, par Turtle Rock, et celui-ci est équilibré à souhait.

Malheureusement, un peu trop souvent, après cinq ou six minutes dans une partie, on réalise qu’on ne s’amuse pas vraiment. C’est soit parce que la personne qui incarne le monstre est trop habile et qu’on ne fait que la poursuivre pendant toute la partie avant de se faire exterminer en quelques secondes à la fin sans que personne ne comprenne vraiment ce qui se passe, soit qu’à l’inverse, les chasseurs parviennent à mettre le monstre à terre sans qu’il y ait véritablement d’affrontement amusant.

On a envie d’aimer Evolve, mais trop souvent il manque un petit je-ne-sais-quoi qui amènerait le jeu à la hauteur de son énorme potentiel.

Quand le jeu fonctionne bien, par contre, quand les équipes sont bien équilibrées et que les deux camps sont capables de mettre en œuvre une stratégie et de comprendre ce qu’ils font, Evolve devient un jeu unique, un agréable vent de fraîcheur dans le monde usé des jeux de tir.

Le temps d’une partie, on oublie alors la partie ennuyante de quelques instants plus tôt.

Notons que comme c’est souvent le cas dans les jeux où plusieurs personnes affrontent un adversaire unique, Evolve devrait notamment se distinguer lorsqu’on y joue entre amis.

Un modèle à étudier pour l’industrie
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Evolve n’est pas le premier jeu asymétrique sur le marché, loin de là, mais il permet au genre d’atteindre de nouveaux horizons. Tout comme Turtle Rock avait transformé les jeux coopératifs avec son excellent Left for dead, le développeur devrait aussi laisser sa marque dans ce genre de plus en plus à la mode, et les studios de jeux du monde entier tireront certainement les leçons des forces et des faiblesses d’Evolve.

Dommage, toutefois, que celui-ci n’offre pas plus de constance aux joueurs, qui passent trop souvent d’une partie géniale à une partie carrément ennuyante, et vice versa.

Evolve est offert dès maintenant pour PC, PlayStation 4 et Xbox One. Le jeu est livré avec 12 terrains, 12 chasseurs et 3 monstres, mais il sera possible plus tard d’acheter des chasseurs et des monstres supplémentaires avec des achats intégrés.

Catégories : Jeux vidéo

Martin LessardMais que vient faire Apple dans votre voiture?

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 publié le 16 février 2015 à 16 h 23

Depuis quelques jours, la rumeur court. Wall Street Journal affirme que plusieurs centaines d’employés d’Apple sont secrètement en train de développer une voiture électrique maison.

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Apple tente-t-elle de faire une entrée dans le domaine automobile comme elle a réussi à le faire dans le domaine de la téléphonie?

Un pied dans la voiture

Déjà, l’an passé, des rumeurs laissaient entendre qu’Apple cherchait à acheter Tesla, le fabricant de voitures électriques.

Apple avait aussi présenté son CarPlay, une interface iOS pour la voiture.

Cela semble démontrer un vif intérêt de l’entreprise pour le domaine automobile.

Apple est l’une des dernières firmes informatiques capables de gérer de front le marché du logiciel (software) et du matériel (hardware). On peut penser qu’elle serait capable de fabriquer sa propre voiture.

L’expérience d’Apple lui a toujours démontré que contrôler à la fois la quincaillerie et le programme permet d’offrir un produit de meilleure qualité.

Toutefois, construire une automobile demande une expertise qui est loin d’être facile à acquérir, sans compter la très grande difficulté de pénétrer le marché.

L’acquisition d’une compagnie comme Tesla aurait été pratique. Pourquoi Apple semble-t-elle vouloir continuer à faire cavalier seul?

Parce qu’elle voit l’occasion de prendre le contrôle de l’écosystème de la voiture.

Des écosystèmes à connecter

Avec la montée inéluctable de « l’Internet des objets », la voiture peut être considérée comme un 3e écosystème connecté.

  • Le premier écosystème, naturellement, est la maison. C’est la domotique ou, pour reprendre le langage d’aujourd’hui, la maison dite intelligente (smart home). C’est la promesse de voir un ensemble coordonné d’appareils ménagers gérer pour nous notre domicile.
  • Le deuxième écosystème, tout aussi naturel, même si l’on ne le percevait pas comme tel jusqu’à tout récemment, est notre personne. Avec notre mobile et les inévitables montres, lunettes, vêtements connectés que l’on nous promet, un véritable écosystème d’objets et de messages nous entoure.
  • Le troisième écosystème est celui de l’automobile. C’est celui qu’Apple tente de prendre d’assaut.

Un quatrième écosystème émergent, embryonnaire, est celui de la ville dite intelligente, mais, dans ce cas, il y a encore beaucoup de chemin à faire.

L’enjeu de la voiture connectée

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Encore aujourd’hui, après la vente d’un nouveau véhicule, les constructeurs ont très peu de contacts avec les consommateurs.

Un système d’entretien de la voiture permet de faire un certain suivi, mais essentiellement la relation leur échappe au profit des garagistes.

« L’Internet des objets » est en train de changer tout cela. La voiture connectée transforme le véhicule lui-même en plaque tournante de tout un écosystème de services connectés potentiels.

Du point de vue du constructeur, c’est le début d’une réelle relation client  — et la source de revenus supplémentaires au cours de la vie du véhicule.

L’ancêtre de ce type de service est OnStar. Aujourd’hui, c’est le point d’accès 4G/LTE.

Une voiture qui est connectée est un écosystème qui s’ignore.

L’interface de conduite

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À mon avis, c’est à ce niveau qu’Apple veut jouer : devenir la plaque tournante de l’écosystème de la voiture.

Toutefois, je ne crois pas que ce soit en développant elle-même sa voiture qu’elle va réussir, mais plutôt en imposant ses logiciels.

Parmi les trois écosystèmes connectés que j’ai nommés, celui centré sur le mobile est celui qui a le plus grand taux de pénétration.

Si l’on considère que l’écosystème de la voiture est une extension de notre écosystème mobile, comme je le crois, alors la maîtrise de l’automobile passe par la maîtrise de l’écosystème du mobile. Dans ce cas, Apple est bien placée. CarPlay donne déjà un avant-goût de son savoir-faire.

Toutefois, il s’agit là principalement de télécommunications (messagerie textuelle et vocale), de navigation (GPS) et de gestion d’information (interface d’accès aux fichiers texte, audio et vidéo).

Apple offrira-t-elle une interface de contrôle de la voiture?

C’est surtout avec la voiture autonome que l’interface de contrôle prend tout son sens.

Apple a gagné sa réputation (et sa horde d’admirateurs inconditionnels) en proposant des « interfaces centrées utilisateur ».

Il me semble que la mécanique entourant ces voitures autonomes qui vont circuler un jour dans nos rues sera très normalisée.

Les marques de voitures pourront innover du côté des performances mécaniques, mais, pour le commun des mortels, la voiture autonome ne représentera probablement plus un symbole de statut social.

L’interface et la qualité du service seront peut-être les éléments par lesquels Apple saura se démarquer, car l’entreprise semble détenir une longueur d’avance en ces domaines.  De plus, celle-ci a engagé récemment beaucoup de personnel provenant de l’industrie automobile.

Reste à voir comment les constructeurs automobiles vont réagir.

Catégories : Mobile