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De bonnes caractéristiques, un design mince et joli, un clavier et un pavé tactile efficaces : l’ordinateur portatif Dell XPS 13 a tous les éléments pour plaire et peut, sans aucun doute, être considéré comme l’un des meilleurs ordinateurs portatifs Windows sur le marché en ce moment.

Design

Voilà un peu plus d’un an maintenant que Dell a dévoilé son nouveau design pour ses ordinateurs XPS 13, qui se démarque principalement par son écran Inifinity, doté d’un tout petit cadre seulement.

Même si Dell n’a jamais été particulièrement connu pour ses beaux produits, le XPS 13 est un ordinateur qui a fière allure. D’autant plus qu’il parvient à avoir un style bien à lui (et non inspiré du MacBook, comme on en voit trop souvent), tout en étant sobre.

Le XPS 13 est aussi conçu avec des matériaux de qualité, comme l’aluminium et la fibre de carbone, et ses dimensions sont très respectables (sans rien révolutionner non plus), avec une minceur de 9 à 15 mm et un poids de 1,2 à 1,29 kg, selon le modèle.

Il s’agit d’un format qui se transporte bien, même tous les jours, mais on regrette le chargeur un peu gros qui accompagne l’ordinateur. Ce dernier est d’ailleurs l’une des seules faiblesses évidentes de l’appareil; il aurait pourtant été facile de le corriger.

Caractéristiques
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Comme c’est généralement le cas avec les ordinateurs de Dell, les configurations varient selon le modèle choisi.

Deux configurations devraient principalement être à considérer. La première, à 1449 $, est offerte avec un processeur Core i5 de sixième génération (à faible voltage), 8 Go de mémoire vive, un écran FHD de 13,3 pouces et un disque SSD de 128 Go (mais il est possible d’obtenir un disque de 256 Go pour 150 $ de plus).

La seconde, à 2149 $, est plutôt équipée d’un processeur Core i7 de sixième génération (à faible voltage également), de 8 Go de mémoire vive, d’un écran QHD+ tactile et d’un disque SSD de 256 Go.

Cet écran est particulièrement convaincant, avec de bons angles de vue, des couleurs riches et une excellente luminosité.

Le XPS 13 de Dell est muni d’une fente pour carte SD, de deux ports USB 3.0 et d’un port Thunderbolt (USB de type C), qui permet d’utiliser différents adaptateurs pour y ajouter un port DisplayPort, VGA, HDMI ou Ethernet.

L’ordinateur est aussi doté d’une caméra web 720p, drôlement placée en bas à gauche de l’écran. Sa résolution est suffisante, mais son placement offre une vue en contre-plongée sur le cou de l’utilisateur, sur ses narines et sur le plafond de la pièce. Ceux qui font beaucoup de vidéoconférences pourraient être agacés.

Détail intéressant, un petit bouton à la gauche du XPS 13 permet finalement de voir la charge de la pile sans allumer l’appareil, un ajout qui s’avère étonnamment pratique, au point où on se demande pourquoi il n’est pas plus répandu.

Clavier et pavé tactile

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Dell a plutôt réussi son coup avec le clavier et le pavé tactile du XPS 13.

Le clavier est d’une bonne taille et est équipé de touches avec un déplacement convenable de 1,3 mm. L’écriture est précise et rapide, et le retour de force des touches est quand même bien calibré. Le clavier propose aussi deux niveaux de rétroéclairage, une caractéristique plutôt rare, mais plus ou moins utile (ce n’est pas comme si le clavier était éblouissant, et son effet sur la pile est quand même limité).

Le pavé tactile est, pour sa part, de la taille minimalement acceptable. Il est assez large, mais pourrait certainement être plus haut. On ne se sent toutefois pas trop à l’étroit lorsqu’on l’utilise. Il s’enfonce bien, surtout lorsqu’on appuie au bas du pavé, et l’utilisation à plusieurs doigts se fait sans aucun problème.

Seul point négatif, le haut du clavier est plus difficile à enfoncer. Si vous glissez le curseur du bas d’une page vers le haut à droite, pour la fermer, vous devrez donc cliquer plus fermement. On est toutefois ici dans les détails, et le pavé du XPS 13 laisse, dans son ensemble, une bonne impression.

