Billets classés sous la catégorie « Balado »

Martin LessardZcast, votre propre radio parlée

par

 publié le 25 janvier 2016 à 12 h 28

Vous vous rappelez Periscope et Meerkat? Ce sont ces applications qui vous permettent de diffuser de la vidéo en direct de votre cellulaire en un seul clic.

La nouvelle application Zcast, sortie jeudi dernier, se présente comme le Meerkat de la baladodiffusion.

Plus proche de Meerkat que de Periscope par son interface, Zcast offre la possibilité, en un seul clic, de diffuser, en direct, une conversation en ligne (offert seulement sur iOS et sur le web, pour l’instant).

Il est possible d’inviter des amis à se joindre à soi pour animer la conversation. Pour l’instant, il faut utiliser un compte Twitter pour se connecter comme diffuseur.

L’avantage numéro un, comme pour Meerkat et Periscope, c’est la possibilité de savoir qui est à l’écoute et d’interagir avec l’auditoire (par le truchement de l’outil de clavardage).

FullSizeRender2

Est-ce l’avenir de la radio?

Si l’on compare l’évolution de la vidéo directe sur l’internet mobile après la sortie de Meerkat et de Periscope, il y a fort à parier que de multiples compagnies vont aussi se lancer dans l’aventure et proposer des solutions similaires de diffusion audio en direct.

Est-ce pour autant une révolution en radio? Il me semble prématuré de penser que Zcast sera le fossoyeur de la radio telle qu’on la connaît.

Disons que l’arrivée de Zcast ajoute une pierre au nouvel édifice de la démocratisation des médias en général et de la radio en particulier.

En permettant la diffusion en direct simplifiée, Zcast est ce qui se rapproche le plus de la radio traditionnelle.

Vous avez Radio-Canada dans vos poches

Dans vos poches, vous avez maintenant à la fois le studio d’enregistrement et la diffusion en ligne. Vous avez donc la capacité d’avoir votre propre ICI Première dans vos poches!

Ce qui demande une équipe complète pour la société d’État ne prend plus maintenant qu’un appareil cellulaire récent et quelques applications gratuites ou presque.

Devant cette « concurrence », puisque toutes les barrières technologiques et financières à l’entrée ont été réduites au minimum, qu’ont vraiment les radios traditionnelles de plus à proposer?

Les radios traditionnelles ne pouvant plus se définir par leur monopole technique, elles se distinguent maintenant des nouveaux médias (à défaut de trouver un terme plus adéquat) par deux choses : son auditoire, qu’il a réussi à capter au fil des ans, et sa part du marché publicitaire (ou de subvention, dans le cas d’une société d’État).

Cet auditoire et ces parts de marché permettent aux radios traditionnelles d’investir à la fois dans la qualité technique et dans la qualité de programmation.

Mais cette logique professionnelle qui les distingue des amateurs (au sens noble du terme) les fait glisser inexorablement vers du contenu généraliste.

Déjà, grâce à la baladodiffusion, il est possible d’entendre parler de philosophie, d’histoire ou de sciences et d’écouter des débats d’idées (politiques, artistiques ou sociologiques) plus de 5 ou 10 minutes.

Sur ce terrain, la radio traditionnelle est poussée à jongler rapidement entre les sujets, allant le moins possible en profondeur, pour plaire à tout le monde à la fois.

La baladodiffusion vise plutôt l’inverse et permet aisément de s’attarder sur une thématique pointue. La radio parlée en direct, avec Zcast, peut dorénavant le faire aussi.

L’arrimage avec la radio

Mais n’allez pas croire que ce sera un raz-de-marée. Cette nouvelle radio en direct viendra surtout se loger dans les interstices que la radio traditionnelle ne pourra pas occuper, coincée dans sa logique généraliste.

Zcast vient de coller une pièce importante du casse-tête, qui libère les producteurs de balados de la programmation en différé dans laquelle ils sont cantonnés.

