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Maxime JohnsonQuestion d’un lecteur : quoi penser de Clean my Mac 2?

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 publié le 5 décembre 2014 à 10 h 43

clean my mac 1

« Sur un grand nombre de sites web, on trouve la publicité du logiciel Clean my Mac 2. Personnellement, je pense que cet achat est une dépense inutile. J’aimerais pouvoir confronter mon opinion avec votre analyse. » - Alain, St-Eustache.

Clean my Mac 2 est un logiciel qui permet notamment de libérer de l’espace disque sur son ordinateur Mac, de désinstaller complètement des applications et d’effacer sécuritairement certains fichiers. L’application est produite par la compagnie MacPaw, qui est aussi derrière CleanMyPC, un logiciel similaire compatible avec Windows.

Après une mise à l’essai de ses différentes fonctionnalités, force est de constater que le logiciel est efficace. L’interface est simple, les différentes étapes du nettoyage sont bien expliquées et faciles à personnaliser, et Clean my Mac 2 accomplit bien son travail.

Ce travail est toutefois inutile, comme vous l’avez constaté avec justesse.

À quoi sert Clean my Mac 2?

clean my mac 2

Clean my Mac 2 intègre plusieurs fonctionnalités dans un seul logiciel.

Nettoyage : comme son nom anglophone l’indique, Clean my Mac est avant tout un logiciel pour effacer les documents inutiles de son ordinateur afin de libérer de l’espace disque.

Celui-ci cherche notamment les fichiers de traduction inutiles, les caches où sont enregistrés des fichiers temporaires, les journaux et d’autres documents du genre. Le logiciel vous indique aussi quels sont vos fichiers les plus volumineux, que vous pourrez ensuite effacer manuellement au besoin, il vide vos corbeilles et il vous indique des photos « invisibles » qu’il est possible d’effacer dans iPhoto.

Du lot, seul le nettoyage des fichiers de traduction est réellement utile. Sur un Mac datant d’un an, Clean my Mac 2 a trouvé notamment 1,54 Go de documents permettant d’afficher des logiciels en portugais, en espagnol, en mandarin, etc.

Le reste est moins convaincant. La cache de mon navigateur web était volumineuse (527 Mo), mais le nettoyage d’une cache est une opération assez facile à réaliser. Les autres caches sont plus difficiles à trouver manuellement, mais celles-ci se remplissent de toute façon automatiquement après un certain temps. Bref, vous gagnerez un peu d’espace pour quelques jours, mais vous ne réglerez pas votre problème d’espace à long terme.

Le nettoyage d’iPhoto est pour sa part assez bien conçu. Le logiciel d’Apple sauvegarde automatiquement les anciennes versions de vos photos (avant qu’elles aient été rognées, améliorées ou retournées), et ce sont ces fichiers « invisibles » qui sont ciblés.

L’opération pourrait être problématique, puisque vous pourriez perdre la version originale de vos clichés, mais par défaut, Clean my Mac n’efface que les doubles des photos qui ont été retournées. C’est moins dangereux, mais à moins d’être un avide photographe, cette fonctionnalité ne devrait pas faire une grande différence dans votre nettoyage non plus.

Désinstallateur : Clean my Mac 2 permet de d’enlever les applications de votre Mac. Cette fonction n’est toutefois pas très utile, puisque OS X gère plutôt bien les désinstallations. Certains fichiers orphelins sont peut-être parfois laissés derrière après la désinstallation d’un logiciel, mais il n’y en a jamais suffisamment pour provoquer des problèmes non plus.

Dans mon cas, l’analyse des fichiers restants d’applications ne figurant plus sur mon Mac a d’ailleurs permis de libérer 41 Ko d’espace.

Extensions : cette fonctionnalité permet de consulter et d’effacer les extensions installées dans nos logiciels comme Safari. Plutôt inutile, encore une fois.

Éliminateur : l’éliminateur permet d’effacer sécuritairement ses fichiers. Il s’agit d’une fonction pratique, puisqu’un document simplement effacé via la corbeille peut généralement être récupéré à l’aide d’un outil spécialisé, mais cette fonction est aussi proposée par différents utilitaires gratuits.

