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La mort de David Bowie en a surpris plus d’un. Même les immortels du rock ne sont pas immortels dans la réalité. La mort est inéluctable.

Juste avant de mourir, Bowie nous offrait cette belle chanson, « Lazarus ».

Lazare est celui qui, dans le Nouveau Testament, se voit ressuscité par Jésus. Le seul mortel qui a vu la mort repoussée.

La technologie fera-t-elle de nous des Lazare?

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Aujourd’hui, la science laisse entendre que la mort serait « un problème technique ».

En effet, nous disons couramment que le « coeur flanche », que le « foie est dysfonctionnel » ou que le « cancer a frappé ».

Ce sont des expressions qui donnent à penser que la maladie et la mort sont en fait évitables, car elles sont vues comme des « problèmes techniques ». Et qui dit problème technique dit solution technique.

Dans notre monde très technophile, il n’en faut pas plus pour penser que « la mort peut être guérie ».

Les mortels que nous sommes aimeraient bien voir la technologie repousser la mort et faire de nous des Lazare technologiques.

« La mort n’a aucun sens »

Devinez qui se préoccupe de trouver une solution technique à la mort? Les géants et millionnaires de la technologie.

  • Peter Thiel, le cofondateur de PayPal, a donné en 2006 près de 3,5 millions de dollars américains à une équipe de recherche sur les façons de contrer le vieillissement et ses effets.
  • Larry Ellisson, fondateur d’Oracle, a investi depuis plus d’une décennie 430 millions de dollars américains dans la recherche contre le vieillissement . C’est lui qui répète que « la mort n’a aucun sens ».
  • Le Breakthrough Prize (section science de la vie), soutenu par Mark Zuckerberg, offre une récompense annuelle de 3 millions de dollars américains au chercheur qui découvre de nouvelles façons de repousser la mort.

Ces technophiles croient que la technique viendra à bout, même partiellement, des mécanismes qui nous font vieillir. Qu’elle ralentira le vieillissement.

Que ce soit par les puces, les algorithmes, les mégadonnées ou l’impression 3D d’organes, des entrepreneurs de tout acabit sont en train de plancher sur des solutions pour repousser la mort.

Les 5 moyens de repousser la mort

Le Washington Post a répertorié les technologies les plus plausibles pour repousser la mort.  J’en ai retenu cinq :

  1. Reprogrammation des cellules pour qu’elles sécrètent des anticorps.
  2. Transplantation de cellules souches de neurones pour contrer, notamment, la maladie de Parkinson.
  3. Impressions 3D d’organes pour remplacer les organes déficients.
  4. Culture d’os. Des cellules souches recréent un os cassé à partir d’un guide.
  5. Pilule antivieillissement. Pour redonner aux chromosomes vieillissants une seconde jeunesse.

Tout ça a l’air d’être de la science-fiction, mais ces recherches sont en cours.

Il ne faut évidemment pas mélanger succès en laboratoire et réussite à grande échelle.

Mais que la technologie soit sur le chemin d’une plus grande longévité n’est pas impossible. L’immortalité, même? On peut rêver, mais gardons les pieds sur terre.

L’angoisse de manquer le bateau

Du point de vue des techno-optimistes (et c’est dommage pour David Bowie et pour tous les autres), ceux qui meurent aujourd’hui sont comme ceux qui meurent de soif à quelques mètres d’une oasis.

Savoir qu’on reste sur le quai, comme Bowie, c’est tout de même angoissant, non? Verrons-nous le train d’une plus grande longévité passer sans pouvoir y monter nous aussi?

Il sera sûrement plus angoissant de savoir que ce seront, peut-être, les plus riches qui pourront se payer le billet avant les autres.

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Martin LessardLes 2 technologies à surveiller en 2016

par

 publié le 4 janvier 2016 à 15 h 53

La convergence de plusieurs technologies va rendre accessibles la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle qu’on croyait, jusqu’à tout récemment, du domaine de la science-fiction.

1- La réalité virtuelle grand public

Voilà bien des années qu’on nous la promet, celle-là. L’industrie avait tenté son coup durant les années 90, mais la technologie n’était pas à la hauteur des attentes. Elle veut éviter à tout prix de rater à nouveau son entrée sur le marché.