En accédant au direct, ces producteurs de contenus audio vont peut-être prendre goût à l’enivrant vertige d’être en direct et de capturer une part de l’auditoire traditionnel à la recherche d’autres options radiophoniques.

L’arrimage que je vois poindre, c’est la possibilité pour la radio généraliste de harnacher des voix originales de la même façon que le Huffington Post a harnaché les blogueurs. Sur la plateforme web du Huffington Post, il y a un mélange de journalistes payés et de commentateurs bénévoles.

Une station de radio pourrait offrir l’agrégation de ces nouvelles voix comme un complément à sa programmation principale.

Pourquoi pas? À suivre, donc.

Catherine MathysGeneral Electric se lance dans la baladodiffusion

par

 publié le 2 octobre 2015 à 14 h 45

Aux États-Unis, la baladodiffusion a vraiment le vent dans les voiles. On attribue beaucoup ce nouveau succès à la fulgurante popularité de Serial, qui est devenue l’automne dernier la première série en balado à atteindre 5 millions d’écoutes ou de téléchargements dans l’histoire d’iTunes.

Cela dit, les données du Pew Research Center montrent que ce moyen de diffusion avait déjà commencé son ascension au cours des dernières années. Les avancées technologiques, notamment la mobilité, ont fortement contribué au renouveau de l’intérêt pour les balados.

Les statistiques sont sans équivoque, tout, dans les chiffres liés à la baladodiffusion, est en pleine ascension : le pourcentage d’adeptes américains, la sensibilisation du public, le nombre de balados offerts et le nombre de téléchargements.

Entre 2008 et 2015, on est passé de 9 % à 17 % d’Américains qui ont écouté une balado dans le mois précédent. Au Canada, l’engouement est moins palpable tant en auditoire qu’en revenus, comme je l’expliquais sur ce blogue l’an dernier. Vous pouvez également écouter François Dominic Laramée à Samedi et rien d’autre à ce sujet. Visiblement, c’est encore difficile, voire impossible de vivre de son émission en balado au Canada, contrairement aux États-Unis.

General Electric et The Message

General Electric (GE) se joint à la danse en lançant sa propre émission en balado, The Message, le 4 octobre. Dans cette série de 8 épisodes, on suivra Nicky Tomalin qui tentera de décrypter un message reçu de l’espace il y a 70 ans.

the-message-podcast

The Message se veut une émission de fiction, mais l’investigation menée à travers des reportages et des entrevues lui donne des allures de vérité, pour ne pas dire des allures de Serial. Il s’agit d’une coproduction de Panoply, le réseau de baladodiffusion de Slate, et de General Electric. Bien sûr, la technologie de GE aidera au dénouement de l’histoire.

On retrouvera aussi du contenu supplémentaire sur le site de Cypher, l’entreprise fictive pour laquelle travaille la protagoniste, et on pourra aussi suivre celle-ci sur son blogue. Pour Andy Goldberg, directeur créatif pour GE, si The Message connaît le succès escompté, elle pourrait être la première d’une longue série d’émissions baladodiffusées.

Du marketing de contenu nouveau genre

S’agira-t-il simplement d’une longue publicité pour l’entreprise? Sans doute un peu, mais fort habilement déguisée. On raconte la marque à travers une histoire dans un moyen de diffusion qui a la cote. On renouvelle le marketing de contenu. Ce n’est pas la première fois que GE tente une aventure du genre. Dans les années 50, il y a eu le General Electric Theater, une série télévisée animée par nul autre que Ronald Reagan dans laquelle on pouvait voir des acteurs comme James Dean et Bette Davis.

GE aime bien défricher de nouveaux territoires. Elle a aussi été parmi les premières grandes marques à se retrouver sur Vine, Instagram ou Snapchat. De 35 à 40 % de son budget de marketing est dépensé dans les médias numériques.

