Billets classés sous la catégorie « Gadgets »

Catherine MathysApple Watch : l’info en 12 mots

par

 publié le 24 avril 2015 à 14 h 41

Ça y est. Le jour tant attendu est arrivé. Le plus récent produit d’Apple, l’Apple Watch, est enfin sorti. Pour certains, il peut simplement s’agir d’un gadget de plus. Mais pour d’autres, comme les entreprises de presse, cela annonce plusieurs changements pour réussir à satisfaire un auditoire toujours plus mobile sur un écran toujours plus petit.

Le journalisme du coup d’oeil

Comment intéresser les consommateurs de nouvelles qui ont de moins en moins de temps et de moins en moins de capacité d’attention? Les Américains utilisent le terme glance journalism pour parler d’un phénomène qui caractérise les efforts des entreprises de presse pour retenir un public fuyant. Appelons-le journalisme du coup d’œil.

aplwatch-cnn

Glance, c’est en fait le nom donné à une fonction de l’Apple Watch qui permet de passer en revue toute une série de notifications. C’est aussi le terme emprunté par plusieurs observateurs comme Mario Garcia, consultant et membre de l’Institut Poynter pour l’étude des médias ou encore Dan Shanoff, fondateur de Quickish, un agrégateur de nouvelles, pour décrire une ère de consommation de nouvelles en petites bouchées.

N’allez pas penser que le phénomène est entièrement nouveau et uniquement relié à l’apparition de nouveaux gadgets. Il prendrait racine dans les années 80 et 90, selon Garcia. Les études oculométriques de Poynter démontrent depuis assez longtemps que de nombreux consommateurs de nouvelles passent du titre au sous-titre sans jamais s’attarder au corps de l’article.

Le pouvoir des mots

Tout d’un coup, les tweets, qui nous obligeaient déjà à un difficile exercice de raccourcissement, sont devenus la version longue d’une manchette. Sur un écran de 4 cm avec un maximum de 6 lignes possible, chaque mot compte. À la blague, Andrew Phelps, gestionnaire de projets au New York Times, a dit espérer qu’Arnold Schwarzenegger ne ferait pas la manchette trop souvent.

4096x4096-fit

Avec l’Apple Watch, le titre doit être suffisamment accrocheur pour donner envie à son propriétaire d’interrompre ce qu’il fait et d’aller lire l’histoire complète sur le web. Ce sera lui qui déterminera si cela vaut la peine d’aller plus loin que ce premier coup d’œil. Garcia parle du journalisme de la séduction comme du prochain grand défi de l’industrie.

Les applications de nouvelles

Les entreprises de presse ne semblent pas effarouchées par ce nouveau défi, si l’on en croit le nombre d’applications de nouvelles conçues pour l’Apple Watch. Parmi les 3000 applications en tous genres déjà offertes, plusieurs sont offertes par certaines d’entre elles : New York Times, Yahoo, CNN, NPR, Washington Post, Wall Street Journal, Los Angeles Times, Huffington Post, Buzzfeed, USA Today, The Guardian, The Globe and Mail, L’Express et, chez nous, nos collègues du réseau anglais CBC ont également la leur.

apple-watch-for-cbc-news

Le fait d’avoir ces applications sur notre poignet plutôt que dans notre poche vient aussi d’accélérer l’accès à l’information. Pour plusieurs médias, l’Apple Watch représente une nouvelle occasion plutôt qu’une contrainte. Ils pensent que les applications d’actualité sont très compatibles avec la montre.

C’est aussi l’avis de Josh Martin, directeur de la recherche chez Strategy Analytics. Selon lui, plusieurs catégories d’applications sous-utilisées sur les téléphones pourraient connaître leur heure de gloire sur la montre connectée. Plus que jamais, c’est l’heure de l’information mobile. La mobilité représente déjà la moitié du trafic de CNN. Un outil aussi près de la peau ne pouvait être qu’une bonne nouvelle.

