Billets classés sous la catégorie « Réseaux sociaux »

Martin LessardDes inconnus sur mon fil Twitter

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 publié le 20 octobre 2014 à 14 h 27

Le fil d’actualité sur Twitter est simple à comprendre : on y trouve absolument tous les messages des comptes auxquels on s’abonne, et ce, dans l’ordre dans lequel ils ont été publiés.

Mais voilà, plus on a d’abonnés, plus le fil devient indigeste. Et moins Twitter devient pertinent.

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Twitter a annoncé vendredi, sur son blogue, qu’il compte changer ça :

« Il y a des moments, selon nous, où des messages que nous pensons pertinents pour vous vous échapperont. Pour vous aider, nous testons plusieurs moyens d’inclure ces tweets dans votre fil — des tweets que vous trouverez pertinents ou amusants. »

Avec ce nouvel algorithme, qui sera graduellement mis en place sur tous les fils d’actualité, les utilisateurs recevront des tweets de comptes qu’ils ne suivent pas.

Ces tweets seront « sélectionnés sur des critères comme l’activité des comptes suivis, la popularité des tweets et le nombre de membres de leur réseau qui interagissent avec ces comptes ». (Source : L’expansion)

Ceux qui connaissent déjà le compte expérimental de Twitter @MagicRecs savent déjà à quoi s’attendre.

Ce compte vous indique quand ceux que vous suivez republient le même message ou s’abonnent à un même compte. Cette convergence dans votre réseau est le signal algorithmique d’une certaine pertinence.

Le compte MagicRecs vous envoie ensuite un message privé pour vous suggérer ces tweets ou ces comptes jugés pertinents.

Se sauver de l’effet réseau

Les changements annoncés vendredi sont en quelque sorte l’application directe de @MagicRecs sur tous les comptes.

Le fait d’être sur Twitter démontre à la base une certaine volonté d’être à l’affût de tout ce qui se dit à l’instant dans la communauté que l’on suit.

On peut donc penser que le changement annoncé sera une bonne nouvelle, car Twitter a bien besoin d’une bonne bouffée d’air frais.

Il m’a semblé en effet que, dans la dernière année, Twitter commençait à ne plus profiter entièrement de l’effet réseau.

On évalue l’effet réseau en fonction du nombre de connexions :  l’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de noeuds qui la composent.

L’effet réseau, appelé aussi loi de Metcalfe, annonce que le nombre de noeuds (n) d’un réseau augmente la valeur du réseau global de façon exponentielle (qui tend vers n à la 2), car le nombre de liens potentiels augmente plus vite entre les noeuds que le nombre de noeuds lui-même. (Entre 4 noeuds il y a 6  liens possibles. Ajoutez un 5e noeud et c’est 3 liens supplémentaires qui s’ajoutent!)

Dans le cas de Twitter, l’essoufflement que j’ai perçu dans la dernière année au profit de Facebook provient du manque de pertinence du fil d’actualité à mesure que l’on ajoute de nouveaux comptes.

Si l’utilité du réseau, en tant que plateforme, augmente avec le nombre de liens, l’utilité de la communauté diminue assurément après un certain nombre de liens.

Sans algorithme de triage, c’est l’asphyxie qui guette le réseau.

Voilà pourquoi je ne crois pas que Twitter ne va s’en tenir qu’à cela. Attendons-nous à ce que le fil d’actualité se complexifie davantage au cours des prochains mois.

Catherine MathysLes réseaux sociaux ou le plaisir de parler de soi

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 publié le 14 octobre 2014 à 11 h 46

À l’émission La sphère du samedi 11 octobre, on a parlé de l’identité numérique des enfants forgée à partir des traces laissées en ligne par leurs parents. À partir de cet article du Guardian, on s’est demandé pourquoi cette pratique s’était généralisée et surtout si elle pouvait nuire plus tard aux enfants. La question est dans l’air du temps. En mai dernier, le réseau NPR faisait un reportage sur la question. Nos enfants seront les premiers à avoir une identité numérique avant même d’être nés, souvent avec l’échographie du bébé. Et, comme je le mentionnais à l’émission, les Canadiens sont champions de cette pratique si l’on en croit les données du sondage de la firme de sécurité informatique AVG.

