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Vendredi dernier, une journée de réflexion sur les mutations dans l’univers de l’information a eu lieu à Montréal. Organisée par le Centre d’études sur les médias de l’Université Laval, elle visait à poser les jalons d’une réflexion qui s’inscrit dans le cadre du Plan culturel numérique du Québec. Plusieurs experts, journalistes et gestionnaires de médias se sont succédé tout au long de la journée. Je présenterai ici un résumé des propos de l’éditeur du Toronto Star, M. John Cruickshank, qui illustre bien les défis que doivent relever bien des quotidiens papier dans leur transition, souvent réfractaire, vers les nouveaux médias.

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À qui la faute?

Le Toronto Star a longtemps, pour ne pas dire toujours, été dépendant de son édition papier pour sa survie. Mais voilà, comme d’autres, il se met à chercher un nouvel auditoire. Une seule évidence s’impose : le papier ne sera plus le support principal des nouvelles à l’avenir.

Cela dit, selon M. Cruickshank, il est faux de penser que la révolution numérique est la seule responsable des problèmes éprouvés par les médias traditionnels. En fait, il est d’avis que les journaux vivraient la même crise existentielle, même si Internet n’avait jamais existé.

Avant la télévision, l’hégémonie des journaux comme source d’information était telle qu’elle ne pouvait que finir par s’effriter. C’est l’offre qui est la véritable responsable. Les journaux ont commencé à lutter pour conserver l’attention de leur lectorat quand la télévision est arrivée. Lorsqu’il y a une solution de rechange, l’attention est facilement détournée. Les journaux télévisés ont aussi pâti de l’arrivée du câble parce que ce dernier diversifiait l’offre à l’heure habituelle du téléjournal.

L’argent : le nerf de la guerre

Mais voilà, n’en déplaise aux patrons de presse, Internet est arrivé. Et le premier effet économique s’est fait sentir dans les petites annonces. En perdant l’industrie des annonces classées au profit d’Internet, les journaux sont passés d’entreprises florissantes aux revenus élevés à des entreprises tout juste sur le seuil de la rentabilité.

Depuis plus d’une dizaine d’années, le souci principal des journaux est de retenir les jeunes et de livrer les auditoires recherchés aux publicitaires. En ne trouvant plus la clientèle souhaitée dans les pages des journaux, les publicitaires se sont tournés vers Internet, où ils ont trouvé un outil publicitaire moins cher et plus ciblé.

Et pourquoi les journaux n’ont-ils pas réagi à ce moment-là? Parce qu’ils ne savaient pas trop quoi faire à l’époque, dit M. Cruickshank. L’option de la tablette n’était évidemment pas envisageable pour eux. En réduisant les coûts d’impression et de distribution, ils espéraient renverser la vapeur et conserver leur rentabilité. Mais comme l’éditeur du Toronto Star le dit si bien : « L’espoir n’est pas une stratégie. »

Trois constats du numérique

Selon M. Cruickshank, le numérique n’est pas non plus la panacée. Il en tient pour preuves trois constats : Internet est important, mais la portée réelle de la publicité est moindre, le numérique n’a jamais réussi à soutenir financièrement une salle de nouvelles, et les auditoires ne migrent pas.

Le vieux modèle ne peut plus marcher et, d’ailleurs, il est étonnant qu’il ait fonctionné aussi longtemps. Recevoir un produit qui vaut environ 1 $, livré à sa porte tous les jours? Jamais une entreprise n’a offert à sa clientèle un tel service pour un autre produit.

Bien sûr, chaque journal a son site web. Mais selon M. Cruickshank, les nouvelles de dernière minute ou les manchettes d’actualité qu’on y retrouve servent à attirer un auditoire passager. Le défi est de le retenir. Et personne ne veut payer pour des nouvelles. Les murs payants ne seraient pas une solution viable. Alors, que faire? C’est là tout le défi qui attend le Toronto Star et tant d’autres médias traditionnels.

La tablette : la solution parfaite?

À l’automne 2015, le Toronto Star déploiera sa nouvelle application pour tablette, calquée sur le modèle de La Presse+. Et quel enthousiasme! M. Cruickshank n’a pas manqué de répéter qu’il s’agissait de la meilleure application du monde. C’est dire à quel point les attentes sont élevées.

