Billets classés sous la catégorie « Tendance »

Dévoilé mercredi, le rapport annuel du Fonds des médias du Canada (FMC) met le doigt sur certaines tendances qui prendront de l’ampleur en 2015. Il semble que notre capacité d’attention n’ait jamais été aussi faible, alors, s’il vous en reste encore un peu, je vous invite à lire les faits saillants des prédictions de ce rapport.

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Indigestion d’information

Dans un billet du mois d’août 2014, je parlais d’un ras-le-bol de la frénésie du web. C’est une tendance que le FMC a également remarquée en s’appuyant sur des chiffres très révélateurs. Notre capacité d’attention serait passée de 12 secondes en 2000 à 8 secondes en 2013. Et tout indique qu’elle n’ira pas en augmentant dans les prochaines années. C’est la surabondance d’information qui serait responsable de notre épuisement collectif. Le rapport indique que 90 % des données mondiales auraient été générées au cours des deux dernières années. De quoi en faire une indigestion, en effet. D’ailleurs, cette infobésité serait la sixième cause de stress aux États-Unis.

Alors, que fait-on devant autant d’information et avec si peu de capacité d’attention? On trie, on sélectionne, on élimine. Ainsi, les consommateurs ne vont plus autant vers le contenu. Trop fatigués, ils tendent à le laisser venir à eux, notamment par le biais des médias sociaux. Nous voilà dans une ère où les suggestions des autres commencent à prendre le pas sur les moteurs de recherche et leurs algorithmes. Nous le mentionnions dans ce billet à propos de la méthode BuzzFeed, « ce sont ces liens personnels qui sont le mécanisme de distribution de la nouvelle au 21e siècle ». Ça semble être aussi le cas pour d’autres contenus. À l’émission La sphère du 20 décembre dernier, j’ai parlé de la popularité de l’application Nuzzel, qui récupère en un seul endroit les articles recommandés par nos réseaux sociaux. C’est vrai que l’économie de temps de recherche est séduisante quand notre liste d’abonnements est bien construite.

L’hégémonie des grands

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Si la liste de nos sources diminue, les chefs de file semblent en profiter. Google domine les recherches sur ordinateurs et appareils mobiles avec 71 % du marché mondial. Quant à YouTube, on y trouve plus de 73 % des amateurs de vidéos américains et une proportion incroyable des consommateurs canadiens de vidéo en ligne, soit 90 %. D’ailleurs, YouTube et Netflix drainent à eux seuls près de 50 % de la bande passante en soirée en Amérique du Nord. On avait parlé de ce fort déséquilibre dans ce billet. D’ailleurs, les fournisseurs Internet aimeraient bien que certains sites très fréquentés comme ceux-là participent financièrement à cette surcharge de bande passante, au grand dam des pourfendeurs de la neutralité du web.

Bien que l’on concentre nos activités sur certains sites en particulier, le temps passé sur le web augmente sans cesse. Le temps de navigation sur appareils mobiles a augmenté de 66 % entre 2011 et 2013. Cela dit, on se contente souvent de quelques applications. On apprend dans le rapport que 66 % des utilisateurs de téléphones intelligents ne téléchargent aucune application. D’ailleurs, le nombre d’applications installées n’aurait augmenté que de 15 % entre 2011 et 2013.

Cela dit, on aime toujours avoir le dernier appareil en vogue. Le rapport cite les ventes record de l’iPhone 6 la fin de semaine de son lancement. Le rapport Deloitte présenté sur Triplex hier allait aussi dans le même sens. Il nous prédit que près des deux tiers des ventes de téléphones intelligents dans le monde seront faites à des utilisateurs convaincus qui en possèdent déjà un qu’ils ne peuvent plus améliorer.

Le croisement des écrans

Aux États-Unis, l’été dernier, le nombre d’abonnés à Internet a dépassé le nombre d’abonnés au câble. Le rapport du FMC mentionne que le Canada pourrait suivre la même tangente, les dépenses en publicité numérique ayant déjà dépassé celle de la publicité télé. Ce qui est surtout intéressant, c’est de constater un croisement des médias. Sans s’éliminer, c’est comme si l’un échangeait de place avec l’autre, qui sort alors radicalement de son rôle traditionnel.

