Billets classés sous la catégorie « Films »

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L’an dernier à pareille date (et ce n’est pas une approximation, c’était exactement le 23 décembre), je vous proposais trois films geeks méconnus pour occuper vos soirées du congé des Fêtes. Cette année, je réitère avec un nouveau trio, dont un titre parmi le lot semblera moins obscur aux yeux de certains. On laisse le thème de Noël de côté pour se concentrer sur la techno et les jeux vidéo.

Scott Pilgrim vs. The World (2010)

Tous les mordus de bandes dessinés connaissent bien la série du Canadien Bryan Lee O’Malley, dont l’adaptation cinématographique a été acclamée par les publications geeks. L’histoire se déroule à Toronto où un jeune bassiste de 22 ans, Scott Pilgrim (Michael Cera), tombe amoureux de la fille de ses rêves (littéralement) : Ramona Flowers (Mary Elizabeth Winstead). Bien qu’au début elle l’ignore, elle devient amoureuse à son tour et le condamne involontairement à devoir affronter ses 7 ex-petits amis maléfiques.

Dans ce monde fantaisiste, les combats sont extrêmes et tous les coups sont permis. Le vainqueur aura la vie sauve, le cœur de Ramona (car évidemment, tous ses exs sont toujours amoureux d’elle) et une poignée de change.

Le nombre de références geeks est pratiquement incalculable : la trame musicale parsemée de sonorités 8 bits, les clins d’oeil à une multitude de jeux (à commencer par l’intro de A Link to the Past), le lexique utilisé par le protagoniste… sans oublier les repères visuels et autres clins d’oeil amusants. Ce film transpire la geekitude. Quelqu’un que l’on sait geek qui ne retient que de la déception après avoir visionné ce film n’a pas d’âme.

Weird Science (1985)

L’informatique, c’est magique! On peut absolument tout faire avec un ordinateur, même sa propre créature de rêve. C’est du moins la thèse supportée dans cette comédie pour adolescent du réalisateur John Hugues, elle aussi inspirée d’une bande dessinée. Le concept de créer la femme idéale a été exploité en 1951 dans l’histoire nommée « Made of the Future » de la publication Weird Science.

Le film met en scène deux adolescents, Gary Wallace (Anthony Michael Hall) et Wyatt Donnelly (IIan Mitchell-Smith), qui sont sujets de moquerie à l’école et sans succès auprès des filles. En regardant le film Frankenstein, Gary a l’idée de créer une femme artificielle à l’aide de l’ordinateur de Wyatt. Le résultat est Lisa (Kelly LeBrock), une superbe jeune femme très intelligente, délurée et dotée de superpouvoirs.

Il s’agit d’un classique des films réalisés par Hugues, comprenant entre autres Ferris Buer’s Day Off et The Breakfast Club. Un incontournable, surtout pour ceux ayant un minimum de connaissances informatiques.

Explorers (1985)

Un autre exemple d’une surdose d’imagination d’Hollywood en début d’ère informatique. Ben Crandall (Ethan Hawke) est un jeune garçon obsédé par les extraterrestres. Une nuit, il rêve d’un gigantesque circuit imprimé. Avec l’aide de ses amis Wolfgang Müller (River Pheonix) et Darren Woods (Jason Presson), il parvient à reproduit le circuit en question et découvre qu’il sert à développer un champ de force. Grâce au génie de Woods, le trio parvient à construitre un vaisseau spatial et rendre visite aux extra-terrestres.

Le film est évidemment un peu tiré par les cheveux; on prétend que des enfants de l’école primaire ont la capacité technique de produit un engin spatial avec des pièces accumulés par le père de l’un d’entre eux (un peu inventeur, mais tout de même).

Encore une fois, un ordinateur plutôt archaïque aujourd’hui fera certainement sourire la plupart d’entre-vous.

Joyeux Noël

J’espère que cette sélection de films vous intrigue. Sur ce je vous souhaite un joyeux Noël. Nous serons de retour le 28 décembre…

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Depuis quelques années, le réalisateur Patrick Boivin gagne sa vie avec ses animations image par image et autres vidéos mises en ligne sur YouTube. Avec l’argent amassé, il se lance dans une nouvelle aventure : la mise en ligne du premier long métrage canadien produit pour une distribution Internet qu’il a coscénarisé et coréalisé. Le film Enfin l’automne sera en ligne le 4 septembre sur sa chaîne YouTube. Voici le parcours inhabituel d’un cinéaste passionné qui a su utiliser le web pour se faire connaître.