L’espoir des médias

Selon Gilles Raymond, fondateur de l’application News Republic, si les utilisateurs regardent leur téléphone plus de 100 fois par jour, ils consulteront leur montre de 300 à 500 fois par jour. Le potentiel est donc immense.

Cela dit, il ne faut pas que la montre devienne une simple extension du téléphone. Le défi des médias sera double. Il ne faudra pas déranger l’utilisateur trop souvent avec des notifications tout en créant du contenu spécifique au média.

Je vous l’ai déjà dit et je le répète. Quelle époque fascinante pour les médias!

 

Martin LessardBiomimétique : des papillons-robots à Hanovre

par

 publié le 30 mars 2015 à 16 h 48

Ça vole comme un papillon, mais ce n’est pas un papillon.

C’est le robot eMotionButterflies volant librement dans un espace fermé.

Fabriqués par Festo, une firme allemande, ces robots seront présentés à la grande foire technologique de Hanovre, en Allemagne, dans environ deux semaines.

À les voir voler, on a l’impression que ces papillons relancent l’utopie qu’un jour des animaux et des insectes artificiels peupleront notre environnement.

Ces bestioles artificielles

La biomimétique est une branche de la robotique qui cherche à imiter le vivant. Cette approche cherche à reproduire artificiellement des propriétés essentielles d’un ou plusieurs systèmes biologiques qui existent dans la nature (et qui ont fait leurs preuves).

Festo présentera aussi ses fourmis collaboratives artificielles :

On remarquera dans les deux vidéos tout le travail effectué par la firme pour que ses insectes ressemblent le plus possible à leur modèle. C’est peut-être ce qui est le plus fascinant et le plus effrayant à la fois.

On est fasciné parce que cette ressemblance, cette familiarité, rend le robot tout de suite acceptable, sympathique, mignon.

On est aussi effrayé par la ressemblance, car elle donne l’impression que les chercheurs sont en train de recréer l’arche de Noé en format synthétique.

Femto est aussi la compagnie qui a créé des kangourous synthétiques présentés en 2014.

Darwinisme électronique

Regardez les dauphins de Festo évoluer dans cette piscine.

Et maintenant, regardez-les évoluer dans les airs (oui, oui, pourquoi pas?).

Ces deux robots biomimétiques datent de 2009.

Les papillons de 2015, sont d’une certaine façon, les descendants de ces dauphins, mais en plus petits.

La miniaturisation rapide laisse croire à une évolution accélérée des capacités de la robotique. Cela donne l’impression que ces papillons sont réellement autonomes, intelligents, comme des êtres vivants.

En fait, c’est un système centralisé (avec 12 caméras installées dans un hall) qui gère les papillons suivis à la trace par des lasers infrarouges.

Il serait trop lourd d’y ajouter des caméras ou des capteurs. Les papillons sont donc téléguidés par un système intelligent central.

Ces papillons ne sont pas près de s’envoler de leurs propres ailes dans la nature.

Même si on souhaite réellement avoir des robots autonomes, surtout de petite taille, il reste encore le terrible défaut de tous nos gadgets connectés : l’autonomie des batteries.

Ces papillons volent pendant 3 à 4 minutes, après une recharge complète de 15 minutes. Ils sont donc loin d’être autonomes.

Et si on souhaite pouvoir installer à bord une partie de l’intelligence du système, cela ajouterait trop de poids et demanderait encore plus d’énergie, plombant d’autant leur autonomie.

C’est une belle preuve que le concept est viable et une belle prouesse technologique. Mais les insectes 100 % synthétiques ne sont pas encore prêts à sortir du laboratoire.

La révolution biomimétique

La vraie innovation ne vient pas de ces copies parfaites d’insectes ou d’animaux, mais de copies de certaines parties d’entre eux.

Par exemple cette « langue ». Regardez comment elle manipule de façon incroyable les objets.

Gardez-la à l’oeil, celle-là. C’est le FlexShapeGripper de Fiesta qui sera aussi présenté à Hanovre.

