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Un an après l’étonnant Hitman GO, Square Enix Montréal revient à la charge, aujourd’hui, avec Lara Croft GO, une version repensée du célèbre jeu pour les appareils mobiles. Un jeu inventif et agréable à jouer, qui devrait plaire aux amateurs de puzzles, mais qui aurait gagné à présenter un niveau de difficulté un peu plus élevé.

Hitman GO avait été, l’année dernière, un grand succès critique pour Square Enix Montréal. Le studio avait accumulé les accolades avec son titre original, qui adaptait le jeu d’assassinats en une sorte de jeu de table où tous les éléments de la marque (se déguiser pour passer devant des gardes, attirer l’attention des ennemis pour les faire quitter leur poste, etc.) étaient présents, mais avec une esthétique et des mécaniques complètement différentes des jeux de tir normaux.

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Lara Croft GO reprend exactement la même recette, mais au lieu d’assassiner une cible, la plantureuse archéologue doit explorer des ruines et amasser des artefacts. À l’aide de leviers, de pierres amovibles et autres, il est possible de trouver son chemin dans d’immenses catacombes tout en évitant les bêtes sauvages, les scies rondes géantes et les autres pièges du genre.

Contrairement à Hitman GO, le rythme est ici un peu plus fluide. Même si les deux jeux utilisent un mécanisme « tour par tour », Lara Croft GO semble avancer d’une façon moins saccadée, et les niveaux s’enchaînent d’une façon un peu plus naturelle que dans Hitman GO.

Cette fluidité, l’esthétique diorama et la musique d’ambiance appropriée font de Lara Croft GO un jeu agréable à jouer, pratiquement reposant.

Malheureusement, les grands amateurs de puzzles resteront peut-être sur leur faim, puisque les niveaux vraiment difficiles sont assez rares (même s’ils sont plus fréquents à mesure que le jeu avance).

Cette facilité relative (relative, car Lara doit parfois mourir de nombreuses fois avant que l’on comprenne comment avancer dans le jeu) devrait toutefois permettre à Square Enix Montréal d’attirer un public plus large, ce à quoi la compagnie ne dira certainement pas non.

On peut se procurer Lara Croft GO dès aujourd’hui pour 5,79 $ sur Android, iOS et Windows Phone.

Maxime JohnsonMise à l’essai de l’abordable Moto G (2015)

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 publié le 17 août 2015 à 11 h 44

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Alors que les porte-étendard des grands fabricants de téléphones semblent de plus en plus stagner, avec des améliorations seulement mineures d’année en année, les téléphones d’entrée de gamme, eux, avancent à pas de géant. La preuve : le nouveau Moto G 2015 est sans aucun doute le téléphone le plus complet qu’il est possible d’acheter pour 200$. Mise à l’essai.

Design et caractéristiques
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Le Moto G de troisième génération, lancé cet été au Canada, reprend le design de ses prédécesseurs avec quelques nouveautés esthétiques, comme une barre métallique à l’arrière du téléphone, et sa conception est un peu plus solide. Sans être exceptionnelle, l’allure du Moto G est très correcte et ne laisse pas vraiment transparaître son prix d’achat.

Même s’il n’est pas particulièrement massif, son boitier est maintenant imperméable, assez pour être submergé sous un mètre d’eau.

Notons aussi que l’appareil est doté d’un écran de 5 pouces d’une résolution de 720p. Il s’agit d’une résolution faible, mais tout à fait convenable. Les couleurs de l’écran du Moto G ne sont pas quant à elles les plus renversantes, mais elles ne sont pas vraiment fades pour autant. Même en étant l’une de ses principales lacunes, en théorie du moins, l’écran du Moto G 2015 devrait donc convenir à la plupart des usagers.

Performance et autonomie
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Côté performance, le Moto G3 est équipé d’un processeur Snapdragon 410, un peu décevant, moins puissant que les processeurs qui équipait des téléphones lancés il y plus de deux ans, mais tout de même capable de faire fonctionner toutes les applications sans trop de problèmes. L’appareil n’est pas celui sur le marché dont le fonctionnement est le plus fluide, mais bien honnêtement, son public cible ne s’en rendra probablement pas compte de toute façon.

