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Connaissez-vous Politwoops? Ce site se consacre à surveiller les messages des politiciens sur Twitter. Ou pour être plus précis, aux messages que les politiciens publient, mais qu’ils effacent ensuite pour une quelconque raison.

L’intention du site est on ne peut plus claire : lisez ce que les politiciens ne veulent pas que vous lisiez.

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Vous comprenez qu’avec cette attitude un tantinet conspirationniste, mais qui intéresse ceux qui veulent tout savoir, Politiwoops a rapidement su attirer l’attention des gens qui cherchent à surveiller leurs politiciens.

Or, lundi, on a appris que le site Politwoops s’est vu retirer tous ses accès à Twitter.

Effacez ce tweet que je ne saurais lire

Pourquoi un politicien effacerait-il un tweet qu’il a écrit? Pour une simple erreur orthographique, ou encore parce qu’il regrette l’excès de rage qui lui a fait écrire un message auquel il ne croit pas réellement. Ou parce qu’il n’est pas autorisé par sa ligne de partie à le dire.

Peu importe la raison, Politwoops conserve sur son site tous ces tweets effacés.

Le site Politwoops était accessible dans une trentaine de pays, dont le Canada, jusqu’à la fin de semaine dernière, quand Twitter lui a tout simplement annoncé qu’elle bloquait l’accès à son service.

Sans son accès automatique à Twitter, Politwoops est évidemment incapable de surveiller tous les tweets effacés.

Twitter affirme que les conditions d’utilisation de son service n’autorisent pas le type d’usage qu’en faisait le site Politwoops. Politwoops, aux États-Unis, avait déjà perdu l’accès aux services de Twitter il y a trois mois. La surprise n’est donc pas totale.

Ce que Politwoops reproche à Twitter , c’est qu’en 2012, cette dernière semblait pourtant d’accord pour lui accorder le droit d’utiliser ses services! Twitter aurait brutalement fait volte-face au printemps dernier et serait revenue sur sa décision : fini le droit pour Politwoops de collectionner les tweets effacés.

La raison? « Imaginez combien il serait stressant – intimidant, même – de tweeter si c’était permanent et irréversible », annonce Twitter en invoquant un « droit à l’oubli pour les politiciens », ces derniers étant considérés ici comme de simples utilisateurs, comme vous et moi.

Politwoops dénonce cet égalitarisme de façade, car « ce que les élus disent en public est un document public. Ça devrait être accessible à tous », croit-il.

Ce « droit à l’oubli numérique » est en fait, si l’on veut être clair sur les mots, un droit de « ne pas être siphonné par un algorithme mille fois plus rapide que notre ombre ».

Dans les faits, un tweet maladroit d’un politicien risque encore d’être copié et conservé, mais pas de façon automatique. Ce devra être une opération manuelle faite par des lecteurs qui sont vites sur la gâchette.

Et ces lecteurs véloces devront avoir la crédibilité nécessaire pour prouver l’authenticité de leur copie-écran. Bonne chance.

L’utilisateur est le nouveau citoyen

Ce qui s’est joué ici, à mon avis, relève de la symbolique.

Twitter, toujours à la recherche de son âme en ces temps de tourmente, resserre la vis et ne veut plus assumer le rôle social que Politwoops et consorts veulent lui faire jouer, c’est-à-dire être le gardien de la « Parole publique ».

Twitter refuse d’avoir un rôle dans l’agora, cette « place de la démocratie virtuelle ». Elle ne veut qu’être une plateforme numérique où des utilisateurs ouvrent et ferment leurs comptes. Ce que ces derniers y font entre les deux leur appartient.

Sa mission n’est pas de devenir la « mémoire du monde », mais d’offrir le meilleur service à ses clients. Elle ne veut pas s’insérer dans une logique journalistique en cautionnant le verbatim automatique de tous les politiciens.

Bref, sur la plateforme de Twitter, un politicien est un utilisateur comme les autres, et si celui-là veut effacer son tweet, il en a bien le droit.

Pour la volonté d’éclairer le débat public, Twitter dit aux journalistes de se débrouiller tout seuls.

Un rapport du Pew Research Center sur les amitiés adolescentes à l’ère numérique vient tout juste d’être publié. Il présente les résultats d’un sondage auprès plus de 1000 adolescents américains de 13 à 17 ans.

Et si on devenait ami?

La première chose qu’on constate, c’est que le web, contrairement à ce qui est véhiculé, n’isole pas les jeunes.

