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Martin Lessard« Uberisation » : le grand transfert d’emplois

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 publié le 10 juillet 2015 à 16 h 22

Il arrive régulièrement que des organisations m’appellent pour savoir comment faire le saut et « plonger dans le numérique ». Je regarde toujours mon calendrier à ce moment-là : 2015.

Il y a 10 ans, ça aurait été innovateur. Aujourd’hui, ça suinte la crainte de manquer le dernier métro.

Mais bon, on lance bien des lecteurs de carte USB en 2015, alors je me dis qu’il n’y a pas de mauvais moment pour plonger.

Plonger dans le numérique

Il y a un hic, par contre, à employer la métaphore du « plongeon dans le numérique ». En 2015, on n’y plonge plus, on y est déjà, carrément immergé jusqu’au cou. Comme les riverains d’une rivière qui déborde de son lit à la fonte des neiges.

Dans un premier temps, la façon de réagir est la peur. C’était le sujet de mon premier billet : Le travail c’est la santé (sauf si un robot vous tue).

Puis, dans un deuxième temps, on accepte que la techno définisse une grande partie des tâches de travail. C’était le sujet de mon deuxième billet : Un « travail augmenté », que vous le vouliez ou non.

Mais aujourd’hui, dans ce troisième et dernier billet sur la technologie perturbatrice d’emplois, j’aborderai simplement un fait : certaines entreprises ou industries ont tout simplement intérêt à muter entièrement.

Dans ce registre, on peut citer le spécialiste des pirouettes, l’incontournable IBM qui, de fabricant de dactylos est passé à fabricant d’ordinateurs, d’abord gigantesques, puis micros, avant de se réinventer comme boîte de service.

Dans le monde des jeunes entreprises Internet, on appelle ça « pivoter ». Sous cet angle, IBM, incontestablement, est un derviche tourneur du numérique.

Le grand pivot

Regardez bien autour de vous. La façon dont vous travaillez deviendra une série télé rétro à la Mad Men dans 20 ou 30 ans seulement.

On parle « d’uberisation » du travail (néologisme créé en réaction à l’application Uber qui met en émois la planète taxi).

Ce qu’on désigne par ce terme, c’est l’irruption d’une masse critique de travailleurs indépendants coordonnés par une plateforme numérique leur permettant de rivaliser efficacement avec les entreprises classiques d’un secteur donné.

Des industries, pas juste celle du taxi, se font dire qu’elles sont menacées d’uberisation. Comme jadis on parlait de se faire « napsteriser », du nom du site de partage qui a mis l’industrie de la musique à genoux.

Une uberisation n’est pas nécessairement une « destruction des emplois », mais plutôt un transfert des emplois des salariés vers les indépendants. Le travail à la demande, fait de façon beaucoup plus réactive grâce au numérique, place en position de force les pigistes.

Quand les nouveaux services arrivent avec des qualités inédites et de véritables formes d’innovation, le consommateur est généralement preneur. Et l’industrie classique, si elle ne réagit pas, devient perdante.

Taxi contre Uber

« L’industrie du taxi doit se moderniser. Ce sont les gens d’affaires qui doivent s’ajuster », a dit le ministre Robert Poëti, ministre des Transports du Québec et ministre responsable de la région de Montréal.

Il sortait d’un huis clos avec les chefs de file de l’industrie — où Uber n’a pas été invité à participer! On peut douter que l’industrie devienne le nouveau derviche tourneur si le réel acteur qui change la donne n’est pas invité à la table des discussions.

L’autre absent est le ministre du Travail. Il aimerait sans doute apprendre comment se transformera la force de travail quand l’uberisation frappera d’autres industries. Le Code du travail a été mis sur pied pour régir, entre autres, les entreprises et les relations avec les employés. Il faudra assurément réviser un jour les règles pour inclure ces nouvelles forces de travail.

Un jour ou l’autre, quelqu’un devra coordonner la décroissance du salariat causée par cette économie dite « participative ».

