Martin LessardHitchbot, l’ambassadeur des robots parmi nous

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 publié le 22 août 2014 à 12 h 15

HitchBot, le petit robot auto-stoppeur qui est parti d’Halifax, en Nouvelle-Écosse, le 27 juillet dernier est arrivé hier à Victoria, en Colombie-Britannique.

Le projet avait une mission : découvrir si les robots peuvent faire confiance… aux humains! C’est une expérience, on s’en doute, à la fois artistique, sociale et scientifique.

Pour être toutefois sûrs que Hitchbot ne se fasse pas voler et démonter en petites pièces dès les premiers instants où on le laisserait tout seul, ses constructeurs (qui connaissent bien les humains!) l’ont fabriqué dans des matériaux peu nobles.

Le robot ressemble à un gros pot de peinture avec des pattes et des bras en tube de styromousse, affublé de gants de jardinage.

hitchbot

Il est surmonté d’une tête avec un écran DEL pour afficher un petit sourire. Il possède une caméra et un micro, et est capable de soutenir une conversation de base grâce à son programme de reconnaissance vocale (son « intelligence » est tirée de Wikipédia).

Hitchbot a accès au 3G et à wifi et il a partagé son périple sur les réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter.

On le recharge à l’aide de l’allume-cigarettes.

L’enfer, c’est nous autres

HitchBOT est une création de professeurs canadiens de l’Ontario. C’est une expérimentation sur les rapports robot-humains grâce à l’intelligence artificielle et à la reconnaissance vocale.

Comme il ne pouvait marcher, le robot devait faire de l’auto-stop. Toujours le pouce en l’air, il est déposé sur le bord de la route en espérant que des âmes charitables l’amènent à destination.

On peut penser que, plus il y avait de monde au courant de son périple, plus il avait de chances de réussir à arriver à destination, au lieu de finir dans une décharge publique.

L’intérêt de cette sympathique expérimentation tient au fait qu’aujourd’hui on fabrique des robots de plus en plus puissants pour résister à toutes sortes d’environnements, mais qu’on n’a jamais testé sa résistance à… l’environnement social humain.

Si on pense que les robots seront un jour parmi nous, il faut commencer à faire des tests maintenant et à en lâcher quelques-uns dans la nature pour voir comment la société humaine va réagir.

Il semble que la « première rencontre » se soit bien passée.

Les robots sont là

Les robots finiront par arriver dans nos vies, soyez-en sûrs. Et cette semaine, c’était le cas pour les clients de l’hôtel Aloft, à Cupertino, en Californie.

Deux robots-concierges ont maintenant pour tâche d’apporter des articles aux clients dans leur chambre.

alo

Par exemple, si un client appelle à la réception pour se faire monter une bouteille d’eau, le préposé dépose la bouteille dans le panier du robot et programme ensuite le numéro de la chambre.

Ce qui serait fait les doigts dans le nez par un jeune « Spirou » est tout de même un petit exploit pour le robot. Il doit être capable de se repérer dans l’hôtel, de prendre l’ascenseur (il communique par sans-fil pour appeler l’ascenseur et choisir l’étage) et de se rendre à la bonne porte — tout cela sans écraser qui que ce soit.

Notez en passant que ces robots-concierges n’acceptent pas de pourboire, mais aiment recevoir des tweets avec le mot-clic #MeetBotlr comme remerciement.

Ce qui est nouveau ici, ce n’est pas qu’un robot puisse se promener tout seul dans un immeuble (ce type de robots existent déjà dans certaines grosses usines ou manufactures), mais de voir ces robots passer du côté du service à la clientèle!

Les frictions à venir

Ici aussi, c’est du côté de l’acceptation sociale que se passe le vrai test (si l’expérience est concluante, la chaîne d’hôtels placera des robots dans ses 100 autres hôtels).

À Shangai, ce mois-ci, un restaurant vient d’ouvrir où des robots sont dans la cuisine pour préparer la nourriture et dans la salle pour servir les clients. Ce sera probablement davantage une attraction touristique qu’un restaurant pour bien manger, mais, tout de même, vous voyez où je veux en venir.

Le problème ne se situe pas dans le fait que nous refuserions de nous faire servir par un robot – au contraire! –, mais dans celui qu’il nous faudra vaincre cet irrépressible malaise qui nous prend à la gorge en pensant que le sympathique robot qui nous sert « vole des jobs » à de vrais humains (lire mon billet Se faire remplacer par un iPad?).

