Billets classés sous la catégorie « Réseaux sociaux »

Catherine MathysQuel est le meilleur moment pour tweeter?

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 publié le 30 juin 2015 à 12 h 56

Twitter, malgré ses difficultés financières, reste un des réseaux sociaux majeurs en 2015. Avec ses codes et règlements bien particuliers, il faut souvent un peu de temps avant de dompter la bête pour en faire une utilisation efficace. En 140 caractères, il faut tenter de trouver un écho dans un fil de nouvelles qui, parfois, se renouvelle à toute vitesse.

Une nouvelle étude vient apporter quelques pistes sur un sujet bien spécifique : la meilleure heure de diffusion de nos messages. C’est Buffer, un service qui permet aux utilisateurs de publier et de programmer des liens sur plusieurs comptes de médias sociaux à la fois, qui vient tout juste de publier les résultats de son analyse de 4,8 millions de tweets envoyés à partir de 10 000 comptes Twitter sur une période de 5 ans.

Les heures de pointe sur Twitter

Les chiffres le montrent bien. La période la plus achalandée sur Twitter se situe entre midi et 13 h, alors que la moins achalandée se trouve la nuit entre 3 h et 4 h. Il s’agit d’une moyenne établie à partir de 10 fuseaux horaires.

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Si l’on se penche sur les détails des résultats, on voit cependant de grandes variations selon les régions en ce qui a trait à l’heure la plus populaire sur le réseau social. Les heures indiquées correspondent aux heures locales.

  • Los Angeles, San Francisco : 9 h du matin.
  • Denver, Chicago, New York, Boston, Atlanta, Miami : midi
  • Madrid, Rome, Paris : 16 h
  • Cape Town, Le Caire, Helsinki : 20 h
  • Sydney : 22 h
  • Hong Kong : 8 h du matin
  • Tokyo : 2 h du matin (!)
  • Shanghai, Taipei : midi

Pourquoi une heure en particulier est-elle plus populaire qu’une autre? Les facteurs sont nombreux, selon Buffer. Cela peut être, par exemple, l’heure à laquelle les utilisateurs ont davantage accès au web (au travail, dans les transports, etc.). Certains outils comme Followerwonk ou Crowdfire vous permettent de savoir quand tweeter pour atteindre vos abonnés. Est-ce donc nécessaire de viser ces heures à fort achalandage? Pas forcément. Tout dépend de vos objectifs et de votre auditoire.

Alors, quand faut-il tweeter?

Il faut d’abord déterminer ce que vous voulez. Si vous cherchez plus de clics sur vos liens, visez la nuit ou le petit matin. Si vous cherchez davantage de réponses, de favoris ou de personnes qui relaient votre tweet, c’est, au contraire, le soir que vous devez privilégier.

Regardons d’abord les clics. En effet, les tweets envoyés entre 2 h et 3 h du matin ont proportionnellement plus de clics que les autres. Ce qui est intéressant, c’est de constater que, quand le volume de tweets est particulièrement élevé, le nombre de clics diminue. Quand le fil de nouvelles est très actif, on clique donc moins sur les liens contenus dans chaque message. Si vous voulez qu’un lien ait plus de chances d’être ouvert, il vaut mieux éviter la période de pointe (qui est probablement le midi pour nous, si l’on se fie aux données pour les États-Unis). Cela dit, une heure de pointe dans un endroit n’est pas la même ailleurs. Tout dépend du public que vous visez.

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Le rapport de Buffer a aussi analysé 1,1 million de tweets provenant de ses utilisateurs américains entre janvier et mars 2015. Ce sont ceux qui sont envoyés le soir entre 21 h et 22 h qui sont les plus relayés et qui obtiennent le plus de favoris en moyenne. C’est à 3 h du matin que les messages sont le moins relayés (mais obtiennent le plus de clics). Le degré d’engagement de l’utilisateur de Twitter varie donc beaucoup dans une journée. Parfois, il créera un lien avec vous en relayant vos tweets, mais à d’autres heures, il pourra seulement s’intéresser au sujet dont vous traitez sans pour autant vous le signifier.