Performances

Les performances brutes du Dell XPS 13 varieront d’un modèle à l’autre. Celui mis à l’essai (doté d’un processeur Core i5 et d’un écran QHD+) était fluide, et convenable pour toutes les tâches habituelles. Son processeur devrait même permettre de faire, occasionnellement, des tâches plus lourdes, comme du montage vidéo, mais les professionnels préféreront se tourner vers un ordinateur plus puissant.

Il est bon de noter que le modèle d’entrée de gamme, avec un processeur Core i3 et 4 Go de mémoire vive, pourrait, quant à lui, être plus limité, notamment pour ceux qui utilisent régulièrement plusieurs logiciels à la fois.

Le Dell XPS 13 offre aussi une bonne autonomie, d’une dizaine d’heures environ, selon l’usage. Celle-ci est dans la moyenne supérieure pour un ordinateur du genre, et très convenable pour la plupart des utilisateurs.

Côté audio, le XPS 13 est doté de deux petits haut-parleurs sur les côtés. Leur volume est bon, mais le son lui-même est un peu mince. Le tout est convenable pour regarder un peu de vidéo sur Netflix, mais on pourrait faire mieux ici.

J’ai malheureusement eu quelques problèmes avec la mise en veille de l’ordinateur. Peut-être est-ce un problème avec l’unité testée, mais le XPS 13 se vide souvent pendant la nuit lorsqu’on le met en veille en fermant simplement l’écran.

Il est possible de changer les paramètres pour mettre l’ordinateur en hibernation lorsqu’on ferme l’écran pour corriger le problème, mais la manœuvre allonge alors considérablement le temps de démarrage de l’ordinateur. Dommage.

L’un des meilleurs ordinateurs portatifs
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Le Dell XPS 13 est l’un des meilleurs ordinateurs portatifs sur le marché. Il offre un bon compromis entre la puissance et son aspect portatif, le tout dans un boîtier solide et joli. Il n’est pas parfait, et on peut encore faire mieux, mais ceux qui ont besoin d’un appareil facile à transporter et qui sont prêts à investir un peu plus pour de la qualité seront certainement satisfaits.

Maxime JohnsonBuild 2016 : 5 choses à venir pour Microsoft

par

 publié le 30 mars 2016 à 16 h 10

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La conférence annuelle pour développeurs Build de Microsoft débute mercredi à San Francisco. Pendant une longue présentation d’ouverture, le directeur général de l’entreprise Satya Nadella a dévoilé plusieurs nouveautés qui attendent les développeurs et les utilisateurs de Windows 10 au cours des prochains mois et des prochaines années. En voici cinq.

Windows 10 Anniversary Update arrive cet été
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Comme prévu, Microsoft lancera cet été une mise à jour de son système d’exploitation Windows 10, surnommée Windows 10 Anniversary Update. Cette mise à jour sera encore une fois gratuite, et promet quelques nouveautés intéressantes.

Les utilisateurs dotés d’une tablette Microsoft Surface ou d’un ordinateur Microsoft Surface Book apprécieront tout particulièrement Microsoft Ink, un espace qui rassemblera des applications compatibles avec les stylets comme le Microsoft Pen, et qui permettra aux développeurs d’ajouter des fonctionnalités à leurs logiciels, comme une règle virtuelle pour aider à dessiner. Des applications comme Sticky Notes intégreront aussi désormais la reconnaissance de l’écriture manuscrite.

Ceux qui possèdent une console Xbox One auront quant à eux finalement accès à une boutique d’applications universelle, qui leur permettra par exemple d’acheter un jeu sur console et d’en profiter sur leur ordinateur également.

Microsoft prévoit aussi améliorer la fonctionnalité Windows Hello, qui permet pour l’instant d’ouvrir le système d’exploitation avec ses empreintes digitales ou une caméra web. Celle-ci pourra notamment être utilisée pour s’identifier dans des applications et sur le web.

Windows 10 Anniversary Update offrira finalement quelques nouveautés pour les développeurs, comme la possibilité d’utiliser les invites de commandes Linux dans Windows directement, et de transformer une console Xbox normale en console pour développeurs.

