Billets classés sous la catégorie « Commerce en ligne »

Cette semaine, on a une preuve de plus que bitcoin s’impose dans la grande finance internationale. Neuf grandes banques travaillent actuellement ensemble « pour offrir une solution numérique de services financiers basés sur le blockchain ».

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Appelé aussi keychain block, ou registre des transactions, le blockchain est une espèce de grand livre comptable ouvert où sont enregistrées les transactions des bitcoins du monde entier, et ce, depuis l’apparition de la célèbre cryptomonnaie.

Tout récemment, je vous faisais remarquer que la cryptomonnaie gagnait en popularité et que plusieurs nouvelles récentes indiquaient qu’un changement majeur était en cours (Lire Gartner 2015 : ces technos qui tombent ou qui montent).

J’écrivais que penser la cryptomonnaie seulement en termes de spéculation bitcoin, c’était comme juger la valeur du web en 1993 à partir de ses GIF animés.

C’est la chaîne de blocs de transactions de bitcoins, pas la monnaie bitcoin elle-même, qui est au coeur de cette transformation qui rendrait possible le stockage en toute sécurité des données de transaction en dehors des réseaux fermés des banques.

Le registre des transactions a le même profil que le HTML à l’époque : sous une apparence simplette, le code offre pourtant des opportunités qui peuvent avoir des effets majeurs – comme le web sur la société depuis son apparition.

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Le but : éviter la chute des banques?

Les banques participantes incluent Goldman Sachs, JPMorgan, Royal Bank of Scotland, UBS et Crédit Suisse. Celles-ci se sont associées à R3, une jeune société en démarrage de New York, pour développer des prototypes et des protocoles basés sur le registre des transactions.

Ce n’est pas un signe qu’il faut se ruer vers un guichet bitcoin pour s’en procurer. Le registre a plus d’avenir que le bitcoin lui-même.

Un tel registre permettrait d’enregistrer, de réconcilier et de déclarer des transactions financières avec un degré de sécurité et de transparence qui n’a d’égal que sa marge d’erreur, quasi nulle, et son faible coût. Du moins telle est la promesse.

À la clé, ces neuf banques cherchent peut-être à sauver leur peau. Si leurs recherches mènent à des avancées significatives, on peut entrevoir deux scénarios qu’on pourrait résumer grossièrement ainsi :

  1. L’intégration du registre entraîne une décentralisation totale des marchés financiers où les acteurs des marchés peuvent se passer des infrastructures centrales.
  2. Son intégration se fait à l’intérieur d’infrastructures internes existantes et la barrière à l’entrée continue d’exister.

Pour le commun des mortels, il se pourrait que tout cela reste invisible (comme pour le HTML, que personne ne remarque aujourd’hui). Mais si cela fonctionne, je crains que certaines institutions ou des emplois dans des institutions financières disparaissent.

Verrons-nous alors des titres de journaux annoncer des licenciements massifs dans les banques, comme jadis on annonçait des licenciements massifs dans des usines?

Le 23 octobre dernier, Google dévoilait son annuel Consumer Barometer pour l’année 2014. Dans une interface entièrement revampée, le baromètre offre les résultats de deux sondages menés auprès de 150 000 répondants dans 46 pays par TNS Sofres : le Global Connected Consumer Study 2014 et le Consumer Barometer Study 2014. Le but est de donner aux spécialistes du marketing une meilleure idée du comportement des consommateurs en ligne. Les données sont présentées selon trois grandes catégories : l’utilisation d’Internet selon le nombre d’écrans, les habitudes d’achat en ligne ainsi que la consommation de vidéo en ligne.

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Utilisation d’Internet selon le nombre d’écrans

Chacun des tableaux générés par Google montre les 10 premiers résultats. Dans la catégorie multiécrans, quelques données spécifiques au Canada ont attiré mon attention. Le baromètre Google montre que, chez nous, le consommateur moyen possède trois appareils branchés à Internet. C’est l’un des taux les plus élevés du monde, derrière l’Angleterre, l’Australie et les Pays-Bas, qui trônent tout en haut de la liste. Cela dit, les Canadiens ne figurent pas aussi haut dans la liste des plus grands utilisateurs de téléphone intelligent. Seulement 57 % d’entre eux en possèdent un, ce qui est bien loin de Singapour, le champion de la catégorie avec ses 85 %. Nous sommes tout de même de grands utilisateurs d’Internet, tout juste derrière le Japon et la Corée du Sud, puisque nous sommes 89 % à l’utiliser tous les jours et huitièmes dans notre utilisation des médias sociaux. Dans cette dernière catégorie, la Turquie surprend, puisque 92 % de sa population en ligne consulte les médias sociaux tous les jours.