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Le magazine en ligne Planète F soulève aussi la question de l’empreinte numérique des enfants que les parents laissent avec la publication de multiples photos. On peut y lire le professeur André Mondoux, professeur à l’école des médias de l’UQAM et spécialiste en technologies socionumériques : « Être parent n’est plus un rôle social valorisé comme autrefois. Cette reconnaissance passe maintenant par les photos de nos petites frimousses et par le nombre de “like” qu’elles vont chercher. On a besoin de se faire dire qu’ils sont beaux, ça veut dire que l’on existe socialement comme bon parent. Et se le faire dire en temps réel, c’est bon pour l’égo. »

L’importance de la publication en ligne

Dans son plus récent livre Tell everyone: Why we share and why it matters (Dites-le à tout le monde : pourquoi nous publions en ligne et pourquoi c’est important), qui paraît aujourd’hui même, Alfred Hermida, professeur associé à l’Université de Colombie-Britannique en journalisme numérique et médias sociaux, analyse nos propensions à afficher nos expériences, nos opinions et nos émotions en ligne. Cet article du Globe and Mail expose sa démarche à travers une entrevue où il trace les grandes lignes de sa pensée.

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Selon Hermida, la publication de vidéos virales, de nouvelles, de statuts et autres échanges numériques peut s’avérer futile, mais elle contribue, au contraire, à se bâtir du capital social en montrant à notre auditoire ce qui est réellement important pour soi. Si on publie un contenu drôle, par exemple, on le fait d’abord pour rire avec d’autres. Si nous rions ensemble, on se ressemble peut-être un peu. C’est rassurant.

Bien sûr, la nature de la bête structure nos échanges. Comme l’instantanéité de la technologie modélise nos comportements, nous sommes plus souvent dans l’action que dans la contemplation, ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle pour la nuance qui se fait plus rare dans nos propos. Cela dit, il y a maintenant 10 ans que nous affichons nos vies sur Facebook. Comme le rappelle Fabien Loszach dans l’émission de samedi, le mouvement ne semble pas près de s’essouffler.

En général, les réseaux sociaux sont faciles à utiliser. On les a intégrés à nos vies. Les Canadiens comptent parmi les plus branchés au monde avec 33 h d’utilisation d’Internet par mois, et nous sommes 19 millions sur une population totale de 35 millions à avoir un compte Facebook.

Hermida soutient qu’on s’attarde beaucoup à la façon dont on se branche, mais peu sur les raisons qui nous poussent à nous brancher. Il soutient que les médias sociaux ne sont qu’un nouvel espace qui nous permet de créer des liens sociaux, ce que nous avons toujours fait en tant qu’espèce, par ailleurs. Bien sûr, le contexte numérique implique que nos échanges les plus anodins puissent être archivés et redéployés par d’autres à n’importe quel moment.

La difficulté des réseaux sociaux comme Facebook, c’est qu’ils homogénéisent nos auditoires autrement segmentés dans notre vie de tous les jours. Habituellement, nous adaptons notre comportement en fonction du caractère public ou privé du contexte. En ligne, tout a le potentiel de devenir à la fois public et privé. Nous modifions nos échanges pour rejoindre l’auditoire que vous pensons atteindre et en fonction de ce que nous souhaitons qu’il pense de nous.

Le plaisir de parler de soi

Dans son livre, Hermida parle du terme anglais « meformer », c’est-à-dire quelqu’un qui parle toujours de lui-même. Selon l’auteur, on ne peut en vouloir aux utilisateurs des réseaux sociaux de ne parler que d’eux-mêmes puisque c’est ce que nous faisons de mieux. Il dit que 30 à 40 % de tous nos échanges quotidiens tournent autour de nous-mêmes. Hermida fait référence à cette étude de l’Université Harvard, qui confirme que de parler de soi est même une activité hautement agréable. En utilisant des électroencéphalogrammes, des chercheurs ont déterminé que notre cerveau émet de la dopamine lorsqu’on parle de soi. Il est donc physiquement valorisant de dévoiler de l’information personnelle.

En effet, bien qu’on sache que les êtres humains parlent beaucoup d’eux-mêmes, on en savait peu sur les mécanismes derrière ce comportement. Avec cette étude, on réalise que de parler de soi déclenche des réactions primaires de récompense au même titre que manger ou faire l’amour. Ce n’est pas rien. Si les réseaux sociaux nous en donnent l’occasion, pourquoi s’en priver? L’étude nous apprend que le simple fait de trouver une occasion de parler de soi est très valorisant.

