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Martin LessardComment vérifier la vitesse d’un site web?

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 publié le 15 septembre 2014 à 18 h 21

Les démangeaisons : il s’agit d’en parler pour que l’on se mette à se gratter.

Certains ont l’impression que lors du lancement d’un nouvel iPhone, le leur devient subitement plus lent.

Quand Catherine Mathys nous signale dans Triplex qu’il existe un « jour du ralentissement web » (Internet Slowdown Day), nous avons l’impression que ce jour-là, tous les sites sont lents.

Quand j’ai parlé de l’alerte de tempête solaire imminente, une tempête capable de perturber nos gadgets technos et nos télécommunications, certains m’ont écrit qu’ils ont perçu que leur fournisseur d’accès était plus lent que d’habitude.

Bien sûr, tout cela n’est qu’hallucination. Mais existe-t-il une façon de savoir, par exemple, quand un site est réellement lent?

Des outils en ligne pour vous aider

La façon la plus rationnelle de vérifier si un site web est lent, c’est de le comparer avec d’autres sites et de le tester à partir d’un autre point que son propre point d’accès à Internet.

Avant toute chose, il faut vérifier s’il est possible que le problème soit de votre côté, et non sur l’ensemble du réseau.

1) Testez votre connexion

En cliquant ici, vous pouvez tester votre bande passante : speedtest.net

speedtest

Le débit de votre connexion est exprimé en kilobits transférés par seconde (kbit/s). Il doit normalement correspondre au débit que votre fournisseur vous a promis.

Si tout va bien, vous pourrez passer aux autres tests.

2) Testez si la page est hors connexion pour tous

Le fait que vous ne puissiez pas accéder à une page peut s’expliquer de multiples façons, mais il se peut que ce ne soit pas la page en question la source du problème.

Un moyen de le savoir est de vérifier si, par un autre chemin, on tombe sur le même problème.

Le site « down for everyone or just me? » permet de voir si vous êtes le seul à avoir des problèmes avec la page web.

speedtest

Le site vous dira si le problème est simplement de votre côté ou s’il est constaté par tous (du moins par ce site et vous).

3) Tester si le site est lent

Il faut distinguer ici le « serveur » de son « contenu ».

On peut faire l’analogie avec se rendre au magasin (le temps d’accès à un serveur) et se faire servir au comptoir (accéder à son contenu). Il faut séparer ces deux temps.

Le service de Ping est un service qui vérifie le temps d’accès à un serveur. Accéder à son contenu est une autre paire de manches.

Ping calcule en millisecondes le temps pour se rendre au serveur (au magasin) et varie parfois beaucoup, voilà pourquoi il faut tester plusieurs fois et prendre une moyenne.

Si vous êtes sur Windows, vous avez tous une application qui s’appelle Command Prompt. Sur Mac ou Linux, il s’appelle Terminal.

Il faut simplement l’ouvrir et écrire « Ping » et l’adresse du site web. Exemple :

myping

Et la réponse sera quelque chose comme :

pingtriplex

Si vous préférez, il existe des outils en ligne.

Moi, j’aime bien ping.eu, pour sa simplicité:

ping-eu-srcLes valeurs obtenues sont en millisecondes : c’est en comparant avec d’autres sites que vous aurez un aperçu de leur vitesse d’accès relative.

Vous pourrez ainsi avoir une idée de quel serveur est plus le rapide et quel autre est le plus lent à un moment donné.

Quand on vous parlera de lenteur sur le web la prochaine fois, vous aurez des outils pour vérifier.

Catherine MathysInternet et sa neutralité menacée

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 publié le 12 septembre 2014 à 16 h 10

Vous avez peut-être trouvé que certains sites web étaient plus lents qu’à l’habitude le 10 septembre dernier. Nombre de plateformes très fréquentées telles que Netflix et Reddit présentaient un symbole de téléchargement à l’occasion de l’Internet Slowdown Day.