Est-ce que Clean my Mac 2 est dangereux?

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Dans sa forme actuelle, Clean my Mac 2 n’est pas réellement dangereux. Il serait plus sage de ne pas effectuer de nettoyage iPhoto, et les plus précautionneux préféreront laisser leur système tel quel, surtout si l’on considère que les bénéfices sont assez petits. Mais le nettoyage de Clean my Mac 2 ne touche pas vraiment aux fichiers importants de votre ordinateur.

Une dépense inutile

Clean my Mac 2 n’est donc pas un logiciel particulièrement mauvais, et il permet de nettoyer son ordinateur rapidement.

Le travail accompli par le logiciel ne vaut toutefois absolument pas son prix de 39,99 $, surtout si l’on considère que le gros du travail réalisé par le logiciel peut être accompli à la main, d’une façon pratiquement aussi efficace et plus sécuritaire.

Clean my Mac 2 pourra probablement trouver quelques documents qui vous auraient échappé, notamment dans les fichiers de traduction, mais le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Des cas plus problématiques

mycleanpc

Si Clean my Mac 2 est plutôt inoffensif, mieux vaut généralement faire très attention avec les applications du genre. Certains de ces logiciels jouissent d’une réputation particulièrement mauvaise, comme MacKeeper et MyCleanPC.

Dans le meilleur des cas, ces logiciels de nettoyage profitent de la naïveté des gens en les effrayant et en leur faisant croire à tort qu’il s’agit là d’une dépense justifiée. Dans les pires cas, ils peuvent effacer des fichiers importants de votre système et parfois adopter un comportement près de ceux des logiciels malveillants (publicités intempestives, difficultés à désinstaller le logiciel, etc.).

Notons que des fraudeurs (sur le web et par téléphone) se servent de logiciels de nettoyage et de faux antivirus pour arnaquer les gens.

Ce n’est pas le cas avec Clean my Mac 2, mais vous pourrez dans tous les cas trouver une meilleure façon d’investir 39,99 $.

Catherine MathysLe journalisme après Snowden

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 publié le 17 novembre 2014 à 12 h 37

Voir le film Citizenfour de Laura Poitras, c’est aussi assister à une formidable leçon de journalisme. Plusieurs scènes traitent de la correspondance encryptée entre Poitras et sa source Citizenfour, qui s’est plus tard révélée être Edward Snowden. Certains parlent même d’une nouvelle ère journalistique post-Snowden, où la protection des sources par le cryptage des messages est devenue essentielle.

Un rendez-vous presque raté

Glenn Greenwald a été le premier journaliste à être contacté par Citizenfour en décembre 2012. Le choix de Greenwald n’était pas anodin, l’homme s’étant déjà démarqué avec ses positions sur les guerres en Iraq et en Afghanistan ainsi que sur l’érosion des libertés civiles à la suite des attaques du 11 septembre. Snowden savait qu’il aurait une oreille attentive s’il réussissait à communiquer avec lui de façon sécuritaire. Il lui a donc envoyé un guide, puis une vidéo, pour lui montrer comment crypter ses communications, mais sa tentative s’avéra vaine. Greenwald trouvait cette technologie trop compliquée, trop contraignante. N’ayant pu établir de canaux de communication cryptée avec Greenwald, Snowden s’est tourné vers un autre journaliste plus féru en la matière.

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http://www.digitalprank.org/encrypt-mails-from-gmail-using-firegpg/

En raison de son manque d’intérêt et de compétence dans les communications cryptées, Greenwald a perdu sa source et aurait pu passer à côté de l’histoire qui lui a valu le prix Pulitzer. Snowden s’est donc plutôt tourné vers Laura Poitras en janvier 2013 et lui a demandé sa clé publique pour la technologie GPG. Ils ont ainsi pu s’échanger une série de messages cryptés, lesquels sont retranscris ou lus dans le film.