Habitudes d’achat en ligne

En Corée du Sud, 75 % des répondants ont effectué leur dernier achat en ligne. Au Canada, ils ne sont que 11 %. Quand il leur arrive de magasiner en ligne, c’est presque toujours avec leur ordinateur (88 % des cas). Le téléphone intelligent (7 %) et la tablette (4 %) ne sont pas des outils de choix pour effectuer ce genre de transaction au Canada. La Corée du Sud (43 %), le Vietnam (30 %) et la Chine (29 %) dominent dans le nombre d’achats effectués par téléphone intelligent. Cela dit, au Canada, nous sommes 48 % à consulter Internet avant de faire cet achat, ce qui semble être dans la moyenne mondiale. Ces données sont cohérentes avec cette étude de eMarketer qui indique qu’on préfère encore magasiner sur Internet que de passer à l’action en ligne.

Au Canada, la catégorie d’achats en ligne la plus populaire est le voyage. En effet, 72 % des répondants canadiens ont acheté un billet d’avion en ligne, et 64 % d’entre eux ont effectué une réservation d’hôtel. Ce qu’ils achètent le moins en ligne au Canada? L’épicerie. Ils sont moins de 2 % à le faire. Pour le moment, le baromètre de Google offre 10 catégories d’achats pour générer de nouveaux graphiques: assurances auto, billets de cinéma, vêtements et chaussures, avion et loisirs, épicerie, électroménagers, maquillage, téléphones mobiles et télévision. D’autres pourraient se rajouter selon la demande.

Consommation de vidéo en ligne

En Europe de l’Est et en Amérique du Sud, les consommateurs aiment regarder des vidéos en ligne avant d’acheter un produit. La tendance est beaucoup moins lourde au Canada qui ne s’adonne à cette pratique que dans 9 % des cas. Les Brésiliens et les Argentins regardent des vidéos en ligne à deux, puisque respectivement 30 % et 25 % d’entre eux l’ont fait en compagnie de leur conjoint. Au Canada, seulement 16 % des utilisateurs ont regardé leur dernière vidéo en ligne en couple. Et la course pour capter l’attention est toujours d’actualité. Avec la généralisation du mode multitâche, on pourrait penser que les internautes s’adonnent souvent à d’autres tâches, que ce soit en ligne ou pas, pendant qu’ils regardent une vidéo. Cependant, chez nous, 65 % des répondants disaient se consacrer seulement à la vidéo, ce qui nous place dans une tendance mondiale. L’Allemagne domine cette catégorie avec 73 %, suivie par la Hongrie à 71 %.

Et où se regardent ces vidéos qui captent tant notre attention? Surtout à l’école ou au travail, en ce qui concerne la majorité des répondants aux sondages de Google. Au Canada, c’est un nombre écrasant de 93 % d’internautes qui regardent des vidéos en ligne à la maison. Seulement 24 % des Canadiens le font au travail ou à l’école, comparativement aux 44 % de Chinois.

Un outil modulable

Bien sûr, Google ne présente que quelques résultats sur la page d’accueil du baromètre. Il n’y a que 12 tableaux préconstruits sur l’ensemble des questions des deux questionnaires.

Cela dit, l’outil est très flexible et permet de créer ses propres graphiques, selon les questions et le pays qu’on trouve intéressants dans la section Graph Builder. À l’aide de filtres (le pays, le sexe, l’âge, les revenus et le statut parental), on peut ensuite sélectionner les questions qui nous intéressent le plus dans la section désirée. Très pratique.

 

Catherine MathysVers la reconnaissance du bitcoin

par

 publié le 8 octobre 2014 à 13 h 58

Cette semaine, la Bitcoin Foundation a mis sur pied un groupe de travail dans le but d’accorder au bitcoin la stabilité et la reconnaissance légale qui lui font toujours défaut.

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Les étapes de la standardisation

Le groupe de travail se compose de 20 membres bénévoles et est présidé par une ancienne ingénieure de la NASA, Beth Moses. Plusieurs étapes permettront d’atteindre le statut tant souhaité de monnaie internationale reconnue.

Dans un premier temps, le groupe veut inscrire le bitcoin au tableau des codes ISO-4217, qui désigne les lettres qui représentent toutes les monnaies reconnues du monde, comme CAD pour le dollar canadien. Cette simple accréditation ferait donc entrer le bitcoin dans le même cercle que toutes les autres monnaies du monde reconnues par les institutions financières. Ce n’est pas rien pour une cryptomonnaie qui n’a que 5 ans. D’ailleurs, le code international du bitcoin serait XBT, qui a déjà été adopté par certains services ou outils comme Xe.com, Oanda and Bloomberg.