Et pour vous, selon l’expérience que vous en faites, quelles sont les meilleures heures pour tweeter?

 

Martin LessardL’expérience Periscope à Baltimore

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 publié le 30 avril 2015 à 13 h 26

L’actualité en direct n’est pas de tout repos, et c’est pourquoi elle est considérée comme les ligues majeures du journalisme, l’équivalent de la LNH en sport.

Un nouvel outil issu des médias sociaux s’ajoute maintenant à l’arsenal du reporter: Periscope.

Periscope est une application sous iOS qui permet de diffuser en direct sur Twitter en un clic. (Meerkat fait la même chose. Maxime décrit les différences entre les deux applications sur notre blogue Triplex.)

Lors des récents événements à Baltimore, des journalistes se sont lancés pour tester Periscope sur le terrain.

Les nouvelles se vivent à hauteur d’homme, dans la rue et sans montage. Cela donne une impression de proximité si réaliste que nous croirions y être.

La tension est palpable, le dénouement imprévisible. Les nouvelles semblent se développer devant nous, elles ne sont plus prémâchées ni formatées.

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Paul Lewis du journal The Guardian, Alexandra Limon de Fox News 5 et Jay Korff d’ABC7 ont emmené leurs abonnés se promener parmi  les manifestants pour les interviewer, tout en décrivant ce qu’ils voyaient.

CKUT avait fait une couverture web en direct du printemps érable en 2012. Alors que l’équipement de CKUT, bien que léger, n’était pas à la portée de tous, Periscope est une app que tout le monde peut télécharger (la version Android est attendue incessamment).

Les commentaires sur les flux vidéo abondent souvent dans ce sens: les vidéos Periscope ont changé la vision des événements — qui n’étaient présentés à la télévision jusqu’alors qu’en tant que violence gratuite et chaos total.

Il est évident qu’une longue et lente vidéo donne plus de nuances qu’un court et expéditif dix secondes où, immanquablement, c’est le camion de police renversé et incendié qui sera conservé pour la diffusion.

On verra à l’usage si ce type de journalisme en direct sera intégré systématiquement ou non dans les pratiques des grands médias (le nombre de visionnements reste encore de loin inférieur à une diffusion sur les ondes télévisuelles).

En fait, la vraie question est celle-ci: «Si Pericospe (ou Meerkat) est un « outil démocratique » pour faire du « journalisme citoyen en direct », pourquoi n’y a-t-il pas eu davantage de diffusions provenant des citoyens eux-mêmes à Baltimore?»

Peut-on mettre ça sur le dos d’une application exclusivement iOS? Une fois qu’elle sera sur Android, la donne changera-t-elle?

Je crois que c’est plutôt une question d’expertise. La compétence de décrire ce qui se passe en temps réel, de faire des liens avec d’autres faits et d’attacher tout ça dans une construction narrative haletante, tout en restant le plus objectif possible, n’est pas donnée à tous.

Offrir de façon personnelle et sans montage un compte rendu sur place pendant l’événement est sans contredit une expérience qui transforme le journalisme direct.

À ce jeu, les journalistes professionnels restent encore des champions.

L’expérience grandeur nature peut commencer…

Martin LessardPeriscope : ce que les médias peuvent y gagner

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 publié le 22 avril 2015 à 16 h 50

Il y a une quinzaine de jours, je vous avais décrit les types de contenus que permettaient Meerkat et Periscope.

Ces deux applications mobiles simplifient grandement la diffusion de flux vidéo en direct à partir d’un cellulaire.

Pour l’instant, elles ne sont offertes que sur des appareils iOS — et en version beta pour Android dans le cas de Meerkat.

Periscope possède une meilleure intégration à Twitter et domine nettement dans les utilisations, comme le suggère ces statistique basé sur le nombre de mentions sur Twitter.

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Dans ce billet-ci, je vais m’intéresser à un usage possible de Periscope pour les personnes qui travaillent dans des émissions de télé et de radio. Cela dit, ceux qui gèrent des sites web, des forums, des balados ou une websérie peuvent très bien s’en inspirer.

Filmer en direct une émission?

