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Martin LessardLa presse quotidienne et la souricière numérique

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 publié le 26 mars 2014 à 11 h 29

La conférence à laquelle j’ai assisté hier à HEC Montréal (les modèles d’affaires de la presse quotidienne, une souricière numérique?) réunissait deux panels.

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L’un était composé des membres de plusieurs quotidiens montréalais qui discutaient de la façon de rester rentable tout en intégrant le numérique.

L’autre réunissait des acteurs de la chaîne publicitaire qui expliquaient pourquoi ils n’investissaient plus dans une presse papier qui n’est pas numérique.

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Le premier panel reprochait au second de ne pas payer le juste prix pour du « contenu de qualité », le second se plaignait du manque de « contenu pertinent » offert aux annonceurs (voir le bon compte-rendu des discussions, sur Projet J)

Et pendant ce temps, les joueurs Internet comme Google, Facebook et Twitter accaparent le gros de l’attention des lecteurs et se montent des fortunes colossales en placement publicitaire, drainant ce précieux flux monétaire hors du pays.

Autrement dit, le bateau coule et on se dispute sur le pont pour savoir quelle musique l’orchestre doit jouer.

La grande débâcle

Pourtant, en début de journée, Ken Goldstein, spécialiste canadien de l’économie des médias, avait bien indiqué l’origine de la déconfiture de la presse papier sur le front numérique : si la presse papier a bien vécu tout le siècle dernier, c’est parce qu’elle profitait d’un état de grâce provoqué par une « rareté préservée » (Protectable scarcity).

En effet, dans un milieu au nombre de joueurs limité, où le marché et le droit d’auteur sont protégés et où la presse offrait un bouquet de contenu épars allant de la nouvelle brute aux mots croisés en passant par les petites annonces, les journaux avaient le bon bout du bâton.

Inévitablement, ajoute Goldstein, est venue la fin de la récré :

1- Découplage massif des contenus offerts : les contenus secondaires (mots croisés, petites annonces, courrier des lecteurs, contenu spécialisé) ont migré vers le web (kijiji, eBay, blogues).

2- Concurrence illimitée tous azimuts : tout un chacun devient producteur de contenu ou son intermédiaire pour sa propre audience sociale.

3- Divorce fatal entre création et agrégation de contenu : regrouper de l’information produite à l’externe n’est plus le monopole du journal.

Notez bien qu’il n’a pas ajouté à sa liste la gratuité.

Malgré certains commentaires entendus dans les panels, la gratuité n’est pas un problème en soi. La radio et la télé offrent des contenus gratuits depuis belle lurette, et personne ne s’en plaint. C’est le modèle de La Presse +. C’est aussi celui des deux journaux gratuits offerts dans le métro. C’est celui du HuffPost.

En fait, ajoute Goldstein, un des problèmes de la presse quotidienne découle du fait que l’on n’a jamais payé le vrai prix de l’information, caché qu’il était dans ces bouquets de toute sorte.

Combien payons-nous pour le câble, le cellulaire et Internet haute vitesse combinés? Qu’importe la somme que vous payez, ce montant va directement dans les poches des « tuyaux » et non dans celui des « producteurs de contenu »…

La communauté des lecteurs

Mais l’angle mort de la conférence a été la question du lecteur.

Dans la conférence de clôture, Tom Rosenstiel, auteur de Elements of Journalism et directeur de l’American Press Institute, apporte une piste de réflexion pour expliquer la désaffection apparente de l’audience envers la presse quotidienne.

Cette audience des quotidiens, dit-il, est une clientèle qu’il faut étudier, comme on étudie les consommateurs dans les autres industries.

Trop longtemps les quotidiens ont demandé à leur lectorat de s’adapter à eux, continue-t-il. Fréquence, contenu, ton, heure de tombée, etc. C’est maintenant l’inverse et les médias doivent s’adapter à leur audience.

En analysant les visites sur son site web, en rencontrant le lecteur, et l’écoutant, un quotidien est à même de trouver comment concilier du « contenu de qualité » avec du « contenu pertinent ». Autrement dit, aux journalistes et aux gens de marketing, il faut s’adjoindre les services de chercheurs en données. Comme l’a fait le New York Times.

Si on veut faire payer ces lecteurs, poursuit Rosenstiel, il faut savoir en quoi ce contenu soi-disant si précieux et « de qualité » leur donne ce subtil sentiment que l’information ajoute à leur qualité de vie quotidienne.

L’information, un produit comme les autres? D’une certaine manière, oui. Mais qui a le précieux avantage (ou la malédiction?) d’être au coeur de la vie démocratique.

