Billets classés sous la catégorie « Robotique »

Martin LessardLe plan Firmament

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 publié le 25 avril 2012 à 14 h 10
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Certains font des plans Nord, d’autres vont plus loin encore : dans l’espace pour chercher les minerais sur des astéroïdes.

La compagnie Planetary Resources cherche sérieusement à aller extraire du minerai sur les astéroïdes qui entourent la Terre. Larry Page et Eric Schmidt, de Google, ainsi que James Cameron (Titanic, Avatar) sont de la partie. Les minerais recherchés sont ceux abondamment utilisés par les piles et les gadgets électroniques, et qui valent déjà, ici-bas, leur pesant d’or à cause de leur rareté. Imaginez le pactole si on en trouve sur un astéroïde!

Quoi de mieux! Personne à qui demander la permission, pas besoin de faire des tests environnementaux, ni de justifier l’exploitation, ni de partager des revenus!

Minerais des étoiles

La première étape consiste à mettre dans l’espace un énorme télescope pour repérer les astéroïdes qui circulent autour de la Terre. Ce serait le premier télescope commercial en orbite.

Une fois l’astéroïde prometteur repéré, une fusée est envoyée à sa rencontre. Interceptor, c’est son nom, est envoyé en orbite autour de l’astéroïde pour analyser ses composantes.

Puis si les astéroïdes contiennent assez  d’eau – élément essentiel –, il sera possible de passer à la prochaine étape : l’extraction du minerai. L’eau (qui est sous forme de glace, en fait) permet la vie sur l’astéroïde, et, décomposée, donne de l’oxygène pour respirer et de l’hydrogène pour alimenter en carburant les fusées.

La technologie d’aujourd’hui permet tout ça. Ce n’est pas une mince tâche, mais, en n’en pas douter, les profits seront astronomiques. Les premières extractions sont prévues vers 2020.

La manne tombée du ciel

L’exploration minière coûte une fortune et rapporte aussi une fortune (quand ça marche). Quand on arrive à penser qu’il peut être rentable d’aller extraire le minerai dans l’espace plutôt que sur Terre, ça en dit long sur les sommes en jeu.

Symboliquement, c’est aussi un moment important où pour la première fois, nous allons chercher hors du berceau terrestre de la matière pour des raisons commerciales. Notre empreinte va s’étendre maintenant au-delà de la planète Terre. Le système solaire devient notre arrière cours.

Martin LessardPremier Festival de robotique au Québec

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 publié le 15 mars 2012 à 9 h 44
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Aujourd’hui commence le premier Festival de robotique au Québec, regroupant des jeunes de 9 à 18 ans, à Montréal, qui se tiendra jusqu’au 17 mars.

Cet événement d’envergure promet de rassembler plusieurs milliers de personnes en provenance de 67 écoles du Québec (du secondaire et du primaire) en leur offrant des défis technologiques.

Deux organismes (Zone01 et Fusion Jeunesse) ont travaillé ensemble afin de former ce festival qui inclut des compétitions pour les jeunes de 9 à 18 ans. « C’est le premier festival de robotique au Québec. Avant, il n’y avait que de petites compétitions séparées les unes des autres », m’écrit Remy Taupier, de Zone01, par courriel.

Le festival cherche à « impliquer les jeunes Québécois dans des projets de robotique pédagogique, et ce, afin de faire éclore leurs talents d’ingénieur et de promouvoir la persévérance scolaire », comme indiqué sur leur site festivalderobotique.ca.

Le festival est divisé en deux parties. Le « défi Lego », qui a lieu aujourd’hui et demain, et la « compétition FIRST », pour les 14-18 ans, qui a lieu samedi.

Des Lego bien branchés

Le « défi Lego » s’adresse surtout aux plus jeunes. On leur demande de construire et de programmer des robots uniquement avec les Lego Mindstorms afin de résoudre une des nombreuses missions.

Qu’est-ce que Lego Mindstorms? C’est un jeu de construction fait en blocs Lego incluant une partie programmable, avec prises USB, Bluetooth et plusieurs capteurs (son, lumière, contact, gyroscope, boussole, etc.).

Les missions présentent différents niveaux de complexité (soit en construction, soit en programmation).