Le FMC rapporte que la télévision devient de plus en plus un média sur demande. La télé semble s’ajuster aux exigences d’un public de plus en plus habitué à la flexibilité du numérique en lui offrant des services de diffusion en ligne accessibles sans abonnement au câble. La réciproque existe aussi. Le web propose, comme la télévision, des grilles de programmation et des émissions en direct. Le rapport donne les exemples de Vice et de Netflix, qui pourraient fidéliser leur auditoire en leur offrant éventuellement une programmation quotidienne variée et originale. Si la télé se cherche toujours, le web ne s’est pas encore trouvé lui non plus.

La montée des jeux et du sport en ligne

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Aux États-Unis comme au Canada, les revenus de l’industrie des jeux vidéo dépassent ceux de l’industrie de la musique et se rapprochent dangereusement de ceux du cinéma. Et ce qui semble accélérer cette croissance, c’est le nombre grandissant d’amateurs qui regardent les autres jouer en ligne. Le rapport indique même que « le phénomène pourrait concurrencer sérieusement la télé pour ce qui est du temps consacré au visionnement de contenu ». Ce n’est pas rien. Les statistiques en font foi : en 2013, 71 millions de personnes dans le monde ont regardé des jeux vidéo en ligne. Ça fait pas mal de monde. Et Microsoft a voulu sa part du gâteau en rachetant Minecraft, comme Amazon l’a fait avec Twitch.

Mais qui sont ces gens qu’on aime tant regarder jouer? Croyez-le ou non, ils sont essentiellement autodidactes. Ça ne les empêche pas d’être suivis par des millions d’abonnés en ligne. Pourquoi? D’abord parce que leur contenu n’a plus l’air aussi amateur qu’il l’a déjà été. Ensuite, parce qu’ils sont authentiques et que le dialogue avec leurs admirateurs est multiplateforme. Autant s’y faire, parce que la croissance de ce type de vidéo semble exponentielle. On compte 19 fois plus de vidéos de fans sur les jeux vidéo sur YouTube que de vidéos mises en ligne par les éditeurs de jeux. Le rapport du FMC s’attend d’ailleurs à ce que le débat sur la valeur de ce « fan labour » s’intensifie. En effet, qui rapporte quoi à qui? Les fans devraient-ils payer des droits aux jeux qui les ont rendus célèbres? Ou serait-ce les jeux qui devraient les rétribuer pour toute la visibilité acquise?

Plusieurs questions restent entières, mais tout est en place pour 2015!

Catherine MathysTechnologies et médias : prédictions pour 2015

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 publié le 15 janvier 2015 à 11 h 31

Après les bilans de fin d’année, on en est aux prédictions pour celle qui est à venir. Deux rapports d’importance ont été publiés cette semaine. Mardi dernier, Deloitte, le cabinet de services financiers, dévoilait ses 14e prédictions annuelles en matière de technologie, média et télécommunications.

Le lendemain, le Fonds des médias du Canada (FMC) présentait ses propres prédictions média pour 2015 dans son rapport sur les tendances. Je vous propose un aperçu de ce que chacun d’entre eux a vu dans sa boule de cristal, en commençant aujourd’hui par Deloitte. Je poursuivrai demain avec le FMC.

Les 10 prédictions de Deloitte

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Les prédictions de Deloitte se basent sur des recherches menées auprès de clients, d’analystes, de dirigeants d’entreprises et de plus de 8000 employés. Deloitte se targue d’avoir obtenu un taux de succès de 79 % avec ses prédictions des cinq dernières années. Vrai ou pas, ça vaut la peine de s’y attarder quelques minutes.

L’année du paiement mobile

Selon Deloitte, 2015 sera l’année où le paiement mobile fera sa première véritable percée dans nos habitudes quotidiennes. Nous mentionnions nous-mêmes dans ce billet de septembre dernier que plusieurs gros joueurs, comme Facebook, Apple et Twitter, avaient flairé la bonne affaire en testant ou en implantant des solutions de commerce mobile. Et ils ont eu bien raison de le faire. Le rapport nous indique que, cette année, environ 5 % des 600 millions de téléphones équipés de la puce NFC seront utilisés pour faire un paiement sans contact en magasin au moins une fois par mois, soit une augmentation de 1000 % par rapport à 2014. Vous avez bien lu : 1000 %.

