Billets classés sous la catégorie « Internet »

Je ne suis pas un amateur de boxe. La vue de deux hommes qui se taquinent le museau avec des gants rembourrés ne m’enchante guère.

Pourtant, cette fin de semaine, ne me demandez pas quelle équipe jouait au hockey, j’étais en train de regarder le combat de boxe Mayweather-Pacquiao.

Oh, n’allez pas imaginer que je m’intéresse maintenant à ce sport de combat! D’ailleurs, je ne sais pas qui a gagné. Je m’intéressais plutôt à la façon dont ce match a été diffusé sur Twitter grâce à Meerkat et à Periscope.

En direct de votre salon

Meerkat et Periscope, les habitués de Triplex le savent, n’ont pas inventé le direct sur Internet, mais elles ont réussi à le démocratiser. Un clic et le tour est joué.

Cette fin de semaine, de nombreux amateurs de boxe, qui ont payé chacun 100 $ pour regarder le combat Mayweather-Pacquiao en direct à la télévision, ont utilisé Meerkat ou Periscope pour diffuser le combat en ligne.

Pour la qualité de l’image, on repassera. Toutefois, se retrouver chez les gens dans leur salon avec l’ambiance des amis qui commentent le match a été une expérience totalement nouvelle.

C’est comme assister à un match sportif dans un bar. Sauf que ce n’est pas toi qui décides quand ni comment tu regardes la télévision – et tes commentaires ne se font que par écrit. Pas content? Il y a une autre chaîne Meerkat ou Periscope.

On le sait bien, on ne va pas dans un bar pour écouter un match, on y va pour l’ambiance. Cette fin de semaine, cette atmosphère était sur Twitter avec Meerkat et Periscope.

Quand le second écran se prend pour le premier

Ce qui est appelé le « second écran » par l’industrie de la télévision, ce cellulaire ou cette tablette que l’on tient dans les mains lorsque l’on regarde le téléviseur, a pris le contrôle cette fin de semaine.

Ce n’était plus un direct du match de boxe, c’était un direct des gens dans leur salon qui sont en train d’écouter le match de boxe.

Avec Meerkat ou Periscope, tout sportif de salon, cellulaire à la main, devient le commentateur principal pour son auditoire.

Il est clair que ce type d’expérience ne plaira pas à tous – surtout pas aux ayants droit de la diffusion du match. Toutefois, cela illustre un usage émergent pour ces deux nouvelles applications : capturer l’ambiance de l’écoute en groupe.

Jusqu’à présent, les deux applications n’étaient offertes que sur iOS et leur taux d’adoption restait faible hors des États-Unis. Tout ça devrait changer bientôt puisque Meerkat est maintenant offerte en version bêta sur Android.

Depuis cette fin de semaine, la nouvelle mise à jour de Meerkat permet de publier des vidéos en direct sur des pages Facebook, afin de rejoindre un plus grand auditoire (s’éloignant ainsi de Twitter, qui devient de plus en plus le territoire de Periscope).

Ainsi, on a potentiellement les ingrédients pour une contre-attaque du second écran. Alors que les chaînes de télévision se sont enfin mises à développer des plans stratégiques pour animer l’auditoire autour du premier écran, voilà que cet auditoire vole la vedette et se met lui-même en scène. Du moins lors d’événements en direct.

Puisque nous approchons de la finale des éliminatoires de la LNH, je m’attends à ce que beaucoup d’amateurs sportifs se servent pour la première fois de Meerkat ou de Periscope afin de faire partager l’ambiance électrisante de leur salon à une foule de personnes, isolées devant leur cellulaire, qui ne demandent qu’à être, elles aussi, en groupe.

Autres billets Triplex sur le sujet :

L’esthétique de Meerkat et de Periscope

Periscope : ce que les médias peuvent y gagner

Periscope à Baltimore

Une récente étude de l’Université Yale, publiée dans le Journal of Experimental Psychology, suggère que les moteurs de recherche comme ceux de Google ou de Yahoo font croire aux utilisateurs qu’ils sont plus intelligents qu’ils ne le sont en réalité.

Cette étude s’ajoute donc à d’autres comme celle-ci ou encore celle-là, qui suggèrent que la recherche d’information sur le web augmente davantage notre estime et notre confiance en nous-mêmes que notre intelligence.

Le web rend-il stupide?

L’article « Is Google Making Us Stupid? », de Nicholas Carr, publié en 2008 dans le magazine The Atlantic, avait fait grand bruit à l’époque. Près de sept ans se sont écoulés depuis sa parution, et l’étude de Yale semble en corroborer certaines conclusions.

