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Autrefois réservée aux animateurs patients et minutieux, l’animation image par image est maintenant à la portée de tous, surtout avec l’application iPad StopMo Studio, lancée aujourd’hui par l’Office national du film (ONF).

StopMo Studio est en fait une refonte majeure de l’application Pixstop, lancée par l’ONF il y a quelques années. Si la première version de l’application était simple et conçue surtout pour les jeunes, la mise à jour est beaucoup plus complète, avec de nombreuses fonctions avancées qui pourront même répondre aux besoins des utilisateurs plus expérimentés.

« Nous avons eu l’aide d’animateurs professionnels de l’ONF qui nous ont donné des conseils pour améliorer l’application tout au long de son développement », explique Matthieu Stréliski, directeur, développement des plateformes, à l’ONF.

Comment ça marche?
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À sa plus simple expression, StopMo Studio permet de prendre des photos avec son iPad et d’en tirer automatiquement un film d’animation.

Selon le dévouement de l’utilisateur, celui-ci peut ensuite ajuster la quantité d’images par seconde du film, superposer des images afin que le mouvement soit le plus fluide possible, importer des images externes, tourner des films en accéléré, ajouter des intertitres, etc.

Il est aussi possible d’enregistrer du son, d’ajouter de la musique et d’insérer des effets sonores tirés d’une banque de l’ONF. Quatre pistes sont offertes pour ceux qui désirent effectuer un certain montage audio.

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L’application est vraiment facile d’utilisation, mais aussi suffisamment complexe pour permettre de créer des films intéressants.

L’auteur de ces lignes a d’ailleurs créé son premier film – Un amour old fashioned, l’histoire d’un échec amoureux entre un scotch hautain et un amer aromatique déçu – en huit minutes seulement. Le film en question était toutefois plus un gage de la simplicité StopMo Studio que de son potentiel.

Pour montrer qu’il est possible de créer de petits bijoux avec l’application, l’ONF a demandé à l’animateur Patrick Bouchard de créer un court métrage d’animation, qui est bien plus convaincant :

StopMo Studio – Patrick Bouchard de Office national du film sur Vimeo.

StopMo Studio est offerte dans l’App Store d’Apple dès aujourd’hui pour 0,99 $, mais son prix devrait monter à 3,99 $. « L’application qu’on achète est complète, il n’y a pas d’achats intégrés pour débloquer des fonctions ensuite », précise toutefois Matthieu Stréliski.

StopMo Studio n’est pas la seule application du genre dans l’App Store, mais elle est certainement l’une des plus achevées, surtout si l’on considère son prix de vente.

Une version Android prévue
StopMo Studio est pour l’instant compatible avec iOS seulement, mais une version Android est déjà prévue. « On travaille là-dessus actuellement, nous rassure Matthieu Stréliski. La communauté Android est très importante, on doit offrir les deux. »

L’ONF a aussi d’autres plans pour StopMo Studio. « Nous avons des idées pour continuer le développement de l’application, mais nous allons attendre de voir quel usage les gens en font pour décider de la direction à prendre », explique le directeur.

En attendant, ceux qui souhaitent télécharger StopMo Studio peuvent le faire à partir de l’App Store directement.

Dans une recommandation au gouvernement australien, qui a été révélée ce matin par le site TorrentFreak, Google prévient les élus que toutes mesures antipiratage draconiennes pourraient s’avérer contre-productives (document original).

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À la place, propose Google, le gouvernement australien devrait promouvoir de nouveaux modèles d’affaires. Le piratage en ligne existe, dit Google, parce qu’il y a un problème de disponibilité des contenus légaux. Rendez accessibles les contenus légaux, à un coût raisonnable, et le téléchargement illégal devrait se tarir.

Dans ce sens, suggère Google, il est plus profitable pour un gouvernement d’encourager les nouveaux modèles d’affaires que de monter un programme répressif.

Le cas de la France

En France, un tel programme répressif s’est avéré inefficace. Le programme Hadopi (8,5 millions d’euros en 2013) a envoyé un million de courriels d’avertissements aux internautes qui auraient téléchargé illégalement des contenus. Plus de 140 000 lettres recommandées (à 4,19 euros/pièce) ont aussi été envoyées.

De tout ça,  ce sont entre 20 et 30 dossiers qui ont été examinés. Une seule personne a été condamnée (à une peine d’amende de 150 euros).

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La voie de la répression n’est pas la moins coûteuse.

