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À chacun son appareil et son système d’exploitation…

Au départ, quand les compagnies informatiques comme Cisco ont brossé le portrait d’un milieu de travail où chacun utilise son ordinateur et ses appareils mobiles, on ne voyait que des économies à réaliser au passage. Tout avait l’air simple : on réduit les dépenses consacrées à l’achat d’appareils et aux programmes de données et on ajuste les réseaux internes en conséquence. C’est ce dernier point qui a compliqué un peu la donne et, dans certains cas, fait grimper la facture.

À chacun son nuage et son appareil

La philosophie du BYOD (« bring you own device » : chacun apporte son appareil) vient des employés qui souhaitaient utiliser leur propre appareil et leur propre service d’infonuagique au boulot, mais surtout en dehors des heures de bureau. Car avoir sur soi en tout temps deux téléphones et jongler avec deux ordinateurs peut se révéler fastidieux. Cisco, dont le gagne-pain est d’améliorer les processus de réseautique, n’y voit que du bon. Sur son site, l’entreprise promet aux compagnies qui joindront le mouvement une productivité accrue et des dépenses réduites. Les employés, plus heureux, perdraient moins de temps, augmenteraient leur productivité (de 37 minutes par semaine) et débourseraient de leur poche tout près de 1000 $ en équipement chaque année, ce que Cisco évalue comme autant d’économies. Les journalistes d’affaires et les entreprises voient la chose autrement.

Le BYOB et les coûts associés au soutien

Dans Forbes, Alison Ackerman mettait en doute ces économies et surtout la façon de les comptabiliser. Le centre de recherche Nucleus abonde dans le même sens, notant que la hausse de productivité déclarée par les employées n’est pas un facteur objectif ou même quantifiable. C’est en fait plutôt un facteur d’enthousiasme à l’égard des tâches à accomplir… Mais peut-on vraiment chiffrer cette variable et la mettre dans la colonne des gains? Pas vraiment. Cela dit, dans la colonne des pertes, on peut inscrire les rabais accordés aux entreprises pour les achats en gros et le soutien technique pour les différents types d’appareils qui devront avoir accès au réseau de la compagnie. En d’autres termes, cette dernière devra investir plus dans son soutien technique.

Comment déployer le BYOD sans augmenter les dépenses?

Le modèle profitable que Cisco présente peut pourtant fonctionner selon certains paramètres. Pour ce faire, il faut réduire le soutien technique et le nombre d’employés à qui l’on offre le programme BYOD avec remboursement total ou partiel de l’appareil utilisé pour le travail. Une autre solution est aussi de mettre en place un réseau secondaire, moins sécurisé, qui permette l’ajout de certains appareils sans avoir à offrir un soutien technique accru. Mais encore là, toute l’information de la compagnie ne pourra pas être accessible sur ce réseau moins sécurisé, et les choix d’appareils devront être limités.

Jusqu’à maintenant, beaucoup des services informatiques des grandes entreprises n’ont pas vu suffisamment d’avantages à ce système. On peut facilement imaginer que les solutions citées plus haut ne sont applicables que dans certaines compagnies où le nombre d’employés et la culture interne le permettent. Dans plusieurs cas, l’économie réelle sera de laisser les employés s’acquitter eux-mêmes des coûts de leur équipement, ce qui ne convient pas à tous les milieux de travail et est carrément inimaginable dans le secteur public.

Autres sources sur le sujet :

Dans CIO, « BYOD : If you think you’re saving money think again » et « BYOD planning and costs : everything you need to know« 

Mozilla, en collaboration avec Epic Games, présentait la semaine dernière sa version hautement optimisée de JavaScript ayant la capacité de générer un graphisme 3D sophistiqué à même un navigateur web. Grâce à des technologies ouvertes comme WebGL, les développeurs du moteur de jeu populaire Unreal Engine 3 ont pu compiler une version HTML, ce qui permettrait la conversion d’une panoplie de jeux propulsés par ce moteur.

