Billets classés sous la catégorie « Robotique »

Martin LessardMars 2020 : tester si on peut y respirer

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 publié le 1 août 2014 à 12 h 34

La NASA a dévoilé hier les technologies dont sera doté le prochain véhicule d’exploration qui sera envoyé sur la planète Mars en 2020.

Ces outils confirment l’intention de la NASA d’explorer les avenues d’une éventuelle vie humaine sur Mars.

Ce genre de mission ne s’improvise pas, et c’est pourquoi le choix s’est arrêté sur des outils bien précis six ans avant le départ. J’en ai retenu deux.

Source: NASA

Source : NASA

Caméra Mastcam-Z

La première amélioration que l’on remarque par rapport aux missions précédentes, c’est du côté de la caméra.

La Mastcam-Z  sera les yeux du véhicule et pourra prendre des photos panoramiques et stéréoscopiques (3D).

Elle possède une caractéristique, celle de pouvoir zoomer, ce qui assure une meilleure planification de la route à prendre. Et ce n’est pas un luxe. La caméra actuelle sur Curiosity, arrivé sur Mars en 2012, a une résolution qui est un peu en deçà de la plupart des téléphones portables de dernières générations.

Par contre, oubliez les autoportraits (selfies) comme Curiosity l’a fait récemment, car la prochaine caméra ne semble pas avoir la bonne focale pour ça.

curiosityselfie

MOXIE

Parmi les nouvelles technologies qui seront à bord de l’engin, celle qui m’intéresse particulièrement est le module MOXIE (Mars Oxygen ISRU Experiment, où ISRU signifie In-Situ Resource Utilization)

MOXIE est un instrument qui permet de fabriquer de l’oxygène à partir du dioxyde de carbone à la surface de Mars.

Cet instrument testera la capacité de créer de l’oxygène à partir de l’atmosphère martienne dans le but non caché qu’un jour des astronautes feront de même. Sans compter que l’oxygène, avec de l’hydrogène, est utile pour fabriquer du carburant pour les fusées.

Ça y est. Nous voilà donc rendus! Cette étape permettra de vérifier hors de tout doute que nous pouvons transformer l’air de Mars en air respirable.

Pour envoyer des astronautes sur Mars, on se doute bien que c’est impensable d’y envoyer des réserves d’oxygène. Les astronautes devront se débrouiller tout seuls pour fabriquer leur oxygène et le module MOXIE est cet instrument qui va permettre de vérifier si c’est possible.

Mars, avant le débarquement

C’est un signe clair que nous sommes à la veille d’un envoi d’humains sur la planète rouge.

Avec la mission MARS 2020, la NASA va encore mieux comprendre le sol martien et son atmosphère, et je crois qu’ensuite elle sera en mesure d’annoncer une mission habitée dans un avenir prévisible.

C’est cohérent avec ce que le dirigeant de la célèbre agence spatiale avait déclaré en avril dernier: « Si l’on veut que l’espèce humaine vive longtemps, il faut accepter que nous devenions un jour une espèce multiplanètes. » Mars sera notre première escale.

L’annonce d’hier n’est donc pas seulement celle d’une autre mission d’exploration. C’est peut-être l’étape qui nous permettrait véritablement, dans une mission ultérieure, de fouler le sol de la planète rouge et d’y rester.

Martin LessardDépasser le test de Turing

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 publié le 29 juillet 2014 à 14 h 21

L’intelligence artificielle a fait de grands bonds récemment, notamment grâce à l’apprentissage par représentations profondes (billet sur Triplex), le fameux deep learningidentifié par le MIT comme une avancée technologique majeure.

Ce domaine de recherche est en train de vouloir mieux clarifier ce qu’on entend par le mot intelligence.

Le test de Turing

turing
L’intelligence artificielle a longtemps été mesurée avec le test de Turing, proposé en 1950 par Alain Turing, un des pionniers de l’informatique.

Le test consiste à être capable de convaincre des humains, dans un échange en aveugle par écrit, qu’ils ont en face d’eux un autre humain et non pas une machine.

Récemment, un programme qui modélisait l’intelligence d’un garçon de 13 ans a réussi ce test.

Ce succès a plutôt créé un certain tollé, car il montrait davantage les limites du test de Turing. Ce test se base principalement sur une appréciation subjective des humains à se croire trompés ou non.

L’intelligence artificielle a maintenant besoin d’une mesure plus précise, selon ceux qui proposent une alternative.