Seule ombre au tableau, le modèle de Moto G 2015 vendu au Canada est doté d’une capacité de 8 Go seulement, avec 1 Go de mémoire vive, tandis que certains pays offrent aussi un modèle d’une capacité de 16 Go avec 2 Go de mémoire vive.

Peu importe notre degré d’utilisation du téléphone, 8 Go, c’est peu. Android et les applications installées à l’achat prennent une bonne partie de cet espace (4 Go environ), et vous aurez probablement besoin de constamment faire du ménage sur votre téléphone, surtout si vous installez souvent des applications. Heureusement, la présence d’une fente pour carte microSD mitige un peu ce problème, puisqu’il est possible d’y installer sa musique et d’y enregistrer ses photos.

La mémoire vive, elle, est dans tous les cas un peu faible. Certaines applications redémarreront donc automatiquement lorsque vous passerez d’un logiciel à l’autre, et l’appareil pourrait parfois ralentir. En pratique, l’expérience est quand même correcte, surtout pour ceux qui ne sont pas des utilisateurs avancés.

Ce n’est pas la fin du monde, mais en offrant seulement son modèle d’entrée de gamme au Canada, Motorola se prive probablement de nombreux clients plus technophiles, qui auraient pu être satisfaits par le Moto G supérieur. À défaut de pouvoir en profiter, ceux-ci préféreront probablement se tourner vers un téléphone un peu plus puissant.

Pour l’autonomie, le Moto G 2015 est équipé d’une pile de 2470 mAh, suffisante considérant les composantes de l’appareil. Malheureusement, celle-ci n’est pas amovible, mais vous devriez de toute façon pouvoir passer une journée complète sans problème.

Caméra
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La qualité de l’appareil photo du Moto G (2015) est une belle surprise. Son capteur de 13 mégapixels, le même que l’on trouve dans le Nexus 6, prend de belles images avec une mise au point rapide, surtout à la clarté. Lorsqu’il fait sombre, l’image laisse un peu plus à désirer, et la mise au point est pénible, mais il est quand même possible d’obtenir de bons clichés.

Il est bon de noter que, l’année dernière, l’appareil photo était l’une des grandes faiblesses du Nexus 6. Pourquoi est-ce ici une bonne surprise? À cause du prix. Si le capteur et le système optique utilisés par Motorola étaient décevants sur un téléphone de 600$, ceux-ci se démarquent sur un appareil de 200$, avec une qualité imparfaite, oui, mais quand même supérieure à celle à laquelle on aurait pu s’attendre.

Logiciel
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Comme avec tous les téléphones de Motorola, le logiciel est ici une grande force de l’appareil. Motorola offre une version pratiquement nature d’Android 5.1, avec quelques ajouts franchement pratiques, comme des alertes intelligentes faciles à consulter sur l’écran de veille du téléphone.

Si seulement tous les fabricants pouvaient en faire ainsi.

À qui ça s’adresse?
Le Moto G 2015 est un excellent téléphone, demandant très peu de compromis malgré son faible prix de 200$ sans entente. Et si l’on regrette que le modèle de 2 Go de mémoire vive et d’une capacité de 16 Go ne soit pas offert au Canada, force est de reconnaître que, pour ceux qui veulent un téléphone intelligent correct tout en payant le moins cher possible, il s’agit sans aucun doute du meilleur achat en ce moment.

Le Moto G 2015 est offert sans entente à Telus, à Virgin et chez Bell pour environ 200$, ou avec entente de deux ans pour 0$.

Samsung a lancé jeudi deux nouveaux téléphones intelligents grand format, les Galaxy Note 5 et Galaxy S6 Edge+. Voici quelques premières impressions sur ces deux appareils, que Triplex a eu l’occasion d’essayer brièvement la semaine dernière avant leur dévoilement.

Samsung Galaxy Note 5 : en terrain connu

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Samsung demeure en terrain connu avec son nouveau Galaxy Note, une gamme qui se distingue année après année par son grand format et par son stylet numérique S Pen, qui permet d’écrire à la main sur son appareil mobile.

