Maxime JohnsonBuild 2016 : 5 choses à venir pour Microsoft

par

 publié le 30 mars 2016 à 16 h 10

build

La conférence annuelle pour développeurs Build de Microsoft débute mercredi à San Francisco. Pendant une longue présentation d’ouverture, le directeur général de l’entreprise Satya Nadella a dévoilé plusieurs nouveautés qui attendent les développeurs et les utilisateurs de Windows 10 au cours des prochains mois et des prochaines années. En voici cinq.

Windows 10 Anniversary Update arrive cet été
pen

Comme prévu, Microsoft lancera cet été une mise à jour de son système d’exploitation Windows 10, surnommée Windows 10 Anniversary Update. Cette mise à jour sera encore une fois gratuite, et promet quelques nouveautés intéressantes.

Les utilisateurs dotés d’une tablette Microsoft Surface ou d’un ordinateur Microsoft Surface Book apprécieront tout particulièrement Microsoft Ink, un espace qui rassemblera des applications compatibles avec les stylets comme le Microsoft Pen, et qui permettra aux développeurs d’ajouter des fonctionnalités à leurs logiciels, comme une règle virtuelle pour aider à dessiner. Des applications comme Sticky Notes intégreront aussi désormais la reconnaissance de l’écriture manuscrite.

Ceux qui possèdent une console Xbox One auront quant à eux finalement accès à une boutique d’applications universelle, qui leur permettra par exemple d’acheter un jeu sur console et d’en profiter sur leur ordinateur également.

Microsoft prévoit aussi améliorer la fonctionnalité Windows Hello, qui permet pour l’instant d’ouvrir le système d’exploitation avec ses empreintes digitales ou une caméra web. Celle-ci pourra notamment être utilisée pour s’identifier dans des applications et sur le web.

Windows 10 Anniversary Update offrira finalement quelques nouveautés pour les développeurs, comme la possibilité d’utiliser les invites de commandes Linux dans Windows directement, et de transformer une console Xbox normale en console pour développeurs.

Plus d’applications modernes à prévoir
2

La boutique Windows Store pourrait bientôt offrir beaucoup plus d’applications qu’à l’heure actuelle, grâce au dévoilement mercredi du Desktop App Converter, un outil qui permet de convertir les applications Win32 et .NET traditionnelles en applications Windows modernes.

À la conférence Build, Microsoft a montré son convertisseur en action avec des applications variées, comme Sage 200, Age of Empires II et même le jeu vidéo The Witcher 3.

Voilà qui pourrait avoir un effet intéressant sur l’écosystème d’applications Windows modernes, à condition bien sûr que le convertisseur soit stable et efficace.

Microsoft a aussi dévoilé des outils pour aider les développeurs à programmer des applications compatibles à la fois avec Android, iOS et Windows, ce qui pourrait également avoir de l’influence sur la quantité de logiciels proposés.

Cortana s’intègre dans plus d’applications (et vice-versa)
3

L’assistant virtuel Cortana devrait continuer de s’améliorer au cours des prochains mois, grâce à des nouveautés qui seront lancées avec Windows 10 Anniversary Update, et d’autres qui seront déployées par la suite.

Le service de Microsoft s’intégrera notamment avec la messagerie Outlook, ce qui lui permettra par exemple d’avertir l’utilisateur s’il a oublié d’envoyer un fichier à une relation comme prévu dans une conversation précédente.

Cortana pourra aussi mieux interagir avec d’autres applications, afin par exemple de suggérer de commander un repas dans un restaurant, si une réunion est ajoutée à l’agenda pendant l’heure du dîner.

Cortana sera aussi intégrée directement à Skype, où il sera possible d’interagir avec l’assistant pendant que l’on discute avec quelqu’un d’autre, et il sera possible par exemple d’envoyer un message texte provenant de son téléphone Android à partir de Cortana sur son ordinateur Windows.

Microsoft mise sur les robots logiciels et la conversation
4

Les conversations naturelles ne seront bientôt plus réservées à Cortana, puisque Microsoft compte permettre aux développeurs de créer des robots logiciels (bots), qui pourront s’intégrer à Cortana ou à des services comme Skype, Slack et la messagerie texte.

Il sera possible de converser avec ces robots, et les développeurs auront accès à des outils d’intelligence artificielle et d’apprentissage en profondeur (deep learning) pour les améliorer par la suite.

Dans une démonstration à la conférence Build, Microsoft a notamment présenté un robot pour aider à réserver une chambre d’hôtel (en fonction de ce qui était discuté dans une conversation Skype) et un autre pour commander de la pizza.

