
La tablette numérique plutôt que les livres et cahiers d'exercices ou un tout nouveau moyen d'apprendre par le jeu? Par inuse pictures via Wikimedia Commons
Déjà en 2008, ITBusinessEdge rapportait que près de 40 % des jeunes travailleurs seraient prêts à quitter un employeur qui n’autorise pas l’utilisation de Facebook au travail, tandis que plus de 20 % seraient embêtés par une telle pratique. Dans un monde du travail où le web et l’utilisation des réseaux sociaux sont encore vus comme une distraction, que fera-t-on de cette future cohorte de travailleurs qui aujourd’hui apprennent à utiliser Twitter au primaire? Selon Forbes, il faudra que le marché soit prêt à accueillir ces personnes pour qui les réseaux sociaux constituent des outils de travail et qui sont habituées à une rétroaction rapide.
Le changement est en cours…
Si vous avez l’impression que les jeunes adultes ont tous un téléphone cellulaire, vous n’êtes pas loin de la vérité, car selon le CEFRIO, en 2011, plus de 80 % des 18-24 ans en possédaient un (rapport NETendances sur la mobilité en pdf). Point besoin de vous dire que c’est un chiffre qui ne baissera pas. Et, tandis qu’encore un bon nombre d’adultes n’ont jamais caressé du doigt une tablette numérique, en début d’année, l’école privée Jean-Eudes, à Montréal, annonçait l’arrivée, à l’automne 2012, de l’iPad dans ses classes secondaires. D’autres projets pilotes ont cours partout au Québec (article d’Infobourg), et nous ne sommes qu’au balbutiement de l’école numérique.
Le choc des générations
Dès que l’on considère les plus de 45 ans, notre chiffre, déjà sous la barre des 80 % pour les 35-44 ans, continue sa chute rapide. Ce qui explique peut-être, en ces temps de perturbation sociale, la surprise qu’ont certains de voir tous nos étudiants se promener avec un appareil mobile à la main. Mais voilà, si les « Y » dépassent un peu les « X », qu’en sera-t-il de nos natifs numériques, aussi dits millenials aux États-Unis, nés après l’arrivée du nouveau millénaire et qui « tweetent » allègrement dès qu’ils savent écrire et échangent avec des étudiants d’autres pays grâce aux outils 2.0 ? Sous le mot-clic #globalclassroom, on est vite pris de vertige en voyant ce que la nouvelle génération nous prépare. Qu’apporteront à la table de travail ces futurs employés? Voici ce que Jeanne Meister, collaboratrice du magazine Forbes suggère, dans un article intitulé Tweeting today, innovating tomorrow : meet your future employees…
Une vision élargie et un état d’esprit « global »
Selon Meister, quand les petits du primaire de 2012 arriveront sur le marché du travail, leur utilisation des médias sociaux et du web leur donnera une vision plus large, parce que nourrie par de l’information et des contacts à l’international. Ainsi, ils auront déjà une intelligence « culturelle » qui leur permettra d’agir et d’influencer des collègues des quatre coins du globe. Ce qui ne paraît pas si fantaisiste quand on sait tout le travail délocalisé qui s’effectue au sein des compagnies internationales.
Une rétroaction accélérée de leur part et de celle de leur employeur
Je vous parlais dans un précédent billet de ce qui rend les entreprises innovantes, dont la capacité de répondre rapidement à un nouveau problème. Alors, tandis que nous acceptons qu’il nous faille réagir toujours plus vite aux critiques et aux demandes des clients, qu’en est-il de la rétroaction faite aux employés? Le schème connu est encore l’évaluation de rendement annuelle, avec objectifs pour l’année suivante. Désolée, mais dans un marché qui valorise des cycles d’innovation de six mois, les employeurs de nos natifs numériques devront pouvoir réagir et commenter au même rythme.
Encourager la flexibilité
Tandis que nous nous inquiétons du futur de Facebook ou de Twitter, les enseignants qui observent leurs jeunes pupilles utiliser ces médias constatent que ce n’est pas l’outil qui compte, mais bien la gym cérébrale que les différents outils requièrent (un article de Digital à ce propos). Or, Twitter ou tout autre média qui le remplacera peut-être un jour sera utilisé de la même façon pour réagir rapidement, créer des équipes virtuelles et trouver des solutions aux problèmes qui surviendront.
La frontière jeu et travail s’estompe
Si on nous avait promis une société des loisirs dans les années 70, celle qui se dessine semble plutôt tendre vers un univers où le jeu et le travail se confondent, l’apprentissage s’appuyant sur des tablettes, voire des jeux vidéo. Gamification du milieu de travail? C’est déjà en marche…
_____________
Des enseignantes québécoises qui utilisent Twitter : Annie Côté et Brigitte Léonard
Des exemples de médias américains qui mettent l’épaule à la roue : le réseau PBS Teachers, des ressources en ligne pour les enseignants et le réseau d’apprentissage pour étudiants et enseignants du New York Times, The Learning Network Blog