Un chantier pour occuper l’espace

Un chantier spécifiquement sur le droit d’auteur, comme prévu dans le plan stratégique culturel québécois déposé la semaine dernière, réfléchira à la façon d’occuper l’espace avec une offre numérique, selon des paramètres à déterminer.

Ce chantier sur le droit d’auteur sert à créer un lieu de concertation pour « proposer des solutions visant au respect du droit d’auteur en matière de diffusion dans l’univers numérique ».

Il est donc intéressant d’être à l’écoute de ce qui se fait ailleurs. Car emprunter une voie qui viserait à occuper l’espace par une surveillance des gens ne me semble pas une façon de se projeter correctement dans l’avenir.

Un chantier pour « occuper l’espace numérique » avec les contenus québécois doit développer les conditions pour qu’ils soient avant tout accessibles et à bon prix.

Le ministère de la Culture et des Communications du Québec a annoncé lundi sa stratégie culturelle numérique (PDF).

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Cette stratégie laisse grande place aux recommandations stratégiques pour le virage numérique de l’industrie culturelle québécoise déposées par la SODEC en 2011. Ces recommandations, que j’ai eu l’honneur de rédiger avec des membres de la SODEC, découlaient des multiples rencontres avec les gens de l’industrie culturelle en 2010 et en 2011.

Un constat inéluctable s’imposait : un contenu culturel qui n’est ni numérisé, ni diffusé en ligne, ni accessible sur les moteurs de recherches, ni agrégé par des sites ou sur les réseaux sociaux est un contenu qui n’existe pas aux yeux des consommateurs.

Le retard dans les pratiques numériques réduit la capacité des entreprises culturelles québécoises à faire concurrence à l’offre étrangère omniprésente.

Avec tout le talent qu’il y a ici, comment se fait-il que ce soit des Cyprien de France, des Netflix des États-Unis, des iPlayers de la BBC, des Opéras du Met diffusés en direct dans les cinémas d’ici qui se retrouvent à occuper notre temps de cerveau?

Ce n’est pas un problème de talent, mais de rayonnement. Il s’agit donc de se donner les moyens de conquérir l’espace numérique.

Pour occuper l’espace numérique

Dans la synthèse rédigée avec  la SODEC, nous avions proposé trois chantiers : un pour combler le retard, un pour soutenir les forces en place, et un autre pour innover et se tourner vers l’avenir.

Chaque chantier était traversé des trois axes d’interventions : enrichir l’offre de contenu, accroître la visibilité des contenus et offrir des incitatifs propices au développement du numérique.

Je ne peux que constater que le gouvernement a suivi la même approche et le milieu culturel québécois doit être aujourd’hui satisfait que leurs requêtes soient ainsi bien encadrées.

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De ce cadre de référence, je retiens deux points qui me tiennent à cœur.

La culture doit passer par le numérique

Numériser l’offre culturelle existante, c’est l’ouvrir à sa circulation en ligne. Les trésors culturels du passé et du présent doivent être rendus accessibles sur les nouveaux canaux. Ce qui implique de repenser certaines méthodes et  modèles d’affaires.

Par exemple :

  • Série noire traîne de la patte dans les cotes d’écoute à la télé? Pourquoi ne pas avoir téléchargé toute la série d’un coup sur Tout.tv? Netflix l’a fait pour House of Cards et la série se porte très bien.
  • Une production théâtrale ou une performance artistique pourrait être vue partout au Québec dans les salles de cinéma rajeunies pour l’occasion. Comme disait Monique Savoie de la SAT, c’est le début de la « démontréalisation » de la culture.

Favoriser une culture numérique

Pour favoriser des pratiques émergentes et inédites, il faut encourager la collaboration entre les acteurs de la chaîne et le transfert de connaissance. Il est impératif de réussir à sortir du carcan traditionnel du chacun pour soi.

Je proposais à l’époque l’idée d’un SODEC Lab (l’expression n’a pas été retenue) qui serait un pôle d’innovation pour expérimenter. L’idée, tirée de la culture web, consiste à brasser les savoir-faire et susciter la concertation, de façon à générer des projets collaboratifs plutôt que concurrentiels (c’est le point 3c du cadre stratégique actuel).

Ce « laboratoire » associait toute subvention ou aide à la condition expresse que les mandataires reviennent impérativement partager leur expérience et leur savoir sous forme de document et de présentation ouverte à tous.

Ce niveau de détail est évidemment trop tactique pour être intégré dans le plan stratégique du ministère, mais il donne bien le ton : les leviers qui permettront au Québec de développer une économie du savoir basée sur la créativité passent par toute la population.

