Maxime JohnsonEssai du LG G Flex et de son écran recourbé

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 publié le 14 avril 2014 à 12 h 21

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Le LG G Flex est le premier téléphone intelligent lancé au Canada à offrir un grand écran recourbé au lieu d’un écran plat habituel. Même si l’écran est plus intéressant que prévu, il ne faudrait toutefois pas s’attendre à ce que l’appareil connaisse beaucoup de succès auprès du grand public. Mise à l’essai.

Le LG G Flex est un téléphone Android offert par Rogers depuis le début du mois d’avril. Celui-ci propose plusieurs composantes haut de gamme, mais tout de même un brin derrière celles que l’on trouve dans les téléphones Android du moment, comme le Samsung Galaxy S5 (consultez mon test ici) et le HTC One (M8) (consultez mon test ici).

Un écran recourbé, mais surtout grand
Sa principale caractéristique – et la seule raison qui pourrait faire qu’on achète le LG G Flex ou non – est son grand écran tactile recourbé. Celui-ci offre une résolution en deçà de la norme, à 720p, et un format immense de 6 pouces. À côté du LG G Flex, même le pourtant très grand LG G2 semble tout petit (et c’est encore plus impressionnant lorsqu’on ajoute l’iPhone 5S, comme dans la photo ci-dessous).

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L’écran POLED est d’une assez bonne qualité, avec des couleurs vibrantes, mais il est certain que la grandeur du téléphone devrait rebuter la majorité des utilisateurs, du moins en dehors de la Corée du Sud, où les hybrides entre un téléphone et une tablette sont plutôt la norme. L’appareil est carrément trop grand pour être utilisé efficacement d’une main, et il est loin d’être le plus facile à loger dans une poche.

Et la courbe, elle?

Mes attentes par rapport à cette dernière étaient, je dois l’avouer, assez faibles. LG n’a jamais vraiment offert de bonne justification à son existence, mis à part pour le simple fait de montrer que c’était possible de créer un téléphone avec un écran recourbé.

J’ai toutefois quand même apprécié ce format, surtout quand venait le temps de faire défiler de longues listes, sur Twitter par exemple. Le mouvement du pouce est alors agréable, et visuellement, le défilement m’apparaissait même plus naturel que sur un écran standard.

L’écran est aussi bien fait pour regarder un film ou jouer à un jeu, quoique sa taille soit probablement le facteur déterminant ici, plus que sa forme. Le grand écran du LG G Flex est aussi particulièrement efficace en ce qui concerne l’écriture.

Pour le reste : semblable au LG G2
Toutes les autres caractéristiques du LG G Flex ressemblent au LG G2, le téléphone phare de la compagnie coréenne lancé il y a quelques mois déjà. Son puissant processeur Snapdragon 800 est identique, il offre aussi 2 Go de mémoire vive, une capacité interne de 32 Go, un capteur de 13 mégapixels, etc. Il offre toutefois une pile plus grosse, qui compense le grand écran tactile du téléphone.

Côté logiciel, on y trouve pour l’instant Android 4.2.2 avec une interface personnalisée de LG, mais une mise à jour vers Android 4.4 KitKat devrait être lancée sous peu. L’appareil est offert pour 199,99 $ avec une entente de 2 ans avec Rogers.

Le LG G Flex n’est pas un mauvais téléphone, loin de là, mais il s’agit indéniablement d’un appareil de niche. Une niche qui devrait à mon avis être bien petite au Canada.

Catégories : Mobile, mobilité

Martin LessardCrew, la plateforme des meilleurs développeurs web

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 publié le 11 avril 2014 à 17 h 02

Ooomf, une compagnie en démarrage de Montréal, offre une plateforme qui permet aux développeurs web ou de mobilité de trouver de talentueux professionnels à la pige. Par les temps qui courent, c’est une denrée très rare.

