Billets classés sous la catégorie « Informatique »

Maxime JohnsonL’intriguant HP Sprout

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 publié le 31 octobre 2014 à 11 h 06

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HP a dévoilé mercredi un ordinateur nouveau genre, le HP Sprout, un PC tout-en-un capable de numériser des objets sur un tapis tactile et d’y projeter un second moniteur. Le concept propose une nouvelle façon d’interagir avec son ordinateur, qui se veut plus intuitive qu’avec un clavier et une souris, et qui pourrait notamment intéresser les gens créatifs, selon HP.

Le HP Sprout est un PC haut de gamme, auquel HP a ajouté projecteur et numériseur, un tapis tactile et un logiciel spécialisé.

Le projeteur/numériseur est un bras assez grand, placé au-dessus de l’écran tactile de l’ordinateur. Le numériseur à trois caméras est la partie la plus intéressante de l’appareil, avec une bonne résolution de 14,6 mégapixels. Celui-ci utilise la technologie RealSense 3D d’Intel, qui lui permet notamment de numériser assez facilement des objets en trois dimensions.

Le projecteur, qui projette l’équivalent d’un second moniteur où seraient normalement notre clavier et notre souris, est pour sa part un peu décevant, avec une résolution limitée de 1024 par 767 pixels. Pour la plupart des usages, cette résolution convient parfaitement (surtout pour un usage avec les doigts, qui sont plus gros qu’un curseur de souris, par exemple), mais les images projetées sont évidemment un peu moins jolies qu’elles pourraient l’être.

Le tapis du Sprout est pour sa part un tapis rugueux, qui rappelle un peu un vieux tapis de souris. Celui-ci est précis, et il capte jusqu’à 20 points de contact. Le tapis s’accroche avec un loquet magnétique à l’ordinateur, il est donc facile de l’enlever au besoin.

Le HP Sprout est finalement offert avec un logiciel dédié, qui permet de facilement glisser des images ou des projets d’un mouvement du doigt de l’écran de son ordinateur vers le tapis. Ce logiciel offre aussi une boutique d’applications conçues pour être utilisées avec la technologie de HP.

À quoi ça sert?
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Les possibilités offertes par le HP Sprout sont nombreuses. Aucune d’entre elles n’est réellement nouvelle, par contre. L’idée est surtout ici de faciliter le travail des utilisateurs, tout particulièrement les gens créatifs, mais aussi monsieur et madame Tout-le-Monde.

Avec une application de collimage, on peut par exemple facilement numériser un objet ou un dessin fait à la main, et tout de suite commencer à le modifier virtuellement sur le tapis tactile. Le procédé est assez impressionnant, puisque les objets numérisés, lorsqu’on les enlève du tapis, demeurent en version virtuelle au même endroit qu’ils étaient auparavant.

Quelqu’un peut aussi dessiner avec ses crayons sur une feuille posée sur le tapis, et après un moment, retirer la feuille et continuer son travail avec ses doigts ou un stylet numérique, et ainsi profiter de la puissance de l’ordinateur pour poursuivre son oeuvre.

Si un collègue possède également un HP Sprout, deux utilisateurs pourraient aussi, par exemple, discuter par vidéoconférence sur l’écran principal de l’ordinateur, tout en collaborant sur un document projeté sur le pavé tactile.

Le pavé peut aussi être utilisé pour des jeux. Ceux-ci peuvent être projetés sur le tapis, ou le tapis peut être utilisé comme contrôleur géant.

Il est bon de noter que HP offre un kit de développement pour sa technologie, un studio pourrait donc, par exemple, programmer un jeu qui profite à la fois de l’écran de l’ordinateur et du tapis (où l’on projetterait les informations complémentaires pertinentes au jeu, par exemple).

Quelqu’un qui vend fréquemment des objets sur eBay pourrait pour sa part simplifier son procédé habituel avec le tapis, et un vidéaste pourrait profiter d’une application de montage pour effectuer ses opérations avec ses mains sur le tapis, tout en observant le résultat sur son moniteur principal.

