Billets classés sous la catégorie « Marketing »

Apple_iAd3x2Depuis peu, l’environnement publicitaire Apple est accessible à tous ceux qui possèdent un idendifiant Apple. Donc, si un utilisateur a un compte pour acheter des applications pour un appareil iPad ou iPhone, il peut accéder à la plateforme publicitaire pour promouvoir ses propres produits. Jusque-là, il était nécessaire d’être développeur d’applications mobiles pour avoir accès à la plateforme publicitaire iAd Workbench.

Un programme flexible et plutôt convivial

Devant cette nouvelle, il était de mise de se demander si la convivialité serait vraiment au rendez-vous. Or, outre quelques petits problèmes, dont un pop-up sans aucun contenu au moment de la connexion, la plateforme iAd Workbench est aussi simple et intuitive que les appareils qui ont fait la renommée d’Apple. Il est possible de créer une promotion autant pour une application que pour un produit comme une boisson alcoolisée ou des services de voyage. Le modèle publicitaire est déterminé par l’annonceur qui peut choisir entre un coût par clic (chaque clic sur l’annonce est facturé à l’annonceur) ou encore un coût par lot de 1000 impressions.

Les possibilités de ciblage sont ensuite très variées et adaptables : l’annonceur détermine le pays ciblé, la date de la campagne, le budget, les appareils sur lesquels la publicité circulera, la langue des utilisateurs et ainsi de suite. L’annonceur a même la possibilité de diffuser une courte vidéo promotionnelle au sein de sa publicité. Selon le site Ad Age, Apple désire ainsi atteindre de nouvelles formes d’annonceurs, notamment les cinéastes indépendants et les petits entrepreneurs qui, sans investir dans le développement d’applications, désirent obtenir de la visibilité sur la plateforme iOS.

Ouvert à tous, mais à un coût peu démocratique…

Les ajustements faciles et sur mesures des paramètres de création de la publicité Apple rappellent de toute évidence ceux du système publicitaire Facebook. Mais, au contraire de Facebook, où l’utilisateur a le choix entre de très petits budgets (5 ou 6 $ pour les publications commanditées) et des budgets de campagnes qui vont de 350 $ à des milliers de dollars, il faut tout de même souligner que la publicité Apple constitue un investissement beaucoup plus élevé.

Apple a refusé de commenter ses  tarifs publicitaires, mais des tests indiquent qu’il faut dépenser au moins quelques milliers pour obtenir un résultat intéressant. Ces coûts publicitaires restent dans la tradition d’Apple qui, jusqu’à tout récemment, imposait des montants assez prohibitifs aux annonceurs. Ad Age mentionne que la plupart des annonceurs dépensaient jusqu’à 1 million pour accéder à la plateforme. Ce montant pouvant atteindre environ 10 millions pour les catégories exclusives. Cela dit, l’accès à la publicité dans l’écosystème Apple est plus accessible qu’il y a quelques années. C’est une arme de plus dans l’arsenal du webmarketeur, mais il faudra évaluer si l’investissement vaut le coup pour des produits qui ne sont pas des applications.

Le temps et l’usage le diront, mais cela aura  certainement une incidence concernant le débat entre site adaptatif et application native. Car ne l’oublions pas, la publicité web associée aux requêtes de recherche est encore le terrain de Google, tandis que Facebook peaufine son propre système et que maintenant Apple, un joueur d’une autre nature, celle de la technologie brevetée, s’avance sur le terrain des géants des sites web.

Klout&lithiumComme c’est souvent le cas dans le monde des acquisitions entre services web, c’est par un communiqué diffusé sur leur site et un billet de blogue que Lithium a annoncé son acquisition de Klout. Oui, Klout, le service d’évaluation de l’influence sur les réseaux sociaux qui attribue un score aux abonnés et qui est devenu, au fil de son existence, non seulement une mesure comparative, mais un peu une icône dans le monde des influenceurs. Selon Forbes, Klout, qui compte quelque 60 employés, aurait été acquise au coût de 200 millions.

Intégrer la mesure de l’influence dans un contexte de mise en marché

Créé en 2008 dans le but d’établir une mesure de l’influence en évaluant la portée, l’amplitude et l’impact d’un utilisateur des réseaux, Klout atteint maintenant quelque 500 millions d’utilisateurs (les gens de Lithium disent « consommateurs »). Au cours des dernières années, Klout a cherché à améliorer son offre en contextualisant son analyse, par exemple avec Moments (qui permet de visualiser les publications les plus populaires d’un utilisateur). Car, faut-il le dire, pour atteindre un grand nombre de personnes et avoir un semblant d’influence, il suffit parfois de faire beaucoup de bruit, avec, comme accélérateur, les bons mots-clés.