Il ne s’agit pour l’instant que d’une démonstration de faisabilité, puisque le moteur n’est stable que sur la plus récente version de développement de Firefox. Mais vous pouvez d’ores et déjà tester la démo Epic Citadel avec le logiciel en question.

L’idée est d’inciter les concepteurs de Chrome, de Safari, d’Opera et d’Internet Explorer à optimiser le JavaScript de leurs fureteurs, afin de permettre à long terme l’exécution d’un programme propulsé par le moteur Unreal Engine 3, peu importe le navigateur.

Aucun module prérequis

La philosophie derrière le développement du HTML5 est la standardisation d’une panoplie de nouvelles technologies (la lecture vidéo par exemple) qui jusqu’ici nécessitaient l’installation de modules supplémentaires. YouTube et Vimeo l’abandonnent tranquillement au profit de HTML5. Netflix a annoncé le mois dernier vouloir faire la même chose avec Silverlight, un module vidéo développé par Microsoft, pour ainsi adopter HTML5.

Imaginez que vous puissiez jouer à un jeu sophistiqué sans avoir rien à installer! Certes, le moteur de jeu Unreal Engine 3 se fait vieux, bien qu’il soit toujours populaire auprès des plateformes mobiles. Néanmoins, Epic Games a affirmé que son successeur, Unreal Engine 4, connaîtra également une version HTML5.

L’industrie du jeu vidéo est en pleine transformation. Tant les consoles portables que les consoles de salon sont menacées par les tablettes, qui offrent des jeux de qualité à bon marché. D’un autre côté, la possibilité de déployer un jeu de grande envergure par le biais d’un navigateur web pourrait avoir des répercussions sur le classique système de vente de logiciels en magasin.

À suivre…

Martin LessardDemain, la ville intelligente

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 publié le 1 mai 2013 à 12 h 38

Depuis quelques années, le concept de ville intelligente a supplanté celui de ville connectée (ou de ville 2.0). À Québec, ville qui s’est vu décerner le titre de ville intelligente, se tiendra la semaine prochaine un colloque, justement, sur la ville intelligente.

Ville intelligente? Traduction approximative de Smart city, ce concept ne veut pas dire que la ville est « douée d’une intelligence », mais bien que l’usage des nouvelles technologies lui permettrait d’en augmenter les services, d’améliorer la gouvernance, de permettre une meilleure qualité de vie à ses citoyens ou d’en valoriser les ressources.

Une expression plus claire serait « ville intelligible », une ville qui peut être comprise par l’intelligence.

Les nouvelles technologies permettent aujourd’hui d’acquérir une compréhension « augmentée » de la ville, soit en temps réel et à coût moindre qu’auparavant.

Deux avantages…

Il y a plusieurs définitions de ville intelligente, mais il existe au moins deux points sur lesquels tous s’accordent.

Capter et rendre visible

De nouveaux outils peuvent capturer en temps réel des mouvements (fret, trafic routier, foule), des phénomènes (météo, qualité de l’air, niveau de bruit), des échanges (énergétique, financier, marchandise), etc., qui servent en retour à nourrir un tableau de bord de l’activité de la ville.

Cette infrastructure informationnelle permet de rendre visible ce qui était invisible. Un tel tableau de bord de l’écosystème urbain guide les acteurs au quotidien dans leurs décisions.

Servir le citoyen et gouverner la Ville

De nouveaux outils peuvent être mis en place, comme les données ouvertes (c’est-à-dire l’accès à des informations sur le fonctionnement de la Ville), qui permettraient aux citoyens de savoir ce qui se passe dans l’administration de la ville et de l’évaluer (ce qu’on appelle la transparence).

Les outils peuvent aussi permettre en retour une implication inédite des citoyens dans la prise de décision sur la gestion de la Ville.

… et une question

L’enjeu sous-jacent à la ville intelligente, on le voit, est l’accès et le partage des informations. Pour être plus juste dans les mots, on parle d’accès et de partage de données.