Les outils développés par Microsoft sont simples, et devraient permettre à pratiquement n’importe qui de développer des robots du genre.

Parallèlement aux robots logiciels, Microsoft a aussi annoncé plusieurs « services cognitifs », qui pourront être utilisés par les développeurs pour profiter de la recherche en intelligence artificielle et en apprentissage en profondeur de Microsoft au cours des dernières années.

Un ingénieur de Microsoft a par exemple présenté une application permettant aux non-voyants de se faire expliquer l’environnement qui les entoure à l’aide de lunettes connectées, et une application qui permet facilement de se faire lire des documents composés de texte, comme un menu de restaurant par exemple, par son téléphone intelligent.

Le tout est fait en conversant naturellement avec son appareil mobile, pour lui demander par exemple de lire seulement les grands titres dans le menu, ou encore les types de pizzas offertes.

Les développeurs mettent la main sur les Hololens
5

Les lunettes de réalité augmentée Hololens se rapprochent d’un lancement. Après en avoir donné à une quantité restreinte d’entreprises et de développeurs au cours de la dernière année, Microsoft a annoncé aujourd’hui l’arrivée de l’ensemble de développement Hololens.

N’importe quel développeur pourra ainsi créer ses propres applications pour Hololens, et comme ce fut le cas avec les ensembles de développement Oculus Rift pendant les deux dernières années, il faudra s’attendre à voir des installations artistiques, et d’autres choses du genre, utilisant cette technologie être présentées dans des événements pour le grand public au cours des prochains mois.

Catégories : Informatique, Innovation

Dans le dernier numéro du magazine Nouveau projet, le rédacteur en chef, Nicolas Langelier, nous a offert une réflexion sur l’état du monde.

Un passage, presque un aparté anecdotique, a retenu mon attention. Le sujet principal de son article porte sur autre chose. Voilà pourquoi j’ai été surpris de lire au milieu de son texte :

« […] déjà 16 années écoulées dans ce 21e siècle qui promettait tant, mais qui a si peu donné (en 1916, le 20e siècle avait déjà inventé la psychanalyse, la physique quantique, le cubisme, le fauvisme, le futurisme, le dadaïsme, la radio, l’impression offset, la génétique, la salle de cinéma, la relativité, le Model T et l’avion) […] »

Dans ce passage, en marge de son idée principale, il dit que les années 1900 auraient tenu leurs promesses, mais pas les années 2000.

Je profite de l’occasion pour explorer cette question  : que nous a apporté les 16 premières années du 21e siècle?

J’ai l’impression que les innovations des dernières années restent trop souvent dans l’angle mort des observateurs d’aujourd’hui. Sinon, pourquoi Nicolas Langelier aurait-il comparé avec autant d’assurance les deux époques sur le plan des avancées scientifiques, technologiques et industrielles?

Côté technologique, je crois que nous pouvons dire que le 21e siècle nous en donne pour notre argent.

L’herbe d’hier est toujours plus verte que celle d’aujourd’hui

Il va sans dire que les innovations de 1900 à 1916 sont impressionnantes.

  • La psychanalyse, la génétique, la physique quantique et la relativité ont changé à tout jamais notre rapport au monde.
  • Le cubisme, le fauvisme, le futurisme, le dadaïsme sont des mouvements qui ont créé une réelle rupture avec l’art classique.
  • L’impression offset, la salle de cinéma et la radio ont provoqué une révolution en communication.
  • La Ford T et l’avion sont des innovations indéniables en transport.

À bien des égards, cette époque a été très féconde. Pourtant, les parallèles avec la nôtre ne manquent pas.

Nous n’avons pas 100 ans de recul pour juger ces parallèles, mais des avancées récentes dans de nombreux domaines semblent tout aussi prometteuses.

Ce qui change

Pour ne citer que quelques avancées, voici cinq pistes explorées de 2000 à 2016 :

- Génétique : CRISPR. Pour une fraction du prix et du temps habituels, il est possible de modifier le patrimoine génétique d’être vivant avec une précision inégalée. Surnommé le copier-coller de l’ADN, l’outil permet d’enrayer les maladies génétiques ou d’altérer un génome pour augmenter une résistance à des virus. Lire La modification de l’ADN à la portée de tous, dans la revue La Recherche.