En plus de ce code, la Fondation Bitcoin souhaite également obtenir un symbole unicode comme $ pour le dollar. De plus, et ce sera peut-être sa démarche la plus concrète, elle reverra les règles de subdivision du bitcoin. La Fondation mentionne qu’une monnaie a toujours une unité de base, comme 1,00 $, ce qui lui permet par la suite de faire des subdivisions à partir de cette première donnée (ce sont les deux zéros à la droite du 1). Avec le bitcoin actuel, il y a 8 subdivisions, alors théoriquement, on pourrait vous payer 0,00000001 bitcoin. C’est bien sûr un peu absurde pour le consommateur, mais surtout, une telle subdivision ne cadre dans aucun système comptable existant.  

À qui le bitcoin profiterait-il?

Le bitcoin, s’il en vient à devenir une monnaie légitime fait miroiter toutes sortes de possibilités pour ceux qui espèrent diversifier leurs sources de revenus en ligne et attendent l’instauration plus généralisée du micropaiement en ligne. C’est le cas pour l’industrie journalistique comme cet article du Time y fait référence. Ce serait par exemple, une façon de se défaire du modèle actuel où le contenu dépend de la publicité. Un système de micropaiement pourrait amener une toute nouvelle économie de l’information, qui permettrait aux créateurs de contenu de vendre certaines parties de leur contenu à la pièce.  

L’idée n’est pas nouvelle en soi comme en fait foi cet article du même auteur datant de 2009. Cela dit, plus que jamais, le bitcoin rend la chose possible. Il existe, pour cette cryptomonnaie, de nombreux services encore plus faciles d’utilisation que ceux qui sont déjà en place, par exemple PayPal. Ils s’appellent ChangeTip, BitWall ou Coinbase et visent à rendre le micropaiement en ligne aussi simple qu’un clic. Walter Isaacson raconte que, alors qu’il était éditeur nouveaux médias pour le Time en 1994, il avait songé à instaurer un modèle de micropaiement pour ses articles. Toutefois, l’engouement des agences de publicité pour les bannières en ligne lui permettait d’offrir son contenu gratuitement. Il parle de son choix comme d’une erreur, pour le web en général et pour le journalisme en particulier. Non seulement le modèle d’affaires n’était-il pas durable, mais, plus encore, il a semé la terrible graine du contenu gratuit sur Internet. Vous la connaissez la suite. Après 20 ans de gratuité, difficile de changer de modèle.

Le principe du micropaiement aux origines du web

Selon Isaacson, le micropaiement lui-même faisait partie des plans des pionniers du web. Dans son livre The innovators, il mentionne que Ted Nelson, qui a inventé le terme hypertexte, souhaitait que le web soit un réseau de liens à double sens qui exigeraient l’approbation de l’auteur de la page vers laquelle le lien nous dirige. Isaacson souligne que, si le web avait véritablement fonctionné de cette façon, l’agrégation de contenu ne serait pas reine comme en ce moment. Il mentionne aussi que Tim Berners-Lee, l’inventeur du web, avait déjà considéré l’instauration d’une forme de contrôle de droits et de paiements. Cela dit, à cause de la complexité des règles bancaires et par respect pour le principe d’universalité du réseau, il a choisi de rejeter l’idée. Cette dernière est cependant revenue en 2013, bien que ces nouveaux protocoles ne soient toujours pas élaborés. Avec le bitcoin, ils ne seraient peut-être pas nécessaires, pense Isaacson.

Enfin, il mentionne Marc Andreessen, créateur du premier portail web en 1993, Mosaic, qui espérait également implanter un système de micropaiement, mais, même problème, ni la technologie ni le système bancaire ne permettaient de le faire. Aujourd’hui, Andreessen est devenu investisseur pour des entreprises qui se spécialisent dans l’implantation de systèmes de transaction bitcoin. Tiens tiens, tout est dans tout, comme on dit.  

Catherine MathysLe commerce mobile: la prochaine révolution

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 publié le 17 septembre 2014 à 12 h 01

Le commerce mobile semble avoir le vent dans les voiles et de nombreuses entreprises ont flairé la bonne affaire. Facebook s’est mis à tester un bouton « acheter », en juillet dernier, et maintenant, Twitter et Apple se tournent également vers des solutions de transactions mobiles. Les technologies sont là. Il ne reste plus qu’à changer nos façons de consommer et au Canada, ce n’est pas encore gagné.