Une des missions (« La voûte céleste des sages ») demande que le robot soit en mesure de se déplacer en laissant tomber de petits objets (représentant des étoiles) afin d’illustrer la constellation de la Grande Ourse (pour les plus jeunes) ou celle de Cassiopée (pour les plus vieux).

Une autre mission (« D’arbre en arbre ») demande beaucoup de dextérité au robot : faire tomber des balles (les « fruits ») placées sur un tube à la verticale sans toucher celui-ci.

« La coupe Stanley des robots »

Les 14-18 ans de chaque école n’ont que quelques semaines pour construire un robot fonctionnel, de haute qualité, et capable de pratiquer un sport. Dans la compétition FIRST, on quitte les Lego pour de la robotique faite maison.

(FIRST a été fondé en 1989 au New Hampshire. En 2001, une branche canadienne a été créée. La branche québécoise regroupe depuis 2010 plusieurs universités et écoles secondaires. Francisé, FIRST devient « Favoriser l’inspiration et la reconnaissance des sciences et de la technologie ». Plus d’info sur robotiquefirstquebec.org)

Le défi FIRST de samedi prochain s’appelle « Rebonds rivaux ». Il se joue sur un terrain où sont fixés, sur chaque mur, quatre paniers de pointage à trois hauteurs différentes. Les équipes opérèrent les robots à distance, derrière les murs. Les robots jouent avec des ballons de basketball compacts faits de styromousse.

L’objectif est de lancer le plus de ballons de basketball possible dans les paniers à chaque bout du terrain. Plus le panier est haut, plus il vaut de points.

Les détails techniques se trouvent ici.

Les gagnants seront invités à participer à une compétition internationale de robots.

(Si vous êtes intéressé au thème de la robotique, écoutez notre balado sur le sujet!)

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Pour notre quatrième émission Triplex en balado, nous avons eu envie de parler robotique. Nous nous sommes donc posé plusieurs questions… Qu’est-ce qu’un robot? Avons-nous peur de leur présence dans nos vies ou sommes-nous plutôt en train de nous y habituer? Sommes-nous prêts à leur laisser beaucoup de place?

On peut s’imaginer qu’un jour, on aura de la difficulté à différencier les robots des humains. Comme le mentionne Martin Lessard dans l’émission, les chercheurs tentent maintenant d’émuler le travail de nos synapses. Nos défauts risquent de devenir importants pour différencier les humains des robots.

Laurent LaSalle explique les trois règles de la robotique telles qu’énoncées par l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov. Ces lois sont parues pour la première fois dans sa nouvelle Cercle vicieux (Runaround, 1942).

1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger.

2. Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.

3. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.

Est-ce que ces règles devraient revenir au goût du jour et être programmées dans tous les robots? On devrait peut-être y songer.

Mais est-ce que les robots pourront nous remplacer? On discute de Watson, ce robot d’IBM qui a réussi à gagner contre les humains à Jeopardy, mais aussi des robots qui prennent la place d’acteurs et danseurs au Japon. Comme Laurent le dit, on a apprivoisé l’idée des robots, mais on va toujours avoir la crainte de se faire remplacer.

Émission 4 : sommaire

L’émission d’environ 37 minutes, enregistrée à l’École de technologie supérieure (ETS), est divisée en 8 chapitres :

00:00 – Introduction
01:23 – Qu’est-ce qu’un robot?
05:00 – Devons-nous toujours craindre le robot?
11:39 – À quand les robots « intelligents »?
17:20 – Les trois règles de la robotique
21:30 – Le cyborg ou l’humain amélioré
30:10 – L’éthique en robotique
33:28 – Questions en rafale

Vous pouvez vous abonner à la baladodiffusion sur iTunes. Si vous utilisez un autre agrégateur de contenu, il s’agit de copier / coller l’adresse du fil RSS à l’endroit approprié.

Il est également possible de télécharger uniquement la quatrième émission.

* Je tiens à préciser que lorsque je parle du film District 9, c’est pour parler de la peur de l’humain face aux nouvelles espèces. Les créatures de District 9 ne sont  pas des robots, mais bien des extraterrestres aux sentiments « humains ».