- Analyse statistique : Big Data. Les mégadonnées permettent dans certains domaines de traiter une quantité massive d’information mieux que le ferait un humain. Déjà à la Bourse, des actions s’échangent en une fraction de seconde. Les grandes plateformes web personnalisent les flux de données en temps réel pour une portion non négligeable de l’humanité en ligne. Lire Nous étudions de nouveaux objets scientifiques, une interview de Luc Blondel dans La Recherche.

- Voiture autonome : Les conducteurs de camions et les taxis feront-ils le poids longtemps devant un parc de véhicules autonomes capables de se rendre à bon port sans  intervention? Lire Les voitures autonomes arrivent au Canada, de Maxime Johnson.

- Intelligence artificielle : Deep Learning. L’apprentissage profond par réseaux neuronaux artificiels a décuplé la capacité de reconnaissance automatique audiovisuelle des capteurs. Cette intelligence viendra équiper nos objets, nos voitures, nos robots de demain. La montée en puissance des ordinateurs a redonné un second souffle aux recherches à un point tel qu’on parle de printemps de l’intelligence artificielle. Lire Comment le « deep learning » révolutionne l’intelligence artificielle, dans Le Monde.

- La réalité virtuelle ou augmentée : le studio Felix & Paul est notre studio Méliès d’aujourd’hui. Au-delà du divertissement (on associe la réalité virtuelle au cinéma et au jeu), les environnements immersifs touchent aussi nos relations de travail, nos relations sociales et même la santé. Lire La réalité virtuelle révolutionne l’expérience client, dans Les Échos.

On pourrait soutenir que ces technologies reposent sur les épaules des géants et qu’elles sont une continuité de ce qui se fait depuis 100 ans. Je laisserai au rédacteur en chef de Nouveau projet dans 100 ans en décider.

Mais regardons, avant de conclure trop vite, cette invention de Microsoft, l’« holoportation ».

Holoportation

Si la physique quantique nous a présenté une réalité physique à laquelle nous ne nous attendions pas du tout – même 100 ans après -, que penser de l’holoportation, qui nous promet de nous entourer d’images de synthèse en temps réel?

Expliquer l’holoportation à quelqu’un aujourd’hui, c’est comme expliquer la radio, le cinéma et l’avion à quelqu’un hier.

Avant d’imaginer ce que ces inventions auront comme répercussions dans l’avenir, nous les voyons simplement comme un passe-temps pour de jeunes passionnés. Il faut voir plus loin.

Comme le disait un animateur de radio récemment, « j’ai entendu la chronique techno de Matthieu Dugal, et c’était assez… technologique ». Avoir le nez collé sur l’antenne wi-fi, c’est perdre de vue la forêt des changements qui s’annoncent. Ajoutez 100 ans de développement technologique. Serons-nous dans le même monde? Voilà la question.

Grâce à la miniaturisation, les éléments du système d’holoportation devraient se fondre dans notre décor. Comme le téléphone ou Skype, l’holoportation comblera potentiellement un besoin social qui reste à définir. Peut-on imaginer, avec la masse de données enregistrées, jumelées à l’intelligence artificielle, que notre double virtuel puisse nous survivre dans l’holoportation?

Dans 100 ans

Ces innovations dépassent toujours la simple prouesse technologique et leurs répercussions changent le cours de l’histoire. Nos relations sociales ne sont plus les mêmes. Les conditions de vie changent, notre compréhension du monde aussi. Pensons seulement à ce que 25 ans de web ont fait à notre société.

Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas différent de ce qui se passait il y a 100 ans. Il nous manque certes du recul pour juger, mais il ne manque pas de candidats pour affirmer que le futur s’écrit aujourd’hui au présent.

Voilà déjà 16 années d’écoulées dans ce siècle qui promettait si peu, mais qui a pourtant tant donné!

À lire aussi sur Triplex

L’après-royaume de Moore, sur l’impact de la fin la miniaturisation des puces de silicium.

Verrons-nous des robots sociaux en 2016? sur la montée des algorithmes capables d’interpréter les sentiments.

Les questions à se poser après la victoire d’AlphaGo sur les humains sur les possibilités et limites de l’intelligence artificielle.

« Uberisation » : le grand transfert d’emplois sur la menace du chômage technologique.

L’ère post-surveillance : la course à la protection des données privées sur les dangers du réseau omniprésent.