Filmer une émission de radio a son charme, tout comme voir les coulisses d’un téléjournal. Toutefois, ces diffusions n’apportent pas grand-chose de nouveau.

Dans le cas de la télévision, cela va même à l’encontre de l’effort consacré à créer cette illusion de perfection artificielle. Lorsque les spectateurs voient l’envers du décor, le charme est brisé.

Dans le cas de la radio, c’est un peu mieux. Mais, là encore, l’effet de nouveauté passé, le fait de voir des gens parler à travers le micro d’un cellulaire nous éloigne de la qualité à laquelle on est habitué à la radio.

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Non, filmer en direct est, au mieux, anecdotique, au pire, ennuyeux. C’est bien pour se familiariser avec les outils, mais on peut faire mieux.

Pour les médias, démarrer un flux Periscope, c’est comme téléphoner à quelqu’un. Ce n’est plus un rendez-vous, c’est une interruption!

Il faut donc éviter de dédoubler l’émission qui, au fond, est bien mieux transmise par d’autres canaux que par la caméra d’un cellulaire.

Les deux usages que je souhaite voir émerger chez les gens des médias qui s’intéressent à Periscope, c’est, premièrement, offrir une forme de primeur, et deuxièmement, la possibilité d’interagir avec les gens sur le plateau.

C’est dans la poche!

On peut imaginer qu’une émission régulière, celle du matin ou du midi, par exemple, diffuse sur Periscope le sommaire de l’émission qui s’en vient.

Quelques heures ou quelques minutes avant l’émission, la personne qui anime, ou qui est chargée de la recherche, peut diffuser des bribes du sommaire.

Ainsi, dès que la présence d’un invité est confirmée, on peut l’annoncer! Voilà ce qu’un abonné veut savoir quand il est dérangé en marchant! C’est aussi une façon agréable de lui rappeler le rendez-vous médiatique à venir!

C’est comme une autopromotion, à savoir une de ces capsules que le réseau passe pour annoncer ce qui s’en vient, mais contrôlées directement par les gens dans le studio.

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Cependant, il ne faut pas oublier une chose. La notification sur Periscope arrive sur un cellulaire. C’est donc comme un coup de téléphone! Qui aime être dérangé par quelqu’un qui ne souhaite que monologuer?

Il faut donc s’ouvrir à l’interaction.

100 % de votre attention

Pour éviter le travers inhérent aux médias traditionnels (l’approche unidirectionnelle de la communication), il faut profiter au maximum des interactions avec le public sur Periscope.

Le sommaire une fois brièvement dévoilé ou l’invité annoncé, l’animateur peut répondre à quelques questions.

Si l’on dérange les abonnés dans leur poche, et qu’on leur demande leur attention, il faut qu’en retour ces derniers aient eux aussi 100 % de l’attention de la personne qui diffuse.

Répondre aux questions ou aux demandes en direct est une interaction forte qui devient une façon de bâtir un public et de le rendre fidèle.

C’est aussi une bonne façon de prendre le pouls de l’auditoire sur un sujet donné et, peut-être, de modifier les questions ou l’angle par la suite. Certainement, en tout cas, c’est une façon de se rapprocher davantage de son auditoire.

Même si, actuellement, on ne parle qu’à une poignée de personnes sur Periscope, il ne faut pas s’attarder pour l’instant au nombre (les grands médias sont habitués à s’adresser à des centaines de milliers de personnes). Ces premiers abonnés de Periscope ont en effet une grande influence dans leur réseau.

Finalement, les émissions qui savent comment rejoindre leur auditoire ont toujours une longueur d’avance. C’est le nerf de la guerre par les temps qui courent…

Catherine MathysFacebook suit tout le monde

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 publié le 14 avril 2015 à 15 h 21

Vous l’avez sûrement déjà remarqué, il suffit de faire une recherche Google sur un produit pour retrouver des publicités du même genre de produits sur votre profil Facebook. Ce n’est un secret pour personne, Facebook traque nos clics sur le web pour mieux cibler sa publicité. Ce qu’on ne savait pas, par contre, c’est que le réseau social le plus populaire suit aussi ceux qui n’ont pas de compte Facebook.

