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Maxime JohnsonUbios amasse 100 000 $ pour ses maisons intelligentes

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 publié le 26 janvier 2016 à 15 h 45

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Seulement 20 heures après le lancement de sa campagne dimanche, l’entreprise en démarrage montréalaise Ubios a amassé plus de 100 000 $ sur la plateforme GoTroo pour l’aider à démarrer son projet de maisons intelligentes. Il s’agit d’une campagne de sociofinancement pas comme les autres, où les participants deviennent actionnaires de l’entreprise plutôt que de simplement recevoir un cadeau.

Une première « vraie » campagne de financement participatif en capital
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Ubios atteint ainsi en moins d’une journée son objectif de 100 000 $, ce qui en fait la « première » véritable campagne de financement participatif en capital en Amérique du Nord (deux autres compagnies ont tenté l’expérience auparavant au Canada, mais à plus petite échelle, et cette forme de financement n’est pas encore permise aux États-Unis).

Ubios profite pour l’occasion d’une nouvelle réglementation de l’Autorité des marchés financiers, qui permet depuis l’année dernière d’offrir des parts d’une entreprise au grand public, mais le tout d’une façon très contrôlée. Les placements sont par exemple limités à 1500 $ par personne, afin de réduire les risques pour les investisseurs, et le financement total maximal est limité à 250 000 $.

La nouvelle réglementation allège aussi considérablement la paperasse par rapport aux investissements traditionnels. Considérablement, mais pas autant qu’avec Kickstarter ou Indiegogo, par contre. « On avait sous-estimé la difficulté par rapport au sociofinancement traditionnel », a avoué le PDG de la compagnie, Mathieu Lachaîne, au lancement de la campagne à Montréal lundi soir.

« On a donc rédigé en vitesse un guide pour aider les gens à remplir leur compte », raconte le PDG. La stratégie a visiblement fonctionné, puisqu’une centaine de nouveaux actionnaires ont permis à l’entreprise d’atteindre son objectif en 20 heures seulement.

Qu’adviendra-t-il de l’investissement de ces investisseurs amateurs? Selon les paramètres choisis par Ubios, ceux-ci n’auront aucun droit de vote dans l’entreprise, mais ils devraient fréquemment recevoir de l’information sur celle-ci.

Selon les succès de la compagnie, les montants (de 250 $ à 1500 $) investis pourraient ensuite doubler ou même tripler avec le temps, mais statistiquement, les investisseurs risquent aussi de tout perdre si Ubios ferme ses portes au cours des prochaines années, comme ça arrive pour une majorité des pousses dans les technologies.

Pour ceux qui sont intéressés, notons que la campagne se poursuivra pendant près de deux mois, ou jusqu’à ce que la limite de 250 000 $ en financement soit atteinte.

Dans tous les cas, le montant total obtenu en financement participatif représente une fraction seulement des 1,5 million de dollars qu’Ubios compte obtenir au cours des prochains mois.

« Comme entrepreneur, il est certain que le financement participatif par capital est une occasion intéressante, mais dans notre cas, c’est surtout une question de visibilité », avoue Mathieu Lachaîne.

Outre la visibilité obtenue par la campagne elle-même, l’entrepreneur estime que les nouveaux actionnaires pourront agir comme ambassadeurs pour l’entreprise et pour les maisons intelligentes au cours des prochaines années, ce qui sera autant à leur avantage qu’à celui d’Ubios.

La maison intelligente selon Ubios
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Ceux qui confient une partie de leurs économies à Ubios investissent dans une compagnie qui souhaite démocratiser les maisons intelligentes. Il s’agit d’un marché déjà chargé, mais que l’entreprise souhaite percer d’une façon différente des autres.

« Nous ne voulons pas faire de gadgets, explique Mathieu Lachaîne. Nous voulons faire un produit à long terme, modulable, qui s’adapte aux besoins des consommateurs et qui ne doit pas être changé tous les deux ans. »

Pour lui, les maisons connectées actuelles sont trop complexes pour les consommateurs. « Les gens ne devraient pas avoir à sortir leur téléphone pour allumer une ampoule », explique-t-il.