Repenser la place de la publicité ou la façon de harnacher les flots de commentaires pour les tourner en forces vives pour le journal sera d’autant plus efficace qu’on saura pourquoi, comment et dans quel but les lecteurs tiennent à ces quotidiens.

La souricière numérique, en fait, ne le serait que pour ces quotidiens qui s’y engagent sans penser changer de culture auparavant.

Dans une recommandation au gouvernement australien, qui a été révélée ce matin par le site TorrentFreak, Google prévient les élus que toutes mesures antipiratage draconiennes pourraient s’avérer contre-productives (document original).

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À la place, propose Google, le gouvernement australien devrait promouvoir de nouveaux modèles d’affaires. Le piratage en ligne existe, dit Google, parce qu’il y a un problème de disponibilité des contenus légaux. Rendez accessibles les contenus légaux, à un coût raisonnable, et le téléchargement illégal devrait se tarir.

Dans ce sens, suggère Google, il est plus profitable pour un gouvernement d’encourager les nouveaux modèles d’affaires que de monter un programme répressif.

Le cas de la France

En France, un tel programme répressif s’est avéré inefficace. Le programme Hadopi (8,5 millions d’euros en 2013) a envoyé un million de courriels d’avertissements aux internautes qui auraient téléchargé illégalement des contenus. Plus de 140 000 lettres recommandées (à 4,19 euros/pièce) ont aussi été envoyées.

De tout ça,  ce sont entre 20 et 30 dossiers qui ont été examinés. Une seule personne a été condamnée (à une peine d’amende de 150 euros).

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La voie de la répression n’est pas la moins coûteuse.

Un chantier pour occuper l’espace

Un chantier spécifiquement sur le droit d’auteur, comme prévu dans le plan stratégique culturel québécois déposé la semaine dernière, réfléchira à la façon d’occuper l’espace avec une offre numérique, selon des paramètres à déterminer.

Ce chantier sur le droit d’auteur sert à créer un lieu de concertation pour « proposer des solutions visant au respect du droit d’auteur en matière de diffusion dans l’univers numérique ».

Il est donc intéressant d’être à l’écoute de ce qui se fait ailleurs. Car emprunter une voie qui viserait à occuper l’espace par une surveillance des gens ne me semble pas une façon de se projeter correctement dans l’avenir.

Un chantier pour « occuper l’espace numérique » avec les contenus québécois doit développer les conditions pour qu’ils soient avant tout accessibles et à bon prix.

Publicité ciblée selon vos goûts? Source : Cloudzilla sur Wikipedia Commons

Publicité ciblée selon vos goûts? Source : Cloudzilla sur Wikipedia Commons

Que des services gratuits, comme les réseaux sociaux, tentent de faire du profit en monnayant les goûts et les habitudes des abonnées est déjà choquant. Mais quand le même type de présomption touche un fournisseur de services payants et, qui plus est, la compagnie réputée Bell Canada, les utilisateurs, comme les autorités, sourcillent.

Des données confidentielles revendues à des fins de marketing

Le lundi 27 janvier, le Public Interest Advocacy Centre (PIAC) et l’Association des consommateurs du Canada ont demandé au CRTC de remettre en cause les nouvelles conditions de Bell Canada quant à la vie privée de ses membres. Selon ces deux entités, Bell utiliserait des données confidentielles de ses abonnés payants, afin de les revendre à des fins de marketing. La demande envoyée au CRTC critique vivement ce passage du fournisseur en télécommunication à celui d’annonceur publicitaire.

Cibler les publicités selon les goûts des utilisateurs

L’ajout à ces termes, actif depuis le 16 novembre, stipule que Bell utilisera des informations pour, entre autres, la personnalisation des publicités et des offres de partenaires « plus pertinentes ». Ils mentionnent que cette mesure permettra « une meilleure détection et prévention de la fraude ». Si la compagnie assure qu’aucune information privée ne sera divulguée, le type de données que recueillera Bell demeure inquiétant : navigation en ligne ou sur un appareil mobile, habitudes d’appel et même le contenu télévisuel consommé par l’utilisateur. En somme, l’utilisation à partir de chacun des services offerts (télé, téléphonie ou connexions Internet) serait potentiellement analysée à des fins de publicité.

Bell offre la possibilité de refuser les publicités personnalisées à partir de la page de gestion de préférences. Mais le document de PIAC souligne qu’il y a de fortes chances que cela ne change rien en ce qui concerne la collecte de données. Selon l’organisme, peu importe que l’utilisateur soit abonné par défaut ou par option d’inclusion ou d’exclusion (donc délibérément hors du système), le fournisseur continuera d’accumuler les données. Il n’y aurait donc pas de choix réel pour la vie privée, seulement celui de recevoir des publicités personnalisées ou non.