Des sources mieux protégées

Ce que l’affaire Snowden a mis au jour, en ce qui concerne les pratiques journalistiques à l’ère numérique, c’est la nécessité de mieux protéger les sources. Avec un modèle économique chancelant et un auditoire morcelé sur diverses plateformes, la protection des sources a reculé sur la liste des priorités des médias selon Steve Coll, journaliste et doyen de l’école des études supérieures en journalisme de l’Université Columbia.

Cela dit, l’exemple de Snowden a démontré que dans certaines situations à haut risque, le cryptage des messages permet au moins de laisser le temps au journaliste de réfléchir, de prendre des décisions sur ce qu’il devrait publier et de penser aux raisons pour lesquelles il devrait le faire. En protégeant ses données et ses communications par des messages cryptés, Snowden et les journalistes ont pu déterminer la manière dont les documents seraient publiés. La seule possible faille du système était humaine. Snowden dépendait des journalistes et devait avoir confiance en eux, espérant qu’ils n’allaient pas divulguer l’information aux mauvaises personnes.

Les technologies de base du journaliste moderne

L’élément que Greenwald n’a pas su comprendre ou installer est la technologie GPG. Cette dernière permet d’assurer une transmission sécuritaire de l’information entre deux parties tout en vérifiant l’authenticité de la source. Le système GPG repose sur un modèle d’échange de clés publiques cryptées : il faut une clé pour crypter un message et une autre pour le décrypter. Ainsi, un message peut être créé et crypté à l’aide d’une clé publique, tandis qu’une clé privée, associée à la clé publique, permet de décrypter le message.

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Ce segment de l’émission Listening Post diffusée sur le réseau Al-Jazeera permet d’en savoir un peu plus sur les outils essentiels du journaliste qui veut protéger sa source. En plus du GPG, l’émission mentionne Tor et SecureDrop comme outils de base pour tout journaliste désireux de sécuriser ses échanges.

Dans un récent billet, Martin Lessard nous expliquait l’utilité du réseau Tor.

« Le projet Tor est un réseau qui permet de naviguer sur le web de façon anonyme. L’appel vers une page web est chiffré et passe par une série de serveurs successifs, ce qui rend très difficile le traçage de la source de l’appel (c’est-à-dire, vous). »

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Même Facebook s’invite sur le réseau Tor. C’est dire l’engouement pour ce type de réseau. Tor fonctionne sur le principe de l’oignon. Quand un utilisateur s’y connecte, des couches de cryptage s’ajoutent au message. Ce dernier passe par plusieurs serveurs intermédiaires, comme pour détourner l’attention, avant d’arriver à sa destination finale.

L’autre logiciel dont on parle dans cette vidéo est SecureDrop. C’est le projet sur lequel travaillait le regretté Aaron Swartz, informaticien de grand talent et militant, avant de mourir. Celui-ci souhaitait permettre aux dénonciateurs comme Snowden d’envoyer des documents secrets aux médias en toute sécurité. Le Washington Post, journal qui a mis au jour l’affaire Snowden avec le Guardian, utilise cette plateforme, de même que The Intercept, le nouveau média web de Glenn Greenwald et Laura Poitras.

Avec tout ça, la boîte à outils du journaliste prudent et soucieux de ses sources serait complète. Mais, comme on a pu le voir dans le film, rien ne vaut une rencontre en personne et des mots griffonnés sur un bout de papier pour assurer une sécurité maximale. Quel beau paradoxe, dans cette ère ultranumérisée, de revenir à ces communications d’une autre époque.

 

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Se pourrait-il que l’on enseigne mal les mathématiques à nos jeunes? C’est le constat de Conrad Wolfram, un mathématicien qui tente depuis quelques années de convaincre les gouvernements d’un peu partout de moderniser leur cursus scolaire, afin notamment de mieux y intégrer l’informatique.

Un enseignement inutile
Conrad Wolfram, le frère de Stephen Wolfram, créateur du logiciel Mathematica et de l’outil de calcul en langage naturel Wolfram Alpha, ne mâche pas ses mots quand vient le temps d’analyser les méthodes employées un peu partout à travers le monde pour enseigner les mathématiques.