Les deux premiers produits de l’entreprise, un thermostat qui ajuste intelligemment la température des différentes pièces d’une maison et un système pour détecter les fuites d’eau et fermer automatiquement l’entrée d’eau au besoin, ne demandent d’ailleurs aucune intervention de la part de l’utilisateur.

Ubios compte offrir un service mensuel plutôt que vendre ses appareils. Selon Mathieu Lachaîne, les économies réalisées en chauffage et en assurances (grâce aux détecteurs pour prévenir les dégâts d’eau) devraient être plus grandes que ce que coûtera le service mensuellement.

Le prochain créneau des télécommunications?

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Ubios vend pour l’instant ses produits à de gros édifices seulement, comme des tours de copropriété, mais la compagnie espère lancer une version grand public de ses appareils à compter de septembre 2017.

Les données accumulées d’ici là, afin de différencier une fuite d’eau d’un lave-vaisselle qui fonctionne, par exemple, pourront évidemment être utilisées pour peaufiner les algorithmes de la compagnie avant le lancement d’une version pour le grand public.

Bien des choses peuvent changer en 18 mois, mais pour l’instant, Mathieu Lachaîne ne se voit pas vendre ses appareils aux consommateurs directement, mais par l’entremise d’une autre entreprise, comme Vidéotron, un investisseur dans Ubios.

« C’est un marché particulièrement intéressant pour les entreprises de télécommunications », assure le PDG. Avec les jeunes qui délaissent la télé par câble, la population qui remplace son téléphone filaire par des cellulaires et les connexions LTE qui deviennent suffisantes pour bien des utilisateurs, les maisons intelligentes pourraient, en effet, être une nouvelle porte d’entrée pour les Vidéotron de ce monde.

« Avec le cellulaire, n’importe qui peut aller de l’autre côté de la rue et changer de compagnie, ajoute Mathieu Lachaîne. Notre produit, lui, est vissé dans les murs et placé directement sur la tuyauterie. »

Ceux qui sont convaincus par la vision de l’entrepreneur peuvent investir dans la compagnie en s’enregistrant sur la plateforme GoTroo dès maintenant.

Hier, la Maison du développement durable de Montréal dévoilait sa programmation hiver et printemps 2016 et présentait, du même souffle, la conférence « Les impacts inquiétants de nos outils technologiques » avec les professeurs Fabien Durif, de l’École des sciences de la gestion, Département de marketing de l’Université du Québec à Montréal et directeur de l’Observatoire de la consommation responsable, ainsi que Cécile Bulle, professeure en immobilier durable au Département de stratégie et responsabilité sociale et environnementale de l’École des sciences de la gestion (ESG) de l’UQAM.

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Nos pratiques de consommation

Dans un premier temps, Fabien Durif a voulu faire l’analyse de nos pratiques de consommation des objets technologiques. Les équipements qu’on achète sont pratiques, certes, mais ils nous permettent aussi d’afficher notre appartenance à une communauté, au monde connecté. Au-delà de la consommation, ils ont une fonction sociale non négligeable. Selon Fabien Durif, ces produits ont pris la place que la voiture occupait à une autre époque.

Et on en dépense, de l’argent, pour des appareils! Même si les dépenses mondiales en produits électroniques ont baissé de 2 %, il s’en est tout de même vendu pour 969 milliards de dollars l’an dernier. Cela dit, la baisse des ventes devrait se poursuivre en 2016, selon l’Association américaine des technologies grand public (CTA). Cette baisse serait attribuable à la force du dollar américain, au ralentissement de la croissance chinoise et à ses répercussions dans le monde, ainsi qu’à la baisse des prix de produits phares, notamment les téléphones, qui devraient, en 2016, se vendre à un prix moyen de 283 $ (-7 %).