Avec toute cette saga d’AdBlock, M. Goldberg croit que plus d’entreprises feront comme GE pour réinventer la façon de rejoindre la clientèle.

Le balado The Message sera dès dimanche sur iTunes, Spotify, Stitcher, Soundcloud, Overcast et TuneIn.

 

Catherine MathysLa balado : un moyen de diffusion qui a de l’avenir

par

 publié le 28 novembre 2014 à 11 h 53

Connaissez-vous la baladodiffusion Serial? Véritable phénomène avec ses 5 millions de téléchargements ou d’écoute en flux continu sur iTunes seulement, elle serait même le plus grand succès que le genre ait connu depuis sa création. Elle raconte l’histoire, sur le mode du radio-documentaire, d’une journaliste qui rouvre une enquête sur le meurtre d’une adolescente de Baltimore en 1999. On vient d’ailleurs de confirmer qu’il y aura une deuxième saison de la série.

SERIAL

Baladodiffusion : la petite histoire

La baladodiffusion a environ 10 ans. Le mot anglais podcasting vient de la contraction d’iPod, le baladeur numérique d’Apple et de broadcasting, qui veut dire « diffusion ». Ce nom aurait été trouvé par Adam Curry, ex-VJ à MTV, qui a grandement contribué à la popularisation du concept. On l’appelle d’ailleurs le « podfather », soit « père de la baladodiffusion ».

La baladodiffusion a connu un développement en dents de scie. Dans les dernières années, le New York Times et le Boston Globe ont peu à peu abandonné les leurs par manque d’intérêt et de revenu. Mais le vent semble tourner.

Le vent dans les voiles

Dans les six derniers mois aux États-Unis, plusieurs réseaux de baladodiffusions issus de radiodiffuseurs publics ont vu le jour : Infinite Guest par American Public Media, SoundWorks par PRI, et Radiotopia par PRX. La chaîne publique WNYC a également ajouté davantage de baladodiffusions à son offre, qui comprenait déjà Radiolab, qui a eu beaucoup de succès. C’est la même chaîne qui produit Serial. 

Même les médias écrits se sont lancés dans la mêlée. Le magazine Slate aurait doublé sa production de baladodiffusion dans les deux dernières années. Il en produit même une sur l’épisode de la semaine de Serial. Une balado sur une balado. Mise en abyme, s’il en est.

Cela dit, le financement de la première saison de Serial n’a pas été de tout repos. L’équipe a même dû puiser à même les fonds de l’émission de radio This American life, produite par la même station. Il fallait trouver d’autres moyens de financer une éventuelle seconde saison. Le public a répondu présent à ces demandes de dons. Additionnés aux commandites, ces derniers assurent donc une continuité à la série.

La clé du succès des balados

Selon le Washington Post, il y a eu 1 milliard d’abonnements à des baladodiffusions en tout genre l’an dernier aux États-Unis. Ils sont 75 millions d’auditeurs chaque mois. Alors que la radio traditionnelle rejoint encore 240 millions d’auditeurs par semaine, les avancées de la mobilité promettent un brillant avenir pour les baladodiffusions.

Cela dit, l’engouement renouvelé autour de ce mode de diffusion ne serait pas étranger à sa monétisation. Il semble que la publicité des baladodiffusions ait trouvé un auditoire complètement captif. En effet, comme le souligne Andy Bowers, de Slate, on ne peut pas changer de poste comme à la radio, et peu font l’effort de sauter la publicité de peur de manquer du contenu.

Selon une étude interne de Midroll Media, qui produit notamment le réseau de baladodiffusions Earwolf et qui vend de la publicité pour baladodiffusions, sur 300 000 auditeurs, 63 % auraient acheté un produit après sa présentation dans une balado. Ce genre de chiffres fait monter les enchères pour l’achat d’espace publicitaire et, en bout de piste, ce sont les baladodiffusions qui en bénéficient.