Le test de Levesque

hector levesque

Cette semaine, durant la 28e conférence de l’Association pour l’avancement en intelligence artificielle (AAAI), qui se tient jusqu’à jeudi dans la ville de Québec, il a plutôt été proposé de se reporter dorénavant sur un test objectif, le test des schémas de Winograd.

La proposition originale (Winograd Schema Challenge) a été écrite par Hector Levesque, professeur en sciences informatiques à l’Université de Toronto, et gagnant du prix Excellence en recherche à la Conférence sur l’intelligence artificielle à Pékin l’an passé. Il s’est basé sur la théorie des schèmes et les travaux de Terry Winograd, professeur à Standford.

Il propose un test qui offre une bien meilleure précision sur la véritable intelligence d’une machine, selon ses supporteurs. C’est une série de questions construites de telle façon que les réponses sont évidentes pour n’importe quel humain, mais ambiguës pour une machine.

Deux exemples :

  • Les élus ont refusé aux manifestants un permis parce qu’ils [craignent/prônent] la violence. Qui est ce « ils »?

Selon le verbe sélectionné, c’est soit les élus qui craignent la violence, soit les manifestants qui prônent la violence. Un humain répond les doigts dans le nez; pour un ordinateur, ça sent la carte mère surchauffée.

  • La pendule ne pouvait pas entrer dans la valise brune, car elle était trop [grosse/petite]. Qu’est-ce qui était trop [grosse/petite]?

N’importe quel être humain serait capable de répondre correctement à cette question, car elle demande un minimum de sens commun. Pour une machine, on est sur le bord de l’écran bleu de la mort.

Bien évidemment, les tests dont on parle ici reposent entièrement sur des compétences logico-linguistiques, mâtinées de connaissances générales. L’intelligence humaine ne saurait être réduite à cette seule dimension. Mais le langage reste encore un bon moyen pour évaluer l’intelligence des humains, et c’est donc pourquoi les machines cherchent à simuler ce type de compétence pour paraître intelligentes.

Ça explique le regain d’intérêt de l’intelligence artificielle pour le traitement du langage naturel. C’est probablement le seul moyen d’humaniser nos relations avec les machines, si on croit que, dans un avenir prévisible, elles seront partout autour de nous.

Le défi

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Le défi proposé à la conférence de Québec a un objectif précis : aider à orienter les efforts de recherche dans le but de favoriser l’éclosion de nouveaux systèmes qui repoussent les limites des capacités actuelles.

Le test est proposé par CommonsenseReasoning.org et Nuances Communications et offre 25 000 $ à ceux qui réussissent à programmer une machine capable de répondre à de telles questions.

La date limite de soumission est fixée au 1er octobre 2015. Les détails du défi sont se trouvent à cette adresse.

Martin LessardSe faire remplacer par un iPad?

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 publié le 24 juillet 2014 à 15 h 28

La Ville de San Francisco souhaite augmenter le salaire minimum à 15 $ d’ici juillet 2018. Un lobby de l’industrie de la restauration s’est empressé de répondre.

Un grand panneau publicitaire jaune dans le centre de San Francisco a fait son apparition la semaine dernière, montrant un iPad avec ce texte en surplomb : « Sanfranciscains, voici ce qui vous remplacera si le salaire minimum augmente. »

Sur l’iPad est écrit : « Bonjour, je suis prêt à prendre votre commande. »

« Avec un salaire minimum à 15 $, les employés seront remplacés par des options automatisées moins coûteuses », peut-on lire sur le côté. Et c’est signé Bad Idea CA (California), un site qui dénonce l’augmentation en brandissant la menace des pertes d’emplois massives.

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Je laisserai aux économistes indépendants compétents, comme Ianik Marcil, le soin de nous dire si une augmentation du salaire minimum entraînerait automatiquement la catastrophe annoncée sur le site.

Voyons de notre côté si cette menace tient la route.

Le mythe

Ce type d’annonce joue sur l’ambiguïté du mot « smart device » (ambiguïté encore plus flagrante en français quand on le traduit maladroitement par « outil intelligent »).

C’est profiter d’une vision naïve du public moyen qui ne comprend plus vraiment où la technologie finit et où la magie commence.

L’informatique est le domaine de l’automatisation des processus et de la simplification des problèmes. Un programme a besoin d’un contexte connu et prévisible. Ce n’est pas pour rien qu’on emploie des expressions comme « routines » ou « sous-routines » pour qualifier des parties d’un programme.

