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À défaut de trouver l’âme sœur, Tinder, la populaire application de rencontres, offre maintenant la possibilité de trouver son candidat présidentiel. Brillant! Les jeunes Américains peuvent maintenant, grâce à une nouvelle fonction, glisser le pouce à droite ou à gauche selon leur avis sur le mariage gai ou la peine de mort, par exemple.

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Pour chacun des 10 sujets présentés, on propose un petit résumé informatif, dans le but de faire un choix plus éclairé. Une fois les 10 thématiques passées en revue, l’application indiquera aux utilisateurs le candidat présidentiel qui représente le mieux leurs opinions personnelles. Ils pourront aussi savoir comment ces dernières se situent par rapport aux autres candidats. Un peu comme notre boussole électorale qui nous indique où l’on se situe par rapport à tous les partis.

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Pour mettre au point cette opération de charme politique auprès des milléniaux, Tinder s’est associée à l’organisme à but non lucratif Rock the Vote, qui vise à inciter les jeunes à voter.

La technologie derrière « Swipe the Vote » n’est pas nouvelle. En fait, c’est exactement ce que fait déjà l’application Voter qui n’a d’ailleurs pas hésité à s’associer à Tinder pour avoir accès à cette masse de jeunes qui utilisent déjà l’application de rencontres. On avait commencé à voir le potentiel de Tinder dans la course électorale quand des partisans de Bernie Sanders et de Marco Rubio leur avaient créé des profils. Cette initiative-ci, plus structurée, amène véritablement la politique sur le terrain de jeu des milléniaux. Et si, pour les intéresser à la politique, il suffisait d’aller là où ils se trouvent?

Samedi dernier à La sphère, je vous parlais de Microsoft Garage, une branche expérimentale de Microsoft, et d’une de ses plus récentes applications, Mimicker Alarm. En voici une nouvelle, dévoilée hier en catimini, sur iOS cette fois (elle est aussi accessible sur le web).

Il s’agit de News Pro, une application qui passe par Bing News, l’agrégateur de nouvelles du moteur de recherche Bing, de Microsoft, pour concevoir un fil d’actualité basé sur la profession ou les intérêts professionnels de l’utilisateur.

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Encore un autre agrégateur?

Oui, je sais, il existe déjà des tonnes d’applications qui peuvent nous suggérer des nouvelles selon nos intérêts, Flipboard ou encore Feedly, pour ne nommer que celles-là.

Là où News Pro innove, c’est qu’elle utilise votre titre, ce que vous faites dans la vie, pour vous faire des suggestions de lecture. Quand vous lancez l’application, vous avez le choix de vous connecter via votre compte Facebook ou votre compte LinkedIn. C’est en utilisant les informations sur ces sites qu’on détermine ce qui vous est présenté. Bien sûr, tout dépend de la nature des relations que vous entretenez sur ces réseaux sociaux. Comme mes contacts dans Facebook sont moins ciblés que dans LinkedIn, j’ai préféré ce dernier pour avoir des nouvelles liées au journalisme ou aux nouvelles technologies, bref, aux sujets qui nourrissent mes interventions professionnelles.

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Quand vous cliquez sur le contenu qui vous intéresse, une fenêtre s’ouvre et l’article en question apparaît dans son site original, mais à l’intérieur même du site de News Pro. Les articles apparaissent répertoriés par thèmes, mais vous pouvez aussi choisir, avec l’onglet Explore, d’élargir votre palette d’intérêts. C’est une bonne chose parce que, comme dans le cas des suggestions d’emplois dans LinkedIn, certaines suggestions d’articles peuvent paraître incongrues.

Une réelle plus-value?

L’application est expérimentale et demeure plutôt rudimentaire. On se sert des commentaires du public pour continuer d’améliorer ses fonctionnalités. C’est comme cela que Microsoft Garage fonctionne. Cela dit, News Pro comporte déjà quelques éléments dignes de mention.