Je suis moins sûr que cela passera comme une lettre à la poste, ou pour utiliser une nouvelle métaphore, comme un « Hitchbot à travers le Canada »…

Catégories : Robotique, Tendance

Google Play

La boutique numérique de livres Google Play Books permet depuis cette semaine aux Canadiens de louer des manuels scolaires électroniques, ce qui pourrait permettre à certains étudiants d’alléger à la fois leur imposante facture de la rentrée et leur sac à dos pendant le reste de l’année. Les étudiants devraient toutefois bien y réfléchir avant d’opter pour la location plutôt que l’achat.

Google Play Books est une boutique accessible au Canada depuis quelques années déjà. Le service de Google permet d’acheter (et maintenant de louer, à Google Play Manuels) des livres sur un ordinateur ou un appareil mobile Android ou iOS, d’où il est ensuite possible de consulter ses ouvrages avec ou sans connexion Internet.

Les avantages des livres numériques en général sont souvent amplifiés avec les livres scolaires. Quelques gros manuels de plusieurs kilos peuvent être remplacés par une petite tablette, il est possible d’y souligner et d’en annoter des passages sans les endommager, et de rechercher des mots-clés importants dans ses manuels.

Un livre numérique est aussi souvent moins cher, mais la différence de prix est toutefois assez mineure, même avec les ouvrages scolaires. Contrairement à un livre papier, il est pratiquement impossible de revendre son manuel à la fin de la session ou à la fin de ses études.

Un bon rabais
Google offre généralement ses livres en location avec de bons rabais dans sa boutique scolaire, jusqu’à 80 %, comparativement à la version imprimée. En pratique, le rabais peut varier grandement, mais après vérification, il est rare que celui-ci soit inférieur de 30 % par rapport au prix du livre neuf chez Amazon.ca.

Quelques inconvénients
La location d’un livre n’est certainement pas pour tous, toutefois. Contrairement à un livre acheté, un livre loué n’est bon que pour une durée limitée, soit de 6 mois dans le cas de la boutique Google Play. Si cette durée est suffisante pour terminer un cours, elle ne l’est malheureusement pas pour terminer toutes ses études. Or il n’est pas rare qu’un ouvrage puisse être utile pendant plusieurs années.

Par ailleurs, certains ouvrages sont parfois offerts avec du contenu supplémentaire, permettant d’accéder à un site web protégé, par exemple. On ne pourra pas toujours accéder à ce contenu avec un livre en location.

Malheureusement, l’offre francophone de Google est aussi assez mince, ce qui pourrait grandement réduire son utilité au Québec. De nombreux cours universitaires en français exigeant toutefois l’achat de manuels en anglais, la location pourra donc quand même être intéressante pour certains étudiants.

La location : à considérer, mais…
Louer un manuel scolaire demeure souvent cher. Moins que d’acheter un libre neuf, mais beaucoup plus cher que d’acheter un livre usagé et de le revendre l’année suivante.

Pour ceux qui souhaitent adopter les livres numériques, cela reste une option intéressante, qui pourrait permettre de faire des économies assez substantielles au cours de ses études.

Attention, toutefois, de bien choisir les livres à louer et les livres à acheter. Car un bon ouvrage de référence peut être utile pendant des années, et pas seulement pendant six mois.

Catégories : Livres, Non classé

Martin LessardRobots : tous pour un, un pour tous

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 publié le 19 août 2014 à 9 h 59

Il serait tellement plus simple de voir sortir un C3PO des laboratoires de robotique pour nous donner un aperçu de l’état d’avancement en ce domaine.

Mais nous n’y sommes pas encore. Il nous faut nous contenter d’avancements majeurs qui n’ont l’air d’absolument rien aux yeux du grand public.

Tenez, prenez cet exploit de l’Université de Harvard, qui a annoncé récemment avoir fait fonctionner le plus grand essaim de robots du monde.

Jusqu’à récemment, des robots arrivaient à se coordonner en petits groupes limités d’une douzaine de membres, parfois d’une centaine.

Cette fois, c’est plus de 1000 robots.

Le nouvel horizon de la robotique

Pour la première fois, 1024 petits robots ont formé de façon autonome des formes 2D complexes comme des étoiles ou des lettres de l’alphabet.

Les petits robots, appelés Kilobots, gros comme des balles de ping-pong, ont été choisis parce qu’ils ne coûtent pas chers à fabriquer.

Kilobots

Kilobots

Ils ont chacun un microcontrôleur intégré, des capteurs infrarouges, des transmetteurs pour communiquer et un petit moteur de vibration qui leur permettent de se déplacer tout droit ou pour tourner. Chaque robot ne peut communiquer qu’avec les autres robots à proximité immédiate.

Pour faire la forme finale désirée, on transmet d’abord à tous les robots l’image 2D. Puis on place quatre robots fixes qui servent de point de départ.

Ensuite, certains des robots commencent à se déplacer de façon autonome pour aller s’accumuler successivement afin de créer la forme en un long mouvement collectif.

