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Canipre c’est du sérieux…

Vous payez pour un service Internet afin de surfer et télécharger à votre guise, mais certaines entreprises comptent bien arrêter le mauvais pirate qui sommeille en vous… La compagnie canadienne Canipre s’érige en protectrice de la propriété intellectuelle. Et si vous faites partie des centaines de milliers d’adeptes de BitTorrent au Canada, vous devriez vous y intéresser de près.

Derrière les poursuites contre les petits pirates : Canipre

Certains se souviendront peut-être d’une affaire de piratage en 2011 et 2012, autour du film Le démineur (The Hurt Locker) de la réalisatrice Kathryn Bigelow. La compagnie de production Voltage Pictures requérait du fournisseur web ontarien TekSavvy de lui fournir les identités  de 1000 adresses IP canadiennes qui avaient obtenu illégalement le film. Cette affaire s’était alors rendue devant les tribunaux et la reprise des audiences est prévue en juin. C’est Canipre qui avait offert à Voltage Pictures les services de surveillance des téléchargements au Canada et accumulé les données pour monter cette liste. La surprise : la compagnie est située à Montréal.

Justiciers de la propriété intellectuelle

En visitant le site de Canipre, on comprend vite l’orientation que la firme a prise. La page d’accueil offre des citations aléatoires, comme « Ils savent tous que c’est mal, mais ils le font quand même ». Le design du site à la fois sobre et percutant, tout en noir et blanc avec des titres en rouge, n’est pas sans rappeler l’esthétique des sociétés militaires privées. Dans les textes, on parle de « bad guys » et de mesures fortes, mais aussi de résultats : quelque 3,5 millions de demandes d’avis de retraits de fichiers ont connu un taux de réussite de 100 %.

Selon le directeur général de Canipre, Barry Logan, l’avantage de la compagnie est de comprendre la culture du piratage. Il affirme que Canipre a une très longue liste de clients qui n’attendent que l’opportunité de pouvoir aller en cour au Canada. Si Teksavvy se voit obligé de remettre les informations de ces clients, ce serait une première dans l’histoire canadienne et une nouvelle étape dans le combat des compagnies privées contre le piratage.

Le Canada et les lois américaines

Au Canada, la pénalité maximale que prévoit la loi C-11 pour le piratage de fichiers, peu importe le nombre de fichiers, est de 5000$, tandis qu’aux États-Unis, on applique une amende de 150,000$ par fichier. Cela dit, la justice américaine a le bras long et Alan Philipps résident de Calgary, l’a su en 2011, quand il été sommé de payer 60,000$ par un juge américain, une peine réduite. Devant les accusations initiales, Alan Phillips avait refusé de se défendre, prétextant qu’il n’était pas assujetti  aux lois américaines.

Les pirates de banlieue

Si le web ne connait pas beaucoup de frontières, les limitations territoriales sur les amendes auront certainement pour effet de rendre les poursuites moins menaçantes. Aux États-Unis, la plupart des poursuites se règlent par des ententes hors cour, la situation risque d’être plus complexe au Canada. On peut imaginer que si tous les individus derrières les IP pirates détectés par Canipre sont poursuivis, chaque cas s’éternisera en procès pour  se solder par une amende qui ne vaudra pas le cout des procédures juridiques.

Au-delà des possibles compensations financières, Barry Logan de Canipre affirme que son mandat en est un de sensibilisation contre les habitudes de piratage chez les internautes. Tandis que d’une part les fournisseurs internet font leurs choux gras des besoins grandissants en matière de téléchargement, d’autre part des entreprises comptent faire des affaires d’or en prévenant le piratage. Il sera intéressant de voir le rôle que joueront les fournisseurs internet dans ce dossier.

Martin LessardComment le multitâche affecte notre attention

par

 publié le 6 mai 2013 à 12 h 50

Les nouvelles technologies de la communication ont augmenté le nombre de canaux par lesquels un message peut se rendre à vous. Surveiller Twitter et Facebook en même temps, puis répondre à un texto tout en écrivant un courriel et en épluchant les nouveautés sur Instagram, voilà le lot quotidien de bien des gens branchés.

On appelle « multitâche » cette capacité mythique qu’on attribue aux mutants qui peuvent faire plusieurs choses à la fois.

Je ne sais pas si je suis un mutant, mais je sais que le multitâche affecte mon attention, mais de quelle façon?

Vous avez reçu trois nouveaux messages

Une expérience récente a mesuré l’efficacité perdue par les interruptions de toutes sortes.