Après trois ans de perfectionnement, il semble que l’industrie est prête à lancer ses casques de réalité virtuelle en 2016. Des versions de développement circulaient déjà, mais cette année, c’est le baptême du marché grand public.

Les trois produits phares attendus sont :

  • Oculus Rift (sortie prévue dans la première moitié de 2016)
  • PlayStation VR (sortie prévue dans la première moitié de 2016)
  • HTC Vive (sortie à être annoncée au CES 2016)

On imagine très bien que les jeux vidéo seront le premier débouché pour ces casques. Mais il y a aussi des applications professionnelles très intéressantes que l’on peut envisager :

- Sport : Stanford propose une simulation en réalité virtuelle pour améliorer certaines techniques au football.

- Santé : agoraphobie ou peur de prendre l’avion? Avec un casque de réalité virtuelle, il est possible de contrôler exactement l’environnement pour faire vivre, à petites doses, puis de plus en en plus intensément des expériences pour vaincre la peur.

- Trouble du spectre autistique : la réalité virtuelle ne peut pas guérir l’autisme, mais elle peut améliorer certains comportements. Si un jeune autiste a des problèmes d’attention sociale (il ne fixe pas les personnes dans les yeux ou les ignore), il peut apprendre à entrer en contact avec les gens. Dans le monde virtuel, les personnages se présentant devant lui deviennent lentement transparents et disparaissent si l’enfant cesse de les regarder.

2 – L’intelligence artificielle à toutes les sauces

Après une décennie d’inertie, le grand projet de l’intelligence artificielle a été relancé en 2011 grâce à la percée de l’apprentissage en représentation profonde (deep learning). Montréal est d’ailleurs une plaque tournante de l’apprentissage en représentation profonde grâce à Yoshua Bengio, de l’Université de Montréal.

Avec l’apprentissage en représentation profonde, les programmes sont capables « d’apprendre à apprendre », à peu près comme le font nos cerveaux avec les synapses et les neurones qui s’alimentent les uns les autres.

Vous utilisez déjà d’une manière ou d’une autre des applications développées ou améliorées grâce à l’apprentissage en représentation profonde. Nommons Siri (d’Apple), Google Now, Cortana (de Microsoft) et Alexa (d’Amazon), qui s’améliorent d’année en année.

En décembre dernier, Google, Microsoft, Facebook et IBM ont déposé en code source ouvert la plupart de leurs technologies d’apprentissage en représentation profonde. L’initiative s’appelle OpenAI, une nouvelle organisation à but non lucratif, et veut rendre publiques les recherches sur l’intelligence artificielle et partager les brevets qui peuvent en découler.

Au lieu que chacun travaille dans son coin, les grandes firmes rendent maintenant leurs découvertes accessibles à tout le monde. Attendez-vous alors à voir une prolifération de systèmes qui utilisent d’une façon ou d’une autre les avancées en intelligence artificielle.

  • Jibo, le robot social capable de réagir aux émotions humaines.
  • Amazon Echo, le haut-parleur doublé d’un moteur de recherche vocal intelligent.
  • SmartThinQ hub de LG, qui offre les mêmes fonctions que l’Echo d’Amazon, mais avec la volonté de fédérer tous les objets connectés de la maison.

D’objets de curiosité, ces nouveaux appareils connectés en permanence semblent vouloir devenir nos gestionnaires de notifications et d’agenda, pour le meilleur ou pour le pire.

Le traitement de l’information en temps réel est assez bien maîtrisé, et les prochaines innovations viendront du côté du décodage de l’émotion.

Les ordinateurs sont maintenant en mesure de détecter notre état émotionnel, grâce aux caméras plus précises et à la reconnaissance faciale et vocale.

Les chercheurs étudient comment cette nouvelle connaissance peut être utilisée dans l’enseignement, pour traiter la dépression, pour prédire avec précision des diagnostics médicaux et améliorer le service à la clientèle ainsi que les achats en ligne.

Du point de vue des machines, décoder nos émotions, c’est accéder au coeur de ce qui les rendra plus humaines.