OK. Il ne faut pas être pressé. Ça peut prendre environ 12 heures à ces robots pour s’assembler selon la forme prescrite.

Mais mine de rien, l’exploit, ici, c’est que les robots arrivent à avoir un comportement de groupe, comme les fourmis, alors qu’ils n’ont aucune coordination centrale. Tout l’intérêt réside dans la conception d’un algorithme capable de créer un système auto-organisé autonome.

Robots, arrangez-vous tout seuls!

Cet essaim de robots en particulier développé à Harvard n’a d’intérêt que pour cet algorithme capable de faire collaborer autant d’éléments indépendants.

Remplacez ces petits robots par des minidrones ou des voitures autonomes, et vous avez tout à coup devant vous ce qui ressemble à l’avenir de la robotique : une forme de coordination cybernétique autonome.

Kilobots

Kilobots

En fait, ces robots pourraient être de différentes grandeurs, l’algorithme n’ayant pas besoin d’être changé complètement pour autant. Exemples.

  • Petits, ils seraient utiles pour passer des câbles dans des tuyaux ou s’assembler comme des pièces de blocs LEGO.
  • Plus petits encore, à un niveau nanométrique, ils pourraient s’insérer dans le réseau vasculaire pour faire un diagnostic ou un traitement quelconque (bloquer ou débloquer une artère).
  • Plus grands, à notre échelle, ils pourraient être des drones agricoles chargés d’analyser un champ.
  • Plus grands encore, c’est tout le réseau routier, composé de ces éventuelles voitures autonomes qu’on nous promet, qui pourrait profiter de l’algorithme.

Et bien sûr, pour ceux qui ont vu la première trilogie de La guerre des étoiles, cet algorithme pourrait aussi servir à coordonner un bataillon d’éventuels robots-combattants. Et comme on sait que, de nos jours, la réalité rattrape la fiction…

Autonomes, mais grégaires

Cette expérience de Harvard est un pas dans la direction de meilleurs systèmes auto-organisés. L’algorithme doit encore beaucoup évoluer pour qu’elle puisse réellement être efficace hors laboratoire, à grande échelle.

Michael Rubenstein, le chercheur de Harvard derrière cette expérience, a dit vouloir améliorer son programme de telle sorte que chaque robot puisse agir de façon vraiment autonome. Éventuellement, ils seront capables de s’assembler dans une forme ad hoc en fonction de l’environnement sans qu’on ait à le leur dire.

Pour ceux que le sujet intéresse, le plan des Kilobots ainsi que le logiciel sont accessibles en code source libre sur le site du projet de recherche en système auto-organisé de Harvard.

Catégories : Robotique

Maxime JohnsonEssai du Moto E : un bel effort, mais il y a mieux

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 publié le 15 août 2014 à 8 h 51

Moto E

Motorola a lancé il y a quelques semaines au Canada son nouveau Moto E, un téléphone intelligent Android d’entrée de gamme, vendu directement aux consommateurs, et non par un opérateur. Si l’appareil est d’une excellente qualité pour son prix, force est toutefois de constater que les acheteurs canadiens peuvent en obtenir plus pour leur argent.

Construction solide
La première chose qui impressionne du Moto E est sa conception quand même solide pour un appareil d’entrée de gamme. Le téléphone offre un design similaire aux Moto G et Moto X de la compagnie, avec une solidité exemplaire pour un appareil de plastique.

Personne ne confondra le Moto E avec un appareil phare comme les HTC One M8 ou l’iPhone 5S, mais celui-là offre tout de même une conception très convenable, surtout pour son prix.

Des caractéristiques qui laissent à désirer
emeraudes

Si l’extérieur du Moto E trahit un peu son prix, l’intérieur, lui, ne ment pas. Les caractéristiques de l’appareil sont résolument d’entrée de gamme, semblables à celles que l’on aurait pu retrouver dans un téléphone intelligent il y a plusieurs années déjà.

Est-ce catastrophique? Pas forcément. On aimerait une plus grande capacité interne que les 4 Go du Moto E, et son processeur double coeur Snapdragon 200 pourrait paraître lent avec certaines applications lourdes, mais l’appareil est quand même fluide et il offre une bonne autonomie.

Son appareil photo numérique arrière rate aussi plus de clichés qu’il n’en réussit, même dans des conditions idéales comme à la rivière aux Émeraudes (mais c’était à prévoir) et l’absence d’appareil photo frontal devrait déplaire aux amateurs de selfies.

Son écran de 4,3 pouces avec une résolution de 540 par 960 pixels est certainement décevant pour un téléphone lancé en 2014, mais celui-ci est tout de même convenable pour un utilisateur qui en est à son premier téléphone intelligent ou qui ne compte pas passer des heures quotidiennement devant son appareil.

