Billets classés sous la catégorie « Mobile »

Maxime JohnsonThingthing : un clavier mobile plus productif

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 publié le 3 mars 2016 à 17 h 45

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Un peu plus de six mois après son lancement sur iOS, le clavier Thingthing, d’une compagnie de Barcelone dirigée par un Québécois, accumule les honneurs. Après avoir remporté un prestigieux prix au Mobile World Congress (MWC) de Barcelone la semaine dernière, le clavier arrive aujourd’hui sur l’App Store dans sa version 2.0, qui intègre désormais la prédiction de mots.

Qu’est-ce que c’est?
Thingthing est un clavier iOS qui peut se relier directement à différents services en ligne et qui permet d’accéder au plus grand nombre d’informations possible, sans jamais devoir changer d’application. Tout en restant dans son service de messagerie préféré, on a, par exemple, accès à nos photos, à notre calendrier et à nos liens web.

« On a créé un produit qui augmente la productivité en mobilité », explique le Québécois Oliver Plante, PDG de Thingthing. Son entreprise a gagné plusieurs accolades depuis le lancement de Thingthing à la fin de l’été 2015, tout particulièrement le prix 4YFN pour une « technologie disruptive en mobilité » au dernier salon MWC.

En plus d’offrir de la visibilité auprès de l’industrie, le prix aurait notamment déjà permis d’accélérer les discussions concernant une ronde de financement à venir pour Thingthing. « C’est un peu un sceau de qualité pour nous », confie-t-il.

L’application a aussi connu un certain succès populaire, mais un ingrédient manquait à l’appel, selon Olivier Plante. « On s’est aperçu que les gens ne voulaient pas changer de clavier constamment comme ils devaient le faire au début. Ils voulaient toujours rester dans Thingthing, s’en servir comme clavier principal. On a donc créé un clavier QWERTY pour que Thingthing permette aussi d’écrire, ce qui n’était pas le cas au départ », ajoute-t-il.

« Les utilisateurs voulaient également une correction automatique aussi bonne ou meilleure que celle d’Apple », précise le Québécois qui s’est installé à Barcelone il y a maintenant six ans. Sa compagnie a donc créé son propre algorithme de prédiction de mots, qui vient tout juste d’être ajouté au logiciel.

Les prochaines étapes
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La prédiction de mots est, pour l’instant, offerte en anglais seulement. « Mais notre technologie peut facilement être utilisée avec d’autres langues », précise Olivier Plante. Des versions française, espagnole et allemande devraient d’ailleurs être lancées au cours des prochains mois.

Pour permettre à l’algorithme de prédire des mots, Thingthing analyse notamment des conversations publiques, par exemple sur Twitter et dans des forums de discussion comme Reddit.

« Toute la prédiction est ensuite réalisée sur le téléphone directement, le texte écrit n’est pas envoyé dans le nuage », ajoute le PDG.

La vision à long terme
À plus long terme, Olivier Plante espère que son clavier permettra aux utilisateurs d’être encore plus productifs, notamment en analysant le texte écrit et en offrant du contenu complémentaire.

« Si tu parles d’aller voir un film avec un ami, une icône pourrait, par exemple, apparaître pour t’indiquer quels sont les films à proximité, explique le cofondateur de Thingthing. Toute l’information serait analysée localement sur le téléphone, par contre », prend-il soin de préciser.

Une fois que l’intention de l’utilisateur est déterminée localement, des services externes seraient contactés, mais l’information tapée, elle, resterait sur le téléphone.

« La sécurité et la vie privée sont importantes. Ce qu’on écrit sur un clavier est très personnel, et ça devrait uniquement être la personne qui l’écrit qui y a accès », croit Olivier Plante.

Ceux qui souhaitent télécharger Thingthing pour iPhone peuvent le faire dès maintenant sur l’App Store. Une version Android est aussi en développement et devrait être annoncée au cours des prochains mois.

Martin LessardAMP, le web mobile accéléré

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 publié le 26 février 2016 à 14 h 23

Google a commencé cette semaine la mise en vedette des pages HTML AMP dans la version mobile de son moteur de recherche.

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AMP est un sous-ensemble de HTML qui optimise le chargement des contenus sur les appareils mobiles.

Une page HTML AMP, techniquement, est comme la page miroir d’une page HTML, mais contient des codes spéciaux et des règles strictes pour accélérer le chargement de la page.

Par exemple, AMP permet de faire un prérendu (pre-rendering) de pages avant même que vous choisissiez de cliquer sur un lien, ce qui donne une impression d’accès instantané.