Fait intéressant, les amitiés numériques restent, le plus souvent, numériques. Seulement 20 % des adolescents sondés ont mentionné avoir rencontré un nouvel ami « dans la vraie vie ».

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Ce sont plus souvent les garçons (61 %) que les filles (52 %) qui nouent de nouvelles amitiés en ligne.

Le phénomène d’amitié numérique s’accentue avec l’âge. C’est 60 % des adolescents de 15-17 ans qui rencontrent de nouveaux amis contre 51 % des 13-14 ans.

Et où fait-on connaissance? Les meilleurs endroits pour se lier d’amitié sur le web sont les sites de médias sociaux comme Facebook ou Instagram, 64 % des adolescents y sont parvenus de cette façon. C’est aussi le lieu de prédilection des filles (78 % contre 52 % pour les garçons). Les réseaux en ligne de jeux vidéo comptent pour 36 % des lieux des nouvelles rencontres, surtout pour les garçons (57 % contre 13 % des filles).

L’importance du message texte

Parmi les habitudes d’interaction privilégiées des adolescents, le message texte est tout puissant; 55 % des adolescents passent du temps à texter leurs amis tous les jours. Si on compare aux rencontres en personne, seulement 25 % des adolescents voient leurs amis en dehors de l’école sur une base quotidienne.

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C’est LA façon de communiquer entre adolescents (88 % des jeunes le font au moins occasionnellement). Parmi les autres moyens d’entrer en contact, on constate aussi l’importance du clavardage, des médias sociaux et même des courriels. Oui, mesdames et messieurs, le courriel n’est pas mort. Il passe même devant le vidéoclavardage, les jeux vidéo et les applications de messagerie comme WhatsApp.

Fait à noter, cette tendance semble varier selon les revenus familiaux. Le message texte semble être privilégié par les adolescents issus des familles qui gagnent plus de 30 000 $ par année. Dans les familles moins nanties, les adolescents utilisent presque autant les médias sociaux (33 %) que les textos (35 %) pour communiquer avec leurs amis. On voit tout de suite le lien avec les revenus. Tout dépend de l’équipement qu’ils ont à leur disposition. Une grande proportion des adolescents (73 %) ont accès à un téléphone. Ceux-là ont logiquement plus souvent recours aux messages textes. Mais ceux qui n’ont pas de téléphone portable se rabattent sur les médias sociaux.

Le message texte semble être un moyen de communication privilégié par les filles (62 %) plus que les garçons (48 %) sur une base quotidienne.

Les amitiés des garçons et des filles

Il existe, entre les garçons et les filles, de réelles différences dans le développement et le maintien de nouvelles amitiés en ligne. Si 72 % des jeunes de 13 à 17 ans jouent à des jeux vidéo, c’est 84 % des garçons et 59 % des filles. Et encore là, il ne s’agit pas forcément d’une activité solitaire. Le plus souvent, ils jouent avec d’autres joueurs en personne (83 %) et en ligne (75 %).

Pour interagir en ligne, les garçons passent souvent par la connexion vocale (71 % contre 28 % des filles). Le jeu en ligne est ni plus ni moins une façon de renforcer les liens entre adolescents. C’est 78 % des joueurs en ligne qui se sentent plus proches de leurs amis de cette façon. Ce sentiment-là est d’ailleurs plus présent chez les garçons (84 %) que chez les filles (62 %).

Ces différences se remarquent aussi quand les amitiés prennent fin. Les adolescents choisissent souvent une façon de couper les liens sur le web. Il est arrivé à 58 % des adolescents en ligne de cesser de suivre un ami. C’est une méthode privilégiée par les filles (63 %). Parmi les filles qui utilisent les médias sociaux, 53 % d’entre elles ont bloqué quelqu’un à la fin d’une amitié, comparé à 37 % des garçons.

Les médias sociaux pour développer et entretenir l’amitié

Les médias sociaux sont un terreau fertile pour les nouvelles amitiés, mais aussi pour entretenir les amitiés déjà existantes. Si 76 % des jeunes de 13 à 17 ans utilisent les médias sociaux, la vaste majorité (64 %) a rencontré au moins un nouvel ami sur ces plateformes.

Les médias sociaux aident les adolescents à se sentir mieux branchés sur les sentiments et le quotidien de leurs amis. C’est là que le terme « réseaux sociaux » prend tout son sens puisque c’est aussi vers là que 68 % des répondants se tournent quand ils cherchent du soutien dans une période plus difficile.