C’est par ce type d’innovation que passera la vraie révolution biomimétique.

Préparons-nous donc à devoir ravaler notre fierté : nous serons un jour renvoyés des usines de manutention pour être remplacés par ces « langues ».

Maxime JohnsonLes défis d’Apple et de l’Apple Watch

par

 publié le 10 mars 2015 à 10 h 57

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Apple a dévoilé lundi à San Francisco les derniers détails de sa montre connectée Apple Watch, qui sera finalement vendue au Canada à partir du 24 avril entre 449 $ et 22 000 $. Si la montre se veut un accessoire prometteur, elle pose aussi de nombreux défis à Apple, qui devra même parfois adapter profondément ses habitudes à son nouveau gadget de luxe. Voici cinq de défis qui attendent Apple si l’entreprise veut donner toutes les chances à sa montre d’atteindre son plein potentiel.

Réinventer la façon d’acheter
OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Acheter une montre est un procédé long et complexe, puisqu’il faut essayer plusieurs modèles et plusieurs bracelets. Traditionnellement, il s’agit aussi d’une activité assez personnelle, qui se fait seule avec un vendeur, surtout dans le cas des montres plus chères.

Bref, si Apple veut proposer une bonne façon d’acheter sa montre, la compagnie se doit d’adapter ses boutiques Apple Store.

C’est ce que compte faire la compagnie, en installant notamment deux nouveaux types de tables dans ses boutiques, une vitrine qui montre tous les 34 modèles d’Apple Watch, et une table plus ouverte, où il sera possible d’essayer l’appareil.

Si le lancement de la montre à San Francisco est un bon indicateur de ce qui s’en vient, cela pourrait s’avérer assez rocambolesque, puisqu’il faudra souvent attendre longtemps et jouer des coudes pour mettre la montre à son poignet.

La compagnie devra certainement trouver un compromis réaliste entre une boutique grand public comme un Apple Store et la façon traditionnelle d’acheter une montre d’ici le lancement si elle veut que cela se fasse en douceur et que les consommateurs soient satisfaits.

S’ouvrir aux vendeurs d’accessoires
OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Apple n’a toujours pas annoncé quels seront les accessoires offerts avec l’Apple Watch. Pour l’instant, tout indique toutefois que l’Apple Watch sera un produit Apple d’un bout à l’autre, du moins à son lancement.

Considérant que certains bracelets d’Apple Watch se vendront pour la rondelette somme de 599 $, on peut imaginer pourquoi Apple hésite à céder ses ventes à des compagnies tierces.

Force est toutefois d’admettre qu’un écosystème riche, bénéficiant de l’apport de plusieurs compagnies, serait plus bénéfique à long terme pour le produit et qu’Apple devra certainement s’ouvrir aux vendeurs tiers un jour ou l’autre, mais sans pour autant diminuer la valeur et le prestige de sa montre.

Ici aussi, le juste milieu sera difficile à trouver.

Offrir un programme de remplacement
On achète une montre suisse pour la vie. Une Apple Watch Edition - la collection en or vendue de 13 000 $ à 22 000 $ -, elle, pourrait bien avoir une durée de vie de quelques années seulement, selon ce que l’on observe dans l’industrie mobile.

Voilà qui est, bien évidemment, insensé. Apple doit offrir un programme de remplacement pour ses montres de luxe, soit en remplaçant l’électronique des appareils par une version mise à jour, soit en offrant une montre neuve en échange d’un certain montant d’argent.

Pour l’instant, Apple n’a pas dévoilé de programme du genre, mais on espère que ce sera le cas dans les prochains mois, et ce, surtout pour l’Apple Watch Edition, mais aussi pour l’Apple Watch régulière.

Il s’agirait ici du changement le plus radical pour Apple, mais aussi du plus important.

Permettre la création de cadrans logiciels
Chaque montre Apple Watch est accompagnée d’un certain nombre de cadrans logiciels, qu’il est possible de choisir et de personnaliser selon son goût.