Une journée pour protester

Les sites n’étaient pas réellement plus lents cette journée-là, mais ils visaient à sensibiliser le public à la question de la neutralité d’Internet en affichant la roue que l’on voit parfois quand un site prend du temps à charger. Cette manifestation virtuelle protestait contre la possible implantation d’un Internet à deux vitesses. Malheureusement, le sujet n’est pas nouveau, comme en témoigne ce billet publié sur Triplex en 2010. La neutralité d’Internet se réfère au principe selon lequel les fournisseurs d’accès devraient traiter tous types de fournisseurs de contenu de façon équitable en n’accordant pas de traitement de faveur à qui que ce soit. Ce schéma rigolo pourrait vous aider à vous y retrouver.

neutralite_klaire

http://www.zdnet.fr/actualites/neutralite-du-web-cet-obscur-concept-resume-en-une-bonne-infographie-39806181.htm#xtor=RSS-1

La bande passante : le nerf de la guerre

Dans le débat actuel, on trouve d’un côté les partisans des « voies rapides », principalement les fournisseurs d’accès, et de l’autre, les adeptes d’un Internet équitable pour tous, représentés par plusieurs grands fournisseurs de service comme Netflix, Tumblr, Etsy, Kickstarter, Mozilla, Reddit, Dropbox, Upworthy et d’autres. L’attente factice pour le chargement de certains sites mercredi dernier était en fait une façon de simuler ce qu’Internet pourrait devenir avec la proposition de la Federal Communications Commission (FCC), l’équivalent américain de notre CRTC.

En mai dernier, la FCC proposait en effet aux fournisseurs de bande passante de faire payer certaines entreprises comme Amazon ou Netflix pour leur offrir un meilleur débit. Les fournisseurs d’accès, qui, pour la plupart, sont des câblodistributeurs, soutiennent qu’ils ont le droit d’exiger un montant de la part de certains sites web qui ont souvent besoin d’un débit plus rapide. Netflix et YouTube, par exemple, représentent plus de la moitié de la consommation de données durant les heures de pointe aux États-Unis. Les fournisseurs Internet aimeraient donc que certains sites très fréquentés comme ceux-là participent davantage à cette surcharge de bande passante.

Un public sensibilisé?

Les détracteurs, guidés par les associations Fight for the Future et Demand Progress, craignent qu’une telle proposition appliquée à tous ne mine la capacité de payer des petits fournisseurs d’accès et que seuls les fournisseurs les plus riches aient accès aux voies rapides d’Internet. La journée du 10 septembre a voulu frapper un coup pour sensibiliser le grand public à la question. D’ailleurs, ce jour-là, le Congrès américain a été submergé par 1000 appels à la minute, et de nombreux élus se sont affichés pour la neutralité d’Internet.

Mais est-ce bien suffisant? Les géants Google et Facebook se sont contentés d’un appui plutôt discret à l’initiative sans modifier leur plateforme pour la journée de protestation. Et le grand public, lui, se sent-il interpellé par la problématique en dehors de cette action symbolique? Un récent sondage montre que 63 % des répondants trouvent que le débit d’Internet devrait être le même pour tous, et que si une priorité devait être accordée, il faudrait que ce soit pour une autre raison que celle d’une entreprise qui débourse un montant pour l’obtenir. Cela dit, ces partisans semblent rester bien silencieux le reste de l’année.

La neutralité du net : un problème américain?

Et qu’en est-il du problème à l’extérieur des États-Unis? L’Europe a déjà reconnu la neutralité d’Internet, en avril dernier, avec un vote sur un premier texte de loi. Selon l’eurodéputée française Françoise Castez citée dans cet article du Monde, « ce texte garantit l’accès de tous à tous les points du réseau, sans discrimination liée au support, au contenu, à l’émetteur ou au destinataire de tout échange de données ». Des mots qui feraient rêver les défenseurs américains de la cause.