Caractéristiques
Le Galaxy Note 5 a droit à quelques nouveautés, généralement inspirées du Samsung Galaxy S6, l’autre appareil phare de Samsung, lancé au printemps. Son nouveau design métallique s’inspire ainsi du S6, son interface ajoutée à Android 5.1 est sensiblement la même et plusieurs composantes ont directement été importées de ce dernier.

Tout comme le Galaxy S6, il intègre par exemple désormais un processeur Exynos 7 Octa, la recharge sans fil et les mêmes excellents appareils photo de 16 mégapixels à l’arrière (avec stabilisation optique) et de 5 mégapixels à l’avant. L’appareil photo arrière pourrait d’ailleurs bien s’avérer la principale nouveauté du téléphone par rapport au Galaxy Note 4 de l’année dernière.

Le Galaxy Note 5 intègre aussi la recharge rapide, comme avec le Galaxy S6, mais celle-ci a été améliorée, puisque recharger l’appareil est aussi rapide qu’avec le S6, malgré une pile plus grande.

Notons finalement que le Galaxy Note 5 est équipé d’un écran plus grand que celui du S6, soit un grand écran Super AMOLED de 5,7 pouces avec une résolution Quad HD (comme le Galaxy Note 4). Il est aussi doté de 4 Go de mémoire vive, contre 3 Go pour le S6.

Malheureusement, le Note 5 a également repris les défauts du Galaxy S6, soit l’absence d’une pile amovible et l’absence d’une fente pour carte microSD, deux caractéristiques que l’on retrouvait pourtant avec le Galaxy Note 4. Dommage.

S Pen : quelques améliorations
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Quelques améliorations ont aussi été apportées au stylet actif S Pen cette année. On aime tout d’abord le nouveau mécanisme pour sortir le stylet du téléphone, alors qu’il suffit maintenant d’appuyer sur le bout métallique du S Pen pour le faire sortir automatiquement.

Celui-ci est aussi plus précis qu’avant, grâce à des améliorations apportées à l’écran. Il faudra toutefois comparer un Note 4 et un Note 5 de plus près pour voir à quel point ces améliorations ont un effet ou non sur l’écriture manuscrite. Notons qu’il est aussi maintenant possible d’écrire sur l’écran du téléphone en veille directement, ce qui permet d’accélérer le processus pour la prise de note.

Samsung a aussi revu quelques-uns de ses logiciels en lien avec le S Pen. Il est ainsi finalement possible d’ajouter ses propres raccourcis au menu Air Command, qui s’active lorsque l’on sort le stylet de l’appareil. Il est aussi désormais possible d’écrire directement dans un fichier PDF, une fonctionnalité qui devrait être particulièrement appréciée de ceux qui doivent souvent signer des documents.

Convertisseur UHQ Audio : qu’est-ce que c’est?
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Autre nouveauté logicielle, le nouveau téléphone de Samsung est doté d’un outil qui permet d’améliorer artificiellement la qualité de la musique numérique, en ajoutant des fréquences audio qui ont été coupées des fichiers compressés.

Le résultat est assez impressionnant. Une fois le mode activé, un MP3 sonne résolument plus riche qu’avant.

La fonction est toutefois surtout intéressante avec les fichiers encodés avec une mauvaise qualité. L’effet sur un MP3 encodé en 2001 à 64 kbit/s est ainsi immense, alors que la différence sera pratiquement inaudible sur un fichier acheté dans les dernières années.

Bref, ceux qui disposent d’une vieille collection de MP3 pourraient apprécier la fonctionnalité, mais pour les autres, celle-ci ne changera pas grand-chose.

Samsung Pay : excellent (mais aux États-Unis seulement)
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Un petit mot aussi sur Samsung Pay, la plateforme de paiement mobile de Samsung, qui sera lancée le mois prochain aux États-Unis. Celle-ci, offerte avec le Note 5 et le S6 Edge+, fonctionne particulièrement bien, alors qu’il suffit de glisser son doigt au bas de l’écran pour faire apparaître sa carte de crédit et d’apposer ensuite son doigt sur le bouton d’accueil du téléphone pour y faire lire son empreinte digitale et effectuer un paiement.