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La compagnie vient de trouver récemment 2,1 millions de dollars supplémentaires pour se financer et en a profité pour changer le nom de son service pour Crew. Un nom un peu plus simple à retenir.

crew

Ce n’est pas la seule plateforme à offrir l’accès à des ressources humaines (il y a ODesk et Freelancer.com), mais ce qui différencie Crew des autres, c’est que les pigistes présents sur la plateforme sont choisis avec soin (environ 1 personne sur 20 est acceptée).

Ça m’a fait prendre conscience, en voyant les portfolios des pigistes sur la plateforme, qu’il y a aussi beaucoup d’autres bonnes compagnies en démarrage qui se trouvent ici, chez nous.

Je vais commencer la semaine prochaine une courte série de billets de découvertes d’applications faites par des gens de ce coin-ci de la planète.

Catégories : Internet

instagram-application-mobile-photo4La firme Piper Jaffray vient tout juste de publier son rapport sur les habitudes de consommation des adolescents. Comme on peut s’y attendre, quelques pages portent sur les achats en ligne et les réseaux sociaux. Toutefois, si les marques préférées se maintiennent souvent quelques saisons, les chefs de file des réseaux sociaux que sont Facebook, Twitter et Instagram se livrent toute une bataille. Or, pour le printemps 2014, Instagram vient de devancer Facebook.

Devant Facebook et Twitter

PiperJaffrayDes 7500 adolescents interviewés par Pipper Jaffray, 30 % préfèrent Instagram à Twitter et à Facebook, qui récoltent respectivement 27 % et 23 % de la faveur des jeunes. L’an dernier à pareille date, 33 % des adolescents avaient manifesté une préférence pour Facebook, alors suivi de près par Twitter (30 %), tandis qu’Instagram était bien loin derrière avec 17 %.

Pour ce qui est des autres réseaux utilisés, Tumblr demeure le préféré de 5 % des jeunes utilisateurs depuis l’automne 2013. Quant à Google+, alors qu’il suscitait un grand intérêt pour 5 % des jeunes en 2013, il s’est, depuis l’automne, tenu sous la barre des 5 %. Pinterest ne bouge pas depuis un an, séduisant à peine 2 % des adolescents.

Un gain pour Facebook?

Si les jeunes utilisateurs préfèrent Instagram à Facebook, ce n’est pourtant pas au détriment du grand réseau, cela vient plutôt appuyer le fait que le milliard de dollars investi par la compagnie de Zuckerberg dans le populaire service de partage de photos valait son pesant d’or ou de « J’aime ». En fait, selon un analyste de Pipper Jaffray, Gene Munster, c’est ce genre de décision qui fait que le cours de l’action de Facebook se maintient dans un marché en constante transformation.

Eh oui, les acquisitions permettent aux géants des réseaux sociaux non seulement de compléter leur offre, mais de demeurer concurrentiels dans différents segments du marché.

Si les tendances de consommation des adolescents vous intéressent, ou tout simplement pour voir ce qu’ils aiment, consultez le rapport complet de Pipper Jaffray (PDF en anglais).

Catégories : Mobile, Réseaux sociaux

Maxime Johnson5 choses à savoir sur Heartbleed

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 publié le 9 avril 2014 à 11 h 14

heartbleed

Internet est en crise. Une importante vulnérabilité de la boîte à outils OpenSSL permet aux pirates d’accéder facilement aux renseignements qui passent par un serveur et d’avoir accès à des données importantes, comme des noms d’utilisateur et des mots de passe. Voici cinq choses à savoir sur la vulnérabilité CVE-2014-0160, mieux connue sous le nom de Heartbleed.

Heartbleed permet aux pirates de « pêcher » des renseignements dans la mémoire des serveurs

Heartbleed touche la boîte à outils OpenSSL, qui protège des millions de sites web à l’aide des protocoles SSL et TSL. En profitant de la vulnérabilité, un pirate peut accéder à 64 Ko dans la mémoire d’un serveur. C’est peu, mais c’est quand même suffisant pour obtenir des mots de passe, des clés cryptographiques et autres. Surtout qu’il est possible de « pêcher » dans la mémoire aussi souvent qu’on le veut.