Le Canada ne sera pas la locomotive d’un tel changement. Nous y serions d’ailleurs plutôt réfractaires. Le rapport se réfère à un sondage Ipsos Reid réalisé entre le 5 et le 8 janvier 2015 qui indique que 56 % des Canadiens ne seraient pas intéressés à payer directement avec leur appareil. Cela dit, Deloitte croit que le paiement mobile devrait tout de même lentement se démocratiser chez nous d’ici la fin de l’année.

L’appât du nouveau téléphone

Parmi les autres prédictions, il y a celle du marché de la mise à jour des téléphones intelligents. En effet, on prévoit qu’en 2015, 1,4 milliard de téléphones intelligents seront vendus dans le monde, ce qui représente une augmentation de 12 % par rapport à l’an dernier. Cependant, ce qui est intéressant, c’est que plus d’un milliard de ces ventes seront faites à des gens qui en possèdent déjà un. Au Canada, on parle de 5 millions de ventes en 2015. On vend donc de nouveaux appareils à ceux qui ne sont plus satisfaits du leur. L’obsolescence programmée dans toute sa splendeur.

En 2015, on imprime encore

Loin de penser que le livre est mort, Deloitte prédit que les ventes de livres imprimés seront au moins quatre fois plus importantes que celles des livres numériques. Selon elle, ces derniers n’ont pas su remplacer les livres en papier, qui n’ont donc pas connu le même déclin que les ventes de CD, de journaux et de magazines imprimés. Et malgré certains préjugés tenaces, les jeunes de 18-34 ans seraient aussi attachés aux livres imprimés que les gens plus vieux, liraient autant et surtout, seraient prêts à payer pour ce contenu. Étonnant, dites-vous?

Les jeunes prêts à payer?

Eh oui. Et ces jeunes sont aussi prêts à payer pour du contenu numérique. En fait, ils devraient dépenser en moyenne 750 $ pour du contenu multimédia en 2015. Avec neuf millions de jeunes âgés de 18 à 34 ans au Canada, il s’agit de presque sept milliards de dollars de ventes pour les entreprises médiatiques canadiennes. Leurs dépenses iront notamment sur la télévision payante, la musique, les jeux vidéo, les livres et, oui, les journaux. D’ailleurs, en ce qui concerne les livres, les spectacles de musique ou les matchs de sport, ils dépenseraient autant, sinon plus que leurs aînés de la génération X ou même celle des baby-boomers. Je pense que c’est le temps de se défaire de quelques préjugés.

Une nouvelle façon d’acheter

La tendance « cliquer et ramasser » va aussi prendre du galon. Il s’agit de consommateurs qui achètent en ligne, mais qui vont cueillir eux-mêmes leurs achats dans un magasin ou un casier prévu à cet effet. On parle d’un demi-million d’achats de ce type en 2015 pour l’Europe, une augmentation de 20 % par rapport à 2014. La tendance est d’ailleurs beaucoup plus populaire en là-bas qu’ici, mais elle devrait néanmoins faire ses débuts au Canada cette année.

Le fossé de la connectivité

Globalement, le nombre de foyers équipés d’Internet augmentera de 2 % pour atteindre 715 millions en 2015. La vitesse du débit augmentera quant à elle de 20 %. Mais les disparités augmenteront elles aussi. Dans certains marchés, les 10 % de tête auront un débit cinq fois plus élevé que les 10 % de la queue. Bien que les raisons soient multiples, certains Canadiens conserveront des vitesses de débit de moins de 5 Mbps.

Les technologies : vers un marché d’entreprise

En 2015, Deloitte nous indique que les nouvelles technologies seront davantage adoptées par les entreprises, et non par les consommateurs, comme ce fut le cas ces 10 dernières années avec la popularisation des téléphones intelligents et des tablettes. Voilà un changement de paradigme intéressant!

L’Internet des objets : une pluie de milliards

Ce changement se reflétera également dans l’évolution de l’Internet des objets. En effet, en 2015, plus de 60 % du milliard d’objets connectés seront achetés et utilisés par des entreprises et non par des consommateurs, contrairement à ce que laisse croire la grande place faite aux objets de consommation quotidienne comme les thermostats et les petits et gros électroménagers. Et dans ce secteur, il se brassera de grosses affaires. Le matériel relié à l’Internet des objets vaudra 10 milliards de dollars, mais les services reliés à ce matériel vaudront, quant à eux, aux alentours de 70 milliards de dollars.

