C’est Edward Snowden, 29 ans, ex-agent de la CIA, ancien analyste de l’agence de sécurité nationale (NSA) aujourd’hui tapi dans l’ombre à Hong Kong, qui a révélé que le programme secret PRISM espionnait les Américains (et tous les étrangers).
Depuis, on a appris l’ampleur de la surveillance quand les grands fournisseurs de services en ligne ont révélé la quantité de demandes qui leur étaient adressées par les services secrets et auxquelles ils ne pouvaient se soustraire :
- Yahoo a révélé que la compagnie avait reçu entre 12 000 et 13 000 demandes d’informations privées de la part des agences de sécurité dans la dernière année et demie.
- Apple a reçu entre 4000 et 5000 demandes de révélation de données personnelles rien qu’entre décembre dernier et mai 2013!
- Microsoft? Entre 6000 et 7000 entre les mois de juillet et décembre 2012.
- Facebook? Entre 9000 et 10 000 demandes durant la même période.
- Et on imagine bien que Google, aussi, subit la même pression.
Alors, si vous pensez que vous êtes seul à avoir accès à votre compte, pensez-y à deux fois.
Corrélation de mots-clés
Remarquez, je n’ai rien à me reprocher. Qu’importe! Eux, ils trouveront bien quelque chose à me reprocher.
Par exemple : pour mon travail, j’emploie des mots comme smart, power, pirates, hacker, malware, virus, denial of service, cloud.
Malheur à moi, les services de renseignements détectent ces mots, car ils font partie d’une liste de mots controversés entourant le terrorisme. Une liste encore plus longue se trouve ici. Vous serez surpris de la quantité de mots (innocents et moins innocents) qu’ils surveillent.
Je vous ai déjà expliqué ici tout le bien que je pense des amalgames générés par un profilage par mots-clés (lire Comment Google me voit).
Mais si ce n’était que ça! Je deviens aussi coupable par association! Mon meilleur ami, qui est accessoiriste de films, doit régulièrement prendre et envoyer des photos d’armes par courriel.
Je n’ose même pas imaginer la panique dans les sous-sols des agences quand ils capteront cette photo!
Tintin chez les espions
Tant et aussi longtemps que nous utiliserons des services américains en ligne, nous sommes exposés à cette surveillance indigne d’une démocratie.
Quand je pense que le travail de surveillance est sous-traité à des jeunes de 29 ans, comme Edward Snowden, et que, en plus, les services secrets n’arrivent même pas à le contrôler! On n’est pas sortis de l’auberge!
Pour un Tintin comme lui, qui fait les choses pour le « bien commun », il y a combien de Rastapopoulos qui exploitent ces informations à mauvais escient?

Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a qu’une équation à retenir : utiliser des services en ligne américains = porte dérobée sur notre vie privée.