Cela dit, un vote en deuxième lecture aura lieu, et les assises de ce texte pourraient être ébranlées par de nombreuses voix discordantes, notamment celles des câblodistributeurs qui, là aussi, cherchent des moyens de lutter contre la concurrence. D’ailleurs, bien que des amendements aient été adoptés, l’article du Monde mentionne que « l’eurodéputée espagnole Pilar del Castillo Vera, rapporteuse du projet, n’avait pas souhaité introduire dans le texte des mesures trop contraignantes, qui auraient empêché les opérateurs de faire des arbitrages pendant les périodes de fort trafic, ou de rentabiliser leurs réseaux grâce à des services à forte valeur ajoutée ». Tout n’est donc pas gagné pour les défenseurs de la neutralité d’Internet.

Et au Canada? Depuis 2009, il est possible pour les fournisseurs d’accès de ralentir le débit pour gérer le trafic du réseau. Cela dit, ils doivent en aviser leurs clients avant de procéder. Et il faudra bien sûr surveiller le débat américain pour éviter d’éventuelles séquelles chez nous, que ce soit par un accès restreint à certains sites ou encore par l’augmentation de la tarification de l’accès à Internet. Bref, un dossier à suivre…

Catherine MathysLa télévision n’est pas encore morte

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 publié le 9 septembre 2014 à 14 h 48

Jeudi dernier, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) publiait un certain nombre de données sur le secteur de la radiodiffusion au pays provenant du Rapport de surveillance des communications de 2014. Bien que des changements d’habitudes continuent d’être observés, les Canadiens ne consomment pas moins de télévision, au contraire.

Richard Harrington. Canada. Office national du film du Canada. Bibliothèque et Archives Canada, PA-111390

Richard Harrington. Canada. Office national du film du Canada. Bibliothèque et Archives Canada, PA-111390

Moins de salon, plus d’écrans

Comme c’est la tendance depuis quelques années, on passe moins de temps à regarder la télé sur un téléviseur. En effet, en 2013, le temps passé à regarder la télévision de manière conventionnelle a diminué, et ce, pour tous les groupes d’âge. La plus forte baisse concerne, sans surprise, les jeunes de 18 à 34 ans qui sont passés de 22,8 heures par semaine en 2012 à 21,9 heures par semaine en 2013.

Cela dit, ils ne regardent pas moins de contenu télévisuel. C’est plutôt que leur attention est divisée par le nombre de plateformes qu’ils utilisent. Ainsi, les Canadiens ont augmenté leur consommation de contenu télévisuel sur Internet en passant de 1,3 heure à 1,9 heure par semaine en 2013. Il s’agit là d’une tendance mondiale. La compagnie suédoise Ericsson vient elle aussi de publier un rapport sur la question après des entrevues réalisées auprès de 23 000 individus dans 23 pays, dont les données vont essentiellement dans le même sens que celles du CRTC. La télévision conventionnelle reste compétitive bien qu’elle soit en baisse et le visionnement en ligne gagne du terrain. Ainsi, 77 % des consommateurs continuent de regarder la télévision conventionnelle bien que 75 % d’entre eux regardent du contenu en ligne plusieurs fois par semaine. Cela dit, il demeure certains obstacles de taille pour la progression du visionnement en ligne comme le coût du trafic des données, surtout au Canada.

Le prix du visionnement en ligne

En 2013, l’OCDE réalisait une étude selon laquelle le Canada se classait parmi les 10 pays où l’accès à Internet est le plus coûteux, que ce soit sur le plan de la bande passante ou celui des forfaits de données mobiles. Et pendant que la vitesse de la bande passante augmente, les coûts, eux aussi, continuent d’augmenter. Cet état de fait peut vous sembler dans l’ordre des choses, mais sachez que c’est le contraire dans la majorité des pays membres de l’OCDE, c’est-à-dire que la vitesse d’Internet augmente pendant que les prix d’abonnement sont à la baisse.

À moyen terme, il s’agit là d’un frein à la consommation de contenu sur le web. Et bien qu’on mentionne souvent la popularité de Netflix, il convient de relativiser les attentes. Dans le rapport du CRTC, on apprend que Netflix, bien qu’il gagne en popularité, reste un phénomène somme toute très marginal chez les francophones. Le taux d’adoption est passé de 5 à 7 % pour les auditeurs de langue française, alors qu’il se situe à 29 % chez les anglophones. Il faut dire que l’offre de produits québécois ou en français reste limitée.