Des millions de Canadiens touchés

Dans tous les cas, Bell demeure en mesure d’obtenir des données massives (big data) importantes sur sa clientèle et ses habitudes de consommation. Or, comme permet de le voir l’application de la PIAC et de l’Association des consommateurs canadiens, cette compagnie avait au troisième trimestre 2013 environ 7,8 millions d’abonnés sans fil, 5,3 millions d’abonnés téléphoniques, 2,2 millions d’abonnés Internet et 2,2 millions d’abonnés à ses services télé. Cette masse d’abonnés payants serait potentiellement une source de revenus supplémentaires pour Bell et ses partenaires d’affaires.

La question de la vie privée… encore

Cette controverse s’ajoute à toutes les autres qui touchent la vie privée des citoyens dans le contexte des fournisseurs de services canadiens. En novembre 2013, le CRTC annonçait la création d’une unité d’enquête sur les frais d’itinérance, ce qui peut indiquer que cet organisme est de plus en plus enclin (peut-être sous la pression du gouvernement fédéral) à agir contre des mesures de ces compagnies considérées abusives. Ces dernières, tout comme les pirates informatiques, profitent du manque de balises légales et repoussent les limites. Mais l’information propulsée par le courroux de la population finit toujours par circuler.

Par ailleurs, la demande de la PIAC et de l’ACC survient au moment où des compagnies américaines et le gouvernement américain se sont entendus, afin que certains faits concernant les ordonnances des tribunaux touchant à l’espionnage puissent être divulgués à la population.

À ce propos, le Commissariat de protection à la vie privée du Canada a émis un rapport, le 28 janvier 2014, intitulé, Mesures de vérification et de contrôle : renforcer la protection de la vie privée et la supervision des activités du secteur canadien du  renseignement à l’ère de la cybersurveillance.

Nadia SeraioccoNouvelles satiriques : démêler le vrai du faux…

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 publié le 8 janvier 2014 à 10 h 41

Elenavetn 2013, le Québec a connu une explosion : celle des sites de nouvelles satiriques. Le Navet, l’Axe du Mad ainsi que La Pravda ont affolé le compas de nombreux consommateurs de nouvelles en ligne. Bien que le mandat de ces sites soit explicitement humoristique, plusieurs personnes sont tombées dans le panneau et ont cru aux fictions publiées. Il faut dire qu’avant le web, les sources de nouvelles étaient moins nombreuses et celles qui se rendaient jusqu’au lecteur avait le sceau d’un média connu.

Les sources du vrai et du faux…

AXE DU MADDifficile de démêler le vrai du faux? Apparemment oui, et pour s’en faire une idée, il suffit de lire au hasard quelques-uns des commentaires publiés en réponse à l’article de l’Axe du Mad, « Le gouvernement du Québec interdit les quiz télévisés considérés abrutissants ».

Si les sites québécois sont récents, d’autres qui ont acquis une grande notoriété continuent de leurrer des lecteurs. Ainsi, il se trouve encore des gens victimes de leur naïveté qui croient les « nouvelles » du fameux site The Onion, l’instigateur incontournable de la nouvelle satirique. La chose est tellement répandue que le site Literally Unbelievable rapporte plusieurs fois par jour les réactions incrédules, voire indignées sur Facebook. Au mois d’août dernier, même l’agence de presse Chine Nouvelle s’est fait piéger (pour une deuxième fois) par The Onion.

Quand la fiction défie la réalité

Parce qu’il y a risque que les lecteurs soient bernés, certains voient d’un mauvais œil la prolifération de ces sites. Les fondateurs du Navet et de l’Axe du Mad, respectivement Xavier et Julien Day, se surprennent de ces réactions. En septembre dernier, Isabelle L’Héritier, dans son article « Narguer l’actualité », leur a donné la parole, et leurs objectifs sont on ne peut plus clairs. Outre le but explicite de faire rire, cette satire souligne les incohérences et le sensationnalisme des médias. Elle agit en tant que critique, très certainement nécessaire, de la concentration des médias au Québec.

La satire journalistique avant Internet

En mai, Judith Lussier posait comme hypothèse que les Québécois n’étaient peut-être pas prêts à ce genre de site, au contraire des Américains qui y sont plus habitués. Les États-Unis ont une tradition d’actualité satirique qui remontrait à 1835. Un journaliste pour le New York Sun, Richard Adams Locke, avait publié des lettres sous le nom de Sir John Herschel, alors l’astronome le plus connu de son époque, sur la découverte de formes de vie et de civilisation sur la Lune. Ce canular, baptisé le « Great Moon Hoax », constitue, selon Sarah Burton, le premier cas rapporté de nouvelle satirique aux États-Unis. Le site qui accompagne sa thèse présente la chronologie des événements marquants de l’histoire de la nouvelle satirique américaine.