Pour M. Cruickshank, la tablette présente de nouvelles perspectives commerciales en allant chercher un jeune auditoire, le plus recherché par les publicitaires. De plus, elle est portative, mais pas autant que le téléphone. On peut donc y consulter des contenus plus détaillés.

Selon l’éditeur, le Toronto Star est en voie de devenir une entreprise tant de nouvelles que d’auditoires qui livre son contenu aux lecteurs comme aux publicitaires sur diverses plateformes.

Cela dit, il ne souhaite pas faire une croix sur le journal papier qui demeure le journal le plus lu au Canada. Il veut donc continuer de plaire à sa fidèle clientèle tout en se créant un nouvel auditoire avec son application pour tablette. Et il maintient qu’elle sera gratuite. Reste à voir comment celle-ci permettra au journal de se maintenir en vie. Certains en doutent déjà.

 

Catherine MathysL’effet Charlie Hebdo sur la presse écrite

par

 publié le 23 janvier 2015 à 16 h 09

Le numéro de Charlie Hebdo, paru après les terribles événements du 7 janvier 2015, s’est vendu à 7 millions d’exemplaires. C’est un record dans l’histoire de la presse française. Le 14 janvier, plusieurs quotidiens ont rapporté que de longues files d’attente étaient visibles un peu partout dans la ville devant les kiosques à journaux; les clients espéraient obtenir le fameux numéro de la semaine. Mais les gens sont aussi repartis avec d’autres journaux, si l’on en croit les ruptures de stock de Libération et du Canard enchaîné.

Avec toutes les sources d’information dont on dispose aujourd’hui, pourquoi les Français ont-ils choisi de se tourner vers les journaux papier dans les semaines qui ont suivi l’attentat?

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Des records de ventes pour les journaux français   

Selon Le Figaro, au lendemain de l’attentat, « plus d’un million d’exemplaires de la presse quotidienne nationale ont ainsi été vendus en kiosque et chez les marchands de journaux, contre une moyenne de 600 000 exemplaires, en temps normal. »

Le journal Libération, qui a hébergé les membres survivants de l’équipe de Charlie Hebdo pour la préparation du prochain numéro, a plus que quintuplé ses ventes le 8 janvier, pour atteindre 165 000 exemplaires vendus alors qu’il ne s’en vend en moyenne que 30 000.

Il n’a pas été le seul journal à augmenter ses tirages. C’est l’ensemble de la presse écrite française qui a vu ses ventes faire un bond spectaculaire. Au lendemain de l’attentat, Le Figaro a augmenté ses ventes de 134 %, Le Monde de 175 %, tandis que celles du journal Les Échos ont doublé. Dans l’un de ses articles, Le Figaro mentionne que cette progression s’est aussi fait sentir dans la presse régionale. Par exemple, le journal Ouest-France a augmenté ses ventes de 36 %.

Une lancée qui se poursuit?

Bien que l’engouement pour la presse écrite se soit apaisé, il est demeuré tout de même plus fort qu’à l’habitude au lendemain des événements de Charlie Hebdo. Bien sûr, la teneur de l’actualité y était pour quelque chose : l’attaque contre la policière à Montrouge, la prise d’otages à l’Hyper Cacher et la traque des frères Kouachi, puis le grand rassemblement du 11 janvier. Le lendemain de ce dernier, Le Figaro a connu une hausse de 80 % de ses ventes.

Chez nous, les files étaient aussi très longues pour mettre la main sur l’une des 6500 copies de Charlie Hebdo distribuées au Canada. Les gens en ont-ils profité pour acheter autre chose ici aussi? J’ai contacté La Presse et Le Devoir pour savoir ce qu’il en était. Le journal La Presse, bien qu’il ait noté une fréquentation accrue de ses plateformes numériques, n’était pas en mesure de m’indiquer si ses tirages avaient augmenté et donc s’il avait vendu plus de journaux.

Le journal Le Devoir, quant à lui, a effectivement augmenté son tirage de 2000 exemplaires au lendemain de l’attentat. Le quotidien a aussi observé une augmentation de la fréquentation de son site web ainsi que de sa page Facebook dans les jours qui ont suivi. N’ayant pas encore les rapports de ventes finaux pour cette période, on ne pouvait pas me dire de quelles façons les événements avaient influencé les ventes.