De YouTube à Pixar

Au départ, Patrick Boivin, un ancien de Phylactère cola, s’est inscrit sur le site de partage de vidéos pour attirer l’attention sur ce qu’il savait faire. Il voyait un avantage par rapport au rayonnement, un bon moyen de se faire connaître ailleurs dans le monde sans faire de compromis, en faisant ce qui le passionnait. Il ne faudrait pas croire qu’il n’était pas stratégique pour autant. Il a toujours pris soin de choisir les sujets populaires du moment (comme les personnages d’un film à grand déploiement dont la sortie était attendue, par exemple). Il a ainsi fait des vidéos avec Batman, le Joker, Iron Man, un « AT-AT Walker » de Star wars, etc. Ainsi, lorsque les gens cherchaient des vidéos en lien avec le film, ils tombaient parfois sur ses clips ou ils le remarquaient dans les vidéos similaires à droite. Plus sa chaîne est devenue populaire, plus les gens tombaient sur sa vidéo, plus on partageait ses vidéos (il a d’ailleurs toujours permis l’intégration sur les blogues). Il s’est ainsi créé une communauté.

YouTube lui a rapidement proposé de devenir partenaire. Concrètement, ça veut dire qu’en échange de publicité sur les pages de sa chaîne et au début de ses vidéos, YouTube lui remet 50 % des revenus provenant des publicités par CPM (coût par 1000 impressions ou pages vues). Certaines de ses vidéos ont été vues des millions de fois. Parmi ses plus populaires, Iron Man vs Bruce Lee a été vue près de 12 millions de fois, Iron Baby, mettant en vedette sa petite fille, 9,5 millions de fois, et la vidéo interactive Street Fighter, près de 9 millions de fois. Il a misé davantage sur la qualité que sur la quantité, il n’est donc pas parmi ceux qui font le plus d’argent avec leur chaîne YouTube, mais les redevances lui ont longtemps permis d’avoir un salaire équivalent à celui d’un emploi à temps plein (environ 3000 $ par mois).

Pour se protéger, il approche les fabricants des jouets qu’il aimerait utiliser pour ses créations et leur demande de les lui envoyer. Puisqu’ils acceptent, il serait étrange qu’ils reviennent contre lui en disant qu’il a utilisé leur personnage sans leur accord. Au fond, avec la qualité et la popularité de ses petits films image par image, c’est aussi avantageux pour eux.

Faire des vidéos pour YouTube a permis à Patrick Boivin de bien vivre en faisant ce qu’il aimait. Ça lui a surtout donné ce qu’il souhaitait : des contrats dans son domaine d’expertise. Il a commencé à recevoir des appels d’un peu partout, d’Hollywood à l’Europe, en passant par Banff. C’est ainsi qu’il a commencé à faire des contrats pour Lego, Disney et Pixar. Il a également réalisé des vidéoclips d’Iggy Pop et d’Indochine. Étant trop occupé avec une pub de Google, il a été contraint de refuser la réalisation d’un clip de Coldplay, puis récemment, son travail avec Lego l’a obligé à refuser de faire celui de Black Eyed Peas. La rançon de la gloire.

Un long métrage produit pour YouTube

Les acteurs Louis Tremblay et Christine Beaulieu

Il a commencé à travailler sur son long métrage avec Olivier Roberge il y a quatre ans en se disant que s’il n’était pas financé, il pourrait le faire quand même. Le film, Enfin l’automne, a été refusé par les institutions et les commentaires les ont découragés. « Le sujet représentait ce qu’Olivier et moi étions il y a quelques années, explique Patrick Boivin. On n’avait pas envie de faire trop de compromis. J’avais la tribune. Alors, on a décidé de se lancer. »


Olivier Roberge et Patrick Boivin ont coscénarisé et coréalisé ce qu’ils décrivent comme « une chronique urbaine de la beauté ordinaire qui raconte l’histoire d’un triangle inhabituel entre la vie quotidienne, la quête d’amour sincère et le rôle primordial de l’amitié ». Patrick est également responsable de l’image et du montage. Il a tourné avec une Canon 5D, pratiquement sans éclairage. Un perchiste et quelques comédiens ont accepté de participer bénévolement à l’aventure. Ils ont ainsi tourné pendant plusieurs semaines, quelques heures seulement par jour, lorsque l’équipe avait des disponibilités communes. Sans devoir verser un salaire à quiconque, ils ont réussi à le faire avec un budget de 45 000 $, argent qui vient, en partie, des redevances YouTube et de ses contrats avec Lego.