Pour en savoir plus

Voici quelques articles sur le sujet à lire à titre de complément d’information :

 

Équipe de Triplex en balado :

Participants et blogueurs : Gina Desjardins, Laurent LaSalle et Martin Lessard
Animateur : Philippe Marcoux
Musique : Pierre Crube
Réalisatrice : Marine Fleury
Preneur de son et monteur : Martin Boulanger
Édimestre et photographe : Félix-Antoine Viens
Infographe et intégratrice web : Marie-Anne Seim

Martin LessardCinq robots à surveiller

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 publié le 29 décembre 2011 à 8 h 30
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Pour mes chroniques techno de l’émission La sphère sur la Première Chaîne de Radio-Canada, Matthieu Dugal, l’animateur de l’émission, et Martine Hippolyte, la réalisatrice, m’ont proposé cet automne le défi de rapporter une histoire de robot chaque semaine. Défi relevé.

Voici un petit tour d’horizon des robots, présentés ou non à l’émission, qui m’ont le plus impressionné. Je ne m’attendais pas à trouver autant de diversité. Je vous en offre un aperçu.

Le robot mollusque

On connaît les robots à forme humaine, en fer et en O.S. Mais on n’avait pas encore essayé de fabriquer un robot mou comme un mollusque, sans aucun morceau dur, qui se tortille pour passer sous les obstacles.

Bâti avec du polymère élastique, il n’a aucune composante dure à l’intérieur. D’une grosseur de 15 cm, il a 4 jambes, pas de tête, et se déplace dans un mouvement qui rappelle à la fois celui de l’étoile de mer et celui de la chenille à cause de l’air comprimé.

Les scientifiques cherchaient un moyen de doter les robots d’articulations flexibles. Actuellement, les articulations des robots sont des mécanismes rigides, fixes et lourds. Ce robot mollusque est probablement le chaînon manquant.

Le hybrot

Les « hybrots » sont des robots composés de cellules d’êtres vivants. Contrôlés par les neurones provenant du cerveau d’un rat, déposé dans une solution, avec des électrodes, le hybrot (contrôlé à distance par des technologies sans fil) peut effectuer des mouvements simples et éviter des obstacles.

Un des buts de ces expériences consiste à apprendre comment le réseau neuronal synaptique apprend (vidéo).

L’exosquelette

Moins un robot au sens propre, il vient décupler la force de celui qui le porte « comme un squelette extérieur » (exosquelette). Évidemment, l’armée se trouve très intéressée par ces appareils.

Ça me fait penser au BlueBipod de NITech, une paire de jambes qui marche toute seule (vidéo), portée par la gravité. C’est le principe du slinky, quoi! Le blueBiPed a marché pendant 13 heures, sur 15 kilomètres, tout seul, juste avec l’énergie potentielle de sa pesanteur. Il peut aussi servir de robot transporteur (vidéo).

Le robot gardien de prison

Voici un autre robot à surveiller — ou plutôt, c’est lui qui cherche à nous surveiller. Le ministère de la Justice sud-coréen a autorisé l’usage de robots pour garder la prison de Pohabg au sud-est de Séoul.

Les robots patrouillent dans les couloirs pour détecter toutes activités suspectes et anormales, comme des comportements violents dans des cellules. Les robots n’interviennent pas, mais alertent tout de suite les gardiens humains. J’avais écrit sur le sujet plus tôt cet automne, et je suis toujours étonné qu’on en soit rendu là.

Le robot violoniste

Bon, celui-ci intéressera moins l’armée.

Fabriqué par Toyota il y a quelques années et présenté à l’exposition de Shanghai de 2010, il est vraiment symbolique de l’image qu’on se fait d’un robot humanoïde. Même si les musiciens n’apprécieront pas, c’est lui que je trouve le moins menaçant et en même temps le plus troublant…

Robotique en 2012

L’année prochaine se tiendra à Kuala Lumpur, en Indonésie, RoboticsAsia 2012,  le plus grand salon de robotique en Asie. On peut s’attendre à de nouvelles avancées qui seront annoncées dans ce domaine.

À mon avis, c’est du côté des « robots assistants » que l’on verra des innovations qui vont frapper l’imagination. D’ici là, on pourra voir un avant-goût de ce qui nous attend à Innorobo (Innovation Robotic Summit), le sommet européen consacré à l’innovation et à la robotique de services, en mars 2012 à Lyon.