Qu’à cela ne tienne, le patron du géant américain est convaincu qu’il s’agit de l’avenir pour le visionnement de contenu. Dans une récente entrevue accordée au magazine Télérama à l’occasion du lancement imminent du service en France, il a affirmé que la télévision traditionnelle était vouée à la disparition. Il croit que c’est le sport qui offrira un sursis au modèle, mais selon lui, la télévision « aura disparu dans 20 ans, car tout sera offert sur Internet ». Mais à quel prix?

Notre attachement à la télé conventionnelle

Bien que nous soyons de plus en plus nombreux à varier nos sources de visionnement de contenu télévisuel, les téléspectateurs traditionnels demeurent les plus nombreux dans de nombreux marchés. C’est la conclusion de l’étude de Strategy Analytics menée en décembre 2013 et en janvier 2014 auprès de plus de 4000 Européens et 2000 Américains. Les téléspectateurs passifs sont encore très présents. Ils sont très concentrés sur la télévision, ils ne parlent pas au téléphone, n’envoient pas de messages texte et ne consultent pas les médias sociaux. Pour le moment, c’est 3 personnes sur 10 qui font du visionnement multi-écrans, toujours selon Strategy Analytics. C’est beaucoup, mais c’est encore loin de la majorité et les habitudes des divers segments de population sont beaucoup plus variées qu’on ne le croirait. L’auteur du rapport mentionne d’ailleurs qu’il faudra repenser les façons de diviser les auditoires selon l’âge et le sexe qui sont utilisées tant par les diffuseurs que les annonceurs depuis 70 ans. Dans un même groupe d’âge, on peut retrouver des habitudes de visionnement complètement différentes.

Ainsi, la consommation de contenu sur une télévision conventionnelle diminue, mais certains indices montrent que nous y sommes toujours bien attachés et qu’elle serait encore là pour quelque temps. Le rapport du CRTC indique que les Canadiens sont encore peu nombreux à se débrancher du câble. Nous étions 11,93 millions d’abonnés en 2012, nous sommes 11,92 millions en 2013. La différence est minime malgré l’impression du raz-de-marée numérique. Il semblerait que l’on tienne encore à l’offre télévisuelle traditionnelle malgré tout.

Catherine MathysRas-le-bol de la frénésie du web?

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 publié le 29 août 2014 à 11 h 36

Le 21 août dernier, Ma mère était hipster, un webzine portant sur la culture émergente montréalaise, publiait un statut sur sa page Facebook dont voici un extrait :

« Actuellement, la culture se consomme en mode fast food. (…) C’est pourquoi MMEH entreprendra, dès septembre, un virage slow media. Nous revendiquons la lenteur. Nous revendiquons le droit de nous poser sur les œuvres qui nous sont offertes et de prendre le temps de les comprendre, de les décortiquer, de les apprécier. Pour retrouver le plaisir des mots, de l’écriture, de la découverte. Pour avoir le temps de se laisser séduire. »

Le slow media, ou la volonté de ralentir le rythme de publication et de lecture imposé par la frénésie du web, n’est pas un phénomène nouveau comme en fait état cet article de La Presse datant de 2010. Ces dernières années, des sites comme Longform et Longreads ont popularisé la publication d’articles de plus de 2000 mots en ligne. Bien que ces longues lectures puissent paraître antinomiques au caractère souvent instantané des échanges sur le web, l’idée semble s’inscrire dans une mouvance plus large où la lenteur et la qualité du contenu s’opposent à la course effrénée qui caractérise notre consommation du web. Prenons l’exemple d’un phénomène en croissance qui illustre ce ras-le-bol du déferlement d’information, le retour en force des infolettres.

