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Les photos que vous prenez avec votre cellulaire peuvent contenir des données de géolocalisation.

Que ce soit pour un usage strictement personnel ou professionnel, vous souhaitez peut-être conserver l’option de géolocalisation pour référence ultérieure.

Sachez toutefois qu’une fois vos photos en ligne, ces métadonnées y restent associées.

Toute personne équipée de l’outil adéquat peut savoir où vous avez passé vos vacances, dans quel coin de la ville vous prenez vos égoportraits et, surtout, où habite votre charmant bambin photographié à profusion.

Je préfère ne pas avoir à gérer ce type de désagrément et j’ai depuis longtemps désactivé cette fonction sur mon cellulaire.

Mais voilà qu’il parait que des machines sauront un jour où ont été prises les photos, même en l’absence de données de géolocalisation.

Je sais où vous étiez l’été dernier

Une étude de chercheurs pour Google montre qu’un réseau de neurones artificiels est capable d’apprendre à décoder le lieu d’origine d’une photo.

L’équipe a créé une base de données comptant 126 millions d’images piochées sur le web, dont 91 millions ont servi à entraîner la bête. Puis, ils ont testé le reste des photos afin de vérifier le degré de précision de cet outil quant à la géolocalisation.

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Leur système, qu’ils appellent PlaNet, atteint un degré de succès allant de 3,6 % à 10,1 % selon le type de photos.

Avant de rigoler de ce faible taux, testez vous-même votre capacité à géolocaliser une photo sur la mappemonde de Geoguessr.com. Vous devez déterminer dans quelle partie du monde des images de Google Street View ont été prises.

PlaNet est bien meilleur que l’humain.

Même les photos d’intérieur!

PlaNet est même capable de repérer où votre photo de chat a été prise, même si c’est à l’intérieur de votre maison.

En effet, le décor dans lequel votre félin favori évolue vous trahit. Pour être plus précis, ce qui vous trahi plutôt, ce sont les autres propriétaires de chat de votre voisinage qui n’ont pas désactivé la géolocalisation d’images sur leur appareil. Ils ont un décor intérieur probablement très similaire au vôtre.

Le décor d’une maison à New York diffère de celui d’une habitation à Paris ou à Saint-Jean-Port-Joli. Votre décor intérieur dévoile donc un peu où vous habitez.

N’allez pas croire toutefois que toutes les photos, même sans géolocalisation, seront éventuellement des mouchards. On est encore loin, très loin, de la précision du GPS. Tout au plus, PlaNet peut, pour l’instant, différencier diverses zones découpées sur la carte.

Pour les besoins du développement de cet outil, le monde a été divisé en 26 000 zones, dont la taille varie en fonction de la quantité de photos qui y sont associées : les villes abondamment photographiées possèdent des zones plus petites, alors que les zones plus désertiques couvrent une plus grande surface.

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Ce concept vient de faire ses preuves : les images contiennent une part suffisante d’informations pour situer où elles ont été prises sur la planète. Et qui plus est, le programme PlaNet dépasse en performance les autres procédés existants et tient sur 337 mégaoctets de mémoire.

Autrement dit, PlaNet fonctionnerait très bien sur votre cellulaire.

La mémoire malgré nous

Il reste évidemment à rendre le système plus précis.

Google a accès à presque tout ce qui se publie sur Internet pour nourrir en image le système. Une version plus évoluée de PlaNet sera en mesure de géolocaliser la plupart de vos photos sans que vous l’ayez demandé et sans GPS.

Il y a encore loin de la coupe aux lèvres, mais nous pouvons nous attendre à ce que cet outil évolue vers une destination qui nous réservera bien des surprises…

Comme toujours avec le numérique, cette prouesse technique est à la fois fascinante et effrayante.

Source des images : PlaNet – Photo Geolocation with Convolutional Neural Networks, de Tobias Weyand, Ilya Kostrikov et James Philbin

Catherine MathysZero : votre méthadone techno

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 publié le 16 octobre 2015 à 12 h 10

Ce n’est pas moi qui le dis. C’est le terme employé par le magazine Time pour parler du « téléphone » Zero, qui sera bientôt lancé par la firme new-yorkaise NoPhone.

