Billets classés sous la catégorie « Télévision »

Dans une recommandation au gouvernement australien, qui a été révélée ce matin par le site TorrentFreak, Google prévient les élus que toutes mesures antipiratage draconiennes pourraient s’avérer contre-productives (document original).

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À la place, propose Google, le gouvernement australien devrait promouvoir de nouveaux modèles d’affaires. Le piratage en ligne existe, dit Google, parce qu’il y a un problème de disponibilité des contenus légaux. Rendez accessibles les contenus légaux, à un coût raisonnable, et le téléchargement illégal devrait se tarir.

Dans ce sens, suggère Google, il est plus profitable pour un gouvernement d’encourager les nouveaux modèles d’affaires que de monter un programme répressif.

Le cas de la France

En France, un tel programme répressif s’est avéré inefficace. Le programme Hadopi (8,5 millions d’euros en 2013) a envoyé un million de courriels d’avertissements aux internautes qui auraient téléchargé illégalement des contenus. Plus de 140 000 lettres recommandées (à 4,19 euros/pièce) ont aussi été envoyées.

De tout ça,  ce sont entre 20 et 30 dossiers qui ont été examinés. Une seule personne a été condamnée (à une peine d’amende de 150 euros).

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La voie de la répression n’est pas la moins coûteuse.

Un chantier pour occuper l’espace

Un chantier spécifiquement sur le droit d’auteur, comme prévu dans le plan stratégique culturel québécois déposé la semaine dernière, réfléchira à la façon d’occuper l’espace avec une offre numérique, selon des paramètres à déterminer.

Ce chantier sur le droit d’auteur sert à créer un lieu de concertation pour « proposer des solutions visant au respect du droit d’auteur en matière de diffusion dans l’univers numérique ».

Il est donc intéressant d’être à l’écoute de ce qui se fait ailleurs. Car emprunter une voie qui viserait à occuper l’espace par une surveillance des gens ne me semble pas une façon de se projeter correctement dans l’avenir.

Un chantier pour « occuper l’espace numérique » avec les contenus québécois doit développer les conditions pour qu’ils soient avant tout accessibles et à bon prix.

Maxime JohnsonDes changements majeurs pour ICI Tou.tv

par

 publié le 6 mars 2014 à 10 h 41

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Une refonte importante, un nouveau volet payant et un partenariat avec Rogers et Telus : Radio-Canada a dévoilé aujourd’hui ce qu’on pourrait appeler la version 2.0 de sa plateforme de visionnement en ligne ICI Tou.tv.

Alors que certains appréhendaient la fin de la gratuité d’ICI Tou.tv, ce n’est finalement qu’un nouveau volet de la plateforme, Extra, qui nécessitera un abonnement mensuel.

Extra devrait, à son lancement d’ici la fin du mois, proposer 400 nouveaux titres HD aux utilisateurs d’ICI Tou.tv, notamment Au bout du lac, la version française de Top of the lake, et Engrenages. Bonne nouvelle, le volet ne changera en rien l’offre habituelle d’ICI Tou.tv, dont les 1200 titres (un épisode de série ou un film) actuellement en ligne continueront d’être accessibles gratuitement.

« Les séries en rattrapage, celles qui sont diffusées à notre antenne, et les webséries originales continueront aussi à l’avenir d’être offertes sur la portion gratuite de Tou.tv », précise Marie-Philippe Bouchard, directrice générale Musique et Services numériques de Radio-Canada. Les séries et les films acquis à l’étranger et ailleurs au Canada seront pour leur part désormais répartis entre la portion gratuite et la portion payante du service.

« La proposition d’aujourd’hui vise à répondre à un besoin des consommateurs », croit Marie-Philippe Bouchard. L’auditoire moderne recherche notamment des moyens variés pour accéder à ses contenus, et une offre francophone qui lui permet d’avoir accès par exemple à l’ensemble des saisons d’une série particulière, ce qui sera possible avec Extra.

Le prix de l’abonnement à Extra n’a pas été annoncé pour le moment.

Gratuit pour les abonnés de Rogers et de Telus
Extra ne sera toutefois pas payant pour tout le monde, puisque les abonnés à un service postpayé de Rogers et de Telus auront accès gratuitement à la nouvelle plateforme, autant avec un appareil mobile qu’avec un ordinateur.