L’informatique a besoin d’un monde entièrement modélisé pour fonctionner. S’il y a bien un domaine où modéliser entièrement tous les processus ne serait pas facilement rentable, c’est bien le service à la clientèle d’un restaurant.

Vous pouvez bien offrir un iPad au lieu d’un menu pour que les gens choisissent leur repas, mais il vous faudra toujours bien quelqu’un pour vous l’apporter, pour prendre en compte la petite variation (« Ne mettez pas de gluten, sinon je vais aller directement à l’hôpital! ») ou pour nettoyer la table ensuite.

L’employé, celui au salaire minimum, reste encore la ressource la plus efficiente pour prendre en compte, à moindre coût, le chaos d’une salle à manger. Et je ne parle même pas du travail en cuisine.

Aujourd’hui, faire entrer un iPad à la place d’un employé entraîne une restructuration logistique qui dépasse probablement les moyens de bien des restaurants.

Mais la question reste : est-ce tout de même une menace qui pend au bout du nez des travailleurs?

La réalité

Sur le grand panneau publicitaire, l’iPad sert de métaphore (ou de catachrèse, plus précisément), car on étend la signification de l’objet (somme toute inoffensive) à celle de la domination de la machine sur l’homme.

Il est maintenant vrai que l’automatisation ne touche plus seulement les emplois les moins qualifiés. La technologie numérique excelle dans tout ce qui est routinier et qui demande de suivre des règles. Elle touche maintenant des emplois nécessitant de hautes compétences cognitives.

Au Tech Open Air à Berlin la semaine dernière, on parlait très sérieusement de la montée des robots-journalistes.

Une étude d’économistes dans le New York Times le mois dernier montre que le nombre d’emplois nécessitant de fortes compétences cognitives, en augmentation jusqu’en 2000, s’est brutalement effondré ensuite.

tableau

Les lecteurs de Triplex savent que plusieurs emplois du futur sont dans la mire des machines. Ils savent aussi que les promesses de l’intelligence artificielle, grâce aux avancées récentes du deep learning, l’apprentissage en profondeur, proposent d’automatiser de nombreuses tâches que l’on croyait réservées aux humains.

Allons-nous nous retrouver pris entre les deux? C’est-à-dire allons-nous être évacués des tâches trop manuelles et répétitives en même temps que des tâches spécialisées qui demandent des compétences cognitives de haut niveau?

Ce message sur le panneau publicitaire à San Francisco, aussi risible qu’il puisse être, est un artefact d’une mutation accélérée du monde du travail touché par les avancées du numérique. C’est un signe précurseur que l’augmentation exponentielle de la puissance des ordinateurs aujourd’hui met à risque des métiers « potentiellement automatisables » demain. Paradoxalement, je ne crois pas que ça soit dans le domaine de la restauration.

En fait, cet iPad cache la forêt de machines qui veulent nos emplois dans les autres domaines. Si les promesses de la robotisation rejoignent celles de l’intelligence artificielle, il y aura lieu, effectivement, de s’inquiéter. Déjà, des postes où le jugement humain n’est plus nécessaire sont à risque (par exemple les conducteurs de véhicules au long cours avec l’arrivée des voitures autonomes).

Les avancées technologiques offrent aussi de nouvelles possibilités. Mais la perspective de produire plus avec moins de travailleurs n’est pas à la veille de disparaître.

La question est alors de savoir si l’équilibre entre les emplois appelés à disparaître et les emplois appelés à apparaître sera toujours présent demain.

En écho au billet de Nadia sur les « smart guns », je pose la question : y a-t-il de la place pour l’éthique quand il s’agit de programmer des algorithmes?

La Marine américaine a récemment offert une subvention de 7,5 millions de dollars sur 5 ans à des chercheurs universitaires pour explorer les façons de donner un certain « sens moral » aux robots autonomes de demain.

Des « robots létaux autonomes » existent déjà, mais ils sont plutôt semi-autonomes quand il s’agit de prendre la décision de tirer ou non sur un humain.

Les « lois de la guerre »  impliquent des règles et des règles, ça se programme. Cette question éthique découle d’un problème de responsabilité juridique : « Si un robot tue un humain, qui est le responsable? »

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Un débat a eu lieu à Genève la semaine dernière, dans le cadre d’une rencontre de l’ONU sur les armes de guerre. Même encore hypothétique, l’avènement des « robots-tueurs » doit être balisé pour éviter de se retrouver sans code éthique comme avec les drones.