« On demande aux jeunes d’apprendre à faire à la main des calculs complexes, même si cela ne sert à rien », critique Conrad Wolfram, un peu comme l’ont probablement fait des millions d’étudiants sur les bancs d’école avant lui.

Selon ses calculs, c’est comme si l’humanité perdait annuellement l’équivalent de 21 000 vies complètes à l’apprentissage des mathématiques, même si les étudiants n’en retirent pas grand-chose depuis l’arrivée des calculatrices et des ordinateurs.

Il croit que l’enseignement actuel des mathématiques est complètement décontextualisé, et que celui-ci devrait plutôt se faire d’une façon plus pratique, notamment en intégrant des notions de programmation dans les cours, ce qui est la véritable façon moderne d’utiliser les mathématiques de toute façon.

Actuellement, 80 % du temps passé à enseigner les mathématiques seraient consacrés à l’apprentissage du calcul et des manipulations algébriques, ce que les ordinateurs peuvent gérer facilement et rapidement. Le calcul mental demeure important, et certaines personnes ont encore besoin d’apprendre le calcul à la main, mais celles-ci sont très rares.

Ce sont plutôt d’autres notions mathématiques qui devraient être inculqués : poser les bonnes questions, transposer un problème de la vraie vie en formules mathématiques et appliquer les réponses mathématiques de ces formules dans la vie de tous les jours.

wolfram graph

« Présentement, on perd notre temps en étudiant la partie des mathématiques qui n’est pas importante et en négligeant les parties qui le sont vraiment », estime Conrad Wolfram.

« Comment crée-t-on une monnaie? Devrais-je assurer mon ordinateur portatif? À quel point puis-je comprimer une photo sans nuire à sa qualité? Quelle est la meilleure stratégie pour répondre à des choix multiples, si l’on ignore la réponse? Voilà le genre de problèmes auxquels il faudrait que les jeunes puissent répondre », précise-t-il.

Pour le mathématicien britannique, l’enseignement moderne des mathématiques assisté par ordinateur permettrait aux jeunes de mieux utiliser et de mieux comprendre les mathématiques tout au long de leur vie, plutôt que de gaspiller leur temps à apprendre uniquement les procédés pour résoudre les calculs, comme c’est le cas actuellement. « Les mathématiques ne sont pas que du calcul. Les mathématiques sont en fait beaucoup plus que le calcul. »

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, un enseignement plus pratique des mathématiques ne serait pas un enseignement plus paresseux. Ce serait au contraire un enseignement plus intellectuel, qui permettrait aux jeunes de mieux comprendre les maths, de mieux pouvoir les utiliser et de mieux les apprécier.

Un message difficile à faire passer
J’ai eu l’occasion de discuter longuement avec Conrad Wolfram la semaine dernière, après avoir assisté à sa présentation sur le sujet au Ericsson Business Forum Initiative 2014. Cette présentation, je l’ai appris par la suite, s’inspirait grandement de celle qu’il avait faite en 2010 à la Conférence TED, qu’il est possible de voir en ligne ici.

Depuis cette conférence, Conrad Wolfram a lancé l’organisme computerbasedmath.org, qui vise justement à promouvoir un enseignement moderne des mathématiques. Sur son site, l’organisme propose un cursus scolaire, mais aussi des outils pour aider les gouvernements, les enseignants, les parents et les étudiants à mettre en place un système du genre.

Mais n’est-ce pas difficile de faire bouger les choses de la sorte, surtout considérant l’importance des mathématiques dans la société? En un mot, oui, mais pas toujours pour les raisons que l’on pourrait croire.

« Au début, je trouvais que les gens du milieu étaient carrément frustrés contre la proposition, mais je me trompais. Ce n’était pas de la frustration, mais de la confusion », m’a confié Conrad Wolfram.

Le regard allumé et l’esprit particulièrement vif, il énumère ensuite toutes les étapes à franchir et les problèmes à surmonter pour offrir un enseignement moderne des mathématiques : revoir l’évaluation des enfants, former les professeurs en conséquence, fournir les bons outils, etc.

