Catherine MathysPourquoi les diffuseurs français ont peur de Netflix

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 publié le 22 septembre 2014 à 14 h 35

Depuis une semaine, les Français, mais aussi les Allemands, les Autrichiens, les Belges, les Suisses et les Luxembourgeois, ont enfin accès à Netflix, 17 ans après les Américains. Même si une panne de service a marqué son premier dimanche en Europe du Nord, le géant de la vidéo à la demande, fort de ses 50 millions d’abonnés, fait trembler la concurrence européenne, mais surtout française, et ce, tant en ligne qu’au petit écran. Retour sur un succès made in USA à la conquête de nouveaux marchés.

Netflix

Le succès de Netflix

C’est d’abord l’industrie du club vidéo qui a subi la concurrence de Netflix. En effet, on a parfois tendance à l’oublier, mais au départ, et ce, pour le plus clair de son histoire, Netflix a été un service de location illimitée de DVD qu’on recevait par la poste pour une somme dérisoire. Comme le mentionne Robert Thompson, professeur de culture populaire à l’Université de Syracuse, dans l’État de New York, dans cet article de La Presse, il est ironique de constater que les débuts de Netflix, maintenant un fleuron du numérique, reposaient en bonne partie « sur la plus vieille technologie possible : la poste! ».

Certains n’hésitent pas à dire que si des clubs vidéo comme la chaîne BlockBuster ont périclité, c’est en partie à cause de Netflix, qui offrait le même service de location de films, mais à moindre coût et sans sortir de chez soi. Internet est apparu beaucoup plus tard dans l’histoire de l’entreprise américaine. En effet, ce n’est qu’en 2010 que Netflix s’est tournée vers la diffusion en ligne. D’ailleurs, lorsque son service a été lancé au Canada cette même année, l’envoi de DVD n’était déjà plus dans son offre.

Cela dit, la transition du DVD au visionnement en ligne ne s’est pas faite sans heurts. En effet, après avoir augmenté ses prix de 60 % pour une offre combinée de DVD et de visionnement en ligne, Netflix a soulevé l’ire de sa clientèle. C’est que les droits du numérique ne se négocient pas de la même façon que les droits des DVD. Et Netflix a dû à nouveau se repositionner pour ne pas disparaître.

La voilà, la clé du succès de Netflix. Elle se situe dans sa capacité à s’adapter aux changements du marché. Ainsi, les négociations avec les producteurs devenant de plus en plus ardues, Netflix s’est elle-même lancée dans la production de contenu. Dans une entrevue parue dans le magazine GQ de février 2013, le responsable des contenus de Netflix, Ted Sarandos, l’a clairement énoncé : « The goal is to become HBO faster than HBO can become us. » Netflix devenait, par le fait même, un féroce concurrent dans l’industrie de la diffusion en ligne, mais aussi, et surtout, un nouveau concurrent des diffuseurs traditionnels.

Les craintes des diffuseurs français

C’est pour ça que les diffuseurs français voient l’arrivée de Netflix d’un bien mauvais œil, et tout indique qu’ils ont raison de s’inquiéter. Cet article de La Presse rapporte que Reed Hastings, le patron de Netflix, souhaite s’implanter en Europe dans « un tiers des foyers d’ici 5 à 10 ans ». Dans ce même article, Nicolas Reffait, du cabinet BearingPoint, l’explique bien : « La croissance territoriale est nécessaire pour que le business fonctionne. Quand on crée un marché à bas prix, on a intérêt à élargir la base des utilisateurs. » C’est que la majorité des utilisateurs de Netflix se trouve encore aux États-Unis (36 des 50 millions d’abonnés sont américains). L’entreprise cherche donc à étaler ses tentacules.

Et ses concurrents l’ont bien compris. Une étude réalisée par la Chaire Médias et Marques de ParisTech mentionne que les financements de ces deux secteurs de l’audiovisuel et du cinéma français pourraient s’effondrer en raison de la présence de l’entreprise américaine. Plusieurs entreprises ont donc déjà commencé à revoir leur offre ou à baisser leur prix. C’est le cas de Canal + et de son service de vidéo à la demande Canal Play. Un autre acteur du milieu, Numéricable, lance aussi Séries-Flix, un service de vidéo à la demande uniquement consacré aux séries.