Vous aimez plus que tout prendre des photos ou faire de magnifiques vidéos? Clavarder ou texter vous rend euphorique? Eh bien, le NoPhone Zero est votre pire ennemi. Il ne vous permettra de rien faire de tout cela. En fait, il ne sert à rien du tout. Ou presque.

C’est un morceau de plastique noir coupé selon les mêmes dimensions qu’un iPhone 5 qui vise à vous soigner de votre dépendance à votre cellulaire.

Après avoir amassé plus de 18 000 $ sur Kickstarter, NoPhone offre désormais son objet en prévente. Il faut croire que plusieurs ont apprécié l’ironie derrière l’invention. Van Gould, le cofondateur de NoPhone, mentionne au Time qu’il aimerait que son entreprise devienne la plus grande compagnie de faux téléphones au monde.

Une blague qui en dit long sur nous

Sommes-nous rendus là? Vraiment? Nous pouvons soulager notre mobidépendance en touchant un morceau de plastique qui imite les contours de notre téléphone? En tous cas, avec Zero, plus d’issue. Nous n’aurons pas le choix de rester connecté à ce qui se passe autour de nous. Ça donne le vertige.

Vous êtes curieux de l’essayer? Il ne vous en coûtera que 5 $ pour tenter l’expérience d’un sevrage contrôlé de votre drogue préférée. Le site indique que ça inclut le téléphone, de l’attention accrue et un contact avec de vrais amis.

Si c’est trop radical, la version de 10 $ inclut l’imitation des boutons pour une sensation plus réelle, et la version Selfie pour 15 $ inclut un magnifique miroir. Le site offre même des forfaits pour couples ou familles.

Une réelle dépendance?

Bien sûr, nos comportements avec nos téléphones sont parfois dangereux. Nous ne regardons pas où nous allons quand nous marchons. Pire, il arrive à certains de texter en conduisant, d’où une cinquième campagne de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) pour contrer l’envoi de messages textes au volant. Ce serait 25 % des conducteurs qui décideraient d’envoyer des messages en conduisant même si presque tout le monde reconnaît que c’est dangereux.

Récemment, on a aussi vu passer sur les réseaux sociaux la série de photos d’Eric Pickersgrill. Le photographe l’a intitulée Removed. Il s’agit de scènes de la vie quotidienne où le cellulaire a simplement été retiré pour montrer à quel point il occupe nos mains et nos vies. Tout en reconnaissant les bénéfices de la technologie, l’artiste a cherché à montrer les implications physiques et sociales d’une telle utilisation.

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Un reportage diffusé au Téléjournal du 12 août 2013 mentionne que le recours au portable est « toxique » lorsqu’on ne peut littéralement plus s’en passer et que son utilisation devient une entrave à l’accomplissement de responsabilités quotidiennes. Est-ce le cas pour vous?

C’est peut-être le moment de se poser des questions. Et si le téléphone Zero permet d’en parler, c’est déjà ça de gagné.

 

Catherine MathysSouffrez-vous de nomophobie?

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 publié le 8 septembre 2015 à 14 h 14

Des chercheurs de l’Université de l’Iowa ont mis au point un test pour savoir si l’on souffre de nomophobie. C’est le résultat du mémoire de maîtrise de Caglar Yildirim qui vient d’être publié dans la revue Computers in Human Behavior.

Qu’est-ce que la nomophobie?

La nomophobie est un mal de l’ère moderne. Il s’est développé avec l’augmentation de l’interaction entre l’homme et les technologies mobiles, en particulier le téléphone.

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Avez-vous déjà perdu ou oublié votre téléphone quelque part? Pour certains, l’absence de téléphone s’accompagne d’une poussée d’anxiété qui peut s’avérer très grave. C’est dans le but de mesurer cette nomophobie et d’établir son degré de sévérité que ces chercheurs de l’Université de l’Iowa ont élaboré un questionnaire.

L’étude a été menée en deux phases. La première a consisté en l’exploration qualitative de la nomophobie à travers des entrevues avec neuf étudiants. C’est à la suite de cette étape que quatre dimensions ont été définies : l’incapacité à communiquer, la perte de connectivité, l’impossibilité d’accéder à de l’information et l’abandon de la commodité.