Pour Mme Burton, le rôle social de ces nouvelles est indéniable. Sa thèse se conclut ainsi : « L’indignation invoquée par la satire révèle qu’au centre de ces blagues, il y a une vérité, et que là où une nouvelle vérité est exposée, il y a discussion. »

Tout ce bien et ce mal qui vient des réseaux sociaux

Les réactions parfois violentes que génèrent les sites de fausses nouvelles ne seraient donc pas seulement le résultat de l’exploitation de la naïveté du public. Elles permettent de mettre le doigt directement sur les problèmes sociaux et sur ce qui provoque la colère de la population. Surtout que la plupart de ces sites ne cachent pas leurs intentions humoristiques. Le véritable danger vient plutôt des fausses nouvelles qui se veulent crédibles. D’autant plus que pour l’internaute qui s’abreuve rapidement sur Twitter ou Facebook, cherchant un sujet d’indignation ou de soulèvement, la fausse nouvelle frappe l’imaginaire.

Encore récemment, certains se sont fait avoir par cet article à propos d’Iron Maiden, qui aurait présenté des spectacles dans les régions du monde où ils se font le plus pirater. Comme quoi il est important de toujours vérifier les sources, quitte à faire un tour sur Hoaxbuster.

Sur Triplex :

Sur les réseaux sociaux, méfiez-vous d’abord de vous!

Next Issue

Netflix permet de regarder autant de films qu’on le désire pour 8 $ par mois, Rdio permet d’écouter toute la musique de notre choix sur un ordinateur pour 5 $ par mois. Depuis hier, les Canadiens ont aussi accès à Next Issue de Rogers, la version magazine de ce concept. Mise à l’essai.

Qu’est-ce que c’est?
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Next Issue est une application mobile compatible avec les plateformes iOS (iPad, iPod Touch, iPhone), Android (3.X et plus) et Windows 8 (tablettes, ordinateurs portatifs, etc.). L’application de Rogers offre deux types d’abonnements : l’abonnement régulier, qui permet d’accéder à une centaine de magazines mensuels pour 9,99 $ par mois, et l’abonnement premium, qui ajoute à ce lot une quinzaine de magazines hebdomadaires ou bimensuels pour 14,99 $ par mois en tout. L’application est déjà offerte depuis deux mois pour les abonnés de Rogers, mais elle est maintenant accessible à tous.

La sélection de magazines est quand même assez intéressante, avec des publications de Rogers, évidemment, mais aussi de Condé Nast, Hearst, Meredith et Time. Plusieurs titres de qualité sont donc offerts, comme Vanity Fair, Wired, Time, The New Yorker et Esquire.

La très grande majorité des titres sont en anglais, mais quelques titres francophones de Rogers sont aussi accessibles, soit L’actualité, Châtelaine et Loulou.

Comme avec les autres services du genre, vous avez accès à autant de titres que vous le voulez, tant que vous continuez de payer. Une fois votre abonnement terminé, vous ne conservez toutefois aucun de ces magazines.

Comment ça fonctionne?
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Après avoir installé Next Issue sur votre tablette, vous serez invité à choisir votre type d’abonnement. Notons que les 30 premiers jours sont gratuits, mais que vous devez quand même fournir votre numéro de carte de crédit.

Vous pouvez alors choisir les magazines auxquels vous désirez vous « abonner », ou plutôt, quels sont vos magazines favoris, ceux que vous souhaitez voir sur votre écran d’accueil.

Il est ensuite possible de télécharger les numéros de votre choix de ces magazines (les archives récentes sont disponibles), et aussi de programmer le téléchargement automatique des nouveaux magazines.

Attention, toutefois, plusieurs magazines font souvent quelques centaines de mégaoctets par numéro. Vous pourriez donc remplir votre tablette rapidement si vous activez le téléchargement automatique et que vous n’effacez pas les magazines après les avoir lus.

De toute façon, comme il est possible de commencer à lire son magazine avant la fin du téléchargement, effacer un magazine n’est pas particulièrement problématique.

L’application offre aussi quelques options, en anglais, par exemple celle de limiter automatiquement la quantité de magazines téléchargés, ou de choisir s’il est possible de télécharger le contenu par une connexion cellulaire, etc. Le tout est assez intuitif, et ceux qui ont déjà lu un magazine sur une tablette seront en terrain connu.