Les utilisateurs d’appareils mobiles devront évidemment faire attention à leur consommation de données. Ceux qui ont un plus petit forfait pourront toutefois écouter ICI Tou.tv par le biais de n’importe quelle connexion Wi-Fi ou filaire, peu importe leur fournisseur d’accès Internet. Dans le cas des abonnés de Telus, ceux-ci auront aussi accès au contenu d’ICI Tou.tv sur la plateforme Télé OPTIK.

Notons que les titres d’Extra continueront d’afficher de la publicité comme ceux du volet standard d’ICI Tou.tv pour les abonnés de Rogers et de Telus, mais que les utilisateurs payants, eux, en seront exemptés, tant dans la portion gratuite que dans la portion payante du service.

Une refonte majeure
ICI Tou.tv aura finalement droit à une refonte majeure, qui devrait être mise en ligne d’ici la fin du mois de mars.

Les utilisateurs du site web et des applications mobiles d’ICI Tou.tv pourront notamment se créer un profil personnel, ce qui leur permettra de trouver leurs séries favorites plus facilement. D’autres nouveautés devraient aussi être annoncées au fur et à mesure de leur arrivée sur la plateforme.

Un nouveau modèle d’affaires
L’arrivée d’Extra et le partenariat avec deux des principaux opérateurs mobiles au Canada devraient permettre à Radio-Canada de diversifier ses revenus, mais aussi d’assurer la croissance d’ICI Tou.tv.

« Le partenariat avec Rogers et Telus devrait aussi nous permettre d’étendre notre portée, puisque nos partenaires vont s’activer à faire valoir à leur clientèle les avantages de l’offre ICI Tou.tv », juge Marie-Philippe Bouchard.

Selon Radio-Canada, ICI Tou.tv compte en moyenne 3,7 millions de branchements chaque mois. Détail intéressant, les branchements provenant des plateformes mobiles (iOS et site mobile) ont augmenté de 44 % entre 2012 et 2013. On dénombre 138 millions de branchements sur ICI Tou.tv depuis le lancement de la plateforme en janvier 2010.

Le ministère de la Culture et des Communications du Québec a annoncé lundi sa stratégie culturelle numérique (PDF).

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Cette stratégie laisse grande place aux recommandations stratégiques pour le virage numérique de l’industrie culturelle québécoise déposées par la SODEC en 2011. Ces recommandations, que j’ai eu l’honneur de rédiger avec des membres de la SODEC, découlaient des multiples rencontres avec les gens de l’industrie culturelle en 2010 et en 2011.

Un constat inéluctable s’imposait : un contenu culturel qui n’est ni numérisé, ni diffusé en ligne, ni accessible sur les moteurs de recherches, ni agrégé par des sites ou sur les réseaux sociaux est un contenu qui n’existe pas aux yeux des consommateurs.

Le retard dans les pratiques numériques réduit la capacité des entreprises culturelles québécoises à faire concurrence à l’offre étrangère omniprésente.

Avec tout le talent qu’il y a ici, comment se fait-il que ce soit des Cyprien de France, des Netflix des États-Unis, des iPlayers de la BBC, des Opéras du Met diffusés en direct dans les cinémas d’ici qui se retrouvent à occuper notre temps de cerveau?

Ce n’est pas un problème de talent, mais de rayonnement. Il s’agit donc de se donner les moyens de conquérir l’espace numérique.

Pour occuper l’espace numérique

Dans la synthèse rédigée avec  la SODEC, nous avions proposé trois chantiers : un pour combler le retard, un pour soutenir les forces en place, et un autre pour innover et se tourner vers l’avenir.

Chaque chantier était traversé des trois axes d’interventions : enrichir l’offre de contenu, accroître la visibilité des contenus et offrir des incitatifs propices au développement du numérique.

Je ne peux que constater que le gouvernement a suivi la même approche et le milieu culturel québécois doit être aujourd’hui satisfait que leurs requêtes soient ainsi bien encadrées.

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De ce cadre de référence, je retiens deux points qui me tiennent à cœur.

La culture doit passer par le numérique

Numériser l’offre culturelle existante, c’est l’ouvrir à sa circulation en ligne. Les trésors culturels du passé et du présent doivent être rendus accessibles sur les nouveaux canaux. Ce qui implique de repenser certaines méthodes et  modèles d’affaires.

