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Martin LessardUn Télé-Québec entièrement sur le web?

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 publié le 4 décembre 2014 à 16 h 58

Tiens, tiens. On apprenait ce matin dans La Presse, que l’idée de faire migrer Télé-Québec sur le web, donc de lui faire quitter les ondes, a été envisagée au sein du gouvernement québécois.

Selon la PDG de Télé-Québec, Michèle Fortin, cette migration vers le tout au web serait « l’équivalent d’une fermeture ».

Que la migration totale vers le web soit vécue comme une fermeture relève probablement du syllogisme douteux.

Si la mission de Télé-Québec peut être résumée à « éducation et culture », avec un important volet jeunesse, alors le web est un endroit tout désigné pour rayonner. Ce qui aurait dû générer de la joie.

« La télé est là pour rester »

Mais, au soulagement de la PDG de Télé-Québec, la ministre de la Culture, Hélène David, qui avait, dans un premier temps, déclaré que le virage exclusivement web était à l’étude, s’est ravisée quelques heures plus tard pour affirmer que ce scénario est écarté, toujours selon La Presse.

Pour l’instant, la nouvelle doit être prise comme un coup de semonce.

C’est une mutation qui doit se faire à terme. Télé-Québec doit s’armer d’un volet web au moins aussi fort, sinon plus, que le volet télé.

La culture étant inexorablement vouée à être majoritairement consommée par des canaux numériques, se cantonner à la télé seulement n’est pas viable.

Un « Web-Québec » devra émerger sous une forme ou une autre.

Le rôle de la télé

La possibilité de la disparition de la portion télé génère toutefois une crainte justifiée.

Dans l’offre télévisuelle francophone au pays, où on s’approche de la soixantaine de chaînes de télé, faire perdre à Télé-Québec cette part de marché (même minime), c’est se couper de la tête de la « longue traîne ».

Selon la théorie de la longue traîne, il y a une « queue » et une « tête » de la répartition des produits consommés.

Dans la « queue », la diffusion en ligne fait diminuer, voire disparaître, des coûts de stockage et de distribution d’une kyrielle de produits peu demandés, mais globalement très nombreux.

Mais c’est dans la « tête » qu’on retrouve les quelques produits vedettes les plus recherchés et avec le plus de visibilité.

En télévision, vu son nombre d’heures de diffusion limité par jour, on se retrouve de facto à la tête de la longue traîne de la culture. Pour le reste, il y a tout le web.

Le rôle du web

Le tout-au-web reste toutefois une solution attirante. En évacuant une télévision peu regardée, on peut faire migrer la diffusion entièrement sur web avec plus de portée qu’actuellement.

Le web pourrait devenir autre chose qu’un faire-valoir de la télévision, ce qu’il est actuellement, toujours accroché à la locomotive télévisuelle. On sent donc poindre l’espoir de créer des contenus neufs et actuels dans cette proposition.

Mais il y a une plus grande valeur à conserver les deux volets.

Bien évidemment, la contrepartie de devoir à la fois conserver la télé et développer le web poussera Télé-Québec à revoir toutes ses priorités.

Et une des plus importantes pourrait être d’inverser le pipeline des contenus.

En ce moment, les contenus partent de la télévision vers le web. On peut imaginer le contraire, du web vers la télévision.

La longue traîne des contenus agrégés en ligne pourrait permettre des découvertes, des partages et une visibilité à des contenus qui permettraient, au final, d’acquérir une vitrine sur les ondes.

Dans ce scénario, il est clair que c’est le volet télévision qui aurait la portion congrue.

Ce qui est sûr, c’est qu’avec ce coup de semonce Télé-Québec n’a pas d’autre choix que de faire entrer le web par la grande porte. Et vite.

Catherine MathysPourquoi les diffuseurs français ont peur de Netflix

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 publié le 22 septembre 2014 à 14 h 35

Depuis une semaine, les Français, mais aussi les Allemands, les Autrichiens, les Belges, les Suisses et les Luxembourgeois, ont enfin accès à Netflix, 17 ans après les Américains. Même si une panne de service a marqué son premier dimanche en Europe du Nord, le géant de la vidéo à la demande, fort de ses 50 millions d’abonnés, fait trembler la concurrence européenne, mais surtout française, et ce, tant en ligne qu’au petit écran. Retour sur un succès made in USA à la conquête de nouveaux marchés.