Mais les militaires ne pensent pas nécessairement à des « robots-tueurs » quand ils explorent l’aspect moral dans les programmes informatiques.

Il faut savoir que les algorithmes sont partout et qu’ils prennent de plus en plus de décisions.

Par exemple, un logiciel militaire pourrait être amené à gérer l’évacuation de blessés. Qui va-t-on évacuer en premier? Qui va-t-on traiter en premier? Y a-t-il une pondération à faire entre civils et militaires, entre soldats et gradés, entre amis ou ennemis?

C’est donc les choix moraux de ceux qui vont implanter le programme dans le robot qui vont être exécutés par la machine.

Un débat technoéthique qui dépasse largement le domaine militaire

Il y aura des voitures autonomes sur nos routes dans un avenir prévisible.

S’il arrive un incident imprévu, est-ce que la voiture autonome aura à faire un choix éthique entre vous sauver la vie ou celles des malheureux piétons sur le côté de la route?

Cette question est une question classique de morale : elle est connue sous le nom de Dilemme du tramway.

Elle pourrait se résumer ainsi : si par un malheureux hasard, le véhicule autonome doit choisir entre :

A) s’écraser sur un mur et tuer tous les passagers du véhicule?
B) ou rouler sur le trottoir et écraser des piétons?

Que doit-on privilégier, A ou B?

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Cette (pénible) question théorique rencontrera bientôt des questions pratiques très concrètes.

À quoi pensiez-vous durant tout ce temps?

Il y a une différence entre laisser faire quelque chose (A : s’écraser contre un mur) et tuer volontairement (B : rouler sur le trottoir). Le véhicule se dirigeait déjà vers le mur, alors pourquoi changer le cours des choses?

Ce qu’il faut comprendre, ici, c’est que souvent, dans ce genre de situation, un conducteur humain n’a qu’une fraction de seconde pour choisir A ou B. On peut lui pardonner son choix.

Mais une machine, elle, en une milliseconde, elle a le temps de calculer toutes les possibilités!

Le logiciel de la voiture autonome n’aura pas conscience de prendre une décision morale, il va simplement suivre les instructions, une hiérarchie de décisions faite lors de l’encodage par les programmeurs.

Si on changeait la voiture contre un autobus bondé de jeunes enfants et qu’on ne mettait qu’une seule personne sur le trottoir, est-ce qu’on changerait d’avis? Est-ce que les journaux du lendemain de l’accident ne vont pas accuser le constructeur si le programme laisse tous les enfants mourir?

Le programme de la voiture autonome a vu tout venir : un tel drame routier se joue en moins d’une seconde, temps très court pour nous, humains, mais tout de même long pour un processeur.

Durant ce temps, un processeur peut facilement avoir 200 millions de cycles (d’instructions élémentaires par seconde). À l’échelle humaine, à titre simplement comparatif, posons qu’un seul de ces cycles prenne 0,1 milliseconde de notre temps (temps infiniment plus court qu’un réflexe humain évalué à 200 millisecondes): cela fait tout de même presque 5 heures et demie!

C’est amplement suffisant pour passer à travers un arbre de décisions et choisir la conclusion fatidique.

C’est dans ce « temps numérique » que pourraient s’insérer demain des décisions éthiques aux conséquences très concrètes. Y aura-t-il une hiérarchie différente pour les voitures de luxe ou selon les quartiers? Qui décidera de la pondération?

Et vous, accepteriez-vous un supplément pour que le fabricant de votre voiture autonome vous programme la solution B?

Martin LessardLa technologie 2014 vue d’Hollywood

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 publié le 7 février 2014 à 10 h 49

Hollywood, ça n’aura échappé à personne, fonctionne comme le vecteur principal par lequel sont diffusés des « idéaux » (l’hétérosexualité et la famille, l’amour et la romance, le capitalisme et le libéralisme, l’individualité et l’éthique religieuse, etc.), idéaux auxquels il faut se conformer. Pensez aux histoires de Disney (comme Maleficent, qui sortira cette année).

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En science-fiction, Hollywood prépare les esprits en nous présentant un futur où la technologie est omniprésente. Tous ces Transformers, Iron man et autres superhéros ne sont rien sans l’immense pouvoir que leur procure la technologie, pouvoir qui aurait été, en d’autres temps, ceux de la magie.

Mais quand les scénaristes sont moins fantaisistes, les technologies utilisées dans les histoires à l’écran sont alors des projections dans le futur de leur potentiel aujourd’hui.

À chaque époque son fantasme du futur.