La relation d’intimité des auditeurs avec l’animateur de la balado serait également un facteur. Ce serait vu comme une recommandation plutôt que comme une publicité, d’où l’intérêt de signaler clairement le contenu créatif du contenu publicitaire pour éviter toute confusion.

La mobilité garante de l’avenir

Et quand on aime les balados, on les aime beaucoup. Un Américain sur 5 qui en consomme, en écoute en moyenne 6 par semaine. Une des explications à cette popularité réside dans la facilité d’utilisation, mais aussi dans la croissance fulgurante de la mobilité un peu partout. En juin dernier, comScore dénombrait 18 millions de téléphones intelligents au Canada, soit une augmentation de 12 % par rapport à juin 2013.

Cela dit, au Canada, la baladodiffusion ne génère pas encore les mêmes chiffres qu’aux États-Unis, que ce soit en matière d’auditoire ou de revenus. Notre partenaire anglophone, CBC, serait le plus gros joueur de notre côté de la frontière avec plus de 1 million de téléchargements de baladodiffusions par semaine.

Jusqu’à présent, CBC faisait des tests en créant du contenu exclusivement pour la baladodiffusion avec l’appui de commanditaires. Toutefois, comme l’auditoire était considéré comme trop petit, les publicitaires ne semblaient pas convaincus. Mais, selon Chris Boyce, directeur de la radio et de l’audio à CBC, le vent semble tourner grâce aux plateformes numériques, qui permettent de consommer du contenu radiophonique n’importe où et n’importe quand.

 

Étrange choix que celui de mettre un code QR sur un site, sans le lien vers l’App Store ni Google Play…

Cela fait déjà quelques années qu’on prédit que la géolocalisation sera la prochaine avancée en marketing. Pourtant, le positionnement géographique d’un utilisateur grâce à un appareil mobile pourrait être utilisé à bien d’autres escients que celui de faire connaître les rabais chez les marchands à proximité. Par exemple, on pourrait mettre en lumière les expositions ou activités d’un site historique ou culturel. Eh bien, depuis l’an dernier, Wifarer travaille sur un projet de localisation interne au Musée royal de la Colombie-Britannique qui commence à faire parler…

Un système interne de géolocalisation

Les systèmes de géolocalisation externes se fondent sur la technologie GPS, ou « global positionning system » qui s’appuie sur les signaux satellites. On a souvent remarqué que cette technologie est moins efficace à l’intérieur d’un édifice en raison des structures qui atténuent les signaux satellites. Pour pallier, des compagnies ont travaillé sur des IPS, soit les Indoor Positionning Systems ou systèmes de positionnement intérieur qui, plutôt que de positionner sur une carte un utilisateur grâce à un signal satellite, se basent sur des repères ou points d’ancrage (anchors ou nodes en anglais) à l’intérieur d’un édifice ou d’un ensemble d’édifices. Exit le petit code QR à l’entrée d’une salle ou dans un corridor, qu’on doit scanner pour accéder à une page d’information ou à une vidéo complémentaire. Cela relègue tranquillement le code QR à la fonction d’outil d’entrée pour accéder à une application ou pour les campagnes publicitaires de proximité. Et encore là, il est très décevant lorsqu’on navigue sur une tablette de se trouver devant un code QR censé mener à l’application à télécharger (comme c’est le cas sur le site du Musée royal). Je suis sur le Web, je veux cliquer et me rendre sur la page, pas sortir mon téléphone pour scanner mon écran… Enfin.

Stimuler l’engagement du visiteur

De toute évidence, on souhaite, avec l’utilisation de cette nouvelle technologie, enrichir l’expérience du visiteur et maximiser son engagement avec les contenus proposés, plutôt que de le cantonner à suivre passivement un trajet conçu pour tous. Le Musée royal de la Colombie-Britannique propose donc une visite « personnalisable » qui se met à jour selon l’endroit où se trouve le visiteur. Le visiteur peut aussi, par la carte proposée, choisir un objet ou une collection particulière et y être guidé par le système de positionnement pour ensuite explorer en profondeur, grâce à son appareil mobile, la documentation et les médias complémentaires qui sont proposés. S’il est un fervent admirateur du mammouth laineux, il pourra approfondir sa connaissance du sujet, tandis que son voisin passera à un autre sujet.