Netflix

Le succès de Netflix

C’est d’abord l’industrie du club vidéo qui a subi la concurrence de Netflix. En effet, on a parfois tendance à l’oublier, mais au départ, et ce, pour le plus clair de son histoire, Netflix a été un service de location illimitée de DVD qu’on recevait par la poste pour une somme dérisoire. Comme le mentionne Robert Thompson, professeur de culture populaire à l’Université de Syracuse, dans l’État de New York, dans cet article de La Presse, il est ironique de constater que les débuts de Netflix, maintenant un fleuron du numérique, reposaient en bonne partie « sur la plus vieille technologie possible : la poste! ».

Certains n’hésitent pas à dire que si des clubs vidéo comme la chaîne BlockBuster ont périclité, c’est en partie à cause de Netflix, qui offrait le même service de location de films, mais à moindre coût et sans sortir de chez soi. Internet est apparu beaucoup plus tard dans l’histoire de l’entreprise américaine. En effet, ce n’est qu’en 2010 que Netflix s’est tournée vers la diffusion en ligne. D’ailleurs, lorsque son service a été lancé au Canada cette même année, l’envoi de DVD n’était déjà plus dans son offre.

Cela dit, la transition du DVD au visionnement en ligne ne s’est pas faite sans heurts. En effet, après avoir augmenté ses prix de 60 % pour une offre combinée de DVD et de visionnement en ligne, Netflix a soulevé l’ire de sa clientèle. C’est que les droits du numérique ne se négocient pas de la même façon que les droits des DVD. Et Netflix a dû à nouveau se repositionner pour ne pas disparaître.

La voilà, la clé du succès de Netflix. Elle se situe dans sa capacité à s’adapter aux changements du marché. Ainsi, les négociations avec les producteurs devenant de plus en plus ardues, Netflix s’est elle-même lancée dans la production de contenu. Dans une entrevue parue dans le magazine GQ de février 2013, le responsable des contenus de Netflix, Ted Sarandos, l’a clairement énoncé : « The goal is to become HBO faster than HBO can become us. » Netflix devenait, par le fait même, un féroce concurrent dans l’industrie de la diffusion en ligne, mais aussi, et surtout, un nouveau concurrent des diffuseurs traditionnels.

Les craintes des diffuseurs français

C’est pour ça que les diffuseurs français voient l’arrivée de Netflix d’un bien mauvais œil, et tout indique qu’ils ont raison de s’inquiéter. Cet article de La Presse rapporte que Reed Hastings, le patron de Netflix, souhaite s’implanter en Europe dans « un tiers des foyers d’ici 5 à 10 ans ». Dans ce même article, Nicolas Reffait, du cabinet BearingPoint, l’explique bien : « La croissance territoriale est nécessaire pour que le business fonctionne. Quand on crée un marché à bas prix, on a intérêt à élargir la base des utilisateurs. » C’est que la majorité des utilisateurs de Netflix se trouve encore aux États-Unis (36 des 50 millions d’abonnés sont américains). L’entreprise cherche donc à étaler ses tentacules.

Et ses concurrents l’ont bien compris. Une étude réalisée par la Chaire Médias et Marques de ParisTech mentionne que les financements de ces deux secteurs de l’audiovisuel et du cinéma français pourraient s’effondrer en raison de la présence de l’entreprise américaine. Plusieurs entreprises ont donc déjà commencé à revoir leur offre ou à baisser leur prix. C’est le cas de Canal + et de son service de vidéo à la demande Canal Play. Un autre acteur du milieu, Numéricable, lance aussi Séries-Flix, un service de vidéo à la demande uniquement consacré aux séries.

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La France plus menacée que les autres?

Les craintes des diffuseurs français sont nombreuses, mais citons d’abord celle que l’on appelle la distorsion de concurrence. C’est que Netflix fournira son service à partir des Pays-Bas, ce qui lui permet de se soustraire aux règles fiscales françaises et à l’obligation de contribuer au financement de la création.