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Pourquoi se tourner vers la presse écrite en temps de crise?

Pour Le Devoir, cet engouement pour la presse écrite se ressent souvent lors d’événements marquants. Les moments rassembleurs font augmenter les ventes de journaux et ce n’est pas forcément lors de catastrophes. Le journal a pu observer ce phénomène au lendemain d’élections provinciales ou fédérales, qui font généralement augmenter ses ventes de 50 %, les jours suivants le 11 septembre ainsi que ceux qui ont suivi l’élection de Barack Obama.

Bien sûr, ces événements nous ont aussi tous rassemblés sur le web, que ce soit sur les sites d’information ou sur les réseaux sociaux, ou encore devant les chaînes télé d’information en continu. Toutefois, je trouve particulièrement intéressant qu’on se tourne aussi vers la presse écrite à la suite d’un événement marquant. Qu’est-ce qui explique ce comportement? Selon le Syndicat de la presse quotidienne nationale, cité dans l’article du Figaro, ce serait pour assouvir un besoin d’analyse en profondeur. Soit, mais ces mêmes analyses se trouvent aussi en ligne.

Quelles seraient les autres raisons? Selon moi, d’abord, cela s’expliquerait par le confort de la lecture et le besoin, en temps de crise, de s’arrêter pour mieux réfléchir, ce que le rythme effréné du web maintes fois évoqué sur ce blogue ne permet pas toujours de faire. Ensuite, le journal papier (ou le magazine d’actualité) demeure le dernier artefact d’information, le dernier refuge physique du contenu. C’est bien la seule façon de conserver une trace de l’actualité. Et si, dans un monde de plus en plus immatériel, on avait davantage besoin de garder des repères du passé?

 

De très nombreux sites français ont été piratés pour qu’y soient diffusés des messages de propagande, notamment djihadiste.

Il n’en fallait pas plus pour faire dire au premier ministre français, Manuel Valls :

« Comme le prévoit la Loi antiterroriste votée récemment, la priorité, c’est de travailler sur Internet, c’est là qu’une partie de la radicalisation se forme. »

Ce genre de réflexion, bien des députés ici au pays ne la renieraient pas. Rappelez-vous Joy Smith, du Parti conservateur du Canada, qui avait proposé une loi sur l’assainissement d’Internet (C-427). Une façon déguisée de contrôler Internet.

Contrôler Internet? Policer les médias sociaux? Le rêve éveillé de bien de politiciens, d’ici et d’ailleurs.

Par exemple, pas plus tard qu’hier, le premier ministre britannique a suggéré de bannir, ni plus ni moins, des services de messagerie populaires comme Snapchat et WhatsApp.

Pourquoi? Parce que ces services de communication cryptés ne donnent pas accès aux messages à ses services sociaux!

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« La sécurité […] ne peut pas se discuter. » Ah oui?

« La sécurité des Français ne peut pas se discuter. » C’est comme ça que le premier ministre français a coupé court à la discussion.

Là-bas ou ici, il n’y a pourtant qu’une seule réponse : si, elle peut être discutée, si la « sécurité » mène à des dérives, comme la censure, la surveillance et la perte de liberté de parole.

À mon avis, la réponse n’est pas davantage de contrôle, mais une meilleure application des lois déjà existantes.

Il y a des discours haineux sur les réseaux sociaux? Les lois en place sont là pour régler notre vie en société, comme c’est le cas déjà sur la place publique.

Lisez « Apologie du terrorisme : les condamnations pleuvent » sur Planet.fr et vous verrez que la justice peut faire montre de fermeté à l’égard de ceux qui expriment leur soutien en ligne aux djihadistes, plusieurs sanctions allant jusqu’à la prison ferme ayant été prononcées.

Benoit Thieulin, à la tête du Conseil national du numérique, nous le rappelle dans une entrevue sur PetitWeb : « Le net est d’abord le reflet de ce que nous sommes, les médias sociaux le révélateur de ce qu’exprime et pense la société, qu’on aime ou pas. »

Il reconnaît qu’Internet donne une caisse de résonance inédite et des moyens d’organisation à ceux qui veulent causer du tort à d’autres, mais ajoute que Facebook ou Twitter peuvent également abriter les contre-discours et la sensibilisation, comme on a pu voir avec le mouvement #JeSuisCharlie (lire mon billet précédent).