Catégories : Société, Tendance

À défaut de trouver l’âme sœur, Tinder, la populaire application de rencontres, offre maintenant la possibilité de trouver son candidat présidentiel. Brillant! Les jeunes Américains peuvent maintenant, grâce à une nouvelle fonction, glisser le pouce à droite ou à gauche selon leur avis sur le mariage gai ou la peine de mort, par exemple.

tinder-14-720x720

Pour chacun des 10 sujets présentés, on propose un petit résumé informatif, dans le but de faire un choix plus éclairé. Une fois les 10 thématiques passées en revue, l’application indiquera aux utilisateurs le candidat présidentiel qui représente le mieux leurs opinions personnelles. Ils pourront aussi savoir comment ces dernières se situent par rapport aux autres candidats. Un peu comme notre boussole électorale qui nous indique où l’on se situe par rapport à tous les partis.

tinder-match-3-720x720

Pour mettre au point cette opération de charme politique auprès des milléniaux, Tinder s’est associée à l’organisme à but non lucratif Rock the Vote, qui vise à inciter les jeunes à voter.

La technologie derrière « Swipe the Vote » n’est pas nouvelle. En fait, c’est exactement ce que fait déjà l’application Voter qui n’a d’ailleurs pas hésité à s’associer à Tinder pour avoir accès à cette masse de jeunes qui utilisent déjà l’application de rencontres. On avait commencé à voir le potentiel de Tinder dans la course électorale quand des partisans de Bernie Sanders et de Marco Rubio leur avaient créé des profils. Cette initiative-ci, plus structurée, amène véritablement la politique sur le terrain de jeu des milléniaux. Et si, pour les intéresser à la politique, il suffisait d’aller là où ils se trouvent?

Catégories : Applications

Maxime JohnsonMise à l’essai de la Kindle Voyage

par

 publié le 24 mars 2016 à 17 h 22

kindle voyage 1

Près d’un an et demi après son arrivée aux États-Unis, la liseuse haut de gamme Kindle Voyage vient d’être lancée au Canada par Amazon. S’il ne fait aucun doute que le petit appareil est le meilleur du genre sur le marché, son prix d’achat trop élevé devrait réduire les ardeurs des amateurs de livres électroniques.

Bon boîtier, bonnes caractéristiques
kindle voyage bouton

La liseuse haut de gamme d’Amazon est dotée d’un nouveau boîtier mince et léger. Son poids de 180 grammes est plus léger que celui de la Kindle Paperwhite, l’autre modèle d’Amazon doté d’un écran rétroéclairé, mais il est semblable à celui de la Kobo Glo HD, une liseuse équivalente également à considérer.

Celle-ci est aussi mince, à 7,6 mm, et encore plus dans ses extrémités. Certains éléments du design de la Kindle Voyage ont été revus par rapport aux autres modèles, comme le bouton pour allumer l’appareil, qui est désormais situé à l’arrière, et l’écran qui s’intègre complètement à la surface avant de la liseuse. Celle-ci est donc lisse et agréable à tenir entre ses mains pendant plusieurs heures.

Pour que l’on puisse tourner les pages, Amazon offre aussi les nouveaux boutons PagePress, en plus de l’écran tactile habituel. Ceux-ci sont situés à gauche et à droite de l’écran, et permettent d’avancer ou de reculer dans le livre.

L’idée est intéressante, puisqu’on peut ainsi laisser ses doigts au même endroit en tout temps et que la liseuse offre une certaine rétroaction lorsque l’on tourne une page. Les boutons PagePress sont toutefois placés trop bas, pour certains, pour être vraiment confortables.

Bref, ceux-ci représentent un ajout intéressant, qui ne change toutefois pas la donne.

Côté technique, la liseuse de 6 pouces est rapide, et elle est équipée d’un écran précis, à 300 points par pouce. Malheureusement, entre la sortie de la Kindle Voyage aux États-Unis et son lancement au Canada, d’autres ont, depuis, rattrapé cette résolution, notamment la Kobo Glo HD, et même la nouvelle Kindle Paperwhite.

L’écran lumineux de la Kindle Voyage s’ajuste toutefois automatiquement en fonction de la lumière ambiante, ce que les autres ne font pas. Ici aussi, il s’agit d’un avantage intéressant, mais quand même mineur.

Pour le reste, notons que la liseuse offre environ 21 heures d’autonomie en continu, ou 6 semaines à 30 minutes par jour. Elle se charge en 4 heures et intègre une capacité interne de 4 Go, soit suffisamment pour stocker des milliers de livres.

Un bon écosystème, mais fermé
kindle voyage 2

Côté logiciel, la Kindle Voyage offre du bon et du moins bon.

J’ai déjà comparé l’écosystème Kindle à une prison dorée. Pour être plus précis, j’aurais dû le comparer à une prison dorée à sécurité minimale.

