Billets classés sous la catégorie « Robotique »

Le Spine Robot, photographié lors d’une performance récente du SRL

Est-ce que l’art technologique paraît plus légitime que les autres en raison de sa nature scientifique? Déjà, à la fin des années 60, l’E.A.T (Experiments in Art and Technology), un groupe soutenu entre autres par Robert Rauschenberg et qui a présenté des œuvres du légendaire John Cage, réussissait à lever des fonds (75 000 $ en 1968), dont l’importance faisait l’envie des artistes moins technos. Le Survival Research Lab a été créé quelque 10 ans après l’E.A.T. par Mark Pauline afin de remplir la mission d’allier art et robotique. On en sera étonné, mais le SRL existe encore et, ces jours-ci, il tâche de collecter des fonds grâce à une mise aux enchères sur eBay qui fait désormais partie des histoires dignes d’intérêt de ce site web.

Le Survival Research Lab

Depuis 2006, le SRL a livré 48 performances artistiques mettant en vedette des robots et il compte bien continuer en utilisant les moyens à sa disposition pour financer ses activités. On peut en voir plusieurs sur sa chaîne YouTube. Toujours dans le but, dit-il, de réaliser les rêves les plus fous de son public, Mark Pauline a fait appel au cours des 25 dernières années à des techniciens des arts (qui aident les artistes conceptuels à concrétiser leur vision), à des ingénieurs, à des scientifiques, voire à des spécialistes de l’ingénierie militaire.

Œuvre à vendre

Pour sa prochaine œuvre, Mark Pauline a décidé d’y aller avec les moyens de financement offerts sur le web. Il a mis en vente sur eBay sa bataille de robots pour la somme de 149 000 $. L’acheteur aura droit à la performance, mais devra aussi fournir les permis nécessaires à cette activité et un terrain rectangulaire asphalté, avec connexion au réseau électrique, d’au moins 100 par 200 pieds. Le site doit être disponible une dizaine de jours avant la performance.

Une avenue pour l’art?

Difficile de dire si l’œuvre du Survival Research Lab trouvera preneur dans des délais raisonnables ou quels seront les bénéfices de cette mise en vente sur eBay. Pour l’instant, ce moyen de financement inusité a au moins ravivé le souvenir du SRL auprès de ceux qui l’avaient oublié, a fait connaître l’organisme à un nouveau public et a permis à quelques blogueurs de parler de l’art robotique.

L’histoire a été reprise sur les populaires blogues Laughing Squid et Boing Boing. D’autres photos des performances de Mark Pauline sont sur Flickr.

Le Spine Robot en action en mai 2012 à San Francisco

Martin LessardLa technologie de Curiosity

par

 publié le 8 août 2012 à 11 h 40

Le succès de l’atterrissage de Curiosity sur Mars cette semaine représente l’une des plus belles réussites technologiques des dernières années.

Mais savez-vous que cette sonde roulante de 900 kg, d’une taille équivalente à une petite voiture et bâtie au coût de 2,5 milliards de dollars, est moins puissante que le téléphone intelligent dans les poches de l’ado moyen?

À titre de comparaison :

Curiosity est muni d’un processeur cadencé à 200 MHz, avec 256 Mb de RAM et un disque SSD de 2GB.

Un iPhone roule à 800 MHz, avec 512 Mb de RAM et un disque SSD de 64 GB.

La comparaison est surprenante… mais trompeuse (et, bien sûr, on ne s’imagine pas envoyer un ado avec un iPhone sur Mars – le coût des SMS serait prohibitif).

On s’attend toujours à ce que la technologie spatiale soit à la fine pointe de ce qui se fait actuellement. Son assemblage l’est, évidemment, mais pas (toujours) ses composantes.

Il y a une raison à cela : le développement d’une mission spatiale se fait généralement sur une décennie. Or, les technologies utilisées doivent être éprouvées et sans failles. Pas question de se retrouver avec un message « l’application a quitté inopinément » en cours de route. Les missions spatiales n’utilisent donc que rarement des technologies grand public dernier cri.

Au cœur de la machine

Le robot Curiosity est équipé d’un processeur RAD750, une technologie éprouvée depuis 10 ans. C’est d’ailleurs ce processeur qui est utilisé dans la plupart des missions depuis 2005. Il a une unité centrale de traitement de plus de 10 millions de transistors et prend pour modèle le processeur 32 bits PowerPC 750 (oui, oui, le même que les Power Macintosh G3).

Mais la vraie prouesse du RAD750, c’est qu’il peut supporter de fortes radiations (jusqu’à 1000 Gray) et des températures variant de -55 °C à 70 °C. Et tout ça avec une consommation de 10 watts.

Dans nos poches, même si les conditions sont moins extrêmes, les batteries de nos cellulaires se déchargent en l’espace d’une journée.

Curiosity possède un deuxième RAD750 pour pallier à une éventuelle défaillance du premier processeur.