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Comme le mentionnait le site de Slate, Carr est d’avis que l’usage d’Internet a de sérieuses conséquences sur notre cerveau et certaines de nos capacités, en particulier la concentration. Il s’appuie sur certaines expériences en particulier pour étayer ses observations :

« À mesure que les logiciels deviennent plus simples à utiliser, et rendent les tâches compliquées plus faciles, nous risquons de perdre notre capacité à apprendre des choses correctement. »

Google et la confiance en soi

Dans l’étude de Yale, plus de 1000 étudiants ont participé à une série d’expériences. Le groupe était divisé en deux, ceux qui avaient un accès à Internet et ceux qui ne l’avaient pas. On cherchait à tester, non pas leurs connaissances sur des sujets très variés, mais bien la confiance en leur propre capacité à répondre correctement à plusieurs questions.

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Dans un des tests, par exemple, on a fourni au groupe ayant accès à Internet un lien vers la réponse à une question donnée. Le groupe sans Internet a reçu la même information, mais par écrit. Plus tard, pour une question sans aucune relation à la première, le groupe qui avait fait ses recherches en ligne pensait plus facilement obtenir la bonne réponse à la nouvelle question, même s’il ne pouvait pas la vérifier en ligne.

La confusion de la connaissance

Internet est un outil puissant, comme on le sait, qui permet d’avoir accès à n’importe quelle information en quelques clics. Un des chercheurs, Matthew Fisher, mentionne, après l’étude, qu’il devient facile de confondre nos propres connaissances avec une source extérieure comme Google.

Le professeur Frank Keil, de Yale, souligne que le fait d’être en train de faire des recherches a certains effets cognitifs. Ils sont si puissants que les gens réussissent à se sentir plus intelligents, même si leurs recherches en ligne n’aboutissent à rien.

L’accès omniprésent aux téléphones et, bientôt, aux montres connectées veut aussi dire que ces recherches, mais surtout ces réponses, sont toujours à portée de la main. Selon lui, Internet finit par faire confondre ce qu’on sait avec ce qu’on pense savoir.

Nous ne serions pas si futés? Et alors?

Les chercheurs pensent qu’une impression surévaluée de ses propres connaissances peut ensuite avoir des conséquences néfastes sur la prise de décisions importantes, qui seraient moins bien éclairées qu’on ne le pense.

Il ne s’agit pas ici de diaboliser Internet. Au contraire. Cette mine d’information est incontournable dans la société moderne. Cela dit, on n’avait peut-être pas vu venir certaines des conséquences de l’utilisation aussi massive de cette ressource. L’accumulation de connaissances demandant du temps et de l’énergie, le court-circuit offert par le web est, certes, tentant, mais il ne peut pas remplacer les vertus réelles de l’apprentissage, conclut Matthew Fisher.

Catherine MathysTraque interdite : le web a changé

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 publié le 16 avril 2015 à 16 h 42

Le web a changé. Et pas pour le mieux. Ce n’est pas juste moi qui le dis. C’est le constat que font plusieurs observateurs et artisans du web en observant son évolution depuis ses débuts.

La grande collecte

Brett Gaylor, jeune documentariste canadien et producteur web, fait partie de ceux-là. On le connaît surtout pour son film Rip! A Remix Manifesto qui explore la créativité numérique. Il a passé toute sa carrière comme disciple du web et de ses potentiels. Mais là, quelque chose a changé.

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« Je crois toujours que le web a le potentiel d’être une force pour que le monde soit égal, pour la justice sociale. Mais la tendance à collecter des quantités croissantes d’information sur nos données et nos comportements sur le web a des conséquences très dommageables sur la société civile. Donc, j’ai senti qu’il était de mon devoir, en tant que quelqu’un qui aime le web et qui travaille à sa création, d’avoir un autre regard, plus approfondi, plus critique, sur le sujet… »

Éveiller les consciences

Concrètement, Brett Gaylor propose qu’on pose ce nouveau regard avec lui à travers Traque interdite. Cette série en sept épisodes vise à éveiller les consciences sur la façon dont les renseignements sur nos comportements en ligne sont recueillis, analysés et, oui, vendus. Je vous parlais du phénomène dans cette émission-ci de La sphère et des entreprises comme Datacoup qui veulent vous aider à récupérer certaines sommes reliées à la valeur des données que vous transmettez.

Dans Traque interdite, on nous propose donc un documentaire en sept parties dans lequel on expose les divers problèmes reliés au fonctionnement du web. Dans les deux premiers épisodes, déjà accessibles en ligne, on découvre la façon dont nos faits et gestes sont suivis sur le web ainsi que la genèse du cercle infernal de la publicité qui se nourrit de nos données.

