Billets classés sous la catégorie « Société »

Aujourd’hui, Radio-Canada lance une nouvelle plateforme web interactive, « Bienvenue chez les Numéricains », qui s’intéresse à la révolution numérique et aux effets des nouvelles technologies sur notre vie quotidienne.

Cette production multiplateforme, à la fois web et radio, mettra en lumière les histoires de l’auditoire radio-canadien qui utilise les nouvelles technologies en s’intéressant davantage à son vécu, plutôt qu’aux outils numériques proprement dits. Des exemples? Ils vont de l’élève qui réinvente son école avec son enseignante « connectée » jusqu’à l’agriculteur qui connaît mieux ses vaches depuis qu’elles lui « parlent » au téléphone. On privilégie ici une approche humaine des nouvelles technologies.

« Bienvenue chez les Numéricains » explore donc les possibilités, mais aussi les dangers de la révolution numérique. Comme elle est ancrée dans la réalité de toutes les régions, Radio-Canada souhaite qu’elle reflète les changements que nous vivons et qui façonnent notre avenir.

Êtes-vous Numéricain?

Dès ce matin, le site propose un questionnaire où le public est invité à participer en partageant des témoignages, des histoires vécues, qui racontent comment le numérique change son quotidien.

Avez-vous des histoires d’entraide, de créativité, de contestation, d’entrepreneuriat, de sport, d’apprentissage, de voyage, de mémoire, d’intimité ou encore de boulimie numérique? Vous pouvez aller les raconter dès maintenant.

Durant la saison d’été, un portrait radio d’un Numéricain sera diffusé une fois par semaine dans les émissions d’actualités régionales et à L’heure du monde. On retrouvera aussi une version vidéo du portrait sur le web.

Une minisérie sur Snapchat

En plus des médias traditionnels, les Numéricains seront bien présents dans les médias sociaux. Ils auront bien entendu une tribune sur les incontournables Facebook et Twitter, mais aussi sur Instagram, Tumblr, et Snapchat! Oui, vous avez bien lu, Radio-Canada se lance sur Snapchat. On y diffusera une minisérie exclusive du 25 mai au 12 juin. Cette initiative a vu le jour grâce à l’Accélérateur d’idées du RC Lab. Chloé Sondervorst, conceptrice et réalisatrice-coordonnatrice du projet « Bienvenue chez les Numéricains », explique sa démarche dans ce billet de blogue.

Et vous, comment le numérique a-t-il changé votre vie?

 

Il était attendu. Le voilà maintenant accessible. Le plan d’action Montréal, ville intelligente et numérique (PDF).

Les autres villes du pays y puiseront probablement une bonne source d’inspiration. Aperçu.

Un plan structuré en six chantiers

Ce plan est très encourageant. On pourrait bien sûr faire mieux, mais en 2015, l’avantage premier de ce plan est d’exister… enfin!

C’est à se demander à quoi les précédentes administrations pensaient pendant que le bateau numérique passait. Il y a donc beaucoup de rattrapage dans ce plan et il ne faut pas en tenir rigueur à ses auteurs.

Ce plan indique clairement, noir sur blanc, combien de projets sont sur la table (70), qui en sont les porteurs (et donc qui en sont imputables) et leurs échéanciers (la plupart de un à trois ans).

Source: BVIN Montréal

Source: BVIN Montréal

  • Chantier 1: Le WiFi public
  • Chantier 2: Réseau très grande vitesse, multiservice
  • Chantier 3: Créneau économique ville intelligente
  • Chantier 4: Mobilité intelligente
  • Chantier 5: Démocratie participative
  • Chantier 6: Services publics numériques

L’accès pour tous au centre-ville

On peut se demander pourquoi le WiFi et la fibre optique ne sont pas considérés comme un seul et même chantier, puisqu’ils concernent tous les deux l’accès au réseau, pierre angulaire de toute stratégie numérique.

Le WiFi sera déployé sur certains axes commerciaux et dans les quartiers du centre-ville de Montréal.

Source : BVIN Montréal

Source : BVIN Montréal

On se rassure en découvrant que Bureau de la ville intelligente se place ici comme promoteur du chantier, et vous pouvez vous attendre à ce que le dossier avance promptement.

