Martin LessardAccelerando

par

 publié le 22 juin 2015 à 17 h 39

Charles Stross fait partie de la nouvelle vague d’écrivains de science-fiction qui a émergé au tournant du siècle.

Son livre Accelerando est enfin traduit en français grâce aux bons soins de l’éditeur Piranha.

accelerando

La version originale anglaise est sortie en 2005 et a gagné le prix Locus du meilleur roman de science-fiction en 2006.

Accelerando raconte l’avenir de notre civilisation, dans un contexte d’accélération technologique.

Ce n’est pas sans rappeler le cycle Fondation d’Isaac Asimov,  dans lequel on suit l’évolution de la civilisation terrienne sur plusieurs générations.

Toutefois, la comparaison s’arrête là.

Fondation est de la tisane à la camomille, tandis qu’Accelerando est un triple expresso bien serré.

À quoi ressemble un monde en accéléré?

Accelerando commence dans un futur proche, à la veille de la singularité technologique.

La singularité technologique est cette idée qu’il existerait un point hypothétique dans l’évolution de notre civilisation où une croissance technologique exponentielle la ferait passer à un autre ordre de grandeur.

On suit les aventures de Manfred Macx et de ses descendants. Autour d’eux, le monde se transforme à vitesse grand V.

Source Wikipedia

Source Wikipedia

Dans ce monde, les humains font graduellement usage de la télépathie assistée par ordinateur, puis du téléchargement de la mémoire et même éventuellement du transfert de l’esprit d’un corps à un objet.

L’auteur doit à un moment donné préciser si l’on parle de l’esprit du personnage ou de son corps.

Plusieurs histoires entrelacées s’entrechoquent constamment, donnant l’impression d’être dans un énorme malaxeur. Elles sont presque un prétexte pour montrer comment l’humanité se dissout dans son environnement et dans la technologie.

L’histoire démarre avec un mystérieux message, publié dans un forum et adressé à Manfred.

Ce message est laissé par un système expert russe, on le comprendra plus tard, fabriqué à partir de copies de neurones de homards qui cherchent à fuir un laboratoire d’intelligence artificielle pour fonder une colonie dans un satellite sur un point de Lagrange.

Et ce n’est qu’un des points de départ de l’intrigue.

CC by 2.0 : Romina Campos

CC by 2.0 : Romina Campos

Vous verrez des OPA hostiles entre compagnies emprunter la même voie que les transactions boursières de très haute fréquence et changer de main plusieurs milliers de fois par seconde. Vous voyagerez avec Amber, la fille de Manfred, en banlieue de Jupiter avec un Imam venu prêcher la bonne nouvelle. Vous assisterez au déploiement d’usines autorépliquantes, qui transformeront notre système solaire au point de le rendre méconnaissable, même aux yeux de Sirhan, le fils d’Amber.

Telle est la vie avant, pendant et après la singularité technologique.

C’est le genre de lecture d’été que l’on ferait en camping, en orbite autour d’un trou noir.

En un mot

Imaginez toutes mes chroniques depuis 4 ans, pour Triplex et la Sphère.

Je parle ici de celles concernant les nouvelles technologies à la frontière de la science-fiction, celles qui sont fraîchement réalisées en laboratoire.

Rendez-les toutes possibles en même temps.

Vous obtiendrez Accelerando.

Catégories : Livres

Martin LessardLa machine bat les humains dans des tests de QI

par

 publié le 19 juin 2015 à 15 h 22

La recherche en apprentissage de représentations profondes (deep learning) vient de marquer un point de plus.

Des chercheurs chinois ont annoncé avoir conçu un programme capable de battre les humains au fameux test de quotient intellectuel (QI).

« Notre modélisation rejoint le niveau d’intelligence de quelqu’un entre le bac et la maîtrise. »

Dur, dur pour l’ego.

La nouvelle a eu des échos du côté des médias anglophones (surtout depuis l’écho qui en a été fait par le célèbre MIT), mais moins ou pas du tout du côté francophone.

Expliquons d’abord l’expérience avant de revenir sur ce silence des médias francophones.

Mensa en silicium

Source : document de recherche sur arxiv.org

Source : document de recherche sur arxiv.org

Les tests de QI sont extrêmement formatés.

