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Catherine MathysGoogle et les femmes

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 publié le 24 mars 2015 à 13 h 27

Avez-vous reconnu la femme sur le dessin de la page d’accueil de Google hier? C’était Emmy Noether. Google soulignait le 133e anniversaire de l’année de naissance de cette mathématicienne allemande que d’illustres personnages comme Einstein auraient qualifiée, à sa mort, en 1935, de femme la plus importante de l’histoire des mathématiques.

Google dessine surtout des hommes

Saviez-vous qu’entre 2010 et 2013, seuls 17 % des dessins quotidiens de la page d’accueil de Google représentaient des femmes? Le mouvement Spark, un regroupement de jeunes filles âgées de 13 à 21 ans, qui vise à encourager l’égalité entre les genres dans tous les domaines, y compris le web, a décidé de s’adresser au géant Google pour faire bouger les choses.

Non seulement Google a-t-elle accepté de présenter plus de femmes dans ses dessins quotidiens, mais elle a aussi invité Spark à approfondir ses recherches et à l’aider à faire reconnaître les femmes marquantes de l’histoire à l’intérieur de son application Field Trip, qui permet de découvrir l’histoire des sites qui se trouvent autour de nous.

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Faire une place aux femmes dans l’histoire

Concrètement, Spark a créé le volet Women on the Map pour l’application Field Trip. Jusqu’à présent, le regroupement a fait des recherches sur 119 femmes de 28 pays différents, dont la contribution au patrimoine de l’humanité demeure méconnue.

Désormais, si on télécharge l’application Field Trip et qu’on active Women on the Map, le téléphone prévient quand on se rapproche d’un endroit où l’une de ces 119 femmes a marqué l’histoire. Mais les jeunes filles de Spark ont plus d’ambition que cela.

Spark invite même les internautes à rejoindre le mouvement pour enrichir la base de données de Google en écrivant un texte à propos d’une femme inspirante. Elle leur suggère d’écrire une biographie de 150 à 300 mots en rattachant l’histoire de cette femme à un endroit particulier, qui sera signalé dans l’application. Il suffit d’ajouter une photo et d’envoyer le tout à sparkteam@sparksummit.com en mentionnant « Women on the Map » dans l’objet du courriel.

Je suis certaine qu’on pourrait contribuer à faire connaître de grandes Québécoises, comme Robertine Barry, Henriette Dessaulles ou Éva Circé-Côté, qui ont marqué les débuts du journalisme chez nous. Voici une courte liste de grandes dames de notre histoire pour nous inspirer. À vos claviers!

 

Dans cet âge d’or de l’actualité, il n’y a pas que les sources d’information qui se multiplient. Les trajectoires pour parvenir jusqu’à elles se diversifient également. Selon une nouvelle étude, les jeunes Américains trouvent leur principale source d’information dans les médias sociaux, et non dans les journaux, la télévision, ni même leurs sites web.

Facebook : une source importante d’actualité

Jusque-là, rien de terriblement étonnant. On commençait à s’en douter un peu. En septembre dernier, le Pew Research Center affirmait déjà que 30 % des Américains s’informaient sur Facebook.

Comme vous le savez, la force de Facebook n’est pas dans la production de contenu, mais dans la référence d’articles issus des médias. Toutefois, cela ne veut pas dire qu’on s’informe mieux. En effet, ceux qui ont découvert des nouvelles à travers Facebook passent beaucoup de temps et visitent beaucoup moins de pages sur les sites web des médias que ceux qui s’y rendent directement.

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Et quel genre de nouvelles consomment-ils? Pour environ la moitié des utilisateurs de Facebook, celles-ci figurent dans six catégories de l’actualité, mais les nouvelles liées au divertissement sont celles qui reviennent le plus souvent. Contrairement à Twitter, plateforme vers laquelle on se tourne volontiers pour avoir les dernières nouvelles, Facebook n’est pas une référence en matière d’actualité en temps réel.

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Et les jeunes dans tout ça?

Ce que l’étude citée plus haut fait ressortir, c’est la différence dans l’intention de s’informer. Selon l’étude de l’American Press Institute, près de 90 % des jeunes s’informent régulièrement sur Facebook, mais moins de la moitié d’entre eux s’y rendent avec l’intention de la trouver. En d’autres termes, s’informer sur les médias sociaux est devenu un geste accidentel.