Le chercheur a placé 136 personnes dans 3 groupes différents. Tous les participants devaient lire un court texte et répondre à des questions.

Deux des groupes ont été avertis : durant l’expérimentation, ils pourraient recevoir d’autres instructions. Autrement dit, ils allaient être interrompus, un peu comme on l’est de nos jours par des alertes sur nos écrans de cellulaire et d’ordinateur ou par un coup de téléphone.

Le troisième groupe servait de groupe test et n’a jamais été interrompu dans sa tâche.

Dans un premier temps, les deux groupes cobayes ont été interrompus deux fois durant la première partie de l’expérience. On a observé une baisse de 20 % dans l’exactitude de leurs réponses comparativement au groupe test.

Les tenants du monotâche pourraient crier victoire et voir les tenants du multitâche comme étant 20 % moins intelligents qu’eux.

Quelqu’un a commenté votre page Facebook

Mais l’expérience allait plus loin que ça.

La deuxième partie du test consistait cette fois à interrompre les participants seulement dans un seul des deux groupes cobayes. Ceux de l’autre groupe ont attendu une instruction qui n’est finalement jamais venue.

Le premier groupe, qui a été interrompu de nouveau, a eu une performance négative de 14 %, soit un taux de mauvaises réponses moins important que lors de la première partie de l’expérience. Comme si le cerveau apprenait à s’adapter et à pallier l’interruption.

Quant au deuxième groupe, celui dont l’interruption annoncée ne s’est jamais produite, les résultats sont étonnants : on a vu une amélioration de 43 % des résultats, soit mieux que le groupe test!

D’autres expériences seront nécessaires pour affiner les conclusions, mais il est fort possible que le cerveau s’adapte et dédie plus de ressources cognitives pour se préparer à l’interruption. Cette interruption n’est jamais venue pour le dernier groupe, pour qui les ressources cognitives ont finalement pu servir à répondre aux questions du test.

Votre réunion commence dans 30 minutes

Il semble clair que le multitâche généré par l’arrivée des nouvelles technologies pompe des ressources cognitives, mais en même temps il entraîne notre cerveau à utiliser ces menaces de distraction pour nous forcer à porter davantage attention à la tâche qui nous occupe.

Je ne sais pas si ça fait de moi un mutant, mais je sais maintenant que je peux voir toutes ces interruptions à venir comme une motivation à me concentrer davantage à l’instant présent.

Nadia SeraioccoSept mythes sur la cybersécurité

par

 publié le 2 mai 2013 à 10 h 26

Source : Wikimedia, Jarrod Hacker

Quand il est question de cybersécurité, on a tous des certitudes. Cela dit, dans l’ombre, des pirates informatiques ne demandent rien de mieux que de prouver qu’on est rarement aussi bien protégé qu’on le croit. Il faut donc trop souvent avoir été la cible d’un virus dur à éradiquer pour devenir plus méfiant. Si on a tâté la chose, on a souvent percé au grand jour quelques mythes concernant la sécurité de nos appareils. En voici donc quelques-uns dans lesquels il fait bon sabrer et quelques autres qui révèlent de nouvelles tendances…

1. Mon cellulaire et ma tablette ne risquent rien
Mauvaise nouvelle pour ceux qui en sont persuadés : l’an dernier, le nombre de logiciels malveillants destinés à infecter les appareils mobiles a augmenté de 58 %. Que font ces logiciels? Ils peuvent voler les données stockées sur un appareil mobile (numéros de téléphone, contacts, etc.) ou encore accéder au GPS de l’appareil pour suivre à la trace son utilisateur.

2. Les réseaux sociaux les plus connus ne comportent aucune menace
En fait, les réseaux sociaux les plus populaires sont une cible de choix pour les fraudeurs. Dans ce cas, les méthodes sont plus subtiles et prennent souvent la forme d’un sondage, d’une carte cadeau ou d’un message personnel piégé.

3. Les produits Apple sont immunisés contre les virus
Là, j’avoue que j’ai été un peu surprise, car les faits sur lesquels reposait cette réputation étaient bien vrais jusqu’à tout récemment. Or, si les pirates ciblent plus souvent les PC, en avril 2012, plus de 600 000 ordinateurs portant une petite pomme ont été infectés en une seule attaque.