La structure des questions est identique dans une même catégorie et la réponse se fait toujours selon un choix de réponses multiples.

Exemple :

Isotherme est à la température ce que isobare est ? (i) à l’atmosphère (ii) au vent (iii) à la pression (iv) à la latitude (v) au courant.

Une fois repérée la structure de la question, les chercheurs ont optimisé leurs différents algorithmes pour qu’ils trouvent la bonne réponse selon la catégorie.

L’apprentissage de représentations profondes fonctionne grâce un accès à une quantité massive de données où l’algorithme finit par trouver des relations statistiques sous-jacentes aux mots.

Comme un mot a plusieurs sens, l’ordinateur doit déduire à partir du seul contexte lequel privilégier pour répondre correctement à la question. D’où l’importance de reconnaître dans quelle catégorie se trouve la question. La relation entre les mots est pondérée différemment selon les catégories.

En optimisant d’avance les algorithmes selon les catégories de questions, cela montre toutefois que l’intelligence artificielle (IA) a été grandement aidée. Obtenir la bonne réponse sans cette aide est plus difficile.

En effet, il n’y a pas d’algorithme universel en apprentissage de représentations profondes pour tous les défis. Ce qui marche pour la traduction automatique de la parole ne marche pas pour reconnaître le contenu d’une image ni pour répondre aux questions d’un test de QI.

Autrement dit, question de bien mettre en perspective de cette nouvelle, les chercheurs ont optimisé la machine pour précisément battre les humains aux jeux des tests de QI. Et rien d’autre.

C’est donc une machine spécialisée qui nous a battus. Et je ne suis pas sûr qu’il faille s’en offusquer outre mesure.

Définir l’intelligence?

Ce que les chercheurs ont montré, c’est qu’une fois de plus, l’apprentissage de représentations profondes démontre bien sa force pour automatiser une partie de l’activité intellectuelle que l’on croyait jusqu’alors réservée aux humains.

Évidemment, nous humains, à chaque avancée de la science, nous devons nous retrancher dans une zone de plus en plus étroite pour définir ce qui nous rend intelligents.

En fait, nous semblons définir notre intelligence par la négative en fonction des succès de l’IA.

L’intelligence, ce n’est pas maîtriser les mathématiques (l’ordinateur le fait mieux). Ce n’est pas maîtriser les connaissances générales non plus (Watson est meilleur). Alors, qu’est-ce que c’est?

Les tests de QI se voulaient un outil pour mesurer l’intelligence. Maintenant que les machines nous battent sur ce terrain, je parie que nous allons définitivement les sortir de la liste des mesures efficaces pour mesurer notre intelligence.

Les tests de QI mis KO par l’IA

Que les tests de QI soient définitivement mis au rancart par l’IA ne fera pleurer personne.

Voilà plusieurs décennies que des professeurs contestent la qualité de cet outil comme « mesure de l’intelligence ».

L’idée même qu’on puisse placer l’intelligence humaine sur une échelle linéaire (les points QI) cachait en fait la complexité même de ce qu’on cherchait à mesurer.

Les médias anglophones sont peut-être moins sensibles à l’approche humaniste présente dans la tradition journalistique francophone. Voilà pourquoi les premiers ont peut-être sauté sur l’occasion pour annoncer une nouvelle défaite de l’intelligence humaine, alors que les seconds se sont gardé une petite gêne.

En effet, l’humain étant la mesure de toute chose, une certaine tradition humaniste ne peut accepter que l’humain soit réifié, c’est-à-dire transformé en chose, et comparé banalement au reste.

Une approche plus matérialiste, assez présente dans le monde anglo-saxon, s’en accommode plutôt bien.

Quoi qu’il en soit, si la prouesse du deep learning n’est pas du tout remise en cause, il n’en va pas de même avec les tests de QI.

Ces tests ont longtemps servi à valider des interprétations douteuses en comparant les habiletés intellectuelles entre des groupes, des peuples, des « races », des genres et des classes sociales.

Maintenant qu’on a réussi à nous montrer que nous serions tous des cancres dans les tests de QI face à la montée toute puissante des algorithmes, nous pouvons peut-être passer à autre chose…

Catégories : Robotique

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Si les lunettes de réalité augmentée HoloLens sont toujours à l’état de prototype, le nouvel appareil futuriste de Microsoft impressionne grandement, tant par la qualité des images qui y sont projetées que par son potentiel. Résumé de la démonstration la plus marquante du salon du jeu vidéo E3 de Los Angeles.