Un gros défi attend HP
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Il est assez intéressant de voir les gens travailler avec un HP Sprout. Avant le lancement de son appareil, la compagnie a notamment prêté un ordinateur à des designers et à des illustrateurs afin de montrer ce qu’ils pourraient faire avec la technologie, et le résultat est plutôt convaincant.

Lorsqu’on voit quelqu’un s’en servir, le HP Sprout donne envie de travailler avec ses mains, de créer.

La compagnie aura toutefois beaucoup de travail à faire pour convaincre les utilisateurs de l’intérêt de sa technologie, surtout qu’il faut acheter un ordinateur à 1900 $ pour en profiter.

Sans masse critique d’utilisateurs, il sera aussi difficile d’encourager les développeurs à concevoir des applications vraiment originales, qui pourraient justement justifier l’achat d’un HP Sprout. Bref, le cercle vertueux qui permettrait à la plateforme de HP de décoller sera difficile à enclencher.

Notons que si le HP Sprout est pour l’instant un ordinateur tout-en-un (écran tactile 1080p de 23 pouces, processeur Intel Core i7-4790S, 8 Go de mémoire vive et carte graphique NVIDIA GeForce GT 745A), les ambitions de HP pour Sprout sont beaucoup plus grandes.

La compagnie souhaite en effet offrir Sprout sur d’autres plateformes, par exemple les tablettes électroniques, ainsi qu’aux entreprises.

Les premiers ordinateurs Sprout seront offerts aux États-Unis dès le mois de novembre. Il faudra toutefois attendre 2015 avant de pouvoir mettre la main sur cette technologie au Canada.

« Je n’ai rien à cacher. »

Dites cela à Edward Snowden, lui qui est obligé de se cacher pour que vous ayez le droit à une vie privée, et il vous répondra :

« C’est inverser les responsabilités, [ça] revient à dire :  »Je me fiche de ce droit. » C’est le gouvernement qui doit se justifier de ne pas respecter vos droits », dit-il dans une vidéo enregistrée la fin de semaine dernière.

C’est vrai. Par défaut, la vie privée devrait être protégée. Mais comme ce n’est plus le cas en ligne, il nous faut faire l’effort de la protéger nous-mêmes.

Edward Snowden suggère de laisser tomber les services comme Google, Facebook et Dropbox. Ils seraient « dangereux » pour la vie privée.

Et nous, mines déconfites, voyons très bien ce que cela veut dire : se couper de tout ce que le web offre de bien (recherche, réseaux sociaux, partage de fichiers).

Ne plus utiliser Google, synonyme de web pour la plupart des gens, est un pas bien trop grand à suggérer.

Heureusement, il existe quelques solutions, et l’une d’entre elles me semble très prometteuse.

Anonabox, le routeur Tor

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Sur la plateforme de sociofinancement Kickstarter a été lancé Anonabox, un routeur matériel Tor.

Tor est un réseau composé de routeurs organisés en couches, de telle sorte qu’il rend les flux de communication cryptés et anonymes.

L’Anonabox permet de se brancher directement sur ce réseau Tor sans même s’en rendre compte.

Il suffit de le connecter à votre propre routeur (celui qui permet en ce moment pour vous relier à votre fournisseur Internet) et de sélectionner son signal WiFi.

Sur votre ordinateur, vous continuez à utiliser vos logiciels favoris, même ceux qui ne sont pas compatibles avec Tor, disent les promoteurs.

Ils en sont à leur quatrième génération de prototypes, dont la dernière version tient dans la paume d’une main.

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Si tout va bien — il y a toujours un certain risque dans le sociofinancement —, les premiers appareils seront livrés début 2015.

MISE À JOUR : depuis la parution de ce billet, la plateforme Kickstarter a suspendu le projet Anonabox. Le projet avait réussi à amasser plus de 600 000 $ mais des voix se sont élevées, notamment sur Reddit, pour accuser le promoteur de mentir sur les origines et les éléments d’Anonabox. Il n’a pas su prouver que toutes les  pièces de son produit lui appartenaient –il ne peut donc pas affirmer que son produit est 100% Open Source. Une suspension sur Kickstarter signifie en général que le projet ne rouvrira pas. Merci à Clément Côté pour la note. (Même si ce produit particulier ne verra pas le jour, le concept en soi n’est pas pris en défaut).