Ceux-ci sont assez jolis, mais leur quantité est quand même limitée.

Même si Apple n’a toujours rien annoncé en ce sens, elle pourrait certainement bénéficier de l’apport des développeurs ici aussi en lançant une boutique pour offrir de nouveaux cadrans.

Développer et encourager la création d’applications uniques
OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Pour l’instant, une seule application de l’Apple Watch est réellement innovante : Digital Touch, une fonctionnalité d’Apple qui permet d’interagir avec un autre propriétaire de montre.

On peut ainsi tapoter sa montre du doigt pour que l’autre ressente les mêmes tapotements, dessiner en direct ou même envoyer une représentation de son coeur qui suit son propre rythme cardiaque.

Il s’agit là d’un mode de communication unique et intime, qui pourrait rapidement s’intégrer aux habitudes des premiers propriétaires d’Apple Watch.

Si elle veut vendre le plus de montres connectées, Apple devra promouvoir ce genre de nouveautés, qui pourraient contribuer à justifier l’achat d’une montre connectée plutôt que celui d’une montre traditionnelle (car, après tout, notre téléphone permet déjà d’accomplir la majorité des fonctionnalités de l’Apple Watch).

Reste maintenant à voir si ces nouveautés feront partie des applications tierces des développeurs dès cette année, ou seulement après l’ajout de nouvelles fonctions matérielles dans les prochaines générations de l’Apple Watch.

Maxime JohnsonRéalité virtuelle : essai du HTC Vive

par

 publié le 4 mars 2015 à 14 h 12

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Après l’Oculus Rift de Facebook et le Projet Morpheus de Sony, la sortie d’un autre casque de réalité virtuelle d’importance vient d’être annoncé cette semaine au Mobile World Congress de Barcelone, le HTC Vive, né d’une collaboration entre le fabricant de téléphones HTC et le studio de jeux vidéo Valve. Après une brève mise à l’essai, celui-ci se positionne sans aucun doute parmi les meilleurs casques présentés jusqu’ici.

Visuellement, le HTC Vive rappelle Crescent Bay, le dernier prototype de l’Oculus Rift. L’appareil de HTC est quand même gros, mais léger, et il doit être relié par un câble HDMI à un ordinateur (Mac, PC ou Linux) pour être utilisé. Le Vive est doté de deux caméras (mais il ne devrait en rester qu’une seule sur le modèle final), ce qui devrait permettre au joueur d’avoir une certaine interaction avec le monde extérieur, même si celle-ci n’est pas encore clairement définie.

Positionnement et contrôleurs avancés
Le HTC Vive se démarque de trois façons par rapport aux autres casques qui ont été dévoilés jusqu’ici et que j’ai eu l’occasion d’essayer au cours des derniers mois.

Son angle de vue est tout d’abord saisissant, car il couvre tout notre champ de vision. Plusieurs casques nous imposent en effet une bande noire tout autour des yeux, ce qui n’est pas le cas ici. Notons au passage que la résolution de 1200 par 1080 pixels des deux écrans du casque n’est pas suffisante pour faire oublier leurs pixels, un problème qui est toutefois présent avec tous les casques de réalité virtuelle à venir.

C’est toutefois par son système de positionnement qui fonctionne dans l’ensemble d’une pièce que le HTC Vive se démarque réellement. Deux appareils au laser que l’on pose à ses extrémités (sur une étagère, par exemple) permettent en effet de calculer où sont les murs et le mobilier, et de suivre le joueur alors qu’il se promène avec le casque sur la tête.

L’Oculus Rift Crescent Bay permet également un tel positionnement, mais sur une distance beaucoup plus limitée.

Je doute, par contre, que HTC et Valve choisissent de vraiment nous faire marcher avec un gros casque sur la tête, relié par un fil à notre ordinateur, de surcroît. D’ailleurs, dans ma présentation au Mobile World Congress - dans une petite salle blanche cachée au coeur du kiosque de HTC -, j’ai même foncé par accident dans un mur (physique, et non virtuel!) à la fin de mon essai.