Android, iOS, Windows 8: quelques différences
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Curieusement, il y a quand même quelques différences selon la plateforme utilisée pour consulter l’application.

Visuellement par exemple, la bibliothèque iOS affiche 9 magazines par écran en mode portrait, la bibliothèque Windows 8 affiche 2 magazines seulement et la bibliothèque Android en affiche 16. Les différents menus s’affichent aussi différemment, afin de respecter les guides de chaque système d’exploitation.

Certaines différences sont toutefois plus importantes. La version iOS, par exemple, permet d’agrandir le texte, ce qui n’est pas possible avec les deux autres. La version pour iPad de Next Issue permet aussi de consulter certains magazines en mode paysage, ce qui n’est pas toujours le cas pour les autres.

Les magazines : généralement semblables aux applications régulières
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Comme je le mentionnais plus haut, les magazines de Next Issue ressemblent beaucoup aux magazines pour tablettes habituels.

La navigation est la même dans les versions Next Issue des magazines que dans leurs versions régulières (généralement, un texte est lu en glissant une fenêtre de haut en bas, et on change de texte en glissant son doigt vers la gauche, comme dans un vrai magazine). Les animations sont généralement les mêmes dans Next Issue que dans les applications des magazines (il y a parfois des exceptions), les publicités sont les mêmes, etc.

Sur iOS, un magazine qui est normalement consultable autant en mode horizontal qu’en mode vertical le sera aussi sur Next Issue, et ceux qui ne sont présentés qu’en mode vertical sont aussi bloqués en mode vertical sur l’application de Rogers.

J’ai toutefois noté une différence assez majeure par rapport aux applications habituelles : dans certains magazines, l’affichage du texte est de moins bonne qualité.

En fait, certains magazines de Next Issue, comme L’actualité, donnent l’impression que le texte s’affiche comme une photo qui a été légèrement agrandie.

Si votre tablette offre une résolution médiocre, vous ne verrez probablement pas la différence. Mais si vous êtes équipé d’un iPad avec écran Retina, la différence vous sautera aux yeux. Dans plusieurs magazines de Next Issue, le texte est franchement moins beau.

Voyez par vous-mêmes :

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L’image ci-dessus est tirée de deux captures d’écran, une avec l’application régulière de L’actualité, et l’autre avec l’application Next Issue. Le texte est lisible dans les deux cas, mais la perte de qualité est quand même énorme. Suffisamment pour vous décourager d’utiliser l’application? Cela dépend de votre degré de sensibilité à la chose, mais personnellement, pour du contenu payant, cette résolution est loin de m’emballer.

Heureusement, il semble que de plus en plus de magazines seront avec le temps être offerts en version haute définition, et donc compatible avec l’écran Retina de l’iPad.

Est-ce une bonne affaire?
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Pour l’industrie, Next Issue représente assurément une formule intéressante à explorer (pour les magazines appartenant à une grosse entreprise de presse, du moins, puisque les magazines indépendants pourraient, au contraire, en souffrir, car une partie de leur lectorat potentiel pourrait confier tout son « budget magazine » à un seul éditeur).

Pour les consommateurs, par contre, la chose est moins évidente.

La version de base de Next Issue offre 100 magazines pour 9,99 $ par mois, ou 115 (incluant les bimensuels comme L’actualité) pour 14,99 $ par mois.

La formule pourrait donc être avantageuse pour ceux qui consultent beaucoup de magazines (en anglais, évidemment). Cela dit, la très grande majorité des utilisateurs fera probablement des économies en s’abonnant plutôt aux seuls magazines qu’elle consomme.

La plupart des magazines sur tablettes sont offerts à environ 4,99 $ l’unité, mais à 1,99 $ par numéro avec un abonnement mensuel. Ceux qui ne consultent que deux, trois ou quatre magazines économiseront donc plus d’argent en s’abonnant seulement à ceux-là. Voilà quand même une grosse différence par rapport à Netflix, par exemple, qui représente pour sa part une économie d’argent dès qu’on y regarde deux films qu’on aurait normalement loués par mois.

S’abonner à des magazines individuels permet évidemment aussi d’accéder à bien plus de magazines, qui ne sont pas offerts sur Next Issue.

Toutefois, pour ceux qui consultent beaucoup de magazines, ou du moins qui aimeraient le faire, la formule de Rogers pourrait être un investissement intéressant, mais il pourrait être judicieux de réévaluer sa consommation réelle au bout de quelques mois.

Espérons maintenant que l’offre québécoise francophone augmente avec le temps.