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Maxime JohnsonLes défis de Dropbox

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 publié le 28 août 2014 à 12 h 57

Dropbox-Pro-Logo

Le service de stockage en ligne Dropbox a rehaussé son offre hier, en faisant passer de 100 Go à 1 To l’espace disque offert à la plupart de ses abonnés payants. Une amélioration qui devrait lui permettre de rejoindre ses concurrents, mais qui rappelle aussi les défis importants que devra relever l’entreprise au cours des prochaines années.

Les à-côtés des uns, le beurre des autres
Dropbox est une compagnie qui offre de l’espace de stockage en ligne. Les utilisateurs obtiennent 2 Go d’espace gratuitement, et doivent ensuite débourser 10,99 $ par mois pour y emmagasiner jusqu’à 1 To. L’entreprise offre une interface web complète, mais aussi des applications pour de nombreux systèmes d’exploitation et plateformes mobiles.

Dropbox est l’un des premiers services du genre et, encore aujourd’hui, l’un des plus complets et des plus conviviaux.

Malheureusement pour l’entreprise, la concurrence des grands joueurs établis commence à être difficile à gérer.

Avec sa nouvelle limite annoncée hier, Dropbox offre désormais autant d’espace que Microsoft et Google pour un prix similaire, mais la lutte avec ces deux derniers (et Apple bientôt) s’annonce de plus en plus inégale, puisque le pain et le beurre de l’un (Dropbox) n’est qu’un service complémentaire pour les autres.

La comparaison avec Microsoft est particulièrement frappante.

Pour 9,99 $ par mois, Microsoft n’offre en effet pas seulement 1 To d’espace en ligne avec son service OneDrive, mais aussi la suite Office 365, qui permet d’installer toutes les applications de la suite Office sur cinq différents appareils (Mac ou PC) et qui vient avec 60 minutes d’appels Skype par mois.

Et pour ceux qui souhaitent installer Office sur un seul ordinateur, il est même possible d’obtenir Office 365 Personal et 1 To d’espace pour 7 $ par mois.

Bref, pour Microsoft, le 1 To d’espace en ligne n’est pas au cœur de son modèle d’affaires, mais plutôt un bonbon, conçu pour attirer les gens vers sa suite de bureautique.

Et il n’y a pas que Microsoft que Dropbox doit craindre. Apple lancera au cours des prochaines semaines iCloud Drive, qui sera finement intégré à son écosystème, et l’espace de stockage de Google peut être réparti dans tous les autres services de la compagnie, ce qui est certainement un avantage intéressant pour ceux qui utilisent Gmail ou qui sauvegardent leurs photos dans Google+ Photos.

Dropbox offre encore quelques avantages. Ses applications sont à bien des égards mieux conçues, avec plus de fonctionnalités et offertes sur plus de plateformes différentes. D’autres services s’intègrent aussi bien à Dropbox.

Pour de plus en plus d’utilisateurs du grand public qui ne recherchent qu’un simple espace de stockage par contre, force est de constater qu’il commence à être difficile d’y retrouver plus pour son argent qu’avec les joueurs établis, même avec le forfait payant amélioré.

Les autres services
mailbox

Heureusement, Dropbox n’est pas qu’un espace de stockage pour les particuliers.

L’entreprise offre aussi un espace collaboratif pour les entreprises qui est déjà utilisé par de nombreuses compagnies, et elle travaille aussi notamment sur le service Mailbox, une boîte de courriels qui améliore considérablement l’expérience des utilisateurs avancés comparé à Gmail directement, par exemple.

La compagnie mise aussi de plus en plus sur la photo, avec l’acquisition des entreprises Snapjoy, Loop et plus récemment Bubbli. Dropbox a également lancé l’application mobile Carousel plus tôt cette année.

Oui, les défis de Dropbox sont nombreux.

Mais en misant sur d’autres services pour les consommateurs et les entreprises, la compagnie a encore amplement l’occasion de croître.

Comme avec Apple, Google et Microsoft, l’espace de stockage ne devra toutefois plus être au centre du modèle d’affaires de la compagnie, mais un outil complémentaire aux autres services de l’entreprise.