Les premiers pas de Twitter vers le commerce en ligne

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Twitter souhaite lui aussi incorporer un bouton « acheter » à ses tweets pour permettre aux utilisateurs d’acheter un produit directement sur sa plateforme. Pour le moment, cette fonctionnalité ne se trouve que sur les appareils mobiles et avec un nombre très limité de partenaires, comme Home Depot, Burberry ou encore pour des artistes comme Rihanna et Eminem. Ils ne sont que 28 partenaires, mais le nombre sera appelé à augmenter rapidement, semble-t-il.

Ce n’est pas la première fois que Twitter se lance dans le commerce en ligne. Cela dit, on a simplifié la procédure qui était plus lourde lors de la première tentative. En effet, il fallait tweeter un mot-clic spécifique en lien avec le produit qu’on voulait acheter et ensuite, il fallait diffuser dans les 15 minutes un deuxième mot-clic, reçu par courriel, pour conclure la transaction. Ouf! Cette fois-ci, ce sera un simple bouton. Gageons que ce sera beaucoup plus populaire.

Pour Twitter, la diversification des sources de revenus est évidemment une grande motivation, puisqu’elle dépend entièrement de la publicité à l’heure actuelle. Cela dit, il s’agira d’un pas de plus vers un changement de philosophie pour les utilisateurs de la plateforme qui l’ont vu progressivement se monétiser, avec l’arrivée de la publicité et des tweets commandités.

Apple et son dernier-né Apple Pay

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De plus en plus de joueurs développent des solutions de commerce mobile. Hormis Twitter, c’est bien sûr Apple qui a attiré tous les regards dans les derniers jours. En fait, la plus grosse annonce du plus récent lancement d’Apple n’est pas forcément celle qui a retenu l’attention. Bien sûr, il y a le nouveau iPhone6 et l’Apple Watch, mais plusieurs personnes pensent que le service Apple Pay est véritablement le produit le plus porteur parmi tous ceux présentés la semaine dernière.  En effet, il semble que les ventes de produits comme les tablettes et les téléphones soient en baisse et que la promesse de croissance se trouve davantage dans les iTunes, iBooks et AppStore.

Qu’est-ce que Apple Pay? Il s’agit essentiellement d’un service qui permet de faire des transactions directement avec son téléphone grâce à la technologie NFC. Martin Lessard, collaborateur à Triplex et à La sphère, nous livrait les explications à propos de ce nouveau service à l’émission du 13 septembre dernier. L’enthousiasme est palpable et plusieurs pensent qu’il s’agit de la prochaine révolution technologique dans notre quotidien. Dans cet article du Soleil, Yvon Audette, leader national en matière de services-conseils en TI chez KPMG, mentionne qu’Apple Pay pourrait vite faire partie des habitudes des Canadiens et que le service irait même jusqu’à sonner le glas du portefeuille physique.

Cela dit, tout n’est pas gagné pour Apple Pay, ni pour les autres gros joueurs du domaine, car l’achat mobile ne semble pas encore entièrement intégré aux mœurs des Canadiens.

Le commerce mobile : une longue adaptation au Canada

Aux États-Unis, on estime que d’ici la fin de 2017, les utilisateurs de téléphones intelligents vont dépenser 90 milliards de dollars en paiements mobiles, soit 48 % de plus qu’en 2012. De ce côté-ci de la frontière, on remarque encore un certain retard. Selon un récent rapport, il est estimé que 54,4 % des Canadiens achèteront en ligne cette année, que ce soit avec un ordinateur fixe ou un appareil mobile. C’est beaucoup moins que nos voisins américains, dont 62,5 % de la population achète en ligne.

Cette autre étude montre à quel point les achats avec un appareil mobile ne sont toujours pas intégrés à la routine des Canadiens. En effet, en analysant le premier trimestre de 2014 de deux marchants en ligne, l’étude illustre que les transactions sur un ordinateur fixe restent trois fois plus nombreuses que les transactions mobiles. Ce sont bien sûr les plus jeunes qui se tournent plus facilement vers le commerce en ligne. Ces chiffres de 2012 mentionnent que 13,6 % des 16-24 ans, la catégorie la plus active, achetaient sur Internet, contre 5,6 % des 65 ans plus, la catégorie la moins active. Cela dit, les Canadiens ne sont peut-être pas à blâmer. Il faudrait plutôt voir du côté de l’offre pour trouver une explication. En effet, 40 % des commerçants canadiens n’ont pas de site transactionnel. Ce sont souvent les plus petits commerces de 40 magasins ou moins qui tirent de l’arrière. Les ventes représentaient 17,7 % des ventes au détail au Canada en 2013. Une croissance de 13,5 % est prévue dans les quatre prochaines années, mais encore faut-il que l’offre soit au rendez-vous.