Se protéger soi-même

Ce type de solution matériel — un bidule intermédiaire entre le réseau et nous — permet de redonner confiance au réseau Internet.

Bien sûr, ça n’empêche pas que ce que vous écrivez dans vos profils Facebook ou Twitter soit surveillé (ce sont des comptes publics, après tout), mais la géolocalisation ou le transfert de votre profil à d’autres marchands ne pourra plus se faire.

Quand vous naviguerez sur Internet avec ce routeur Tor, vous ne serez plus fiché par des corporations qui ont la morale élastique à propos de votre vie privée.

Vous pourrez enfin chercher dans la même journée des grenades (les fruits!) et réserver un billet d’avion sans risquer de voir débarquer des agents prêts à vous extrader vers Guantanamo.

HP Envy x360

De plus en plus de fabricants d’ordinateurs PC misent sur les designs convertibles, qui permettent aux utilisateurs de transformer leur ordinateur en tablette lorsque ce format leur convient mieux. Le nouveau HP Envy x360 n’échappe pas à cette tendance, malgré son imposant format. Mise à l’essai.

Design et écran
Le HP Envy x360 est un ordinateur convertible, équipé d’un écran pouvant être retourné complètement jusqu’à l’arrière de l’appareil, ce qui transforme l’ordinateur en une grosse tablette, avec le clavier QWERTY (désactivé) sur sa face arrière.

On peut aussi arrêter la transformation avant d’avoir complètement retourné l’écran, afin de le poser sur une table pour une présentation ou pour jouer à un jeu tactile, par exemple.

L’ordinateur de HP n’est pas le premier à offrir un design du genre, mais c’est l’un des rares à le faire avec un écran de 15,6 pouces, une taille gigantesque pour une tablette. Est-ce vraiment utile? Plus ou moins, mais ce n’est pas un inconvénient non plus.

Malheureusement, même pour un ordinateur, l’appareil est plutôt gros. À cause de sa largeur, de son épaisseur et de son poids (2,49 kg), le HP Envy x360 convient d’ailleurs mieux à ceux qui gardent leur ordinateur au même endroit la plupart du temps qu’à ceux qui le transportent constamment avec eux.

L’écran en tant que tel offre une résolution 1080p correcte, mais sa qualité laisse un peu à désirer. Dès que la tête de l’utilisateur s’éloigne du centre, les contrastes deviennent lamentables, ce qui peut être problématique pour certains usages (pour regarder un film à deux, par exemple). Heureusement, cela ne dérange toutefois pas trop pour un travail régulier.

Caractéristiques et performances
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Le HP Envy x360 offre des caractéristiques internes très correctes, qui devraient être suffisantes pour la très grande majorité des utilisateurs.

Son processeur Core i5 de quatrième génération et ses 8 Go de mémoire vive devraient en faire un appareil potable pour quelques années encore, et ses ports de pleine taille (HDMI, Ethernet, etc.) sont suffisants. Son disque dur de 750 Go devrait aussi être amplement suffisant.

Son grand pavé tactile fonctionne bien avec Windows 8.1, et son clavier rétroéclairé offre un clavier numérique séparé, ce qui sera apprécié par ceux qui saisissent beaucoup de chiffres dans un chiffrier ou un logiciel de comptabilité, par exemple.

Côté autonomie, l’appareil laisse toutefois un peu plus à désirer, ce qui était pourtant à prévoir pour un ordinateur équipé d’un écran de cette taille. Considérant que celui-ci ne s’adresse pas à la clientèle la plus mobile, ce n’est pas la fin du monde, mais les autres devront emporter leur chargeur dans leurs déplacements.

Dernier point négatif, alors que l’industrie s’est généralement améliorée par rapport aux logiciels préinstallés sur les ordinateurs, le HP Envy x360 semble parfois d’une autre époque, avec sa liste à n’en plus finir de jeux et d’utilitaires inutiles. Compte tenu de la taille du disque dur, c’est pardonnable, mais on aurait mieux aimé que HP l’ait évité, surtout sur un ordinateur de 950 $.