Ces pages s’ouvrent en moyenne quatre fois plus vite que leur version HTLM.

Vous pouvez tester ici avec votre appareil mobile.

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Accéder au web à partir de votre appareil mobile vous semblera plus rapide dans les prochaines semaines, et soyez assuré que ça sera de plus en plus le cas, car Google a annoncé que les pages non-AMP passeraient au second plan pour toutes les recherches mobiles.

De nombreux éditeurs de contenus proposent déjà leurs pages HTML AMP, et d’autres vont le faire très bientôt.

Nous sommes des êtres foncièrement mobiles aujourd’hui. Nous nous déplaçons constamment, que ce soit pour aller au boulot ou pour aller au restaurant, pour faire des achats.

La technologie ne fait que nous suivre.

Le web se voit rattrapé lui aussi et commence à subir une (nécessaire) cure d’amaigrissement.

Maxime JohnsonCinq téléphones du Mobile World Congress 2016

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 publié le 24 février 2016 à 12 h 16

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Le salon annuel de la mobilité Mobile World Congress (MWC) se déroule cette semaine à Barcelone. Voici les cinq principaux téléphones qui y ont été dévoilés, et qui seront lancés au Canada au cours des prochains mois.

LG G5
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La palme de l’originalité au MWC revient au fabricant LG. La cinquième génération de son téléphone phare annuel arbore un design modulable, où la partie inférieure du boîtier peut être remplacée par un accessoire.

Pour l’instant, deux modules compatibles ont été annoncés, soit un convertisseur numérique-analogique produit en collaboration avec Bang & Olufsen, qui améliorera la qualité audio de l’appareil, et un module conçu pour offrir une meilleure poigne lors de la prise de photos.

Parmi les autres avantages de la conception modulaire, notons aussi la possibilité de remplacer la pile du téléphone, caractéristique autrefois fréquente, mais de plus en plus rare depuis l’arrivée des boîtiers de métal.

Le LG G5 est également doté de deux autres caractéristiques originales, soit une technologie qui permet d’activer une partie de l’écran en tout temps et un second appareil photo, à l’arrière, pour capter des images avec un objectif grand-angle.

Pour le reste, le LG G5 est un téléphone haut de gamme, doté notamment du processeur Qualcomm Snapdragon 820 de dernière génération, de 4 Go de mémoire vive, d’un écran de 5,3 pouces d’une résolution Quad HD et d’une fente pour carte microSD.

Le prix et la date de lancement du LG G5 n’ont pas encore été annoncés.

Samsung Galaxy S7 et S7 Edge
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Samsung opte cette année pour une stratégie complètement différente de celle de LG. Au lieu de miser sur les nouveautés flamboyantes, le géant coréen peaufine ses appareils phares de l’année dernière, en améliorant leurs caractéristiques et, surtout, en corrigeant leurs défauts.

Les Samsung Galaxy S7 et S7 Edge retrouvent donc la résistance à l’eau qu’ils avaient perdue l’année dernière, ainsi que leur fente pour carte microSD. Aucune pile amovible n’est ici en vue, mais leur taille a été augmentée à 3000 mAh dans le cas du Galaxy S7 et à un immense 3600 mAh dans le cas du S7 Edge.

Pour le reste, notons que les deux appareils reprennent le design de métal et de verre du modèle de l’année dernière. Le Galaxy S7 conserve son écran Quad HD de 5,1 pouces, mais l’écran recourbé du S7 Edge passe pour sa part à un plus grand format, soit 5,5 pouces. La petitesse du cadre autour de l’écran en fait toutefois un appareil assez petit dans les mains.

Les deux téléphones de Samsung offrent aussi quelques nouveautés, comme un écran toujours actif et une recharge sans fil rapide. La plupart de leurs caractéristiques ont finalement été améliorées, comme leur appareil photo, qui capte 95 % plus de lumière que le modèle de l’année dernière, grâce à une ouverture F1.7 et à des pixels plus grands sur le capteur.

Les Samsung Galaxy S7 et S7 Edge seront lancés au Canada le 11 mars, et seront vendus à environ 900 $ et 1000 $ sans entente.

HP Elite x3
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HP revient dans le marché des téléphones intelligents avec l’Elite x3, un téléphone Windows conçu pour les entreprises qui souhaitent qu’un seul appareil puisse servir à la fois de téléphone, de tablette, d’ordinateur de bureau et d’ordinateur portatif; un vieux rêve que la technologie actuelle pourrait finalement rendre réalisable.