Les prochains épisodes seront mis en ligne au fur et à mesure, toutes les deux semaines, et ce, en quatre versions : anglaise, française, canadienne-française et allemande. Il faut dire que les collaborateurs du projet sont nombreux. Traque interdite est produite par la maison de production parisienne Upian, l’Office national du film du Canada, le diffuseur public franco-allemand Arte et le diffuseur public allemand Bayerischer Rundfunk. Radio-Canada et la chaîne d’information numérique américaine AJ+ sont les principaux partenaires de diffusion.

D’ailleurs, la série interactive est l’un des cinq projets sélectionnés pour l’édition 2015 de Storyscapes, une vitrine annuelle consacrée aux œuvres transmédias du Festival du film de Tribeca, qui commence aujourd’hui à New York.  

Jouer le jeu du web

Traque interdite est certes un documentaire traditionnel, mais il propose aussi une expérience interactive intéressante. Dans chaque épisode, on vous pose des questions dans le but de vous démontrer la portée réelle de vos comportements en ligne. L’expérience se poursuit entre chaque épisode, avec du contenu supplémentaire accessible sur le blogue de Traque interdite et les réseaux sociaux.

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Mais là où ça devient véritablement intéressant, c’est dans la mise en abîme de cette collecte de données. En effet, Traque interdite nous invite à consentir à communiquer nos données personnelles pour observer en temps réel comment notre identité est traquée en ligne. C’est perturbant de voir l’ampleur de la trace numérique qu’on laisse, mais aussi tout ce qu’il est facile de déduire à partir des données qu’on transmet dans nos allées et venues sur le web. Ce sont ces corrélations et ces associations qui font souvent le plus peur. On peut voir se dresser peu à peu notre profil, notre personnalité, notre vie privée. Et plus on dévoile nos données, plus les épisodes sont personnalisés. Intéressant!

Étrange de voir qu’on divulgue nos données machinalement, sans y penser, tous les jours, et que quand on nous demande directement de les livrer dans ce jeu, on y pense à deux fois. En cela, le documentaire fait déjà son œuvre. Et si on tentait de mieux contrôler ce qu’il advient de nos données?

 

 

Catherine MathysLe suffixe .com a 30 ans

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 publié le 16 mars 2015 à 11 h 49

Le 15 mars 1985 naissait la première adresse .com. Depuis, les suffixes se sont multipliés et on en retrouve une multitude, dont .gov pour les gouvernements, .org pour les organismes, .ca pour les adresses canadiennes et, depuis l’automne dernier, il y a même un .quebec.

Bien que le .com signifie « commercial », le suffixe est ouvert à tous et demeure de loin le plus utilisé sur Internet. Au troisième trimestre de 2014, sur un total de 284 millions de noms de domaine, on comptait 114,9 millions de .com. Le plus proche concurrent, .net, se chiffrait à 15,1 millions.

Chaque seconde, un nouveau nom de domaine .com est créé.

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De lents débuts

Le premier site à porter le suffixe .com a été Symbolics.com. Mais les autres n’ont pas suivi rapidement. Il aura fallu deux ans pour atteindre les 100 adresses .com.

De nos jours, la totalité des 500 plus grosses entreprises des États-Unis ont une adresse .com. Ces trois petites lettres sont devenues signe de prospérité.

D’ailleurs, l’entrepreneur web controversé Kim Schmitz, qui fait un retour dans l’actualité ces jours-ci, a même changé son patronyme pour Dotcom en hommage à ce suffixe qui a fait sa fortune.

L’éclatement de la bulle

Vous avez sûrement déjà entendu parler de la bulle des dotcom? Elle ne porte pas ce nom-là pour rien. Entre 1995 et 2000, l’année de son éclatement, on est passé de 9005 à plus de 20 millions d’adresses.

Ces jours-ci, on ne fait pas que souligner l’anniversaire des .com. On se souvient également des 15 ans de l’éclatement de cette bulle .com qui a suivi l’engouement de la fin des années 90.

 

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En mars 2000, les marchés avaient chuté drastiquement. En moins d’un mois, près d’un trilliard de dollars d’actions s’étaient envolés. Des dizaines d’entreprises ont fait faillite, des fortunes entières ont été décimées. L’économie américaine s’est embarquée sur une pente descendante qui allait la mener vers une récession.