L’impression 3D, mais pas de révolution en vue

L’impression 3D est là pour rester, mais elle ne sera probablement pas adoptée massivement. Deloitte nous dit qu’en 2015, il se vendra près de 220 000 imprimantes 3D dans le monde, mais elle est loin de penser que chaque foyer se mettra à produire des objets de cette manière. Encore là, elle croit que la réelle évolution se situera dans les entreprises et non chez les consommateurs.

La valeur ajoutée des courtes vidéos

Tant au Canada qu’ailleurs dans le monde, le temps consacré à la lecture de courtes vidéos de moins de 20 minutes représentera moins de 3 % de toutes les vidéos vues dans l’année. Cela dit, les amateurs de courtes vidéos seraient peut-être plus fidèles et moins passifs que les autres types de consommateurs, ce qui veut dire que la publicité de ce type de contenu générerait peut-être davantage de ventes. On ne serait donc pas près de la voir disparaître, bien au contraire.

Martin Lessard2015 : chute des « objets intelligents »

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 publié le 5 janvier 2015 à 14 h 24

En 2015, les « objets intelligents » quitteront définitivement le domaine exclusif des acheteurs précoces pour toucher enfin M. et Mme Tout-le-Monde.

Ce qu’on appelle l’internet des objets (Internet of things) et les vêtements et accessoires connectés (wearable technologies), c’est-à-dire du thermostat à la télévision « intelligente » et de la montre au vêtement connecté, connaîtra un grand boum cette année.

Et, à mon avis, ça décevra.

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L’explosion des objets connectés

S’il restait des gens qui ne savaient pas que les objets et les vêtements connectés étaient arrivés, hé bien! en 2015, il n’en restera plus.

L’année 2015 sera l’explosion pour le grand public! Attendez de voir ce qui va sortir au CES, la grand-messe de l’électronique (Maxime sera au CES cette semaine, ne manquez pas ses billets à partir de demain sur Triplex).

J’évalue que le tournant se fera avec l’arrivée tant attendue de l’Apple Watch dans les prochains mois.

Pourquoi l’Apple Watch? Ce n’est pourtant ni la première ni la dernière (peut-être même pas la meilleure) montre connectée. C’est parce qu’Apple a le don de faire parler d’elle plus que les autres!

Les montres connectées ne concerneront plus que les petits groupes d’admirateurs de Dick Tracy ou de Star trek; M. et Mme Tout-le-Monde pourront aussi en profiter!

Une étude du cabinet Forrester dévoilée en décembre dernier au salon LeWeb montre que 45 % des Américains et 32 % des Européens envisagent d’acheter un objet connecté (montre ou autre).

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Une montre connectée à quoi?

Les objets connectés connaîtront donc la popularité, à mon avis, avec la sortie de la montre Apple, que la force médiatique de la firme fera connaître à tous.

Mais à quel besoin répond une montre connectée?

Il faut savoir qu’en moyenne, il semble qu’on regarde notre téléphone 221 fois par jour, selon une étude de Tecmark, avec une utilisation totale de 3 heures 16 minutes quotidiennement!

On pense donc que la montre va répondre à un besoin bien précis — et paradoxal : une envie de décrocher de l’écran du téléphone.

Au lieu de sortir intempestivement notre téléphone à tout bout de champ pour connaître l’heure ou voir qui nous texte, un seul regard furtif à notre montre nous donnera la réponse.

En soi, cet usage est de bon augure pour l’avenir des objets connectés portés.

Mais ma prédiction, c’est que cet usage apportera aussi son lot de problèmes (de manipulation, d’interconnexion, d’interruption) qui ne réglera rien — ou pas autant qu’on le souhaiterait pour le prix — car cela nous ajoutera un écran de plus à gérer (avec l’iPod, le Galaxy, l’iPad, le Fitbit et le PC que nous avons à la maison).

Comme pour l’iPad, après l’excitation, la chute (un recul de 50 % des ventes de l’iPad est prévu pour le début de 2015, selon des estimés).