En fait, pour ceux qui étudient la question de l’influence, l’utilisation principale de ces scores attribués par Klout, PeerIndex ou encore Kred se fait souvent dans une perspective d’évaluation d’une entreprise ou d’un produit (quels influenceurs ont propagé la nouvelle?) et se trouve donc naturellement associée à une démarche de veille stratégique ou concurrentielle. En ce sens, l’achat de Klout par Lithium, qui compte parmi ses clients Sephora, Skype et Best Buy, prend tout son sens : la compagnie qui offre un service de monitorage des médias sociaux et de communautés en ligne a maintenant une banque de profils d’utilisateurs influents, analysée, classée et prête pour appuyer leurs services existants.

Les bénéfices de cette acquisition

Klout-lithium« Avec Kout, Lithium pourra développer une relation de confiance entre les clients et les marques qui les intéressent », a commenté Rob Tarkoff, le président de la compagnie. Il croit aussi que la confiance est la monnaie d’échange en ligne, et cette confiance se bâtit grâce aux opinions et aux contenus des gens à qui l’on fait confiance.

Toujours selon Lithium, les bénéfices pour les marques seront de pouvoir mieux connaître leur clientèle, de recevoir une rétroaction sur leurs produits et d’obtenir plus d’abonnements dans les réseaux sociaux de la part des consommateurs. Pour le client, les avantages seront de découvrir des entreprises et des personnes en qui ils ont confiance et de recevoir des marques de reconnaissance ou des cadeaux.

Une fois de plus, on constate que ces services qui paraissent parfois futiles en cours de développement, comme Klout, prennent tout leur sens quand ils sont intégrés à un portefeuille de services destinés au marketing. Pour ceux qui s’étonnent du prix de vente, en comparaison avec un service comme Instagram qui avait obtenu 1 milliard de dollars de Facebook, Klout est un service complémentaire qui trouve sa raison d’être dans un système marketing déjà éprouvé.

Image tirée du site pro1.net.com

Image tirée du site pro1.net.com

Microsoft publie la suite de son rapport sur les tendances numériques. Cette fois-ci, il est question dans un des volets de vie privée. On a tous des souvenirs qu’on souhaite préserver longtemps et d’autres moins… Mais veut-on traîner avec soi des années encore ou, pire, laisser sur le web à la portée de « fouineux » des moments moins glorieux et des photos floues?

Tout archiver ou pas?

Le rapport de Microsoft, dont la présente partie a été dévoilée cette semaine, fait partie de ses études sur les tendances numériques (j’avais parlé de sa première partie sur Triplex en février). Il est justement sous-titré « Ce message s’autodétruira dans… » Cela ne peut que faire penser à ces nouvelles applications, comme Snapchat, qui permettent de communiquer sans nécessairement archiver par défaut tous les messages et photos. De même, on voit apparaître des services de messagerie dont les courriels s’autodétruisent, ce qui semble marquer que les utilisateurs apprécient de pouvoir communiquer sans tout nécessairement archiver.

C’est une tendance qui s’affirme, parce que plusieurs utilisateurs veulent que leur expérience en ligne reflète leur vie… Et dans la vie, chacun souhaite immortaliser certains moments et en effacer d’autres. En ce moment, on laisse des traces numériques un peu partout qu’on le veuille ou non, et très souvent si le choix était donné à l’utilisateur, il ne garderait pas tout. C’est que trop souvent, dans un réseau par exemple comme Facebook, effacer ses traces est plus compliqué que d’archiver paresseusement la moindre pensée ou photo ratée.

Des renseignements personnels livrés avec une date d’expiration

« Avec le temps, les gens seront aussi avisés en matière de protection de la vie privée qu’ils ne l’ont été pour la gestion de leur situation financière, et ils voudront contrôler leur profil », affirme Dave Coplin, responsable de la planification, Microsoft Royaume-Uni. Il ne faut pas se leurrer si très souvent, si on avait le choix et qu’en plus la chose était facilitée, on opterait pour effacer beaucoup des traces qu’on laisse sur le web par défaut.

Près des trois quarts des répondants (73 %) ont affirmé qu’ils souhaiteraient utiliser un service qui leur permettrait de supprimer leurs renseignements et de définir une longévité pour chaque renseignement qu’ils mettent en ligne. De plus, 45 % des répondants souhaitent que tous les renseignements qu’ils publient soient automatiquement supprimés après un délai prédéterminé.