Essayer les HoloLens n’est pas une chose facile au E3 2015. L’appareil, dévoilé pour la première fois il y a quelques semaines et que plusieurs n’espéraient même pas voir au salon, est au cœur d’une démonstration courue, où le temps d’attente pour participer se compte en heures plutôt qu’en minutes. Un joueur décidément patient, croisé par Triplex dans la file d’attente mercredi après-midi au E3, attendait d’ailleurs sagement depuis près de 6 heures pour faire l’essai.

Réalité augmentée et réalité virtuelle
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Les HoloLens sont des lunettes de réalité augmentée, qui projettent des images par-dessus ce qui nous entoure. Contrairement à l’Oculus Rift et aux autres lunettes de réalité virtuelle, on n’est donc pas immergé dans un monde virtuel, mais c’est le monde virtuel qui vient se superposer au monde réel.

L’utilisateur est donc moins renfermé sur lui-même, mais l’expérience est aussi un peu moins immersive.

L’expérience Halo
holo halo

À l’occasion du E3, Microsoft présente trois logiciels différents pour ses HoloLens : une version du jeu Minecraft avec laquelle on peut jouer sur une table, comme si l’on empilait des blocs Lego dans la vraie vie; un jeu de tir qui rappelle les applications mobiles de réalité augmentée et Halo, un logiciel plus simple, mais qui propose une expérience plus complète.

Dans les deux premiers logiciels, on contrôle l’expérience avec sa voix, ses mains ou une manette, tandis que le troisième, essayé plus tôt cette semaine, n’est pas vraiment interactif. L’utilisateur est donc plus un spectateur qu’un joueur.

Halo se déroule dans une reproduction de vaisseau spatial. Avant d’y entrer, quelqu’un mesure la distance entre nos pupilles, une information qui sera utilisée un peu plus tard pour ajuster les HoloLens.

À l’intérieur, le décor est réaliste. Les nombreux employés sur place sont vêtus d’un sarrau blanc, un costume simple pour rendre l’expérience crédible, mais aussi un moyen de rappeler que l’appareil que l’on s’apprête à essayer est encore un prototype plus près de l’expérience de laboratoire que de la mise en marché.

Après une brève présentation, où l’on nous rappelle pour la dixième fois de fermer notre cellulaire afin d’éviter les interférences (les HoloLens fonctionnent sans fil) et de ne pas prendre de photos, c’est finalement le temps d’enfiler les lunettes, un peu comme on poserait une casquette de baseball sur notre tête (une analogie qui est d’ailleurs aussi utilisée par Oculus pour son Oculus Rift).

Une fois les lunettes sur la tête, on remarque avant tout leur taille, assez grosses, et leur poids, quand même lourdes. Celles-ci tiennent bien en place sur la tête, mais la majeure partie du poids semble reposer sur notre nez, surtout lorsque l’on doit regarder vers le bas. De toute évidence, Microsoft devra enlever quelques grammes à son appareil, et ajuster sa balance avant de lancer une version pour le grand public.

Probablement à cause du poids et du verre du système optique, les HoloLens semblent aussi fragiles sur notre tête. Le genre d’appareil qui ne pourrait peut-être pas résister à un choc.

Une fois cette première impression passée, on s’attarde un peu plus à la technologie derrière le tout. On est alors très rapidement confronté à la principale limite de l’appareil, avant même qu’il ne soit allumé. L’espace interactif, où les éléments de réalité augmentée sont affichés, est quand même assez petit. Une sorte de rectangle trop petit au milieu de notre champ de vision, qui nous force à toujours être conscients des lunettes sur notre tête, et à ne jamais complètement nous perdre dans le jeu.

Dans l’expérience Halo, plusieurs choses sont présentées successivement. Un témoin lumineux nous indique tout d’abord où nous diriger, exactement comme dans un jeu vidéo. Dès cet instant, la taille du rectangle mentionné plus tôt n’importe plus, et nous oublions le poids sur notre nez. Si l’on est un tant soit peu technophile, se faire diriger de la sorte nous stupéfie.