4. Un petit logiciel antivirus gratuit et hop! on est protégé
Encore faut-il bien s’y connaître et utiliser lesdits logiciels de la bonne façon… Souvent, ce n’est pas le cas. En téléchargeant un peu n’importe quoi, il arrive qu’on tombe sur un logiciel piégé par lequel des cybercriminels verrouillent l’ordinateur à distance et réclament une rançon au propriétaire pour le libérer. Il faut donc s’assurer que son ordinateur est protégé et que les logiciels utilisés sont adéquats.

5. En y regardant de plus près, on peut détecter si un site est fiable
Il semble que non. Depuis 2011, le nombre de sites malveillants est en croissance. Alors qu’autrefois, pareil site annonçait ses couleurs par son design ou les nombreuses fautes dans ses textes, les fraudeurs ont raffiné leur art. Les sites semblent au premier coup d’œil tout à fait légitimes, et on connaît même une hausse des sites qui imitent les réseaux sociaux.

6. Je ne fréquente pas de sites louches, donc je ne risque rien
Les fraudeurs savent bien où trouver un public peu méfiant et, dans 61 % des cas d’infection, ce sont souvent sur des sites tout à fait respectables qu’on attrape un virus. Dans le top 5 des catégories de sites fiables qui se retrouvent infectés, on trouve des sites d’entreprises, de technologie et d’achats en ligne.

Source : Symantec, Internet security threat report

7. Un ordinateur infecté montre tout de suite des signes de son infection
Mais non! Une des stratégies de ceux qui conçoivent les virus est de les rendre discrets assez longtemps pour recueillir le plus de données possible sur l’utilisateur de l’ordinateur. Dans les pires cas, un ordinateur infecté devient le maillon d’une chaîne d’envoi de pourriels. On parle alors d’ordinateur zombie, contrôlé à distance. Sans se rendre jusque-là, ceux qui ont eu des virus savent à quel point la chose peut-être insidieuse.

Quelques chiffres sur la question

  • En tout, 31 % des attaques ciblées étaient dirigées contre des entreprises de moins de 250 employés.
  • Le volume de pourriels a continué de décroître, représentant 69 % de l’ensemble des messages électroniques.
  • Le nombre de sites d’hameçonnage (phishing) ciblant les réseaux sociaux a augmenté de 125 %.
  • Les attaques en ligne ont progressé de 30 %.
  • En 2012, 5291 nouvelles failles ont été découvertes, dont 415 sur des systèmes d’exploitation mobiles.

Ces chiffres et mythes proviennent de l’étude Internet threath security report  de Symantec, qui fabrique les logiciels antivirus Norton.

 

Depuis février dernier, Google permet aux utilisateurs de divers services web de se connecter avec leurs identifiants Google, simplifiant ainsi la procédure d’inscription à ces nouveaux services. Nommé Google+ Sign-In, ce module est offert gracieusement aux développeurs d’applications désireux de céder la gestion de leurs utilisateurs à une compagnie dont la réputation est déjà bien établie. Qui sait ce qu’un service totalement inconnu pourrait faire avec vos informations confidentielles?

Évidemment, il allait de soi que Google ne faisait pas preuve ici d’altruisme. C’est d’ailleurs ce que le géant de la recherche a confirmé aujourd’hui en dévoilant une nouvelle fonctionnalité de sa procédure de connexion. Celle-ci consiste (vous l’aurez sans doute deviné) à colliger les diverses activités de chacune des applications utilisant le service Google+ Sign-In.

Résultats de recherche améliorés

La prochaine fois que vous effectuerez une recherche d’application sur Google, de l’information concernant les préférences de sa communauté sera affichée dans une case à droite des résultats de recherche (pourvu que l’application utilise Google+ Sign-In). Par exemple, si vous cherchez le service « Fandango », voici ce que vous obtenez :

En appliquant l’information recueillie par le biais de Google+ Sign-In, vous trouvez de l’information complémentaire en dessous des détails de l’application :

Il semble pour l’instant que cette fonction soit réservée uniquement aux internautes connectés à Google+. Néanmoins, Google a annoncé son intention d’afficher éventuellement l’information complémentaire même à ceux qui ne sont pas membres de son réseau social.

Le déploiement de cette nouvelle fonctionnalité devrait se faire sous peu. Elle ne concerne que les applications ayant conclu un partenariat avec Google, mais ce n’est qu’une question de temps avant que la majorité des recherches en soit touchée.

Choisir son démon

Entre Facebook, Twitter et Google, il est parfois difficile de juger lequel de ces trois services respecte le mieux la confidentialité de ses utilisateurs. Bien qu’il soit possible de signaler qu’on ne désire pas que certaines informations ou activités soient publiques, rien ne garantit que les données recueillies ne sont pas utilisées à des fins statistiques.