Facebook suit tout le monde

C’est ce qui ressort d’une étude de chercheurs belges des universités de Louvain et de Bruxelles qui révèle, en effet, que Facebook suit la trace  de tous ceux qui visitent ses pages, qu’ils soient membres ou non du réseau. Donc, si vous pensiez échapper aux griffes du plus grand réseau social en évitant de vous y abonner, eh bien, c’est peine perdue.

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Le rapport explique donc que, si vous visitez un site avec des modules d’extension sociaux (13 millions de sites en ont), même si vous êtes déconnecté de Facebook, le réseau continue de récolter vos données grâce aux cookies qu’il aura installés sur votre ordinateur. C’est une pratique relativement répandue. Google utiliserait la même façon de faire.

Là où c’est plus inquiétant, c’est quand un non-abonné, donc quelqu’un qui ne soupçonne rien, est traqué. En effet, il suffit qu’un internaute visite une page ou un profil Facebook public pour que le cookie soit installé. Le pire dans tout ça, c’est que c’est détaillé dans leur politique de confidentialité. Vous savez, ce document qu’on ne lit jamais? Eh bien, tout est là. Ce n’est même pas caché.

« Utilisons-nous des cookies si vous n’avez pas de compte ou si vous vous êtes déconnecté(e) ?

Nous utilisons des cookies même si vous n’avez pas de compte ou si vous vous êtes déconnecté(e). (…)

Nous plaçons également des cookies si vous n’avez pas de compte Facebook, mais que vous avez consulté le site facebook.com. Ici aussi, ces cookies nous aident à protéger les Services Facebook et ses utilisateurs de toute activité frauduleuse. Ces cookies nous aident ainsi à détecter et prévenir la création massive de faux comptes et les attaques entraînant un refus de service.

Si des cookies sont stockés sur votre navigateur ou sur votre appareil, nous les lisons lorsque vous consultez un site comportant un module social. »

La loi européenne

Ce n’est pas parce que ce n’est pas caché que c’est légal pour autant. En effet, pour être conforme au droit européen, l’installation de cookies doit se faire avec le consentement préalable de l’utilisateur. Facebook se retrouverait donc en pleine illégalité.

Cet état de fait avait déjà été souligné dans un précédent rapport commandé en février par la Commission de la protection de la vie privée de Belgique à la suite des changements apportés à la politique de confidentialité de Facebook au début de l’année.

La réaction de Facebook

La semaine dernière, Facebook a réagi dans un billet de blogue. Richard Allan, vice-président des politiques de Facebook en Europe, reprend un argument souvent entendu dans ce genre de situations. Selon lui, l’utilisation de cookies améliore l’expérience de l’utilisateur en mémorisant certaines de ses préférences, comme la langue, par exemple. M. Allan rappelle que ces cookies aident aussi Facebook à offrir de la publicité personnalisée aux abonnés.

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D’accord, mais en ce qui concerne la traque des non-abonnés, qu’est-ce que répond Facebook? Allan qualifie la pratique d’involontaire. Elle serait en fait reliée à une faille qui permettait effectivement de déposer des cookies sur les ordinateurs de certains internautes qui n’étaient pas membres de Facebook. Selon lui, il s’agit d’une erreur qui serait en voie d’être corrigée.

Piqué au vif, Allan reprend huit affirmations, pour les débouter une à une, même si elles ne sont pas directement reliées au rapport lui-même. On se dispute essentiellement le sens donné à certains termes. Par exemple, Allan n’aime pas le mot « tracking » pour désigner l’information colligée sur la navigation des internautes.

Pour lui, ça semble être une méthode acceptable pour un site qui, le rappelle-t-il, est gratuit.

Une décision à venir

La Commission de la protection de la vie privée de Belgique doit rendre une décision sur les actions à prendre, faisant suite à ce rapport, le 29 avril prochain.

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La situation est de plus en plus délicate pour Facebook en Europe. D’autres groupes en France, en Espagne et en Italie se penchent actuellement sur les politiques de confidentialité de Facebook pour analyser la façon dont sont utilisées les données des 300 millions d’utilisateurs européens.