En l’écoutant parler, on sent que cela fait plusieurs années que le problème lui trotte dans la tête, et qu’il ne cesse jamais véritablement d’y réfléchir. La complexité d’un tel changement devient rapidement suffocante. Conrad Wolfram a une idée, une bonne idée, mais celui-ci ne prétend pas non plus avoir découvert la formule parfaite pour l’implanter dès maintenant.

Les projets pilotes commencent
Heureusement, quelques projets pilotes sur l’enseignement des mathématiques basé sur l’informatique débutent présentement, notamment en Estonie, où le gouvernement s’est montré très enthousiasmé par l’idée, explique Conrad Wolfram

Un programme d’enseignement élaboré en collaboration entre le ministère de l’éducation estonien et computerbasedmath.org devrait d’ailleurs être mis en application prochainement. Un autre essai, à plus petite échelle cette fois, sera aussi lancé bientôt en Suède.

Si tout va bien, ces tests pourraient convaincre d’autres gouvernements plus récalcitrants à tenter l’expérience, et les jeunes pourraient éventuellement recevoir un apprentissage des mathématiques bien meilleur que celui de leurs parents avant eux.

Martin Lessard3 actions pour augmenter l’attrait de la francophonie

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 publié le 5 novembre 2014 à 12 h 05

Alexandre Wolff, responsable de l’Observatoire de la langue française, avait dit en début d’année que, « sachant qu’en 2010, on recensait 220 millions de francophones dans le monde, […] on peut estimer à 750 millions les parlants français à l’horizon 2050. » (source : Challenge.fr)

Dans Le Devoir de ce matin, Christian Rioux, citant les résultats d’une grande enquête réalisée par l’Observatoire de la langue française (« La langue française dans le monde 2014″) qui sera publiée la semaine prochaine, souligne que (source : Le Devoir):

  • le français est la quatrième langue la plus utilisée sur Internet;
  • la troisième plus populaire dans le monde des affaires;
  • la deuxième langue la plus employée pour l’information internationale dans les médias.

En voilà une bonne nouvelle!

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Le français, la quatrième langue sur Internet

Les francophones figurent au quatrième rang parmi les utilisateurs d’Internet. C’est bien, mais ce n’est pas tout!

M. Rioux nous apprend que le français est aussi  :

  • la troisième langue la plus utilisée dans les blogues;
  • la sixième plus populaire, quant au nombre de pages Web publiés dans cette langue;
  • et pratiquement la quatrième langue la plus utilisée pour les contenus, les logiciels de communication et sur les réseaux sociaux.

C’est vraiment une très bonne nouvelle!

(synthèse en PDF disponible ici)

C’est en Afrique que le bassin de francophones est appelé à croître le plus.

Toutefois, prévient M. Rioux, « il faudra recruter 900 000 nouveaux enseignants d’ici 2015. D’ici 2030, c’est plus de 2 millions d’enseignants qu’il faudra trouver afin d’assurer cette progression ».

Oh, oh…

L’Internet à la rescousse du français

Si l’Organisation internationale de la francophonie s’en tenait à ce calcul, donné plus haut, je ne sais pas comment elle ferait pour soutenir la langue française. Autant jeter l’éponge tout de suite.

Non. En fait, encore une fois, Internet pourrait être la solution — toujours cet optimisme débordant qui coule dans mes veines.

Le français, pour les Africains, est un atout incroyable pour les études, le travail et l’accès à l’information.

L’un des quatre axes stratégiques d’intervention de la francophonie numérique déterminés en 2012, est celui-ci:

  • Produire, diffuser et protéger les biens communs numériques francophones.

À mon avis, cela tombe sous le sens que trois actions peuvent être entreprises tout de suite, et à moindre coût :

1. Traduire Wikipédia

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Aujourd’hui, la première porte d’entrée dans le monde de la connaissance est Wikipédia. Je me retrouve pourtant sans cesse à consulter la version anglaise pour trouver une entrée ou pour obtenir plus de détails.