Si la fonction rappelle Apple Pay d’Apple, les téléphones de Samsung sont dotés d’un avantage de taille, un émulateur de bande magnétique, qui permet d’utiliser son téléphone pour payer même dans les terminaux qui disposent seulement d’une bande magnétique, et non de la technologie NFC.

Alors qu’il peut être difficile de trouver un endroit où payer avec Apple Pay (surtout aux États-Unis), Samsung Pay pourra donc être utilisé pratiquement partout où il est possible de glisser une carte de crédit dans un terminal. Seuls les endroits où il faut insérer complètement sa carte, comme une station-service ou un guichet automatique, sont incompatibles.

Malheureusement, la fonctionnalité ne sera pas offerte au Canada pour l’instant, et aucune date de lancement n’a été avancée de ce côté de la frontière.

Galaxy S6 Edge+ : la même chose (ou presque)

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Il ne sera pas nécessaire d’écrire un roman pour présenter le Galaxy S6 Edge+. L’appareil dévoilé jeudi par Samsung est en fait exactement comme le Galaxy Note 5, mais sans stylet S Pen et avec un écran incurvé des deux côtés.

Celui-ci est donc une version légèrement améliorée du S6 Edge lancé au printemps, avec 1 Go de mémoire vive de plus et un écran légèrement plus grand, qui passe de 5,1 à 5,7 pouces.

Outre les nouveautés logicielles du Note 5 comme la fonction UHD Audio, celui-ci améliore aussi le menu, qui peut être affiché sur l’écran recourbé du téléphone, alors qu’il est maintenant possible d’y ajouter des raccourcis en plus de ses contacts préférés.

Pour le reste, le S6 Edge+ est simplement une version plus grande du S6 Edge.

L’appareil pourrait être intéressant pour les amateurs de grandes « phablettes » comme le Galaxy Note, mais qui ne tiennent pas forcément à son stylet actif. Notons aussi que sa pile est plus grande que celle du premier Galaxy S6 Edge, qui offrait une autonomie décevante. Il faudra attendre un essai plus long pour s’en faire une idée, mais une autonomie améliorée pourrait aussi être un atout important par rapport au S6 Edge ordinaire.

Deux mises à jour mineures

Les Galaxy Note 5 et S6 Edge+ représentent des mises à jour mineures par rapport à leurs prédécesseurs.

Dans le cas du Note 5, les amateurs regretteront certainement l’absence d’une fente pour carte microSD et d’une pile amovible, mais pour le reste, l’appareil est tout de même meilleur que celui de l’année dernière, en partie grâce à son excellent appareil photo et à son stylet amélioré.

L’intérêt du S6 Edge+ est pour sa part un peu plus limité, alors qu’il se distingue de son prédécesseur par une taille et une pile à peine un peu plus grandes, et 1 Go de mémoire vive supplémentaire.

Dans les deux cas, il reste maintenant à voir quelle sera l’autonomie de ces deux appareils, une caractéristique qui avait déçu avec le dernier Samsung Galaxy S6.

Les Galaxy Note 5 et S6 Edge+ seront lancés le 21 août prochain chez la plupart des opérateurs au Canada.

Catherine MathysComment marcher et texter en même temps

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 publié le 4 août 2015 à 14 h 18

Selon une nouvelle étude, notre démarche serait modifiée par l’utilisation de notre téléphone, et ce serait pour le mieux. En effet, nous adaptons notre manière de marcher au fait d’envoyer des messages textes, de vérifier nos profils Facebook ou encore de regarder une vidéo, ce qui nous protégerait des accidents. On adapterait tout simplement nos mouvements à ce type de distractions.