Un .com résilient

Bien que les beaux jours du suffixe soient probablement derrière lui, certains domaines .com se vendent encore à prix d’or. Par exemple, le site insure.com est devenu, en 2009, le nom de domaine le plus cher de l’histoire avec son coût de 16 millions de dollars. La liste des noms de domaine les plus coûteux est ici. Et oui, ce sont tous des .com.

Cependant, de nos jours, la mode est à la personnalisation du nom de domaine.

En 2008, l’ICANN, l’autorité en charge de la régulation des noms de domaine sur Internet a lancé un programme permettant de personnaliser les extensions traditionnelles. Au fil des ans, on a donc pu voir apparaître des suffixes classés selon le secteur d’activité (.maison, .bio, etc.), selon les villes (.newyork, .paris, etc.) et, bien sûr, selon les marques (.apple, .lancome, etc.).

Avec cette diversification des suffixes et la prolifération des applications, le .com sera-t-il encore tout aussi dominant dans les prochaines années? Les paris sont ouverts.

Catherine MathysYouTube a 10 ans

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 publié le 13 février 2015 à 15 h 10

Demain, YouTube aura 10 ans. Le média social est désormais l’un des sites les plus visités du monde. Et les statistiques sont éloquentes. YouTube compte plus de 1 milliard d’utilisateurs. On y téléverse plus de 300 heures de vidéo chaque minute et, signe des temps, la moitié des visionnements se fait sur mobile. Dire que tout est parti de cette vidéo qui est la première recensée sur le site :

YouTube n’attire pas seulement les artistes, les politiciens ou les grandes marques. Il offre aussi une plateforme de diffusion à tous les usagers jusqu’à en créer un véritable vedettariat parallèle. Cet étonnant sondage de 2014 révélait même que les adolescents américains connaissent mieux les vedettes de YouTube que celles du cinéma, de la télé et de la musique.

 Les vidéos les plus marquantes

Le magazine GQ a recensé les vidéos les plus marquantes de YouTube depuis sa création.

En tête, il faut bien sûr souligner le clip de Gangnam style, de Psy, publiée le 15 juillet 2012. Il s’agit de la première vidéo à dépasser le milliard de visionnements le 21 décembre 2012. Elle trône toujours la liste des vidéos les plus vues avec près de 2,3 milliards de clics.

Vous serez peut-être heureux d’apprendre que la deuxième place revient à un Canadien : Justin Bieber. En effet, sa vidéo de la chanson Baby a été vue plus d’un milliard de fois.

En troisième position, on retrouve le duo américain LMFAO, qui compte plus de 800 millions de vues pour son Party rock anthem, publié le 8 mars 2011.

Pour le reste du palmarès, je vous invite à lire l’article. Notons qu’il s’agit principalement de clips de musique, sauf pour la courte séquence de deux jeunes frères Charlie bit my finger – again.

 YouTube et le partage en ligne

À l’occasion de l’anniversaire de YouTube, le Pew Research Center a dévoilé cinq constats qui en disent long sur l’évolution de nos habitudes de publication de vidéos en ligne.

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 1) Un tiers des adultes américains a publié une vidéo en ligne en 2013

Parmi ceux qui l’ont fait, 35 % espéraient qu’elle devienne, selon une expression nouvelle, virale. C’est que, en plus de changer nos habitudes, YouTube a aussi changé notre vocabulaire.

2) Les animaux, surtout les chats, sont très populaires

Dans le contenu original trouvé sur le web, 45 % concernait des animaux en 2013. En fait, beaucoup de contenu semble improvisé. Très peu d’utilisateurs (23 %) ont scénarisé leur vidéo cette année-là.

3) YouTube est le deuxième média social en importance derrière Facebook

Une étude de 2014 note que 77 % des adultes américains en ligne sont sur Facebook et que 63 % utilisent également YouTube.

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4) YouTube est plus populaire chez les jeunes

Ici, pas de grande surprise puisque 82 % des 18-29 ans ont utilisé YouTube en 2014 contre 35 % des 65 ans et plus. Le Pew Research Center note aussi que le site est plus populaire auprès des Noirs et des hispanophones qu’auprès des Blancs.

5)  YouTube est utilisé de plus en plus pour relayer des vidéos d’actualité

Ce qui est intéressant, c’est que ce ne sont pas forcément des nouvelles de grands médias mais plutôt des vidéos personnelles reliées à un fait d’actualité. Environ 12 % des utilisateurs des médias sociaux disent avoir diffusé de telles vidéos en 2014. Et le phénomène date déjà de quelques années. Une autre étude de 2012, montrait déjà que 40 % des vidéos reliées à des nouvelles sur YouTube provenaient de sources non officielles.