Sa popularité lui a permis de monter une trame sonore impressionnante. Les artistes ont accepté de participer au film gratuitement puisque la popularité de Patrick sur Internet leur permettra de se faire connaître d’un nouveau public, leur site Internet sera en lien dans la description du film. « Il y a trois ou quatre ans, les groupes de musique ne m’auraient pas répondu. Avoir une communauté m’a permis d’avoir quelque chose à leur proposer en échange de leur participation », dit-il, fier de pouvoir compter sur l’appui de Misteur Valaire, de Timber Timbre, Ricky Eat Acid, Magic Man, Foxes in Fiction, House Gobble Gobble et Optimist Park.

Les deux amis ont pu faire à leur tête sans avoir des comptes à rendre. Mais sur Internet, il y a quand même certaines règles sur la nudité ou la violence à respecter. « Notre seul compromis a été de choisir de ne mettre aucune nudité. Il y a une scène dans la douche et on a choisi une prise où l’on ne voyait pas le sein. » Son film aurait pu être sur YouTube quand même, mais il aurait été ainsi réservé aux abonnés du site de partage vidéo. Comme plusieurs utilisateurs préfèrent ne pas s’inscrire même si c’est gratuit, il se serait coupé de plusieurs personnes et de toute les intégrations sur les blogues.

Ceci dit, il tient à préciser que ce n’est pas un modèle à suivre. « Ce n’est pas une nouvelle façon de faire du cinéma. Au contraire. Dans les faits, ça ne se fait pas. » Personne n’a eu de salaire. Pour cette raison, il va indiquer lors de la mise en ligne ne pas vouloir de publicité sur cette vidéo (donc pas de revenu possible selon le CPM). « Ça n’aurait pas été juste pour tous ceux qui ont accepté de participer au projet gratuitement et ça aurait été bien de la gestion. » De toute façon, il est conscient que son film ne pourra attirer autant de monde que ses clips précédents. Le fait de le mettre sur son compte lui permet deux choses : jouir de son nombre d’abonnés et téléverser un fichier de 20 G, un privilège réservé aux partenaires.

Même s’il souhaite faire ses prochains films dans de meilleures conditions, il considère que l’industrie cinématographique doit aussi s’ajuster à la révolution numérique et que c’est un nouveau modèle de distribution à explorer. « Il n’y a pas encore de marché pour la distribution web. Ça reste à construire. On expérimente. Les gens pourront regarder le film de partout dans le monde, sur leur ordinateur, leur appareil mobile ou leur télévision. Le film sera d’ailleurs en qualité Blu-Ray. » Il espère que plusieurs de ses abonnés seront curieux et aimeront son film, même si ça ne correspond pas à son style habituel.

On attribue la première distribution exclusive pour Internet à Girl walks into a bar, un film américain réalisé par Sebastián Gutiérrez, avec un budget d’un million de dollars. Plus de 450 000 personnes ont vu le film sur YouTube Screening, malheureusement géobloqué (uniquement accessible aux États-Unis).

Enfin l’automne est pour sa part le premier long métrage canadien produit pour une distribution Internet. Présenté en primeur au festival Off-Courts de Trouville le 4 septembre, il sera en ligne quelques minutes après la fin de la projection en France à cette adresse : youtube.com/user/PatrickBoivin

La bande-annonce :

 

Divers projets de longs métrages dont un aux États-Unis

Ce n’est pas parce que son premier film n’a pas été accepté par les institutions que Patrick Boivin leur tourne le dos. Il a reçu du financement pour son prochain long métrage qu’il va faire le printemps prochain (pour une sortie à l’été 2013). Martin Dubreuil et Antoine Bertrand interpréteront deux soldats pris dans le nord.

Il va aussi tourner l’été prochain un film financé par Open Film, une plateforme de courts métrages. Il a gagné un concours qui permettait à un réalisateur d’avoir le financement pour transformer son court en long. C’est ainsi que Patrick Boivin va tourner son premier long métrage américain l’été prochain. Open Film planifie une sortie en salle et sur le web.

Avec Olivier Roberge, il développe également un film avec Niv Fichman (le producteur des films Le violon rouge et Soie).