La recherche de Harvard conclut que la simple communication des croyances et des pensées est importante dans l’adaptation sociale d’une personne. On parle ici de créer de nouvelles alliances et de nouveaux liens sociaux, d’utiliser la rétroaction des autres pour mieux se connaître ou encore de repousser les limites des connaissances qu’on peut accumuler. Ainsi la motivation de vouloir sans cesse se dévoiler est essentielle aux comportements qui assurent notre sociabilité en tant qu’espèce. Bon, voilà qui est dit. Maintenant, vous pouvez retourner sur Facebook en toute quiétude.

 

 

 

Catherine MathysSnapchat fête ses 3 ans

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 publié le 25 septembre 2014 à 12 h 37

Demain, le réseau de messagerie éphémère Snapchat aura 3 ans. Retour sur l’ascension fulgurante d’une jeune entreprise qui serait désormais évaluée à 10 milliards de dollars et qui fait des émules un peu partout.

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Snap quoi?

Vous ne faites pas partie des 100 millions d’utilisateurs actifs mensuels de l’application mobile? C’est peut-être parce que vos belles années d’adolescence sont derrière vous. En effet, la moitié des utilisateurs ont de 13 à 17 ans, 31 %, de 18 à 24  ans. C’est la minorité, soit 19 %, qui a plus de 25 ans. L’application est surtout populaire en Amérique du Nord d’où proviennent 55 % de ses utilisateurs, ou devrais-je dire utilisatrices, puisqu’on estime à 70 % sa clientèle féminine.

Ce qui attire tout ce monde vers Snapchat? Sans doute le fait que les messages photos et depuis peu, vidéo, s’autodétruisent en 10 secondes maximum. Rapidement, l’application s’est monté son propre écosystème de célébrités à l’instar de YouTube, de Vine ou d’Instagram, surtout depuis qu’elle permet la publication d’histoires. Ces dernières sont en fait un récapitulatif de toutes les photos et vidéos prises dans les dernières 24 heures et qu’on peut partager avec un groupe d’amis fermé.

Qui est derrière Snapchat?

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Snapchat est une entreprise en démarrage créée en 2011 par Bobby Murphy et Evan Spiegel. Mais pas, selon Frank Reginald Brown IV, qui revendique la paternité de l’idée qu’il avait d’abord nommée Picaboo. L’histoire fait un peu penser à celle de Facebook avec sa querelle entre Mark Zuckerberg et les jumeaux Winklevoss. Dans le cas de Snapchat, les trois étudiants se sont rencontrés au sein de la fraternité Kappa Sigma de l’Université Stanford. En septembre 2014, une entente a été conclue entre les deux parties. Bien que les détails de celle-ci ne soient pas dévoilés, on sait que Brown voulait toucher un peu de la fortune des deux propriétaires qui détiennent à eux seuls 30 % de l’entreprise multimilliardaire.

L’application que tout le monde s’arrache

Une récente étude mentionne que 70 % des étudiants consultent Snapchat une fois par jour contre seulement 11 % pour Facebook. Il n’est donc pas étonnant que Facebook ait tenté de racheter la jeune entreprise pour 3 milliards de dollars en novembre 2013. Google aurait même tenté de déjouer l’offre de Facebook en offrant 4 milliards.

Contre toute attente, Snapchat a refusé toutes les offres de rachat pour faire grimper son évaluation. Sage décision puisque, en août 2014, l’entreprise a atteint les 10 milliards de dollars en évaluation. C’est l’investisseur Kleiner Perkins Caufield & Byers qui a investi 20 millions de dollars sur la base de cette évaluation. Même le géant chinois Alibaba a failli investir dans Snapchat à partir de cette même évaluation.

Pourquoi Facebook veut-il imiter Snapchat?

Ne pouvant la racheter, Facebook a décidé d’imiter la célèbre application. Dans un premier temps, en juin dernier, l’entreprise de Mark Zuckerberg a créé Slingshot qui permet d’envoyer photos et vidéos qui s’autodétruisent en 15 secondes maximum. Jusqu’ici, c’est familier. La différence de Slingshot se situe surtout dans la mécanique entre utilisateurs, puisqu’il faut absolument envoyer un message avant de pouvoir lire celui qui nous est adressé. C’est la façon qu’a trouvée Facebook de créer une communauté autour de sa nouvelle application.