Toutefois, la technologie mise au point par Valve et HTC permet au moins de nous suivre efficacement, sans jamais nous perdre de vue, ce qui est moins évident avec les appareils dans lesquels le positionnement est plus limité.

L’autre élément qui démarque pour l’instant le HTC Vive de ses futurs concurrents est son système de contrôleurs sans fil. Il possède plutôt deux petites manettes ressemblant à un manche à balai d’avion que l’on tient dans les mains et qui sont dotées d’une gâchette pour l’index et d’un pavé tactile pour le pouce.

Non seulement ces manettes sont-elles précises et efficaces, mais elles sont aussi suivies au millimètre près par le système de positionnement. Malheureusement, il n’était pas possible de photographier les manettes, ni la salle dans laquelle la démonstration a eu lieu au Mobile World Congress.

Notons que le Projet Morpheus de Sony est doté de manettes un peu similaires, mais moins précises et sans pavé tactile, et qu’Oculus n’a toujours pas dévoilé quel contrôleur serait utilisé pour le Rift.

Le dessin en 3D se démarque
OLYMPUS DIGITAL CAMERA

J’ai eu l’occasion d’essayer trois versions de démonstration différentes avec le HTC Vive au Mobile World Congress. Il y en avait plus, mais comme HTC n’avait que deux casques sur place et que du retard avait été accumulé pendant la journée, les présentations étaient écourtées pour satisfaire le plus grand nombre de personnes possible.

La première nous place sous l’eau, sur la coque d’un bateau échoué (une thématique récurrente, que j’ai, étonnamment, eu l’occasion d’essayer avec pratiquement tous les casques de réalité virtuelle). Le but est ici surtout de voir jusqu’à quelle profondeur il est possible d’afficher des éléments (assez loin, mais pas énormément non plus).

Le deuxième casque est celui que j’ai préféré. Tilt Brush est un logiciel qui permet de faire des dessins en trois dimensions avec une superbe précision grâce aux manettes. C’est un peu comme si on était soi-même dans le logiciel Paint, mais avec une esthétique plus futuriste, à la Tron.

La précision au millimètre près des contrôleurs pourrait être améliorée pour un dessin de finition, mais elle est suffisante pour vraiment s’amuser et créer des oeuvres uniques.

Est-ce que le dessin en 3D pourrait être l’application qui fera exploser la popularité de la réalité virtuelle, cette killer app que l’industrie attend? Je n’en serais pas surpris. De toutes les démonstrations de réalité virtuelle que j’ai essayées au cours de la dernière année, celle-ci était de loin la plus convaincante et la plus amusante. Même étant nul en dessin, je pourrais m’imaginer créer des oeuvres dans Tilt Brush pendant des heures, de la même façon que peuvent le faire les amateurs de Minecraft, par exemple.

L’autre version en démonstration était finalement une sorte de film interactif humoristique, avec les personnages de la série Portal. Le résultat était amusant et bien fait, en plus de nous monter à quel point il est possible de bouger avec le HTC Vive, mais on aurait apprécié un peu plus d’interactivité.

Lancement cette année
OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le HTC Vive sera lancé au printemps pour les développeurs, et d’ici la fin de l’année pour le grand public.

C’est peut-être l’un des casques les plus encombrants, avec les deux appareils qu’il faut installer dans la pièce pour le positionnement et le fil que l’on doit relier à son ordinateur, mais il est aussi l’un des plus complets et des plus réussis.

Si on considère l’importance de Valve et de la plateforme Steam dans le monde du jeu vidéo, il est aussi en bonne position pour offrir beaucoup de contenu intéressant aux joueurs.

Espérons toutefois que Valve et HTC intègrent un système à leur appareil, d’ici le lancement, pour éviter à ces derniers de foncer dans les meubles!