Si une marque permet aux consommateurs de mettre à jour leurs paramètres de confidentialité, 65 % des répondants seront plus enclins à acheter ses produits.

Préserver la vie privée des consommateurs pour gagner leur confiance

Côté affaires, selon Microsoft, les entreprises du secteur bancaire et de la pharmaceutique, et même les réseaux mobiles auraient intérêt à se démarquer en affirmant leur respect de la vie privée et en offrant des options pour éliminer par défaut les informations qui ne sont pas nécessaires. Pourquoi ne le font-elles pas déjà? L’étude des données marketing qui découle de tout ce qu’on laisse comme traces est bien trop intéressante, voire lucrative pour le moment. La publicité ciblée, les listes de consommateurs, il y a là tout un marché des données de volumes dont ne veulent pas se priver les entreprises.

Les conseils de Microsoft pour ceux qui paveront le chemin du retour de la vie privée :

  • Offrir aux utilisateurs un accès complet aux données qui sont recueillies;
  • Établir avec les utilisateurs un protocole où la permission est demandée de préserver des données et communiquer les dates pendant lesquelles ces données seront conservées;
  • Devenir un promoteur de la protection de la vie privée en alimentant les discussions et les études à ce sujet;

Pour se protéger, les consommateurs commencent à utiliser des profils différents selon le service qu’ils sollicitent, très bientôt, les marketeurs devront gagner leur confiance pour accéder à des données plus précises. Enfin, c’est ce que l’on peut souhaiter.

Pour télécharger le rapport on suit le lien.

La semaine dernière, on discutait des pratiques de Bell Canada quant aux données personnelles des abonnés. Or voilà que Microsoft livre la version canadienne des résultats d’une étude menée avec IPG Mediabrands et The Future Laboratory sur l’utilisation à des fins de marketing des données des consommateurs. Si quelque 35 % des Canadiens connaissent la valeur de leurs données personnelles pour les marques, ils ne sont pas prêts à les céder sans au moins en tirer quelques bénéfices en retour.

De la valorisation des données aux heureux hasards du numérique

Rick Chavez, directeur général des solutions chez Microsoft résume ainsi cette compréhension qu’a le tiers des consommateurs : « Je ne vous transmets pas mes données pour que vous puissiez vous les approprier. Je vous les transmets, afin d’améliorer mon expérience, et je m’attends à de la valeur en retour. » Non seulement plus du tiers des consommateurs savent que leurs données ont une valeur marketing, mais ils ont aussi été échaudés par l’utilisation que certaines compagnies en ont fait et considèrent maintenant que, s’ils laissent une entreprise toucher à leurs informations, c’est pour obtenir quelque chose en retour.

Donner de l’information personnelle pour recevoir des récompenses

En tout, 28 % des interviewés savent comment obtenir des récompenses en échange de leurs données personnelles. Une forte proportion de 45 % aimerait bénéficier de privilèges et de récompenses en échanges de données, mais ne sait pas comment s’y prendre. Enfin, 19 % des répondants se disent plus susceptibles d’acheter un produit d’une marque qui offre des récompenses en échange des données.

Fidélisation de la clientèle et échange de données

Pour les entreprises qui veulent utiliser les données de leurs clients pour fidéliser la clientèle et ainsi obtenir plus de revenus (plutôt qu’en tentant de vendre lesdites données à de tierces parties), il y a là une occasion. Non seulement les clients sont au fait de la valeur de leurs données, mais 53 % des répondants de l’étude Microsoft affirment qu’ils préfèrent nouer une relation d’affaires avec une marque qui offre des récompenses pour les données recueillies.

Comment utiliser les données des clients tout en préservant leur confiance?

  1. La transparence : d’abord, l’entreprise doit être transparente et expliquer à ses clients comment les données recueillies seront utilisées.
  2. L’expérience client  : les données recueillies doivent être utilisées pour offrir aux clients des expériences personnalisées.
  3. Le système de récompenses : de même, l’entreprise doit favoriser une interaction fréquente avec le client en offrant des récompenses.
  4. Le consommateur en contrôle : la clé du succès pour recueillir plus de données personnelles est de simplifier l’expérience en ligne et hors ligne en permettant au consommateur de contrôler facilement l’accès à ses données.

Un échange agréable entre client et consommateur qui mène à la ludification du service

Cette étude, qui aura huit volets, présentait ses quatre premiers constats sur les données personnelles : la valorisation des données dont on a discuté ici, l’hyperconnexion maîtrisée ou le contrôle de la circulation des données, le fait de mieux se connaître (ou la collecte de données sur soi) et le bonheur du hasard. Déjà, par le survol de ce premier volet et à la lecture des trois suivants, on peut conclure que la ludification de la relation client n’est pas bien loin pour ceux qui bénéficieront de cette étude.