Martin LessardLi-fi, l’avenir lumineux du sans-fil

par

 publié le 8 décembre 2015 à 14 h 08

L’acronyme signifie « Light Fidelity » et est un clin d’oeil à wi-fi et hi-fi (haute-fidélité).

Source PureLifi.com

Source PureLifi.com

Le li-fi est un réseau optique composé de simples ampoules DEL qui permettent, selon les derniers tests, de télécharger des données jusqu’à 1Gb/s, c’est-à-dire de 10 à 100 fois plus vite qu’une borne wi-fi.

Alors que votre borne wi-fi utilise la partie radio du spectre électromagnétique, le li-f-, lui, utilise le spectre visible du spectre électromagnétique, c’est-à-dire la lumière, les ondes qui s’étendent de la couleur bleue (670 THz) à la couleur rouge (480 THz).

La technique de transmission est la même que pour la voix sur une radio AM. En modifiant l’amplitude de l’onde de la lumière, on génère des pulsations, comme un code morse. Ça donne un scintillement très rapide, imperceptible à l’œil, mais qu’un capteur optique peut décoder aisément.

Il n’est pas nécessaire d’être directement sous la lumière : la réverbération sur les murs de la pièce est suffisante, et ce, jusqu’à une dizaine de mètres.

Sur une courte distance, le réseau li-fi risque de devenir une solution sans fil très efficace, car il offre un accès haute vitesse très localisé où l’on peut connecter plusieurs appareils en même temps

Les avantages du li-fi

Le premier avantage du li-fi tient dans sa plus grande capacité à supporter un fort achalandage.

Si vous avez déjà essayé de vous connecter à un réseau wi-fi ou à un réseau 3G/4G en même temps que tout le monde, vous savez qu’un tel réseau ralentit beaucoup et devient, parfois, inutilisable.

Le li-fi vise à désengorger, dans des lieux précis, un réseau wi-fi public qui deviendrait vite saturé, comme un magasin, une salle de concert ou un aéroport. Dans un avion, par exemple, avec des ampoules connectées, les compagnies aériennes pourraient offrir un réseau sans-fil beaucoup plus robuste.

Sa faible portée offre aussi une sécurité contre le piratage ou les interférences.

En effet, si vous avez du wi-fi à la maison, il n’est pas rare de voir les réseaux des voisins. Avec le li-fi, la lumière ne traverse pas les murs, il est donc impossible d’accéder illégalement au réseau de l’autre côté de la paroi.

De plus, le li-fi n’est pas sensible aux interférences des autres réseaux. Le wi-fi, lui, est rapidement perturbé quand il y a trop de réseaux à proximité.

Et dans un hôpital (où il est interdit d’utiliser son cellulaire), l’usage du li-fi permettrait d’accéder au réseau sans-fil sans créer d’interférence avec les appareils médicaux.

Le port de téléchargement rapide

Source HSC.com

Source HSC.com

Si l’utilisation du li-fi semble simple, sa mise en place demande un peu plus de préparation.

Le li-fi utilise certes des ampoules DEL, peu chères et en vente partout, mais elles doivent être vissées à des douilles connectées.

Pour avoir de la très haute vitesse dans nos plafonniers, il faut installer des fils (des RJ45 PoE) qui se connectent avec les douilles pour transformer les ampoules en émetteur.

Les compagnies et les commerces seront probablement les premiers à déployer un tel réseau, car le filage est souvent déjà en place.

Le li-fi ne remplacera pas les autres réseaux, mais il en sera un très bon complément.

Mon intuition me dit qu’il trouvera une place dans un coin de la maison, comme la télévision, le micro-onde ou l’imprimante.

On peut très bien imaginer qu’avec un li-fi à 1Gb/s, on puisse, un jour, avoir une lampe connectée directement à un routeur. Il suffirait de s’y rendre pour déposer son cellulaire ou son portable sous la lumière et hop! un fichier énorme serait téléchargé.

Dans des magasins de vidéos, une telle borne à très haute vitesse permettrait aux consommateurs de télécharger sur place leur achat. Avec l’arrivée annoncée des vidéos en 4K, ce ne sera pas de refus.

