Billets classés sous la catégorie « Événements »

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Crédit photo : Ariel Garten, par Interaxon.ca

Dans mon plus récent billet, je vous ai donné un aperçu du type d’invités que Montréal s’apprêtait à recevoir. Si des activités du volet pré-Connect 2012 ont déjà lieu, cette semaine faste s’amorcera demain avec Boule de cristal, suivi mercredi de Webcom puis, jeudi, de Mixmédias. Je vous propose mes choix, qui ne sont que des suggestions dans cette manne…

Boule de cristal se présente comme l’événement en TI, et pour cette neuvième édition, la gestion de données sera au cœur de toutes les présentations, déclinée en différents thèmes : la visualisation, la gestion, l’innovation, l’exploitation et l’infonuagique. Des quelque 20 conférenciers, je ne manquerai pas Gordon Bell, chercheur principal pour Microsoft, et Ariel Garten, CEO de Interaxon, que l’on surnomme Brain Guru et qui fera une présentation ayant pour thème le contrôle des ordinateurs par le cerveau, mais tout en laissant le cœur parler. Beaucoup de présentations démystifieront certains aspects de l’infonuagique, dont celle de Mac Devine, directeur technique du Cloud Portfolio pour IBM Global Technology Services.

Le lendemain à Webcom, on parlera de marketing et de stratégies numériques, bien évidemment par le biais du cybercommerce et des réseaux sociaux. Bertrand Duperrin, conseiller à NextModernity, expliquera « Comment améliorer l’efficacité quotidienne grâce aux principes de l’entreprise 2.0 appliqués aux flux de travail », un sujet qui intéressera les entreprises et apportera un autre point de vue quant à la place du 2.0 en entreprise. Pour cette douxième présentation, Webcom tient en parallèle un événement consacré au gouvernement 2.0. L’instigateur du récent rapport à ce sujet, le député libéral Henri-François Gautrin, ouvrira les conférences de la journée. Vous pourrez par ailleurs suivre ce pan de la programmation en direct sur le web.

Le jeudi 17 mai, Mixmédias Montréal se consacrera à l’état présent des contenus numériques en discutant de contenus, de webtélé, de télé connectée et de revenus. La directrice de la distribution, des ventes et des partenariats américains pour Google TV, Adrienne McCallister, livrera une conférence sur l’avenir de la télévision. La conférence de Richard Millington, directeur général de FeverBee et de The Pillar Summit, discutera du ROI (retour sur investissement) des communautés pour les entreprises et les médias. Quelques Montréalais qui ont ouvert la voie en matière de gestion des contenus web et de réflexion sur les médias seront de la partie, dont Michelle Blanc pour parler de monétisation des contenus, Laurent Maisonnave pour participer au panel sur la «Social TV» et les développements commerciaux qu’elle permet, et Craig Silverman, qui abordera la transition du papier au web.

Très souvent, les prix élevés de ces grandes conférences créent une impression d’inaccessibilité, or Boule de cristal et Webcom offrent une formule d’inscription sans frais pour les présentations de fin de journée, et Mixmédias offre l’événement Montréal Web Vidéo à un prix raisonnable.

Information complémentaire :

Le rapport Gautrin : Gouverner ensemble

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Gordon Bell - crédit Queensland University of Technology sur Wikimedia Commons.

La semaine prochaine, le Tout-Montréal techno sera en effervescence de par la présentation en synergie de trois événements importants de l’industrie, soit Boule de Cristal, Webcom et Mixmédias Montréal. De grands noms qui pensent et développent le web participeront aux conférences et panels, dont Gordon Bell, pionnier de l’informatique et du web, auteur (avec Jim Gimmel) de Total recall et de Your life, uploaded et chercheur principal chez Microsoft. Après la lecture de Your life, uploaded, j’ai eu envie de poser quelques questions à ce chercheur légendaire.