Trop occupé avec ses contrats, il entretient un peu moins son compte YouTube, mais il n’a pas l’intention d’arrêter de produire les courts clips qui l’ont fait connaître. Il travaille donc sur le prochain clip. L’important pour Patrick Boivin est d’arriver à se réinventer constamment.

 

Enfin l’automne

Un fim d’Olivier Roberge et Patrick Boivin.

Avec Christine Beaulieu, Louis Tremblay, Jacques Laroche, Dean Hagopian, Marie-Hélène Gendreau, Martin Dubreuil, Philémon Pelletier, Steve Landry, Pénélope Landry, Benoît Saint-Hilaire et Marguerite Bulté Boivin.

Prise de son et mixage sonore : Cyril Bourseaux

Mix sonore : Alexis Lemay

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Dernièrement, j’ai écouté quelques Blu-Ray de la pile « achetés depuis un moment, mais encore dans leur emballage », et j’ai remarqué que la plupart présentaient plusieurs bandes-annonces avant le début du film, même sur ceux provenant de coffrets pour collectionneurs. Sur certains, je ne pouvais même pas les avancer.

Je n’ai rien contre les bandes-annonces. Au cinéma, je m’assure toujours d’arriver à temps pour ne pas les manquer. Ça me permet de choisir les prochains films que j’irai voir au cinéma. Quand je loue un film, ça ne me dérange pas non plus. Habituellement, je loue, car je sais que c’est un film à consommation rapide que je n’aurai pas le goût de garder.

Et d’ailleurs, pourquoi nous met-on des bandes-annonces de superproductions précédant les films à gros budgets et des bandes-annonces de films indépendants ou étrangers uniquement devant ce genre de films? Tant qu’à nous obliger à regarder des bandes-annonces, pourquoi ne pas en profiter pour faire connaître des films qui n’ont pas joui du même tapage publicitaire que les gros films commerciaux?

Pirate contre acheteurs

Quand j’achète un film, c’est que je l’ai aimé (habituellement, je l’ai même déjà vu au cinéma) et que j’ai décidé de l’acheter pour ma collection. Pour le revoir maintenant, dans quelques années ou pour le montrer à mes futurs enfants. Alors, pourquoi me mettre des bandes-annonces? Lorsque je déciderai de le revoir, disons dans 10 ans, ces films ne seront plus d’actualité. Et s’ils sont bons et en valent la peine, je les aurai déjà dans ma collection. En plus, je suis une bonne cliente. J’achète des films au plein prix sans pirater. Alors, pourquoi me mettre non seulement des avertissements contre le piratage (euh, je viens de l’acheter merci), me mettre une publicité sur la qualité des films Blu-Ray (j’en suis consciente, car j’ai justement acheté un film de ce format) et en plus me mettre des bandes-annonces? Je le répète : j’ai acheté ce film pour ma collection. Sinon, pourquoi l’achèterais-je au lieu de le louer?

Si j’achète une version numérique, je n’ai aucune publicité, et c’est souvent moins cher (mais je n’ai habituellement pas les extra). Si j’ai une copie piratée, je n’aurai pas à subir toute cette introduction. Lorsque je me suis exprimée à ce sujet sur Twitter, plusieurs personnes m’ont rappelé cette infographie qui avait fait le tour du web en février 2010.

* Je ne sais pas à qui revient le crédit de cette image qui a fait le tour du web, mais l’originale semble venir d’imgur.com (cliquez ici pour voir ce qui semble l’original en plus grand format).

Je n’ai pas l’intention de commencer à pirater mes films pour autant. Mais je me demande pourquoi c’est l’acheteur – et donc possiblement le collectionneur et celui qui dépense le plus d’argent dans cette industrie –, qui doit se taper toute cette introduction qui ne finit plus. Pourquoi les acheteurs ne sont-ils pas davantage respectés? Pourquoi punit-on uniquement les mauvais comportements au lieu d’encourager et de récompenser les bons?

Je m’imagine une compagnie de disques mettre la publicité de son nouveau poulain avant la première chanson d’un disque. Ce serait complètement ridicule. Alors, pourquoi le fait-on pour les films?