IRON-MAN-3-JEFF-GOLDMSITH-Le phénomène du héros de bande dessinée, magnifié par des pouvoirs surnaturels ou par une science qui dépasse l’entendement fait rêver. Cette année, l’homme de fer, Iron Man 3, figure parmi les films nommés pour les meilleurs effets spéciaux à la cérémonie des Oscars. Verra-t-on le jour où il suffira d’un costume high-tech pour transformer un humain en réel Iron Man?

Une réalité qui est plus près qu’elle ne le paraît

Ariel Williams, auteur et rêveur, s’est penché sur la question et a rédigé sur Quora (le réseau social des questions et réponses) un texte qui a été repris par les médias en ligne, dont Forbes. Alors, il arrive ce costume de métal flexible qui donnerait à celui qui le revêtirait puissance, protection et armes intégrées? Si on ne parle que de cet aspect, il semble que oui. Ce n’est pas surprenant, quand on pense que Wired mettait l’accent, dans son numéro de début d’année, sur des matériaux comme le caoutchouc qui se régénère et le métal liquide, dit T 1000, en l’honneur du Terminator dont les molécules de métal pouvaient se ressouder.

Mais dès que l’on aborde les pouvoirs surnaturels d’Iron Man, censément redevables au génie scientifique du personnage, comme la capacité de voler, le pouvoir de l’énergie nucléaire propre qui fait battre son cœur ou les faisceaux répulsifs… Non seulement on attendra plus longtemps, mais il est fort possible, observe Williams, que ces inventions ne voient pas le jour au cours de notre ère. Dans son texte, Ariel Williams explique que si on se fie à la version des bandes dessinées plutôt qu’à celle des films, on est encore plus loin des possibilités scientifiques : par exemple, un costume fait de nanoparticules qui se répare lui-même et peu générer n’importe quelle arme en un tournemain.

Mais où en est vraiment la science?

La question du vol en triture plusieurs. Un pareil costume qui permettrait de voler n’est pas concevable. Surtout en raison des micro-fusées qui assureraient la propulsion, tout comme les fameux faisceaux répulsifs qui sortent pratiquement de nulle part. Ariel Williams a trouvé des exemples de recherche scientifique qui montrent bien que sur de nombreux aspects, nous sommes sur le point de défier l’imaginaire des films de science-fiction.

Clark Greg, acteur de Iron Man 2, fait la démonstration d’un exosquelette, ce qui se rapproche le plus en ce moment d’un costume de superhéros.

Lorsqu’il est question de voler, le Jet Pack 5000 est muni des plus petits réacteurs offerts sur le marché. Ceux qui ont la foi, ou qui croient à l’accélération des techno-sciences telle que décrite par Jean-François Lyotard dans La condition postmoderne, peuvent croire que dans quelques années, ce harnais à réacteurs sera encore plus petit.

Que dire de cette vidéo qui oppose Yves Rossy, dit Jetman, au Jet Team de Breitling?

Ariel Williams conclut que oui, il pourrait y avoir un costume d’Iron Man dans quelque 15 ans, si on accepte qu’il ressemblera plus aux prototypes d’exosquelettes présentés ici. Cela dit, on peut imaginer les possibilités militaires de ces équipements… ce qui accélérera certainement leur développement.

Et, à mon humble avis, avec la tendance des drones et les développements de la robotique, Iron Man sera peut-être assis bien confortablement chez lui faisant agir son alter ego superpuissant à distance comme dans un jeu vidéo…

Martin LessardLa technologie 2014 vue d’Hollywood

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 publié le 7 février 2014 à 10 h 49

Hollywood, ça n’aura échappé à personne, fonctionne comme le vecteur principal par lequel sont diffusés des « idéaux » (l’hétérosexualité et la famille, l’amour et la romance, le capitalisme et le libéralisme, l’individualité et l’éthique religieuse, etc.), idéaux auxquels il faut se conformer. Pensez aux histoires de Disney (comme Maleficent, qui sortira cette année).

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En science-fiction, Hollywood prépare les esprits en nous présentant un futur où la technologie est omniprésente. Tous ces Transformers, Iron man et autres superhéros ne sont rien sans l’immense pouvoir que leur procure la technologie, pouvoir qui aurait été, en d’autres temps, ceux de la magie.

Mais quand les scénaristes sont moins fantaisistes, les technologies utilisées dans les histoires à l’écran sont alors des projections dans le futur de leur potentiel aujourd’hui.

À chaque époque son fantasme du futur.