C’est finalement Amazon qui a mis sur la main sur Twitch.tv, la plateforme communautaire spécialisée dans le jeu vidéo, pour 970 millions de dollars américains.

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On se rappelle, en mai dernier, Maxime nous mentionnait sur Triplex que Google s’intéressait à Twitch. Il la décrivait ainsi:

Twitch permet aux joueurs de jeux vidéo de diffuser leurs parties sur Internet et de les commenter, pendant que des internautes les regardent et participent à une séance de clavardage. En plus de la diffusion de parties privées, des compétitions professionnelles, comme les tournois de la ligue eSports, sont également présentées en ligne.

Trois bonnes raisons peuvent expliquer qu’Amazon fasse l’acquisition de Twitch.tv

  1. Twitch représente 43 % du volume de tous les flux vidéo en direct sur Internet. À titre de comparaison, Ustream ne représente qu’à peine 11 %, selon Business Insider.
  2. Twitch dépasse Hulu, la plateforme de rattrapage télé américaine pour ce qui est du pic de trafic sur le territoire américain, selon le Wall Street Journal
  3. Twitch permet à des joueurs de gagner jusqu’à 100 000$ et plus par année, selon Forbes.

Amazon est donc en droit de penser que Twitch.tv a une réelle valeur et qu’il y a de l’argent à se faire.

La guerre des écrans

Pour comprendre la logique stratégique de l’acquisition de Twitch, il faut le voir sous l’angle d’une « guerre des écrans ».

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Du côté des « petits écrans », Apple et Google dominent le marché. Amazon avait sorti son Fire Phone pour s’attaquer à ce marché. Or, Maxime nous avait signalé dès juin que les ventes étaient en dessous des attentes.

Pour enfoncer le clou, The Guardian nous apprenait hier qu’il est très probable que le nombre de téléphones vendus ne dépasse pas 35 000. Autrement dit, rien.

À l’exception du Kindle pour le livre électronique, le petit écran appartient donc pour l’instant aux deux autres géants.

La bataille du salon

Mais là où Twitch positionne Amazon, c’est sur l’écran de télévision, là où une « bataille du salon » fait rage depuis des années et où personne n’est encore déclaré gagnant.

C’est en se rappelant que le jeu vidéo a dépassé en revenus Hollywood depuis déjà plusieurs années qu’on peut expliquer qu’Amazon soit intéressé par Twitch.

L’écran télé, celui où « on regarde des films et des séries », fait  place à un « écran jeu » où davantage d’heures sont passées à jouer.

Amazon (et juste avant lui, Google) a voulu ajouter Twitch à son portefeuille. Il acquiert l’attention captive de millions de jeunes et se positionne sur ce qui semble être la bataille décisive pour gagner « l’écran du salon ».

Le temps nous dira si c’était une bonne stratégie.

Maxime JohnsonAperçu de Google Domains : simple et efficace

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 publié le 22 juillet 2014 à 9 h 33

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Google a lancé récemment sur invitation seulement Google Domains, son nouveau service d’achat et de gestion de noms de domaine Internet. Même si le service est quand même limité pour l’instant, mes premières impressions sont résolument positives : Google Domains est simple, abordable et absolument pas intimidant, même pour les non-initiés.

Acheter un nom de domaine Internet n’est pas habituellement une expérience des plus agréables. Les sites qui offrent ce genre de service, comme GoDaddy, affichent parfois un design lourd, et mille et une options sont proposées pour inciter le client à dépenser plus d’argent : il y a donc souvent de grandes différences entre le prix affiché au départ et la facture finale.

Google offre en comparaison une boutique épurée, où la plupart des services supplémentaires sont gratuits, et où l’abonnement annuel coûte toujours le même prix, qu’on le prenne pour 1 an, 2 ans, 5 ans ou 10 ans. Bref, il est facile de savoir à quoi s’attendre, et aucun rabais temporaire (pour la première année seulement, par exemple) ne vient brouiller les cartes.

