Billets classés sous la catégorie « Informatique »

Martin LessardImage. Image. Lien. Image.

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 publié le 5 février 2016 à 10 h 53

Imaginez-vous sur un fauteuil roulant. Maintenant, roulez. Je vous expliquerai plus tard le titre de ce billet.

Vous êtes sur le trottoir. Tout va bien, ça roule. Vous avez le vent dans les cheveux (OK, juste une petite mèche qui bouge). Le monde vous appartient.

Hop! Entrons dans ce bâtiment. Une belle bibliothèque.

Imaginez-vous une belle bibliothèque et la possibilité de parcourir les étagères à la recherche de livres pour nourrir vos neurones, tout en humant le doux parfum du papier jauni.

Vous la voyez, cette scène? Oui? Magnifique. Continuons.

Malheureusement, trois marches séparent le trottoir de l’entrée de la bibliothèque.

Cette bibliothèque aurait pu tout aussi bien être en haut du mont Everest que ça aurait été pareil. Vous ne pouvez pas y accéder.

Il y a pire.

Disons qu’en fait il y a une rampe d’accès à cette bibliothèque. Ouf, sauvé!

Vous contournez les marches et entrez dans la bibliothèque. Vous retrouvez cette odeur enivrante des pages jaunies qui vous attirent tant.

La vie semble vous sourire à nouveau. Vous roulez alors dans les rangées.

Manque de bol, toutes les tablettes sont trop hautes pour que vous puissiez attraper un livre.

Pour vous, que ces livres soient là ou sur la station spatiale internationale, c’est la même chose. Elles ne sont pas accessibles.

Soyons plus cruels. Changeons l’histoire et rendons ces livres accessibles.

Ça y est, vous voilà comblé. La vie vaut la peine d’être vécue. Vous ajoutez une dizaine de livres à votre panier.

Vous roulez jusqu’au comptoir pour les emprunter. C’est un scanneur. Vive la technologie.

Malheureusement, le scanneur n’a pas de boutons et aucune instruction n’est affichée.

Il n’y a personne autour pour vous aider. Pire, tout le monde s’en fout.

L’accessibilité au contenu de cette bibliothèque vous est désormais complètement inaccessible, pour toujours.

La rampe d’accès au web

L’accessibilité web désigne un ensemble de normes qui permettent aux personnes handicapées de percevoir, de comprendre et de consulter du contenu web, et d’interagir.

L’accessibilité du web, dit plus simplement, c’est une rampe d’accès au contenu pour ceux qui présentent un handicap.

Vous avez des problèmes de vision, donc l’écriture vous est à tout jamais inaccessible? Faux. Archifaux.

Sur le web, tout est numérique.

L’affichage à l’écran n’est qu’une des façons d’accéder au contenu. Lire avec ses yeux n’est pas la seule façon d’accéder au contenu.

On peut accéder au texte avec un lecteur audio.

Alors, tant que les balises sont au bon endroit (l’équivalent de la rampe ou des étagères accessibles), il est possible grâce à la technologie de faciliter l’accès au contenu web.

Sans des balises claires et descriptives, ce que leur programme de lecture va « voir » c’est : Image. Image. Lien. Image.

Autrement dit, si vous créez des pages web (l’équivalent des livres dans une bibliothèque), mais que vous ne placez pas de balises descriptives sur les images et les liens, vous privez une partie de la population d’accéder à vos contenus.

L’accessibilité web est en fait simplement une façon de s’assurer que trois bêtes petites marches devant votre entrée empêchent des gens d’entrer.

L’accessibilité à ici.Radio-Canada.ca

Radio-Canada a lancé cette semaine sa politique d’accessibilité web.

Voici le genre de petits détails qui font toute la différence pour les personnes handicapées :

  • Contraste sur la page (pour les malvoyants)
  • Hyperliens avec intitulés clairs
  • Titre au-dessus de toute illustration de données ou d’un formulaire
  • Intitulés des champs de formulaire clairs et situés à proximité du champ auquel ils renvoient
  • Champs des formulaires proposant la valeur requise
  • Sous-titrage et/ou vidéodescription
  • Navigation par clavier (et non juste avec la souris)

Vous trouverez tous les autres petits changements, imperceptibles, mais essentiels, sur cette page :
http://ici.radio-canada.ca/accessibilite/

Bonne lecture.