Maxime JohnsonTest du Parrot Bebop Drone

par

 publié le 25 février 2015 à 12 h 20

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Les drones ont la cote, et l’entreprise française Parrot a été un joueur important dans la démocratisation de ces avions télécommandés. Le nouveau quadricoptère de la société, le Bebop Drone, se veut une version plus puissante et plus avancée de son populaire A.R. Drone. Il coûte plus cher, mais il est également bien plus amusant.

Le Bebop Drone se situe à mi-chemin entre un drone professionnel et un drone jouet.

Côté professionnel, le Bebop Drone offre des caractéristiques convaincantes, comme une hauteur maximale de 150 mètres, une portée de 250 mètres, un vol assez stable et une vitesse maximale impressionnante de 13 m/s. Il est toutefois un peu moins solide dans les airs qu’un véritable drone professionnel, surtout au vent, et sa caméra intégrée, bien que convenable, laisse un peu à désirer.

Côté jouet, le Bebop nous fait sentir instantanément comme un enfant de huit ans avec un cerf-volant, et sa bonne vitesse devrait même plaire aux amateurs d’adrénaline. Le maniement du Bebop est toutefois assez ardu, ce qui vous rappelle rapidement que ce n’est pas une babiole. Tout comme son prix élevé de 650 $, d’ailleurs.

Comment ça fonctionne
Bebop ipad

Le Bebop Drone est un drone léger de 400 grammes seulement. Dès qu’on l’allume, le Bebop crée un réseau wi-fi auquel il est ensuite possible de se brancher avec un téléphone ou une tablette. C’est avec l’application FreeFlight 3 de Parrot – la même que celle utilisée pour tous les autres drones de l’entreprise – que vous contrôlerez l’appareil.

L’application a ses forces et ses faiblesses, dont le fait qu’elle soit constamment une grosse publicité pour les appareils de Parrot. Une fois en mode télécommande, elle est toutefois assez polyvalente, offrant trois modes différents pour diriger le drone et la possibilité d’ajuster différents paramètres, comme la hauteur et la vitesse maximales.

bebop app

Une fois connecté au drone, il suffit d’appuyer sur un bouton pour le faire décoller (et le faire atterrir par la suite). L’application offre aussi quelques fonctionnalités supplémentaires, dont la possibilité de demander à l’appareil de retourner automatiquement à son point d’origine grâce à son GPS intégré.

Malheureusement, cette dernière fonctionnalité n’est pas toujours des plus efficaces. Le drone perd souvent contact avec les satellites GPS et, par conséquent, on ne peut plus s’en servir. De plus, il faut attendre le signal GPS avant de décoller, ce qui peut être un peu long. On peut aussi faire voler le Bebop Drone à l’intérieur, en lui installant des coussinets protecteurs. Mais pour l’apprécier pleinement, il faut l’utiliser dehors.

Autonomie
OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le Bebop est livré avec deux piles qui vous donnent une autonomie de vol d’environ 10 minutes chacune.

Au passage, notons que la pile est assez difficile à insérer dans l’appareil (il faut en fait tirer sur une petite ficelle pour faire sortir un gros câble du boîtier). Une fois que l’on comprend le principe – qui n’est mystérieusement pas expliqué dans les instructions -, c’est correct, mais ce n’est pas le procédé le plus évident, et au froid l’hiver, vous risquez de rager quand viendra le temps de la changer.

Malheureusement, les piles sont longues à recharger. Vous ne pourrez donc pas non plus en utiliser une pendant que l’autre recharge, et vous devrez limiter votre plaisir à 20 minutes à la fois.

Appareil photo
image

Outre les pirouettes aériennes, le Bebop Drone permet aussi de filmer des vidéos et de prendre des photos avec sa caméra grand-angle de type hypergone (fisheye) et son capteur de 14 mégapixels.

Ici, le succès est plus mitigé.