Quant au déploiement de la fibre optique, même si la ville ne se trouve qu’à l’étape de balisage et de concertation, savoir qu’elle considère enfin l’accès haute vitesse comme un point important est de bon augure.

À surveiller : la vitesse d’avancement des travaux. Ici, les gens imputables doivent comprendre que ce double chantier n’est que le rattrapage du temps perdu. Livrer le tout en 2017 sera peut-être une prouesse à leurs yeux, mais ne pourra au grand jamais être retenu dans les livres d’histoire comme un acte visionnaire puisque la Ville aurait dû démarrer tout cela il y a 10 ans.

Le « créneau économique ville intelligente »

On peut se demander si le chantier 3 (créneau économique) n’aurait pas dû, lui, être scindé en sous-chantiers.

Le lien peut être difficile à saisir entre des FabLab dans les bibliothèques, le portail des données ouvertes, le Festival international du startup, l’Institut de recherche opérationnelle, etc.

Le lien se fait sur le plan de l’aspect exploratoire pour encourager un écosystème d’innovations technologiques. Tous les projets ne vont pas nécessairement marcher, mais l’approche permet de maximiser les chances de réussite globale.

Source : BVIN Montréal

Source : BVIN Montréal

À surveiller : une note globale d’avancement qui serait attribuée à ce chantier ne voudra rien dire. Il faut suivre chaque projet indépendamment pour savoir si les porteurs font bien ce qu’ils ont promis.

La mobilité intelligente

Ici, le retard est relatif. C’est l’adoption massive des téléphones mobiles et des tablettes qui rend possible aujourd’hui le déploiement du chantier de la mobilité.

Source: BVIN Montréal

Source: BVIN Montréal

Le coeur de ce chantier concerne la collecte de données en temps réel provenant de divers services de la Ville de Montréal :

  • Entraves, congestion, état de service du transport collectif
  • Capture de données de stationnement en temps réel et prédiction des places de stationnements disponibles
  • Taxis, synchronisation des feux, Géo-Trafic

Rendre accessible l’ensemble des données en temps réel pour optimiser la mobilité des usagers sur l’ensemble du territoire me semble devenu une nécessité à la fois pour gagner du temps et pour sauver l’environnement.

À surveiller : les porteurs de projets sont des agences ou des services municipaux (accompagnés de leurs fournisseurs externes). Il faudra veiller au grain pour que le citoyen soit réellement au coeur de leur préoccupation.

Démocratie participative et services publics numériques

Ces deux derniers chantiers, mais non les moindres, englobent l’optimisation et la qualité de vie en milieu urbain.

Même si ce n’est pas la faute du Bureau de la ville intelligente et numérique qui a déposé le plan, on peut sentir nos cheveux se dresser en voyant le chantier « Services publics numériques » : tous les projets, ou presque, sont en phase découverte avec un horizon d’un à trois ans!

Il est difficile d’imaginer ce qui a bien pu se passer pour qu’en 2015, les services publics ne soient qu’à l’étape d’exploration du numérique! Est-ce une question de financement? Alors ce plan devrait résoudre le problème!

Source : BVIN Montréal

Source : BVIN Montréal

À surveiller : la ventilation des budgets afin que l’argent n’aille pas trop dans les poches des grosses firmes informatiques qui n’ont pas encore prouvé qu’elles savaient marier agilité, frugalité et numérique.

Que doit-on penser de ce plan de ville intelligente?

On peut donner pour l’instant la chance au coureur. Jusqu’à maintenant, l’administration Coderre a tenu ses promesses sur le projet de ville intelligente.

On a maintenant la liste des projets et les échéanciers! Et ces dates mènent, pour la plupart, aux prochaines élections municipales.

On pourra donc juger sur les réalisations, et non sur les promesses, avant de les réélire.

Vous aimez les haïkus, ces brefs poèmes japonais? C’est votre jour de chance. En ce 2 avril, prenez une petite pause salutaire pour découvrir une sélection de haïkus interactifs construits à partir d’images et de sons.

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Les 12 haïkus en question sont issus d’un processus de sélection rigoureux lancé par l’ONF et ARTE, dont c’est la troisième collaboration en ligne après Code barre et In Limbo.

C’est un jury international, présidé par William Uricchio, professeur en étude comparée des médias et chercheur principal au Open Documentary Lab et au Game Lab du MIT, qui a sélectionné les 12 haïkus parmi 162 propositions reçues de 20 pays différents.