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La France plus menacée que les autres?

Les craintes des diffuseurs français sont nombreuses, mais citons d’abord celle que l’on appelle la distorsion de concurrence. C’est que Netflix fournira son service à partir des Pays-Bas, ce qui lui permet de se soustraire aux règles fiscales françaises et à l’obligation de contribuer au financement de la création.

Une autre crainte concerne les bas prix de l’offre de Netflix. Les concurrents français n’auront pas le choix de baisser leurs tarifs pour s’aligner sur les siens. Mais au final, c’est un vieux système qui se frappe à l’instantanéité du web qui fait peur. Comme le mentionne Agnès Lanoë, directrice de la prospective et de la stratégie d’Arte dans un article de 01net.com : « Avec Netflix, l’individu se retrouve seul face à un catalogue immense. Et c’est une machine qui lui adresse des recommandations pour faire ses choix. C’est toute la différence avec une chaîne de télévision comme la nôtre qui fait des choix éditoriaux. »

Mais ce qui fait le plus peur, selon cet article, c’est la grande dépendance des Français envers le contenu américain, et justement, Netflix en sera un vecteur direct. « La télévision française est devenue un organe de rediffusion plutôt qu’un organe de création. Son principal fournisseur? Le pays de Netflix! Il serait hasardeux d’affirmer que ce rapport de force représente l’avenir de la télévision française… mais il en constitue en revanche une faiblesse qui fait de notre pays une terre d’asile pour le géant américain de la vidéo à la demande. »

Ce ne sont donc pas que les concurrents de la vidéo à la demande qui tremblent devant l’arrivée de Netflix, mais aussi tous les diffuseurs français, puisque que le géant américain diffuse également du contenu original comme House of cards et Orange is the new black. Les séries américaines sont une partie importante de la programmation télévisuelle en France, puisqu’elles représentent 41,7 % de l’offre de fiction, contre 37,4 % pour la fiction française.

Étrangement, les diffuseurs français pourraient mieux concurrencer Netflix en offrant plus de… contenus français. Ironie, quand tu nous tiens!

Catégories : Internet, Télévision

Maxime JohnsoniOS 8 : cinq nouveautés qui se démarquent

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 publié le 19 septembre 2014 à 11 h 10

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Apple lance aujourd’hui ses iPhone 6 et iPhone 6 Plus, offerts avec le nouveau système d’exploitation mobile iOS 8. Après la refonte visuelle majeure d’iOS 7 l’année dernière, la compagnie offre plutôt cette année une longue liste de nouveautés, parfois petites, parfois très attendues, tant pour les utilisateurs que pour les développeurs.

Apple présente iOS 8 comme étant sa plus importante mise à jour depuis le dévoilement de l’App Store, et c’est probablement vrai. Le système en lui-même offre une panoplie de nouveautés, comme l’application Santé pour rassembler ses données médicales, un nouveau langage de programmation, l’ajout de gadgets dans le centre de notifications et la possibilité de partager ses applications et sa musique avec les membres de sa famille.

La plupart des applications existantes d’Apple ont aussi été améliorées. Messages permet maintenant de gérer ses conversations et d’envoyer des fichiers audio (un ajout qui devrait particulièrement plaire en Asie, où les langues se prêtent moins bien aux claviers des téléphones intelligents), Photos permet de mieux classer ses images et de les retoucher, etc. Voici une liste complète des nouveautés d’iOS 8.

J’ai eu l’occasion d’essayer ces nouvelles fonctionnalités depuis un certain temps maintenant. Du lot, voici les cinq que j’ai le plus appréciées et utilisées dans la vie de tous les jours.

Appareil photo

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La nouveauté d’iOS 8 la plus simple mais que j’ai le plus appréciée est probablement l’appareil photo, qui permet mieux qu’auparavant de réussir ses clichés.

En glissant son doigt de haut en bas sur l’écran, il est ainsi possible d’ajuster la luminosité de la photo, et l’appareil offre maintenant un mode HDR automatique plus pratique qu’auparavant.

Autre nouveauté, l’appareil permet maintenant de créer des vidéos en accéléré. L’outil n’est peut-être pas le plus complet sur le marché, mais le résultat est quand même convaincant, et surtout, facile d’utilisation.