Il faut que les futurs apprenants de la langue française comprennent qu’ils seront dans un TGV et non dans un train de campagne s’ils apprennent notre langue. Wikipédia est un symbole de succès.

En sautant un Sommet de la Francophonie et en investissant l’argent ainsi économisé dans une armée de rédacteurs, on pourra rattraper notre retard. Commençons par les termes utilisés en science, en géographie et dans l’actualité.

2. Offrir des formations en ligne ouvertes à tous
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Internet augmente de façon spectaculaire les capacités autodidactes des personnes curieuses. Ce sont ces leaders de demain qui doivent être aidés aujourd’hui.

Les MOOCs (massive open online course), traduit par CLOM (cours en ligne ouvert et massif) ou FLOT (formation en ligne ouverte à tous), est le moyen le plus élémentaire de soutenir l’apprenant autodidacte.

En sautant une Conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage et en investissant l’argent ainsi économisé dans une armée de professeurs prêts à monter des cours en ligne, on pourra créer un réseau qui permettrait à quiconque équipé d’un écran et d’un accès Internet d’apprendre notre langue.

3. Rendre ouvertes les données publiques

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Si les données gouvernementales sont ouvertes par défaut (et fermés par nécessité, dans le cas de données privées), nous ouvrons les portes d’un territoire immense pour les développeurs informatiques.

Ces données ouvertes représentent la lumière dans un monde opaque. C’est une façon pour les francophones de voir leur réalité représentée par un assemblage significatif de statistiques croisées, qui permet de réfléchir et d’agir.

En sautant un forum de la Francophonie et en investissant l’argent ainsi économisé dans une armée de programmeurs voulant prêter main-forte aux pays d’Afrique francophones pour ouvrir leurs données, on pourra inculquer la culture de l’ouverture et de la transparence très rapidement.

Faut que les bottines suivent les babines

Cette expression québécoise signifie qu’après avoir vanté sa capacité d’agir, il faut tenir parole. (L’étude de l’Observatoire constate que les régionalismes ont de plus en plus droit de cité dans les grands dictionnaires de la langue française. Je le signale à ma manière).

Je le répète, j’ai toujours cet optimisme débordant qui coule dans mes veines. On me pardonnera, je l’espère, de vouloir réduire le nombre de rencontres au Sommet pour la Francophonie. C’est pour faire réagir.

Car il me semble que lorsqu’on parle d’actions, il n’est plus le temps de parler, mais d’agir.

Maxime JohnsonL’intriguant HP Sprout

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 publié le 31 octobre 2014 à 11 h 06

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HP a dévoilé mercredi un ordinateur nouveau genre, le HP Sprout, un PC tout-en-un capable de numériser des objets sur un tapis tactile et d’y projeter un second moniteur. Le concept propose une nouvelle façon d’interagir avec son ordinateur, qui se veut plus intuitive qu’avec un clavier et une souris, et qui pourrait notamment intéresser les gens créatifs, selon HP.

Le HP Sprout est un PC haut de gamme, auquel HP a ajouté projecteur et numériseur, un tapis tactile et un logiciel spécialisé.

Le projeteur/numériseur est un bras assez grand, placé au-dessus de l’écran tactile de l’ordinateur. Le numériseur à trois caméras est la partie la plus intéressante de l’appareil, avec une bonne résolution de 14,6 mégapixels. Celui-ci utilise la technologie RealSense 3D d’Intel, qui lui permet notamment de numériser assez facilement des objets en trois dimensions.

Le projecteur, qui projette l’équivalent d’un second moniteur où seraient normalement notre clavier et notre souris, est pour sa part un peu décevant, avec une résolution limitée de 1024 par 767 pixels. Pour la plupart des usages, cette résolution convient parfaitement (surtout pour un usage avec les doigts, qui sont plus gros qu’un curseur de souris, par exemple), mais les images projetées sont évidemment un peu moins jolies qu’elles pourraient l’être.