Alors, quelles sont les promesses technologiques qui ont attiré l’attention d’Hollywood en 2014?

Les histoires de nos futurs

En 2002, Rapport minoritaire (Minority report) a présenté des technologies qui sont désormais à portée de main (voiture autonome, interface cinétique, etc.). J’avais écrit en 2011 que le Rapport minoritaire n’était plus une fiction.

En 2014, plusieurs nouveaux longs-métrages vont aborder la technologie, chacun à sa façon.

En ce moment, sur les écrans, il y a Her, de Spike Jonze, qui aborde les conséquences d’une intelligence artificielle qui a réussi allègrement le test de Turing et joue à devenir notre amie (et même plus).

Pour ce billet, je vais m’attarder sur trois films qui vont sortir dans les prochains mois.

1) Téléchargez votre cerveau! (Transcendence, avec Jonny Depp)

Ce film raconte l’histoire d’un scientifique qui, sur le point de mourir, télécharge son esprit dans un ordinateur.

Cette idée de téléchargement de l’esprit (où chaque synapse est convertie en un bit), quoique tout à fait hypothétique, est devenue plausible comme sujet de conversation depuis l’an passé.

L’Europe veut recréer un cerveau humain à l’intérieur d’un supercalculateur, et les États-Unis ont aussi lancé le grand chantier de cartographie du cerveau.

À la mi-janvier, un superordinateur japonais a réussi à parfaitement cartographier 1 seconde de 1 % de l’activité du cerveau humain… en 40 minutes.

Sachant que, grosso modo, la puissance brute de calcul augmente tous les deux ans, il faudra une vingtaine d’années pour s’approcher de la parité entre l’activité cérébrale et sa cartographie en temps réel.

Mais de la cartographie au téléchargement de notre cerveau, il y a encore un gouffre!

2) La conquête spatiale est relancée (Interstellar, de Christopher Nolan)

Ce film raconte l’histoire d’explorateurs spatiaux qui partent dans les étoiles grâce à des trous de vers, ces failles dans l’espace-temps qui permettent de passer d’un lieu à l’autre.

Les trous de vers sont des théories non validées, et les voyages interstellaires vont se buter aux distances incommensurables pour encore très longtemps.

Mais la reconquête spatiale redevient au goût du jour grâce aux nouveaux arrivants — l’Inde, la Chine — ainsi qu’à l’entreprise privée.

Les Chinois ont envoyé un module sur la Lune en janvier. L’Inde aura son satellite en orbite autour de Mars. La Station spatiale internationale est approvisionnée régulièrement par une navette commerciale. Des compagnies cherchent à créer des mines sur des astéroïdes.

Une téléréalité a même proposé d’envoyer quatre humains sur Mars (sans espoir de retour). Deux cent mille personnes se sont proposées pour le poste.

Notre retour dans l’espace est tout à fait réalisable, et même inévitable. Après un hiatus d’une trentaine d’années (après le programme Apollo), l’odyssée de l’espace va pouvoir continuer avec les prochains « coureurs des bois ».

3) Les exosquelettes (Edge of tomorrow, avec Tom Cruise)

Un soldat qui combat des extraterrestres se retrouve dans une boucle temporelle et il en profite pour améliorer ses performances guerrières (notamment grâce à un l’exosquelette).

Si le voyage dans le temps est encore du ressort de la science-fiction, l’exosquelette du soldat n’est, par contre, plus une chimère pour très longtemps. L’armée américaine est sur le coup.

L’exosquelette est cette armature externe qui assiste tout le corps pour amplifier les mouvements d’une personne. L’usage militaire peut faire peur (« Tu n’es pas un soldat, tu es une arme », dit-on au soldat), mais au Japon, pays à la population vieillissante, ces exosquelettes vont plutôt aider les personnes à autonomie réduite à se mouvoir.

2014, cuvée intéressante?

Arthur C. Clarke, l’auteur de 2001, l’odyssée de l’espace, a dit une fois : « Toute technologie très avancée ressemble à s’y méprendre à de la magie. »

En règle générale, Hollywood traite la technologie comme de la magie. C’est le cas des autres films de 2014 comme Divergent (l’immersion dans le monde virtuel) ou Earth to echo et Jupiter ascending (contact avec des extraterrestres).

L’année 2014 ne nous donnera pas un film comme Rapport minoritaire, qui était une véritable carte routière des innovations à venir. Mais certaines des questions abordées cette année par Hollywood sont, assurément, tout à fait dans l’air du temps.