Hier, le développeur Scott Galloway aurait notamment été capable d’obtenir plus de 200 noms d’utilisateur et mots de passe du service de courriel Yahoo en seulement cinq minutes.

Plusieurs sites importants sont compromis

OpenSSL est utilisé par plusieurs sites importants, comme Yahoo, et même celui de l’Agence du revenu du Canada, qui a d’ailleurs suspendu ses services en ligne ce matin, en attendant de corriger la faille.

Notons toutefois que ce problème ne nuit pas à une bonne partie des sites grand public courants, comme Gmail, Facebook (qui ont corrigé la vulnérabilité avant qu’elle soit annoncée) et Outlook.com. Certains articles mentionnent que les deux tiers de tous les sites web seraient affectés par le bogue, mais ce n’est pas tout à fait exact. Selon une estimation plus réaliste de la firme Netcraft, environ 500 000 sites seraient touchés par la vulnérabilité.

Un correctif existe contre Heartbleed

Un correctif existe pour corriger la faille Heartbleed, et celui-ci a déjà été appliqué dans de nombreux cas. Certains administrateurs pourraient attendre un peu plus avant de réagir, mais vu l’importance de la faille, la communauté devrait répliquer sans tarder.

Yahoo, l’un des sites les plus importants affectés par Heartbleed, a par exemple colmaté la fuite après son annonce, et n’est plus affecté par le bogue.

Il est impossible de savoir si la vulnérabilité a été exploitée ou non

La vulnérabilité dévoilée cette semaine existe depuis deux ans. Et malheureusement, il n’y a aucun moyen de vérifier si quelqu’un en a profité pendant cette période. Les renseignements personnels de certains utilisateurs pourraient donc déjà avoir été copiés, mais il est impossible de s’en assurer.

L’utilisateur moyen est plus ou moins impuissant contre Heartbleed

Malheureusement, il n’y a pas grand-chose à faire contre Heartbleed à l’heure actuelle. Un outil existe bel et bien pour savoir si un site est vulnérable, mais celui-ci n’indique pas si la faille a été présente sur un site au cours des deux dernières années.

En attendant, le projet Tor propose une solution radicale : éviter Internet au grand complet pendant quelques jours si vous avez des renseignements d’une importance cruciales à protéger.

Il pourrait aussi être une bonne idée de changer son nom d’utilisateur et son mot de passe sur les sites qui ont été touchés par la faille, comme Yahoo. Certains sites qui ont été vulnérables, comme IFTTT ont d’ailleurs déjà demandé à leurs utilisateurs de mettre leurs mots de passe à jour. D’autres compagnies, comme Google, affirment que ce n’est pas nécessaire. Mais un excès de prudence n’a jamais nui à personne non plus.

Catégories : Sécurité

Martin LessardLes métiers du futur dans la mire des machines

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 publié le 8 avril 2014 à 13 h 10

« Dans 20 ans, la demande en ressources humaines pour plusieurs corps de métier sera substantiellement réduite. Je ne crois pas que tous ont intégré ça dans leur schème de pensée », disait Bill Gates récemment, selon l’article paru dans le New York Times sur l’effet des algorithmes sur le marché du travail (Hey, robot : Which cat is cuter?).

robot

Ça m’a fait penser à une étude qui remonte à la fin de 2013, « Le futur de l’emploi : quel degré d’automatisation sont susceptibles d’atteindre les professions » (PDF anglais original, article en français), étude qui, à ma grande surprise, a fait peu de bruit.

La moitié (47 %) des 702 emplois analysés risquent d’être remplacés par l’automatisation! Cette automatisation ne toucherait pas seulement des métiers manuels. Certaines compétences cognitives que l’on croyait réservées aux humains seront concurrencées tôt ou tard par la montée en puissance de l’intelligence artificielle.