Noter, classer et indexer la mémoire : le Memex

Gordon Bell est reconnu pour ses recherches sur la mémoire électronique et MyLifeBits (Mes parcelles de vie). Dans le livre Your life, uploaded, il élabore entre autres le concept de « lifelogging » ou si vous préférez « entrée de vie », qui consiste à enregistrer et à classer toute votre mémoire à des fins pratiques, mais aussi pour en tirer quelques enseignements. Lorsqu’on lui demande s’il y a un lien avec la philosophie humaniste, par exemple avec Montaigne qui parlait de lui pour nous amener à réfléchir sur notre condition, il me dit que pour l’instant, nous n’en sommes pas là… « C’était d’abord une préoccupation technologique – pouvons-nous le faire? Et pouvons-nous rendre cela utile –, et c’est le concept de Memex, tiré d’un article de Bush, qui nous a inspirés. » Il réfère ici à Vanevar Bush, qui, dans les années 40, créa le mot-valise « Memex » à partir de mémoire et index. « Mais, ajoute-t-il, les gens se sentent interpellés à l’idée d’être diaristes. Et ce que la technologie peut leur apporter, c’est un programme qui leur permet de créer un journal en ligne pour répertorier tout le contenu que l’e-mémoire emmagasine.»

Mais peut-on s’imaginer que la personne qui produit son e-mémoire pourra, au-delà du legs, apprendre elle aussi de ce processus? Gordon Bell précise alors que « oui, le lifelogging est un système qui peut aider une personne à développer son sens de l’observation et à apprendre de ce qu’elle observe ».

Apprendre et gérer la connaissance

Dans un précédent billet, je vous parlais de la gestion de la connaissance et de son importance dans un processus innovant. J’ai fait part à cet éminent chercheur de ma perception, c’est-à-dire que nous n’en sommes qu’au tout début de ce que nous pouvons appeler la gestion de la connaissance. Gordon Bell me répond que « nous sommes aux premiers jours de ce phénomène. Il y a de multiples outils et les compagnies travaillent pour créer des systèmes afin de soutenir l’organisation de toutes ces données pour mieux « gérer » chacune d’elles. Les plus récents enjeux dans ce domaine, me dit-il, sont de mieux comprendre le contexte de travail propre à chaque individu pour mieux adapter les outils. »

Un dossier de santé électronique, mais géré par le patient

Au sujet des dossiers de santé en ligne, le Québec a connu quelques faux espoirs. Et en discutant avec Bell, on se demande si l’informatisation des dossiers de santé doit partir de l’État pour descendre vers le citoyen ou si le contraire ne serait pas souhaitable. Il existe déjà des systèmes faits pour le patient, dont celui de Microsoft, HealthVault, qui propose que chaque patient soit en contrôle de son propre dossier de santé. Je lui demande si cette responsabilité de l’individu ne va pas de pair avec tout le processus de l’e-mémoire, même dans la gestion des renseignements de santé. Gordon Bell me répond, et les tenants de Microsoft n’en seront pas surpris, « nous sommes convaincus que tous les renseignements d’une personne doivent être accessibles et peut-être même sous sa responsabilité. Dans le cas du dossier de santé, chaque personne doit impérativement avoir une copie des données de son dossier fournie par les services de santé. »

Et la vie privée dans tout cela?

Comme vous le constatez, cette histoire de lifelogging est beaucoup plus sérieuse et porteuse pour le futur que nous le semblent parfois nos discours sur les blogues. Mais qu’en est-il de cette distinction entre le lifelogging et le lifeblogging? Le blogueur de vie (lifeblogger) tend à répandre une grande quantité d’information privée et en fait même le but de ses publications, tandis que l’idée du lifelogging est de consigner toute cette information, mais de n’en publier, au besoin, que des extraits choisis. Dans un contexte où les réseaux sociaux nous vendent à grand renfort sémantique l’idée qu’il faut partager toujours plus (même notre intention de faire un don d’organes), pouvons-nous imaginer qu’une ère de modération succédera à cette ère du dévoilement intégral? « Nous en sommes seulement au commencement de ce réseautage social sur le plan tant global ou des systèmes qu’individuel. Les gens commencent tout juste à comprendre ce qu’ils veulent vraiment partager et ce qu’ils préfèrent garder privé. On voit même des gens qui éprouvent une fatigue du partage sur les réseaux sociaux et qui se retirent. La question est donc : Pour encore combien de temps trouvera-t-on pertinent de tout partager? »