Comme le mentionne cet article, on ne tente pas de simplifier à outrance la sélection des nouvelles, au contraire, on offre une multitude d’options pour arriver au fil d’actualités le plus pertinent possible pour un domaine d’expertise. Notez que la plupart des options ne sont accessibles que dans la version mobile de l’application.

L’option « speedy » est l’une d’entre elles. Certains la comparent au « Reader View » sur Safari, d’autres à l’option déjà offerte avec l’application SmartNews. Il reste qu’elle vous permet d’obtenir une version allégée de l’article qui vous intéresse en retirant la publicité ou autres éléments qui ralentissent son chargement. C’est utile.

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La jungle des agrégateurs

Plusieurs notent déjà les étranges similitudes entre Apple News et News Pro. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle puisque News Pro n’est offerte que dans le magasin d’applications d’Apple. En fait, la plus grande différence, c’est que News Pro puise sa source d’information dans Bing News (donc on ne manque pas de sources puisque c’est un moteur de recherche).

Autre distinction, dans News Pro, on peut non seulement aimer (avec un coeur), mais aussi commenter les articles à même l’application. Mais est-ce que ce sera suffisant pour convaincre les utilisateurs d’Apple News de changer d’application? Ce serait étonnant. Pour tous ceux qui n’ont pas adopté d’agrégateur, c’est un départ intéressant, à condition d’être clair et à jour dans sa présentation en ligne. Et d’avoir un iPhone. La version web nous laisse plutôt sur notre faim.

 

Martin LessardComment voir les ondes radio

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 publié le 30 novembre 2015 à 11 h 38

Architecture of Radio est une application qui permet de voir les ondes électromagnétiques qui vous entourent.

Cette nouvelle application, prévue initialement pour décembre, mais sortie en fait ce mois-ci (sous iOS pour l’instant et bientôt Android), utilise diverses bases de données, dont celles de OpenCellID et de la NASA, qu’elle croise avec votre position géographique obtenue par GPS.

Pointez votre appareil tout autour de vous, comme avec n’importe quelle application de réalité augmentée, et l’application ajoute une couche qui visualise les sources électromagnétiques dans votre environnement proche.

L’écran de votre iPad ou iPhone rend « visibles » les ondes émises par les antennes relais des compagnies de téléphonie mobile, les routeurs wi-fi et les satellites dans le ciel.

Vous verrez alors apparaître un paysage fantasmagorique formé des ondes électromagnétiques qui vous enveloppent.

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Ça nous rappelle le film La matrice, dans lequel le héros « voit » le code autour de lui.

Le résultat est moins un exercice scientifique de détection d’ondes qu’une façon artistique d’illustrer l’invisible. En effet, l’application ne sert pas à trouver des sources d’ondes qui ne seraient pas dans les bases de données, mais à donner une représentation visuelle des sources d’ondes déjà connues.

Par exemple, il se peut fort bien que votre propre borne wi-fi ne s’y trouve pas. Par contre, vous serez sidéré de voir toutes les autres sources d’ondes qui existent dans les alentours!

Ça commence par le rayonnement spatial et les satellites dans le ciel. Vous verrez un monde composé de lignes et de rayons qui vous enveloppe entièrement.

Vous verrez aussi les relais des compagnies de téléphonie mobile et les bornes wi-fi partout autour de vous, comme s’il s’agissait des arbres d’une forêt de cristal lumineux. Accompagné d’un bruit de crépitement, l’effet est plutôt saisissant.

« Richard Vijgen [l’auteur de l’application] est un designer spécialisé […] dans la visualisation des données. Il s’agit d’une forme de communication à mi-chemin entre l’art et la science qui consiste à créer des représentations visuelles à partir de la masse de données hétérogènes que produit le monde numérique […]. » (source)

Précisons encore une fois qu’il ne s’agit pas d’un détecteur d’ondes (votre iPhone ou iPad ne capte rien), mais d’une façon artistique de représenter le monde tel qu’il serait si on pouvait voir les ondes électromagnétiques à l’oeil nu. Le concept est d’ailleurs présenté dans une exposition artistique sur l’infosphère qui a lieu en ce moment à Karlsruhe, en Allemagne.