Un ordinateur qui se démarque peu
À moins de rechercher spécifiquement un ordinateur deux dans un équipé d’un grand écran tactile de 15,6 pouces, force est de reconnaître que le HP Envy x360 se démarque peu des autres appareils sur le marché.

Ses caractéristiques ne sont pas particulièrement exceptionnelles pour son prix, et il est difficile de s’en enthousiasmer. En dépit de sa taille et son poids qui seront deux inconvénients majeurs pour certains, on peut au moins apprécier le fait que celui-ci n’offre aucune faiblesse vraiment importante.

Le HP Envy x360 est offert sur le site web d’HP directement ou dans les boutiques d’électronique.

Martin LessardLe retour de la Semaine de l’informatique libre

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 publié le 2 septembre 2014 à 13 h 22

Après une pause de six années, la Semaine québécoise de l’informatique libre (SQIL) est de retour pour une sixième édition, qui se déroulera du 20 au 28 septembre 2014 un peu partout au Québec.

En ce qui me concerne, ce sera la table ronde sur L’internet après Snowden prévue le mardi 23 septembre 2014 qui occupera mon attention durant cette Semaine de l’informatique libre.

Organisé en collaboration avec la Chaire d’excellence de l’Université de Montréal en droit de la sécurité et des affaires électroniques, FACIL et Mozilla, le débat portera sur la vie privée et la gouvernance du net après les révélations de surveillance massive en ligne.

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J’aurai la chance d’y participer, au côté, entre autres, de Jérémie Zimmermann, cofondateur de La Quadrature du Net et coauteur du livre Cypherpunks (avec Julian Assange de WikiLeaks).

2014, l’année du tournant

Par un hasard du calendrier, 2014 clôture plusieurs époques importantes pour Internet :

  • 45 ans depuis la naissance d’ARPANET (octobre 1969, connexion de deux ordinateurs pour former l’ancêtre d’Internet)
  • 25 ans depuis la naissance du web (Tim Berners-Lee et Robert Cailliau au CERN)
  • 10 ans depuis la naissance du web 2.0 (ou, plus précisément, de la conférence « Web 2.0 », où John Battelle et Tim O’Reilly décrivaient pour la première fois le « web comme une plateforme« , qui est devenue la façon aujourd’hui de « consommer le web » jusqu’à lors vu que comme un ensemble de « pages web »)

Depuis les révélations de Snowden, il ne fait aucun doute que nous entrons dans une autre ère de développement d’Internet et que la vie privée, la gouvernance et le logiciel libre verront leur rôle redéfini.

Le logiciel libre porte une part d’utopie (collaboration, transparence, intelligence collective) qui n’a ni contrecarré l’arrivée de la surveillance, ni empêché des failles comme Heartbleed (lire Maxime sur Triplex : 5 choses à savoir sur Heartbleed), mais qui pourrait être une solution pour l’avenir du réseau. Reste à s’entendre sur la façon de le faire.

Justement, parlons de gouvernance, cette promesse d’une collaboration juste sur la façon de s’entendre. Cette gouvernance possède certaines parts d’ombre. Comment éviter qu’elle prête flanc à des détournements? Pour l’avenir d’Internet, qui aura réellement voix au chapitre?

Si les États prennent le dessus sur les autres acteurs de la partie civile, ou si des entreprises ou des institutions réussissent à tirer toute la couverture à eux, il y aura alors un réel danger pour l’avenir d’un Internet libre pour les citoyens.

La SQIL 2014 est un moment pour réfléchir à ces questions.

Libre de faire de l’informatique

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La SQIL consiste principalement en des activités organisées par diverses organisations bénévoles passionnées par le logiciel libre et qui cherchent à faire connaître les avantages du « libre ».