Par exemple :

  • Série noire traîne de la patte dans les cotes d’écoute à la télé? Pourquoi ne pas avoir téléchargé toute la série d’un coup sur Tout.tv? Netflix l’a fait pour House of Cards et la série se porte très bien.
  • Une production théâtrale ou une performance artistique pourrait être vue partout au Québec dans les salles de cinéma rajeunies pour l’occasion. Comme disait Monique Savoie de la SAT, c’est le début de la « démontréalisation » de la culture.

Favoriser une culture numérique

Pour favoriser des pratiques émergentes et inédites, il faut encourager la collaboration entre les acteurs de la chaîne et le transfert de connaissance. Il est impératif de réussir à sortir du carcan traditionnel du chacun pour soi.

Je proposais à l’époque l’idée d’un SODEC Lab (l’expression n’a pas été retenue) qui serait un pôle d’innovation pour expérimenter. L’idée, tirée de la culture web, consiste à brasser les savoir-faire et susciter la concertation, de façon à générer des projets collaboratifs plutôt que concurrentiels (c’est le point 3c du cadre stratégique actuel).

Ce « laboratoire » associait toute subvention ou aide à la condition expresse que les mandataires reviennent impérativement partager leur expérience et leur savoir sous forme de document et de présentation ouverte à tous.

Ce niveau de détail est évidemment trop tactique pour être intégré dans le plan stratégique du ministère, mais il donne bien le ton : les leviers qui permettront au Québec de développer une économie du savoir basée sur la créativité passent par toute la population.

Martin LessardNetflix : la longue traîne du visionnement en rafale

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 publié le 17 février 2014 à 11 h 23

Depuis vendredi, toute la saison House of cards 2 est offerte en intégralité pour visionnement. Il faut ne pas avoir été sur Facebook cette fin de semaine pour l’ignorer.

À 100 millions de dollars, House of cards était un gros pari, mais un pari calculé, car Netflix connaissait le nombre d’abonnés qui aiment les séries de drames politiques ainsi que Kevin Spacey, l’acteur principal, et David Fincher, le réalisateur.

House of cards est devenue la première série qui s’émancipait du rendez-vous hebdomadaire dès sa première diffusion.

En offrant en ligne, d’un coup et en primeur, toute une saison, Netflix avait ébranlé l’industrie. La compagnie avait montré qu’elle pouvait être la première fenêtre de diffusion d’une série de haut niveau.

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Toutes les téléséries seront-elles présentées ainsi à l’avenir?

Le croire serait mal comprendre l’économie de cette industrie.

Certaines séries à grand budget ont besoin de l’infrastructure publicitaire des chaînes télé pour se financer correctement.

Netflix (ou tout autre distributeur qui voudrait faire de même) ne peut se permettre de prendre de tels risques sur toutes les séries qu’elle offre.

Proposer trop de séries coûteuses est tout simplement impossible. Le modèle de financement de Netflix est basé sur des abonnements et non sur la publicité.

Netflix complète donc son offre avec des séries qui ont été rentabilisées sur les réseaux plus traditionnels (si on peut appeler les chaînes câblées des réseaux traditionnels).

Renaissance en rafale

On s’est habitué dans la dernière décennie, avec les coffrets DVD et VHS, à écouter en rafale une série complète.

Et Netflix est d’ores et déjà devenu l’endroit pour répondre à cette gloutonnerie.

Outre les nouvelles séries en primeur, Netflix compte sur la reprise en primeur de séries en fin de vie ou disparues.

  • L’an passé, Netflix a offert les 15 épisodes de la quatrième saison de Arrested development (une série originalement diffusée sur Fox et terminée en 2006).
  • Netflix lancera le mois prochain la saison 6 de la saga en dessin animé de La guerre des étoiles « The clone wars: the lost missions ».
  • Les rumeurs courent selon lesquelles Jericho, la série culte abandonnée en 2008 par CBS, referait surface sur Netflix.
  • Des rumeurs similaires concernent une cinquième saison d’Arrested development.

Avec des séries originales de haute qualité et des reprises de fin de série culte qui attirent ses aficionados, Netflix est en train de faire le plein de toute cette clientèle qui recherche une nouvelle expérience télévisuelle… ou, tout simplement, qui ne veut plus être abonnée au câble.