Acheter un nom de domaine
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Lorsqu’on arrive sur Google Domains, seulement 4 options s’offrent : chercher un nom de domaine à acheter, consulter ses domaines enregistrés avec Google, transférer ses domaines enregistrés ailleurs et accéder à ses options de paiement. Visuellement, le site est tout simple, à l’image des autres produits de la compagnie.

Une fois que l’on recherche un nom, tous les domaines disponibles avec ce mot (ou avec des mots similaires) s’affichent. Il est alors possible de s’enregistrer pour de 1 à 10 ans, généralement à 12 $ par année pour les domaines simples et de 16 $ à 28 $ par année pour les domaines plus rares. Un prix « premium » peut parfois aussi être payé à l’achat lorsque l’adresse appartient déjà à un particulier.

Le service inclut aussi les nouvelles adresses Internet plus complexes, comme .email, .photography, .company, etc.

Les prix de Google sont généralement – mais pas toujours – assez avantageux, surtout à long terme et lorsqu’on inclut les différents services offerts, comme le transfert de courriel et surtout l’enregistrement confidentiel gratuit.

Une fois le site acheté
faire le site

Une fois son nom de domaine acheté et sélectionné, Google Domains offre quatre onglets principaux : « Website », pour créer un site ou transférer son adresse, « Email », pour transférer jusqu’à 100 adresses courriel vers des adresses existantes (Gmail, par exemple), « Settings », pour choisir notamment si son profil est public ou privé, et « Advanced », pour accéder à certaines fonctions plus avancées afin, par exemple, d’utiliser son nom de domaine avec un serveur hébergé ailleurs.

Toutes les fonctions proposées sont encore une fois faciles d’utilisation et peu intimidantes. La différence avec GoDaddy, par exemple, est d’ailleurs franchement impressionnante.

Seule déception au tableau, Google propose quatre services tiers payants pour créer son site web, soit Squarespace, Shopify, Wix, Weebly, mais il est impossible d’héberger directement son site sur les serveurs de la compagnie afin d’y installer WordPress ou un autre système de gestion de contenu ouvert du genre. Dommage. Notons qu’il est toutefois possible d’utiliser son nom de domaine avec un hébergeur tiers.

Google Domains n’est donc pas le service le plus complet offert sur le marché, mais il est l’un des plus abordables et des plus simples d’utilisation. Google Domains est accessible sur invitation seulement, mais la compagnie devrait ouvrir son service à tout le monde prochainement. La date de lancement au Canada n’a toutefois toujours pas été confirmée.

Maxime JohnsonSpotify est prêt pour le marché canadien

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 publié le 14 juillet 2014 à 11 h 57

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La compagnie suédoise Spotify s’apprête à lancer son service de musique en écoute illimitée au Canada, selon ce qui a été annoncé la semaine dernière. Bonne nouvelle pour les amateurs de musique québécoise, le catalogue de Spotify semble déjà plutôt bien garni en contenu local.

Même si Spotify n’est pas encore officiellement lancé au Canada, l’application mobile de la compagnie est maintenant offerte dans les boutiques App Store d’Apple et Google Play de Google, et l’entreprise permet de s’inscrire à une liste d’attente sur sa page d’accueil canadienne pour essayer le service.

« Nous allons commencer à envoyer des invitations sous peu », a confirmé à Radio-Canada Graham James, responsable des communications pour Spotify aux États-Unis. Ceux qui veulent essayer le service devraient s’ajouter à la liste rapidement, puisque le lancement devrait s’étaler sur plusieurs mois, conseille Graham James.

Spotify propose un service semblable à d’autres déjà implantés au Canada, comme Rdio, Google Play Music, Zik.ca, Sony Music Unlimited, Deezer et Xbox Music, où un abonnement payant d’une dizaine de dollars par mois permet d’écouter des chansons à la pièce et à volonté.

Contrairement à certains autres services du genre, la compagnie se distingue notamment par son catalogue important et son service gratuit quand même convenable, qui demande toutefois d’endurer des publicités (audio et visuelles), des fichiers sonores d’une moins bonne qualité qu’avec la version payante et une application mobile limitée.