Le tapis du Sprout est pour sa part un tapis rugueux, qui rappelle un peu un vieux tapis de souris. Celui-ci est précis, et il capte jusqu’à 20 points de contact. Le tapis s’accroche avec un loquet magnétique à l’ordinateur, il est donc facile de l’enlever au besoin.

Le HP Sprout est finalement offert avec un logiciel dédié, qui permet de facilement glisser des images ou des projets d’un mouvement du doigt de l’écran de son ordinateur vers le tapis. Ce logiciel offre aussi une boutique d’applications conçues pour être utilisées avec la technologie de HP.

À quoi ça sert?
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Les possibilités offertes par le HP Sprout sont nombreuses. Aucune d’entre elles n’est réellement nouvelle, par contre. L’idée est surtout ici de faciliter le travail des utilisateurs, tout particulièrement les gens créatifs, mais aussi monsieur et madame Tout-le-Monde.

Avec une application de collimage, on peut par exemple facilement numériser un objet ou un dessin fait à la main, et tout de suite commencer à le modifier virtuellement sur le tapis tactile. Le procédé est assez impressionnant, puisque les objets numérisés, lorsqu’on les enlève du tapis, demeurent en version virtuelle au même endroit qu’ils étaient auparavant.

Quelqu’un peut aussi dessiner avec ses crayons sur une feuille posée sur le tapis, et après un moment, retirer la feuille et continuer son travail avec ses doigts ou un stylet numérique, et ainsi profiter de la puissance de l’ordinateur pour poursuivre son oeuvre.

Si un collègue possède également un HP Sprout, deux utilisateurs pourraient aussi, par exemple, discuter par vidéoconférence sur l’écran principal de l’ordinateur, tout en collaborant sur un document projeté sur le pavé tactile.

Le pavé peut aussi être utilisé pour des jeux. Ceux-ci peuvent être projetés sur le tapis, ou le tapis peut être utilisé comme contrôleur géant.

Il est bon de noter que HP offre un kit de développement pour sa technologie, un studio pourrait donc, par exemple, programmer un jeu qui profite à la fois de l’écran de l’ordinateur et du tapis (où l’on projetterait les informations complémentaires pertinentes au jeu, par exemple).

Quelqu’un qui vend fréquemment des objets sur eBay pourrait pour sa part simplifier son procédé habituel avec le tapis, et un vidéaste pourrait profiter d’une application de montage pour effectuer ses opérations avec ses mains sur le tapis, tout en observant le résultat sur son moniteur principal.

Un gros défi attend HP
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Il est assez intéressant de voir les gens travailler avec un HP Sprout. Avant le lancement de son appareil, la compagnie a notamment prêté un ordinateur à des designers et à des illustrateurs afin de montrer ce qu’ils pourraient faire avec la technologie, et le résultat est plutôt convaincant.

Lorsqu’on voit quelqu’un s’en servir, le HP Sprout donne envie de travailler avec ses mains, de créer.

La compagnie aura toutefois beaucoup de travail à faire pour convaincre les utilisateurs de l’intérêt de sa technologie, surtout qu’il faut acheter un ordinateur à 1900 $ pour en profiter.

Sans masse critique d’utilisateurs, il sera aussi difficile d’encourager les développeurs à concevoir des applications vraiment originales, qui pourraient justement justifier l’achat d’un HP Sprout. Bref, le cercle vertueux qui permettrait à la plateforme de HP de décoller sera difficile à enclencher.

Notons que si le HP Sprout est pour l’instant un ordinateur tout-en-un (écran tactile 1080p de 23 pouces, processeur Intel Core i7-4790S, 8 Go de mémoire vive et carte graphique NVIDIA GeForce GT 745A), les ambitions de HP pour Sprout sont beaucoup plus grandes.

La compagnie souhaite en effet offrir Sprout sur d’autres plateformes, par exemple les tablettes électroniques, ainsi qu’aux entreprises.

Les premiers ordinateurs Sprout seront offerts aux États-Unis dès le mois de novembre. Il faudra toutefois attendre 2015 avant de pouvoir mettre la main sur cette technologie au Canada.