Une nouvelle marche adaptée

Les gens qui regardent leur téléphone tout en marchant font des pas plus courts, marchent plus lentement, gardent plus souvent les deux pieds sur le sol en même temps et ont une plus grande conscience des obstacles, contrairement aux apparences. C’est, en tout cas, ce qui ressort de l’étude conjointe des universités de Bath, en Angleterre, et Texas A&M, aux États-Unis, publiée la semaine dernière.

Ainsi, les marcheurs occupés par leur téléphone cellulaire se protègent plutôt bien des chutes ou des collisions avec d’autres piétons. Les chercheurs ont demandé à 30 participants âgés de 18 à 50 ans de marcher sur un circuit fait sur mesure pour tester leurs habiletés à envoyer des messages textes tout en marchant.

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Ils se sont aperçus que les participants altéraient leurs mouvements pour pallier, entre autres, leur champ de vision réduit.

Une démarche plus sécuritaire? Vraiment?

Ce n’est pas la première étude à se pencher sur l’influence du téléphone sur notre démarche. Mais d’autres études avaient des conclusions plutôt négatives. Les chercheurs de l’Université du Queensland, en Australie, avaient trouvé que l’utilisation d’un cellulaire en marchant pouvait faire louvoyer, parfois même jusqu’à perdre son équilibre, sans parler de la posture, bien sûr.

Marcher en regardant son téléphone peut être dangereux, les chiffres sont là pour le prouver. Aux États-Unis, ce type d’accident rapporté dans les urgences a quintuplé entre 2005 et 2010. Au Québec, entre 2011 et 2013, pas moins de 27 piétons ont été blessés – dont cinq gravement – dans des incidents où l’inattention des marcheurs qui textaient est la cause probable de l’accident.

Cette autre étude du Pew Research Center mentionne que plus de la moitié des jeunes utilisateurs de cellulaire de 18 à 24 ans ont fait l’expérience d’une collision avec un objet ou un autre individu en marchant.

Et qui ne se souvient pas de cette touriste tombée au bout du quai en Australie ou encore de cette jeune fille distraite par son téléphone tombée dans le métro de Montréal?

Vers un urbanisme adapté au cellulaire?

Plus tôt cet été, l’Université Utah Valley a inauguré une voie réservée à ceux qui textent en marchant dans l’un de ses pavillons. C’était à la fois une boutade et une manière de s’adapter à cette nouvelle réalité.

Ce type d’initiative a été vue tant à la télévision que dans la publicité. Des allées pour les marcheurs plus lents qui textent ont été tracées dans les rues d’Anvers, en Belgique, mais c’était dans le contexte d’une campagne publicitaire pour une chaîne de magasins de téléphones cellulaires.

Les villes de Chongqing, en Chine, et de Washington DC, aux États-Unis, ont également mené des expériences similaires. Dans le cas de Washington, l’idée était née pour une expérience sur nos comportements dans une foule pour la chaîne de télévision National Geographic.

Mais mon initiative favorite est celle qu’on a pu voir à New York, où des farceurs ont trouvé une autre solution pour aider les pauvres marcheurs distraits. Avouez que c’est la plus efficace. ;)

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Martin LessardLe contexte comme interface humain-machine

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 publié le 10 juin 2015 à 16 h 06

En technologie, une interface désigne un dispositif qui permet à deux systèmes d’interagir. Vous, chers lecteurs, êtes un système quand vous interagissez avec une machine, qui est un autre système.

Tous les jours, une interface vous permet d’accéder à un monde de données qui ne seraient probablement pas à votre portée autrement.

Quand vous allez au guichet automatique, quand vous ouvrez votre cellulaire ou même en ce moment, quand vous êtes en train de lire Triplex, vous utilisez une interface.

Les interfaces sont partout.

Alors quand on se retrouve à une conférence intitulée « No Interface » à Tout le monde UX, une série de rencontres sur l’expérience utilisateur qui a eu lieu lundi dernier à Montréal, on se demande bien où cela va nous mener.

La meilleure interface, c’est l’absence d’interface

Ce conférencier, c’est Golden Krishna, et son livre The Best Interface is No Interface explique bien sa pensée. Selon lui, les interfaces aujourd’hui sont inutilement compliquées et les écrans sont des intermédiaires souvent inutiles.