L’utilisateur est en effet un peu pris à l’intérieur de l’écosystème d’Amazon. On achète principalement nos livres chez le géant américain, par la liseuse directement ou sur le web, et il est difficile de les acheter ailleurs (mais pas impossible, d’où la référence à la sécurité minimale).

La Kindle Voyage est en effet compatible avec les fichiers Kindle AZW et les PDF, mais pas avec les populaires EPUB, que l’on trouve dans la plupart des librairies en ligne au Québec. Il est généralement possible de les convertir pour la liseuse d’Amazon, mais le processus est relativement fastidieux et il requiert l’usage d’un ordinateur.

Tant que vous demeurez dans l’écosystème Amazon, ce n’est pas un problème, surtout si l’on considère la richesse de leur boutique en ligne, même pour les ouvrages en français. Si vous souhaitez un jour changer de liseuse, vous n’aurez toutefois plus accès à vos livres.

En ce qui a trait au logiciel de la Kindle Voyage, notons que celui-ci est fluide et efficace. On apprécie également son intégration au réseau social pour lecteurs GoodReads, qui permet de noter facilement les livres que l’on termine et d’en découvrir de nouveaux par la suite.

Le problème du prix
Le plus grand problème de la Kindle Voyage est toutefois son prix de 299 $ au Canada. Celle-ci est non seulement chère, mais elle l’est aussi plus qu’aux États-Unis, où elle est vendue 199 $ US (ou l’équivalent de 265 $ CA).

La Kindle Voyage est la liseuse la plus complète et la mieux conçue sur le marché, mais ses avantages sont quand même mineurs par rapport à d’autres liseuses comme la Kindle Paperwhite et la Kobo Glo HD, qui sont, quant à elles, vendues 139 $ et 129 $ respectivement.

Bref, ceux qui recherchent tout simplement la meilleure liseuse sans se soucier du prix seront satisfaits de la Kindle Voyage, mais ceux qui recherchent un meilleur rapport qualité-prix devront aller voir ailleurs.

Catégories : Livres

Dans un livre paru récemment, Le jour où mon robot m’aimera, le psychiatre français Serge Tisseron analyse notre rapport émotionnel avec les objets, et particulièrement avec les objets dits intelligents.

Ce qu’il entrevoit pour le futur, c’est un monde où nous risquons de nous laisser emberlificoter par les robots qui chercheront à nous charmer.

9782226318954g

Ces robots qui nous veulent du bien

En tant que psychanalyste, Serge Tisseron connaît bien les humains. C’est pour cette raison qu’il s’inquiète. Les humains sauront-ils se défendre contre le charme des robots sociaux qui envahiront, demain ou après-demain, notre espace privé?

Un robot social est un robot doté d’une intelligence artificielle qui se présente presque comme un animal de compagnie, mais qui peut agir comme un adjoint. Il pourra lire nos courriels, nous rappeler un rendez-vous et entretenir une conversation avec nous.

Actuellement, la technologie est encore bien embryonnaire, mais il y a déjà des robots sur le marché qui se proposent de devenir notre compagnon de tous les jours : Jibo ou Pepper (lire le billet sur Triplex: Verrons-nous des robots sociaux en 2016 ?).

La promesse de tels robots sociaux est de servir de guide patient, très patient, pour nous prodiguer une attention infaillible à nos états d’âme.

La tristesse, la dépression et la colère se lisent sur notre visage. Des robots dotés d’une intelligence artificielle, spécialisée dans la reconnaissance faciale, n’auront pas de difficulté à décoder ces signes pour essayer de nous réconforter.

Dans son livre, Tisseron raconte qu’il n’a pas nécessairement peur des robots, mais il se méfie des raisons qui nous pousseront à adopter ces robots compagnons. Il veut nous mettre en garde contre certains dangers.

Les mots pour le dire

Tisseron constate qu’en Occident, nous n’avons pas de mots pour parler de notre relation aux objets, et encore moins aux objets intelligents.

Nous avons tendance à prêter des intentions aux objets. Quand notre ordinateur ne répond plus, nous l’engueulons ou nous lui disons des mots doux. Moi, je dis qu’il « est idiot » ou qu’il est « coopératif ». Et vous, en quels termes parlez-vous de Siri, par exemple? Utilisez-vous les mêmes mots que pour vous adresser aux humains?

Ce que Tisseron craint, c’est qu’un jour, lorsque les robots compagnons seront dans nos vies, nous serons portés à faire de la projection sur eux.