Spotify est le service musical illimité le plus populaire du monde, avec 40 millions d’abonnés, dont 10 millions d’abonnés payants.

Et le contenu québécois?
Même si le service n’est pas encore offert au Canada, ceux qui craignaient l’absence de contenu canadien au lancement de Spotify peuvent être en grande partie rassurés.

Après quelques recherches, en accédant à Spotify à l’aide d’un compte ouvert l’année dernière aux États-Unis, on réalise que la plupart des artistes canadiens et québécois sont présents, même ceux qui jouissent d’une popularité limitée à l’extérieur du Canada.

Des artistes récents comme Les Hay Babies, Philippe B et Avec pas d’casque, des vieux classiques comme Félix Leclerc, La Bolduc ou Gaston Mandeville, des groupes plus nichés comme GrimSkunk : la majorité des artistes cherchés étaient présents, même si leur discographie était parfois incomplète.

Évidemment, d’autres artistes manquaient aussi à l’appel. Beau Dommage et François Pérusse sont absents de Spotify, même si leur musique est offerte sur d’autres services du genre, comme Rdio. Il est toutefois bon de noter que l’inverse est aussi vrai : les albums des Cowyboys Fringants sont, par exemple, présents sur Spotify, mais absent de Rdio.

Certaines chansons et certains artistes sont toutefois complètement absents de Spotify et de tous les autres services du genre.

Spotify ne sera peut-être pas le service de musique illimitée le plus complet offert au Canada à son lancement – Rdio semble toujours avoir une certaine longueur d’avance auprès des artistes canadiens –, mais son offre d’artistes canadiens devrait au moins être tout à fait convenable.

Considérant la popularité de Spotify dans le monde et son service gratuit correct, qui sert souvent de porte d’entrée pour le service payant, il faut s’attendre à ce que la compagnie connaisse un succès rapide au Canada, comme c’est le cas dans la cinquantaine d’autres marchés dans le monde où elle est présente actuellement.

Nadia SeraioccoQuand autoritarisme et sécurité menacent le web

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 publié le 10 juillet 2014 à 8 h 47
Tim Berners-Lee, source : Wikicommons

Sir Tim Berners-Lee, source : Wikicommons

Pour souligner les 25 ans du web, le Pew Research Center publie une série d’études abordant le web tel qu’on imagine qu’il sera en 2025… Le plus récent volet porte sur ce qui menace la démocratie du web. J’en parlais mercredi à l’émission C’est pas trop tôt.

La genèse de cette recherche

Il faut se rappeler qu’en mars 1989, Tim Berners-Lee met par écrit un projet de système de gestion de l’information qui deviendra le WWW (World Wide Web). Il le rend accessible à tous, gratuitement, le jour de Noël 1989.

Le Pew Research Center, un centre de recherche indépendant, a souhaité rendre hommage à la vision de Berners-Lee (on peut lire un mot de sa part à ce sujet) en produisant une série de rapports de recherche, dont plusieurs sont réalisés en collaboration avec l’université américaine d’Elon en Caroline du Nord. Chaque rapport se veut la cartographie d’un sujet d’un point de vue actuel et tel qu’on l’imagine en 2025, comme la vie numérique ou encore l’Internet des objets (présenté ici en mars), apparu depuis le début de 2014.

Que craint-on qu’il arrive au web d’ici 2025?

Le rapport actuel se penche sur quelques peurs des internautes, parmi lesquelles on compte les conséquences des actions des nations ou des États pour maintenir un contrôle politique; le fait est qu’à la lumière des récentes révélations sur la surveillance des entreprises et des gouvernements, la confiance s’est effritée, et cela mènera probablement à encore plus de surveillance. Bien évidemment, les pressions des groupes ayant des intérêts commerciaux pour entraver le flux des informations portent à croire que la structure ouverte de la vie numérique sera irrémédiablement entravée. En ce qui a trait au quotidien des utilisateurs, les efforts constants de certaines autorités pour censurer l’information jugée choquante (le fameux TMI) en viendront à altérer le plaisir de publier sur le web.