Maxime JohnsonEssai des HTC Vive Pre et Oculus Rift au CES 2016

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 publié le 13 janvier 2016 à 16 h 37

Oculus CES

L’heure était à la réalité virtuelle la semaine dernière au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas. Pour la première fois, Oculus a permis d’y essayer la version finale de ses lunettes Oculus Rift, qui seront lancées à la fin de mars, et HTC a présenté son HTC Vive Pre, qui devrait être pratiquement identique à la version finale des lunettes lorsqu’elles seront offertes en avril. Voici mes impressions sur ces deux appareils attendus.

HTC Vive Pre : l’avantage technique
HTC Vive

Techniquement, les lunettes de réalité virtuelle HTC Vive, créées en collaboration entre le fabricant de téléphones intelligents HTC et le géant des jeux vidéo Valve, pourraient bien être les lunettes les plus intéressantes sur le marché cette année.

Le Vive possède deux avantages évidents sur l’Oculus Rift, son principal concurrent. Il est en effet doté d’un système de positionnement avancé, qui capte tous nos mouvements et qui nous permet de nous déplacer sur une surface assez grande de 4,5 mètres carrés.

Les dernières versions de l’Oculus Rift permettent aussi de nous déplacer, mais la zone est beaucoup plus petite. Ces déplacements assurent de vivre des expériences plus réalistes, lorsqu’on nous demande d’explorer une salle virtuelle, par exemple.

L’autre avantage du HTC Vive Pre a été dévoilé la semaine dernière au CES. Le casque est désormais équipé d’une caméra à l’avant, pour voir au besoin ce qui nous entoure dans le monde réel.

Ceci peut être fait manuellement, grâce à un bouton du contrôleur, ou automatiquement, lorsque nous approchons de la limite de notre zone de jeu. Notre environnement immédiat est alors dessiné et affiché par-dessus le monde virtuel. Le résultat est assez précis pour que nous puissions interagir avec ce qui nous entoure (nous asseoir sur une chaise, parler à quelqu’un, ramasser quelque chose), mais puisqu’il s’agit d’un dessin, l’immersion dans le virtuel demeure.

Si le Vive Pre est pour l’instant le seul casque doté d’une technologie du genre, il m’apparaît évident que les prochaines générations de PlayStation VR et d’Oculus Rift n’auront pas le choix de s’y adapter.

Pour le reste, le HTC Vive Pre offre une expérience haut de gamme, à la hauteur de ce qui se fait de mieux aujourd’hui. Bref, l’image sera plus fluide qu’avec des lunettes de réalité virtuelle mobiles comme le Samsung Gear VR, mais il y a encore de la place pour l’amélioration. L’écran de l’appareil pourrait notamment être doté d’une plus grande résolution, ce qui permettrait d’avoir une image plus claire qu’à l’heure actuelle.

Ces deux contrôleurs permettent quant à eux d’utiliser nos mains dans les mondes virtuels comme dans le réel, et permettent une expérience crédible (comme avec l’Oculus Touch, d’ailleurs).

Certains démos proposés par HTC montrent bien le potentiel de la plateforme, comme une scène aquatique où l’on peut observer des poissons de près, une sorte de film interactif avec les personnages du jeu vidéo Portal et un logiciel pour dessiner en 3D tout autour de nous.

Le HTC Vive sera offert en commande anticipée en février, et sera lancé en avril pour un prix qui n’a pas encore été dévoilé.

Les caractéristiques techniques de l’ordinateur nécessaire pour le faire fonctionner ne sont pas connues, mais elles devraient ressembler à celles de l’Oculus Rift, soit un ordinateur doté notamment d’une carte graphique puissante et récente.

Oculus Rift : des logiciels plus convaincants
oculus 540

Force est de reconnaître que l’Oculus Rift et le HTC Vive Pre ont beaucoup plus de points en commun qu’ils en ont de différents.

Parmi les forces de l’appareil d’Oculus, notons son format un peu plus petit et plus léger que celui du HTC Vive Pre. Celui-ci est aussi doté d’écouteurs intégrés. 