La caméra fonctionne bien, mais la qualité de l’image, elle, laisse un peu à désirer. Les photos peuvent être impressionnantes, surtout si vous êtes haut, mais elles ne sont jamais excessivement belles, même de proche. On est d’ailleurs assez loin de la qualité d’une GoPro ou même d’un téléphone intelligent haut de gamme moderne. C’est dommage.

On apprécie toutefois le grand angle de la caméra. L’image est bien sûr déformée par l’objectif hypergone, mais elle l’est moins qu’avec certains appareils. Notons que les photos prises pendant qu’on filme, c’est-à-dire la plupart du temps puisque le drone enregistre par défaut lorsqu’il est en vol, sont pour leur part au format 1080p. Il n’y a alors aucune déformation sur les côtés.

image 1080

Le Bebop Drone est doté d’une mémoire interne de 8 Go, soit une capacité suffisante pour vos 20 minutes de vol, mais guère plus. Il est donc important de vider sa mémoire (avec un ordinateur ou votre appareil mobile en mode wi-fi) après chaque séance si vous ne voulez pas manquer de mémoire plus tard, pendant une cascade impressionnante par exemple.

Surtout que si vous dépassez la limite, vous ne pourrez plus vous servir du transfert wi-fi et devrez alors absolument employer un ordinateur pour récupérer vos fichiers, ce qui est loin d’être pratique si vous êtes à l’extérieur.

Un mode de transfert sur clé USB, ou encore une fente pour charger une carte microSD, auraient certainement été appréciés.

Attendez-vous à vous écraser
OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le Bebop Drone est stable, mais sachez que vous vous écraserez certainement à l’occasion.

Lors de mon premier vol, l’appareil s’est arrêté brusquement, sans aucune raison, et est tombé de 4 mètres de haut, ce qui m’a d’ailleurs rendu beaucoup moins confiant quand j’ai voulu aller encore plus haut. Cela m’a aussi surtout rappelé l’importance de ne jamais voler au-dessus d’un endroit peuplé ou de la route.

Je l’ai monté jusqu’à environ 45 mètres. À cette hauteur, le drone reçoit la visite des oiseaux (vraiment), et la connexion entre l’appareil mobile et le drone n’est plus tout à fait fiable. Le signal vidéo fige et l’appareil ne répond plus toujours à nos commandes. Il est bon de noter que la descente est aussi beaucoup plus longue que la montée; vous devrez donc vous assurer que votre pile possède encore suffisamment d’autonomie.

Les raisons pour s’écraser sont variées. Même si ça ne m’est pas arrivé, je peux très bien imaginer quelqu’un faire foncer son drone par erreur dans un poteau ou un arbre. Aussi, le drone s’enfonce souvent dans la neige lorsqu’un coup de vent le pousse et qu’il vole à basse altitude.

Le Bebop Drone n’est d’ailleurs pas excessivement stable au vent, même s’il s’agit d’une faible brise. Il est alors encore plus difficile à contrôler qu’à l’habitude. Mieux vaut le sortir uniquement par beau temps.

Jusqu’à présent, le drone s’est toujours sorti indemne de ses chutes. Reste à voir si ce serait la même chose après deux ans de vol.

Amusant, mais imparfait
bebop fun

Le Bebop de Parrot est un excellent drone. Il est puissant et assez polyvalent pour permettre aux amateurs plus avancés de se laisser aller, mais aussi aux plus jeunes de s’amuser.

Il y a toutefois place à l’amélioration. Sa caméra est en deçà de la qualité qu’on aurait espérée, surtout si on avait un usage semi-professionnel en tête, et les instructions de Parrot pour profiter pleinement du drone sont déficientes.

Il a aussi les mêmes défauts que les autres drones similaires sur le marché, comme une autonomie limitée et un prix d’achat élevé, surtout considérant qu’il s’agit d’un appareil électronique qui termine ses vols la plupart du temps au sol, les quatre pattes en l’air.

Après 20 minutes de vol, un grand sourire aux lèvres, on n’a toutefois qu’une idée en tête : courir à la maison recharger les piles pour retourner jouer dehors le plus rapidement possible.