Catherine MathysMes 5 fabuleuses minutes avec Patrick Watson

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 publié le 17 octobre 2014 à 15 h 26

Il y a de ces expériences qui vous marquent. Après les avoir vécues, vous avez un peu l’impression d’avoir entrevu une partie de l’avenir. C’est ce qui m’est arrivé après avoir essayé le Samsung Gear VR avec le film Strangers with Patrick Watson, réalisé sur mesure pour l’appareil par Félix & Paul studios. Félix Lajeunesse, à l’occasion du Festival du nouveau cinéma, est venu parler des prouesses de la réalité virtuelle filmée en 3D à 360 degrés dans un après-midi de mini-conférences consacrées aux technologies et aux nouvelles écritures.

Samsung Gear VR : un appareil prometteur

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J’étais curieuse de voir le film, bien sûr, mais aussi de faire l’essai des lunettes Samsung Gear VR. Comme il est léger et facile à porter, on oublie vite l’appareil qu’on porte pour se transporter dans un autre lieu, dans une salle de répétition avec Patrick Watson, en l’occurrence. Dans un récent billet, mon collègue Maxime Johnson nous dévoilait les atouts du nouveau Samsung Gear VR.

« Le nouveau casque de Samsung est un appareil assez simple, où le logiciel nécessaire, l’écran et la plupart des autres composantes se retrouvent dans un téléphone intelligent, le Galaxy Note 4, et non dans le casque en tant que tel.

Le casque comporte quand même quelques éléments d’électronique, comme un capteur de mouvements supplémentaire et un pavé tactile sur la tempe de l’utilisateur, mais il s’agit principalement d’un boîtier de plastique simple, avec deux lentilles, qui permettent à l’utilisateur de voir l’écran du Galaxy Note comme s’il s’agissait d’un téléviseur de 175 pouces placé à 2 mètres devant lui. »

On se trouve effectivement entièrement captif de l’écran qu’on a devant les yeux. Si l’image est un peu floue, l’effet est tout de même saisissant au point ou on se sent entièrement intégré à elle plutôt que d’en être un simple spectateur.

La philosophie de Félix & Paul studios

Paul Raphaël et Félix Lajeunesse

Paul Raphaël et Félix Lajeunesse

Félix Lajeunesse, l’un des cofondateurs de Félix & Paul studios, a raconté au micro du FNC Pro, qu’il cherchait depuis longtemps à briser les conventions du cadre auquel on est habitué au cinéma. Il voulait atteindre le même niveau d’émotion que pouvait offrir le visionnement d’un film, mais sans nécessairement raconter une histoire ou passer par le jeu d’un acteur. Pour lui, l’un et l’autre sont des détours qu’il ne souhaitait pas emprunter. Il préférait trouver une manière d’atteindre directement les émotions du spectateur sans passer par un personnage.

Il a donc préféré créer une technologie 3D stéréoscopique qui lui permettait de s’attarder à du contenu contemplatif. C’est ainsi qu’il est allé tourner, par exemple, une ruelle de Shanghai où on pouvait simplement assister au passage du temps. Par la suite, la rencontre avec l’équipe d’Oculus a été déterminante. Le duo de Félix Lajeunesse et de Paul Raphaël a voulu mettre la caméra à la hauteur des yeux, comme si le spectateur regardait l’action directement, comme si la médiation du jeu de l’acteur ou du cadre de l’écran n’existait plus. L’expérience de Strangers with Patrick Watson est un exemple de ce qu’il est possible de faire sans trame narrative, ni décor, ni scénario. Le simple fait de se sentir présent suffit.

Strangers with Patrick Watson

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La liste d’attente est longue. L’activité dure 5 minutes mais il faut laisser refroidir l’appareil. Il a donc fallu s’inscrire pour avoir la chance de faire l’expérience dont on m’avait tant parlé. Enfin, c’est à mon tour. Je m’assois bien droit sur une petite banquette blanche. On place le téléphone Galaxy Note 4 dans l’appareil. On referme le tout avec une plaquette. C’est prêt. On me place les lunettes sur les yeux en prenant soin de guider ma main vers la roulette de la mise au point. C’est fait. On me place les écouteurs sur les oreilles. Vu de l’extérieur, tout cela ne doit pas être d’un grand chic. Tant pis. Je n’y pense plus, j’ai déjà décollé. La banquette blanche, les gens qui m’entourent, tout disparaît. Je me retrouve face à Patrick Watson assis devant son piano. Je suis avec lui dans sa salle de répétition. Il se lève, cherche une cigarette puis se rassoit. Il essaye quelques notes puis recommence. Au début, je n’ose pas regarder ailleurs. Après tout, j’assiste à un moment intime de création. Je suis presque incommodée par l’odeur de sa cigarette. C’est vous dire la puissance de l’engin. On se croit réellement en présence de Patrick Watson, tellement qu’on ne veut pas le froisser en détournant le regard.