J’ai parlé à quelques reprises de l’Oculus Rift, notamment lors du dernier salon E3. Les lunettes n’ont pas beaucoup changé depuis. Ici aussi, l’appareil offre une expérience haut de gamme, fluide et claire, mais où il y a encore place à l’amélioration.

Celui-ci est aussi doté de deux petits contrôleurs qu’il est possible de tenir dans ses mains pour une expérience plus naturelle, l’Oculus Touch. L’accessoire ne sera toutefois pas offert au lancement des lunettes. D’ici à ce que l’Oculus Touch soit prêt, l’Oculus Rift sera plutôt contrôlé avec une manette Xbox One.

Là où l’Oculus Rift se démarque, du moins dans les essais au CES et dans les salons du genre, c’est dans la qualité des logiciels proposés.

J’ai essayé par exemple Medium, un logiciel de sculpture en 3D complètement fou, dans lequel on devrait pouvoir se perdre pendant des heures. J’avais beaucoup aimé le logiciel de dessin en 3D de HTC au dernier Mobile World Congress de Barcelone, mais force est de reconnaître que la réponse d’Oculus est largement supérieure. Pour l’instant, il ne s’agit que d’un petit démo, mais Oculus pourrait aussi choisir d’en faire un outil plus puissant, collaboratif, par exemple.

Bullet Train, d’Epic Games, a pour sa part donné une bonne idée de quoi pourrait avoir l’air un jeu de tir haut de gamme dans un environnement virtuel, avec l’Oculus Touch.

Grâce à sa position de meneur, l’Oculus Rift devrait facilement attirer l’attention des développeurs pour cette première génération d’appareils. Adapter un jeu Oculus Rift pour le HTC Vive ne devrait toutefois pas être une tâche des plus complexes, considérant que les jeux pour les deux plateformes fonctionnent sur un PC ordinaire.

Évidemment, c’est dans tous les cas la PlayStation VR, plus facile d’accès, qui pourrait connaître la popularité la plus grande, et ce, plus rapidement.

L’Oculus Rift est offert en commande anticipée dès maintenant, pour 850 $.

Maxime JohnsonTest de l’ordinateur HP édition spéciale Star Wars

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 publié le 22 décembre 2015 à 11 h 39

hp editionspeciale

Pendant que la folie de la série Star Wars bat son plein, HP a lancé son ordinateur portable édition spéciale Star Wars, un HP Pavilion modifié aux couleurs du côté obscur de la force. Mais est-ce que l’ordinateur est aussi bon que le film?

Design
back 2

L’ordinateur portable HP édition spéciale Star Wars (modèles 15-an050ca et 15-an058ca au Canada) est avant toute chose un ordinateur au design inspiré des films Star Wars, avec notamment Darth Vader sur son couvercle arrière et un Stormtrooper à l’intérieur.

Le tout est superposé sur une sorte de toile de fond grise un peu industrielle. Soyons honnêtes, l’ordinateur ne trouvera pas sa place de sitôt dans les musées des beaux-arts. Dommage, car il est possible pour un artiste d’allier Star Wars et bon goût, comme l’avait prouvé l’illustrateur Olly Moss il y a quelques années. http://ollymoss.com/star-wars-trilogy/

Le design pourrait toutefois plaire à un jeune adolescent, le public cible de l’appareil.

Étonnamment, l’emballage de l’ordinateur, lui, se distingue un peu plus. On apprécie par exemple la styromousse en forme de vaisseau spatial TIE Fighter et la boîte de qualité avec un immense Darth Vader utilisée pour ranger le chargeur de l’appareil. Un détail? Pas vraiment, si l’on considère l’importance de l’emballage dans les jouets de la marque Star Wars.

Certains détails de l’ordinateur sont aussi réussis, comme le pavé tactile, qui rappelle le système de visée des vaisseaux X-Wing. Mais pourquoi un système de visée de X-Wing, un vaisseau de la rébellion, sur un ordinateur inspiré par l’empire, vous demandez-vous sûrement. C’est une excellente question, que je poserai au designer si je le croise un jour.

Côté physique, le HP édition spéciale est un ordinateur plutôt gros, qui reprend les matériaux et la conception de certains appareils HP Pavilion. Il s’agit d’un ordinateur de plastique qui ne semble certainement pas haut de gamme, et qui est quand même assez lourd et assez épais.