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Hier avait lieu le lancement de la plateforme Internet RCI Vision, un répertoire trilingue (anglais, français et espagnol) des films et vidéos de Radio Canada International (RCI), également ouvert au contenu généré par les utilisateurs. Sa mission : « Présenter des courts métrages, reportages, essais, fictions, portraits et documentaires réalisés autour de la thématique des cultures croisées, pour rapprocher les gens et les continents et en apprendre plus sur le Canada et sa diversité. »

Les productions de RCI

Un peu à la façon de Tou.tv, on trouve d’abord toutes les productions mises en ligne par RCI. Que ce soit les centaines de vidéos réalisées par RCI au cours des dernières années sur le thème « cultures croisées », les films présentés à l’un ou l’autre de leurs concours de création média ou les webséries maison. RCI a également demandé les droits sur des œuvres provenant de réalisateurs, de professionnels et d’amateurs d’un peu partout dans le monde. La réponse a été au-delà de leur espérance. Pour une question de droits, il ne sera donc pas possible de faire une intégration (embedded) sur Facebook ou sur un blogue, mais on pourra partager les vidéos que l’on aime en envoyant une URL directe. Les vidéos provenant des concours, les webséries et les émissions sont également regroupées dans la section « Séries ».

RCI va produire de plus en plus pour le web. De nouveaux concours faisant appel à la créativité des gens devraient aussi être lancés. On n’exclut pas les possibilités de coproduction et on réfléchit aux possibilités de diffuser du contenu en direct à la manière de Ustream. Le succès de la nouvelle plateforme sera déterminant pour la suite.

Section « Passeport international » : le contenu généré par les utilisateurs

Cette section a été calquée sur les sites de partage de vidéos comme YouTube. Parce que les gens ont de plus en plus les moyens de filmer et de faire du montage vidéo, la section permet à tous les vidéastes, professionnels et amateurs, de télécharger leurs œuvres sur le site. Il suffit de s’inscrire et de remplir les informations demandées (titre, sous-titre, description, mots-clés, date de production ainsi que la ville et le pays du tournage). On peut accepter ou refuser les commentaires, le classement par étoiles et l’intégration (embedded) sur les sites externes.

RCI se réserve le droit de refuser les vidéos. En effet, toutes les vidéos soumises, tout comme les commentaires, seront modérées. « Ne téléverse pas qui veut lorsqu’il le veut », nous a-t-on dit lors de la conférence de presse. Toutes les vidéos seront regardées, peu importe la langue d’origine. Le contenu doit respecter la ligne éditoriale, qui est « une carte blanche offerte par Radio Canada International, le canal où les internautes du monde entier s’expriment dans la facture de leur choix et dans tous les formats sur le concept des cultures croisées. C’est votre canal de diffusion et d’échanges. Téléversez vos films, courts métrages, reportages, fictions, webdocumentaires, portraits de villes, idéalement sur des thématiques qui touchent la diversité, la démocratie, la participation citoyenne, l’identité, vos racines, la culture, l’environnement, les métissages, l’exclusion, le déracinement, les migrations ou la politique. »

Les productions RCI peuvent être regardées en format standard ou en HD, au choix. Pour la section « Passeport international », on doit écouter les vidéos dans le format téléchargé uniquement. Les films sont présentés dans leur langue d’origine (avec sous-titres lorsque offerts). La section publique est quant à elle ouverte à toutes les langues, les vidéos ne doivent pas nécessairement avoir été réalisées dans une des trois langues de la plateforme. On choisit les vidéos à regarder en indiquant la langue voulue, puis en fouillant parmi les vidéos les plus vues, celles ajoutées récemment ou encore celles choisies par la rédaction.

J’aime beaucoup l’initiative et j’y ai déjà découvert quelques petits bijoux. Je trouve toutefois que la recherche manque de précision. Le répertoire aurait avantage à permettre une recherche détaillée. A-t-on envie de regarder une fiction, un documentaire ou un court film d’animation? Sur quel thème? Alors qu’on peut voir la liste des séries accessibles ou chercher par mot-clés parmi les productions mises en ligne par RCI, il est plutôt difficile de choisir parmi les vidéos des utilisateurs qui se retrouvent pêle-mêle.

Des versions mobiles pour iPod, iPhone, Android et iPad sont disponibles.

Vision.RCInet.ca

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Cette semaine, la revue spécialisée Le Film Français, tel que rapporté par AlloCiné, sortait en exclusivité une nouvelle concernant Ubisoft. Le développeur et éditeur de jeux vidéo lance son studio de cinéma : Ubisoft Motion Pictures.

À la tête de ce studio, on trouve Jean-Julien Baronnet, l’ancien directeur général d’EuropaCorp, le studio de cinéma fondé par Luc Besson. La production et le développement sont sous la responsabilité de Didier Lupfer, le producteur du film Gainsbourg  vie héroïque. Le marketing et la distribution sont quant à eux pris en charge par Jean de Rivière, un ancien de Disney.