Vous vous demandez encore quoi offrir à Noël? Vous sondez sûrement votre entourage ou les réseaux sociaux pour vous assurer de dénicher le meilleur cadeau possible. C’est bien, mais ce n’est pas toujours suffisant. Voici donc un outil qui pourrait vous être bien utile. Il s’agit du IBM Watson Trend, qui aide les consommateurs à trouver les cadeaux les plus populaires du moment.

Qui est Watson?

Watson est une technologie qui donne un sens à d’énormes quantités de données non structurées en combinant l’apprentissage automatique avec l’analyse du sentiment, du langage et des mots-clés.

Watson est capable de comprendre le contexte, le ton et la signification du langage. La technologie peut donc interpréter ce qu’elle comprend et en extraire des recommandations. Et elle continue toujours d’en apprendre plus en absorbant plus de données à un rythme qui dépasse largement celui des humains.

Watson Trend est donc l’application qui met cette technologie au service de nos achats de Noël. Elle est en mesure de suivre les ventes des 100 objets les plus populaires dans trois catégories : la technologie, les jouets et la santé.

Comment ça fonctionne?

Interpréter les conversations

Chaque jour, Watson Trend fouille Internet à la recherche des conversations qui concernent nos décisions d’achats. L’application cherche tous les indices pertinents sur les réseaux sociaux, les blogues, les forums, les sections commentaires, les avis des consommateurs, etc. Qu’on ait discuté d’un achat à venir, en cours ou déjà fait, Watson Trend détermine le contexte, la signification et le ton de la conversation. Ce n’est pas tout de savoir que quelqu’un vient d’acheter un téléphone, encore faut-il savoir s’il est satisfait du produit, ce qu’il préfère de celui-ci, où il l’a acheté, etc., pour faire des prévisions qui serviront aux autres consommateurs.

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Convertir les données

Une fois que Watson Trend détecte des conversations similaires autour d’un même sujet, il en dégage des tendances et leur attribue un indicateur quotidien. Chaque conversation est classée par thème, et chaque thème est ensuite regroupé par tendance. Pour chaque tendance, Watson Trend analyse, sur une base quotidienne, le volume des conversations et le rythme avec lequel l’engouement semble se manifester. Le résultat obtenu est une valeur entre 0 et 100 qui peut varier de jour en jour selon l’évolution des conversations issues de dizaines de milliers de sources différentes.

Prédire les tendances

Après avoir compilé des dizaines de ces résultats quotidiens, Watson Trend les compare ensuite à des centaines de modèles de prévisions. Grâce à sa technologie cognitive, Watson Trend est en mesure de sélectionner les cinq modèles les mieux adaptés à chaque tendance et de présenter 21 jours de prévisions pour chacune d’elles.

Expliquer les tendances

C’est probablement l’élément le plus intéressant de Watson Trend. Non seulement on peut savoir ce qui est populaire, mais on peut aussi découvrir pourquoi. Dans l’application, on définit la tendance (qui s’y intéresse, où sont ceux qui s’y intéressent, quels événements ont contribué à y adhérer), et des échantillons de conversations autour de la tendance sont affichés. Ces données sont colligées pour chaque tendance, et un analyste d’IBM les revoit avant de les inclure dans l’application.

Alors, quelles sont les tendances cette année?

Watson Trend dégage des tendances qu’on aurait pu, pour la plupart, voir venir. Mais c’est parce que celles-ci proviennent d’observations passées sur une longue période de temps qu’on a cette impression. Ainsi, l’Apple Watch est de loin le cadeau le plus prisé en cette fin d’année, entre autres parce qu’elle alimente un plus gros volume de conversations depuis plus longtemps. Aussi, on y apprend que les téléviseurs Samsung sont plus populaires que ceux de Sony. Enfin, le Surface Pro 4 semble plus apprécié que l’iPad Air 2.

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Côté jouets, vous ne vous trompez pas avec les Lego, l’éternel classique. Ce sont les Lego Star Wars, Friends et City qui dominent la liste. Personnellement, le robot BB-8 serait plus haut dans mes priorités qu’il ne l’est dans l’application (père Noël, m’entends-tu?). Peut-être gravira-t-il les échelons après la sortie du film Star Wars. Bref, Watson Trend constitue une bonne base pour s’inspirer, mais le meilleur moyen de savoir quoi offrir à quelqu’un est encore de tendre l’oreille quand il parle. Bon magasinage!