Plus que la moyenne pour un ordinateur de sa gamme? Pas vraiment, mais il ne faut pas non plus s’attendre à avoir entre les mains l’ultraportable de l’heure.

Caractéristiques
clavier

Le HP édition spéciale Star Wars est un ordinateur portatif doté de caractéristiques de milieu de gamme, correctes pour la plupart des utilisateurs.

Il est équipé d’un grand écran de 15,6 pouces d’une résolution HD pleine d’une qualité supérieure à ce que l’on trouve normalement dans un ordinateur du genre (mais sans surface tactile), d’un processeur Core i5-6200U récent, de 8 ou de 12 Go de mémoire vive, d’un disque dur de 1 To et d’un lecteur DVD, une caractéristique de plus en plus rare.

Ceux qui opteront pour le modèle plus puissant pourront aussi profiter d’une carte graphique NVIDIA GeForce 940M, un élément à considérer pour ceux qui souhaitent jouer à des jeux vidéo (nous y reviendrons).

Son pavé tactile est assez grand, mais d’une conception qui laisse un peu à désirer, et il est beaucoup plus facile de cliquer sur le bas du pavé que sur le haut. Son clavier permet, pour sa part, de taper efficacement. Ceux qui aiment le design de l’ordinateur apprécieront d’ailleurs aussi son rétroéclairage rouge tapageur.

Ses deux haut-parleurs sont d’une puissance correcte, mais leur son est un peu mince, surtout dans les graves.

Notons finalement que l’ordinateur est doté de tous les ports nécessaires, comme deux ports USB 3.0, un port USB 2.0, un port HDMI, RJ-45 et une fente pour carte micro-SD.

Accessoires
accessoires

HP a conçu deux accessoires pour accompagner son ordinateur portatif : une souris et une housse de transport, toutes deux vendues 44,99 $.

La housse reprend le design semblable à l’ordinateur, avec un Stormtrooper en avant-plan, tandis que la souris arbore un Darth Vader.

Cette dernière est un peu plus jolie que la housse. Elle est aussi assez petite, ce qui convient pour son transport, et elle est quand même efficace, même si elle n’inclut aucune fonctionnalité des souris pour joueurs modernes.

Seule ombre au tableau, la souris doit être utilisée avec un adaptateur USB, ce qui bloque un port de l’ordinateur en permanence. Il s’agit néanmoins d’un accessoire que la plupart devraient apprécier.

Logiciel
logiciel

Alors que les ajouts logiciels des fabricants embêtent généralement les utilisateurs, la majorité de ceux qui accompagnent le HP édition spéciale Star Wars devraient plaire.

On aime tout particulièrement le centre de contrôle, qui permet de modifier le fond d’écran, de changer les sons de Windows 10 et de regarder les quelque 1100 images de Star Wars que contient l’appareil. Bref, il n’y a pas que l’extérieur de l’ordinateur qui est aux couleurs de Star Wars, l’intérieur aussi.

D’autres ajouts sont aussi amusants, mais pour quelques minutes seulement, comme la typographie Aurebesh.

Performances et autonomie
pile

L’ordinateur HP édition spéciale Star Wars devrait être suffisant pour des besoins simples, comme du web, du multimédia et de la productivité, mais aussi pour des tâches plus complexes à l’occasion. Un monteur professionnel, par exemple, n’en voudra pas, mais l’ordinateur permettra sans problème de monter ponctuellement une vidéo pour un travail scolaire.

L’option d’un disque SSD et d’un processeur à voltage régulier, du moins pour le modèle plus cher avec une carte graphique, aurait probablement été une bonne idée pour améliorer la fluidité générale de l’appareil, par contre.

Ceux qui seront dotés du modèle de base devront se limiter à des jeux vidéo peu exigeants (il y en a heureusement beaucoup d’excellents à se mettre sous la dent, Minecraft par exemple), mais ceux qui s’équipent de la version munie d’une carte graphique pourront jouer à des jeux plus lourds (comme Star Wars Battlefront), en les limitant toutefois à une qualité graphique basse ou moyenne. Il ne faudrait d’ailleurs pas considérer le HP édition spéciale Star Wars comme ordinateur pour les jeux vidéo.