Il n’en demeure pas moins que le concept de vie privée est grandement remis en question… « La vie privée, me dit Gordon Bell, est constamment redéfinie au sein de différents pays, voire dans les différentes régions d’un pays et ensuite par chaque nouvelle génération. Au final, je crois que les gens vont distinguer ce qu’ils veulent partager avec le monde, leurs amis, leur famille ou… garder pour eux. »

Gordon Bell sera conférencier à Boule de Cristal, le 15 mai.

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Hier soir, lors de la manifestation nue des étudiants à Montréal (#manifnue sur Twitter), quelques centaines d’entre eux et leurs sympathisants ont eu la bravoure de prendre d’assaut les rues en petite tenue. Les slogans avaient de quoi faire sourire, par exemple : « On se les gèle pour le gel », « En sous-vêtements pour un gouvernement transparent! » ou « Nous sommes à un poil de la solution ». Même les policiers avaient le visage plus épanoui qu’à l’habitude. Il faut dire qu’on ne s’attendait pas à une grande violence de la part de nos « tout nus ». Si quelques incidents ont eu lieu, les gestes les plus remarquables ont été posés par la journaliste Anne Sutherland, déléguée sur place par The Gazette, qui a eu la bonne idée de critiquer l’apparence physique des manifestants. Pas en privé ou à l’oreille d’un ami, mais sur Twitter. En toute discrétion, quoi. Les réponses ne se sont pas fait attendre.

Dès qu’elle a commencé à publier des photos des manifestants avec des commentaires marquant son dédain – comme « Ewww » devant la photo d’un homme au dos velu ou encore « Celle-ci ne posera pas pour Playboy » (traduction de l’auteure) pour commenter les rondeurs d’une jeune femme –, des commentateurs outrés se sont empressés de lui répondre. Les plus gentils lui ont fait remarquer qu’elle n’était pas à un concours de beauté, d’autres n’ont pas hésité à lui dire de se montrer nue, elle aussi, qu’on puisse juger de cette perfection qui lui permettait d’être si critique. Le Conseil de presse du Québec a recueilli quelques commentaires de Mme Sutherland et les réponses qui ont suivi grâce à Storify.

Réputation en ligne 101 et les lendemains qui déchantent

Ce matin, la performance d’Anne Sutherland faisait l’objet de plusieurs billets, dont un sur le blogue de Dominic Arpin et un autre sur la publication web citoyenne Le Globe. Julien Acosta en faisait une nouvelle dans la section Actualités du site du Conseil de presse. Un des manifestants, après s’être reconnu dans les photos légendées de Sutherland, a ouvert une page Facebook pour exiger des excuses de la part de la journaliste. Sur la page Facebook d’Anorexie et boulimie Québec (ANEB), un organisme qui, dois-je le préciser, lutte contre les problèmes d’images corporelles, on publiait la compilation des propos de Sutherland effectuée par le Conseil de presse.

Ce matin, vous ne trouverez plus le compte d’Anne Sutherland sur Twitter (mais son compte Yfrog est toujours en ligne). Sentant que ses commentaires avaient soulevé une grogne qui allait croissante, elle l’a fermé à la hâte. Twitter existe depuis plus de cinq ans, et cette journaliste n’est pas la première à découvrir que même si vous écrivez « mes opinions n’engagent que moi », votre nom est associé à celui de votre employeur, et cela encore plus si vous travaillez pour un grand média. Le journaliste américain Nir Rosen et, plus près de nous, Jorge Contreras et Maxime Roberge ont appris cette leçon à la dure, perdant, dans le premier cas du prestige, dans le second un client et dans le dernier son emploi.