Le retour des infolettres

Le 29 juin dernier, David Carr, du New York Times y consacrait un article. Des journalistes, mais aussi des médias, semblent mieux trouver l’attention du lecteur à travers des infolettres. Oui, oui, des infolettres envoyées avec un bon vieux courriel. David Carr mentionne une étude qui date de mars 2014 où 940 cadres disent préférer l’infolettre à Internet ou aux applications mobiles quand vient le temps de s’informer.

Pour expliquer le retour des infolettres dans la faveur populaire, David Carr accuse le flux continu d’information qui nous assiège au quotidien. C’est comme si l’infolettre arrivait avec des contours bien définis dans notre boîte de messagerie et mettait un peu d’ordre et de prévisibilité dans la masse de messages et de liens que nous recevons. Et parce que, dans l’ordre habituel des choses, on lit d’abord nos courriels avant d’aller voir nos médias sociaux, l’infolettre devient une source primaire d’information.

David Carr mentionne que le service de MailChimp, qui se spécialise dans l’envoi de courriels commerciaux aux usagers, ajoute près de 10 000 abonnés par jour pour un total de 400 millions de courriels quotidiens. C’est comme si pour se sortir du lot, il fallait revenir aux anciennes méthodes qui s’avèrent désormais plus efficaces pour s’informer directement à la source. L’infolettre propose un résumé de quelques liens qui peuvent nous intéresser et possède une qualité qu’ont bien peu d’informations trouvées sur le web, c’est-à-dire qu’on les reçoit à notre demande. Recevoir une infolettre sous-entend ainsi un intérêt réel pour le sujet ou la thématique en question, ce qui peut économiser à la fois temps et énergie.

Ralentir le rythme permet donc de revenir à d’anciennes technologies qu’on croyait moins pertinentes, mais aussi de repenser le format du réseau social tel qu’on le conçoit habituellement.

Un nouveau réseau social basé sur la qualité et non la quantité 

Dans cette volonté de prendre son temps pour s’informer, un nouveau réseau social est également en train de naître. Son nom comme sa mission sont simples. Le réseau s’appelle This. et permet à ses utilisateurs de ne recommander qu’un seul lien par jour (offert en version bêta pour le moment). Il s’agit en quelque sorte d’un réseau qui cherche à faire ralentir le rythme. En effet, comment réussir à lire tout ce que les membres de notre réseau nous recommandent chaque jour? Y arrivez-vous? Et si on prenait le temps de réfléchir et de ne choisir qu’un seul lien cette journée-là?

Bien sûr, la rareté crée la valeur. Quand on ne peut recommander qu’un seul lien par jour, on le choisit avec soin, et le lecteur le reçoit avec autant d’attention en sachant qu’il a été choisi pour son grand intérêt. D’ailleurs, dans une entrevue accordée au Nieman Journalism Lab de Harvard, l’idéateur du réseau Andrew Golis mentionne qu’il souhaite remplacer le traditionnel « j’aime » par « merci ». Merci d’avoir pris le temps de lire, de réfléchir et de penser que ça pourrait m’intéresser au-delà de tout le reste qui a été diffusé dans la journée.

Golis ne veut pas que son réseau social soit celui qu’on consulte machinalement sur le trottoir en marchant, mais bien celui qu’on prend le temps de consulter tranquillement le soir, une fois les enfants couchés. Il pense même éventuellement, pour revenir à notre sujet précédent, permettre aux usagers de créer des infolettres personnalisées selon leurs centres d’intérêt.

Il ne s’agit sûrement pas du prochain Facebook pour ce qui est du nombre d’abonnés, mais beaucoup y trouveront assurément leur compte pour simplifier leur rapport à l’infobésité. Et ce genre de réseau social s’inscrit tout à fait dans le mouvement du slow media. J’en profite pour souhaiter bonne continuation au webzine Ma mère était hipster dans sa nouvelle formule.