Là où l’ordinateur déçoit un peu plus, c’est par rapport à son autonomie, de moins de 3 heures d’usage avec une tâche d’une intensité moyenne (2 heures 29 d’autonomie au test PCMark 8 Home Conventional). C’est peu, sans toutefois être énormément en dehors de la moyenne pour un ordinateur du genre. Une pile un peu plus grosse aurait toutefois certainement été appréciée.

À qui ça s’adresse?
emballage

Le HP édition spéciale Star Wars est, bien évidemment, conçu pour les amateurs irréductibles de la saga de George Lucas, probablement ceux qui sont un peu plus jeunes (quoi que tous les goûts sont dans la nature, les plus vieux pourraient aussi y trouver leur compte).

Considérant son autonomie, mais aussi les dimensions de l’appareil, celui-ci est aussi conçu pour rester principalement à la maison et non pour être trimbalé dans un sac tous les jours.

Côté prix, les couleurs de Star Wars ne semblent pas avoir eu trop influence sur celui-ci. Il est difficile de trouver un ordinateur aux caractéristiques identiques, mais ceux qui s’en rapprochent sont généralement vendus à un prix similaire (il est bon de noter qu’il est aussi possible de trouver pas mal moins cher en réalisant quelques compromis).

Il sera intéressant de voir si HP poursuivra la conception d’ordinateurs Star Wars, mais avec différents publics cibles. Un ordinateur d’une gamme un peu plus élevée, comme la gamme Spectre, avec une inspiration Star Wars un peu plus subtile, par exemple, pourrait aussi avoir ses charmes.

L’ordinateur portable HP édition spéciale Star Wars est vendu à 899 $ pour le modèle sans carte graphique, et à 1049 $ pour le modèle avec carte graphique.

iss

Pour la quatrième fois depuis la mise en fonction du parc informatique de la Station spatiale internationale (SSI), en 2000, la NASA s’apprête à en renouveler les ordinateurs. Une opération, on s’en doute, beaucoup plus complexe que d’aller magasiner au Best Buy du coin. Pour en savoir plus sur la procédure, Triplex s’est entretenu avec Stephen Hunter, le gestionnaire des ressources informatiques de la SSI à l’agence spatiale américaine.

Pourquoi 100 ordinateurs?
2. NASA

La plupart des gens l’ignorent, mais il y a beaucoup d’ordinateurs à bord de la SSI. « Regardez des photos de la Station spatiale, vous allez voir des ordinateurs portatifs partout! », lance Stephen Hunter, après une conférence sur l’utilisation des technologies commerciales (COTS, ou Commercial Off-The-Shelf) à bord de la Station spatiale.

Pourquoi tant d’appareils? « Il s’agit de notre principale interface pour tout, des expériences scientifiques à la communication, en passant par les appareils pour suivre la santé des astronautes », ajoute celui qui a commencé à travailler sur l’informatique à bord de la Station Spaciale en 1993, alors que le projet était encore à l’état embryonnaire.

Détail intéressant, ce ne sont pas 100 ordinateurs qui sont à bord de la station, mais plutôt 120, puisque l’agence envoie aussi dans l’espace 20 % d’appareils supplémentaires, pour remplacer ceux qui se briseront au cours des prochaines années.

Et considérant que les équipes au sol doivent être équipées du même matériel que celles dans les airs, ce sont en tout plus de 1000 ordinateurs que doit acheter la NASA pour remplacer son parc informatique spatial.

Notons que les autres agences spatiales dans le monde achètent généralement aussi les ordinateurs choisis par la NASA, notamment l’Agence spatiale canadienne.

Des ordinateurs identiques
1. NASA

Tous les ordinateurs livrés dans la Station spatiale doivent être complètement identiques.

Alors que deux ordinateurs d’un même modèle en magasin peuvent contenir des pièces provenant de sous-traitants variés, tout ce qui compose ceux destinés à la NASA doit plutôt être produit par les mêmes fabricants.

« Et tous les ordinateurs sont envoyés dans l’espace complètement vides », précise Stephen Hunter.