Une autre crainte concerne les bas prix de l’offre de Netflix. Les concurrents français n’auront pas le choix de baisser leurs tarifs pour s’aligner sur les siens. Mais au final, c’est un vieux système qui se frappe à l’instantanéité du web qui fait peur. Comme le mentionne Agnès Lanoë, directrice de la prospective et de la stratégie d’Arte dans un article de 01net.com : « Avec Netflix, l’individu se retrouve seul face à un catalogue immense. Et c’est une machine qui lui adresse des recommandations pour faire ses choix. C’est toute la différence avec une chaîne de télévision comme la nôtre qui fait des choix éditoriaux. »

Mais ce qui fait le plus peur, selon cet article, c’est la grande dépendance des Français envers le contenu américain, et justement, Netflix en sera un vecteur direct. « La télévision française est devenue un organe de rediffusion plutôt qu’un organe de création. Son principal fournisseur? Le pays de Netflix! Il serait hasardeux d’affirmer que ce rapport de force représente l’avenir de la télévision française… mais il en constitue en revanche une faiblesse qui fait de notre pays une terre d’asile pour le géant américain de la vidéo à la demande. »

Ce ne sont donc pas que les concurrents de la vidéo à la demande qui tremblent devant l’arrivée de Netflix, mais aussi tous les diffuseurs français, puisque que le géant américain diffuse également du contenu original comme House of cards et Orange is the new black. Les séries américaines sont une partie importante de la programmation télévisuelle en France, puisqu’elles représentent 41,7 % de l’offre de fiction, contre 37,4 % pour la fiction française.

Étrangement, les diffuseurs français pourraient mieux concurrencer Netflix en offrant plus de… contenus français. Ironie, quand tu nous tiens!

Catherine MathysLa télévision n’est pas encore morte

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 publié le 9 septembre 2014 à 14 h 48

Jeudi dernier, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) publiait un certain nombre de données sur le secteur de la radiodiffusion au pays provenant du Rapport de surveillance des communications de 2014. Bien que des changements d’habitudes continuent d’être observés, les Canadiens ne consomment pas moins de télévision, au contraire.

Richard Harrington. Canada. Office national du film du Canada. Bibliothèque et Archives Canada, PA-111390

Richard Harrington. Canada. Office national du film du Canada. Bibliothèque et Archives Canada, PA-111390

Moins de salon, plus d’écrans

Comme c’est la tendance depuis quelques années, on passe moins de temps à regarder la télé sur un téléviseur. En effet, en 2013, le temps passé à regarder la télévision de manière conventionnelle a diminué, et ce, pour tous les groupes d’âge. La plus forte baisse concerne, sans surprise, les jeunes de 18 à 34 ans qui sont passés de 22,8 heures par semaine en 2012 à 21,9 heures par semaine en 2013.

Cela dit, ils ne regardent pas moins de contenu télévisuel. C’est plutôt que leur attention est divisée par le nombre de plateformes qu’ils utilisent. Ainsi, les Canadiens ont augmenté leur consommation de contenu télévisuel sur Internet en passant de 1,3 heure à 1,9 heure par semaine en 2013. Il s’agit là d’une tendance mondiale. La compagnie suédoise Ericsson vient elle aussi de publier un rapport sur la question après des entrevues réalisées auprès de 23 000 individus dans 23 pays, dont les données vont essentiellement dans le même sens que celles du CRTC. La télévision conventionnelle reste compétitive bien qu’elle soit en baisse et le visionnement en ligne gagne du terrain. Ainsi, 77 % des consommateurs continuent de regarder la télévision conventionnelle bien que 75 % d’entre eux regardent du contenu en ligne plusieurs fois par semaine. Cela dit, il demeure certains obstacles de taille pour la progression du visionnement en ligne comme le coût du trafic des données, surtout au Canada.

Le prix du visionnement en ligne

En 2013, l’OCDE réalisait une étude selon laquelle le Canada se classait parmi les 10 pays où l’accès à Internet est le plus coûteux, que ce soit sur le plan de la bande passante ou celui des forfaits de données mobiles. Et pendant que la vitesse de la bande passante augmente, les coûts, eux aussi, continuent d’augmenter. Cet état de fait peut vous sembler dans l’ordre des choses, mais sachez que c’est le contraire dans la majorité des pays membres de l’OCDE, c’est-à-dire que la vitesse d’Internet augmente pendant que les prix d’abonnement sont à la baisse.