De prime abord, cela peut paraître étonnant. Mais l’est-ce tant que ça? Ne nous arrive-t-il pas souvent d’apprendre des nouvelles grâce au bouche-à-oreille ou en écoutant distraitement la radio? Bien sûr, mais ce qui diffère, c’est la quantité des nouvelles découvertes de cette façon. Les jeunes passent tellement de temps en ligne qu’ils finissent par tomber sur une grande quantité d’information, plus grande que celle que l’écoute passive pourrait le permettre.

Les jeunes d’aujourd’hui deviennent donc des accros à l’actualité accidentels, pour reprendre les termes de cet article de The Atlantic. Ils réussissent à s’informer sans trop le chercher, ni le vouloir. L’actualité fait simplement partie d’un flot continu d’activités en ligne.

D’ailleurs, seule une minorité des 18-35 ans acceptent de payer pour s’informer. Ils sont davantage prêts à le faire pour consommer des films ou des émissions (55 %), des jeux (48 %) ou de la musique (48 %) que pour de l’information (40 %).

Au-delà du divertissement

L’étude tente de nous éloigner du cliché énoncé plus haut selon lequel les nouvelles issues des médias sociaux portent essentiellement sur du divertissement.

L’American Press Institute affirme au contraire que les médias sociaux aident à diversifier la nature des nouvelles auxquelles les jeunes sont exposés. Ainsi, 45 % d’entre eux suivraient régulièrement 5 nouvelles sérieuses ou plus. Fait étonnant, ils seraient plus enclins à suivre des nouvelles reliées à la politique, à la criminalité, à la technologie, à leur région ou à des préoccupations d’ordre social qu’à la culture populaire, aux vedettes ou à la mode.

N’en déplaise à mes amis Facebook, permettez-moi d’en douter. Et je ne suis pas la seule que ces données font sourciller. Le journaliste Derek Thompson, de The Atlantic, est également sceptique. Selon lui, dans ce genre d’étude, les gens veulent bien paraître, mais leur comportement dit tout le contraire.

Pour Thompson, les jeunes valorisent peut-être les nouvelles sérieuses, mais de là à en consommer régulièrement, il y a une marge. Pour appuyer ses dires, il fait référence à une autre étude parue le mois dernier et qui se trouve, en effet, en contradiction avec celle de l’American Press Institute. Le site News Whip mentionnait que les publications qui avaient suscité le plus d’engouement sur Facebook en janvier 2015 comprenaient assez peu de nouvelles sérieuses et pas mal plus de listes et d’histoires insolites. Voici les 15 publications les plus consultées en janvier dernier sur Facebook.

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Qui dit vrai?

 

Dans un récent ouvrage intitulé Parlez-vous Pic speech, l’auteure Thu Trinh-Bouvier analyse les communications des jeunes et la manière dont celles-ci passent essentiellement par l’image.

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Le téléphone, ce nouveau stylo

Les applications les plus populaires auprès des jeunes sont effectivement d’excellents vecteurs d’images. Oubliez Facebook et Twitter, les jeunes préfèrent de loin les Vine, Instagram, Tumblr ou Snapchat de ce monde, toutes offertes sur leurs téléphones mobiles.

Ce récent article publié par Fred Cavazza passe en revue les différentes plateformes sociales fréquentées par un jeune de 19 ans. Dans son témoignage, voici quelques impressions que je retiens :

  • Facebook est, selon lui, une plateforme sociale « morte pour les ados ».

  • Instagram est de loin la plateforme sociale la plus populaire.

  • Twitter est considéré comme une énigme, la plupart des jeunes n’y voient qu’un intérêt limité.

  • Snapchat est en train de devenir la plateforme la plus populaire.

  • Yik Yak est l’application mobile qui monte.

  • Medium est présentée comme la plateforme de publication de référence.

  • GroupMe est l’application de messagerie de groupe la plus populaire, d’autant plus depuis que les GIF animés sont pris en charge.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une étude, mais de l’opinion d’un seul adolescent, on y trouve des aspects cohérents avec d’autres analyses. Pour des explications plus détaillées, je vous invite à lire l’article, mais retenons simplement qu’adultes et adolescents ne partagent pas, ou ne partagent plus, les mêmes plateformes essentiellement parce qu’ils ne communiquent pas de la même manière.