Plus d’applications modernes à prévoir
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La boutique Windows Store pourrait bientôt offrir beaucoup plus d’applications qu’à l’heure actuelle, grâce au dévoilement mercredi du Desktop App Converter, un outil qui permet de convertir les applications Win32 et .NET traditionnelles en applications Windows modernes.

À la conférence Build, Microsoft a montré son convertisseur en action avec des applications variées, comme Sage 200, Age of Empires II et même le jeu vidéo The Witcher 3.

Voilà qui pourrait avoir un effet intéressant sur l’écosystème d’applications Windows modernes, à condition bien sûr que le convertisseur soit stable et efficace.

Microsoft a aussi dévoilé des outils pour aider les développeurs à programmer des applications compatibles à la fois avec Android, iOS et Windows, ce qui pourrait également avoir de l’influence sur la quantité de logiciels proposés.

Cortana s’intègre dans plus d’applications (et vice-versa)
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L’assistant virtuel Cortana devrait continuer de s’améliorer au cours des prochains mois, grâce à des nouveautés qui seront lancées avec Windows 10 Anniversary Update, et d’autres qui seront déployées par la suite.

Le service de Microsoft s’intégrera notamment avec la messagerie Outlook, ce qui lui permettra par exemple d’avertir l’utilisateur s’il a oublié d’envoyer un fichier à une relation comme prévu dans une conversation précédente.

Cortana pourra aussi mieux interagir avec d’autres applications, afin par exemple de suggérer de commander un repas dans un restaurant, si une réunion est ajoutée à l’agenda pendant l’heure du dîner.

Cortana sera aussi intégrée directement à Skype, où il sera possible d’interagir avec l’assistant pendant que l’on discute avec quelqu’un d’autre, et il sera possible par exemple d’envoyer un message texte provenant de son téléphone Android à partir de Cortana sur son ordinateur Windows.

Microsoft mise sur les robots logiciels et la conversation
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Les conversations naturelles ne seront bientôt plus réservées à Cortana, puisque Microsoft compte permettre aux développeurs de créer des robots logiciels (bots), qui pourront s’intégrer à Cortana ou à des services comme Skype, Slack et la messagerie texte.

Il sera possible de converser avec ces robots, et les développeurs auront accès à des outils d’intelligence artificielle et d’apprentissage en profondeur (deep learning) pour les améliorer par la suite.

Dans une démonstration à la conférence Build, Microsoft a notamment présenté un robot pour aider à réserver une chambre d’hôtel (en fonction de ce qui était discuté dans une conversation Skype) et un autre pour commander de la pizza.

Les outils développés par Microsoft sont simples, et devraient permettre à pratiquement n’importe qui de développer des robots du genre.

Parallèlement aux robots logiciels, Microsoft a aussi annoncé plusieurs « services cognitifs », qui pourront être utilisés par les développeurs pour profiter de la recherche en intelligence artificielle et en apprentissage en profondeur de Microsoft au cours des dernières années.

Un ingénieur de Microsoft a par exemple présenté une application permettant aux non-voyants de se faire expliquer l’environnement qui les entoure à l’aide de lunettes connectées, et une application qui permet facilement de se faire lire des documents composés de texte, comme un menu de restaurant par exemple, par son téléphone intelligent.

Le tout est fait en conversant naturellement avec son appareil mobile, pour lui demander par exemple de lire seulement les grands titres dans le menu, ou encore les types de pizzas offertes.

Les développeurs mettent la main sur les Hololens
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Les lunettes de réalité augmentée Hololens se rapprochent d’un lancement. Après en avoir donné à une quantité restreinte d’entreprises et de développeurs au cours de la dernière année, Microsoft a annoncé aujourd’hui l’arrivée de l’ensemble de développement Hololens.

N’importe quel développeur pourra ainsi créer ses propres applications pour Hololens, et comme ce fut le cas avec les ensembles de développement Oculus Rift pendant les deux dernières années, il faudra s’attendre à voir des installations artistiques, et d’autres choses du genre, utilisant cette technologie être présentées dans des événements pour le grand public au cours des prochains mois.