Je finis par le faire, pour voir où on se trouve et pour voir aussi à qui il parle, puisqu’il échange des mots avec quelqu’un. Je ne vois personne, enfin presque. Derrière nous, le labrador noir de Patrick écoute tranquillement la musique de son maître. Il bâille même, à l’occasion. La pièce est pêle-mêle, un fouillis comme on se l’imagine dans l’atelier d’un artiste. Je regarde à droite, à gauche, au plafond et au plancher. J’inspecte tout, des lattes de bois franc au système de gicleurs. Je suis bien là. Rien ne m’échappe. Sauf moi-même. Je regarde vers le bas et je ne vois ni mes jambes ni mes mains. J’espionne sans être là. Incroyable sensation de vérité. Pendant 5 minutes, Patrick Watson chante pour moi. Au bout d’un moment, le défilement du générique me rappelle que c’est une fiction et qu’elle n’a jamais eu de réalité.

J’enlève les écouteurs, je remets les lunettes à la gentille personne qui se trouve devant moi. Je retrouve la pièce lumineuse où avait lieu l’essai. Je sens d’ores et déjà qu’il s’agit d’une véritable révolution technologique et que je viens de toucher à l’avenir. J’ai déjà hâte à mon prochain voyage. D’ici là, le Samsung Gear VR sera en vente dans les prochaines semaines, selon Félix Lajeunesse. Devinez ce que je vais demander pour Noël?

Catégories : 3D, Cinéma, Gadgets, Innovation

Apple a dévoilé aujourd’hui deux nouvelles tablettes iPad : l’iPad Air 2, qui intègre désormais le lecteur d’empreintes digitales TouchID, et l’iPad mini 3, une version moins puissante de la tablette. Voici un aperçu des deux appareils.

iPad Air 2
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L’iPad Air 2 est la sixième tablette grand format d’Apple et offre quand même plusieurs bonnes améliorations par rapport à l’iPad Air lancé l’année dernière.

Sa nouveauté la plus attendue est le lecteur d’empreintes digitales TouchID, qui permettra de déverrouiller l’appareil simplement en posant le doigt sur le bouton d’accueil, mais aussi de payer ses achats dans iTunes et dans l’App Store. Le lecteur TouchID de l’iPad sera aussi compatible avec Apple Pay, mais seulement le volet logiciel du nouveau service de paiement d’Apple. Il sera donc possible de payer ses achats dans des applications compatibles avec son doigt, mais pas dans les boutiques.

Côté design, la tablette est semblable à l’iPad Air, mais plus mince, à 6,1 mm. Son écran tactile est doté d’un nouveau revêtement antireflets qui devrait faciliter la lecture au soleil. Attention par contre, ce revêtement est loin d’être parfait  l’iPad Air 2 reflète encore beaucoup les lumières à l’intérieur, selon ce qu’il a été possible de constater -, il ne faut donc pas s’attendre à des miracles non plus. Malgré tout, la diminution annoncée des reflets de plus de 50% devrait être avantageuse dans certains cas.

L’iPad Air 2 offre aussi deux caméras améliorées, avec une caméra arrière qui ressemble de plus en plus à celle de l’iPhone, avec son capteur de 8 mégapixels et sa nouvelle compatibilité avec les différentes fonctions avancées de l’appareil photo d’Apple, comme les vidéos en accéléré et au ralenti.

Comme tous les ans, le nouvel iPad offre finalement plus de puissance qu’auparavant, grâce à son système sur puce A8X. Celui-ci promet un processeur 40 % plus rapide que l’année dernière, et un coeur graphique deux fois et demie plus puissant.

Rappelons que les rumeurs des derniers jours voulaient que l’iPad Air 2 serait équipé de 2 Go de mémoire vive plutôt que de 1 Go, une information qui n’a toutefois pas été confirmée par Apple. Il faudra probablement attendre encore quelques jours pour en savoir plus sur le sujet.