Participer de force à la nouvelle économie

Si l’uberisation du travail commence toujours avec des passionnés qui aiment cette liberté que procurent les nouvelles conditions de travail, il ne faut pas se leurrer. Tout cela va entraîner une foule d’autres personnes qui seront forcées de « pivoter ».

Ne serait-ce que parce que les compagnies elles-mêmes devront pivoter. L’uberisation ou l’automatisation est souvent l’une des deux causes du pivot.

L’industrie du taxi cherche à « plonger dans le numérique », mais elle est aux prises, finalement, avec les deux causes en même temps!

Que le numérique détruise des emplois sans les remplacer (scénario pessimiste) ou, au contraire, selon l’hypothèse de Schumpeter, qu’elle les transforme (scénario optimiste, dit de la destruction créative), nous sommes bien obligés, aujourd’hui, d’avouer que nous entrons dans un monde hybride.

En pensant maintenant comment se coordonne la décroissance du salariat avec la montée certaine du « post-salariat », nous pourrions éviter de prolonger indûment l’inconfort que vivra la société dans cette transition.

Martin LessardLe contexte comme interface humain-machine

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 publié le 10 juin 2015 à 16 h 06

En technologie, une interface désigne un dispositif qui permet à deux systèmes d’interagir. Vous, chers lecteurs, êtes un système quand vous interagissez avec une machine, qui est un autre système.

Tous les jours, une interface vous permet d’accéder à un monde de données qui ne seraient probablement pas à votre portée autrement.

Quand vous allez au guichet automatique, quand vous ouvrez votre cellulaire ou même en ce moment, quand vous êtes en train de lire Triplex, vous utilisez une interface.

Les interfaces sont partout.

Alors quand on se retrouve à une conférence intitulée « No Interface » à Tout le monde UX, une série de rencontres sur l’expérience utilisateur qui a eu lieu lundi dernier à Montréal, on se demande bien où cela va nous mener.

La meilleure interface, c’est l’absence d’interface

Ce conférencier, c’est Golden Krishna, et son livre The Best Interface is No Interface explique bien sa pensée. Selon lui, les interfaces aujourd’hui sont inutilement compliquées et les écrans sont des intermédiaires souvent inutiles.

« Pourquoi avoir une application sur son cellulaire pour déverrouiller sa voiture si les deux systèmes [le cellulaire et la voiture] sont déjà connectés? Pourquoi ne pas juste prendre en compte que je tire la poignée? Le contexte indique bien que je veux entrer dans la voiture, non? »

La meilleure interface, c’est l’absence d’interface, nous dit-il.

En discutant avec lui, j’ai compris qu’il jouait un peu sur les mots. Je paraphrase : la meilleure interface, c’est l’absence d’écran.

La réponse des ingénieurs aujourd’hui consiste à ajouter un écran (ou une application) pour gérer un appareil ou un processus. Et du coup, ils nous forcent à faire une pause et à choisir dans un menu l’action qu’on souhaite faire.

« Des capteurs de mouvement sous le coffre arrière de la voiture peuvent détecter mon pied et faire ouvrir le coffre quand mes deux mains tiennent les sacs d’épicerie. Mon cellulaire peut détecter que la chaleur a augmenté dans la voiture et baisser la température en communiquant directement avec système de climatisation quand je suis en train de rouler. »

Techniquement, ce n’est pas compliqué.

Le vrai travail se fait en amont, dans les bureaux des ingénieurs qui doivent réfléchir à quoi les fonctions serviront réellement, et arrêter de tout pelleter sur les écrans-interfaces qui forcent à faire des choix.

Le contexte sera l’interface

L’interview a ensuite bifurqué vers ces interfaces qui « n’existeront plus ».

Bien sûr qu’elles existeront encore en tant que concept. Mais dans l’avenir, elles seront en grande partie physiquement intégrées dans l’environnement contextuel, celui qui entoure nos actions.

Déjà certains thermostats anticipent notre retour et chauffent la maison avant qu’on mette le pied dans la maison.

Le contexte est riche en information, et de plus en plus d’applications ou d’outils le prendront en compte pour mieux vous servir.

Google Now on Tap, une fonction annoncée récemment, tient de cette promesse.