Internet n’est pas un incubateur, mais un miroir

Les auteurs des attentats de Paris de la semaine dernière n’avaient rien d’internautes influents, encore moins d’internautes auto-endoctrinés à partir de vidéos sur YouTube.

Le journaliste Damien Leloup, du journal Le Monde le résume bien :

Les auteurs des principaux attentats ayant touché la France […] ne s’étaient pas du tout « radicalisés sur Internet ». Le profil des auteurs de ces tueries montre plutôt un double processus de radicalisation, en prison ou au contact de radicaux dans des mosquées proches des salafistes.

Alors, avant même que la question : « Faut-il contrôler les médias sociaux? » émerge, arrêtons tout amalgame. Internet n’est pas un vivier à terroristes. Ce n’est que le reflet de la société, un miroir.

Cela ne veut pas dire qu’Internet n’ait pas une part de responsabilité dans les problèmes de sécurité, mais ce n’en est pas la source. Le danger commence par l’exclusion et l’éducation. Et le financement des extrémistes dans le monde : l’argent pour acheter des kalachnikovs doit bien venir de quelque part.

Nous sommes la première génération d’humains à être connectée de cette façon en réseau. On a encore beaucoup à en apprendre sur la façon de se comporter en ligne de manière civilisée.

Il n’est donc pas question de verrouiller pour les générations futures les bienfaits des médias sociaux, sous prétexte qu’il y a des débordements temporaires aujourd’hui.

Je m’attends à ce que les médias sociaux contiennent, à terme, de moins en moins de discours haineux et de menaces de pendaisons médiatiques, de la même manière que, dans la rue, on ne risque pas ce genre d’agressions.

J’abonde dans le sens de Benoit Thieulin, quand il dit d’Internet : « C’est là que se forge une partie de l’opinion, c’est là qu’il faut faire de la pédagogie, du débat, engager des conversations. » Ces conversations, c’est la démocratie.

Mais on a encore à apprivoiser le média.

Laisser les politiciens « contrôler le web » et bannir des applications au « nom de la sécurité », c’est aller contre la démocratie.

PonoPlayer

Près d’un an après un lancement remarqué sur le site de financement socioparticipatif Kickstarter, le lecteur musical haute fidélité PonoPlayer de Neil Young est finalement prêt à être lancé. Après quelques écoutes au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas, un constat s’impose : la qualité audio est au rendez-vous, mais le public cible de l’appareil devrait être particulièrement restreint.

Avec de bons écouteurs sur les oreilles et un fichier audio de qualité, l’effet est tout simplement saisissant. Une pièce que j’ai écoutée des dizaines de fois, comme Hearth of gold de Neil Young ou Reflektor d’Arcade Fire, reprend vie, avec une nouvelle profondeur et des détails que l’on perd normalement dans les enregistrements numériques. On entend pratiquement le médiator se promener d’une corde de guitare à l’autre, même dans un environnement aussi bruyant que le CES.

Ce n’est pas ma première expérience du genre. J’ai essayé d’autres appareils haute fidélité au fil des ans, et chaque fois, cette richesse se fait sentir. Est-ce que le PonoPlayer est meilleur que le nouveau Walkman à 1200 $ de Sony? Qu’un lecteur générique de fichiers FLAC relié à un convertisseur numérique-analogique (CNA, ou DAC en anglais) externe? Impossible à dire pour l’instant, puisqu’il faudrait comparer ces appareils en même temps pour s’en faire une bonne idée.

Si l’on compare l’écoute de musique sur un téléphone intelligent à celle sur le PonoPlayer, la différence est toutefois saisissante.

Qu’est-ce que le PonoPlayer exactement?
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Qu’est-ce qui explique cette qualité? Principalement deux éléments. Le lecteur de Pono Music est tout d’abord doté d’un CNA haut de gamme de la compagnie Ayre Acoustic, qui convertit les fichiers numériques en musique. Selon la compagnie, le CNA en question offrirait la même qualité que des appareils de plusieurs milliers de dollars.