La montre connectée suivra le même chemin. De même que tous les objets connectés. Le grand public ne suivra pas autant que les industriels le souhaitent.
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La fin des objets « intelligents »

Pas besoin d’être intelligent pour comprendre que les objets « intelligents » (traduction abusive de smart) ne sont pas si « intelligents ».

N’importe qui a reçu à Noël une montre connectée ou une télé connectée sait que l’interconnexion entre les systèmes est surestimée. Essayer par exemple de faire parler un appareil d’Apple avec une télé Samsung. Une vraie farce.

Comprenons-nous bien. Ces ennuis d’interconnexion ne feront qu’un temps. L’internet des objets n’est vraiment pas un leurre. Mais cette année, seule la déception sera au rendez-vous.

Chaque année, la firme de recherche Gartner publie un tableau du cycle des technologies où les tendances de l’heure sont placées sur une courbe de maturité.

Ce tableau offre en un coup d’oeil la trajectoire présente et future des innovations technologiques. Nous vous en avions touché un mot sur Triplex l’été dernier.

Regardez ce qui est tout en haut de la courbe des attentes :

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Source Gartner

L’internet des objets et l’informatique portable connectée ont été placés au sommet. Juste avant la chute inévitable.

Inévitable, car le buzz va atteindre un point de saturation et frapper le « mur de déception » dû aux attentes démesurées et irréalistes. À mon avis, ce sera cette année.

Ce ne sera pas la fin des objets connectés, mais un réajustement des attentes.

Et j’espère qu’on en profitera pour évacuer les épithètes smart et « intelligent » par la même occasion.

La surveillance de masse sur le web par les États n’est probablement pas une fatalité.

On n’est qu’à un pas du moment où un navigateur comme Firefox intègre en natif les codes du projet Tor.

Le projet Tor est un réseau qui permet de naviguer sur le web de façon anonyme. L’appel vers une page web est chiffré et passe par une série de serveurs successifs, ce qui rend très difficile le traçage de la source de l’appel (c’est-à-dire, vous).

Pour fêter les 10 ans de son navigateur Firefox, la fondation Mozilla a annoncé lundi un partenariat avec deux organisations, le Center for Democracy & Technology et le projet Tor.

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Les collaborations dans le domaine de la protection de la vie privée des utilisateurs en lignes se cumulent.

Récemment, Facebook a créé une adresse sur Tor (https://facebookcorewwwi.onion) pour permettre à des usagers situés dans des États à la morale élastique (ne pensez pas qu’il s’agit seulement de dictatures!) de se connecter au service sans se faire repérer.

Mozilla a aussi annoncé vouloir ajouter des serveurs puissants sur le réseau Tor.

On pourrait donc imaginer que Mozilla envoie ainsi un signal d’une migration prochaine des serveurs web vers Tor ou d’une intégration des codes de Tor à même le code natif des navigateurs.

En effet, c’est au niveau du navigateur que s’amorce un appel anonyme.

Si les grands fabricants de ce monde emboîtent le pas et intègrent par défaut Tor (et placent des serveurs puissants sur ce réseau), on peut imaginer que cela pourrait être la première réplique sensée de la société civile et des entreprises contre la surveillance massive de l’État.

Martin Lessard3 actions pour augmenter l’attrait de la francophonie

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 publié le 5 novembre 2014 à 12 h 05

Alexandre Wolff, responsable de l’Observatoire de la langue française, avait dit en début d’année que, « sachant qu’en 2010, on recensait 220 millions de francophones dans le monde, […] on peut estimer à 750 millions les parlants français à l’horizon 2050. » (source : Challenge.fr)

Dans Le Devoir de ce matin, Christian Rioux, citant les résultats d’une grande enquête réalisée par l’Observatoire de la langue française (« La langue française dans le monde 2014″) qui sera publiée la semaine prochaine, souligne que (source : Le Devoir):

  • le français est la quatrième langue la plus utilisée sur Internet;
  • la troisième plus populaire dans le monde des affaires;
  • la deuxième langue la plus employée pour l’information internationale dans les médias.

En voilà une bonne nouvelle!

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Le français, la quatrième langue sur Internet

Les francophones figurent au quatrième rang parmi les utilisateurs d’Internet. C’est bien, mais ce n’est pas tout!