Clavier

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Une autre nouveauté attendue d’iOS 8 est l’arrivée du Clavier QuickType, qui offre la prédiction de mots. Dès que vous écrivez quelque chose, Apple vous propose trois mots différents afin de le terminer sans devoir taper toutes les lettres, et le clavier suggère ensuite quel sera le prochain mot.

Le résultat est ici aussi assez impressionnant, surtout qu’Apple semble utiliser les messages que vous avez déjà écrits pour ajuster ses prédictions.

Depuis mercredi, il est aussi possible d’installer des claviers tiers avec iOS 8. Pour installer un clavier, il suffit de le télécharger dans l’App Store, et ensuite de l’ajouter à son clavier principal comme s’il s’agissait d’une nouvelle langue. À essayer : SwiftKey, un autre clavier prédictif qui permet également de glisser son doigt d’une lettre à l’autre et de combiner jusqu’à trois langues en même temps.

Des applications qui interagissent entre elles

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Une nouveauté peut-être moins évidente, mais qui devrait particulièrement plaire aux utilisateurs avancés, est la possibilité pour développeurs de permettre aux applications d’interagir entre elles.

L’une des utilités les plus évidentes est avec le navigateur Safari, qui permet désormais d’exporter des informations dans une application tierce directement, mais aussi d’importer des informations, ce qui permet de l’utiliser avec certains gestionnaires de mots de passe, comme 1Password et LastPass.

Au moment d’entrer un mot de passe, vous pourrez non seulement le faire avec vos données enregistrées dans votre gestionnaire préféré, mais aussi utiliser le lecteur d’empreintes digitales TouchID pour déverrouiller l’application.

Utilisation de la batterie

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iOS 8 permet finalement de mesurer la consommation de sa pile par ses différentes applications au cours des 24 dernières heures ou des 7 derniers jours.

Votre autonomie semble plus courte qu’à l’habitude? Cet outil (accessible par le menu Utilisation dans les paramètres généraux du téléphone) devrait permettre de trouver rapidement le coupable.

iOS et OS X, main dans la main

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Les différentes fonctions regroupées sous l’appellation Continuité intègrent finalement mieux iOS X et iOS, pour ceux qui possèdent à la fois une tablette ou un iPhone et un ordinateur Mac.

La liste des possibilités est assez longue. On peut, par exemple, recevoir un appel sur son Mac, et même commencer un travail sur un appareil et le poursuivre sur un autre, à condition d’utiliser la même application dans les deux cas.

Par exemple, une page web ouverte dans Safari sur son iPhone s’affiche automatiquement lorsque l’on passe sur son Mac, un courriel commencé sur son Mac peut être poursuivi sur son iPhone, un plan cherché sur un appareil s’affiche dans l’autre, etc.

Honnêtement, je n’ai pas souvent utilisé ces fonctionnalités, puisque je n’utilise pas toujours les mêmes applications et que je ne suis pas toujours sur celles d’Apple. J’utilise par exemple souvent Mail sur mon iPhone, mais moins sur un Mac, et je passe constamment de Safari à Chrome, tant sur OS X que sur iOS.

Une intégration m’a toutefois semblé pratique : la possibilité d’envoyer et de recevoir des messages texte – et non seulement des iMessages – sur son Mac. Mon téléphone n’est jamais bien loin, mais il est plus pratique d’écrire avec un véritable clavier que sur le petit écran de son iPhone.

Notons également que le service iCloud Drive, une sorte de concurrent à Dropbox, n’est pas une fonction de Continuité en tant que telle, mais qu’il s’agit quand même d’une bonne intégration entre iOS et OS X, puisque le partage de documents entre ses appareils se fait alors de lui-même.

Rien ne sert de courir…

Comme plusieurs le remarqueront sûrement, la plupart de ces nouveautés – à l’exception de quelques-unes, comme Continuité – ne sont pas uniques sur le marché. Le système Android permet aussi, par exemple, d’utiliser des claviers tiers, d’installer des applications qui interagissent entre elles et de consulter l’utilisation de sa pile.