Autres sources et points de vue sur le web :

La galerie de photo La Presse : Manifestation « toute nue » à Montréal

Sur le blogue de Cécile Gladel : S’attaquer aux résidences privées des personnalités publiques?

L’article d’Anne Sutherland sur la manifesation : Montreal students stage a nearly-nude protest

Un aperçu de l’ambiance sur le compte YouTube de AvivaCam (David LaHaye) :

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Sur Bleury vers 15 h 45. Photo de l'auteure prise avec un iPhone.

Après Montréal ville des festivals, nous avons Montréal ville des manifestations. L’information sur ces mouvements citoyens et étudiants est largement diffusée sur les réseaux sociaux, en synergie, devons-nous ajouter, avec les médias radio, télé et écrits. Nous parlons bien d’une synergie de diffusion, pas d’idées. Le grand rendez-vous de ce printemps mouvementé lancé par Dominic Champagne devait être le Jour de la Terre. La page Facebook du rendez-vous citoyen pour le bien commun, « 22 avril », comptait tout près de 25 000 abonnés, et l’événement en comptait tout autant. Plusieurs attendaient impatiemment de voir combien de personnes sortiraient dans les rues de Montréal pour ce rassemblement sous la bannière de la solidarité sociale. Dans un contexte où l’on dénonce souvent l’activisme mou, dit « slacktivisme », qui s’épanouit sur Facebook, où on achète ses indulgences en un clic, Montréal a vu défiler, selon les organisateurs, de 250 000 à 300 000 marcheurs, soit 10  fois plus que l’adhésion Facebook… Militant d’expérience ou « slacktiviste » parfois en cavale, votre geste compte.

Sur les réseaux comme dans la vie, on a parfois besoin d’un peu de soutien…

Certains, à la suite de Malcolm Gladwell, le prophète des médias sociaux, vous diront qu’il est facile de soutenir une cause ou de dire « oui » à une invitation en un clic pour bien garnir son profil Facebook ou encore se donner bonne conscience. Dès 2010, Gladwell a mis en doute ce militantisme du clic (voir l’article du Center for Social Innovation) en expliquant que le changement réel ne s’effectue pas par les réseaux, mais par une organisation hiérarchique. Très souvent, le geste concret, c’est-à-dire de se déplacer ou même de faire un don en ligne, trace une frontière entre les militants qui ont besoin du soutien d’un groupe sur les réseaux ou ailleurs des vrais « slacktivistes ». Mais un geste concret, cela peut être d’organiser le soutien en ligne…  Quand la cause nous tient à cœur, il faut reconnaître que de joindre notre voix à celles des militants sur le terrain recèle une grande satisfaction et nous donne l’impression d’être une joyeuse troupe de meneuses de claque pour nos héros du jour. Sur cette question, le sociologue français Olivier Blondeau, spécialiste du web, répondait que ce bruit que nous faisons à titre de citoyens irrités équivaut très souvent à « glisser de très gros cailloux dans les chaussures de ceux qui vous embêtent ». Et si notre appui peut servir, c’est déjà mieux que de se taire.

Beaucoup de bruit autour d’une date : colocataire du mot-clic (hashtag) #22avril

On trouvait sur le compte Twitter « @22_avril_2012 » un mot-clic suggéré, soit le #22avril, lié aux présences Facebook du même nom. Ces différents comptes avaient été créés par l’agence Commun (son directeur, Martin Ouellette, explique son engagement sur son blogue). Sur le compte Twitter du Jour de la Terre, aucun mot-clic n’était employé. Cela a son importance, car c’est en utilisant un mot-clic qu’un groupe peut se rassembler sur Twitter ou suivre à distance ce qui se dit. Pour les analystes des stratégies sociales, l’utilisation du mot-clic lié à un événement servira à mesurer l’activité et à la quantifier. Donc, dans le cas présent, un autre événement est venu brouiller le fil du #22avril. Dès le début du mois, le premier tour de la présidentielle de France a été associé au mot-clic #22avril, soit la date de l’événement. En analysant avec Topsy.com, les différents mots-clics utilisés soit #22avril, #manif22avril et #22avril2012 (les utilisateurs de Twitter étant créatifs, il y en avait bien plus), c’est le #22avril qui domine nettement, même lorsqu’on a retranché les termes se rapportant à l’élection française. Quelque 10 000 tweets on été envoyés en quelques jours, dont plus de la moitié le jour de l’événement, avec un pic marqué entre 13 h et 15 h. Le graphique mettant en rapport les trois mots-clics se trouve ici.