Martin LessardLe dernier tabou robotique?

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 publié le 28 novembre 2011 à 12 h 05
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Dans notre culture, la peur viscérale d’un être artificiel change selon les avancées technologiques. Autrefois fait d’argile (le Golem de la culture hébraïque) ou de chair (la création de Frankenstein de Shelley), l’être artificiel a toujours suscité la plus grande crainte. Le robot n’a pas fait exception.

Le scénario d’horreur est constamment le même. L’homme construit un être de toutes pièces, et cet être se dérègle ou se rebelle contre son maître.

Dans un cauchemar près de chez vous

Chaque époque a son bouc émissaire.

Dans le film Colossus : the forbin project (Le cerveau d’acier), en 1970, un superordinateur central est censé contrôler intelligemment le système de défense nucléaire américain. Lorsqu’il est interconnecté avec son pendant soviétique, les deux prennent le contrôle du monde. On peut y voir une ressemblance avec la tendance des mainframes à s’interconnecter sur ce qui va devenir Internet et une certaine inquiétude que cela peut susciter.

C’est probablement à Hollywood que l’on doit les meilleures images du robot maléfique qui cherche à dominer l’homme. Qu’est-ce que le film Terminator nous dit sinon que la technologie va prendre le dessus sur nous? Dans ce classique des années 80, les Terminators, comme leur nom l’indique, tentent de mettre un terme à la race humaine.

Le film Matrix, dans les années 90, jouait dans le même registre, et nous mettait en garde contre la Matrice, qui nous assujettit en contrôlant nos esprits dans un monde virtuel (qu’elle nous fait passer pour la réalité).

À l’inverse aujourd’hui, le cinéma américain cesse de plus en plus de jouer sur la corde de la peur de la technologie. La technologie est tellement omniprésente aujourd’hui, qui en a réellement peur? Le dernier robot en date est Wall-e, le prototype par excellence du robot inoffensif.

La paix avec les robots

Le monde des livres, lui, a fait la paix avec l’insubordination des robots beaucoup plus tôt.

Isaac Asimov dans sa fameuse série des Robots s’est joué de cette peur en inventant les fameuses trois lois de la robotique (ex. : « un robot ne peut porter atteinte à un être humain » ou « un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain »). Ces lois sont programmées dans le cerveau des « robots positroniques », qui ne peuvent pas les enfreindre.

Probablement parce que la science-fiction a beaucoup évolué à travers les romans, le livre ne joue presque plus sur la peur des êtres artificiels. Les films ont été plus lents à suivre cette tendance.

Hollywood semble ressusciter aujourd’hui davantage des personnages qui sont en fait des métaphores d’êtres cybernétiques (comme Iron Man) ou des humains augmentés (comme Captain America), qui sont des humains en mutation, en quelque sorte (voir mon billet sur l’aube des cyborgs). La peur des robots n’est plus très contemporaine.

On serait passé à autre chose?

Briser un tabou culturel

Ceci pourrait expliquer pourquoi on a franchi sans broncher un tabou culturel, robotique devrais-je dire. En Corée du Sud, le gouvernement va faire une expérience inédite : des robots seront utilisés comme gardiens de prison pour surveiller les prisonniers.

Le ministère de la Justice sud-coréen a autorisé pour une période d’un mois l’usage de robots pour garder une prison au sud-est de Séoul. Les robots patrouillent dans les couloirs pour détecter toutes activités suspectes et anormales, comme des comportements violents dans des cellules.

Les robots n’interviennent pas, car leur rôle consiste simplement à alerter les gardiens humains en cas de grabuge. On dépasse ici une simple surveillance vidéo pour passer à une « analyse des activités des prisonniers » in situ afin de détecter des mouvements atypiques.

Bien sûr, c’est aussi un moyen pour les prisonniers de communiquer avec les gardiens s’ils sont dans le besoin. Le personnel ne peut pas être partout, surtout la nuit.

Fait à noter, ces robots ne ressemblent pas du tout aux Terminators. Ils ressemblent plutôt en fait à des Wall-e.

Photo: Yonhap

La symbolique est tout de même forte : on laisse maintenant les robots surveiller des humains. Et personne ne bronche. Avons-nous surmonté notre peur? Ou devrions-nous nous en inquiéter?