Alors, quelles sont les promesses technologiques qui ont attiré l’attention d’Hollywood en 2014?

Les histoires de nos futurs

En 2002, Rapport minoritaire (Minority report) a présenté des technologies qui sont désormais à portée de main (voiture autonome, interface cinétique, etc.). J’avais écrit en 2011 que le Rapport minoritaire n’était plus une fiction.

En 2014, plusieurs nouveaux longs-métrages vont aborder la technologie, chacun à sa façon.

En ce moment, sur les écrans, il y a Her, de Spike Jonze, qui aborde les conséquences d’une intelligence artificielle qui a réussi allègrement le test de Turing et joue à devenir notre amie (et même plus).

Pour ce billet, je vais m’attarder sur trois films qui vont sortir dans les prochains mois.

1) Téléchargez votre cerveau! (Transcendence, avec Jonny Depp)

Ce film raconte l’histoire d’un scientifique qui, sur le point de mourir, télécharge son esprit dans un ordinateur.

Cette idée de téléchargement de l’esprit (où chaque synapse est convertie en un bit), quoique tout à fait hypothétique, est devenue plausible comme sujet de conversation depuis l’an passé.

L’Europe veut recréer un cerveau humain à l’intérieur d’un supercalculateur, et les États-Unis ont aussi lancé le grand chantier de cartographie du cerveau.

À la mi-janvier, un superordinateur japonais a réussi à parfaitement cartographier 1 seconde de 1 % de l’activité du cerveau humain… en 40 minutes.

Sachant que, grosso modo, la puissance brute de calcul augmente tous les deux ans, il faudra une vingtaine d’années pour s’approcher de la parité entre l’activité cérébrale et sa cartographie en temps réel.

Mais de la cartographie au téléchargement de notre cerveau, il y a encore un gouffre!

2) La conquête spatiale est relancée (Interstellar, de Christopher Nolan)

Ce film raconte l’histoire d’explorateurs spatiaux qui partent dans les étoiles grâce à des trous de vers, ces failles dans l’espace-temps qui permettent de passer d’un lieu à l’autre.

Les trous de vers sont des théories non validées, et les voyages interstellaires vont se buter aux distances incommensurables pour encore très longtemps.

Mais la reconquête spatiale redevient au goût du jour grâce aux nouveaux arrivants — l’Inde, la Chine — ainsi qu’à l’entreprise privée.

Les Chinois ont envoyé un module sur la Lune en janvier. L’Inde aura son satellite en orbite autour de Mars. La Station spatiale internationale est approvisionnée régulièrement par une navette commerciale. Des compagnies cherchent à créer des mines sur des astéroïdes.

Une téléréalité a même proposé d’envoyer quatre humains sur Mars (sans espoir de retour). Deux cent mille personnes se sont proposées pour le poste.

Notre retour dans l’espace est tout à fait réalisable, et même inévitable. Après un hiatus d’une trentaine d’années (après le programme Apollo), l’odyssée de l’espace va pouvoir continuer avec les prochains « coureurs des bois ».

3) Les exosquelettes (Edge of tomorrow, avec Tom Cruise)

Un soldat qui combat des extraterrestres se retrouve dans une boucle temporelle et il en profite pour améliorer ses performances guerrières (notamment grâce à un l’exosquelette).

Si le voyage dans le temps est encore du ressort de la science-fiction, l’exosquelette du soldat n’est, par contre, plus une chimère pour très longtemps. L’armée américaine est sur le coup.

L’exosquelette est cette armature externe qui assiste tout le corps pour amplifier les mouvements d’une personne. L’usage militaire peut faire peur (« Tu n’es pas un soldat, tu es une arme », dit-on au soldat), mais au Japon, pays à la population vieillissante, ces exosquelettes vont plutôt aider les personnes à autonomie réduite à se mouvoir.

2014, cuvée intéressante?

Arthur C. Clarke, l’auteur de 2001, l’odyssée de l’espace, a dit une fois : « Toute technologie très avancée ressemble à s’y méprendre à de la magie. »

En règle générale, Hollywood traite la technologie comme de la magie. C’est le cas des autres films de 2014 comme Divergent (l’immersion dans le monde virtuel) ou Earth to echo et Jupiter ascending (contact avec des extraterrestres).

L’année 2014 ne nous donnera pas un film comme Rapport minoritaire, qui était une véritable carte routière des innovations à venir. Mais certaines des questions abordées cette année par Hollywood sont, assurément, tout à fait dans l’air du temps.