Comme le mentionne Thu Trinh-Bouvier dans une entrevue accordée au journal Le Monde, les jeunes s’expriment dorénavant visuellement avec des émoticônes qui symbolisent leurs émotions, des photos, des vidéos très courtes, ou encore des GIF. Nous vivons dans une ère d’instantanéité largement facilitée par l’adoption massive du téléphone cellulaire. « Le smartphone, dont ils sont massivement équipés, est devenu pour eux l’équivalent du stylo. »

L’image conversationnelle

Selon Thu Trinh-Bouvier, le réseau social Instagram permet aux jeunes de se mettre en valeur à travers ces fameux égoportraits retouchés à l’aide de filtres. Elle mentionne que c’est le lieu des déclarations d’amitié et d’amour. Ensuite, il ne faut pas négliger l’importance des émoticônes toujours plus variées les unes que les autres. « Ces petits dessins fournissent une clé de lecture du message, ils l’enveloppent, lui donnent de l’affect. Un SMS sans émoticône est perçu comme violent, comme s’il y avait une tension, que la personne était contrariée. Si jamais, en plus, il y a un point à la fin de la phrase, c’est que le problème est grave! »

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Quand j’étais jeune, je passais des heures au téléphone avec les camarades de classe avec lesquels je venais de passer la journée. Rien n’a véritablement changé, sinon que le rapport aux autres ne s’inscrit plus dans le son, mais dans l’image. Thu Trinh-Bouvier explique que l’image sert, d’une part, à entretenir le lien et, d’autre part, à susciter une réaction. Cela dit, contrairement à mes interminables conversations d’adolescente, les échanges des jeunes d’aujourd’hui laissent aussi des traces qui prennent la forme de souvenirs, mais aussi d’outil d’intimidation dans le pire des cas.

La domination de Snapchat

Thu Trinh-Bouvier qualifie Snapchat de temple pour les jeunes, « celui de la culture LOL ». Encore ce matin, Fred Cavazza confirmait la domination de Snapchat dans les échanges entre jeunes : « Pour simplifier : les ados l’adorent, car les adultes n’y comprennent rien. »

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L’étude Global Web Index signale aussi que Snapchat est l’application dont l’auditoire a grandi le plus vite en 2014, avec une croissance de 57 % en une seule année. C’est 15 % des adolescents de la planète qui l’utilisent, avec des pointes en Angleterre et en Suède, où près de 40 % des jeunes en sont des adeptes. Au Canada, on compte 26 % des adolescents qui utilisent Snapchat. C’est notamment ce qui lui permet d’offrir des tarifs publicitaires prohibitifs, comme le souligne cet article qui parle d’un montant de 750 000 $ par jour.

Se distinguer des adultes

Les plateformes comme Snapchat permettent aux jeunes de créer un espace de liberté, qui remplit une importance fonction sociale, de surcroît.

Ce pic speech, ou « parlimage » permet aux jeunes de se créer une culture qui échappe au contrôle des adultes et qui renforce leur sentiment d’appartenance à un groupe. Plusieurs études avaient déjà fait le constat avec les messages texte, ce langage que certains considèrent comme opaque. Les adolescents d’aujourd’hui ont trouvé une nouvelle façon de consolider leurs rapports entre eux, à l’abri du regard des adultes. C’est en partie ce qui expliquerait, toujours selon Thu Trinh-Bouvier, que les jeunes mettent peu de photos sur Facebook, ou alors qu’ils les concentrent dans des groupes.

Ça vaut la peine d’aller jeter un oeil sur Snapchat, ne serait-ce que pour comprendre l’engouement des jeunes pour ce langage de l’image.

Catherine MathysOù sont les femmes dans les technologies?

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 publié le 6 mars 2015 à 14 h 41

À la veille de la Journée internationale des femmes, permettez-moi de m’intéresser à la place des femmes dans les technologies. À lire certains articles publiés dans les dernières semaines, on en vient à se demander comment la mentalité d’un milieu qui cultive l’avenir peut être, à l’inverse, aussi rétrograde?

Où sont les femmes?

Le magazine Newsweek s’est penché sur la question ces dernières semaines. Force est de reconnaître que la Silicon Valley n’a jamais produit de Mme Gates ou Zuckerberg. Bien sûr, certaines femmes se sont taillé des places enviables comme Meg Whitman (PDG de Hewlett-Packard), Sheryl Sandberg (numéro 2 de Facebook) ou encore Marissa Mayer (PDG de Yahoo), mais elles sont bien peu nombreuses, et ces femmes ont pris la tête d’entreprises déjà existantes.