À moyen terme, il s’agit là d’un frein à la consommation de contenu sur le web. Et bien qu’on mentionne souvent la popularité de Netflix, il convient de relativiser les attentes. Dans le rapport du CRTC, on apprend que Netflix, bien qu’il gagne en popularité, reste un phénomène somme toute très marginal chez les francophones. Le taux d’adoption est passé de 5 à 7 % pour les auditeurs de langue française, alors qu’il se situe à 29 % chez les anglophones. Il faut dire que l’offre de produits québécois ou en français reste limitée.

Qu’à cela ne tienne, le patron du géant américain est convaincu qu’il s’agit de l’avenir pour le visionnement de contenu. Dans une récente entrevue accordée au magazine Télérama à l’occasion du lancement imminent du service en France, il a affirmé que la télévision traditionnelle était vouée à la disparition. Il croit que c’est le sport qui offrira un sursis au modèle, mais selon lui, la télévision « aura disparu dans 20 ans, car tout sera offert sur Internet ». Mais à quel prix?

Notre attachement à la télé conventionnelle

Bien que nous soyons de plus en plus nombreux à varier nos sources de visionnement de contenu télévisuel, les téléspectateurs traditionnels demeurent les plus nombreux dans de nombreux marchés. C’est la conclusion de l’étude de Strategy Analytics menée en décembre 2013 et en janvier 2014 auprès de plus de 4000 Européens et 2000 Américains. Les téléspectateurs passifs sont encore très présents. Ils sont très concentrés sur la télévision, ils ne parlent pas au téléphone, n’envoient pas de messages texte et ne consultent pas les médias sociaux. Pour le moment, c’est 3 personnes sur 10 qui font du visionnement multi-écrans, toujours selon Strategy Analytics. C’est beaucoup, mais c’est encore loin de la majorité et les habitudes des divers segments de population sont beaucoup plus variées qu’on ne le croirait. L’auteur du rapport mentionne d’ailleurs qu’il faudra repenser les façons de diviser les auditoires selon l’âge et le sexe qui sont utilisées tant par les diffuseurs que les annonceurs depuis 70 ans. Dans un même groupe d’âge, on peut retrouver des habitudes de visionnement complètement différentes.

Ainsi, la consommation de contenu sur une télévision conventionnelle diminue, mais certains indices montrent que nous y sommes toujours bien attachés et qu’elle serait encore là pour quelque temps. Le rapport du CRTC indique que les Canadiens sont encore peu nombreux à se débrancher du câble. Nous étions 11,93 millions d’abonnés en 2012, nous sommes 11,92 millions en 2013. La différence est minime malgré l’impression du raz-de-marée numérique. Il semblerait que l’on tienne encore à l’offre télévisuelle traditionnelle malgré tout.

C’est finalement Amazon qui a mis sur la main sur Twitch.tv, la plateforme communautaire spécialisée dans le jeu vidéo, pour 970 millions de dollars américains.

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On se rappelle, en mai dernier, Maxime nous mentionnait sur Triplex que Google s’intéressait à Twitch. Il la décrivait ainsi:

Twitch permet aux joueurs de jeux vidéo de diffuser leurs parties sur Internet et de les commenter, pendant que des internautes les regardent et participent à une séance de clavardage. En plus de la diffusion de parties privées, des compétitions professionnelles, comme les tournois de la ligue eSports, sont également présentées en ligne.

Trois bonnes raisons peuvent expliquer qu’Amazon fasse l’acquisition de Twitch.tv

  1. Twitch représente 43 % du volume de tous les flux vidéo en direct sur Internet. À titre de comparaison, Ustream ne représente qu’à peine 11 %, selon Business Insider.
  2. Twitch dépasse Hulu, la plateforme de rattrapage télé américaine pour ce qui est du pic de trafic sur le territoire américain, selon le Wall Street Journal
  3. Twitch permet à des joueurs de gagner jusqu’à 100 000$ et plus par année, selon Forbes.