Savez-vous qu’il est fort probable que des courriels que des Canadiens envoient à certains de leurs voisins passent par des villes américaines?

La décentralisation du réseau Internet repose sur le hasard des connexions entre fournisseurs. Ça ne donne pas un accès toujours optimisé sur certaines parties du réseau.

C’est le cas au Canada : le trafic Internet national traverse souvent les frontières américaines avant de revenir vers un destinataire canadien.

Remarquez, c’est comme lorsque vous vous rendez à un aéroport américain en avion pour faire une correspondance sur une autre ligne aérienne vers votre destination finale.

Une solution : plus de PEI

Il est possible de bâtir de telles plaques tournantes pour le réseau Internet : ça s’appelle un PEI, un point d’échange Internet.

Un PEI permet au trafic branché sur ce nœud de parcourir des chemins beaucoup plus courts, et ce, beaucoup plus rapidement que par des lignes externes. Dans un PEI donné, les membres se donnent mutuellement accès à leur réseau interne pour le transport de données.

Imaginez une étoile avec pour centre New York. Un PEI serait un pont entre deux des pointes de cette étoile, pointes qui sont en fait des fournisseurs d’accès Internet. Le pont permet aux données de circuler entre les deux pointes, de l’une à l’autre directement, sans passer par le centre, New York.

Il y a plus de 300 points d’échange dans le monde. Les Américains en ont 13. Le Canada? Seulement 3! Ceux-ci sont situés à Ottawa, à Toronto et à Montréal.

Les PEI de l’est de l’Amérique du Nord

Le président de l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI), qui gère les noms de domaine en .ca, s’était emporté l’an dernier :

« Par rapport aux autres pays de l’OCDE, le Canada accuse un retard. Pour un pays qui a déjà fait figure de leader de l’économie numérique mondiale, c’est inacceptable. » – M. Byron Holland, président et chef de la direction de l’ACEI

Il appelle à une collaboration entre les grands joueurs pour créer d’autres points d’échange au pays, comme à Vancouver et à Halifax.

Mise à jour à Montréal

Aujourd’hui, Montréal devient un point encore plus brillant sur la carte Internet. J’aurai l’honneur d’animer ce soir l’événement entourant la mise en service officielle d’un deuxième site opérationnel pour le point d’échange de Montréal.

Cet événement se tiendra sous l’égide de l’Échange Internet de Montréal (EIM), un organisme sans but lucratif créé pour prendre officiellement le relais de QIX (Quebec Internet Exchange) géré jusqu’à maintenant par le RISQ, le Réseau d’informations scientifiques du Québec.

Les PEI qui connaissent le plus de succès dans le monde sont gérés par la communauté d’affaires Internet locale, qui en assure le financement et le développement. Le RISQ continue de prendre en charge la gestion opérationnelle du point d’échange, mais c’est la nouvelle entité, l’Échange Internet de Montréal, qui veillera à sa promotion et son développement.

C’est donc maintenant l’industrie locale qui assurera la croissance du point d’échange de Montréal.

Échange local pour bénéfices locaux

Un tel point d’échange Internet signifie beaucoup pour une ville ou une région.

Outre l’optimisation de coûts (le trafic transite gratuitement entre membres, et non sur des réseaux tiers facturés au gros prix), il y a un véritable gain en termes d’optimisation de la bande passante. En fin de compte, ce sont les utilisateurs qui en bénéficieront.

L’échange d’accès permet l’émergence de services Internet locaux, comme l’hébergement de sites, de services ou d’applications en ligne, et même de susciter la création d’un centre de données.

L’autre grand avantage a trait à la latence du réseau, c’est-à-dire au temps de transport des données. L’interconnexion directe leur évite de parcourir de longues distances. Pour Montréal, ça veut souvent dire d’éviter un aller-retour New York ou Toronto.

Pour une machine, sauver quelques millisecondes fait toute la différence. Avec la montée de ce qui s’appelle « l’Internet des objets », où des machines connectées communiquent de plus en plus entre elles, réduire cette latence signifie une meilleure interopérabilité.

Les acteurs locaux hébergeront alors leurs applications et services Internet dans leur ville, et non à l’étranger.

Nécessairement, les villes qui se dotent de PEI sont comme les villes d’une autre époque soucieuses de se placer sur l’échiquier économique mondial en se dotant d’un port ou d’un aéroport d’envergure. Elles s’assurent d’une quantité et d’une qualité de trafic des données : l’or du 21e siècle, en somme.