Les yeux de Curiosity

Côté caméra, il y en a 17 au total sur Curiosity (contre 2 sur nos cellulaires), même si aucune n’est munie de capteurs aussi puissants que ceux qui sortent sur le marché. Elles ont toutes des CCD de 2 mégapixels (1600×1200).

L’une d’elles, la MastCam, permet de prendre des images couleur haute résolution (vidéo 720p à 10 images par seconde). Une autre, la Mars Hand Lens Imager, prend des images du sol en macro.

Jusqu’à maintenant, les premières images reçues, en noir et blanc, viennent des Hazcams (Hazard Avoidance Cameras). Celles-ci servent d’yeux à Curiosity afin que l’engin puisse circuler de façon sécuritaire.

Toutes ces images nous sont transmises par le biais d’une antenne UHF et passent par des satellites artificiels (Mars Odyssey et Mars Reconnaissance Orbiter) mis en orbite durant les missions précédentes.

La longue route de Curiosity

Curiosity contient juste ce qu’il faut de technologie pour mener à bien sa mission. Il constitue l’un des assemblages les plus complexes à ce jour, même si, à la vitesse où se développe la technologie, certaines de ses composantes peuvent paraître vieilles au regard des standards du marché.

Sachez que votre cellulaire n’aurait pas survécu une journée sur Mars à cause des températures extrêmes. De toute façon, sa batterie se serait déchargée avant la fin de la journée. Curiosity, lui, sera encore là demain…

Martin LessardLe plan Firmament

par

 publié le 25 avril 2012 à 14 h 10

Certains font des plans Nord, d’autres vont plus loin encore : dans l’espace pour chercher les minerais sur des astéroïdes.

La compagnie Planetary Resources cherche sérieusement à aller extraire du minerai sur les astéroïdes qui entourent la Terre. Larry Page et Eric Schmidt, de Google, ainsi que James Cameron (Titanic, Avatar) sont de la partie. Les minerais recherchés sont ceux abondamment utilisés par les piles et les gadgets électroniques, et qui valent déjà, ici-bas, leur pesant d’or à cause de leur rareté. Imaginez le pactole si on en trouve sur un astéroïde!

Quoi de mieux! Personne à qui demander la permission, pas besoin de faire des tests environnementaux, ni de justifier l’exploitation, ni de partager des revenus!

Minerais des étoiles

La première étape consiste à mettre dans l’espace un énorme télescope pour repérer les astéroïdes qui circulent autour de la Terre. Ce serait le premier télescope commercial en orbite.

Une fois l’astéroïde prometteur repéré, une fusée est envoyée à sa rencontre. Interceptor, c’est son nom, est envoyé en orbite autour de l’astéroïde pour analyser ses composantes.

Puis si les astéroïdes contiennent assez  d’eau – élément essentiel –, il sera possible de passer à la prochaine étape : l’extraction du minerai. L’eau (qui est sous forme de glace, en fait) permet la vie sur l’astéroïde, et, décomposée, donne de l’oxygène pour respirer et de l’hydrogène pour alimenter en carburant les fusées.

La technologie d’aujourd’hui permet tout ça. Ce n’est pas une mince tâche, mais, en n’en pas douter, les profits seront astronomiques. Les premières extractions sont prévues vers 2020.

La manne tombée du ciel

L’exploration minière coûte une fortune et rapporte aussi une fortune (quand ça marche). Quand on arrive à penser qu’il peut être rentable d’aller extraire le minerai dans l’espace plutôt que sur Terre, ça en dit long sur les sommes en jeu.

Symboliquement, c’est aussi un moment important où pour la première fois, nous allons chercher hors du berceau terrestre de la matière pour des raisons commerciales. Notre empreinte va s’étendre maintenant au-delà de la planète Terre. Le système solaire devient notre arrière cours.

Martin LessardPremier Festival de robotique au Québec

par

 publié le 15 mars 2012 à 9 h 44

Aujourd’hui commence le premier Festival de robotique au Québec, regroupant des jeunes de 9 à 18 ans, à Montréal, qui se tiendra jusqu’au 17 mars.

Cet événement d’envergure promet de rassembler plusieurs milliers de personnes en provenance de 67 écoles du Québec (du secondaire et du primaire) en leur offrant des défis technologiques.

Deux organismes (Zone01 et Fusion Jeunesse) ont travaillé ensemble afin de former ce festival qui inclut des compétitions pour les jeunes de 9 à 18 ans. « C’est le premier festival de robotique au Québec. Avant, il n’y avait que de petites compétitions séparées les unes des autres », m’écrit Remy Taupier, de Zone01, par courriel.

Le festival cherche à « impliquer les jeunes Québécois dans des projets de robotique pédagogique, et ce, afin de faire éclore leurs talents d’ingénieur et de promouvoir la persévérance scolaire », comme indiqué sur leur site festivalderobotique.ca.

Le festival est divisé en deux parties. Le « défi Lego », qui a lieu aujourd’hui et demain, et la « compétition FIRST », pour les 14-18 ans, qui a lieu samedi.

Des Lego bien branchés

Le « défi Lego » s’adresse surtout aux plus jeunes. On leur demande de construire et de programmer des robots uniquement avec les Lego Mindstorms afin de résoudre une des nombreuses missions.