Ce samedi, la conférence Google’s Women Techmakers aura lieu pour la première fois à Montréal. Organisée par Laurence de Villers et Annie Caron en collaboration avec le GDG Android Montréal, elle réunira une quinzaine de présentateurs à l’École de technologie supérieure à Montréal.

D’où vient ce programme?

Women Techmakers est un programme créé par Google afin de souligner le talent des femmes dans le milieu de l’informatique.

Dans les deux dernières années, plus de 200 événements ont été tenus dans 52 pays dans le but de promouvoir le talent et la passion des femmes, d’augmenter leur visibilité dans la communauté et de permettre la création d’un réseau de contacts dans l’industrie des technologies.

La conférence de samedi est la seule offerte au Canada.

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Le problème du recrutement des femmes

J’ai voulu en savoir plus sur la genèse de l’événement. Les deux instigatrices, Annie Caron et Laurence de Villers, sont dans la vingtaine. La première est en train de terminer son bac en génie logiciel et la deuxième travaille comme développeuse de solution mobile depuis environ un an. C’est avec cette dernière que je me suis entretenue.

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« On aurait aimé avoir des modèles pour nous inspirer à étudier en informatique. Dans les deux cas, Annie et moi sommes tombées dans le domaine un peu par hasard et on trouvait qu’il n’y avait pas assez de filles en informatique ou en technologie de l’information. On a de la difficulté à comprendre pourquoi ça ne semble pas intéresser beaucoup les femmes.

Quand on fait nos choix de carrière, plus jeunes, personne ne nous mentionne que l’informatique peut être une option intéressante. Quand t’es bonne en mathématiques, on te dit de devenir comptable. Si t’es bonne en science, tu peux devenir médecin. C’est très bien. Mais pourquoi l’informatique n’est-elle jamais mentionnée? »

Le recrutement est certes un des défis. Les étudiantes demeurent sous-représentées dans certains domaines. Selon une étude datant de 2013, parmi les diplômés de 25 à 34 ans, la proportion de femmes était de 59 % en sciences et technologies, mais de 23 % en génie et de 30 % en mathématiques et sciences informatiques.

Ce qui est frappant dans cette étude, c’est qu’on y lit que les femmes sont systématiquement moins susceptibles que les hommes de choisir un programme en STGM (sciences, technologies, génie, mathématiques et sciences informatiques), peu importe leurs aptitudes en mathématiques.

« Parmi les femmes qui sont allées à l’université, 23 % de celles qui étaient classées dans les trois catégories supérieures de scores du PISA (programme international pour le suivi des acquis des élèves) (sur six) ont choisi un programme d’études en STGM, alors que c’était le cas de 39 % des hommes classés dans les trois catégories inférieures de scores du PISA. »

Un milieu de travail hostile?

Une fois les études terminées, quel genre de milieu de travail les femmes retrouvent-elles? J’ai posé la question à Laurence de Villers.

« Ce n’est pas juste un milieu d’hommes. Bien sûr, on est entouré majoritairement d’hommes dans notre travail, mais je ne vois pas pourquoi les femmes ne choisiraient pas ce domaine. Il n’y a pas de facteurs comme la force physique pour expliquer leur absence. Pas besoin de muscles pour faire de l’informatique. »

Laurence me mentionne qu’elle n’a jamais vécu de discrimination dans son travail en informatique ou dans ses stages. Mais elle sait que certaines perceptions sont tenaces. Elle se souvient, par exemple, d’un cas où elle travaillait comme technicienne dans un Bureau en gros, et un client a demandé à parler à un homme.

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« Mais dans le milieu des technologies comme tel, les gens souhaitent qu’il y ait plus de femmes. Je le ressens. Plus il y a de diversité en tout genre, mieux c’est pour une entreprise. »

Et elles sont là, les femmes

Annie Caron et Laurence de Villers veulent montrer que les femmes sont bel et bien présentes dans les technologies, mais encore faut-il savoir où les trouver. C’est pour le prouver que la conférence propose 17 présentations, pratiquement toutes animées par des femmes.