Les téléphones représentaient 40 % des dépenses en 2015. Ce sont d’ailleurs les appareils mobiles qui dominent les achats de produits électroniques (téléphones, tablettes, ordinateurs portables). Ces derniers devraient représenter 58 % des dépenses mondiales en 2016. Les chiffres, à ce chapitre, sont sans équivoque chez nous aussi. La proportion de foyers québécois équipés d’appareils mobiles est encore en croissance. Selon le Cefrio, le téléphone intelligent est présent dans 57,1 % des foyers québécois (contre 53,3 % en 2014), et pour la première fois, plus d’un Québécois sur deux (50,7 %) possédait une tablette à la maison en 2015, soit une hausse de 6 points par rapport à 2014.

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L’empreinte environnementale des produits technologiques

Toute cette consommation d’appareils numériques est reliée à une forte production de déchets. Fabien Durif rappelait, même si ses chiffres dataient un peu, que chaque année, de 20 à 50 millions de tonnes de produits électroniques étaient mises à la décharge dans le monde (PNUE, 2005). Et ces déchets électroniques ont un rythme de croissance de 2,7 % par an.

Or, il n’y a pas de miracle pour se débarrasser de tous ces objets. On les enfouit, on les incinère, on les envoie dans les pays émergents. Eh oui, encore. Même si la Convention de Stockholm sur les polluants organiques interdit l’expédition de déchets électroniques vers des pays en voie de développement depuis 2001, 80 % des appareils électroniques collectés à des fins de recyclage en Amérique du Nord seraient exportés vers l’Asie (Recyc-Québec 2009).

Le problème de l’obsolescence 

L’obsolescence, c’est le fait pour un produit d’être dépassé même s’il est en parfait état de fonctionnement. Comme le mentionnait Fabien Durif, la durée d’utilisation d’un produit est ainsi influencée par l’introduction d’un nouveau produit perçu comme supérieur, bien que ce ne soit pas toujours le cas, bien sûr. Le rythme de l’évolution technologique de plus en plus soutenu modifie les comportements de consommation et peut créer, chez le consommateur, le besoin d’acheter l’appareil le plus récent, même si l’appareil qu’il possède est encore en état de marche.

Récemment, on mentionnait à La sphère ce nouveau recours collectif contre Apple, accusée d’avoir volontairement altéré le fonctionnement de son iPhone 4S, et ce, en passant par la mise à jour de son système d’exploitation, le iOS 9. Je précisais aussi que la France, avec sa Loi sur la transition énergétique, sanctionnait les pratiques d’obsolescence programmée.

Or, comme le mentionnait Cécile Bulle, il n’existe pas d’outil technologique durable. On peut juste espérer augmenter leur efficacité, rendre leur obsolescence moins rapide ou utiliser des matériaux recyclables. La phase d’utilisation de l’appareil représente seulement une faible fraction de son effet sur l’environnement, qui est dominé par la phase de production (incluant l’extraction des ressources). Selon Cécille Bulle, il est impératif de prolonger la durée de vie des appareils. Soulignons l’existence de certaines initiatives comme Fairphone ou encore le Project Ara, de Google, qui visent à prolonger la durée de vie utile des téléphones en misant sur la réparabilité des appareils.

Que faire de nos anciens appareils mobiles?

Selon une étude citée par M. Durif, la majorité des répondants qui changent d’appareil gardent l’ancien produit, le privant donc d’une deuxième vie. Combien de vieux cellulaires dorment chez vous? Or, certaines compagnies encouragent le recyclage des appareils, comme dans le cas d’Orange.

Quels sont les autres avenues de recyclage possible? Notre dépendance à Kijiji pourrait nous être utile ici. Bien que 84 % des Canadiens aient donné une deuxième vie à des objets dans la dernière année, soit 1,824 milliard de produits, l’habitude est nettement moins développée pour les objets technologiques.