Vous êtes en vacances et une église vous intrigue; Google est capable de comprendre la question « quel est le nom de cette église ». Longtemps les machines n’ont pu prendre une telle fonction en charge par manque de contexte explicite. Avec le GPS, le cellulaire est capable de faire comprendre à Google de quelle église vous parlez!

Fondre l’interface dans l’environnement

D’une certaine manière, l’idée derrière no interface laisse sous-entendre qu’il n’y a plus deux systèmes qui interagissent l’un avec l’autre, mais un seul qui évolue dans le même espace.

La proposition est claire : en incluant le contexte, l’environnement qui nous entoure, dans le système, grâce aux nouveaux capteurs, devient la machine.

Et sans interface, nous sommes dans la machine, dans l’environnement-machine. Nous semblons former un seul système.

Nuançons. Ce n’est pas tout à fait vrai : vous existez toujours en tant que système indépendant. Mais c’est l’impression que cela donnera. L’impression que nous faisons un tout avec l’environnement sans la présence d’une interface explicite.

Et il ne faut pas nécessairement avoir peur.

La « machine sans interface », devenue notre environnement, sera là pour nous aider, pour faciliter notre vie.

Nous fondre dans la machine

L’affrontement annoncé dans les films de science-fiction populaires à la Terminator n’aura pas lieu. On parle davantage ici de symbiose personne-machine, ou peut-être même de symbiose personne-réseau.

Cette invitation à amalgamer l’interface à l’environnement donne le ton à cette nature technologique qui détermine à son tour de plus en plus la nature humaine aujourd’hui.

C’est l’aube de ce qui porte le nom d’informatique ubiquitaire, ou même intelligence ambiante. Nous deviendrons nous-mêmes les interfaces du monde de demain.

Telle est la promesse.

La question qui me hante maintenant : à quoi ressemblera leur bouton « J’accepte »? Vous savez, comme celui qu’on voit sous les longues conditions d’utilisation des logiciels, celui sous les textes qu’on ne lit jamais, mais sur lequel on clique toujours?

Aujourd’hui, Radio-Canada lance une nouvelle plateforme web interactive, « Bienvenue chez les Numéricains », qui s’intéresse à la révolution numérique et aux effets des nouvelles technologies sur notre vie quotidienne.

Cette production multiplateforme, à la fois web et radio, mettra en lumière les histoires de l’auditoire radio-canadien qui utilise les nouvelles technologies en s’intéressant davantage à son vécu, plutôt qu’aux outils numériques proprement dits. Des exemples? Ils vont de l’élève qui réinvente son école avec son enseignante « connectée » jusqu’à l’agriculteur qui connaît mieux ses vaches depuis qu’elles lui « parlent » au téléphone. On privilégie ici une approche humaine des nouvelles technologies.

« Bienvenue chez les Numéricains » explore donc les possibilités, mais aussi les dangers de la révolution numérique. Comme elle est ancrée dans la réalité de toutes les régions, Radio-Canada souhaite qu’elle reflète les changements que nous vivons et qui façonnent notre avenir.

Êtes-vous Numéricain?

Dès ce matin, le site propose un questionnaire où le public est invité à participer en partageant des témoignages, des histoires vécues, qui racontent comment le numérique change son quotidien.

Avez-vous des histoires d’entraide, de créativité, de contestation, d’entrepreneuriat, de sport, d’apprentissage, de voyage, de mémoire, d’intimité ou encore de boulimie numérique? Vous pouvez aller les raconter dès maintenant.

Durant la saison d’été, un portrait radio d’un Numéricain sera diffusé une fois par semaine dans les émissions d’actualités régionales et à L’heure du monde. On retrouvera aussi une version vidéo du portrait sur le web.

Une minisérie sur Snapchat

En plus des médias traditionnels, les Numéricains seront bien présents dans les médias sociaux. Ils auront bien entendu une tribune sur les incontournables Facebook et Twitter, mais aussi sur Instagram, Tumblr, et Snapchat! Oui, vous avez bien lu, Radio-Canada se lance sur Snapchat. On y diffusera une minisérie exclusive du 25 mai au 12 juin. Cette initiative a vu le jour grâce à l’Accélérateur d’idées du RC Lab. Chloé Sondervorst, conceptrice et réalisatrice-coordonnatrice du projet « Bienvenue chez les Numéricains », explique sa démarche dans ce billet de blogue.