Le HP Elite x3 est un grand téléphone de type téléphone-tablette, équipé d’un écran de 6 pouces et des mêmes caractéristiques haut de gamme que les autres téléphones phares présentés au Mobile World Congress, comme un processeur Snapdragon 820 et 4 Go de mémoire vive.

Parmi les caractéristiques plus inusitées, notons sa pile géante de 4150 mAh, sa caméra frontale de 8 mégapixels et son système audio développé avec Bang & Olufsen. Ces deux dernières caractéristiques devraient notamment être utiles pour la vidéoconférence, surtout considérant le public cible de l’appareil.

Le HP Elite x3 est compatible avec la technologie Continuum de Microsoft, qui permet de brancher un téléphone Windows 10 sur un écran et d’en faire un véritable ordinateur, avec la même interface que Windows 10 sur un PC.

HP offrira deux accessoires pour permettre cette transformation, soit un Mobile Extender, une sorte d’ordinateur portatif mince et léger sans processeur, et une petite station d’accueil pour brancher un écran, un clavier, une souris et un port Ethernet sur le téléphone.

Le processeur Snapdragon devrait être suffisant pour offrir des performances dignes d’un ordinateur mince moderne, et Continuum fonctionne sans fil, ce qui permet d’utiliser l’ordinateur portatif tout en conservant le téléphone dans sa poche.

La stratégie de HP est finalement complétée avec l’ajout de HP Workspace, un environnement qui permettra aux entreprises de virtualiser leurs applications internes. Le Elite x3 pourra donc être utilisé exactement comme un ordinateur portatif et un ordinateur de bureau, et les entreprises pourront économiser sur les coûts d’achat et de gestion pour équiper leurs employés.

Le HP Elite x3 sera lancé cet été.

Cat S60
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Un autre genre de téléphone pour les entreprises a été dévoilé au Mobile World Congress 2016, soit le Cat S60. La marque de produits robustes fabrique des téléphones intelligents résistant aux chocs et aux intempéries depuis quelque temps déjà, et le nouveau S60 pourrait intéresser un autre public, grâce à l’ajout d’une caméra thermique Flir.

Cette caméra VGA devrait permettre de détecter des fuites de chaleurs et beaucoup plus, selon son emploi.

Pour le reste, le S60 offre des caractéristiques correctes, avec une bonne autonomie et un boitier capable de résister à des chutes de 1,8 m sur du béton et de fonctionner sous 5 m d’eau pendant une heure.

Le Cat S60 sera lancé à la fin mai et sera vendu à environ 830 $.

Sony Xperia X
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Le dévoilement par Sony d’une nouvelle série d’appareils de milieu de gamme plutôt qu’un nouveau porte-étendard en dit long sur ce qui attend les amateurs d’Android en 2016 et au cours des prochaines années.

Le marché des téléphones intelligents était jusqu’ici dominé par des produits haut de gamme, mais l’évolution technologique (et dans certains pays, comme au Canada, la hausse des prix) devrait provoquer une transition du marché vers les appareils de milieu de gamme de plus en plus convenables pour un prix plus abordable.

Les nouveaux Xperia X, Xperia XA et Xperia X Performance s’inscrivent dans cette tendance. Le Xperia X Performance est le plus puissant du lot, mais le Xperia X régulier devrait être le plus intéressant, grâce à son prix moins cher, tout en offrant de bonnes caractéristiques (appareil photo de 23 mégapixels, deux jours d’autonomie, écran 1080p de 5 pouces) et un design métallique sobre.

Les nouveaux appareils de Sony seront lancés au Canada cet été. Leur prix n’a pas encore été dévoilé.

Martin LessardContenu original en ligne : voué à la disparition?

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 publié le 18 février 2016 à 15 h 19

« [La] difficile année 2015 que l’industrie vient de connaître est marquée par la dégringolade du contenu original canadien, et plus particulièrement par la disparition graduelle de celui provenant du Québec. »

Érick Vadeboncoeur, président de Obox Média, spécialisé dans la publicité ciblée sur des contenus originaux en ligne, laisse entendre le pire pour l’avenir du contenu web.

« Le potentiel commercial et la viabilité du contenu web québécois sont bien réels, mais il n’en demeure pas moins que leur survie est loin d’être garantie et que 2016 est l’année où il faut lancer un cri d’alarme en conscientisant l’industrie. »

Cette industrie dont il parle est celle de la publicité en ligne.

Un annonceur peut aujourd’hui atteindre le consommateur souhaité, peu importe où il se trouve. Et s’il se trouve sur un site américain, eh bien, tant pis pour le contenu d’ici! Merci à la précision de la mesure et du traçage numérique.