Le logiciel est ajouté seulement à bord de la station, soit par les astronautes eux-mêmes, soit à partir de la Terre. Un nouvel ordinateur pourra donc autant être doté du système d’exploitation Windows et d’un logiciel pour faire fonctionner une machine permettant de vérifier l’état de la rétine des astronautes que du système d’exploitation Linux pour faire le suivi d’une expérience sur la pousse des pommes de terre dans l’espace.

Pour les curieux, Stephen Hunter estime qu’environ 70 % des ordinateurs de la station fonctionnent avec le système d’exploitation Windows, contre 30 % avec Linux.

Des appareils prêts pour l’espace
zbook 2

Avant de choisir un ordinateur, et avant de l’envoyer dans l’espace, la NASA doit évidemment s’assurer que celui-ci convient à l’environnement difficile auquel il sera soumis, à cause notamment de la radiation et des écarts rapides de température (dans le transport, par exemple).

« Certains de ces tests ont déjà été réalisés par les compagnies, je n’ai donc pas à toujours tout faire moi-même », explique Stephen Hunter. Certains tests et analyses sont tout de même faits en double. « Lorsque nos résultats sont différents, je leur fais parvenir les bons », ajoute-t-il, un petit sourire en coin.

Plusieurs tests sont aussi faits seulement par la NASA, comme tenter de mettre les appareils en feu pour s’assurer qu’ils ne posent pas de risques pour les astronautes de la Station spatiale.

La possibilité de changer certaines pièces, comme le disque dur et la pile, entre aussi en jeu quand vient le temps de jeter son dévolu sur un nouveau modèle d’ordinateur.

Du sur mesure aux achats commerciaux
zbook

Si la NASA fabriquait autrefois pratiquement tout son équipement sur mesure pour la Station spatiale et ses navettes, les réalités économiques obligent maintenant l’agence à s’équiper de produits conçus non pas pour l’espace, mais pour le grand public.

« C’est surtout une question de coûts, mais cela nous permet aussi de déployer les nouvelles technologies plus rapidement », estime Stephen Hunter.

Si l’application de cette mentalité à des produits de plus en plus variés est relativement nouvelle, les ordinateurs de la station ont toujours été achetés de la sorte par contre. La SSI avait jusqu’ici été équipée d’ordinateurs portatifs de IBM et de Lenovo, et c’est sur les stations de travail mobiles de HP que la NASA a jeté son dévolu cette fois-ci.

Détail intéressant, les HP ZBook 15 G2 choisis par Stephen Hunter pour équiper la Station spatiale pendant les prochaines années ne sont pas les plus récents de HP, qui a dévoilé récemment ses ZBook 15 G3. Pour la NASA, il est toutefois important d’acheter des appareils qui sont sur le marché depuis un certain temps déjà, pour être certain que ceux-ci ne contiennent pas de bogues ou de défauts.

Les ordinateurs ont aussi été légèrement modifiés par rapport à ceux normalement vendus. La NASA et HP ont en effet dû convertir son adaptateur pour qu’il soit compatible avec le système électrique de la Station spatiale et revoir le design de l’ordinateur pour diminuer sa consommation électrique d’un minimum de 40 watts. Le tout sans compter le fait que les Zbook envoyés intègrent tous les mêmes composantes.

Comment est-ce qu’une entente du genre s’organise? Par un téléphone au sommet de la hiérarchie. « J’ai reçu l’appel de la NASA directement », se souvient Jim Zafarana, vice-président et responsable des stations de travail chez HP, aussi présent lors de la conférence.

« J’ai dit à mon équipe de tout mettre en œuvre pour que ça fonctionne », poursuit-il, en ajoutant avoir été motivé non pas pour des raisons financières – la taille de la commande est relativement petite pour l’effort demandé –, mais pour l’importance de ce qui sera accompli avec les ordinateurs.

Les 30 premiers ordinateurs dès le printemps
Même si Stephen Hunter aurait aimé attendre un peu plus longtemps, les 30 premiers ZBook 15 G2 seront envoyés sur la Station spatiale dès le mois de mars. Le reste du nouveau parc informatique sera quant à lui envoyé dans l’espace plus tard l’année prochaine, à l’automne.

« Nous devons absolument changer notre serveur de fichiers », explique-t-il, ajoutant que les ordinateurs actuels ne contiennent que 4 Go de mémoire vive, et que les 32 Go de la nouvelle flotte seront particulièrement appréciés.