L’iPad Air 2 pourra être commandé à partir de vendredi, et la tablette sera offerte en magasin à compter de la semaine prochaine, pour 549 $ pour le modèle de 16 Go. Il s’agit d’un prix de lancement plus élevé que celui de l’iPad Air l’année dernière, qui reflète toutefois le nouveau taux de change entre les dollars canadiens et américains.

Les modèles ayant une capacité plus grande auront pour leur part droit à un baisse de prix, puisque l’iPad Air 2 de 64 Go sera vendu 659 $ et que l’iPad Air 2 de 128 Go sera offert à 769 $.

Il est bon de noter que l’iPad Air original sera quant à lui toujours offert, à 439 $ pour le modèle de 16 Go et à 489 $ pour le modèle de 32 Go. Les modèles avec une plus grande capacité ne sont pour leur part plus produits.

iPad mini 3
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La petite tablette d’Apple a aussi eu droit à une mise à jour cette année, beaucoup moins intéressante que dans le cas de l’iPad Air 2, par contre.

Si l’iPad mini 2 offrait des caractéristiques pratiquement identiques à l’iPad Air, il n’en est en effet pas de même pour l’iPad mini 3, dont les caractéristiques internes ressemblent en fait plus à celles de l’iPad mini 2, auquel un lecteur d’empreintes digitales Touch ID a été ajouté.

La tablette est offerte dans un nouveau choix de couleur (argent, gris ou or, comme dans le cas de l’iPad Air 2), mais c’est tout.

L’iPad mini 3 sera offert en même temps que l’iPad Air 2, à 439 $.

Pour ceux qui ne tiennent pas absolument au lecteur d’empreintes TouchID, l’iPad mini 2 pourrait toutefois offrir un meilleur rapport qualité-prix, à 329 $.

L’iPad mini original est quant à lui toujours offert, à 279 $.

De nouveaux Mac
Notons qu’Apple a finalement aussi dévoilé aujourd’hui de nouveaux ordinateurs Mac, dont le plus impressionnant est l’iMac Retina 5K, un ordinateur équipé d’un grand écran de 27 pouces et doté d’une résolution 5K, plus grande que la résolution des écrans 4K qui commencent à percer le marché des cinémas maison.

L’appareil est en vente à compter d’aujourd’hui, à partir de 2749 $.

Apple a finalement aussi mis à jour son petit ordinateur Mac mini pour une première fois depuis la fin 2012. L’appareil est vendu à partir de 549 $.

Les deux ordinateurs seront livrés avec OS X Yosemite, la nouvelle mise à jour du système d’exploitation d’Apple OS X, également lancée aujourd’hui.

Catégories : Tablettes

« Je n’ai rien à cacher. »

Dites cela à Edward Snowden, lui qui est obligé de se cacher pour que vous ayez le droit à une vie privée, et il vous répondra :

« C’est inverser les responsabilités, [ça] revient à dire :  »Je me fiche de ce droit. » C’est le gouvernement qui doit se justifier de ne pas respecter vos droits », dit-il dans une vidéo enregistrée la fin de semaine dernière.

C’est vrai. Par défaut, la vie privée devrait être protégée. Mais comme ce n’est plus le cas en ligne, il nous faut faire l’effort de la protéger nous-mêmes.

Edward Snowden suggère de laisser tomber les services comme Google, Facebook et Dropbox. Ils seraient « dangereux » pour la vie privée.

Et nous, mines déconfites, voyons très bien ce que cela veut dire : se couper de tout ce que le web offre de bien (recherche, réseaux sociaux, partage de fichiers).

Ne plus utiliser Google, synonyme de web pour la plupart des gens, est un pas bien trop grand à suggérer.

Heureusement, il existe quelques solutions, et l’une d’entre elles me semble très prometteuse.

Anonabox, le routeur Tor

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Sur la plateforme de sociofinancement Kickstarter a été lancé Anonabox, un routeur matériel Tor.

Tor est un réseau composé de routeurs organisés en couches, de telle sorte qu’il rend les flux de communication cryptés et anonymes.

L’Anonabox permet de se brancher directement sur ce réseau Tor sans même s’en rendre compte.