Le logiciel libre autorise les utilisateurs à exécuter, à copier, à distribuer, à étudier, à modifier et à améliorer le logiciel qu’ils ont entre leurs mains. Avec les logiciels propriétaires (comme Word, Excel, iTunes, Safari), ce n’est pas légal. Les licences d’utilisation restreignent l’utilisateur sur ce qu’il peut faire.

L’idée fondamentale derrière le logiciel libre est donc de laisser un accès libre au code source du logiciel.

L’accès au code source est important, car c’est une condition nécessaire pour savoir ce que le programme fait réellement. L’accès offre une transparence et garantit une certaine forme d’appropriation des outils informatiques pour les utilisateurs, même si nous ne sommes pas tous assez compétents pour interpréter le code nous-mêmes.

Voici un aperçu des activités de la SQIL 2014 dévoilé aujourd’hui :

Le programme complet des activités se trouve ici : http://2014.sqil.info/activites

Renaissance de la SQIL

Portée depuis les débuts par son principal instigateur, Robin Millette, la SQIL est tombée en hibernation après qu’il s’est retiré de la vie active de militant de l’informatique libre en 2007.

Robin reste une figure de proue du mouvement et a été, entre autres, membre du conseil d’administration du FACIL, un organisme à but non lucratif dont le mandat est de promouvoir l’adoption, l’usage et la démocratisation de l’informatique libre.

« L’association FACIL, qui avait accepté depuis 2005 de gérer ce rendez-vous annuel, n’a pas trouvé les ressources nécessaires pour continuer cet
effort et s’est plutôt concentrée sur une seule Journée internationale du logiciel libre (Software Freedom Day) », me précise Robin.

L’association FACIL a pris un virage plus politique en 2008, notamment pour contester l’administration gouvernementale québécoise qui « refusait d’envisager et même d’évaluer l’option du logiciel libre dans les appels d’offres ».

En novembre l’an dernier, les membres de FACIL ont adopté un plan d’action qui vise à assurer la pérennité de leur organisme en augmentant ses effectifs et en assurant une permanence pour l’organisme. La SQIL est vue comme une activité de recrutement et de financement.

Martin LessardGartner 2014 : ce qui monte, ce qui tombe

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 publié le 11 août 2014 à 12 h 44

Chaque année, la firme de recherche Gartner publie un tableau du cycle des technologies où les tendances de l’heure sont placées sur une courbe de maturité.

Ce tableau offre en un coup d’oeil la trajectoire présente et future de ce qui passionne le monde techno.

Celui de 2014 est sorti ce matin. Regardons ce qui a changé depuis l’an passé.

Le tableau 2014 de Gartner
« Hype Cycle for Emerging Technologies »

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Ceux qui descendent

Parmi ceux qui se trouvaient placés au « pic de leur buzz » (Peak of inflated expectations) en 2013 et qui empruntent maintenant le chemin de la « descente en enfer » (Trough of disillusionment), on retrouve la ludification, l’impression 3D et les données volumineuses, le fameux « big data ».

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Ludification

La ludification (en anglais, gamification) est la promesse que, par l’adjonction de certains principes du jeu, un certain travail ou apprentissage sera plus facile, ou du moins plus agréable. Quand, dans le dernier mois seulement, on voit des articles parler de l’usage de la ludification pour le dentiste, pour l’innovation ou comme mesure de performance dans la gestion des employés, on devine qu’on a atteint un point de saturation.

Impression 3D

L’impression 3D, aussi fabuleuse que puisse être cette technologie, n’a pas besoin d’aide pour susciter elle-même des désillusions pour le grand public. La chute des prix rendra son accès plus démocratique, mais le besoin d’imprimer de petites pièces en plastique ne suivra pas une courbe inverse à son prix. Gartner se s’y trompe pas quand elle sépare l’impression 3D pour l’entreprise de celle du grand public. Sa place est surtout dans le monde de l’entreprise et, d’ailleurs, Gartner lui prédit une maturité d’ici deux à cinq ans pour ce domaine.