Pour trouver les études de marketing de Microsoft sur les tendances numériques (en anglais Digital Trends).

Au sujet de la ludification du marketing

Sur Triplex : Inciter sa clientèle au jeu, mais par la ludification

Publicité ciblée selon vos goûts? Source : Cloudzilla sur Wikipedia Commons

Publicité ciblée selon vos goûts? Source : Cloudzilla sur Wikipedia Commons

Que des services gratuits, comme les réseaux sociaux, tentent de faire du profit en monnayant les goûts et les habitudes des abonnées est déjà choquant. Mais quand le même type de présomption touche un fournisseur de services payants et, qui plus est, la compagnie réputée Bell Canada, les utilisateurs, comme les autorités, sourcillent.

Des données confidentielles revendues à des fins de marketing

Le lundi 27 janvier, le Public Interest Advocacy Centre (PIAC) et l’Association des consommateurs du Canada ont demandé au CRTC de remettre en cause les nouvelles conditions de Bell Canada quant à la vie privée de ses membres. Selon ces deux entités, Bell utiliserait des données confidentielles de ses abonnés payants, afin de les revendre à des fins de marketing. La demande envoyée au CRTC critique vivement ce passage du fournisseur en télécommunication à celui d’annonceur publicitaire.

Cibler les publicités selon les goûts des utilisateurs

L’ajout à ces termes, actif depuis le 16 novembre, stipule que Bell utilisera des informations pour, entre autres, la personnalisation des publicités et des offres de partenaires « plus pertinentes ». Ils mentionnent que cette mesure permettra « une meilleure détection et prévention de la fraude ». Si la compagnie assure qu’aucune information privée ne sera divulguée, le type de données que recueillera Bell demeure inquiétant : navigation en ligne ou sur un appareil mobile, habitudes d’appel et même le contenu télévisuel consommé par l’utilisateur. En somme, l’utilisation à partir de chacun des services offerts (télé, téléphonie ou connexions Internet) serait potentiellement analysée à des fins de publicité.

Bell offre la possibilité de refuser les publicités personnalisées à partir de la page de gestion de préférences. Mais le document de PIAC souligne qu’il y a de fortes chances que cela ne change rien en ce qui concerne la collecte de données. Selon l’organisme, peu importe que l’utilisateur soit abonné par défaut ou par option d’inclusion ou d’exclusion (donc délibérément hors du système), le fournisseur continuera d’accumuler les données. Il n’y aurait donc pas de choix réel pour la vie privée, seulement celui de recevoir des publicités personnalisées ou non.

Des millions de Canadiens touchés

Dans tous les cas, Bell demeure en mesure d’obtenir des données massives (big data) importantes sur sa clientèle et ses habitudes de consommation. Or, comme permet de le voir l’application de la PIAC et de l’Association des consommateurs canadiens, cette compagnie avait au troisième trimestre 2013 environ 7,8 millions d’abonnés sans fil, 5,3 millions d’abonnés téléphoniques, 2,2 millions d’abonnés Internet et 2,2 millions d’abonnés à ses services télé. Cette masse d’abonnés payants serait potentiellement une source de revenus supplémentaires pour Bell et ses partenaires d’affaires.

La question de la vie privée… encore

Cette controverse s’ajoute à toutes les autres qui touchent la vie privée des citoyens dans le contexte des fournisseurs de services canadiens. En novembre 2013, le CRTC annonçait la création d’une unité d’enquête sur les frais d’itinérance, ce qui peut indiquer que cet organisme est de plus en plus enclin (peut-être sous la pression du gouvernement fédéral) à agir contre des mesures de ces compagnies considérées abusives. Ces dernières, tout comme les pirates informatiques, profitent du manque de balises légales et repoussent les limites. Mais l’information propulsée par le courroux de la population finit toujours par circuler.

Par ailleurs, la demande de la PIAC et de l’ACC survient au moment où des compagnies américaines et le gouvernement américain se sont entendus, afin que certains faits concernant les ordonnances des tribunaux touchant à l’espionnage puissent être divulgués à la population.

À ce propos, le Commissariat de protection à la vie privée du Canada a émis un rapport, le 28 janvier 2014, intitulé, Mesures de vérification et de contrôle : renforcer la protection de la vie privée et la supervision des activités du secteur canadien du  renseignement à l’ère de la cybersurveillance.