Les « constats » : je partage, donc j’y étais…

Si le mot « partage » semble avoir été redéfini (les plus cyniques diront galvaudé) par Facebook et à la suite les autres réseaux sociaux, dans le cas d’un événement symbolique comme le Jour de la Terre, la publication de matériel produit par les utilisateurs des réseaux (souvent dit UGC pour user generated content) permet de multiplier les angles et les points de vue. À titre de petit diffuseur, l’utilisateur des médias sociaux a le sentiment, par son point de vue de citoyen, de participer au rayonnement de l’événement tout en affirmant son identité : j’y étais, j’ai participé, je vous en livre les constats photographiques, les microblogues et les vidéos. Tandis que les médias télé, radio et écrits devront restreindre l’espace accordé à la couverture de ce Jour de la Terre aux significations multiples, les utilisateurs des médias sociaux vous proposent une multitude d’angles, dont certains sont faits pour vous faire sourire, d’autres pour vous attendrir, tandis que certains vous offrent un point de vue de l’intérieur, comme si vous étiez. Et, à mon humble avis, c’est déjà un très noble objectif qui est atteint. Je vous offre quelques liens, bon parcours…

Les photos sur Twitter correspondant à #22avril (notez que celles de l’élection présidentielle y est mêlée)

Les pancartes du 22 avril 2012 chez Petit Gamin.

La une des principaux quotidiens de Montréal commentée par Éric Parazelli

Notre marche du 22 avril

Laurent LaSallePAX East : un salon du jeu ouvert à tous

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 publié le 11 avril 2012 à 12 h 37
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Penny Arcade est une bande dessinée en ligne mise à jour régulièrement depuis 1998. Elle met en vedette Gabe et Tycho, les alter ego respectifs du dessinateur Mike Krahulik et de l’auteur Jerry Holkins, que l’on retrouve généralement au milieu d’une conversation en lien avec les jeux vidéo ou l’actualité technologique.

Attirant en moyenne près de 3,5 millions de lecteurs au quotidien, la bande dessinée, tantôt satirique tantôt humoristique, est l’une des plus populaires sur la toile. Elle s’adresse à un public averti, considérant par exemple que l’un de ses personnages récurrents est un robot de forme humanoïde qui extrait le jus des fruits en les forniquant (d’où son nom, que je ne répéterai pas ici). Vous voyez le genre?

Le succès de Penny Arcade est tel que ses instigateurs ont mis en place leur propre salon dédié au jeu, tant les jeux vidéo que les jeux de table (des jeux de rôle comme Donjons et Dragons ou des jeux de société classiques). Son nom : Penny Arcade Expo (PAX).

PAX Prime et PAX East

En réalité, PAX se divise en deux événements distincts : PAX Prime (l’événement original existe depuis 2004 et se déroule à Seattle) et PAX East (l’événement pour la côte est existe depuis 2010 et se déroule à Boston). Ces événements attirent individuellement entre 60 000 à 70 000 participants, un nombre nettement supérieur à l’Electronic Entertainment Expo (E3), salon annuel du jeu vidéo qui attire en moyenne 40 000 participants.

De plus, contrairement à E3, qui est réservé aux gens de l’industrie, PAX est ouvert à tous. Par conséquent, il est convenu d’y croiser des centaines de costumédiens (ou cosplayers en anglais), dont certains arborent un accoutrement à couper le souffle (dans tous les sens du terme).