Et vous, comment le numérique a-t-il changé votre vie?

 

Il était attendu. Le voilà maintenant accessible. Le plan d’action Montréal, ville intelligente et numérique (PDF).

Les autres villes du pays y puiseront probablement une bonne source d’inspiration. Aperçu.

Un plan structuré en six chantiers

Ce plan est très encourageant. On pourrait bien sûr faire mieux, mais en 2015, l’avantage premier de ce plan est d’exister… enfin!

C’est à se demander à quoi les précédentes administrations pensaient pendant que le bateau numérique passait. Il y a donc beaucoup de rattrapage dans ce plan et il ne faut pas en tenir rigueur à ses auteurs.

Ce plan indique clairement, noir sur blanc, combien de projets sont sur la table (70), qui en sont les porteurs (et donc qui en sont imputables) et leurs échéanciers (la plupart de un à trois ans).

Source: BVIN Montréal

Source: BVIN Montréal

  • Chantier 1: Le WiFi public
  • Chantier 2: Réseau très grande vitesse, multiservice
  • Chantier 3: Créneau économique ville intelligente
  • Chantier 4: Mobilité intelligente
  • Chantier 5: Démocratie participative
  • Chantier 6: Services publics numériques

L’accès pour tous au centre-ville

On peut se demander pourquoi le WiFi et la fibre optique ne sont pas considérés comme un seul et même chantier, puisqu’ils concernent tous les deux l’accès au réseau, pierre angulaire de toute stratégie numérique.

Le WiFi sera déployé sur certains axes commerciaux et dans les quartiers du centre-ville de Montréal.

Source : BVIN Montréal

Source : BVIN Montréal

On se rassure en découvrant que Bureau de la ville intelligente se place ici comme promoteur du chantier, et vous pouvez vous attendre à ce que le dossier avance promptement.

Quant au déploiement de la fibre optique, même si la ville ne se trouve qu’à l’étape de balisage et de concertation, savoir qu’elle considère enfin l’accès haute vitesse comme un point important est de bon augure.

À surveiller : la vitesse d’avancement des travaux. Ici, les gens imputables doivent comprendre que ce double chantier n’est que le rattrapage du temps perdu. Livrer le tout en 2017 sera peut-être une prouesse à leurs yeux, mais ne pourra au grand jamais être retenu dans les livres d’histoire comme un acte visionnaire puisque la Ville aurait dû démarrer tout cela il y a 10 ans.

Le « créneau économique ville intelligente »

On peut se demander si le chantier 3 (créneau économique) n’aurait pas dû, lui, être scindé en sous-chantiers.

Le lien peut être difficile à saisir entre des FabLab dans les bibliothèques, le portail des données ouvertes, le Festival international du startup, l’Institut de recherche opérationnelle, etc.

Le lien se fait sur le plan de l’aspect exploratoire pour encourager un écosystème d’innovations technologiques. Tous les projets ne vont pas nécessairement marcher, mais l’approche permet de maximiser les chances de réussite globale.

Source : BVIN Montréal

Source : BVIN Montréal

À surveiller : une note globale d’avancement qui serait attribuée à ce chantier ne voudra rien dire. Il faut suivre chaque projet indépendamment pour savoir si les porteurs font bien ce qu’ils ont promis.

La mobilité intelligente

Ici, le retard est relatif. C’est l’adoption massive des téléphones mobiles et des tablettes qui rend possible aujourd’hui le déploiement du chantier de la mobilité.

Source: BVIN Montréal

Source: BVIN Montréal

Le coeur de ce chantier concerne la collecte de données en temps réel provenant de divers services de la Ville de Montréal :

  • Entraves, congestion, état de service du transport collectif
  • Capture de données de stationnement en temps réel et prédiction des places de stationnements disponibles
  • Taxis, synchronisation des feux, Géo-Trafic

Rendre accessible l’ensemble des données en temps réel pour optimiser la mobilité des usagers sur l’ensemble du territoire me semble devenu une nécessité à la fois pour gagner du temps et pour sauver l’environnement.