L’équation qu’Érick Vadeboncoeur fait est celle-ci :

  • Moins de publicité = moins de contenu original

Le drame des médias traditionnels semble toucher les médias numériques.

Les annonceurs doivent s’intéresser, conclut-il, au cheminement de leur publicité sur le web afin de réaliser « qu’ils peuvent faire une différence en s’associant à des sites qui alimentent les créateurs d’ici, tout en atteignant la cible souhaitée ».

L’enjeu, ici, porte sur la possibilité d’un revenu décent pour les créateurs de contenu.

Pourquoi l’industrie du contenu ne paye-t-elle pas bien ses créateurs?

Montage Triplex (d'après Henry Wallis)

Montage Triplex (d’après Henry Wallis)

L’industrie publicitaire ne paye pas le juste prix pour les créateurs de contenu. Pourquoi? Laurent Lasalle, rédacteur en chef de Branchez-vous (et ex-Triplex), est catégorique : « Parce qu’elle le peut! »

Tout le monde peut aujourd’hui créer du contenu en un claquement de doigts. Cela crée une surabondance de contenus, et les annonceurs ont l’embarras du choix pour afficher leur publicité.

La machine publicitaire « profite ainsi de leur ignorance en matière de rentabilité de contenu pour exploiter leur talent en échange d’une rémunération exécrable, voire inexistante ».

« Une fois que la formule a été mise en place, et qu’il a été possible de générer du trafic avec du contenu essentiellement gratuit, la loi de l’offre et de la demande est venue contaminer le salaire des professionnels du métier, à la baisse bien entendu. »

« Branchez-vous lutte contre cette tendance, ajoute Laurent Lasalle en entrevue téléphonique ce matin, en payant décemment ses pigistes. Nous croyons pouvoir tirer notre épingle du jeu en ciblant la francophonie, car, après tout, inutile de rappeler qu’Internet n’a pas de frontières. »

Il ne partage pas la description sombre de l’avenir des contenus d’ici qu’amène Érick Vadeboncoeur dans son billet.

L’Europe francophone offre un beau potentiel d’audience. Branchez-vous, média fondamentalement québécois, cible toute la francophonie. Un peu moins de la moitié de ses visites proviennent de l’extérieur du pays.

Le lecteur absent

La passion de l'égoportrait

Montage Triplex (d’après Matthias Stom)

La montée du mobile depuis le début de la décennie est probablement un facteur décisif dans la perte ou la stagnation de l’audience pour les sites de contenu.

L’époque vénérable où l’on s’installait devant son ordinateur pour « aller sur Internet » est révolue. C’est une image d’Épinal, comme celle du grand-père qui s’assoyait à côté du meuble pour écouter les actualités radiophoniques sur ondes courtes.

Notre téléphone dit intelligent est devenu un kiosque à nouvelles d’un nouveau genre.

Il est mobile, instantané, infini et, surtout, équipé d’un puissant outil de distraction massive : les notifications qui nous rappellent qu’il y a toujours quelque chose de mieux à voir.

Les contenus de ces journalistes qui sculptent quotidiennement la nouvelle font face aujourd’hui à une concurrence inédite.

Jusqu’à tout récemment, le monopole de l’attention tournait autour des contenus (de la presse écrite des années 1800 à la télévision des années 2000) qui intégraient des annonces publicitaires à leurs côtés. Voilà, ce monopole de l’attention leur est maintenant contesté.

Concentrées sur le minuscule écran de téléphone, les notifications arrivent autant des applications de jeux (comme Candy Crush qui vous rappelle qu’il y a encore un niveau à faire) que des statuts Facebook (de vos amis qui publient des photos de ce qu’ils mangent).

Les notifications de contenu ne sont qu’une petite partie de ce qui fait vibrer nos téléphones dans nos poches. La publicité en a pris acte. Les jeux vidéo, les forums, les médias sociaux prennent maintenant une part importante de la tarte publicitaire en ligne.

Mais il y a pire.

Sur ces appareils, ce qu’on consulte est une chose, mais le contexte dans lequel on le fait en est une autre.

Ces appareils sont dégainés dès que l’ennui pointe le bout de son nez. C’est l’outil de nos temps morts.

Ces outils mobiles ont placé l’ennui comme un déclencheur d’action.

Les contenus capables de tromper l’ennui et adaptés à un court temps d’attention sont naturellement plus prisés que les autres. Sur ce terrain, les jeux et les réseaux sociaux leur livrent une chaude lutte, et avec succès.