PAX East 2012 avait lieu la fin de semaine dernière, soit les 6, 7 et 8 avril. N’écoutant que mon courage, j’ai bravé les kilomètres en voiture pour vous livrer un compte-rendu de mon expérience.

Conférences

Dans la même veine que le Comic-Con de San Diego, PAX East offre un horaire de conférences portant sur une panoplie de sujets diversifiés : les communautés en ligne, comment bâtir son propre jeu de rôle, comment devenir concepteur de jeux vidéo, la dépression chez les maîtres de jeu, etc. Par contre, pour poursuivre la comparaison avec E3, à PAX East, les fabricants ne prennent pas la scène pour dévoiler les produits qu’ils planifient lancer dans l’année.

Parmi les conférences auxquelles j’ai assisté, je dois admettre que ma préférée a été celle animée par Jordan Mechner, le père de la franchise Prince of Persia. Visiblement timide, Mechner a raconté ses débuts, lorsqu’il programmait pour le plaisir de la chose sur son Apple II, à une époque où « il n’y avait pas d’Internet pour nous dire que développer son propre jeu était impossible ». Son premier jeu, Deathbounce, fut fortement inspiré d’Asteroids, le succès de 1979.

Un aperçu de Deathbounce

Seulement, lorsqu’il envoya sa réalisation à Broderbund Software, son studio préféré, on critiqua l’aspect vieillot de son jeu (même pour 1982). C’est à ce moment qu’il fit la distinction entre le jeu d’arcade, programmé de sorte que le joueur dépense tout son argent pour développer ses habiletés et obtenir un meilleur score, et le jeu domestique, qui aurait tout intérêt à raconter une histoire. Deathbounce ne sera jamais publié, mais de cette réflexion naîtra Karateka, et par la suite Prince of Persia.

Tandis que Mechner répondait à quelques questions à la fin de sa présentation, quelqu’un s’est empressé de lui demander de rendre disponible le code source de Deathbounce. Mechner a d’abord trouvé l’idée ridicule, et bien qu’il tentait par tous les moyens d’expliquer l’absurdité de la chose, la foule est demeurée insistante. Il a abdiqué le jour même par le biais de son blogue. Il en a profité par la même occasion pour rendre son jeu libre de droits. N’importe qui peut maintenant le compiler pour en faire une version pour n’importe quelle plateforme.

Jeux

Bien que l’engouement des annonces n’atteigne pas celui d’E3, certains studios ont profité de l’événement pour dévoiler des nouveautés. C’est le cas entre autres de 2K Games, qui y a présenté une version interactive de XCOM : Enemy Unknown, un reboot de la populaire franchise des années 90.

XCOM : Enemy Unknown préserve le genre établi par son prédécesseur. Il s’agit donc d’un jeu de stratégie dont l’interaction se fait à tour de rôle. Bien que cette caractéristique ait cédé sa place à une interaction en temps réel de nos jours, certains studios semblent prêts à assumer le risque en ressuscitant ce style de jeu. J’en parlais d’ailleurs dans la conclusion de mon billet sur Kickstarter avec le jeu Wasteland 2.

La perspective isométrique est préservée dans XCOM : Enemy Unknown

Le jeu respecte donc en tout point la version originale. Vous êtes responsable d’une base militaire internationale anti-extra-terrestre et vous devez à tout prix défendre la planète contre l’envahisseur. L’ambiance est cyberpunk, un genre qui fait également un retour (avec des titres comme Deus Ex : Human Revolution). On retrouve les mêmes races d’extra-terrestres aux côtés de quelques nouveaux venus. Le jeu prend également quelques libertés, comme celle de limiter les troupes à six soldats au maximum, afin d’offrir une meilleure expérience de jeu.

D’autres jeux étaient également sur le plancher : FarCry 3, FireFall, Borderlands 2, Hitman : Absolution, Assassin’s Creed 3 et j’en passe. J’aurai peut-être l’occasion de vous en reparler dans un autre billet.