Dans cette nébuleuse de la vente d’occasion, le téléphone semble tout de même dominer les transactions. En 2016, près de 120 millions de téléphones d’occasion seront revendus dans le monde, procurant 17 milliards à leurs propriétaires, un marché en hausse de 50 % en un an. Deloitte prévoit que ce marché sera « nettement plus organisé ».

De plus, avec la croissance de l’économie collaborative, M. Durif rappelait que la valeur de l’utilisation avait préséance sur la possession de l’objet, ce qui est une bonne nouvelle pour l’environnement. Reste à voir si les appareils technologiques sauront y trouver leur place.

Catherine MathysMes cinq billets les plus marquants de 2015

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 publié le 30 décembre 2015 à 14 h 25

C’est la fin de l’année, le moment de faire des bilans. Je me suis demandé lesquels de mes sujets vous ont le plus marqués pendant l’année. Voici donc les cinq billets que vous avez retenus pour 2015.

En cinquième position : Pourquoi Siri a une voix de femme

Pourquoi notre technologie utilise-t-elle essentiellement des représentations féminines? Je ne m’étais jamais posé la question, jusqu’à ce que je lise cet article du magazine Wired. La réponse se trouve étonnamment dans la science. De façon générale, les gens réagissent plus positivement aux voix de femmes.

En quatrième position : Shomi : la nouvelle concurrence de Netflix

Au mois d’août, Shomi, le service de visionnement en flux continu, est devenu accessible à tous. Auparavant, il n’était réservé qu’aux abonnés de Rogers et de Shaw. Mais maintenant, moyennant une connexion Internet et un abonnement mensuel de 8,99 $, ce genre de service vient compléter l’offre en ligne de Netflix (dont l’abonnement standard est fixé au même prix).

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En troisième position : Souffrez-vous de nomophobie?

Avez-vous déjà perdu ou oublié votre téléphone quelque part? Pour certains, l’absence de téléphone s’accompagne d’une poussée d’anxiété qui peut s’avérer très grave. C’est dans le but de mesurer cette nomophobie et d’établir son degré de sévérité que des chercheurs de l’Université de l’Iowa ont élaboré un questionnaire. Et puis, votre score?

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En deuxième position : Les nouvelles maladies de l’ère numérique

Avec l’ère numérique sont apparus de nouveaux maux. Certains souffrent, par exemple, de ce que l’on appelle l’hypersensibilité électromagnétique, une condition que la médecine ne semble pas reconnaître comme une pathologie à part entière. Les nouveaux maux reliés à notre mode de vie branché ne s’arrêtent pas là. Un article répertorie cinq nouveaux états pathologiques qu’il relie directement à notre utilisation de la technologie. Alors, comment va votre text neck?

Et le grand gagnant : Le troll : la bête noire des journalistes

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Du 20 au 22 novembre dernier avait lieu le congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Je me suis déplacée à Québec pour suivre ces deux journées consacrées au virage numérique du métier et aux nombreux écueils qui l’accompagnent. Parmi ceux-ci, les trolls. Qui sont ces étranges créatures des réseaux sociaux et comment les journalistes devraient-ils les affronter? Voici un bref compte-rendu d’une des meilleures présentations que j’ai vue au cours de ce congrès et qui a fait beaucoup jaser (voir les commentaires).

Bonne lecture!

On vit dans un monde d’images. Elles sont partout autour de nous, dans notre environnement et, bien sûr, sur Internet. Comme nous sommes constamment bombardés d’information visuelle, nous ne pouvons pas tout retenir. Nous n’accordons donc pas la même valeur à toutes les photos que nous voyons. Certaines restent gravées dans nos mémoires tandis que d’autres sont rapidement oubliées.