Vendu aux consommateurs directement
Contrairement aux téléphones intelligents habituels, le Moto E n’est pas vendu par un opérateur comme Bell, Rogers ou Telus, mais plutôt aux consommateurs directement, au Bureau en Gros.

Celui-ci est vendu débloqué pour 180 $, mais sans aucune entente. Il est bon de noter qu’il est alors possible de choisir l’opérateur et les forfaits de son choix, incluant les forfaits prépayés.

Si on joue bien ses cartes, le Moto E peut donc rapidement être plus abordable à long terme qu’un téléphone acheté gratuitement avec une entente chez un opérateur.

Prometteur, mais il y a mieux
Même si le Moto E pourrait en théorie être correct pour les utilisateurs à la recherche d’un appareil simple et abordable, force est de constater qu’il y a mieux ailleurs.

La comparaison la plus simple est avec le Moto G de Motorola, un autre téléphone d’entrée de gamme, qui offre toutefois des caractéristiques franchement supérieures.

Le Moto G est équipé d’un appareil photo frontal, son processeur Snapdragon 400 à quatre coeurs est beaucoup plus puissant, son écran 720p de 4,5 pouces est plus joli et sa capacité interne de 8 Go est beaucoup moins contraignante.

Non seulement le Moto G est plus puissant, mais il est possible de l’obtenir pour sensiblement le même prix que le Moto E, et dans les mêmes conditions.

Par Koodo, par exemple, le Moto G est vendu 150 $ seulement sans entente. Il suffit ensuite de le débloquer (auprès de Koodo directement pour 35 $) pour l’utiliser chez l’opérateur de son choix, exactement comme avec le Moto E. Il est bien sûr aussi possible de l’utiliser avec Koodo, sans le débloquer.

Le Moto G peut aussi être obtenu auprès de Virgin Mobile pour le même prix, mais débloquer l’appareil coûte alors un peu plus cher (50 $). Telus l’offre pour sa part pour 200 $ (35 $ pour le débloquer).

Bref, le Moto E n’est pas un mauvais téléphone pour son prix, et il s’agit d’un effort louable pour créer un appareil abordable d’une qualité quand même correcte. Mais au Canada, présentement, il est difficile de recommander son achat considérant qu’il est possible d’obtenir beaucoup plus pour le même prix.

Catégories : Mobile

Avec la démocratisation des caméras montées, comme les caméras Go Pro ou Google Glass, on voit apparaître de plus en plus de vidéos qui documentent un parcours ou un moment précis.

Malheureusement, ces vidéos sont parfois beaucoup trop longues et ennuyeuses.

Certains, pour régler ce problème, font des vidéos en accéléré (timelapses), qui permettent de mieux résumer un parcours ou un événement.

Malheureusement encore, ces vidéos en accéléré accentuent les mouvements, et l’image est si instable qu’on en a la nausée.

Par exemple :

Adoucir les mouvements de caméra

Trois chercheurs de Microsoft ont développé une façon de condenser et de stabiliser ce type de vidéo à la première personne pour donner un rendu plus souple et professionnel.

Dans une démonstration assez époustouflante, on voit comment ils ont réussi à lisser les images, leur donnant presque un air d’image générée par ordinateur.

Cette vidéo vous convaincra :

La technique consiste à cartographier le parcours et à donner un nouveau rendu d’images d’un point de vue différent pour adoucir les sauts et les tournants brusques dans la vidéo originale.

Leur logiciel crée une carte 3D des lieux où a été tourné le film original, puis recrée les photos selon la meilleure trajectoire qui adoucit les mouvements de caméra.

Cette trajectoire est créée par un algorithme qui extrapole les images intermédiaires entre deux images clés (comme on le ferait pour un dessin animé) et génère une vidéo de haute qualité qui assure la stabilité d’une image à l’autre.

Dans un simple accéléré, des images sont retirées, ce qui brise les raccords d’une image à l’autre. Dans cet hyperlapse, les images sont reconstruites pour éviter ces bris de raccord.

Hyperlapse : l’accéléré des professionnels

L’hyperlapse, un terme apparu la première fois pour une vidéo sortie sur Vimeo en 2012 (Voir Berlin Hyperlapse), permet de redynamiser des ensembles de photos pour qu’ils soient agréables à consulter.

Un exemple fantastique de ça est Google Street Views Hyperlapse, qui recrée des parcours à partir des photos prises comme si c’était une vidéo originale.

Les chercheurs de Microsoft n’ont pas précisé quand leur solution pourrait être un jour commercialisée, mais ils estiment que ce sera éventuellement une application offerte sur Windows.

hyperlapse

Catégories : Trucs pratiques