Hunter note au passage qu’il achète généralement les appareils les plus puissants possible, afin de pouvoir en tirer profit au maximum, tant maintenant que dans quatre ans.

Ce ne sont pas toutes les tâches qui nécessitent des appareils performants, mais certaines oui, comme les expériences scientifiques menées à bord de la station, par exemple. Et comme tous les appareils sont identiques, ceux-ci doivent être le mieux équipés possible.

Martin LessardBiotechnologie : une révolution sociofinancée

par

 publié le 17 novembre 2015 à 14 h 02

L’ingénierie biologique, ça vous dit? Pour 700 $, vous avez votre propre laboratoire génétique sur votre comptoir de cuisine.

Amino, projet directement sorti du MIT Media Lab, a réussi à recueillir 35 000 $ en sociofinancement sur Indigogo la semaine dernière.

La promesse d’Amino? Offrir un outil clé en main pour « créer et cultiver des cellules »!

Bienvenue dans le monde de la biologie participative, où jouer avec le vivant est aussi passionnant que programmer un robot.

Bidouilleur + minilab = coder le vivant

Le terme biohacking est apparu il y a une vingtaine d’années pour parler du mouvement de la biologie DIY (Do it yourself, faites-le vous-même). Mais détrompez-vous. Ce n’est pas parce qu’on parle de bidouilleur qu’on parle d’activités illégales.

Le terme « hacker », venu de l’informatique et traduit en français par « bidouilleur », a pris beaucoup d’ampleur dans la dernière décennie. À l’origine, c’est un mouvement axé sur le partage et l’échange entre gens qui aiment explorer les limites d’un système.

En biologie comme en informatique, on a le désir de pousser les limites du système. La différence, en biologie, c’est qu’on ne travaille pas sur le code informatique ni sur la matière plastique, mais sur les êtres vivants.

Ce mouvement touche des branches aussi diverses que la nutrition (cocktail de nutriments), la mémoire (neurojeux comme Lumosity) et la génétique.

C’est du côté de la génétique que l’évolution a été la plus flagrante dans les dernières années, comme en témoigne le projet Amino. Mais il n’est pas le seul.

Sur Indiegogo, en ce moment, le DIY CRISPR kit propose d’avoir chez soi l’outil le plus puissant de la génétique moderne, le CRISPR, le couper-coller de l’ADN. Il est offert entre 500 $ et 3000 $, selon vos intérêts.

Il reste encore 3 semaines et le projet a déjà amassé plus de 200 % de ce qu’il demandait en sociofinancement.

Assurément, on sera confronté dans la prochaine décennie à des problèmes d’éthique. On peut se demander si laisser n’importe qui jouer avec l’ADN représentera un jour un danger pour la santé publique.

Bidouilleur + objet connecté = augmenter le vivant

À la première foire sur les cyborgs à Dusseldorf, en Allemagne, il y a 2 semaines, des passionnés se sont inséré sous la peau des objets qui émettent de la lumière. On peut appeler ça des tatouages lumineux.

Source Motherboard

Source Motherboard

« [L]e franchissement de la barrière cutanée, bien qu’il effraie, s’inscrit simplement dans la continuité des démarches de miniaturisation entreprises avec l’informatique vestimentaire (wearables) », note Clément Bohic dans un article sur les « implant partys » (poses de puces NFC sous-cutanées).

Le simple plaisir « d’augmenter » le corps suffit à motiver ces personnes qui se voient comme des cobayes vivants. Assurément, même si elles ne sont pas encore très nombreuses, ce seront ces personnes, et leurs prouesses, dont on parlera dans les médias.

À la fin du mois dernier, on apprenait qu’une de ces personnes s’était fabriqué un portefeuille Bitcoin sous-cutané et qu’il avait « payé avec sa main ».

Si on se fie au site Meetup.com, il existe 62 groupes dans 17 pays qui se rencontrent régulièrement pour parler de biobidouillage.

C’est encore peu. Mais leur mot d’ordre est « Vivre mieux ». Assurément, ça attirera un jour beaucoup plus de personnes. Ne soyez pas surpris.

biohackersmtl