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Des chercheurs du célèbre MIT Media Lab ont conçu un nouveau dispositif portable qui se dépose sur l’ongle pour devenir un minipavé tactile sans fil.

Source: MIT Media Lab

Source: MIT Media Lab

Cet ongle numérique donne accès à certaines commandes de l’ordinateur en fonction du geste utilisé.

Imaginez, par exemple, que vous avez les mains pleines en préparant le repas. Le pavé miniature collé sur votre ongle vous permettra de faire défiler la page web de votre recette, d’augmenter ou de diminuer le son de votre système de son ou passer à la chanson suivante.

C’est évidemment un prototype. Je ne suis pas sûr que l’usage proposé dans la vidéo soit celui qui sera adopté à la fin — qui veut porter cet appareil en pétrissant de la pâte à pain ou faisant revenir un bifteck dans la poêle?

Par contre, cela démontre bien une triple tendance : la miniaturisation des objets électroniques, leur portabilité (wearable technology) et la diversification des interfaces.

Les ongles numériques ouvrent la voie à une nouvelle façon de communiquer avec la machine. Ce que je vois dans ce projet, c’est la possibilité de s’équiper de cinq ongles qui deviennent autant de touches.

Il serait possible de convevoir un nouveau langage gestuel, de type sténographique, qui permettrait d’exécuter des commandes rapides — un peu comme une combinaison de touches sur une Xbox ou une PlayStation pour manier un avatar à l’écran comme bon nous semble.

Évidemment, ces ongles numériques devront communiquer avec d’autres appareils (lunettes connectées, montre, bracelet, téléphone, etc.) pour être utiles.

Dans le monde de prolifération d’objets connectés de toute sorte qu’on nous annonce, ces ongles numériques pourront devenir, si une gestuelle uniforme et standard est adoptée, une façon pratique de contrôler tous les objets à proximité de nous, à la maison comme au travail.

La miniaturisation aidant, peut-être s’équipera-t-on un jour de ces ongles numériques chaque matin pour être en interaction avec tout ce qui nous entoure.

Je n’entrevois pas cette avenue à court terme, mais ce qui est clair, assurément, c’est qu’une course s’est installée pour reloger tous les éléments d’un ordinateur un peu partout sur notre corps.

La promesse des avancées en intelligence artificielle a poussé récemment certaines personnalités comme Stephen Hawking, Elon Musk et Bill Gates à tirer le signal d’alarme quant aux dangers pour l’avenir de l’humanité (rien de moins!).

Peu de gens le savent, mais Montréal est une des plaques tournantes de la recherche en intelligence artificielle, en apprentissage de représentations profondes (deep learning) en particulier.

Montréal se trouve donc à l’épicentre de cette catastrophe mondiale annoncée. Et heureusement, nos experts d’ici peuvent dédramatiser un peu tout ça.

L’ordinateur qui voulait être plus gros que la grenouille

L’Université de Montréal a le plus grand groupe de recherche en apprentissage profond du monde concentré en un seul endroit. C’est le MILA, l’Institut de Montréal des algorithmes d’apprentissage, qui compte plus de 50 chercheurs.

À la tête du MILA se trouve un des trois principaux fondateurs de la recherche en apprentissage de représentations profondes, Yoshua Bengio.

À une rencontre de l’Association des communicateurs scientifiques mardi dernier, M. Bengio est venu remettre les pendules à l’heure à propos de cette « menace » de l’intelligence artificielle de « nous dépasser »!

Si, par intelligence artificielle, on entend une intelligence comparable à celle de l’humain, nous en sommes encore (vraiment) très loin.

« S’inquiéter maintenant de ça, c’est comme si l’Égypte ancienne s’était inquiétée à l’époque de la future pollution des astronautes sur Mars », dit M. Bengio.

Dans le meilleur des cas, on estime que certains systèmes d’intelligence artificielle s’approchent de l’intelligence d’une grenouille (et encore, avec beaucoup de limitations).

Même si on multipliait par 10 000 fois la puissance des systèmes actuels, M. Bengio croit que dépasser significativement le cerveau humain demanderait de résoudre des calculs immensément lourds et possiblement insolubles.

Contrôle du monde : pas pour demain

Malheureusement, pourrait-on rétorquer, donner à une intelligence artificielle du niveau d’une grenouille une mitraillette, cela n’a rien de rassurant.

Vrai. Mais c’est davantage une question politique qu’une question d’intelligence artificielle. Déjà n’importe quel demeuré avec une mitraillette devient de toute façon un danger public. Pas besoin d’être intelligent pour tirer dans le tas.

C’est une question politique, car c’est l’industrie de l’armement qu’il faut chercher à encadrer, si nous ne souhaitons pas de ces armes intelligentes qui tirent toutes seules ou de ces drones létaux.