Qu’est-ce que Lego Mindstorms? C’est un jeu de construction fait en blocs Lego incluant une partie programmable, avec prises USB, Bluetooth et plusieurs capteurs (son, lumière, contact, gyroscope, boussole, etc.).

Les missions présentent différents niveaux de complexité (soit en construction, soit en programmation).

Une des missions (« La voûte céleste des sages ») demande que le robot soit en mesure de se déplacer en laissant tomber de petits objets (représentant des étoiles) afin d’illustrer la constellation de la Grande Ourse (pour les plus jeunes) ou celle de Cassiopée (pour les plus vieux).

Une autre mission (« D’arbre en arbre ») demande beaucoup de dextérité au robot : faire tomber des balles (les « fruits ») placées sur un tube à la verticale sans toucher celui-ci.

« La coupe Stanley des robots »

Les 14-18 ans de chaque école n’ont que quelques semaines pour construire un robot fonctionnel, de haute qualité, et capable de pratiquer un sport. Dans la compétition FIRST, on quitte les Lego pour de la robotique faite maison.

(FIRST a été fondé en 1989 au New Hampshire. En 2001, une branche canadienne a été créée. La branche québécoise regroupe depuis 2010 plusieurs universités et écoles secondaires. Francisé, FIRST devient « Favoriser l’inspiration et la reconnaissance des sciences et de la technologie ». Plus d’info sur robotiquefirstquebec.org)

Le défi FIRST de samedi prochain s’appelle « Rebonds rivaux ». Il se joue sur un terrain où sont fixés, sur chaque mur, quatre paniers de pointage à trois hauteurs différentes. Les équipes opérèrent les robots à distance, derrière les murs. Les robots jouent avec des ballons de basketball compacts faits de styromousse.

L’objectif est de lancer le plus de ballons de basketball possible dans les paniers à chaque bout du terrain. Plus le panier est haut, plus il vaut de points.

Les détails techniques se trouvent ici.

Les gagnants seront invités à participer à une compétition internationale de robots.

(Si vous êtes intéressé au thème de la robotique, écoutez notre balado sur le sujet!)

Pour notre quatrième émission Triplex en balado, nous avons eu envie de parler robotique. Nous nous sommes donc posé plusieurs questions… Qu’est-ce qu’un robot? Avons-nous peur de leur présence dans nos vies ou sommes-nous plutôt en train de nous y habituer? Sommes-nous prêts à leur laisser beaucoup de place?

On peut s’imaginer qu’un jour, on aura de la difficulté à différencier les robots des humains. Comme le mentionne Martin Lessard dans l’émission, les chercheurs tentent maintenant d’émuler le travail de nos synapses. Nos défauts risquent de devenir importants pour différencier les humains des robots.

Laurent LaSalle explique les trois règles de la robotique telles qu’énoncées par l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov. Ces lois sont parues pour la première fois dans sa nouvelle Cercle vicieux (Runaround, 1942).

1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger.

2. Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.

3. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.

Est-ce que ces règles devraient revenir au goût du jour et être programmées dans tous les robots? On devrait peut-être y songer.

Mais est-ce que les robots pourront nous remplacer? On discute de Watson, ce robot d’IBM qui a réussi à gagner contre les humains à Jeopardy, mais aussi des robots qui prennent la place d’acteurs et danseurs au Japon. Comme Laurent le dit, on a apprivoisé l’idée des robots, mais on va toujours avoir la crainte de se faire remplacer.

Émission 4 : sommaire

L’émission d’environ 37 minutes, enregistrée à l’École de technologie supérieure (ETS), est divisée en 8 chapitres :

00:00 – Introduction
01:23 – Qu’est-ce qu’un robot?
05:00 – Devons-nous toujours craindre le robot?
11:39 – À quand les robots « intelligents »?
17:20 – Les trois règles de la robotique
21:30 – Le cyborg ou l’humain amélioré
30:10 – L’éthique en robotique
33:28 – Questions en rafale

Vous pouvez vous abonner à la baladodiffusion sur iTunes. Si vous utilisez un autre agrégateur de contenu, il s’agit de copier / coller l’adresse du fil RSS à l’endroit approprié.

Il est également possible de télécharger uniquement la quatrième émission.

* Je tiens à préciser que lorsque je parle du film District 9, c’est pour parler de la peur de l’humain face aux nouvelles espèces. Les créatures de District 9 ne sont  pas des robots, mais bien des extraterrestres aux sentiments « humains ».

Pour en savoir plus

Voici quelques articles sur le sujet à lire à titre de complément d’information :

 

Équipe de Triplex en balado :

Participants et blogueurs : Gina Desjardins, Laurent LaSalle et Martin Lessard
Animateur : Philippe Marcoux
Musique : Pierre Crube
Réalisatrice : Marine Fleury
Preneur de son et monteur : Martin Boulanger
Édimestre et photographe : Félix-Antoine Viens
Infographe et intégratrice web : Marie-Anne Seim