Or une donnée, un chiffre hors de son contexte, n’existe pas en soi. Il n’y a pas de données qui représentent un réel qui serait immuable, objectif, permanent.

Pensez juste aux statistiques sur le chômage. La définition exacte de ce qu’est un chômeur change radicalement la réalité de ce qui pourrait être comptabilisé.

N’est-ce pas là un écueil majeur? Nous ne sommes plus devant une problématique technologique, mais bien politique : il faut s’entendre sur la définition de qu’on veut capter et le rendre visible.

Les données reflètent un choix

Source: smartgrids-cre.fr

Le choix des données colligées fera émerger, en fait, non pas la ville telle qu’elle est, mais bien plusieurs villes possibles en fonction de ce qui aura été défini.

La diffusion de données ouvertes représente inévitablement une source de dispute dans l’espace public. Ce qui expliquerait peut-être la réticence des gouvernements à les rendre accessibles. Ils n’ont pas nécessairement le goût de se voir critiquer sur leur choix d’indicateurs. Et encore moins sur l’interprétation des résultats.

Mais ils n’ont plus le choix. Encore la semaine dernière, un mémoire présenté à Québec dans le cadre des auditions chargées de revoir la Loi sur l’accès à l’information, démontre la nécessité pour l’État de faire œuvre d’une plus grande transparence pour augmenter l’efficience des services publics.

Oui, l’accès et le partage des informations sont des formes de partage de pouvoir. Il est donc important de réfléchir ensemble sur la ville intelligente, car c’est un enjeu trop important pour le laisser aux seuls politiciens et aux seuls fonctionnaires.

Rappelons-nous par contre que le choix des données lui-même crée le réel : il contribue autant à la création d’une vision qu’on a de la ville qu’à son évaluation.

Le temps est venu de s’interroger sur la façon de la rendre intelligible. La ville appartient à tous et les nouvelles technologies permettent aux citoyens et aux décideurs d’inventer, ensemble, la ville de demain.

Du 5 au 10 mai 2013, dans le cadre du 81e congrès de l’Association francophone pour le savoir (Acfas), l’Institut Technologies de l’information et Sociétés (ITIS) de l’Université Laval à Québec se tiendra l’école d’été « Bâtir la ville de demain : cinq axes pour comprendre et construire les villes intelligentes »

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Montréal, ouvre-toi

 

Crédit photo : site web de la compagnie Evollia

Vous avez probablement déjà planifié vos déplacements en utilisant Google Maps et son option de trajet, soit en voiture, à pied ou en transport en commun. À l’intérieur d’une seule ville, c’est un jeu d’enfant, mais pour se déplacer entre deux d’entre elles en transport en commun, il fallait auparavant passer par plusieurs sites. Au Québec, depuis peu, la compagnie d’autocars Orléans Express a choisi d’intégrer ses horaires à Google Maps, plutôt que de créer une application sur son propre site web. Je me suis donc amusée à créer mon itinéraire entre Montréal et Québec, un voyage que je fais souvent.

Un avantage devant la compétition au Québec

Alors que je m’attendais, selon les heures de départ ou d’arrivée choisies (le système permet les deux), qu’on me propose parfois le train, parfois l’autocar, chaque fois, c’est l’autocar qui arrivait en premier dans les itinéraires proposés. Même en suivant le lien vers Google Transit, que VIA Rail offre sur son site, pour les déplacements au Québec, c’est l’option qui m’était proposée. Cela est probablement dû à la fréquence des départs de la compagnie d’autocars, car il y en a toutes les heures. Et de là, en cliquant sur l’icône autobus Montréal-Trudeau sur la carte ou encore sur le lien au-dessous de l’itinéraire, on peut vérifier les prix en vigueur.

Le trajet suggéré entre le métro Langelier, à Montréal, et la ville de Québec.

Cela dit, dès que l’on sélectionne un trajet hors du Québec, par exemple Montréal-Ottawa, c’est le train qui est proposé en premier. On peut en déduire que les compagnies d’autocars desservant les autres provinces n’ont pas encore investi dans ce type de stratégie.