Cela dit, plusieurs n’y voient qu’une pâle copie de Snapchat, vraisemblablement vouée à l’échec. C’est peut-être pour cette raison que Facebook s’est lancé dans ses propres essais de messagerie éphémère. On pourrait décider de laisser son statut en ligne pour une durée donnée : 1 heure, 3 heures, 6 heures, 12 heures, 24 heures, 2 jours ou même 7 jours. Après cette période tout le contenu du message, du statut aux commentaires, serait effacé, mais les données resteraient stockées sur les serveurs de Facebook pendant 90 jours.

Cette fonctionnalité n’est accessible que pour certains utilisateurs de Facebook en version iOS, dans certains pays. Reste à voir si le champion des réseaux sociaux ira de l’avant en offrant cette nouvelle option à tous. Une chose est certaine, tous ces efforts confirment la popularité de la formule Snapchat. En attendant de savoir quel géant pourra récupérer le réseau, chacun y va de ses propres essais.

Catherine MathysRas-le-bol de la frénésie du web?

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 publié le 29 août 2014 à 11 h 36

Le 21 août dernier, Ma mère était hipster, un webzine portant sur la culture émergente montréalaise, publiait un statut sur sa page Facebook dont voici un extrait :

« Actuellement, la culture se consomme en mode fast food. (…) C’est pourquoi MMEH entreprendra, dès septembre, un virage slow media. Nous revendiquons la lenteur. Nous revendiquons le droit de nous poser sur les œuvres qui nous sont offertes et de prendre le temps de les comprendre, de les décortiquer, de les apprécier. Pour retrouver le plaisir des mots, de l’écriture, de la découverte. Pour avoir le temps de se laisser séduire. »

Le slow media, ou la volonté de ralentir le rythme de publication et de lecture imposé par la frénésie du web, n’est pas un phénomène nouveau comme en fait état cet article de La Presse datant de 2010. Ces dernières années, des sites comme Longform et Longreads ont popularisé la publication d’articles de plus de 2000 mots en ligne. Bien que ces longues lectures puissent paraître antinomiques au caractère souvent instantané des échanges sur le web, l’idée semble s’inscrire dans une mouvance plus large où la lenteur et la qualité du contenu s’opposent à la course effrénée qui caractérise notre consommation du web. Prenons l’exemple d’un phénomène en croissance qui illustre ce ras-le-bol du déferlement d’information, le retour en force des infolettres.

Le retour des infolettres

Le 29 juin dernier, David Carr, du New York Times y consacrait un article. Des journalistes, mais aussi des médias, semblent mieux trouver l’attention du lecteur à travers des infolettres. Oui, oui, des infolettres envoyées avec un bon vieux courriel. David Carr mentionne une étude qui date de mars 2014 où 940 cadres disent préférer l’infolettre à Internet ou aux applications mobiles quand vient le temps de s’informer.

Pour expliquer le retour des infolettres dans la faveur populaire, David Carr accuse le flux continu d’information qui nous assiège au quotidien. C’est comme si l’infolettre arrivait avec des contours bien définis dans notre boîte de messagerie et mettait un peu d’ordre et de prévisibilité dans la masse de messages et de liens que nous recevons. Et parce que, dans l’ordre habituel des choses, on lit d’abord nos courriels avant d’aller voir nos médias sociaux, l’infolettre devient une source primaire d’information.

David Carr mentionne que le service de MailChimp, qui se spécialise dans l’envoi de courriels commerciaux aux usagers, ajoute près de 10 000 abonnés par jour pour un total de 400 millions de courriels quotidiens. C’est comme si pour se sortir du lot, il fallait revenir aux anciennes méthodes qui s’avèrent désormais plus efficaces pour s’informer directement à la source. L’infolettre propose un résumé de quelques liens qui peuvent nous intéresser et possède une qualité qu’ont bien peu d’informations trouvées sur le web, c’est-à-dire qu’on les reçoit à notre demande. Recevoir une infolettre sous-entend ainsi un intérêt réel pour le sujet ou la thématique en question, ce qui peut économiser à la fois temps et énergie.

Ralentir le rythme permet donc de revenir à d’anciennes technologies qu’on croyait moins pertinentes, mais aussi de repenser le format du réseau social tel qu’on le conçoit habituellement.