Mettre à jour la technologie et travailler avec les contenus existants

Dans le cas du vénérable Musée royal et son édifice plus que centenaire, le déploiement wi-fi à l’intérieur des murs à demandé à lui seul deux mois. Par la suite, la création des contenus à intégrer aux visites ou aux zones spécifiques a été assez facile, puisque les conservateurs et chercheurs cumulent déjà une foule de documents vidéo et audio relatifs à leurs objets d’études, en plus des archives de l’institution. C’est donc cette matière combinée à celle des visites déjà proposées qui constitue un parcours enrichi.

Une tendance qui suivra la montée en popularité des téléphones intelligents

En août, le Musée constatait que 6 % de ses abonnés et visiteurs avaient téléchargé la nouvelle application gratuite. Pour la direction, cela était plus que satisfaisant, car de plus en plus de Canadiens ont en leur possession un appareil mobile qu’ils transportent avec eux partout. C’est donc ces 45 % de Canadiens possédant un mobile selon les chiffres consultés par le Musée (un chiffre en croissance et plus élevé dans les strates plus jeunes de la population) que vise la direction.

Utiliser toutes les possibilités qu’offre la technologie

Ayant commencé ma carrière dans le milieu muséal, les plus récentes expérimentations de nos institutions québécoises avec des appareils mobiles m’avaient laissée sur ma faim, puisque rien d’autre que l’habituelle visite audio n’était offerte sur iPod ou iPhone. Les possibilités de personnaliser le contenu de la visite, de se concentrer sur un objet ou une période présentée pour accéder, par exemple, à la recherche plus approfondie des équipes d’un musée n’étaient pas encore utilisées. On découpait en codes QR et extraits audio la même visite qu’on aurait proposée sur cassette 10 ans plus tôt.

Cela dit, les exemples existent maintenant, outre le Musée royal de la Colombie-Britannique, l’American Museum of Natural History de New York a même six applications reliées à sa mission.

Au Québec…

Pour Montréal, on trouve sur la page de la Société des directeurs de musées de Montréal une application proposant des trajets dans les musées de la ville. La Société des musées québécois a une version mobile de son site appelée Musées à découvrir. Les grandes institutions culturelles étant un terreau fertile pour l’utilisation de la technologie de façon créative, les projets doivent déjà foisonner.

Les sources sur le sujet

Un article de 2011 sur Thot Cursus – Formation et culture numérique : Les applications mobiles des musées, juste des audioguides améliorés?

Sur Forbes : Indoor location comes to the Royal BC Museum

Vendredi dernier, j’étais l’invité de l’émission Bande à part afin de parler de l’état des lieux de la baladodiffusion au Québec dans une table ronde avec Benoît Mercier et Laurent Maisonnave. J’ai trouvé les questions de l’animateur Alexandre Courteau si bonnes qu’il m’est venu l’idée d’écrire sur le sujet, afin de compléter mes réponses (tout en relevant les bonnes interventions de mes collègues).

Benoît Mercier, moi-même et Laurent Maisonnave

Il faut dire que le sujet s’inscrit dans l’actualité, puisque l’équipe de l’émission Les mystérieux étonnants ont organisé le Podcast All-Stars, un premier rendez-vous des acteurs de certains des meilleurs balados du Québec sur la terrasse d’Ubisoft Montréal en début de semaine.

Un déséquilibre entre les hommes et les femmes?

D’entrée de jeu, Alexandre nous demande pourquoi aucune femme ne se trouve à la table de discussion. S’il est vrai que la gent féminine n’était à peu près pas représentée à l’événement, il serait faux de croire que ce fut toujours le cas.