Une équipe du MIT a voulu savoir pourquoi certaines images étaient plus mémorables que d’autres et surtout s’il était possible de prédire lesquelles le seraient. Ces chercheurs du laboratoire en science informatique et intelligence artificielle ont mis au point un algorithme baptisé MemNet pour fouiller la question. Selon les chercheurs, ses résultats sont de 30 % supérieurs à ceux des autres algorithmes du genre et très similaires à ceux d’un humain moyen. Tous les détails de l’étude sont dans la publication.

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Faites-en l’essai!

Une démonstration de l’algorithme se trouve en ligne. Vous vous demandez si vos dernières photos marqueront les annales? Vous pouvez les mettre à l’épreuve ici. Téléversez-les et l’algorithme décèlera les parties qui risquent de rester en mémoire plus que les autres.

Si vous trouvez cette première étape distrayante, vous aimerez sûrement la suivante. L’équipe travaille sur une application qui nous aidera à peaufiner nos images de manière à augmenter leur effet. On n’est plus dans les filtres qui améliorent l’aspect général de la photo. Il s’agira de conseils concrets pour rendre la photo le plus mémorable possible.

Des applications concrètes

L’équipe de chercheurs associe déjà plusieurs usages à un tel algorithme, au-delà de la simple amélioration de vos photos. Il pourrait aussi optimiser le contenu visuel des publicités, celui des statuts dans les médias sociaux, des outils pédagogiques pour favoriser l’apprentissage, etc. Considérant que l’image est la monnaie d’échange du web, on se doute bien qu’un tel outil, qui permet de mieux comprendre les mécanismes de la mémoire visuelle, serait utile dans bien des secteurs d’activité.

Mais qu’entend-on par photo mémorable? Il s’agit ici d’une image qui présente des propriétés stables chez plusieurs utilisateurs. Vague à souhait, n’est-ce pas? C’est que les chercheurs comprennent encore mal les attributs qui rendent une image mémorable. Ce qu’on sait, par contre, c’est que les visages et les parties de corps sont souvent plus mémorables que des paysages. Et ce qu’on souhaite, c’est aussi d’être capable un jour de prédire les caractéristiques mémorables d’une photo selon l’individu qui la regarde.

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Comment ça marche?

L’algorithme MemNet a été créé grâce à l’intelligence artificielle et à des techniques d’apprentissage profond. Ce genre de techniques n’est pas nouveau, c’est entre autres ce qu’utilisent Siri, l’assistant personnel d’Apple, ou encore Facebook pour l’identification de personnes sur vos photos. Mais les progrès, jusqu’ici, venaient surtout dans la reconnaissance faciale ou des objets. Cette fois, on a voulu s’attaquer aux prévisions de la mémoire humaine.

Dans le cadre de la recherche, c’est près de 5000 personnes qui ont aidé à bâtir une échelle de mémorabilité pour « entraîner » l’algorithme à déterminer quelles photos ont le plus fort potentiel. En analysant plus de 60 000 images, l’algorithme a cumulé les métadonnées pour connaître les qualités de certaines images qui avaient marqué la mémoire des participants humains.

Petite précision, pour le moment, il ne reconnaît pas encore les images fabriquées comme les logos ou les dessins. Ça viendra peut-être.

Mais une question demeure. Si toutes les images deviennent mémorables grâce à cet algorithme, allons-nous pour autant pouvoir toutes les mémoriser? N’y a-t-il pas une limite à la mémoire humaine? L’équipe prétend qu’un tel processus pourrait même améliorer la mémoire. Hâte de voir les prochaines études dans le domaine!

 

Vous vous demandez encore quoi offrir à Noël? Vous sondez sûrement votre entourage ou les réseaux sociaux pour vous assurer de dénicher le meilleur cadeau possible. C’est bien, mais ce n’est pas toujours suffisant. Voici donc un outil qui pourrait vous être bien utile. Il s’agit du IBM Watson Trend, qui aide les consommateurs à trouver les cadeaux les plus populaires du moment.

Qui est Watson?