Et si jamais le téléphone est le seul lien qui relie le lecteur au monde infini des contenus en ligne, la lecture de ceux-ci s’en trouve automatiquement réduite (et la manne publicitaire avec elle).

La question qui doit se poser dorénavant n’est donc pas de savoir comment faire « réaliser aux annonceurs qu’ils peuvent faire une différence en s’associant à des contenus originaux », mais bien de savoir si l’industrie du contenu original en ligne acceptera vraiment que l’ennui soit le seul déclencheur de l’accès à ce contenu.

Et pour y répondre, il faudra bien créer de nouvelles sources de financement (par exemple, en prélevant une redevance sur le gain chez tous ceux qui, dans la chaîne, profitent de ces contenus gratuits en ligne).

Sinon, soyez assuré que la technologie va perfectionner encore davantage cet aspect de l’ennui comme déclencheur, et les contenus qui souhaiteront y participer devront s’y conformer. Ou disparaître.

À lire sur Triplex

Le 11e commandement : « Tu ne t’ennuieras point »

Quelques jeux qui testent vos capacités à ne rien faire ou à attendre…

L’ennui avec le web

Facebook Android

Désinstaller Facebook de son téléphone intelligent permettrait de gagner jusqu’à 20 % d’autonomie sur Android, et 15 % sur iOS, selon une expérience menée par le journal britannique The Guardian. Une amélioration dont il est possible de profiter sans quitter le réseau social pour autant.

Dans une série d’articles publiée la semaine dernière et lundi, le journaliste techno Samuel Gibbs a simplement comparé l’autonomie de ses téléphones Android et iOS après une journée complète, parfois avec Facebook, parfois sans Facebook. L’usage qu’il en faisait était identique, même par rapport à Facebook, puisque le journaliste consultait le site web mobile du réseau social les journées où il n’avait pas l’application. L’expérience a été répétée plusieurs jours, par plusieurs personnes différentes, avec des appareils différents.

En moyenne, les téléphones Android avaient une charge de 20 % plus élevée le soir sans Facebook, et les iPhone avaient une charge de 15 % plus élevée, le tout en retirant le téléphone du chargeur à la même heure le matin et en prenant la mesure à la même heure le soir.

Une étude automatisée et à plus grande échelle permettrait sans aucun doute d’obtenir un taux plus précis, mais les problèmes fréquents de l’application mobile Facebook rendent certainement ces résultats crédibles.

Détail intéressant, sur Android, l’application Facebook n’est pas elle-même responsable de la consommation accrue des réserves du téléphone lorsqu’on observe les paramètres d’Android. C’est plutôt le système d’exploitation lui-même qui consomme plus lorsque Facebook est présent.

Notons aussi que désinstaller Facebook ne permettrait pas seulement de prolonger l’autonomie de son téléphone, mais peut-être aussi de le rendre plus rapide. Dans une discussion sur Reddit, un utilisateur démontre ainsi que les applications sur son téléphone s’ouvrent en moyenne 15 % plus rapidement lorsque Facebook n’est pas installé sur son appareil.

Je n’ai toutefois pas été capable de reproduire l’expérience d’une façon concluante, avec des résultats trop inconstants d’un test à l’autre pour corroborer ceux présentés sur Reddit. Facebook semble avoir un effet négatif sur la vitesse du téléphone, mais il faudrait effectuer des essais à plus grande échelle et utiliser un test statistique approprié pour avoir une idée de l’ampleur du phénomène.

Utiliser le site web plutôt que l’application
fb mobile

Heureusement, il n’est pas nécessaire d’abandonner Facebook complètement pour profiter d’une autonomie accrue sur son téléphone.

Le journaliste du Guardian a d’ailleurs effectué ses essais en conservant l’application de messagerie Facebook Messenger et en accédant au réseau social par un navigateur web, grâce à un raccourci placé sur son écran d’accueil. Il est aussi possible d’installer une application tierce comme Metal pour accéder au site de Facebook tout en ayant accès à ses notifications.

Dans les faits, l’utilisation du réseau social est pratiquement la même qu’avec l’application standard, à part quelques petites exceptions. Certaines fonctions plus avancées comme les articles instantanés ne sont pas accessibles à partir du site web, et publier du contenu de son téléphone est parfois un peu plus compliqué qu’avec l’application.

Pour ceux dont le téléphone tombe souvent à plat en fin de journée, ces inconvénients sont toutefois bien anodins en regard des avantages gagnés en désinstallant l’application mobile de Facebook.