Ils seront mis en ligne graduellement pendant tout le mois d’avril, mais on peut en explorer quatre dès aujourd’hui : Le berceau du chat (Montréal), Un discours! (Espagne), Une vie en jeu (France) et La mélodie du quotidien (Suède).

Les contraintes du haïku interactif

Les haïkus traditionnels comportent toute une série de contraintes que les auteurs doivent respecter. Toutefois, dans ce cas-ci, le haïku quitte momentanément le domaine littéraire et impose une autre série de règles. En voici quelques-unes : les haïkus doivent durer moins de 60 secondes, apporter une vision différente de notre monde, être compris par un public international et reposer sur un seul concept d’interactivité pour ensuite briser l’une des 10 règles de création.

En fait, la force du haïku, peu importe sa forme, réside dans le message qu’il porte. L’interactivité de ce projet numérique rajoute une couche de signification. C’est comme si notre participation au déploiement du message nous permettait de mieux nous l’approprier. C’est tout de même un tour de force de réussir à transposer la technique traditionnelle de la coupure (kiru) et de la juxtaposition des idées à travers une série d’images et de sons. Ce contenu à la fois court et dense semble parfaitement adapté aux codes du web.

Cela dit, le visionnement des haïkus interactifs sera hautement bonifiée par un écran tactile, bien qu’il soit aussi intéressant sur un ordinateur. L’usage de la caméra de l’écran et d’écouteurs peut également être utile.

Le projet fera partie de l’événement Interactive Playground de TFI Interactive, qui aura lieu le 18 avril à New York, pendant le Festival du film de Tribeca 2015.

 

Catherine MathysGoogle et les femmes

par

 publié le 24 mars 2015 à 13 h 27

Avez-vous reconnu la femme sur le dessin de la page d’accueil de Google hier? C’était Emmy Noether. Google soulignait le 133e anniversaire de l’année de naissance de cette mathématicienne allemande que d’illustres personnages comme Einstein auraient qualifiée, à sa mort, en 1935, de femme la plus importante de l’histoire des mathématiques.

Google dessine surtout des hommes

Saviez-vous qu’entre 2010 et 2013, seuls 17 % des dessins quotidiens de la page d’accueil de Google représentaient des femmes? Le mouvement Spark, un regroupement de jeunes filles âgées de 13 à 21 ans, qui vise à encourager l’égalité entre les genres dans tous les domaines, y compris le web, a décidé de s’adresser au géant Google pour faire bouger les choses.

Non seulement Google a-t-elle accepté de présenter plus de femmes dans ses dessins quotidiens, mais elle a aussi invité Spark à approfondir ses recherches et à l’aider à faire reconnaître les femmes marquantes de l’histoire à l’intérieur de son application Field Trip, qui permet de découvrir l’histoire des sites qui se trouvent autour de nous.

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Faire une place aux femmes dans l’histoire

Concrètement, Spark a créé le volet Women on the Map pour l’application Field Trip. Jusqu’à présent, le regroupement a fait des recherches sur 119 femmes de 28 pays différents, dont la contribution au patrimoine de l’humanité demeure méconnue.

Désormais, si on télécharge l’application Field Trip et qu’on active Women on the Map, le téléphone prévient quand on se rapproche d’un endroit où l’une de ces 119 femmes a marqué l’histoire. Mais les jeunes filles de Spark ont plus d’ambition que cela.

Spark invite même les internautes à rejoindre le mouvement pour enrichir la base de données de Google en écrivant un texte à propos d’une femme inspirante. Elle leur suggère d’écrire une biographie de 150 à 300 mots en rattachant l’histoire de cette femme à un endroit particulier, qui sera signalé dans l’application. Il suffit d’ajouter une photo et d’envoyer le tout à sparkteam@sparksummit.com en mentionnant « Women on the Map » dans l’objet du courriel.

Je suis certaine qu’on pourrait contribuer à faire connaître de grandes Québécoises, comme Robertine Barry, Henriette Dessaulles ou Éva Circé-Côté, qui ont marqué les débuts du journalisme chez nous. Voici une courte liste de grandes dames de notre histoire pour nous inspirer. À vos claviers!