Pour les utilisateurs iOS, il s’agit tout de même de nouveautés qui seront certainement appréciées, et qui ont été intégrées finement à iOS.

iOS 8 est offert avec les nouveaux iPhone 6 et iPhone 6 Plus, mais aussi comme mise à jour gratuite pour les propriétaires d’un iPhone 4S et des autres modèles plus récents, d’un iPad 2 et des autres tablettes plus récentes et d’un iPod touch de cinquième génération.

Catégories : Mobile

Martin LessardUne puce radio sans pile

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 publié le 18 septembre 2014 à 10 h 18

L’Internet des objets, on en parle souvent ici, est cette promesse d’un monde où les objets, tous les objets, pourraient être connectés.

Miniaturisation aidant, les puces deviennent de plus en plus petites et de moins en moins chères : on imagine très bien qu’on pourrait un jour équiper tous les objets de notre quotidien d’une puce dotée d’une connexion et capable d’envoyer et de recevoir des commandes.

Dans un avenir pas si lointain, des milliards d’objets pourraient donc ainsi être connectés avec ces puces miniatures.

Mais il y a au moins deux autres défis de taille pour y arriver : ces puces ne doivent pas coûter cher ni être gourmandes en énergie.

Une puce radio à rétrodiffusion ambiante

L’université de Standford a annoncé cette semaine avoir réussi à faire sauter ces deux derniers verrous.

Ses chercheurs ont trouvé la façon d’avoir une puce de la taille d’une fourmi qui coûte à peine un cent et qui fonctionne sans source d’énergie directe!

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Pour alimenter la puce, les chercheurs utilisent les ondes radio existantes : cellulaires, télé ou wi-fi. Cette méthode, appelée rétrodiffusion ambiante (ambiant backscatter), fournit suffisamment d’énergie pour que la puce puisse émettre et recevoir des messages.

Cette puce de Standford demande si peu d’énergie pour fonctionner que, si on la branchait avec une pile AAA, elle fonctionnerait 100 ans!

Stanford semble donc avoir réussi à faire sauter les trois verrous à la fois qui ouvrent la voie à l’internet des objets (faible coût, faible taille, faible consommation).

Ils ne sont pas les premiers à travailler sur un tel projet, mais, à ma connaissance, ils sont les seuls à avoir réussi à faire sauter les trois verrous à la fois.

Améliorations à venir

Il y a encore des améliorations à faire, notamment pour augmenter la portée et, surtout, pour assurer une protection contre les pirates informatiques.

Évidemment, pour l’instant, pas question de télécharger des vidéos YouTube, car la vitesse de transfert est de 1Kb/sec, ni de communiquer sur une longue distance (environ deux mètres dans les essais).

L’antenne sur la puce mesure un dixième de la taille d’une antenne wi-fi et fonctionne à la vitesse incroyable de 24 milliards de cycles par seconde. Mais la puce ne peut pas encore traiter des signaux qui oscillent aussi rapidement. On voit cependant que le potentiel de transmettre beaucoup plus d’informations est là.

Pour l’heure, un essaim de ces petites puces pourrait très bien être utilisé, par exemple comme capteur environnemental, en entreprise ou dans les hôpitaux. En plaçant les puces toutes à proximité, elles seraient capables de faire circuler de petits messages binaires pour surveiller ou contrôler leur environnement.

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Catégories : Sécurité

Catherine MathysLe commerce mobile: la prochaine révolution

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 publié le 17 septembre 2014 à 12 h 01

Le commerce mobile semble avoir le vent dans les voiles et de nombreuses entreprises ont flairé la bonne affaire. Facebook s’est mis à tester un bouton « acheter », en juillet dernier, et maintenant, Twitter et Apple se tournent également vers des solutions de transactions mobiles. Les technologies sont là. Il ne reste plus qu’à changer nos façons de consommer et au Canada, ce n’est pas encore gagné.

Les premiers pas de Twitter vers le commerce en ligne

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Twitter souhaite lui aussi incorporer un bouton « acheter » à ses tweets pour permettre aux utilisateurs d’acheter un produit directement sur sa plateforme. Pour le moment, cette fonctionnalité ne se trouve que sur les appareils mobiles et avec un nombre très limité de partenaires, comme Home Depot, Burberry ou encore pour des artistes comme Rihanna et Eminem. Ils ne sont que 28 partenaires, mais le nombre sera appelé à augmenter rapidement, semble-t-il.