M. Rioux nous apprend que le français est aussi  :

  • la troisième langue la plus utilisée dans les blogues;
  • la sixième plus populaire, quant au nombre de pages Web publiés dans cette langue;
  • et pratiquement la quatrième langue la plus utilisée pour les contenus, les logiciels de communication et sur les réseaux sociaux.

C’est vraiment une très bonne nouvelle!

(synthèse en PDF disponible ici)

C’est en Afrique que le bassin de francophones est appelé à croître le plus.

Toutefois, prévient M. Rioux, « il faudra recruter 900 000 nouveaux enseignants d’ici 2015. D’ici 2030, c’est plus de 2 millions d’enseignants qu’il faudra trouver afin d’assurer cette progression ».

Oh, oh…

L’Internet à la rescousse du français

Si l’Organisation internationale de la francophonie s’en tenait à ce calcul, donné plus haut, je ne sais pas comment elle ferait pour soutenir la langue française. Autant jeter l’éponge tout de suite.

Non. En fait, encore une fois, Internet pourrait être la solution — toujours cet optimisme débordant qui coule dans mes veines.

Le français, pour les Africains, est un atout incroyable pour les études, le travail et l’accès à l’information.

L’un des quatre axes stratégiques d’intervention de la francophonie numérique déterminés en 2012, est celui-ci:

  • Produire, diffuser et protéger les biens communs numériques francophones.

À mon avis, cela tombe sous le sens que trois actions peuvent être entreprises tout de suite, et à moindre coût :

1. Traduire Wikipédia

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Aujourd’hui, la première porte d’entrée dans le monde de la connaissance est Wikipédia. Je me retrouve pourtant sans cesse à consulter la version anglaise pour trouver une entrée ou pour obtenir plus de détails.

Il faut que les futurs apprenants de la langue française comprennent qu’ils seront dans un TGV et non dans un train de campagne s’ils apprennent notre langue. Wikipédia est un symbole de succès.

En sautant un Sommet de la Francophonie et en investissant l’argent ainsi économisé dans une armée de rédacteurs, on pourra rattraper notre retard. Commençons par les termes utilisés en science, en géographie et dans l’actualité.

2. Offrir des formations en ligne ouvertes à tous
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Internet augmente de façon spectaculaire les capacités autodidactes des personnes curieuses. Ce sont ces leaders de demain qui doivent être aidés aujourd’hui.

Les MOOCs (massive open online course), traduit par CLOM (cours en ligne ouvert et massif) ou FLOT (formation en ligne ouverte à tous), est le moyen le plus élémentaire de soutenir l’apprenant autodidacte.

En sautant une Conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage et en investissant l’argent ainsi économisé dans une armée de professeurs prêts à monter des cours en ligne, on pourra créer un réseau qui permettrait à quiconque équipé d’un écran et d’un accès Internet d’apprendre notre langue.

3. Rendre ouvertes les données publiques

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Si les données gouvernementales sont ouvertes par défaut (et fermés par nécessité, dans le cas de données privées), nous ouvrons les portes d’un territoire immense pour les développeurs informatiques.

Ces données ouvertes représentent la lumière dans un monde opaque. C’est une façon pour les francophones de voir leur réalité représentée par un assemblage significatif de statistiques croisées, qui permet de réfléchir et d’agir.

En sautant un forum de la Francophonie et en investissant l’argent ainsi économisé dans une armée de programmeurs voulant prêter main-forte aux pays d’Afrique francophones pour ouvrir leurs données, on pourra inculquer la culture de l’ouverture et de la transparence très rapidement.

Faut que les bottines suivent les babines

Cette expression québécoise signifie qu’après avoir vanté sa capacité d’agir, il faut tenir parole. (L’étude de l’Observatoire constate que les régionalismes ont de plus en plus droit de cité dans les grands dictionnaires de la langue française. Je le signale à ma manière).

Je le répète, j’ai toujours cet optimisme débordant qui coule dans mes veines. On me pardonnera, je l’espère, de vouloir réduire le nombre de rencontres au Sommet pour la Francophonie. C’est pour faire réagir.

Car il me semble que lorsqu’on parle d’actions, il n’est plus le temps de parler, mais d’agir.