We Can Do It

L’article dresse un portrait plus sombre de la situation où la misogynie est érigée en système : menaces de violence, blagues sexistes, recrutement et licenciements fondés sur le genre, procès pour harcèlement sexuel et structures de financement qui privilégient toujours le même modèle de jeunes hommes entrepreneurs.

Des hommes financés par des hommes

Un récent rapport de la Fondation Kauffman décrit les principaux défis auxquels les entrepreneures font face. Parmi les obstacles cités, on retrouvait surtout les difficultés de trouver du financement (près de 80 % des 350 femmes interviewées ont utilisé leur argent pour lancer leur entreprise). C’est que les firmes de capital de risque sont composées à 96 % d’hommes. Il y a 20 ans, c’était 97 %. Les 5 premières ne comptent aucune femme parmi les partenaires principaux.

Résultat? Il semblerait que les projets menés par des femmes soient tout simplement mis de côté. Selon une étude du Collège Babson, citée dans l’article de Newsweek, seulement 2,7 % des 6517 entreprises qui ont reçu du capital de risque entre 2011 et 2013 étaient menées par des femmes. Pourtant, le rapport Kauffman, cité précédemment, mentionne que les entreprises en démarrage dirigées par des femmes ont un retour sur investissement plus élevé de 31 %.

Une culture bien implantée, même chez les femmes

Quand un milieu est créé pour et par de jeunes hommes blancs de classe moyenne, les technologies qu’ils conçoivent reflètent davantage leurs besoins et leurs centres d’intérêt. Newsweek cite l’exemple de Siri, l’assistant vocal d’Apple, qui, jusqu’en 2011, pouvait fournir à ses utilisateurs une prostituée ou du Viagra, mais pas d’adresse de clinique d’avortement. Ceux et celles qui osent dénoncer le déséquilibre des genres sont souvent menacés. Parlez-en à celles, qui comme Anita Sarkeesian, tentent de renverser la vapeur en dénonçant le sexisme inhérent aux jeux vidéo.

Toutefois, n’allez pas penser qu’il n’y a que les hommes qui entretiennent ce système misogyne. Les quelques femmes qui se sont rendues au sommet ne sont pas des exemples de féministes convaincues. Dans une récente entrevue, Marissa Meyer, PDG de Yahoo, mentionnait que, dans l’industrie des technologies, le genre n’était pas important. Bien sûr, son commentaire n’est pas passé inaperçu.

Marissa Mayer

Marissa Mayer, PDG de Yahoo

Dans les jours qui ont suivi, les réponses ont déferlé, dont celle-ci, publiée dans le Huffington Post par la journaliste Jillian Berman. Dans son article, elle énumère les raisons pour lesquelles les questions reliées au genre sont à la fois difficiles à éviter et centrales à bien des aspects de l’industrie, à commencer par le nombre de femmes parmi les employés. Des géants comme Google, Apple et Facebook ne comptent bien souvent pas plus de 30 % de femmes dans leurs effectifs. Yahoo, l’entreprise de Marissa Meyer, en compte 37 %, mais seulement 23 % de ses cadres supérieurs sont des femmes.

Cela dit, il faut le mentionner, certaines entreprises font des efforts, par exemple Intel, qui investit dans le recrutement de femmes et de minorités visibles.

L’exode des femmes

Malgré certains efforts, les femmes qui parviennent à se tailler une place dans le domaine ne semblent pas rester longtemps. Jillian Berman fait référence à une étude du Harvard Business Review qui indique que le nombre de femmes œuvrant dans les technologies qui s’en vont après 10 ans s’élèverait à 41 %, contre 17 % chez les hommes. Parmi les principaux facteurs figure, notamment, l’environnement de travail hostile.

De plus, les disparités salariales n’aident, bien sûr, en rien. Elles sont pourtant moindres dans l’industrie des technologies qu’ailleurs, mais elles augmentent avec l’ancienneté.