Le printemps européen s’annonce déjà chaud pour le réseau. Dossier à suivre!

 

Martin LessardL’esthétique du direct de Meerkat et de Periscope

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 publié le 13 avril 2015 à 15 h 30

L’expression « egocasting » dérive de broadcasting (diffusion générale), qui a aussi donné narrowcasting (diffusion ciblée)

Le terme est apparu dans un article de Christine Rosen qui a fait école, « The Age of Egocasting » (The New Atlantis) il y a 10 ans. L’expression suggérait un monde où tout le monde peut devenir un média.

L’arrivée de Periscope et de Meerkat est le dernier et ultime pas dans cette direction.

Ces deux applications mobiles simplifient grandement la diffusion de flux vidéo en direct à partir d’un cellulaire (accessible seulement  sur iOS pour l’instant).

Sans être nécessairement un terme péjoratif, egocasting décrit bien le fait que la diffusion émane d’une seule personne. On pourrait traduire par egodiffuseur.

Esthétique du direct citoyen

Comme la plupart des mobiles disposent de deux caméras, il y a fondamentalement deux types de contenus distincts. (Trois, en fait, si on compte un mélange des deux.)

1- Caméra arrière : c’est le paysage, le tourisme, la découverte.

1-

L’égodiffuseur propose de publier l’endroit où il se trouve (intérieur ou extérieur).

Il commente (ou pas). Il partage avec ses amis ce qu’il voit ou ce qui l’entoure : un événement, ses amis, une balade en voiture, une place animée, un événement…

Tout repose sur les mots-clés employés. #NYC ou « Tour Eiffel » feront plus d’audience que Plattsburgh ou « Dans ma cour ».

C’est la fonction originalement imaginée par les constructeurs de Periscope (« What are you seeing now ») et de Meerkat (la caméra arrière est activée par défaut).

2- Caméra frontale : c’est l’interview, la conversation, la rencontre.

2-

L’égodiffuseur est le centre de l’attention, le sujet de la diffusion.

Il parle, commente ou répond aux questions de l’audience sur le mode de la confidence ou du partage.

Certains se filment avant de faire une activité (prendre la route, entrer en studio de télé, parler avec des amis). C’est comme Chatroulette, mais sans le risque pour l’audience de se montrer.

3- Un mélange des deux : c’est l’enquête, la balade ou le reportage.

3-

L’égodiffuseur fait son propre montage en direct, basculant de la caméra arrière à la caméra frontale pour faire comme un journaliste et commenter en direct des faits, un moment, un lieu.

C’est la possibilité de devenir CNN soi-même.

La téléréalité pour tous?

Si la caméra de dos offre parfois de beaux moments provenant de touristes, c’est du côté de la caméra frontale que se trouve à mon avis la nouveauté.

Assurément, c’est de la téléréalité à son paroxysme. Ce qui semble revenir souvent dans les flux accessibles est le « Ask me anything » : demandez-moi ce que vous voulez.

L’égodiffuseur se prête au jeu de répondre à toutes les questions ou presque. C’est une façon charmante de rencontrer des gens ordinaires d’un peu partout dans le monde.

L’audience reste assez faible : rarement, le nombre de personnes en train de regarder le flux en même temps dépasse 100.

C’est tout de même dans cette forme d’interaction forte que se trouve l’esthétique propre à ces nouveaux outils.

À moins d’avoir un sujet fort à proposer (une vedette, un accident, un lieu touristique connu), l’audience reste très volatile:nbsp;: elle s’en va rapidement si elle ne peut pas intervenir.

Alors, répondre aux questions ou aux demandes en direct, cette interaction forte, devient une façon de se bâtir une audience et de la rendre fidèle.

La téléréalité à une personne semble donc être ce qui caractérise le plus les contenus générés par la caméra frontale.

Et je ne serais pas surpris de voir émerger des personnes capables de maîtriser l’art du rendez-vous sur Meerkat ou Periscope, afin se bâtir une notoriété dans les prochaines semaines, surtout quand ces applis seront enfin accessibles sur Android.