Ubisoft Montréal n’a pas voulu commenter la nouvelle, me répondant qu’« en ce qui concerne Ubisoft Motion Pictures, toute l’information sur le sujet est dans l’article paru vendredi dernier dans Le Film Français. On n’a pas plus de détails et il n’y aura pas de communiqué à cet effet non plus. »

On peut tout de même s’attendre à ce qu’Ubisoft Montréal (le plus gros studio de la compagnie française) collabore avec la section cinéma. C’est ici que la compagnie a d’abord mentionné son intérêt pour le cinéma lors de son achat du studio montréalais d’effets visuels numériques Hybride Technologies, qui a travaillé sur des superproductions telles que 300, Sin City, Predators et Avatar. Après cette acquisition, Hybride avait été mandaté pour la création du court métrage Assassin’s Creed lineage (scénarisé par William Reymond et réalisé par Yves Simoneau).

Pour promouvoir les sorties d’Assassin’s Creed 2 et de Brotherhood (des jeux développés à Montréal), Ubisoft n’a pas lésiné sur le transmédia. Tel que je le mentionnais dans mon article Le transmédia, c’est quoi? « Entre les sorties des différents titres, la compagnie a fait paraître des romans graphiques, des jeux, des applications Facebook, un roman, des bandes dessinées, Lineage, un court métrage de 36 minutes (sorti en 3 parties sur YouTube) et Ascendance, un court métrage d’animation ». Tous ces dérivés permettaient de situer les nouveaux personnages et l’univers des jeux à venir. Ils sont des œuvres d’Ubi Workshop, un département dédié aux créations transmédia. Les employés proviennent pour la plupart des départements marketing et relations de presse du studio. L’équipe transmédia est aussi derrière une webtélé pour attirer de nouveaux employés, un blogue et l’exposition Assassin’s Creed présentée dernièrement à la Galerie Yves Laroche.

Trois longs métrages et une série télé

La franchise Assassin’s Creed (avec trois titres principaux) s’est écoulée à 28 millions d’unités dans le monde, selon les informations publiées par Ubisoft sur son site corporatif. La fresque historique parsemée de science-fiction aurait intéressé certains producteurs américains, mais Ubisoft a préféré garder ses droits. On comprend maintenant pourquoi. On peut donc s’attendre qu’un long métrage Assassin’s Creed soit un des premiers projets du nouveau studio cinéma.

Selon AlloCiné, les autres projets pour le cinéma pourraient être des aventures de Tom Clancy, soit les franchises des jeux Splinter Cell (22 millions de copies vendues) et Ghost Recon (18 millions de copies vendues). Notons qu’un court métrage pour promouvoir le nouveau titre de la franchise Ghost Recon est en développement par les créateurs de Logorama (qui a remporté l’Oscar du meilleur court métrage en 2010).

Le studio devra aussi décider du meilleur format pour l’adaptation de ses titres. C’est ainsi que Les Lapins Crétins devraient se retrouver quant à eux au petit écran. Ce dernier projet se ferait en association avec le studio Aardman (Wallace & Gromit).

Selon ce que je comprends, les productions seront conçues dans une idée de transmédia. On ne devrait donc pas adapter simplement l’histoire d’un jeu, mais plutôt écrire un tout nouveau scénario se déroulant dans le même univers. Les productions pourront ainsi promouvoir les titres à venir (et les jeux pourront promouvoir les films). Le défi sera évidemment de créer des histoires pouvant intéresser autant les joueurs que ceux qui ne connaissent pas la série.

En se chargeant de la production et de la distribution de ses oeuvres, Ubisoft garde un plus grand contrôle sur le contenu, mais surtout, la compagnie peut elle-même investir des dizaines de millions de dollars dans ses projets… et garder les profits. Comme le mentionne le magazine Wired, une bonne raison de se lancer dans cette aventure est aussi de diversifier la provenance de ses profits. Malgré les mauvaises critiques, l’adaptation cinématographique de Prince of Persia (Ubisoft avait vendu les droits d’adaptation à Disney), mettant en vedette Jake Gyllenhaal, a rapporté plus de 335 millions alors que le film a coûté 200 millions.

Avec un studio de jeux comme producteur et distributeur, peut-on enfin s’attendre à des adaptations cinématographiques de jeux vidéo réussies? L’avenir nous le dira.