En fait, j’ai de la difficulté à ne pas avoir en tête des noms de femmes quand je pense aux premiers balados québécois m’ayant le plus influencé. Il y a d’abord Vu d’ici / Seen from here, une émission musicale animée par Marie-Chantale Turgeon, mise à jour de 2005 à 2007. Ensuite 45 tours, le balado de P45 était une émission également musicale, animée par Julien Cayer, accompagné d’Annie et Catherine Bélanger, mise en ligne de 2006 à 2008. Du côté de la vidéo, on retrouve Casey Mckinnon à la barre de Kitkast, une capsule informative sur le sexe, ayant débuté en 2005 (sans oublier Galacticast lancée en 2006). Finalement, urler.tv, un collage vidéo collectif mensuel, piloté par Véronique Boisjoly et Anne-Marie Bergeron.

Ça fait quand même beaucoup de femmes. Mais où sont-elles aujourd’hui? La question demeure entière. Je dois admettre que je ne connais pas la totalité de l’offre de baladodiffusion québécoise, alors si vous en connaissez, je vous invite à nous les faire découvrir dans la section commentaires ci-bas.

L’avenir de la baladodiffusion

Est-ce une mode passagère ou est-ce que ça va rester? La sacro-sainte question. Selon Benoît, puisque les outils sont maintenant dans les mains du public, il va de soi que cette méthode de transmission est là pour rester. Ce débat me fait beaucoup penser à la mort annoncée de la radio, au moment où la télévision gagnait en popularité dans les foyers (particulièrement en Amérique du Nord). Une hypothèse qui ne sera jamais confirmée à mon humble avis.

Selon Patrick Beauduin, responsable à Radio-Canada de la Première Chaîne et d’Espace musique, la baladodiffusion est une technologie de transition qui cédera bientôt sa place à la diffusion sur le web, un moyen plus simple d’obtenir du contenu. Effectivement, cette façon de s’alimenter est plus efficace, mais ne peut devenir la norme dans un monde où on n’est pas perpétuellement connecté à Internet – lorsqu’on se trouve en avion ou dans le métro par exemple.

Je crois qu’il ne faut pas confondre l’outil et le contenu. La baladodiffusion est une méthode de transmission sur le web de contenu audio ou vidéo par fil RSS. L’auditeur peut s’abonner à une émission (communément appelée podcast, ou balado) en ajoutant l’adresse du fil RSS dans les signets d’un agrégateur de contenu (un logiciel, tel iTunes) d’obtenir le plus récent contenu de façon automatique. Le RSS est une technologie « béton » qui est au centre de tout le web d’aujourd’hui.

Par rapport au contenu, il faut faire une distinction claire entre le contenu des médias traditionnels et le contenu indépendant (qui englobe une importante sous-catégorie : le journalisme citoyen). Les invités à l’événement Podcast All-Stars sont tous des créateurs de contenu indépendant. Si la baladodiffusion disparaît du jour au lendemain, ceux-ci trouveront le moyen de livrer leur contenu autrement.

Le cas CUTV, la télévision communautaire de l’Université de Concordia qui a joué un rôle important avec sa couverture des manifestations du printemps dernier, ferait frémir les médias de masse selon l’animateur de Bande à part. Outre le fait qu’il ne s’agit pas concrètement d’un balado, cette démarche s’inscrit dans le journalisme citoyen, une sorte de retour du balancier face à la crainte que certains médias puissent influencer la manière de rapporter l’information. Ces deux types de journalisme sont complémentaires, selon Laurent Maisonnave.

L’auditeur ne risque-t-il pas de préférer les contenus spécialisés au détriment de ceux proposés par les grands médias? Je crois que l’être humain aime la variété. Sans compter que cette préférence peut varier d’une personne à l’autre.

Le contenu indépendant, tant audio que vidéo, est loin d’être sur le point de disparaître. Heureusement.

À lire également :