L’autre raison, tout aussi importante, est que le PonoPlayer est capable de lire des fichiers numériques haute résolution, qui seront, au mieux, égaux aux CD, et parfois même supérieurs.

Ces fichiers (échantillonnage à 192 kHz en 24 bits) sont plus volumineux que les MP3 ordinaires, mais la qualité est franchement différente. Toutefois, comparé aux fichiers sans pertes encodés à partir d’un CD, comme les FLAC avec un échantillonnage à 44,1 kHz en 16 bits, il présente une différence beaucoup plus subtile.

Côté design, le PonoPlayer est particulièrement gros, et d’un format triangulaire étrange, qui se tient bien dans les mains, mais qui n’entre certainement pas dans une poche.

S’il n’est pas pratique pour ceux qui recherchent un maximum de mobilité, le format est toutefois bien pensé pour ceux qui prévoient écouter leur musique à la maison, que ce soit avec des écouteurs ou avec des haut-parleurs branchés dans le PonoPlayer directement.

Notons d’ailleurs que cet usage du PonoPlayer à la maison, avec des accessoires complémentaires haut de gamme et chers, risque d’être beaucoup plus fréquent qu’une utilisation dans le métro, en chemin vers le boulot le matin.

Techniquement, le PonoPlayer est équipé d’un écran tactile (plus ou moins beau), d’une capacité interne de 128 Go (64 interne et 64 via une carte microSD) et il est doté de deux ports audio (pour écouter sa musique à deux, pour utiliser le PonoPlayer avec un système audio ou avec des écouteurs haut de gamme capables de profiter des deux ports à la fois). Le PonoPlayer est évidemment compatible avec la plupart des fichiers audio numériques, comme les AIFF, ALAC, AAC (non protégé), FLAC ou MP3.

Relativement dispendieux
Malheureusement, le PonoPlayer est quand même cher, à 399 $US. Ce n’est pas cher par rapport aux autres appareils électroniques pour audiophiles — Sony a quand même annoncé un Walkman à 1200 $ cette semaine au CES –, mais c’est cher pour le grand public, qui possède déjà, après tout, un appareil de plusieurs centaines de dollars avec lequel ils peuvent écouter de la musique (leur téléphone).

Les fichiers musicaux, eux aussi, sont assez chers. Dans la boutique de Pono, un album se vend généralement entre 22 $ et 24 $, soit un prix considérable comparé aux CD ordinaires et aux albums numériques habituels.

Heureusement, les propriétaires de PonoPlayer pourront encoder eux-mêmes leur musique à partir de CD, mais la qualité sera alors légèrement inférieure au potentiel du Pono. La différence à l’oreille devrait toutefois être subtile, même pour les connaisseurs.

Lancement du PonoPlayer au Canada pour bientôt
Le PonoPlayer est offert en commande anticipée aux États-Unis dès maintenant pour 399 $, et l’appareil sera livré en février.

Si l’appareil devrait plaire aux audiophiles, on peut présumer que son succès auprès du grand public sera plus limité, à cause de son prix quand même assez élevé et de son format plus ou moins pratique à l’heure des téléphones intelligents archiminces.

Malheureusement, il est impossible pour l’instant de l’acheter au Canada, mais cela devrait être bientôt possible, selon ce qu’un employé de Pono Music m’a confié au CES.

« Neil est Canadien, est il est vraiment fâché que ce ne soit pas offert au Canada dès le début. On travaille fort pour qu’il y soit lancé rapidement. »

Catherine MathysL’année 2014 de Catherine Mathys en 10 billets

par

 publié le 31 décembre 2014 à 9 h 12

Comme mes collègues Martin Lessard et Maxime Johnson, je vous propose un palmarès des dix billets dont le sujet a marqué l’année qui se termine. Bien sûr, ma contribution à Triplex n’ayant débuté qu’en août, vous me pardonnerez si ma rétrospective n’a que quatre mois. Néanmoins, je crois qu’elle couvre plusieurs des sujets dont on risque d’entendre parler pas mal en 2015. Bonne lecture et, surtout, bonne année!

Ces dernières années, des sites comme Longform et Longreads ont popularisé la publication d’articles de plus de 2000 mots. Bien que ces longues lectures puissent paraître bien loin de l’instantanéité des échanges sur le web, le phénomène semble s’inscrire dans un mouvement plus large où la lenteur et la qualité du contenu s’opposent à la course effrénée qui caractérise notre consommation du web.