À partir de ces réponses, le questionnaire suivant a été élaboré dans la seconde phase de l’étude.

Le questionnaire de la nomophobie

Vous devez répondre aux questions suivantes selon une échelle de 1 (fortement en désaccord) à 7 (fortement en accord). Plus votre résultat est élevé, plus le niveau de votre nomophobie est élevé (20 étant le score le moins élevé et 140 étant le score le plus élevé).

1. Je me sentirais mal à l’aise sans un accès constant à de l’information sur mon téléphone cellulaire.

2. Je me sentirais agacé si je ne pouvais pas consulter de l’information sur mon téléphone quand bon me semble.

3. Je me sentirais nerveux si je ne pouvais pas m’informer (actualité, météo, etc.) sur mon téléphone.

4. Je me sentirais agacé si je ne pouvais pas utiliser mon téléphone ou ses fonctionnalités quand bon me semble.

5. Manquer de batterie pour mon cellulaire me ferait peur.

6. Si j’atteignais la limite de mon plan de données, je paniquerais.

7. Si je n’avais pas de signal ou de connexion wifi, je vérifierais constamment mon téléphone pour voir si le signal revenait.

8. Si je ne pouvais pas utiliser mon téléphone, j’aurais peur de rester pris quelque part.

9. Si je ne pouvais pas vérifier mon téléphone pendant quelque temps, je sentirais le besoin de le faire.

 

Si je n’avais pas mon téléphone avec moi :

10. Je serais inquiet de ne pas pouvoir communiquer avec mes amis ou ma famille instantanément.

11. Je serais inquiet de ne pas pouvoir être joint par mes amis ou ma famille.

12. Je serais inquiet de ne pas pouvoir recevoir de messages texte ni d’appels.

13. Je me sentirais anxieux de ne pas pouvoir garder le contact avec ma famille ou mes amis.

14. Je serais inquiet de ne pas savoir si quelqu’un essaie de me rejoindre.

15. Je me sentirais anxieux de savoir que ma connexion constante avec mes amis et ma famille est interrompue.

16. Je serais inquiet d’être déconnecté de mon identité en ligne.

17. Je serais mal à l’aise de ne pas pouvoir rester à jour dans l’actualité de mes réseaux sociaux.

18. Je serais mal à l’aise de ne pas pouvoir recevoir les notifications de mes connexions et de mes réseaux en ligne.

19. Je me sentirais anxieux de ne pas pouvoir vérifier ma boîte de courriels.

20. Je me sentirais bizarre parce que je ne saurais pas quoi faire.

 

Alors, qu’est-ce que ça donne?

 

Regardez-vous votre téléphone au restaurant? Vérifiez-vous vos textos au cinéma? Répondez-vous à des courriels en pleine réunion d’affaires?

Ce genre de comportement ne serait pas approprié selon une nouvelle recherche du Pew Research Center. Les résultats de cette étude sont basés sur un sondage effectué auprès de 3217 adultes dont 3042 sont des utilisateurs de cellulaire.

L’omniprésence du cellulaire

Il faut dire que les cellulaires sont partout. En 2014, pour la première fois, plus d’un adulte québécois sur deux (52,3 %) possédait un téléphone intelligent. Et parmi les 18-44 ans, c’est plus de 75 % d’entre eux qui disposaient d’un téléphone intelligent. Dans plusieurs cas, ce dernier en vient même à remplacer le téléphone traditionnel. En effet, plus d’un ménage canadien sur cinq utilise uniquement des téléphones cellulaires comme service téléphonique.

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Et bien sûr, ce fameux cellulaire n’est pratiquement jamais éteint. Notre utilisation effrénée de l’appareil entraîne donc toute une série de nouveaux défis, dont celui d’établir de nouvelles règles de bienséance. En gros, il y a des choses qui se font et d’autres qui ne se font pas. Puisque nous sommes toujours branchés, quand est-ce approprié de détourner notre attention de notre environnement immédiat?