La technologie numérique excelle dans tout ce qui est routinier et qui demande de suivre des règles. On peut tenir pour acquis que, si une tâche peut être automatisée (et en vaut la peine), elle le sera.

Graphique Source THE FUTURE OF EMPLOYMENT (p.37)

Je ne garantirais pas à 100 % que ces professions vont disparaître, mais si j’étais un jeune qui s’oriente vers une de ces carrières, je me questionnerais sérieusement sur les raisons qui ont poussé les chercheurs à prédire une baisse dans 10 ou 20 ans!

Robotique, algorithme et votre 4%

chanceautomatisation Source The Atlantic

Si on s’accorde pour dire que la puissance brute des ordinateurs augmente grosso modo tous les deux ans, les défis informatiques d’aujourd’hui seront divisés par 1000 en deux décennies.

C’est une estimation approximative, évidemment. Donnons un exemple : si un hypothétique algorithme fait le 16e du travail d’une personne aujourd’hui, il fera le travail de 2 personnes dans 10 ans et de 64 personnes dans 20 ans. Voyez.

graphiqueexponentiel

Déjà, l’idée même qu’une voiture puisse se conduire seule dans un centre-ville (avec tout ce que cela implique comme gestion du mouvement et des obstacles) était impensable il y a une décennie et sera une réalité dans 10 ans. Avis aux chauffeurs et aux autres machinistes.

De plus, les algorithmes de grandes données toucheront, à long terme, même des emplois aux tâches cognitives non routinières. Avec l’amélioration de leur dextérité et de leurs senseurs, des robots mettent déjà leur nez dans les diagnostics et les interventions chirurgicales. Les écoles font déjà des expériences avec des MOOCS qui remplacent des heures d’enseignement dispensées par des professeurs. Les agents immobiliers et les détaillants font face à une désintermédiarisation causée par des services en réseaux, qui mettent en relation des acheteurs et des vendeurs.

Les comptables ne seront pas remplacés par des robots, mais si on peut utiliser les chaînes de blocs de transaction (keychain block) des cryptomonnaies (Voir le billet sur Triplex) comme un grand livre comptable partagé, on voit que la menace peut venir de partout.

Tous ne perdront pas leurs emplois, mais les perspectives de croissance en seront grandement limitées.

Changements, possibilités d’emploi et CV

Si j’étais un gouvernement qui s’intéresse aux « vraies affaires », je me mettrais à la tâche tout de suite. Une augmentation exponentielle de la puissance des ordinateurs, comme on l’a vu plus haut, demande une réaction très en amont pour voir venir les coups.

À court terme, je m’assurerais à tout le moins que les écoles ne forment pas une main-d’oeuvre à faible valeur ajoutée dans cette société de demain. Un jeune de 20 ans qui entre aujourd’hui dans un métier « potentiellement automatisable » devra peut-être se replacer à 40 ans.

La notion de ce qui est une « faible valeur ajoutée » dépend grandement des avancées technologiques, mais on peut résumer ainsi : il ne fait pas bon se tenir sur le chemin des robots, surtout si on a un emploi qui ne demande pas qu’on fasse appel au jugement.

Orienter sa carrière vers autre chose que de la manipulation d’objets, de chiffres ou de mots, soit un travail de routine, et se diriger plutôt vers des emplois qui demandent de l’intelligence, de la réflexion et de l’analyse me semble être une bonne façon de voir l’avenir.

Ne paniquons pas trop vite non plus. Les avancées technologies offrent aussi, comme toujours, de nouvelles occasions d’emploi. Mais, à la vitesse où les changements peuvent se faire, commencer par l’éducation, pour nos dirigeants, est la meilleure façon de profiter de ces occasions et de prévenir les coups.

Catégories : Futur