Amazon est donc en droit de penser que Twitch.tv a une réelle valeur et qu’il y a de l’argent à se faire.

La guerre des écrans

Pour comprendre la logique stratégique de l’acquisition de Twitch, il faut le voir sous l’angle d’une « guerre des écrans ».

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Du côté des « petits écrans », Apple et Google dominent le marché. Amazon avait sorti son Fire Phone pour s’attaquer à ce marché. Or, Maxime nous avait signalé dès juin que les ventes étaient en dessous des attentes.

Pour enfoncer le clou, The Guardian nous apprenait hier qu’il est très probable que le nombre de téléphones vendus ne dépasse pas 35 000. Autrement dit, rien.

À l’exception du Kindle pour le livre électronique, le petit écran appartient donc pour l’instant aux deux autres géants.

La bataille du salon

Mais là où Twitch positionne Amazon, c’est sur l’écran de télévision, là où une « bataille du salon » fait rage depuis des années et où personne n’est encore déclaré gagnant.

C’est en se rappelant que le jeu vidéo a dépassé en revenus Hollywood depuis déjà plusieurs années qu’on peut expliquer qu’Amazon soit intéressé par Twitch.

L’écran télé, celui où « on regarde des films et des séries », fait  place à un « écran jeu » où davantage d’heures sont passées à jouer.

Amazon (et juste avant lui, Google) a voulu ajouter Twitch à son portefeuille. Il acquiert l’attention captive de millions de jeunes et se positionne sur ce qui semble être la bataille décisive pour gagner « l’écran du salon ».

Le temps nous dira si c’était une bonne stratégie.

YouTube empruntera-t-il la stratégie de contenus exclusifs de Netflix? C’est du moins ce que rapporte Reuters. La célèbre plateforme de diffusion vidéo serait en période de discussion avec Hollywood et des producteurs indépendants afin de financer du contenu dit «premium», ou exclusif.

Un changement de philosophie

Cette volonté d’obtenir davantage de contenu exclusif de qualité montre que le produit est en pleine transition. Depuis son achat par Google en 2006, YouTube n’a pas été détrôné du segment vidéo des médias sociaux. C’était la plateforme où n’importe qui pouvait mettre en ligne n’importe quoi : vidéos de vacances, d’animaux de compagnie, et tutti quanti. Progressivement, elle est devenue le canal privilégié pour du contenu qui ne trouvait pas sa place à la télévision. Il suffit de penser au succès d’EpicMealTime ou de Jon Lajoie. Leur popularité, entièrement redevable à YouTube (et leur talent jusque-là méconnu), a aussi été récompensée en générant des revenus pour les millions de lectures de leurs vidéos.

C’est très certainement par ce contenu créé par les utilisateurs que Google a découvert la vocation de YouTube. Avec des millions de vues pour certaines vidéos (parfois des futilités absurdes : 33 millions pour 10 heures de Nyan Cat en répétition), une nouvelle ère est apparue. Des publicités ont commencé à être publiées, sur le site et pendant la lecture des vidéos. L’argument de vente était simple : le trafic généré par une quantité infinie de contenus était monstrueux. De plus, avec l’approche TrueView, la pub ne sera facturée qu’après un certain temps de lecture.

La réalité des revenus publicitaires

En réalité, Google souffre de la baisse progressive des coûts publicitaires. Le volume de publicités vendues n’augmente plus de manière aussi exponentielle qu’à l’heure des premiers grands succès de la plateforme. Google doit donc miser sur des produits exclusifs qu’il pourra vendre plus cher. En ce sens, il sera possible de réclamer plus d’argent pour une campagne publicitaire sur YouTube si elle accompagne une série exclusive.

YouTube est en mutation constante, et ces discussions en sont une autre étape. Fin juin, Google annonçait déjà les nouvelles conditions de monétisation pour les vidéoclips : les maisons de disque devront négocier une entente avec eux. Sans dire qu’on ne pourra plus y trouver de vidéos de chiens courant après leur queue, on peut s’attendre à davantage de publicités pour ponctuer nos périodes de procrastination.