Il suffit de le connecter à votre propre routeur (celui qui permet en ce moment pour vous relier à votre fournisseur Internet) et de sélectionner son signal WiFi.

Sur votre ordinateur, vous continuez à utiliser vos logiciels favoris, même ceux qui ne sont pas compatibles avec Tor, disent les promoteurs.

Ils en sont à leur quatrième génération de prototypes, dont la dernière version tient dans la paume d’une main.

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Si tout va bien — il y a toujours un certain risque dans le sociofinancement —, les premiers appareils seront livrés début 2015.

MISE À JOUR : depuis la parution de ce billet, la plateforme Kickstarter a suspendu le projet Anonabox. Le projet avait réussi à amasser plus de 600 000 $ mais des voix se sont élevées, notamment sur Reddit, pour accuser le promoteur de mentir sur les origines et les éléments d’Anonabox. Il n’a pas su prouver que toutes les  pièces de son produit lui appartenaient –il ne peut donc pas affirmer que son produit est 100% Open Source. Une suspension sur Kickstarter signifie en général que le projet ne rouvrira pas. Merci à Clément Côté pour la note. (Même si ce produit particulier ne verra pas le jour, le concept en soi n’est pas pris en défaut).

Se protéger soi-même

Ce type de solution matériel — un bidule intermédiaire entre le réseau et nous — permet de redonner confiance au réseau Internet.

Bien sûr, ça n’empêche pas que ce que vous écrivez dans vos profils Facebook ou Twitter soit surveillé (ce sont des comptes publics, après tout), mais la géolocalisation ou le transfert de votre profil à d’autres marchands ne pourra plus se faire.

Quand vous naviguerez sur Internet avec ce routeur Tor, vous ne serez plus fiché par des corporations qui ont la morale élastique à propos de votre vie privée.

Vous pourrez enfin chercher dans la même journée des grenades (les fruits!) et réserver un billet d’avion sans risquer de voir débarquer des agents prêts à vous extrader vers Guantanamo.

Catégories : Informatique, Internet, Sécurité

Catherine MathysLes réseaux sociaux ou le plaisir de parler de soi

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 publié le 14 octobre 2014 à 11 h 46

À l’émission La sphère du samedi 11 octobre, on a parlé de l’identité numérique des enfants forgée à partir des traces laissées en ligne par leurs parents. À partir de cet article du Guardian, on s’est demandé pourquoi cette pratique s’était généralisée et surtout si elle pouvait nuire plus tard aux enfants. La question est dans l’air du temps. En mai dernier, le réseau NPR faisait un reportage sur la question. Nos enfants seront les premiers à avoir une identité numérique avant même d’être nés, souvent avec l’échographie du bébé. Et, comme je le mentionnais à l’émission, les Canadiens sont champions de cette pratique si l’on en croit les données du sondage de la firme de sécurité informatique AVG.

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Le magazine en ligne Planète F soulève aussi la question de l’empreinte numérique des enfants que les parents laissent avec la publication de multiples photos. On peut y lire le professeur André Mondoux, professeur à l’école des médias de l’UQAM et spécialiste en technologies socionumériques : « Être parent n’est plus un rôle social valorisé comme autrefois. Cette reconnaissance passe maintenant par les photos de nos petites frimousses et par le nombre de “like” qu’elles vont chercher. On a besoin de se faire dire qu’ils sont beaux, ça veut dire que l’on existe socialement comme bon parent. Et se le faire dire en temps réel, c’est bon pour l’égo. »

L’importance de la publication en ligne

Dans son plus récent livre Tell everyone: Why we share and why it matters (Dites-le à tout le monde : pourquoi nous publions en ligne et pourquoi c’est important), qui paraît aujourd’hui même, Alfred Hermida, professeur associé à l’Université de Colombie-Britannique en journalisme numérique et médias sociaux, analyse nos propensions à afficher nos expériences, nos opinions et nos émotions en ligne. Cet article du Globe and Mail expose sa démarche à travers une entrevue où il trace les grandes lignes de sa pensée.

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Selon Hermida, la publication de vidéos virales, de nouvelles, de statuts et autres échanges numériques peut s’avérer futile, mais elle contribue, au contraire, à se bâtir du capital social en montrant à notre auditoire ce qui est réellement important pour soi. Si on publie un contenu drôle, par exemple, on le fait d’abord pour rire avec d’autres. Si nous rions ensemble, on se ressemble peut-être un peu. C’est rassurant.