En chemin vers la salle principale du vaisseau, il est possible de regarder par une fenêtre, où l’on voit les employés qui s’activent plus bas. Le tout quand même réaliste, mais moins que ce qui s’en vient.

Dans la salle principale, tous les participants s’installent autour d’une sorte de piédestal, où se déroule le reste de l’expérience. Une voix explique alors les règles d’un nouveau mode de jeu de Halo 5, un jeu de tir de science-fiction qui sera lancé plus tard cette année.

Sur le piédestal, l’hologramme d’une station spatiale apparaît, avec la marche à suivre pour l’attaquer.

On ne se sent maintenant plus dans l’univers de Halo, mais bien dans Star Wars, juste avant la bataille finale de l’épisode 4, alors que les rebelles se font expliquer comment attaquer l’Étoile de la mort. Tout ce que l’on nous montre est bien fait, solide et en couleurs claires. En fait, les hologrammes (c’est le terme officiel employé par Microsoft pour désigner les images en réalité augmentée) ressemblent exactement à ce à quoi l’on s’attend en imaginant la technologie.

Même en essayant de bouger la tête, de s’avancer, de reculer et de contourner l’objet, le tout demeure d’un réalisme criant, toujours aux bonnes proportions, et jamais notre cerveau ne perçoit le subterfuge.

L’expérience se termine ensuite au moment d’aller jouer à Halo 5, et il faut alors rendre les lunettes, un peu contre notre gré.

Un projet à long terme
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Les lunettes HoloLens présentées au E3 2015 ont probablement peu à voir avec les lunettes qui seront un jour commercialisées par Microsoft.

Dans le cas de Halo, l’expérience ressemble plus à ce qu’il serait possible de faire dans un parc d’attractions qu’à la maison, par exemple.

Il y a encore beaucoup de choses à améliorer (la taille, le poids, la fragilité et, surtout, l’angle de vue), mais déjà, la technologie est prometteuse. L’expérience est d’ailleurs beaucoup plus convaincante que ce qu’avait fait Google avec ses premières Google Glass.

Reste à voir combien d’années il faudra attendre avant qu’une version vraiment bien adaptée pour le grand public voie le jour.

Catégories : Innovation

En me désabonnant du service de boîte vocale le mois dernier, je ne pensais pas faire partie d’un mouvement qui prend de l’ampleur.

Des entreprises comme JP Morgan Chase & Co et Coca-Cola retirent les boîtes vocales à plusieurs de leurs employés. Pourquoi? Par souci d’économie, bien entendu, mais ce n’est pas le seul motif.

Trois raisons justifient de s’en débarrasser :

« 1. Personne n’aime prendre ses messages. 2. Quand on les écoute, on entend trop souvent un téléphone qui raccroche », raconte l’auteur d’un article hilarant publié dans The Guardian. « 3. S’il y a réellement un message, c’est celui de votre mère. »

Les boîtes vocales vont peut-être prendre le chemin de l’extinction de masse, tout comme l’ont fait les télécopieurs.

Source : Wikipedia

Source : Wikipedia

La technologie de papi et mamie

Les messages textes sont devenus beaucoup plus courants et assurément plus simples à gérer.

Évidemment, le service à la clientèle des entreprises qui choisissent de ne plus utiliser les boîtes vocales devrait être affecté, puisque les consommateurs qui voudront communiquer avec ces entreprises seront obligés de leur transmettre un message par écrit. Ceci demande d’être plus cohérent, préparé et moins émotif.

Cette lumière rouge qui clignote, annonçant qu’un message vocal attend dans la boîte, fera bientôt partie des images ridicules du passé comme l’horloge clignotante des magnétoscopes et le trombone animé de Word.

Clippy, de Microsoft

Clippy, de Microsoft

La disparition des boîtes vocales ne sera pas causée par l’absence de besoin de laisser un message vocal, mais plutôt par la désuétude de l’interface anachronique pour écouter celui-ci.

Parcourir les menus, une touche à la fois, puis entrer, encore et toujours, son mot de passe, a fini d’achever ma patience.

En comparaison, un texto est reçu immédiatement, sans chichi, et on y répond sur-le-champ : pas de mot de passe, pas de menu vocal à parcourir, pas d’espace mémoire à gérer.