Dans la rue, pas au restaurant

Le sondage du Pew Research Center indique que l’étiquette du cellulaire n’est pas la même suivant le contexte. En effet, 77 % des adultes sondés pensent que c’est habituellement acceptable d’utiliser son cellulaire en marchant dans la rue. Une vaste majorité de répondants (75 %) pense aussi qu’il est correct d’utiliser son cellulaire dans les transports en commun.

Par contre, seulement 38 % des Américains sondés pensent que c’est convenable de sortir son téléphone au restaurant. Dans une rencontre d’affaires ou au cinéma, n’y pensez même pas. Seuls 5 % des répondants sont d’accord avec un tel comportement.

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Un mal nécessaire?

De façon générale, les Américains voient l’utilisation sociale du cellulaire d’un mauvais œil. Et pourtant, on le fait tous. On jette un regard sur ses écrans, parfois discret et furtif, parfois pas. Dans l’étude, 89 % des utilisateurs de cellulaires avouent l’avoir consulté dans le plus récent contexte social. C’est souvent pour envoyer ou lire un message, pour faire une photo, tourner une vidéo ou même recevoir un appel (oui, ça se peut encore).

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Nos interactions avec ceux qui se trouvent en face de nous s’en voient modifiées, voire dérangées. Pour 82 % des répondants du sondage, ce type de comportement nuit à la conversation. Mais pour d’autres (33 %), ça peut ajouter un nouvel élément à la discussion.

Les femmes sont plus nombreuses à voir les aspects négatifs de l’utilisation sociale du cellulaire (41 % contre 32 % des hommes). Cette perception varie aussi en fonction de l’âge. Les répondants de plus 50 ans sont plus nombreux à la partager (45 %) que les jeunes (29 %).

Pourquoi on continue de le faire?

Là, ça devient vraiment intéressant. Pourquoi on continue d’utiliser son téléphone dans un contexte social même si on sait pertinemment que certains en seront heurtés? Pour 16 % des sondés, c’est tout simplement parce que l’activité sociale n’est plus intéressante et pour 15 %, c’est l’envie de se connecter avec une personne absente que le reste du groupe ne connaît pas. Les autres 10 % utilisent leur téléphone pour éviter de participer à la discussion. On ne se préoccupe donc pas de la réaction des autres puisqu’on préférerait être ailleurs.

Cela dit, la plupart du temps, c’est pour ajouter à la conversation et au contexte social en cours qu’on utilise son téléphone. En effet, 45 % utilisent leur téléphone pour diffuser une photo ou une vidéo de l’événement; 41 % se servent des médias sociaux ou de messages textes pour faire part d’un moment vécu; 38 % cherchent de l’information qui paraît utile ou intéressante au groupe; et 31 % se connectent à d’autres personnes connues du groupe, mais absentes au moment de la rencontre.

C’est 78 % des répondants qui affirment mettre ce type d’usage social du cellulaire en pratique contre 30 % qui se servent de l’appareil comme moyen d’évasion.

Vous reconnaissez-vous?

 

Aujourd’hui, Google lance le site Android Experiments, soit le pendant mobile du populaire Chrome Experiments.

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En fait, c’est la même idée. Google vise à y présenter des applications qui repoussent les limites de la technologie et des interfaces sur les appareils Android. Chrome Experiments a été jusqu’à présent un terreau bien fertile pour les expériences virtuelles en tout genre. On se souviendra, entre autres, du merveilleux clip interactif d’Arcade Fire The Wilderness Downtown.

Comme son prédécesseur, Android Experiments sera à code source ouvert dans le but que d’autres développeurs puissent en connaître le fonctionnement. C’est d’ailleurs le moment, si vous êtes développeur, de soumettre vos projets.

Une première galerie

La galerie présentée sur le site d’Android Experiments propose une première mouture de 19 expériences qui vont de l’outil d’exploration urbaine Landmaker à la visualisation musicale Carolina en passant par quelques jeux pas piqués des vers. Je vous le dis tout de suite, je ne me tiens pas responsable du temps que vous allez passer à jouer à Tilt. ;)

Les applications présentées ont été conçues avec des outils comme Android SDK et NDK, Android Wear, le tableau de contrôle IOIO, Cinder, Processing, OpenFrameworks et Unity. Ce serait chouette d’y voir un projet québécois!

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