Un nouveau réseau social basé sur la qualité et non la quantité 

Dans cette volonté de prendre son temps pour s’informer, un nouveau réseau social est également en train de naître. Son nom comme sa mission sont simples. Le réseau s’appelle This. et permet à ses utilisateurs de ne recommander qu’un seul lien par jour (offert en version bêta pour le moment). Il s’agit en quelque sorte d’un réseau qui cherche à faire ralentir le rythme. En effet, comment réussir à lire tout ce que les membres de notre réseau nous recommandent chaque jour? Y arrivez-vous? Et si on prenait le temps de réfléchir et de ne choisir qu’un seul lien cette journée-là?

Bien sûr, la rareté crée la valeur. Quand on ne peut recommander qu’un seul lien par jour, on le choisit avec soin, et le lecteur le reçoit avec autant d’attention en sachant qu’il a été choisi pour son grand intérêt. D’ailleurs, dans une entrevue accordée au Nieman Journalism Lab de Harvard, l’idéateur du réseau Andrew Golis mentionne qu’il souhaite remplacer le traditionnel « j’aime » par « merci ». Merci d’avoir pris le temps de lire, de réfléchir et de penser que ça pourrait m’intéresser au-delà de tout le reste qui a été diffusé dans la journée.

Golis ne veut pas que son réseau social soit celui qu’on consulte machinalement sur le trottoir en marchant, mais bien celui qu’on prend le temps de consulter tranquillement le soir, une fois les enfants couchés. Il pense même éventuellement, pour revenir à notre sujet précédent, permettre aux usagers de créer des infolettres personnalisées selon leurs centres d’intérêt.

Il ne s’agit sûrement pas du prochain Facebook pour ce qui est du nombre d’abonnés, mais beaucoup y trouveront assurément leur compte pour simplifier leur rapport à l’infobésité. Et ce genre de réseau social s’inscrit tout à fait dans le mouvement du slow media. J’en profite pour souhaiter bonne continuation au webzine Ma mère était hipster dans sa nouvelle formule.

Et puis, avez-vous trouvé mon billet trop long à lire? ;)

 

YouTube empruntera-t-il la stratégie de contenus exclusifs de Netflix? C’est du moins ce que rapporte Reuters. La célèbre plateforme de diffusion vidéo serait en période de discussion avec Hollywood et des producteurs indépendants afin de financer du contenu dit «premium», ou exclusif.

Un changement de philosophie

Cette volonté d’obtenir davantage de contenu exclusif de qualité montre que le produit est en pleine transition. Depuis son achat par Google en 2006, YouTube n’a pas été détrôné du segment vidéo des médias sociaux. C’était la plateforme où n’importe qui pouvait mettre en ligne n’importe quoi : vidéos de vacances, d’animaux de compagnie, et tutti quanti. Progressivement, elle est devenue le canal privilégié pour du contenu qui ne trouvait pas sa place à la télévision. Il suffit de penser au succès d’EpicMealTime ou de Jon Lajoie. Leur popularité, entièrement redevable à YouTube (et leur talent jusque-là méconnu), a aussi été récompensée en générant des revenus pour les millions de lectures de leurs vidéos.

C’est très certainement par ce contenu créé par les utilisateurs que Google a découvert la vocation de YouTube. Avec des millions de vues pour certaines vidéos (parfois des futilités absurdes : 33 millions pour 10 heures de Nyan Cat en répétition), une nouvelle ère est apparue. Des publicités ont commencé à être publiées, sur le site et pendant la lecture des vidéos. L’argument de vente était simple : le trafic généré par une quantité infinie de contenus était monstrueux. De plus, avec l’approche TrueView, la pub ne sera facturée qu’après un certain temps de lecture.

La réalité des revenus publicitaires

En réalité, Google souffre de la baisse progressive des coûts publicitaires. Le volume de publicités vendues n’augmente plus de manière aussi exponentielle qu’à l’heure des premiers grands succès de la plateforme. Google doit donc miser sur des produits exclusifs qu’il pourra vendre plus cher. En ce sens, il sera possible de réclamer plus d’argent pour une campagne publicitaire sur YouTube si elle accompagne une série exclusive.

YouTube est en mutation constante, et ces discussions en sont une autre étape. Fin juin, Google annonçait déjà les nouvelles conditions de monétisation pour les vidéoclips : les maisons de disque devront négocier une entente avec eux. Sans dire qu’on ne pourra plus y trouver de vidéos de chiens courant après leur queue, on peut s’attendre à davantage de publicités pour ponctuer nos périodes de procrastination.