Et puis, avez-vous trouvé mon billet trop long à lire? ;)

 

Maxime JohnsonLes défis de Dropbox

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 publié le 28 août 2014 à 12 h 57

Dropbox-Pro-Logo

Le service de stockage en ligne Dropbox a rehaussé son offre hier, en faisant passer de 100 Go à 1 To l’espace disque offert à la plupart de ses abonnés payants. Une amélioration qui devrait lui permettre de rejoindre ses concurrents, mais qui rappelle aussi les défis importants que devra relever l’entreprise au cours des prochaines années.

Les à-côtés des uns, le beurre des autres
Dropbox est une compagnie qui offre de l’espace de stockage en ligne. Les utilisateurs obtiennent 2 Go d’espace gratuitement, et doivent ensuite débourser 10,99 $ par mois pour y emmagasiner jusqu’à 1 To. L’entreprise offre une interface web complète, mais aussi des applications pour de nombreux systèmes d’exploitation et plateformes mobiles.

Dropbox est l’un des premiers services du genre et, encore aujourd’hui, l’un des plus complets et des plus conviviaux.

Malheureusement pour l’entreprise, la concurrence des grands joueurs établis commence à être difficile à gérer.

Avec sa nouvelle limite annoncée hier, Dropbox offre désormais autant d’espace que Microsoft et Google pour un prix similaire, mais la lutte avec ces deux derniers (et Apple bientôt) s’annonce de plus en plus inégale, puisque le pain et le beurre de l’un (Dropbox) n’est qu’un service complémentaire pour les autres.

La comparaison avec Microsoft est particulièrement frappante.

Pour 9,99 $ par mois, Microsoft n’offre en effet pas seulement 1 To d’espace en ligne avec son service OneDrive, mais aussi la suite Office 365, qui permet d’installer toutes les applications de la suite Office sur cinq différents appareils (Mac ou PC) et qui vient avec 60 minutes d’appels Skype par mois.

Et pour ceux qui souhaitent installer Office sur un seul ordinateur, il est même possible d’obtenir Office 365 Personal et 1 To d’espace pour 7 $ par mois.

Bref, pour Microsoft, le 1 To d’espace en ligne n’est pas au cœur de son modèle d’affaires, mais plutôt un bonbon, conçu pour attirer les gens vers sa suite de bureautique.

Et il n’y a pas que Microsoft que Dropbox doit craindre. Apple lancera au cours des prochaines semaines iCloud Drive, qui sera finement intégré à son écosystème, et l’espace de stockage de Google peut être réparti dans tous les autres services de la compagnie, ce qui est certainement un avantage intéressant pour ceux qui utilisent Gmail ou qui sauvegardent leurs photos dans Google+ Photos.

Dropbox offre encore quelques avantages. Ses applications sont à bien des égards mieux conçues, avec plus de fonctionnalités et offertes sur plus de plateformes différentes. D’autres services s’intègrent aussi bien à Dropbox.

Pour de plus en plus d’utilisateurs du grand public qui ne recherchent qu’un simple espace de stockage par contre, force est de constater qu’il commence à être difficile d’y retrouver plus pour son argent qu’avec les joueurs établis, même avec le forfait payant amélioré.

Les autres services
mailbox

Heureusement, Dropbox n’est pas qu’un espace de stockage pour les particuliers.

L’entreprise offre aussi un espace collaboratif pour les entreprises qui est déjà utilisé par de nombreuses compagnies, et elle travaille aussi notamment sur le service Mailbox, une boîte de courriels qui améliore considérablement l’expérience des utilisateurs avancés comparé à Gmail directement, par exemple.

La compagnie mise aussi de plus en plus sur la photo, avec l’acquisition des entreprises Snapjoy, Loop et plus récemment Bubbli. Dropbox a également lancé l’application mobile Carousel plus tôt cette année.

Oui, les défis de Dropbox sont nombreux.

Mais en misant sur d’autres services pour les consommateurs et les entreprises, la compagnie a encore amplement l’occasion de croître.

Comme avec Apple, Google et Microsoft, l’espace de stockage ne devra toutefois plus être au centre du modèle d’affaires de la compagnie, mais un outil complémentaire aux autres services de l’entreprise.