Cela dit, le partage, c’est bien, mais trop partager, c’est moins bien. D’ailleurs, 88 % des adolescents trouvent que les gens donnent trop d’information sur eux dans les médias sociaux. Et il y a parfois des conséquences négatives. Vous en avez sûrement déjà fait l’essai, tout n’est pas toujours rose sur les réseaux sociaux. Les adolescents qui les utilisent régulièrement sont souvent pris dans des conflits en ligne (68 %).

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Les adolescents sont susceptibles de voir des événements auxquels ils ne sont pas invités, de voir des statuts qui les concernent et qu’ils ne peuvent contrôler, etc. C’est tout de même 21 % des jeunes qui disent se sentir moins bien par rapport à leur propre vie après avoir vu ce que les autres rapportent sur les médias sociaux.

Comme nos auditoires sont nombreux en ligne (adultes, amis, collègues, etc.), nous nous sentons souvent contraints de nous présenter sous notre meilleur jour. Une sorte de personnalité publique passe-partout. C’est 40 % des jeunes utilisateurs de médias sociaux qui se sentent obligés de publier du contenu qui les met en valeur. Pour 39 % d’entre eux, les médias sociaux imposent aussi une pression à publier des statuts qui augmentent leur niveau de popularité ou de reconnaissance (les fameux « j’aime »).

Le téléphone et les adolescents : oui, allo?

Croyez-le ou non, les appels téléphoniques existent encore pour les jeunes. Cela dit, ils sont moins fréquents dans les premiers temps d’une nouvelle amitié. Il s’agit plutôt d’une façon de rester en contact avec ses amis les plus proches.

Il se dégage une telle intimité d’un coup de téléphone que ce moyen de communication n’est employé qu’une fois que l’amitié est bien enracinée. Seulement 9 % des répondants ont mentionné qu’ils échangeraient leur numéro de téléphone en premier dans une nouvelle amitié. Par contre, entre meilleurs amis, les appels téléphoniques sont le deuxième choix de moyen de communication.

Il est intéressant de voir la gradation de l’intimité selon le moyen de communication utilisé.

Vous est-il déjà arrivé de vider le réservoir à eau chaude, un vieux réservoir à eau chaude, en voulant prendre un bain?

Quand ce vieux réservoir est presque vide, il puise immanquablement dans son fond une mixture d’eau non filtrée, brouillée de poussières, de rouille et de boue.

Ce que crachent alors les robinets me fait penser à ce que crachent les notifications de Facebook quand la plateforme sociale a atteint, elle aussi, le fond.

Quand il n’y en a plus, il y en a encore

On remarque que les notifications de Facebook atteignent le fond quand celles-ci ne pointent plus vers du contenu potable et frais.

Par notifications, j’entends ces « alertes » que Facebook m’envoie pour m’informer qu’il y a du nouveau contenu, selon mes paramètres, qui devrait m’intéresser : un tel a partagé mon message ou une telle a commenté mon commentaire sur son commentaire.

Or, en prévision de mes vacances dans le fond des bois, j’avais volontairement cessé de publier ou de commenter une bonne semaine avant de partir.

Sagement, je me suis abstenu de commenter, de répondre, ou même d’aimer un statut, afin de laisser tarir la liste des notifications de Facebook.

Toutefois, arrivé au fond du baril, voilà que l’algorithme de Facebook commence à pomper des saletés : des notifications de groupes obscurs auxquels je me suis abonné jadis, ou pour devenir ami avec telle ou telle personne, que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam.

J’ai probablement mal réglé mes paramètres, mais c’est l’équivalent de mal entretenir un vieux chauffe-eau…

Nourrir la bête

Les notifications, dites personnalisées, cherchent en fait à entretenir le simulacre d’une vie bien chargée d’interactions avec son réseau.

En atteignant le fond, au lieu de se taire et de nous laisser tranquilles, les notifications continuent à accaparer notre attention pour nous garder rivés à nos appareils.

Les notifications, volontairement imprécises (un simple nombre ou un vague message), entretiennent un suspense pour susciter la curiosité.

Si la notification m’indiquait à la place « N’ouvre pas Facebook, tu vas perdre ton temps, ce n’est qu’une invitation à un autre groupe lamentable », j’en serais ravi.

Toutefois, le cours des actions de Facebook n’aurait jamais monté au-dessus de la barre des 90 $.

Notifications, jusqu’à épuisement des utilisateurs

Cette fonction d’alerte est bel et bien au service de la plateforme, on l’aura compris.