Verra-t-on l’intelligence artificielle prendre un jour contrôle de la Terre? La science-fiction reste de la science-fiction. L’intelligence artificielle, en ce moment et dans un avenir prévisible, n’est pas un danger en soi.

La crainte exprimée par Hawking, Musk et Gates reste pourtant légitime. Tout comme pour le nucléaire, on peut l’utiliser soit pour chauffer des maisons, soit pour anéantir une ville.

En médecine, l’intelligence artificielle peut aider les médecins dans leur diagnostic. Sur la route, elle pourra un jour nous éviter des accidents. En datajournalisme, elle pourrait indiquer les secteurs sur lesquels il faut mettre de la lumière.

Toutefois, mal utilisée, elle pourrait nous rendre la vie difficile : surveillance de masse, perte de la vie privée, destruction d’emplois en raison de l’automatisation…

Un enjeu politique

S’il devait y avoir un écho aux craintes mentionnées plus haut, c’est bien sur le plan politique qu’il doit se traduire. Nous nous trouverons bien un jour à la croisée des chemins. La réflexion doit donc être engagée maintenant.

Nous allons devoir résoudre, dans les années à venir, non pas un problème de développement de territoire pour accéder à des ressources naturelles, mais un problème d’aménagement du territoire numérique pour accéder à des ressources cognitives.

En ce moment, un des pôles importants de l’intelligence artificielle est à Montréal. À nous d’assumer le leadership dans ce domaine et de le maintenir.

Catherine MathysGoogle, Woody Allen et vous

par

 publié le 8 avril 2015 à 13 h 41

Si les robots ne sont pas encore parmi nous, c’est à prévoir dans un avenir rapproché. D’ailleurs, Google semble s’y préparer de plus en plus sérieusement. La semaine dernière, l’entreprise a déposé un nouveau brevet qui a pour but d’attribuer une personnalité à un robot ou à un ordinateur. Oui, vous avez bien lu. Google veut aider les machines qui vous entourent à mieux s’entendre avec vous en téléchargeant une personnalité comme on télécharge une application.

Un robot qui vous comprend

Un robot (ou un ordinateur) pourrait donc avoir des personnalités multiples pour mieux s’adapter à ses divers utilisateurs.

Chaque personnalité robotique serait évolutive. Les événements du quotidien seraient compilés dans la mémoire du robot, et sa personnalité pourrait donc être modifiée selon ces derniers.

Il serait même possible de créer une banque de personnalités et de les télécharger sur un ou plusieurs robots à la fois. En d’autres termes, on pourrait cloner la personnalité de ce robot pour ne pas perdre toutes les données accumulées. C’est un peu comme quand on garde une carte SIM en changeant de téléphone, sauf qu’ici tout serait accessible dans le nuage de Google.

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Là où ça commence à faire un peu peur, c’est ici : le brevet mentionne que la personnalité en question pourrait reproduire celle du propriétaire de l’appareil, ou encore celle d’un proche mort ou d’une vedette. Le robot pourrait donc devenir névrotique comme Woody Allen, si on le souhaite. Ce n’est pas mon exemple, c’est le document de Google qui le dit!

Ce n’est qu’un début

C’était probablement la suite logique des choses. On sait que les robots feront partie de notre quotidien un jour, alors autant raffiner leurs interactions avec nous.

Google s’intéresse à la robotique depuis plusieurs années. Elle a d’ailleurs acheté plusieurs entreprises récemment, dont Boston Dynamics ou encore Bot & Dolly. Cela dit, en ce qui concerne la personnalité des robots, il ne s’agit que d’un brevet pour le moment. Il n’y a donc aucune garantie que Google vise la commercialisation d’un produit avec le processus qu’il y détaille.

Pour l’instant, on semble plus proche de faire notre jogging avec le chien robotisé Spot que de jaser avec Woody Allen dans notre salon.

 

Vous aimez les haïkus, ces brefs poèmes japonais? C’est votre jour de chance. En ce 2 avril, prenez une petite pause salutaire pour découvrir une sélection de haïkus interactifs construits à partir d’images et de sons.

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Les 12 haïkus en question sont issus d’un processus de sélection rigoureux lancé par l’ONF et ARTE, dont c’est la troisième collaboration en ligne après Code barre et In Limbo.

C’est un jury international, présidé par William Uricchio, professeur en étude comparée des médias et chercheur principal au Open Documentary Lab et au Game Lab du MIT, qui a sélectionné les 12 haïkus parmi 162 propositions reçues de 20 pays différents.

Ils seront mis en ligne graduellement pendant tout le mois d’avril, mais on peut en explorer quatre dès aujourd’hui : Le berceau du chat (Montréal), Un discours! (Espagne), Une vie en jeu (France) et La mélodie du quotidien (Suède).