Données volumineuses

Les données volumineuses, les lecteurs de Triplex n’en seront pas surpris, entament cette année leur « descente en enfer » (Trough of disillusionment). On avait ici même souligné le tournant lorsque Google Flu Trends avait été critiqué pour ses erreurs d’évaluation. C’est par le truchement de l’échec du parangon du big data qu’on a pu mesurer les attentes démesurées qui entourent encore cet amalgame d’outils, de processus et de traitements des données massives, et en temps réel, pour extraire des informations utiles.

L’inflation des attentes et l’effet de mode entourant ces trois technologies vont maintenant se résorber pour revenir à un niveau plus réaliste d’ici deux à cinq ans, toujours selon Gartner.

Ceux qui montent

Tiens, tiens, l’Internet des objets! Gartner ne se trompe pas en le mettant ainsi au sommet. L’attention médiatique à ce sujet est à son comble cette année.hcsstLa promesse de ces objets connectés communiquant ensemble est la véritable innovation de cette décennie. Après la montée fulgurante des médias sociaux, où nous nous sommes tous retrouvés connectés, ce sont maintenant les objets, tous les objets, qui sont potentiellement candidats à une interconnexion tous azimuts.

Mais, comme il est à son pic, il faut s’attendre qu’il devra inévitablement se mesurer au triple écueil de l’interconnexion, de la sécurité et de la vie privée.

Dans Triplex, on avait déjà signalé la création de l’Open Interconnect Consortium (OIC), qui élaborera des spécifications et des programmes de certification pour la connexion sans fil entre n’importe quels types d’appareils qui feront partie de l’Internet des choses connectées. L’écueil de l’interconnexion sera vraisemblablement résolu d’ici la fin de la décennie.

Mais la sécurité? Que se passe-t-il quand on se fait pirater son thermostat? (La semaine dernière, des pirates à la conférence Black Hat à Las Vegas ont réussi à pirater le Nest de Google).

Et la vie privée? Veut-on que des données intimes de notre vie intra muros soient accessibles à l’extérieur? (Evgeny Morozov le souligne dans le Monde diplomatique du mois d’août.)

À long terme, l’Internet des objets profitera de sa descente programmée en enfer (après le pic, la chute) pour résoudre ces problèmes fondamentaux.

Ceux à surveiller

Les tableaux de Gartner, dont c’est le 20e anniversaire cette année, permettent toujours de relativiser l’importance des nouvelles technologies tout en montrant que certaines sont arrivées à maturité et que d’autres émergent.

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Reconnaissance automatique de la parole

La reconnaissance de la parole (Speech recognition) sera prête d’ici deux ans, selon Gartner. Cette technologie permet la retranscription de discours en texte écrit. Attendez-vous bientôt à voir l’indexation massive des vidéos en ligne : on pourra retrouver un segment à partir d’une recherche textuelle.

Analyse en temps réel en mémoire

L’analyse en temps réel en mémoire (In-memory analytics) est sortie du purgatoire pour entrer dans la « remontée héroïque » (Slope of enlightment). Cette technologie permet aux systèmes d’entreprises d’accélérer le processus d’analyse en accédant directement à la mémoire vive, sans passer systématiquement par les bases de données. C’est un verrou important pour le big data.

L’interface cinétique

L’interface cinétique (Gesture control), entre aussi dans cette courbe montante et on peut s’attendre à pouvoir commander une interface par une gestuelle précise d’ici quelques années, faisant ainsi passer le film de science-fiction « Rapport minoritaire, où Tom Cruise contrôle un ordinateur par la parole et les gestes, pour un documentaire (lire sur Triplex : Le « Rapport minoritaire » n’est plus une fiction)

« Smart advisors »

Ajoutés à la liste cette année, les « smart advisors », de puissants systèmes à la Watson, ont été placés en début du « pic de leur buzz ».

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Jusqu’en 2020, Gartner voit s’épanouir une prolifération d’assistants numériques, sensibles au contexte, qui, par l’entraînement et l’infonuagique, seront à même de nous guider dans certaines décisions. Inutile de dire que cette promesse est attendue depuis les débuts de l’informatique et qu’il semble que nous n’ayons jamais été aussi près d’y accéder.

Mais, n’est-ce pas, il reste encore l’étape de la « descente en enfer »…