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Dans la Silicon Valley, les femmes diplômées gagnent de 40 à 73 % de moins que leurs collègues masculins. Et, comme le conclut Jillian Berman, des commentaires comme ceux de Satya Nadella ne contribuent pas à améliorer cet état de fait. Le PDG de Microsoft, a dit l’an dernier que les femmes ne devraient pas demander d’augmentation de salaire et qu’elles recevraient ce qu’elles méritaient. Bien qu’il se soit rétracté par la suite, on sent bien dans ses propos et ceux de bien des acteurs de la Silicon Valley que la culture misogyne est malheureusement bien incrustée dans les mentalités et le système en place.

 

Martin LessardWatson à notre service (ou serait-ce l’inverse?)

par

 publié le 6 février 2015 à 17 h 15

IBM a annoncé cette semaine qu’elle venait d’ajouter cinq nouveaux modules de services pour accéder à la puissance de Watson.

Watson est ce superordinateur qui avait battu les champions du monde à Jeopardy. Il s’était montré supérieur à simuler la connaissance générale, démontrant par là même que des compétences cognitives, que l’on croyait réservées aux humains, peuvent aussi être partagées par la machine.

Watson ne cherche pas à rester un champion de Jeopardy. Il veut devenir le partenaire incontournable des entreprises. Voici ces cinq nouveaux modules offerts en ligne qui permettent de mettre Watson à votre service.

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Deux de ces services ajoutés concernent la transposition automatique de la voix au texte (et vice-versa). Vous proposez des enregistrements (en anglais) et Watson vous retourne des textes, et l’inverse.

Le troisième module concerne la reconnaissance visuelle (analyse du contenu d’une image). Vous proposez un JPEG et Watson va vous en révéler son contenu (sous forme de probabilités).

Les deux derniers modules m’ont particulièrement intéressé. Ils sont révélateurs, à mon avis, du type de défis que pose l’intelligence artificielle sur le marché du travail.

  • Concept Insight: Ce module explore les liens conceptuels cachés dans la masse d’information ingurgitée par Watson, au-delà de la simple comparaison de textes mot à mot.
  • Tradeoff Analytics: Ce module permet de prendre des décisions en temps réel basées sur des paramètres statiques ou évolutifs, afin de définir des solutions de rechange optimales dans la prise de décision.

On parle ici d’aide à la décision.

Comprendre le monde…

Ces cinq modules s’ajoutent aux huit autres déjà offerts, dont deux qui permettaient de modéliser un utilisateur pour en extraire ses préférences et son niveau de langage, afin qu’un message puisse mieux « résonner » auprès de sa cible.

Je ne sais pas pour vous, mais la plupart de ces modules simulent des compétences qui me semblent être celles qu’on accorde généralement à des directeurs, des conseillers ou des analystes, dans des domaines comme le marketing, la publicité ou le service à la clientèle.

Les lecteurs de Triplex sont bien au courant des avancées des technologies qui auront des conséquences sur la société de demain et le marché du travail en particulier.

Je me demande si le monde de l’éducation et les gouvernements, eux, sont au courant.

Il ne s’agit plus ici de simplement dire que « plus d’éducation » permettrait d’éviter l’obsolescence d’une partie de la force de travail (« convertir des cols bleus en cols blancs »). Les modules de Watson montrent que les employés de bureau sont maintenant dans le collimateur de l’intelligence artificielle.

On sait qu’être conducteur de taxis et de camions n’est pas un métier d’avenir avec la montée des véhicules autonomes, mais doit-on dire au jeune étudiant aujourd’hui de ne pas devenir directeur-conseil ou analyste? La question doit être posée.

… mieux que nous?

La valeur réelle de Watson, ainsi accessible en modules, reste à prouver. Nous verrons bien s’il est à la hauteur des attentes.

Mais ne nous contentons pas d’un rire sarcastique, si IBM n’y parvient pas. IBM n’a pas peur de se tromper (les modules sont clairement identifiés comme beta). La compagnie en retirera assurément des bénéfices.

L’approche infonuagique pour les modules permet à IBM de centraliser tous les apprentissages, y compris ceux provenant d’erreurs.

Ça ne vous rappelle pas quelque chose?

Plus on utilise Google, plus on utilise Facebook, plus ils deviennent forts, puissants et incontournables. Nous sommes ceux et celles qui avons créé ces géants qui occupent nos vies aujourd’hui.

Ce sera la même chose pour Watson.

Plus il y a aura de gens qui vont l’utiliser, plus il deviendra fort, puissant et incontournable.

Sommes-nous en train d’éduquer un géant capable de comprendre le monde mieux que nous-mêmes?