Contrôler toujours plus jusqu’à tuer toute utilisation innovatrice du web

Dans le rapport du Pew Research Center, les experts consultés remarquent que devant le rôle important qu’Internet a joué dans certaines révolutions, comme le printemps arabe, plusieurs pays, dont l’Égypte et le Pakistan, tendent à vouloir réglementer encore plus le web. Quant à la Chine, elle est en train d’ériger une muraille pare-feu (Great FireWall) pour isoler ses citoyens. Ailleurs, sous prétexte de réduire la criminalité, on surveille de plus en plus le web.

De plus, les internautes pensent que plus le web sera colonisé par les grandes marques, plus leurs faits gestes y seront restreints.

À ce propos, Danah Boyd de Microsoft remarque que les révélations d’Edward Snowden rendent les États plus méfiants. Il en résulte donc une fragmentation de l’information, qui ne circule plus aussi librement. Dans le rapport du centre Pew, on parle même de balkanisation du web.

Tout devient donc matière à réglementation et à plus de surveillance, même la chaîne de magasins à grande surface Target, qui se fait dérober les données personnelles de ses clients, devient l’exemple qui donne des munitions à ceux qui veulent endiguer le flux des informations qui circulent en ligne.

Et si ces changements menaient le web ailleurs?

Dans le présent rapport, les commentaires des spécialistes dits « optimistes » sont les plus intéressants. Car pour imaginer le pire, il suffit de regarder à deux pouces de son nez, mais pour envisager un monde meilleur, il faut souvent accepter de tout changer. Or, Paul Jones, professeur à l’Université de Caroline du Nord et fondateur de ibiblio.org, arrive à des conclusions différentes devant les faits actuels. Selon lui, les tendances historiques confirment que lorsqu’un moyen de communication atteint sa maturité, le contrôle remplace l’innovation.

Il conclut donc que dans les 10 prochaines années, il nous faudra être encore plus investis dans l’évolution d’Internet, car les technologies tendront à appuyer le contrôle, mais la résistance s’organisera, et ce sera la vraie révolution…

Kevin Carson, un associé du Center for a Stateless Society (Centre pour une société sans États) et collaborateur au blogue P2P Foundation, dévoile qu’il y a en ce moment beaucoup de gens qui travaillent pour développer des versions cryptées, basées sur un code source libre, de réseaux sociaux en réponse à la montée de l’autoritarisme et à la participation de l’État au maintien de médias surveillés.

Oscar Gandy, de l’Université de Pennsylvanie, croit pour sa part qu’en mettant en place un système qui pénalise ceux qui utilisent à mauvais escient l’information en circulation sur les réseaux (avec des amendes, des retraits de licence), on pourrait arriver à un meilleur équilibre, sans entraver complètement le système.

Ces raisons que l’on évoque pour justifier le contrôle de toute information

Jeff Jarvis, professeur de journalisme bien connu, explique que le gouvernement représente la plus grande menace à la liberté en ligne. La Chine et l’Iran ne cachent pas leur désir de contrôler l’information et leurs citoyens. Mais des pays qui ont une réputation de tolérance, comme le Canada et l’Australie, menacent de tout filtrer pour prévenir la pornographie juvénile. Or, une fois que le gouvernement filtre les communications et l’information, peu importe la raison, expose Jarvis, il peut ensuite le faire sans raison précise. Il faut ouvrir encore plus l’architecture d’Internet pour préserver son indépendance.

Il faut croire, comme le disait Andrew Feenberg à l’émission La sphère le 8 mars dernier, à la coconstruction, c’est-à-dire que chaque fois qu’une invention est récupérée par le système et limitée dans ses possibilités, les scientifiques sont déjà à l’œuvre pour repousser les limites et créer un nouveau territoire à découvrir.

Pour télécharger le rapport sur le site du Pew Research Center, cliquez ici.

Pour cette série de rapports, quelque 12 000 spécialistes des communications ou du web ont été contactés, et de ce nombre, 2500 ont répondu. La présente étude se fonde sur les réponses de 1400 spécialistes, et les commentaires sont émis par un comité d’experts (professeurs, penseurs et chercheurs) sur ce qui se dégage des résultats.