Ce qu’on pourrait imaginer à tort comme servant une fonction uniquement « sociale » (m’alerter des activités de mon réseau) a aussi une fonction « média » (ce qui justifie bien l’appellation « média social »).

Comme les médias traditionnels, qui doivent occuper les ondes ou alimenter leurs pages coûte que coûte, Facebook doit conserver l’attention de l’utilisateur et se comporte donc comme un média. L’été, tout comme les médias, il pompe le fond du baril. Il faut bien nourrir la bête.

Il n’y a pas de mal à se laisser prendre au jeu, tant que l’on en connaît les limites (et que l’on sache bien gérer les paramètres).

Quand j’étais petit, on me racontait cette histoire (probablement apocryphe) d’une famille d’immigrants fraîchement débarquée ici et qui n’allait jamais se coucher avant que l’homme à la télévision ne dise bonne nuit, à la fin des émissions. Le lendemain, les traits tirés sur leur visage indiquaient leur condition de victimes des médias.

Vous n’avez qu’à changer l’animateur de fin de soirée par les notifications de Facebook et cette famille devient nous tous (à un degré ou à un autre, nous sommes des immigrants dans Facebook). Cette histoire que l’on me racontait pourrait bien s’appliquer, en fait, à tous ceux aujourd’hui qui sont victimes des notifications.

Les notifications sont des animateurs de fin de soirée fous qui, au lieu de nous inviter à nous coucher, nous relancent malicieusement, rictus en coin : « Hey! Vous ne connaissez pas la dernière? »

En ce moment, sur Facebook, tout le monde semble en vacances. Les photos de plage, de fêtes, de bonheur s’accumulent sur notre fil d’actualité. Les utilisateurs des médias sociaux se présentent généralement sous leur meilleur jour, et l’été, il est plus facile d’être beau et de bonne humeur. Dans les médias sociaux en général, disons qu’on évite, le plus souvent, de mal paraître. Trop d’artifices, pas assez d’authenticité? C’est l’avis de la vedette YouTube Casey Neistat, qui compte plus de 870 000 abonnés sur sa chaîne.

Neistat vient de lancer une nouvelle application qui cherche à retirer une couche de mise en scène dans nos relations virtuelles. Après la tentative (décevante) de Ello, l’an dernier, qui visait elle aussi une certaine quête d’authenticité, Beme est une autre de ces plateformes qui s’inscrivent en faux contre les médias sociaux existants qui livrent une « version sculptée, calculée, calibrée de soi-même ». Neistat a voulu créer un antidote.

En gros, Beme ne vous donne pas le choix de transmettre vos vidéos sans filtre, sans retouche. En fait, vous ne pourrez même pas voir ce que vous enregistrez avant de le publier pour vos amis.

Comment ça fonctionne?

Pour enregistrer, vous devez tenir votre téléphone contre vous ou contre un objet. Vous entendrez un premier son qui vous indique que l’enregistrement a débuté. Les vidéos sur Beme ne durent jamais plus que quatre secondes. Quelques secondes plus tard, un deuxième signal marquera la fin de la vidéo, qui sera automatiquement envoyée à vos amis. Ces derniers la verront dans leur fil d’actualité et, une fois visionnée, elle disparaîtra. L’application fonctionne avec un capteur de proximité. Quand il est couvert (parce que sur vous ou sur un objet), et que Beme est active, l’enregistrement démarre automatiquement.

L’application est offerte gratuitement dans le magasin d’applications Apple, mais pour accéder à son contenu, vous devez obtenir un code d’invitation de la part d’un utilisateur. D’ailleurs, cette façon de faire semble attiser l’intérêt des utilisateurs, et on assiste à une véritable chasse au code sur Twitter.

Bousculer les conventions

Avec Beme, on sort du cadre habituel des réseaux sociaux. Ici, pas de « j’aime », de pouces en l’air ou de coeurs. La seule interaction possible consiste à prendre un égoportrait lorsqu’on visionne une vidéo. Sur le même principe que la vidéo, une simple pression sur l’écran prend la photo et l’envoie.

On verra bien si Beme fera autant d’adeptes que Snapchat. La notoriété de Neistat sera-t-elle une garantie de succès? Une chose est certaine, le concept bouleverse certaines règles établies des médias sociaux. Ainsi, vous ne pouvez pas faire de mises en scène élaborées avant de publier votre vidéo, et Beme vous encourage à garder les yeux sur ce qui vous intéresse, plutôt que de vous attarder à vous filmer ou à vous prendre en photo.