 

Dans cet âge d’or de l’actualité, il n’y a pas que les sources d’information qui se multiplient. Les trajectoires pour parvenir jusqu’à elles se diversifient également. Selon une nouvelle étude, les jeunes Américains trouvent leur principale source d’information dans les médias sociaux, et non dans les journaux, la télévision, ni même leurs sites web.

Facebook : une source importante d’actualité

Jusque-là, rien de terriblement étonnant. On commençait à s’en douter un peu. En septembre dernier, le Pew Research Center affirmait déjà que 30 % des Américains s’informaient sur Facebook.

Comme vous le savez, la force de Facebook n’est pas dans la production de contenu, mais dans la référence d’articles issus des médias. Toutefois, cela ne veut pas dire qu’on s’informe mieux. En effet, ceux qui ont découvert des nouvelles à travers Facebook passent beaucoup de temps et visitent beaucoup moins de pages sur les sites web des médias que ceux qui s’y rendent directement.

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Et quel genre de nouvelles consomment-ils? Pour environ la moitié des utilisateurs de Facebook, celles-ci figurent dans six catégories de l’actualité, mais les nouvelles liées au divertissement sont celles qui reviennent le plus souvent. Contrairement à Twitter, plateforme vers laquelle on se tourne volontiers pour avoir les dernières nouvelles, Facebook n’est pas une référence en matière d’actualité en temps réel.

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Et les jeunes dans tout ça?

Ce que l’étude citée plus haut fait ressortir, c’est la différence dans l’intention de s’informer. Selon l’étude de l’American Press Institute, près de 90 % des jeunes s’informent régulièrement sur Facebook, mais moins de la moitié d’entre eux s’y rendent avec l’intention de la trouver. En d’autres termes, s’informer sur les médias sociaux est devenu un geste accidentel.

De prime abord, cela peut paraître étonnant. Mais l’est-ce tant que ça? Ne nous arrive-t-il pas souvent d’apprendre des nouvelles grâce au bouche-à-oreille ou en écoutant distraitement la radio? Bien sûr, mais ce qui diffère, c’est la quantité des nouvelles découvertes de cette façon. Les jeunes passent tellement de temps en ligne qu’ils finissent par tomber sur une grande quantité d’information, plus grande que celle que l’écoute passive pourrait le permettre.

Les jeunes d’aujourd’hui deviennent donc des accros à l’actualité accidentels, pour reprendre les termes de cet article de The Atlantic. Ils réussissent à s’informer sans trop le chercher, ni le vouloir. L’actualité fait simplement partie d’un flot continu d’activités en ligne.

D’ailleurs, seule une minorité des 18-35 ans acceptent de payer pour s’informer. Ils sont davantage prêts à le faire pour consommer des films ou des émissions (55 %), des jeux (48 %) ou de la musique (48 %) que pour de l’information (40 %).

Au-delà du divertissement

L’étude tente de nous éloigner du cliché énoncé plus haut selon lequel les nouvelles issues des médias sociaux portent essentiellement sur du divertissement.

L’American Press Institute affirme au contraire que les médias sociaux aident à diversifier la nature des nouvelles auxquelles les jeunes sont exposés. Ainsi, 45 % d’entre eux suivraient régulièrement 5 nouvelles sérieuses ou plus. Fait étonnant, ils seraient plus enclins à suivre des nouvelles reliées à la politique, à la criminalité, à la technologie, à leur région ou à des préoccupations d’ordre social qu’à la culture populaire, aux vedettes ou à la mode.

N’en déplaise à mes amis Facebook, permettez-moi d’en douter. Et je ne suis pas la seule que ces données font sourciller. Le journaliste Derek Thompson, de The Atlantic, est également sceptique. Selon lui, dans ce genre d’étude, les gens veulent bien paraître, mais leur comportement dit tout le contraire.

Pour Thompson, les jeunes valorisent peut-être les nouvelles sérieuses, mais de là à en consommer régulièrement, il y a une marge. Pour appuyer ses dires, il fait référence à une autre étude parue le mois dernier et qui se trouve, en effet, en contradiction avec celle de l’American Press Institute. Le site News Whip mentionnait que les publications qui avaient suscité le plus d’engouement sur Facebook en janvier 2015 comprenaient assez peu de nouvelles sérieuses et pas mal plus de listes et d’histoires insolites. Voici les 15 publications les plus consultées en janvier dernier sur Facebook.

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Qui dit vrai?