Watson est une technologie qui donne un sens à d’énormes quantités de données non structurées en combinant l’apprentissage automatique avec l’analyse du sentiment, du langage et des mots-clés.

Watson est capable de comprendre le contexte, le ton et la signification du langage. La technologie peut donc interpréter ce qu’elle comprend et en extraire des recommandations. Et elle continue toujours d’en apprendre plus en absorbant plus de données à un rythme qui dépasse largement celui des humains.

Watson Trend est donc l’application qui met cette technologie au service de nos achats de Noël. Elle est en mesure de suivre les ventes des 100 objets les plus populaires dans trois catégories : la technologie, les jouets et la santé.

Comment ça fonctionne?

Interpréter les conversations

Chaque jour, Watson Trend fouille Internet à la recherche des conversations qui concernent nos décisions d’achats. L’application cherche tous les indices pertinents sur les réseaux sociaux, les blogues, les forums, les sections commentaires, les avis des consommateurs, etc. Qu’on ait discuté d’un achat à venir, en cours ou déjà fait, Watson Trend détermine le contexte, la signification et le ton de la conversation. Ce n’est pas tout de savoir que quelqu’un vient d’acheter un téléphone, encore faut-il savoir s’il est satisfait du produit, ce qu’il préfère de celui-ci, où il l’a acheté, etc., pour faire des prévisions qui serviront aux autres consommateurs.

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Convertir les données

Une fois que Watson Trend détecte des conversations similaires autour d’un même sujet, il en dégage des tendances et leur attribue un indicateur quotidien. Chaque conversation est classée par thème, et chaque thème est ensuite regroupé par tendance. Pour chaque tendance, Watson Trend analyse, sur une base quotidienne, le volume des conversations et le rythme avec lequel l’engouement semble se manifester. Le résultat obtenu est une valeur entre 0 et 100 qui peut varier de jour en jour selon l’évolution des conversations issues de dizaines de milliers de sources différentes.

Prédire les tendances

Après avoir compilé des dizaines de ces résultats quotidiens, Watson Trend les compare ensuite à des centaines de modèles de prévisions. Grâce à sa technologie cognitive, Watson Trend est en mesure de sélectionner les cinq modèles les mieux adaptés à chaque tendance et de présenter 21 jours de prévisions pour chacune d’elles.

Expliquer les tendances

C’est probablement l’élément le plus intéressant de Watson Trend. Non seulement on peut savoir ce qui est populaire, mais on peut aussi découvrir pourquoi. Dans l’application, on définit la tendance (qui s’y intéresse, où sont ceux qui s’y intéressent, quels événements ont contribué à y adhérer), et des échantillons de conversations autour de la tendance sont affichés. Ces données sont colligées pour chaque tendance, et un analyste d’IBM les revoit avant de les inclure dans l’application.

Alors, quelles sont les tendances cette année?

Watson Trend dégage des tendances qu’on aurait pu, pour la plupart, voir venir. Mais c’est parce que celles-ci proviennent d’observations passées sur une longue période de temps qu’on a cette impression. Ainsi, l’Apple Watch est de loin le cadeau le plus prisé en cette fin d’année, entre autres parce qu’elle alimente un plus gros volume de conversations depuis plus longtemps. Aussi, on y apprend que les téléviseurs Samsung sont plus populaires que ceux de Sony. Enfin, le Surface Pro 4 semble plus apprécié que l’iPad Air 2.

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Côté jouets, vous ne vous trompez pas avec les Lego, l’éternel classique. Ce sont les Lego Star Wars, Friends et City qui dominent la liste. Personnellement, le robot BB-8 serait plus haut dans mes priorités qu’il ne l’est dans l’application (père Noël, m’entends-tu?). Peut-être gravira-t-il les échelons après la sortie du film Star Wars. Bref, Watson Trend constitue une bonne base pour s’inspirer, mais le meilleur moyen de savoir quoi offrir à quelqu’un est encore de tendre l’oreille quand il parle. Bon magasinage!