Bien sûr, la nature de la bête structure nos échanges. Comme l’instantanéité de la technologie modélise nos comportements, nous sommes plus souvent dans l’action que dans la contemplation, ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle pour la nuance qui se fait plus rare dans nos propos. Cela dit, il y a maintenant 10 ans que nous affichons nos vies sur Facebook. Comme le rappelle Fabien Loszach dans l’émission de samedi, le mouvement ne semble pas près de s’essouffler.

En général, les réseaux sociaux sont faciles à utiliser. On les a intégrés à nos vies. Les Canadiens comptent parmi les plus branchés au monde avec 33 h d’utilisation d’Internet par mois, et nous sommes 19 millions sur une population totale de 35 millions à avoir un compte Facebook.

Hermida soutient qu’on s’attarde beaucoup à la façon dont on se branche, mais peu sur les raisons qui nous poussent à nous brancher. Il soutient que les médias sociaux ne sont qu’un nouvel espace qui nous permet de créer des liens sociaux, ce que nous avons toujours fait en tant qu’espèce, par ailleurs. Bien sûr, le contexte numérique implique que nos échanges les plus anodins puissent être archivés et redéployés par d’autres à n’importe quel moment.

La difficulté des réseaux sociaux comme Facebook, c’est qu’ils homogénéisent nos auditoires autrement segmentés dans notre vie de tous les jours. Habituellement, nous adaptons notre comportement en fonction du caractère public ou privé du contexte. En ligne, tout a le potentiel de devenir à la fois public et privé. Nous modifions nos échanges pour rejoindre l’auditoire que vous pensons atteindre et en fonction de ce que nous souhaitons qu’il pense de nous.

Le plaisir de parler de soi

Dans son livre, Hermida parle du terme anglais « meformer », c’est-à-dire quelqu’un qui parle toujours de lui-même. Selon l’auteur, on ne peut en vouloir aux utilisateurs des réseaux sociaux de ne parler que d’eux-mêmes puisque c’est ce que nous faisons de mieux. Il dit que 30 à 40 % de tous nos échanges quotidiens tournent autour de nous-mêmes. Hermida fait référence à cette étude de l’Université Harvard, qui confirme que de parler de soi est même une activité hautement agréable. En utilisant des électroencéphalogrammes, des chercheurs ont déterminé que notre cerveau émet de la dopamine lorsqu’on parle de soi. Il est donc physiquement valorisant de dévoiler de l’information personnelle.

En effet, bien qu’on sache que les êtres humains parlent beaucoup d’eux-mêmes, on en savait peu sur les mécanismes derrière ce comportement. Avec cette étude, on réalise que de parler de soi déclenche des réactions primaires de récompense au même titre que manger ou faire l’amour. Ce n’est pas rien. Si les réseaux sociaux nous en donnent l’occasion, pourquoi s’en priver? L’étude nous apprend que le simple fait de trouver une occasion de parler de soi est très valorisant.

La recherche de Harvard conclut que la simple communication des croyances et des pensées est importante dans l’adaptation sociale d’une personne. On parle ici de créer de nouvelles alliances et de nouveaux liens sociaux, d’utiliser la rétroaction des autres pour mieux se connaître ou encore de repousser les limites des connaissances qu’on peut accumuler. Ainsi la motivation de vouloir sans cesse se dévoiler est essentielle aux comportements qui assurent notre sociabilité en tant qu’espèce. Bon, voilà qui est dit. Maintenant, vous pouvez retourner sur Facebook en toute quiétude.

 

 

 

Catégories : Identité, Réseaux sociaux, Société, Vie privée

Maxime JohnsonHTC Re: les développeurs seront la clé du succès

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 publié le 10 octobre 2014 à 11 h 54

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HTC a dévoilé mercredi sa nouvelle caméra Re, une sorte de caméra tout-terrain GoPro, mais conçue pour la vie de tous les jours et pour un public plus large que les amateurs de sports extrêmes. Pour HTC, la clé du succès pour cette curieuse caméra passera notamment par les développeurs et par les fonctionnalités originales qu’ils imagineront pour la Re.

Un petit périscope
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La HTC Re est une petite caméra portative dépourvue de viseur et dont la forme rappelle celle d’un petit périscope.