Les thèmes abordés tournent essentiellement autour de deux pôles, celui des affaires ou celui de la programmation. Vous trouverez par exemple Nancy Naluz, fondatrice de Ladies Learning Code à Montréal et développeuse au sein de Dynamo, ou encore Françoise Provencher, organisatrice des PyLadies Montréal et analyste de données pour Shopify. Mais il y a aussi la gestion des mégadonnées, l’analyse de données, la gestion de projets, l’ergonomie numérique et j’en passe.

Qu’ils soient présentés par un homme (oui, il y en a un) ou par une femme, les exposés de la conférence proviennent d’organisations qui tentent d’amener plus de femmes en informatique. C’était l’un des soucis des organisatrices. Cela dit, l’événement est bien sûr ouvert à tous, hommes et femmes.

Google’s Women Techmakers est une conférence que Laurence de Villers et Annie Caron souhaiteraient présenter à Montréal chaque année. Les billets pour l’événement de samedi sont en vente jusqu’au 10 mars, 11 h 30.

Pour plus d’informations et pour acheter des billets, vous pouvez visiter le site.

Catherine MathysENIAC : le premier ordinateur a 70 ans

par

 publié le 17 février 2016 à 14 h 17

Le 16 février 1946, un communiqué de presse émis par le Département de la guerre américain annonçait la naissance du premier ordinateur, l’ENIAC (Electronic Numerical Integrator and Computer), conçu sous la direction de John Prosper Eckert et de John William Mauchly pour répondre aux besoins de l’armée américaine.

“Designed and constructed for the Ordnance Department at the Moore School of Electrical Engineering of the University of Pennsylvania by a pioneering group of Moore School experts, this machine is the first all-electronic general purpose computer ever developed. It is capable of solving many technical and scientific problems so complex and difficult that all previous methods of solution were considered impractical.”

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Avec ses 18 000 tubes sous vide, ce supercalculateur électronique numérique occupait une pièce de 30 par 50 pieds et pesait plus de 30 tonnes. Le communiqué parle d’un coût de 400 000 $ par machine (ce qui équivaudrait à plus de 5 millions de dollars).

Les premiers computers

Au départ, le mot computer était associé plus souvent à la personne qui faisait des calculs à la main qu’à une machine. Lancé en 1943, le projet de l’ENIAC devait surtout aider à produire des tables de tirs dans les opérations de bombardement pour toucher la cible avec précision. « Ce travail, qui devait tenir compte des interactions entre de multiples variables (vitesse, altitude, vent, angle de tir, température, etc.), exigeait des milliers de calculs. (…) Aussi, tout ce qui pouvait augmenter la vitesse de production des tables, plus précisément l’automatisation des calculs, intéressait au plus haut point l’armée américaine. » (André Mondoux. Histoire sociale des technologies numériques, de 1945 à nos jours. Montréal : Nota Bene, p. 40)

Achevé après la guerre, l’ENIAC servira néanmoins à résoudre des problèmes complexes en temps de paix, bien qu’il fût nécessaire de le reprogrammer entièrement pour chaque nouveau problème à résoudre.

“Although the machine was originally developed to compute lengthy and complicated firing and bombing tables for vital ordnance equipment, it will solve equally complex peacetime problems such as nuclear physics, aerodynamics and scientific weather prediction.”

Le rôle essentiel des femmes

En 1945, l’armée américaine a recruté six femmes computers à l’Université de Pennsylvanie pour travailler sur un projet secret. Ce sont elles, les premières programmeuses de l’ENIAC. Mais le terme « programmeur » n’existait pas. Ces femmes devaient inventer la manière de faire marcher cette nouvelle machine.

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Kathleen McNulty Mauchly Antonelli, Betty Snyder Holberton, Jean Jennings Bartik, Marlyn Wescoff Meltzer, Ruth Lichterman Teitelbaum et Frances Bilas Spence devaient faire un travail que personne ne comprenait, sans réelle expertise autre que leurs diplômes en mathématique. Programmer à l’époque comportait aussi tout un volet physique. Ces femmes devaient transporter des câbles d’un côté à l’autre de la machine qui prenait toute la pièce, réparer les tubes, etc.