La longue traîne des téléphages

Netflix capture ainsi toute la queue de la longue traîne de l’attention télévisuelle.

Déjà le tiers de la bande passante des États-Unis le soir est occupé par le téléchargement de vidéos du Netflix.

Chaque émission n’a plus besoin d’un public de masse pour être rentable.

Ce qui est aussi unique avec les séries originales sur Netflix, c’est que la diffusion des épisodes se fait dans le monde entier en même temps.

Le paysage du divertissement audiovisuel est morcelé, nation par nation, territoire par territoire. Les réseaux câblés ont tous des accords différents avec les ayants droit.

Or quand Netflix ouvre les vannes, c’est toute la planète Netflix qui y a accès.

Avec les médias sociaux qui ont remplacé les discussions de couloir, toute la planète va un jour se mettre à parler de ce qu’elle a vu la veille.

Maxime JohnsonMes impressions des téléviseurs WebOS de LG (CES)

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 publié le 15 janvier 2014 à 10 h 21

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Au Mobile World Congress de Barcelone en février 2013, le fabricant LG en a surpris plusieurs en annonçant son acquisition de WebOS, un système d’exploitation mobile développé par Palm que tous croyaient mort et enterré. La compagnie coréenne a présenté au Consumer Electronics Show (CES) les fruits de son acquisition, et le résultat est plutôt convaincant.

Si WebOS a été créé pour les téléphones intelligents, c’est plutôt sur ses téléviseurs que LG a installé le système d’exploitation.

Le nouveau WebOS n’a toutefois pas grand-chose à voir avec celui qui équipait le Palm Pre à l’époque. Visuellement, l’interface de WebOS consiste maintenant en une longue bande multicolore, qui rassemble une dizaine de petits rectangles italiques d’un bout à l’autre de l’écran.

La bande est semblable à une frise chronologique, où s’affichent les applications précédemment ouvertes à gauche, ses applications préférées au centre, et les autres applications disponibles à droite. Chaque carte peut représenter une application (Netflix, Internet, etc.), mais aussi les différentes entrées de son téléviseur, qui apparaissent uniquement lorsqu’un appareil y est branché.

Lorsque l’interface WebOS est lancée, cette bande se superpose à l’écran qui, lui, demeure actif. Vous pouvez donc naviguer dans WebOS tout en continuant de regarder une émission à la télé.

Si les interfaces pour téléviseur intelligent sont souvent complexes et beaucoup trop chargées, la version de WebOS de LG est franchement rafraîchissante. Le tout est joli et simple d’utilisation. Passer d’une application à l’autre est aussi bien plus rapide qu’avec les autres appareils sur le marché.

Une bonne acquisition
Avec son acquisition de WebOS l’année dernière, LG a mis la main sur un système bien adapté pour les téléviseurs, mais surtout sur une équipe qui a visiblement la main pour les interfaces jolies et bien conçues (même s’il est important de rappeler que le designer principal de WebOS, Matias Duarte, est passé chez Google en 2010).

WebOS a aussi d’autres avantages pour LG. Il est notamment facile pour les développeurs d’y porter leurs applications existantes, et certaines applications mobiles pourront même être développées pour partager du contenu directement sur son téléviseur, un peu comme avec l’adaptateur Chromecast de Google.

WebOS offre aussi une certaine visibilité pour LG, surtout pendant un événement comme le CES. Mais comme les consommateurs ont boudé le système lorsqu’il était offert par Palm et HP, la marque WebOS est loin d’être un gage de succès pour l’entreprise.

Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un excellent coup pour LG. Les consommateurs n’achèteront probablement pas leurs téléviseurs uniquement pour cette interface, mais ils apprécieront tout de même leur expérience.

Je ne serais pas non plus étonné si les propriétaires d’un téléviseur WebOS utilisaient davantage que les autres les fonctions intelligentes de leur appareil. Voilà qui pourrait être intéressant pour LG, surtout que l’entreprise compte y louer et y vendre directement des films et des séries télévisées.

La majorité des téléviseurs lancés par LG en 2014 (entre 56 % et 80 % des appareils, selon les sources) seront équipés de WebOS.