Un bouton principal permet de prendre des photos (jusqu’à 16 mégapixels) et des vidéos (jusqu’à 1080p), et les utilisateurs peuvent aussi créer des vidéos au ralenti et en accéléré.

Pour cadrer son image, il est possible d’utiliser son téléphone intelligent, mais l’angle de la caméra devrait être assez grand pour permettre de simplement poser ou filmer en visant grossièrement la scène, sans se soucier du cadrage précis. L’un des objectifs avoués de la Re est après tout de nous permettre de filmer et de prendre des photos sans être cachés derrière une caméra traditionnelle ou un téléphone intelligent.

La HTC Re est une caméra imperméable, et elle sera offerte au cours des prochains mois avec toute une gamme d’accessoires, par exemple pour la fixer à un vélo, à une poussette, à sa casquette, etc.

Entre la GoPro et le téléphone intelligent
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Vendre la Re ne sera pas une tâche facile. D’un côté, GoPro offre déjà d’excellentes caméras, dont certains modèles sont vendus au même prix que la Re. Oui, la Re est plus simple d’utilisation que les GoPro, mais ces dernières ont aussi d’autres avantages.

Le plus grand ennemi de la Re pourrait toutefois être déjà dans la poche de ses acheteurs potentiels : leur téléphone intelligent. Tous ceux qui pourraient être intéressés par la Re possèdent déjà, après tout, un appareil photo avec leur téléphone.

Si l’histoire s’arrêtait ici, le défi de HTC serait de taille. Et je suis loin d’être convaincu que la Re serait suffisamment unique et utile pour justifier une dépense de 199 $US (le prix canadien de l’appareil n’a toujours pas été confirmé).

HTC et les développeurs entrent en scène
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HTC a toutefois quelques armes supplémentaires dans sa poche. La compagnie a notamment confirmé son intention de mettre continuellement à jour sa caméra avec de nouvelles fonctionnalités et, surtout, de permettre aux développeurs de créer des applications tierces compatibles.

Avec un peu d’imagination, il est facile de voir comment la caméra pourrait évoluer avec le temps et se démarquer d’un téléphone ou d’une GoPro.

Il est déjà prévu, par exemple, que la Re puisse être déclenchée à distance, en reliant celle-ci à un réseau Wi-Fi et en utilisant son téléphone intelligent avec une connexion LTE. Si HTC ajoute une fonctionnalité qui permettrait à la caméra de s’activer lorsqu’un son atteint un certain nombre de décibels, la caméra pourrait, par exemple, facilement se transformer en moniteur vidéo pour bébés.

Les parents du bébé en question sont particulièrement technophiles? Pourquoi ne pas relier la Re à leur montre intelligente Android Wear ou Apple Watch pour recevoir une alerte lorsque son bébé se réveille et même afficher l’image de la caméra sur son poignet directement?

HTC offre déjà un outil avec son service Zoe, qui permet de transformer automatiquement des photos et des vidéos en un compte-rendu animé vivant et quand même réussi d’un événement. Programmer une application du genre, qui prendrait, par exemple, une courte vidéo et une photo à intervalles rapprochés, permettrait aux amateurs de festivals comme Osheaga qui fixeraient leur Re à leurs vêtements de conserver un précieux souvenir de l’événement, sans devoir constamment sortir leur téléphone intelligent.

En intégrant la Re à une plateforme de diffusion en direct, la Re permettrait aussi de diffuser archifacilement des réunions ou des événements afin de les rendre accessibles à ceux qui ne peuvent pas y être. Et on peut imaginer que les personnalités YouTube pourraient aussi raffoler de ce genre de chose.

Bref, oui, la Re pourrait bien étouffer entre les GoPro et les caméras de téléphones intelligents. Mais si HTC ajoute de bonnes fonctionnalités à sa caméra, et si les développeurs s’y mettent, la Re pourrait se créer une niche intéressante.

HTC devra toutefois bien présenter son appareil, mais aussi faire preuve de persévérance, car la popularité des Re, si popularité il y a, ne se fera certainement pas d’un seul coup. Ce sera plutôt à mesure que des fonctionnalités s’ajouteront et que les premiers utilisateurs diffuseront du contenu intéressant capturé avec une Re que celle-ci pourra faire sa marque.

Car le bouche-à-oreille et des vidéos YouTube impressionnantes peuvent apporter beaucoup de visibilité à un produit du genre.

Parlez-en à GoPro.

Catégories : Gadgets