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Cette application, comme l’explique cet article du magazine Wired, met l’accent sur le rôle de médiateur de nos téléphones. Plus particulièrement, elle cherche à limiter la façon dont nos expériences quotidiennes sont médiées par notre téléphone. Intéressant.

Les écueils du début

Cela dit, Beme ne fait pas l’unanimité. Une journaliste techno a tout de suite souligné le défi supplémentaire de son utilisation pour une femme. Selon Casey Johnston, comme pour bien des produits de jeunes entreprises web, les femmes doivent trouver une façon d’utiliser une application qui a visiblement été conçue pour et par des hommes. Disons simplement que ce n’est pas aussi simple de poser le téléphone sur son torse quand on a une poitrine.

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L’autre problème que souligne Wired, c’est que l’authenticité, ce n’est pas très amusant. Instagram aurait-elle connu le même succès sans les filtres? Et si, justement, c’était ces petites fonctionnalités qui rendaient nos applications intéressantes? Quand on travaille sur le contenu qu’on diffuse, n’est-il pas meilleur que dans sa version brute?

Et c’est là le paradoxe du créateur de Beme, qui s’est forgé un nom en ligne grâce à son ingéniosité de vidéaste. Et comme le souligne Wired, nous ne sommes pas tous des Casey Neistat. Sa caractéristique principale? C’est quelqu’un qui mène une vie atypique et qui relate ses exploits. On y revient. Il est peut-être tout simplement là, le gage de succès d’un réseau social, dans son habileté à faire croire au plus grand nombre de personnes possible qu’elles mènent une vie intéressante. On préfère être la star d’un film qu’on embellit que le sujet brut d’un documentaire dans l’instant même.

Catherine MathysFacebook se lance dans la musique?

par

 publié le 9 juillet 2015 à 11 h 30

Dans le merveilleux monde de l’écoute de musique en flux continu (streaming), les amateurs de musique ne manquent pas de choix. De plus en plus de services, comme Spotify, Tidal ou, plus récemment, Apple Music, se joignent au mouvement. Vous n’êtes pas certain de savoir de quoi il s’agit? J’expliquais récemment les tenants et aboutissants du phénomène à l’émission Dessine-moi un dimanche sur ICI Radio-Canada Première.

La popularité de l’écoute en continu

Comme je le mentionnais à la radio, cette façon de consommer de la musique a le vent dans les voiles. Les revenus liés aux abonnements de ces services numériques ont dépassé les ventes de disques physiques pour la première fois en 2014, avec une augmentation de 39 % en une seule année. Les téléchargements représentent encore 52 % des ventes de musique, mais ils sont en déclin. L’avenir, tel qu’il se présente à l’heure actuelle, appartient à l’écoute en flux continu et… aux ventes de vinyles qui ont augmenté de près de 55 % en 2014. Wow!

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Et voilà qu’un nouveau participant se lance dans la mêlée. Tout indique que Facebook serait en train de préparer son propre service d’écoute en flux continu. La nouvelle a d’abord été rapportée par le site Music Ally, qui cite des sources anonymes à l’effet que Facebook souhaite non seulement poursuivre le développement d’un service de vidéos natives (et non pas reliées à un autre site comme YouTube), en particulier des vidéos musicales, mais que celui-ci serait accompagné d’un service d’écoute en flux continu.

Le réseau de tous vos besoins

Les rumeurs allaient bon train depuis quelques semaines. On savait que Facebook tissait des liens avec certaines maisons de disques, mais sans trop savoir pourquoi. Si l’on en croit les sources de Music Ally, le développement du service de vidéos musicales serait assez avancé et son lancement serait même prévu dans les prochains mois. Quant à la lecture en continu, Facebook serait encore en train de finaliser son plan d’affaires.

Facebook veut donner à ses utilisateurs de moins en moins de raisons de quitter son site. Après le lancement de Instant Articles, qui permet aux médias de publier directement leurs articles sur Facebook, voici que le réseau social souhaite aussi contourner YouTube pour le visionnement de vidéos. Et les chiffres montrent que ça fait l’affaire de son milliard d’abonnés. Le visionnement de vidéos sur Facebook a explosé dans les derniers mois. On est passé de 1 milliard de vidéos vues par jour en septembre 2014 à plus de 4 milliards. La musique ne serait que la suite logique. Facebook veut devenir l’arrêt obligatoire pour tous vos besoins en ligne. Et il est en voie de réussir.