Les contraintes du haïku interactif

Les haïkus traditionnels comportent toute une série de contraintes que les auteurs doivent respecter. Toutefois, dans ce cas-ci, le haïku quitte momentanément le domaine littéraire et impose une autre série de règles. En voici quelques-unes : les haïkus doivent durer moins de 60 secondes, apporter une vision différente de notre monde, être compris par un public international et reposer sur un seul concept d’interactivité pour ensuite briser l’une des 10 règles de création.

En fait, la force du haïku, peu importe sa forme, réside dans le message qu’il porte. L’interactivité de ce projet numérique rajoute une couche de signification. C’est comme si notre participation au déploiement du message nous permettait de mieux nous l’approprier. C’est tout de même un tour de force de réussir à transposer la technique traditionnelle de la coupure (kiru) et de la juxtaposition des idées à travers une série d’images et de sons. Ce contenu à la fois court et dense semble parfaitement adapté aux codes du web.

Cela dit, le visionnement des haïkus interactifs sera hautement bonifiée par un écran tactile, bien qu’il soit aussi intéressant sur un ordinateur. L’usage de la caméra de l’écran et d’écouteurs peut également être utile.

Le projet fera partie de l’événement Interactive Playground de TFI Interactive, qui aura lieu le 18 avril à New York, pendant le Festival du film de Tribeca 2015.

 

Martin LessardBiomimétique : des papillons-robots à Hanovre

par

 publié le 30 mars 2015 à 16 h 48

Ça vole comme un papillon, mais ce n’est pas un papillon.

C’est le robot eMotionButterflies volant librement dans un espace fermé.

Fabriqués par Festo, une firme allemande, ces robots seront présentés à la grande foire technologique de Hanovre, en Allemagne, dans environ deux semaines.

À les voir voler, on a l’impression que ces papillons relancent l’utopie qu’un jour des animaux et des insectes artificiels peupleront notre environnement.

Ces bestioles artificielles

La biomimétique est une branche de la robotique qui cherche à imiter le vivant. Cette approche cherche à reproduire artificiellement des propriétés essentielles d’un ou plusieurs systèmes biologiques qui existent dans la nature (et qui ont fait leurs preuves).

Festo présentera aussi ses fourmis collaboratives artificielles :

On remarquera dans les deux vidéos tout le travail effectué par la firme pour que ses insectes ressemblent le plus possible à leur modèle. C’est peut-être ce qui est le plus fascinant et le plus effrayant à la fois.

On est fasciné parce que cette ressemblance, cette familiarité, rend le robot tout de suite acceptable, sympathique, mignon.

On est aussi effrayé par la ressemblance, car elle donne l’impression que les chercheurs sont en train de recréer l’arche de Noé en format synthétique.

Femto est aussi la compagnie qui a créé des kangourous synthétiques présentés en 2014.

Darwinisme électronique

Regardez les dauphins de Festo évoluer dans cette piscine.

Et maintenant, regardez-les évoluer dans les airs (oui, oui, pourquoi pas?).

Ces deux robots biomimétiques datent de 2009.

Les papillons de 2015, sont d’une certaine façon, les descendants de ces dauphins, mais en plus petits.

La miniaturisation rapide laisse croire à une évolution accélérée des capacités de la robotique. Cela donne l’impression que ces papillons sont réellement autonomes, intelligents, comme des êtres vivants.

En fait, c’est un système centralisé (avec 12 caméras installées dans un hall) qui gère les papillons suivis à la trace par des lasers infrarouges.

Il serait trop lourd d’y ajouter des caméras ou des capteurs. Les papillons sont donc téléguidés par un système intelligent central.

Ces papillons ne sont pas près de s’envoler de leurs propres ailes dans la nature.

Même si on souhaite réellement avoir des robots autonomes, surtout de petite taille, il reste encore le terrible défaut de tous nos gadgets connectés : l’autonomie des batteries.

Ces papillons volent pendant 3 à 4 minutes, après une recharge complète de 15 minutes. Ils sont donc loin d’être autonomes.

Et si on souhaite pouvoir installer à bord une partie de l’intelligence du système, cela ajouterait trop de poids et demanderait encore plus d’énergie, plombant d’autant leur autonomie.

C’est une belle preuve que le concept est viable et une belle prouesse technologique. Mais les insectes 100 % synthétiques ne sont pas encore prêts à sortir du laboratoire.

La révolution biomimétique

La vraie innovation ne vient pas de ces copies parfaites d’insectes ou d’animaux, mais de copies de certaines parties d’entre eux.

Par exemple cette « langue ». Regardez comment elle manipule de façon incroyable les objets.

Gardez-la à l’oeil, celle-là. C’est le FlexShapeGripper de Fiesta qui sera aussi présenté à Hanovre.

C’est par ce type d’innovation que passera la vraie révolution biomimétique.

Préparons-nous donc à devoir ravaler notre fierté : nous serons un jour renvoyés des usines de manutention pour être remplacés par ces « langues ».