Le 25 août dernier, Anita Sarkeesian, auteure d’une série de capsules dénonçant les stéréotypes sexistes dans les jeux vidéo, a de nouveau reçu des menaces après la publication d’un nouvel épisode sur son compte YouTube. Depuis des années, on observe que les jeux vidéo sont faits pour et par des hommes. Et bien que certains stéréotypes soient parfois empreints de vérité, ils ne disent pas pourquoi le monde du jeu vidéo ne s’intéresse pas ou peu aux femmes. Qui ou qu’est-ce qui est responsable de cela?

Les fournisseurs Internet aimeraient que certains sites très fréquentés comme Amazon et Netflix participent davantage à la surcharge de bande passante. Les détracteurs, guidés par les associations Fight for the future et Demand progress, craignent qu’une telle proposition appliquée à tous ne mine la capacité de payer des petits fournisseurs et que seuls les fournisseurs les plus riches aient accès aux voies rapides d’Internet. La journée du 10 septembre a voulu frapper un coup pour sensibiliser le grand public à la question.

Le commerce mobile semble avoir le vent dans les voiles et de nombreuses entreprises ont flairé la bonne affaire. En juillet, Facebook s’est mise à tester un bouton « acheter », et maintenant, Twitter et Apple se tournent également vers des solutions de transactions mobiles. Les technologies sont là – il ne reste plus qu’à changer nos façons de consommer. Cela dit, au Canada, ce n’est pas encore gagné.

Le 25 septembre, Google organisait une grande rencontre à Paris dans le but de réfléchir aux épineuses questions qui entourent le droit à l’oubli. Beaucoup d’Américains voient d’un bien mauvais œil ce qui se passe en Europe. Pour eux, c’est comme si chaque pays allait pouvoir dicter son règlement sur le fonctionnement d’Internet selon ses propres lois.

Internet n’est pas une technologie à toute épreuve. Les catastrophes naturelles, les guerres, les conflits politiques ou même les révélations de surveillance électronique nous le rappellent. Qu’elles soient volontaires ou non, les interruptions d’accès au réseau Internet remettent chaque fois la force du réseau maillé à l’avant-plan. Les coupures d’Internet en Syrie et en Égypte, les manifestations à Taiwan en mars, puis en Thaïlande en mai et à Hong Kong en octobre, sont des événements qui ont provoqué la mise en place de réseaux maillés.

Le gouvernement espagnol a fait passer, cet automne, une nouvelle loi sur le droit d’auteur qui impose des frais aux agrégateurs de contenu en ligne. C’est ce que certains appellent la taxe Google. Cette loi, qui entrera en vigueur en janvier prochain, vise ultimement à protéger l’industrie de la presse écrite espagnole. Mais elle ne fait pas l’unanimité.

Si Citizenfour était une fiction, elle nous semblerait tirée par les cheveux. Or, tout est vrai. Et cette réalité est troublante. Le film présente, de façon chronologique, les rencontres des journalistes Glenn Greenwald et Laura Poitras avec Edward Snowden à Hong Kong et la façon dont les dossiers secrets prouvant la surveillance de masse de la NSA ont été révélés.

Connaissez-vous la baladodiffusion Serial? Véritable phénomène avec ses cinq millions de téléchargements ou d’écoute en flux continu sur iTunes seulement, elle serait même le plus grand succès que le genre ait connu depuis sa création. En effet, quand on aime les balados, on les aime beaucoup. Un Américain sur cinq qui en consomme en écoute en moyenne six par semaine. Une des explications à cette popularité réside dans la facilité d’utilisation, mais aussi dans la croissance fulgurante de la mobilité un peu partout.

Qu’est-ce que j’ai retenu de 2014? Selon moi, c’est l’année où nous sommes devenus conscients de la trace numérique. La preuve? On trouve sur le marché une tonne d’applications de toutes sortes qui promettent de mieux protéger (parfois à tort) notre identité et nos données en ligne. On aime de plus en plus que nos messages s’effacent, que notre identité soit cachée ou que nos communications soient chiffrées pour éviter une éventuelle interception.