Travailler à mettre en place l’innovation

J’avais eu vent de ce que je considérais comme une innovation dans la planification des transports en commun intermodaux par Nicolas Roberge d’Evollia, dans un événement web. Je pouvais déjà imaginer les avantages pour ceux qui souhaitent planifier leurs déplacements en utilisant les transports en commun. L’équipe d’Evollia a travaillé à créer un fichier conforme au format connu comme le General transit feed specification (GTFS), et qui comprenait trajets, horaires, arrêts et droits de passage.

Jusqu’à maintenant, le système mis en place permet de générer des itinéraires dans quelque 200 villes et 8 régions du Québec. Comme les utilisateurs sont déjà habitués à Google Maps, ce sera un élément de plus pour encourager l’utilisation du transport en commun.

Quand la technologie fait ainsi faire un pas de plus à une entreprise, il faut demeurer curieux de la réponse du reste de l’industrie.

Laurent LaSallePebble, la montre du 21e siècle

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 publié le 17 avril 2013 à 14 h 50

Si l’iPhone a révolutionné la façon de concevoir aujourd’hui les téléphones intelligents, la Pebble pourrait bien en faire autant pour la conception de nos futures montres. Oui, je suis sur le point de vous écrire à propos d’une montre. Suis-je à court d’idées? Pas du tout!

Lancée comme projet Kickstarter l’an dernier, la Pebble a suscité beaucoup d’intérêt auprès de la communauté de la populaire plateforme de financement collaborative. Ses concepteurs demandaient 100 000 $ pour sa concrétisation. Ils ont accumulé plus de 100 fois cette somme : un total de 10 266 845 $, du jamais vu sur Kickstarter.

Mais qu’est-ce qu’une montre peut bien avoir de si extraordinaire?

Une montre intelligente

La particularité de la Pebble est qu’elle est entièrement programmable. En effet, par le biais de sa trousse de développement, il est possible de concevoir des logiciels pour son système d’exploitation. On peut y installer par exemple des jeux (Tetris, Pong), des outils pour calculer vos parcours en vélo ou pour la course à pied, etc. Il existe également des thèmes développés par la communauté pour personnaliser l’affichage de l’heure.

La montre est vendue avec la fonction d’alertes qui peuvent être synchronisées avec votre agenda électronique, un gestionnaire de musique pour contrôler ce qui est en lecture sur votre téléphone et l’afficheur pour savoir qui vous appelle.

Comment installe-t-on ces applications?

Il faut absolument avoir un téléphone intelligent. Cette montre est en quelque sorte l’extension de celui-ci. Par le biais du navigateur Internet de votre téléphone, vous téléchargez le logiciel souhaité et celui-ci s’ouvrira automatiquement avec l’application Pebble, pour autant que vous l’ayez installé et que vous ayez jumelé votre téléphone à votre montre (via Bluetooth). Le système est compatible avec les appareils Android et iOS.

La Pebble est munie de 4 boutons, d’une prise magnétique pour la recharge électrique via un câble USB, d’une vibration et de capteurs gyroscopiques pour la détection de mouvements. Les menus sont offerts malheureusement qu’en anglais, mais les logiciels que l’on y installe peuvent être dans la langue de notre choix. Selon qu’elle est très sollicitée ou non, l’autonomie de la Pebble se situe entre 3 à 7 jours.

Beaucoup de potentiel, mais loin d’être parfaite

Si j’aimais beaucoup le concept de la Pebble, je dois admettre que l’expérience que j’ai eue avec le produit final m’a laissé plutôt froid. La résolution de son écran monochrome est seulement de 144 x 168 pixels. L’indicateur d’énergie n’apparaît que lorsque la montre est sur le point de mourir; impossible de déterminer sa charge autrement. Finalement, son bracelet fait plutôt bon marché.

Sans compter que lorsque j’ai montré le produit à la gent féminine, la réaction fût plus que désastreuse. Pour 150 $, on aurait pu s’attendre à mieux.