Boîte vocale, repose en paix dans le silence éternel!

Catégories : Futur

Il y a à peine neuf mois, l’auteure de The Verge, dans l’article « J’écris avec seulement la force de mes pensées », s’emballait, avec raison, de la possibilité de taper à la machine une lettre toutes les 15 secondes sans toucher un clavier.

Avec un peu d’entraînement, elle aurait pu accélérer sa cadence.

L’interface cerveau-machine lui demandait de se concentrer sur une lettre à la fois pour former un mot, puis une phrase, puis tout un texte.

Source The Verge

Source The Verge

Cette révolution est l’équivalent de frotter deux silex pour faire du feu, comme pour nos ancêtres.

Alors, imaginez si on leur annonçait cette semaine avoir trouvé un briquet!

Des chercheurs disent avoir modélisé les ondes cérébrales pour reconstituer des phrases complètes!

Brain-to-text

Au cours de la dernière décennie, des études ont suggéré qu’il était possible de reconnaître des aspects isolés de la parole à partir de signaux neuronaux.

Il semble qu’une étape importante vient d’être franchie.

Brain-to-text (du cerveau au texte) est le nom générique (et sensationnaliste) qui couvre diverses approches en neurosciences qui tentent d’ouvrir une voie de communication entre les humains et les machines basée sur la parole naturelle et l’activité cérébrale.

Cette fois-ci, une nouvelle modélisation permet de lire dans la tête des phrases pensées en langage naturel.

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Ne nous emballons pas trop vite. Le test s’est fait sur une banque de mots restreinte.

Par contre, les résultats démontrent que le modèle peut obtenir des taux d’erreur de mot aussi bas que 25 %!

En diminuant encore le taux d’erreur et en augmentant davantage la banque de mots, il sera possible d’imaginer ouvrir un véritable dialogue par la pensée entre un humain et une machine.

Ô Siri, je pense à toi

On peut se demander évidemment pourquoi on souhaiterait avoir un tel outil alors qu’on possède déjà des assistants vocaux sur nos téléphones (comme Siri).

Bien évidemment, ces découvertes vont surtout aider des personnes handicapées dans un premier temps. Mais soyez assuré que des personnes bien portantes, comme moi, vont vouloir l’essayer.

Personnellement quand je parle tout seul à mon cellulaire dans la rue, j’ai l’impression de passer pour un mystique discutant avec les anges.

Alors, voyez-vous, pouvoir passer des commandes silencieuses dans l’autobus, à la bibliothèque ou en réunion ne me laisse pas indifférent.

Mais d’un autre côté, si ces chercheurs m’ouvrent l’accès aux machines par la pensée, l’inverse est aussi vrai. Les machines ont accès en retour à mes pensées.

Pour elles, toutes ces têtes silencieuses dans l’autobus, à la bibliothèque ou en réunion sont de joyeux livres ouverts, aussi volubiles que Louis-José Houde.

Actuellement, il faut porter un filet de capteurs sur la tête pour analyser nos ondes cérébrales. On entrevoit tous, bien sûr, l’enjeu éthique quand nos ondes cérébrales pourront être lues à distance.

Mon futur casque de vie privée

Mon futur casque de vie privée

Pensez « je le veux »

Mais on ne peut s’empêcher de voir le potentiel de cette avancée des neurosciences.

Avec les algorithmes de prédiction qui s’améliorent de plus en plus, nos pensées pourront un jour servir de déclencheurs pour accélérer certaines actions :

  • Décrocher le téléphone et avoir sa mère au bout du fil
  • Télécharger les cartes du trajet à faire dès qu’on entre dans la voiture
  • Augmenter le chauffage sans bouger

En écrivant ces exemples fictifs, que je n’ose plus qualifier de science-fiction, je sens que la technologie fonce à toute allure vers une destination irrésistible et effrayante à la fois (selon vos intérêts personnels).

Il y a bien sûr loin de la coupe aux lèvres, mais nous voyons qu’un pacte faustien se dessine entre nous et la technologie.

Je peux bien sûr refuser les sirènes de la télépathie assistée par ordinateur.

Mais je ne pourrai pas lutter très longtemps contre la compétition sociale, tous contre tous, si ces outils servent à amplifier le pouvoir des autres au détriment du mien.

Catégories : Innovation