À surveiller : les porteurs de projets sont des agences ou des services municipaux (accompagnés de leurs fournisseurs externes). Il faudra veiller au grain pour que le citoyen soit réellement au coeur de leur préoccupation.

Démocratie participative et services publics numériques

Ces deux derniers chantiers, mais non les moindres, englobent l’optimisation et la qualité de vie en milieu urbain.

Même si ce n’est pas la faute du Bureau de la ville intelligente et numérique qui a déposé le plan, on peut sentir nos cheveux se dresser en voyant le chantier « Services publics numériques » : tous les projets, ou presque, sont en phase découverte avec un horizon d’un à trois ans!

Il est difficile d’imaginer ce qui a bien pu se passer pour qu’en 2015, les services publics ne soient qu’à l’étape d’exploration du numérique! Est-ce une question de financement? Alors ce plan devrait résoudre le problème!

Source : BVIN Montréal

Source : BVIN Montréal

À surveiller : la ventilation des budgets afin que l’argent n’aille pas trop dans les poches des grosses firmes informatiques qui n’ont pas encore prouvé qu’elles savaient marier agilité, frugalité et numérique.

Que doit-on penser de ce plan de ville intelligente?

On peut donner pour l’instant la chance au coureur. Jusqu’à maintenant, l’administration Coderre a tenu ses promesses sur le projet de ville intelligente.

On a maintenant la liste des projets et les échéanciers! Et ces dates mènent, pour la plupart, aux prochaines élections municipales.

On pourra donc juger sur les réalisations, et non sur les promesses, avant de les réélire.

Vous aimez les haïkus, ces brefs poèmes japonais? C’est votre jour de chance. En ce 2 avril, prenez une petite pause salutaire pour découvrir une sélection de haïkus interactifs construits à partir d’images et de sons.

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Les 12 haïkus en question sont issus d’un processus de sélection rigoureux lancé par l’ONF et ARTE, dont c’est la troisième collaboration en ligne après Code barre et In Limbo.

C’est un jury international, présidé par William Uricchio, professeur en étude comparée des médias et chercheur principal au Open Documentary Lab et au Game Lab du MIT, qui a sélectionné les 12 haïkus parmi 162 propositions reçues de 20 pays différents.

Ils seront mis en ligne graduellement pendant tout le mois d’avril, mais on peut en explorer quatre dès aujourd’hui : Le berceau du chat (Montréal), Un discours! (Espagne), Une vie en jeu (France) et La mélodie du quotidien (Suède).

Les contraintes du haïku interactif

Les haïkus traditionnels comportent toute une série de contraintes que les auteurs doivent respecter. Toutefois, dans ce cas-ci, le haïku quitte momentanément le domaine littéraire et impose une autre série de règles. En voici quelques-unes : les haïkus doivent durer moins de 60 secondes, apporter une vision différente de notre monde, être compris par un public international et reposer sur un seul concept d’interactivité pour ensuite briser l’une des 10 règles de création.

En fait, la force du haïku, peu importe sa forme, réside dans le message qu’il porte. L’interactivité de ce projet numérique rajoute une couche de signification. C’est comme si notre participation au déploiement du message nous permettait de mieux nous l’approprier. C’est tout de même un tour de force de réussir à transposer la technique traditionnelle de la coupure (kiru) et de la juxtaposition des idées à travers une série d’images et de sons. Ce contenu à la fois court et dense semble parfaitement adapté aux codes du web.

Cela dit, le visionnement des haïkus interactifs sera hautement bonifiée par un écran tactile, bien qu’il soit aussi intéressant sur un ordinateur. L’usage de la caméra de l’écran et d’écouteurs peut également être utile.

Le projet fera partie de l’événement Interactive Playground de TFI Interactive, qui aura lieu le 18 avril à New York, pendant le Festival du film de Tribeca 2015.