 

Martin LessardBiométrie : ce que le terrorisme nous forcera à faire

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 publié le 20 novembre 2015 à 15 h 14

Prise d’otages à Bamako, au Mali, ce matin. Attentats de Paris, en France, la semaine dernière. La sécurité est à l’avant-plan, plus que jamais.

Toutefois, ce n’est pas une raison pour accepter toutes les dérives.

Le président français se montre ferme dans son discours sur le renforcement des politiques de sécurité. C’est quand il ajoute  » sécurité numérique comprise  » qu’on peut commencer à s’inquiéter du réel sens à donner à son discours.

John Brennan, le directeur de la CIA, lui, n’a pas attendu pour récupérer les attentats à Paris pour servir les visées sécuritaires de son agence.

 » Ces dernières années [...], des amendements aux lois ont été adoptés et des actions qui ont été posées, rendant la tâche de débusquer les terroristes bien plus ardues pour nous. » (Source)

Personne n’est dupe. Sur The Verge, la réponse est cinglante :

 » Vous les entendrez répéter que la surveillance massive a permis de déjouer de mystérieuses menaces, mais qu’elle n’est pas suffisante dans l’état actuel, parce qu’elle est constamment menacée par les défenseurs de la vie privée.  » (Source)

Avec la prise d’otages à Bamako, ce matin, le discours sur la sécurité qui prône l’écoute de toutes nos communications resurgira (au détriment de notre vie privée).

Pourtant, le terroriste n’utilise pas nécessairement les outils numériques et cryptographiques à la fine pointe de la technologie pour commettre son crime.

Il est parfois au degré zéro en technologie.

La technologie de pointe n’a pas été utilisée: deux exemples

1- Entrer en Europe comme dans un moulin
On a appris aujourd’hui qu’Abaaoud, l’organisateur présumé des attentats de Paris, est entré en Europe et s’y est déplacé à plusieurs reprises, malgré un mandat d’arrêt international émis contre lui.

Les djihadistes, quand ils reçoivent de nouvelles recrues, leur confisquent leurs passeports. Toutefois, ils ne les modifient en rien. Le djihadiste fera tout pour ressembler le plus possible à la photo du passeport qu’il utilisera.

 » Il va se faire pousser la barbe, la tailler de la même façon, et plus de 99 fois sur cent, ça va marcher. C’est imparable. Pas besoin de trafiquer le passeport « , explique le criminologue Christophe Naudin, spécialiste de la fraude documentaire dans Libération.

2- Un texto en clair
On a aussi appris que les échanges entre les assaillants à Paris se sont faits par texto, et non par un logiciel sophistiqué en cryptographie.

Un texto en clair, comme ceux envoyés par tout le monde.

Voilà la preuve que davantage d’écoute et de surveillance ne sont pas nécessaires.

Donner plus de pouvoir au gouvernement pour qu’il accède par une  » porte dérobée  » à toutes les plateformes et à toutes nos communications privées serait nettement prématuré.

Les lois en place semblent amplement suffisantes. De toute évidence, on peut faire mieux.

Ce qui risque de changer

À la suite des attentats de Paris, il est clair que les autorités devront mieux collaborer entre eux.

Les prochains développements en matière de sécurité nationale porteront entre autres sur des réseaux très rapides permettant l’échange de données massives entre les services secrets et les policiers.

Si les équipes des divers services apprennent à collaborer et à partager des données, il faudra un réseau très puissant pour le faire en temps réel.

Par exemple, une caméra portée au cou par un policier à une frontière pourrait retransmettre directement des images pour qu’elles soient analysées dans plusieurs pays.

Une personne qui entre à un point d’entrée, par exemple en Grèce, serait immédiatement analysée par la sécurité en France ou Allemagne.

C’est ici que nous risquons de constater les véritables conséquences de la montée du terrorisme. C’est l’imposition à grande échelle de la biométrie.

Ce n’est donc pas une plus grande surveillance de nos vies privées, mais l’imposition d’un fichage biométrique qui se pointe à l’horizon.