Ce n’est pas la première fois que Twitter se lance dans le commerce en ligne. Cela dit, on a simplifié la procédure qui était plus lourde lors de la première tentative. En effet, il fallait tweeter un mot-clic spécifique en lien avec le produit qu’on voulait acheter et ensuite, il fallait diffuser dans les 15 minutes un deuxième mot-clic, reçu par courriel, pour conclure la transaction. Ouf! Cette fois-ci, ce sera un simple bouton. Gageons que ce sera beaucoup plus populaire.

Pour Twitter, la diversification des sources de revenus est évidemment une grande motivation, puisqu’elle dépend entièrement de la publicité à l’heure actuelle. Cela dit, il s’agira d’un pas de plus vers un changement de philosophie pour les utilisateurs de la plateforme qui l’ont vu progressivement se monétiser, avec l’arrivée de la publicité et des tweets commandités.

Apple et son dernier-né Apple Pay

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De plus en plus de joueurs développent des solutions de commerce mobile. Hormis Twitter, c’est bien sûr Apple qui a attiré tous les regards dans les derniers jours. En fait, la plus grosse annonce du plus récent lancement d’Apple n’est pas forcément celle qui a retenu l’attention. Bien sûr, il y a le nouveau iPhone6 et l’Apple Watch, mais plusieurs personnes pensent que le service Apple Pay est véritablement le produit le plus porteur parmi tous ceux présentés la semaine dernière.  En effet, il semble que les ventes de produits comme les tablettes et les téléphones soient en baisse et que la promesse de croissance se trouve davantage dans les iTunes, iBooks et AppStore.

Qu’est-ce que Apple Pay? Il s’agit essentiellement d’un service qui permet de faire des transactions directement avec son téléphone grâce à la technologie NFC. Martin Lessard, collaborateur à Triplex et à La sphère, nous livrait les explications à propos de ce nouveau service à l’émission du 13 septembre dernier. L’enthousiasme est palpable et plusieurs pensent qu’il s’agit de la prochaine révolution technologique dans notre quotidien. Dans cet article du Soleil, Yvon Audette, leader national en matière de services-conseils en TI chez KPMG, mentionne qu’Apple Pay pourrait vite faire partie des habitudes des Canadiens et que le service irait même jusqu’à sonner le glas du portefeuille physique.

Cela dit, tout n’est pas gagné pour Apple Pay, ni pour les autres gros joueurs du domaine, car l’achat mobile ne semble pas encore entièrement intégré aux mœurs des Canadiens.

Le commerce mobile : une longue adaptation au Canada

Aux États-Unis, on estime que d’ici la fin de 2017, les utilisateurs de téléphones intelligents vont dépenser 90 milliards de dollars en paiements mobiles, soit 48 % de plus qu’en 2012. De ce côté-ci de la frontière, on remarque encore un certain retard. Selon un récent rapport, il est estimé que 54,4 % des Canadiens achèteront en ligne cette année, que ce soit avec un ordinateur fixe ou un appareil mobile. C’est beaucoup moins que nos voisins américains, dont 62,5 % de la population achète en ligne.

Cette autre étude montre à quel point les achats avec un appareil mobile ne sont toujours pas intégrés à la routine des Canadiens. En effet, en analysant le premier trimestre de 2014 de deux marchants en ligne, l’étude illustre que les transactions sur un ordinateur fixe restent trois fois plus nombreuses que les transactions mobiles. Ce sont bien sûr les plus jeunes qui se tournent plus facilement vers le commerce en ligne. Ces chiffres de 2012 mentionnent que 13,6 % des 16-24 ans, la catégorie la plus active, achetaient sur Internet, contre 5,6 % des 65 ans plus, la catégorie la moins active. Cela dit, les Canadiens ne sont peut-être pas à blâmer. Il faudrait plutôt voir du côté de l’offre pour trouver une explication. En effet, 40 % des commerçants canadiens n’ont pas de site transactionnel. Ce sont souvent les plus petits commerces de 40 magasins ou moins qui tirent de l’arrière. Les ventes représentaient 17,7 % des ventes au détail au Canada en 2013. Une croissance de 13,5 % est prévue dans les quatre prochaines années, mais encore faut-il que l’offre soit au rendez-vous.