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La contribution de ces femmes n’a bien sûr pas été soulignée. Celles-ci n’ont même pas été invitées au souper de célébration qui a suivi le dévoilement de l’ENIAC. Elles étaient perçues comme de simples opératrices de machine. Elles assistaient les hommes auxquels on attribuait le véritable mérite, selon Mitch Marcus, professeur spécialisé en intelligence artificielle à l’Université de Pennsylvanie.

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L’ordinateur a été utilisé pendant une décennie. En atteignant une vitesse inégalée, l’ENIAC a réalisé plus de calculs en 10 ans que dans toute l’histoire qui l’a précédé.

Martin LessardL’après-royaume de Moore

par

 publié le 15 février 2016 à 14 h 18

Relever ce défi est déjà une prouesse en soi : fabriquer une puce d’une dimension de 2 ou de 3 nanomètres, c’est-à-dire de 10 atomes d’épaisseur.

La feuille de route de l’industrie des semi-conducteurs indique que cette dimension est probablement la limite ultime d’une puce.

Il semble impossible d’aller en deçà de cette taille, car les lois de la physique traditionnelle à cette échelle laissent place aux étranges lois de la physique quantique. La matière ne réagit plus du tout de la même façon.

Actuellement, les puces sont de l’ordre de 14 nanomètres et les prochaines atteindront 7 nanomètres. Tout indique qu’ensuite, c’est la fin de la loi de Moore.

Puce (image : Wikipédia)

Au bout de la route

La fameuse loi de Moore stipule que le nombre de transistors sur une puce à microprocesseur double tous les deux ans environ.

Cette loi, qui n’en est pas une, est devenue au fil des ans une prophétie autoréalisée.

L’industrie des semi-conducteurs a délibérément choisi de réaliser cette prédiction pour s’imposer une feuille de route.

Ne cherchez pas plus loin, du coup, l’origine de l’obsolescence dite programmée. C’est en fait un effet collatéral de cette coordination de l’industrie informatique à vouloir toujours se dépasser.

Mais voilà, la limite sera atteinte autour de 2020. Aujourd’hui, on envisage donc l’après-loi de Moore.

Grandir par l’intérieur

Après un demi-siècle, cette « obligation » de réduire de moitié la grosseur des puces ne sera plus le credo de cette industrie. Elle devra investir énormément si elle veut rester à la fine pointe.

La recherche ne s’arrêtera pas, bien sûr. En fait, elle se diversifiera dans plusieurs directions à la fois (nouveau matériau, ordinateur quantique, puce 3D, etc.).

Attendez-vous à voir apparaître des puces qui, pour garder une certaine valeur ajoutée, seront hautement intégrées, avec de la mémoire ou des composantes de télécommunication.

Comme pour les voitures, où il y a longtemps que la limite de vitesse a été atteinte, le souci de perfectionnement se concentrera sur d’autres aspects (sécurité, efficacité, confort, empreinte écologique, aérodynamisme, etc.).

De façon similaire, les puces verront leur consommation en énergie diminuée ou leur intégration avec d’autres composantes gérée plus efficacement.

Les puces, telles qu’on les connaît aujourd’hui, n’évolueront pas plus que les nouveaux modèles de voiture d’une année à l’autre.

L’au-delà de la sainte puce miniaturisée à l’infini

Se connecter sur le réseau des cieux

Se connecter sur le réseau des cieux

Pour augmenter sensiblement la puissance des puces, de nouvelles technologies et de nouveaux matériaux devront être utilisés (spintronique, effet tunnel, abandon du silicium pour les nanotubes de carbone, etc.). Toutefois, nous sommes loin de la commercialisation.

On peut espérer devenir moins sujet à cette injonction de se procurer le dernier gadget pour avoir « plus de puissance ». Comme demain, la progression en termes de performance sera moins soutenue qu’aujourd’hui, l’argument de la vitesse et de la miniaturisation ne tiendra plus.

Il faut donc accepter aujourd’hui une pause dans notre recherche effrénée de la miniaturisation et notre volonté débridée d’augmenter la puissance des puces.

« Et l’Homme eut achevé au septième nanomètre son œuvre qu’il avait faite, et il se reposa de toute son œuvre qu’il avait faite. » (Moore 2:2)

Que la loi de Moore repose en paix.