« Pourquoi avoir une application sur son cellulaire pour déverrouiller sa voiture si les deux systèmes [le cellulaire et la voiture] sont déjà connectés? Pourquoi ne pas juste prendre en compte que je tire la poignée? Le contexte indique bien que je veux entrer dans la voiture, non? »

La meilleure interface, c’est l’absence d’interface, nous dit-il.

En discutant avec lui, j’ai compris qu’il jouait un peu sur les mots. Je paraphrase : la meilleure interface, c’est l’absence d’écran.

La réponse des ingénieurs aujourd’hui consiste à ajouter un écran (ou une application) pour gérer un appareil ou un processus. Et du coup, ils nous forcent à faire une pause et à choisir dans un menu l’action qu’on souhaite faire.

« Des capteurs de mouvement sous le coffre arrière de la voiture peuvent détecter mon pied et faire ouvrir le coffre quand mes deux mains tiennent les sacs d’épicerie. Mon cellulaire peut détecter que la chaleur a augmenté dans la voiture et baisser la température en communiquant directement avec système de climatisation quand je suis en train de rouler. »

Techniquement, ce n’est pas compliqué.

Le vrai travail se fait en amont, dans les bureaux des ingénieurs qui doivent réfléchir à quoi les fonctions serviront réellement, et arrêter de tout pelleter sur les écrans-interfaces qui forcent à faire des choix.

Le contexte sera l’interface

L’interview a ensuite bifurqué vers ces interfaces qui « n’existeront plus ».

Bien sûr qu’elles existeront encore en tant que concept. Mais dans l’avenir, elles seront en grande partie physiquement intégrées dans l’environnement contextuel, celui qui entoure nos actions.

Déjà certains thermostats anticipent notre retour et chauffent la maison avant qu’on mette le pied dans la maison.

Le contexte est riche en information, et de plus en plus d’applications ou d’outils le prendront en compte pour mieux vous servir.

Google Now on Tap, une fonction annoncée récemment, tient de cette promesse.

Vous êtes en vacances et une église vous intrigue; Google est capable de comprendre la question « quel est le nom de cette église ». Longtemps les machines n’ont pu prendre une telle fonction en charge par manque de contexte explicite. Avec le GPS, le cellulaire est capable de faire comprendre à Google de quelle église vous parlez!

Fondre l’interface dans l’environnement

D’une certaine manière, l’idée derrière no interface laisse sous-entendre qu’il n’y a plus deux systèmes qui interagissent l’un avec l’autre, mais un seul qui évolue dans le même espace.

La proposition est claire : en incluant le contexte, l’environnement qui nous entoure, dans le système, grâce aux nouveaux capteurs, devient la machine.

Et sans interface, nous sommes dans la machine, dans l’environnement-machine. Nous semblons former un seul système.

Nuançons. Ce n’est pas tout à fait vrai : vous existez toujours en tant que système indépendant. Mais c’est l’impression que cela donnera. L’impression que nous faisons un tout avec l’environnement sans la présence d’une interface explicite.

Et il ne faut pas nécessairement avoir peur.

La « machine sans interface », devenue notre environnement, sera là pour nous aider, pour faciliter notre vie.

Nous fondre dans la machine

L’affrontement annoncé dans les films de science-fiction populaires à la Terminator n’aura pas lieu. On parle davantage ici de symbiose personne-machine, ou peut-être même de symbiose personne-réseau.

Cette invitation à amalgamer l’interface à l’environnement donne le ton à cette nature technologique qui détermine à son tour de plus en plus la nature humaine aujourd’hui.

C’est l’aube de ce qui porte le nom d’informatique ubiquitaire, ou même intelligence ambiante. Nous deviendrons nous-mêmes les interfaces du monde de demain.

Telle est la promesse.

La question qui me hante maintenant : à quoi ressemblera leur bouton « J’accepte »? Vous savez, comme celui qu’on voit sous les longues conditions d’utilisation des logiciels, celui sous les textes qu’on ne lit jamais, mais sur lequel on clique toujours?