C’est le sens du titre du livre Le jour où mon robot m’aimera. Son auteur craint que nous nous dirigions « vers une empathie artificielle », qui est le sous-titre du livre. Nous risquons de finir par croire à l’illusion que le robot exprime de la réelle sympathie envers nous. Le piège est là.

Ce piège vient de notre propre désir et de nos propres projections. C’est nous qui croyons que le robot nous aime. Le robot, lui, ne fait qu’obéir à un programme. Il n’a pas d’état d’âme. Nous prenons les mots que nous connaissons pour décrire ce que nous voyons.  Ces mots génèrent une « empathie artificielle ».

Vers l’empathie artificielle

Dans son livre, Tisseron cerne d’emblée une menace particulière : les humains pourraient préférer la présence sans friction des robots plutôt que les relations conflictuelles avec les autres humains.

C’est sa crainte, en tant que psychanalyste. Les fabricants de robots compagnons feront tout pour que les robots deviennent nos interlocuteurs rêvés.

L’intelligence artificielle sera programmée pour s’adapter à nous : le robot modifiera son niveau de langue, son débit ou son intonation pour gagner notre confiance.

L’intelligence artificielle profite de nos propres biais psychologiques!

Tisseron cite une étude qui montre que le conseil d’un robot en matière de santé est plus crédible s’il est dit avec une voix grave qu’avec une voix plus aiguë. Ces biais humains, trop humains, vont être intégrés dans le programme des robots. Ceux-ci s’adapteront à nos biais pour nous réconforter!

En France, il y a 22 millions de personnes qui vivent seules, écrit-il. Ces robots deviendront des confidents par excellence : patients et aimables comme personne d’autre. Avec les autres humains, nous vivons inévitablement des déceptions. Le robot, lui, est programmé pour toujours nous plaire!

Tisseron craint aussi que ces robots sociaux intelligents modifient en retour notre relation envers nos semblables. Pourra-t-on rester tolérant longtemps envers des humains qui n’ont pas la même écoute que ces gentils robots sociaux auxquels nous nous serons attachés?

L’attachement unique à un objet produit en série

Serge Tisseron donne l’exemple de ces militaires qui s’attachaient à leurs robots démineurs (PackBot) en leur donnant un nom, comme on le fait pour un animal.

Tisseron cite une étude selon laquelle les militaires ont supplié leurs supérieurs de réparer leur vieux robot endommagé par une explosion d’une mine plutôt que de s’en faire donner un nouveau. Ces robots démineurs sont pourtant fabriqués en série et n’ont rien d’unique!

Cet attachement aux objets, Tisseron, en tant que psychiatre, le comprend très bien. Il craint toutefois que la machine profite de ce trait caractéristique du développement normal des humains pour les influencer et s’infiltrer dans leurs décisions.

Le ministère américain de la Défense a ouvert une enquête pour comprendre pourquoi les soldats élargissent l’étendue de leur confiance et de leur solidarité pour inclure les robots. Les soldats sont conditionnés à être solidaires; c’est une question de survie. Le ministère veut éviter que les soldats risquent leur vie pour une machine fabriquée en série.

Si un robot de ce genre suscite une telle émotion, imaginez les robots sociaux!

Quels conséquences demain?

Tisseron conclut qu’il faut réfléchir tout de suite aux conséquences de l’introduction de ces robots dans nos vies, car nous ne sommes pas assez préparés pour en comprendre les enjeux : nos biais psychologiques nous feront tomber dans le panneau.

Il ne dit pas qu’il faut refuser l’utilisation de ces robots, mais qu’il est urgent de réfléchir à leur effet sur notre développement psychique.

Comme toutes les autres technologies, les robots sociaux seront une façon de comprendre le monde qui nous entoure et d’entrer en relation avec ce qui nous entoure (comme le fait Facebook, les textos ou Skype). Ces robots auront donc aussi des répercussions sur notre développement personnel et sur la société en général.

La moindre des choses, dit-il, c’est de savoir comment ces intelligences artificielles seront programmées et surtout dans quels buts! Ces robots seront-ils programmés pour nous infantiliser ou pour nous émanciper?

Il faut décider. Par exemple, soit, le robot nous portera quand nous serons vieux, soit il nous poussera à faire de la gymnastique pour rester en forme.

Le robot anticipera et assouvira-t-il seulement nos désirs ou nous permettra-t-il de mieux nous connaître et de maîtriser notre propre vie?

Catégories : Futur, Robotique, Société