Catégories : Commerce en ligne, Innovation, mobilité

Maxime JohnsonEssai du Sony Xperia T3 : correct, sans se démarquer

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 publié le 16 septembre 2014 à 14 h 39

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Sony a lancé récemment au Canada son téléphone intelligent Xperia T3, un appareil plus grand que la moyenne offert toutefois à un prix de milieu de gamme. Si l’appareil offre des performances et des caractéristiques correctes, force est toutefois de reconnaître qu’il se démarque quand même peu dans un marché saturé.

Design et écran
La principale force du Sony Xperia T3 est peut-être son design, franchement réussi pour un appareil de milieu de gamme. À 7 mm, il est mince et agréable à utiliser, et sa finition lui donne l’air d’être plus cher qu’il ne l’est en réalité, à 399 $ sans entente.

Seule ombre au tableau : l’appareil est un peu grand, à cause d’un cadre plutôt large autour de l’écran tactile du téléphone.

Son écran est aussi grand, à 5,3 pouces, avec une résolution assez limitée de 720p. C’est peu comparé aux téléphones haut de gamme du moment (et même comparé à d’autres appareils de milieu de gamme), mais celui-ci obtient quand même la note de passage, et l’écran ne posera aucun problème pour la majorité des utilisateurs.

Caractéristiques et performances
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Du côté des caractéristiques, le Xperia T3 offre encore une fois ce à quoi l’on s’attend. Son processeur Snapdragon 400 – le plus populaire parmi les téléphones de milieu de gamme – est correct, et sa capacité limitée de 8 Go peut au moins être jumelée avec une carte microSD.

On aurait probablement apprécié un peu plus de mémoire vive que le 1 Go offert, mais Android 4.4 KitKat est néanmoins fluide avec le Xperia T3, et vous pourrez faire fonctionner même les applications lourdes sans problème (quoique les gros joueurs devraient privilégier un appareil plus puissant).

L’appareil offre finalement une bonne connectivité, avec une compatibilité avec les réseaux LTE à 150 Mbit/s et une puce NFC.

Son autonomie est pour sa part tout à fait convenable, avec une consommation minimale en veille et une pile suffisante pour durer plus d’une journée.

Appareil photo
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Le Sony Xperia T3 offre un appareil photo frontal de 1,1 mégapixel et un appareil photo arrière de 8 mégapixels.

Ici, mieux vaut avoir des attentes modestes. Les photos du Xperia T3 manquent de netteté, l’appareil gère mal les environnements trop sombres ou trop lumineux, et les couleurs sont plutôt fades.

Honnêtement, je ne m’attendais pas vraiment à mieux, mais il s’agit là d’un défaut qui pourrait en rebuter certains.

Logiciel
Le Sony Xperia T3 offre la toute dernière version d’Android, Android 4.4 KitKat. Le système d’exploitation mobile de Google est toutefois masqué par une interface personnalisée de Sony, probablement la moins intéressante en ce moment parmi celles offertes par les principaux fabricants de téléphones Android.

On s’y habitue toutefois rapidement, et l’interface ne nuit pas trop aux performances de l’appareil.

Ses avantages par rapport à la version courante d’Android sont toutefois pratiquement inexistants.

Un gros téléphone à petit prix
Le Sony Xperia T3 n’offre aucune caractéristique qui le distingue à elle seule des autres téléphones sur le marché, et il est possible d’obtenir des appareils supérieurs pour un prix inférieur, tout particulièrement le Nexus 5, vendu 350 $ par Google. Le nouveau Moto G de Motorola devrait pour sa part offrir des caractéristiques similaires (sans le grand écran) pour une fraction du prix.

Pour ceux qui recherchent spécifiquement un grand téléphone, le Sony Xperia T3 offre toutefois des caractéristiques convenables, au prix honnête de 399 $ sans entente. Celui-ci peut aussi être acheté pour 49 $ avec une entente de deux ans, et vous aurez alors accès à des forfaits plus abordables qu’à l’achat d’un téléphone phare, comme le Samsung Galaxy S5 ou l’iPhone 6.

Le Sony Xperia T3 est offert par Bell et Virgin Mobile.

Catégories : Mobile