Ceux qui s’opposent aux compteurs électriques dits intelligents (émetteurs de radiofréquence) ou aux bornes wi-fi chez eux seront horrifiés. Même s’ils enlèvent la paille dans leur oeil, il restera malgré tout les poutres dans les yeux de leurs voisins.

L’application coûte 3,50 $.

Aujourd’hui, Google lance le site Android Experiments, soit le pendant mobile du populaire Chrome Experiments.

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En fait, c’est la même idée. Google vise à y présenter des applications qui repoussent les limites de la technologie et des interfaces sur les appareils Android. Chrome Experiments a été jusqu’à présent un terreau bien fertile pour les expériences virtuelles en tout genre. On se souviendra, entre autres, du merveilleux clip interactif d’Arcade Fire The Wilderness Downtown.

Comme son prédécesseur, Android Experiments sera à code source ouvert dans le but que d’autres développeurs puissent en connaître le fonctionnement. C’est d’ailleurs le moment, si vous êtes développeur, de soumettre vos projets.

Une première galerie

La galerie présentée sur le site d’Android Experiments propose une première mouture de 19 expériences qui vont de l’outil d’exploration urbaine Landmaker à la visualisation musicale Carolina en passant par quelques jeux pas piqués des vers. Je vous le dis tout de suite, je ne me tiens pas responsable du temps que vous allez passer à jouer à Tilt. 😉

Les applications présentées ont été conçues avec des outils comme Android SDK et NDK, Android Wear, le tableau de contrôle IOIO, Cinder, Processing, OpenFrameworks et Unity. Ce serait chouette d’y voir un projet québécois!

Source

Martin LessardLe contexte comme interface humain-machine

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 publié le 10 juin 2015 à 16 h 06

En technologie, une interface désigne un dispositif qui permet à deux systèmes d’interagir. Vous, chers lecteurs, êtes un système quand vous interagissez avec une machine, qui est un autre système.

Tous les jours, une interface vous permet d’accéder à un monde de données qui ne seraient probablement pas à votre portée autrement.

Quand vous allez au guichet automatique, quand vous ouvrez votre cellulaire ou même en ce moment, quand vous êtes en train de lire Triplex, vous utilisez une interface.

Les interfaces sont partout.

Alors quand on se retrouve à une conférence intitulée « No Interface » à Tout le monde UX, une série de rencontres sur l’expérience utilisateur qui a eu lieu lundi dernier à Montréal, on se demande bien où cela va nous mener.

La meilleure interface, c’est l’absence d’interface

Ce conférencier, c’est Golden Krishna, et son livre The Best Interface is No Interface explique bien sa pensée. Selon lui, les interfaces aujourd’hui sont inutilement compliquées et les écrans sont des intermédiaires souvent inutiles.

« Pourquoi avoir une application sur son cellulaire pour déverrouiller sa voiture si les deux systèmes [le cellulaire et la voiture] sont déjà connectés? Pourquoi ne pas juste prendre en compte que je tire la poignée? Le contexte indique bien que je veux entrer dans la voiture, non? »

La meilleure interface, c’est l’absence d’interface, nous dit-il.

En discutant avec lui, j’ai compris qu’il jouait un peu sur les mots. Je paraphrase : la meilleure interface, c’est l’absence d’écran.

La réponse des ingénieurs aujourd’hui consiste à ajouter un écran (ou une application) pour gérer un appareil ou un processus. Et du coup, ils nous forcent à faire une pause et à choisir dans un menu l’action qu’on souhaite faire.

« Des capteurs de mouvement sous le coffre arrière de la voiture peuvent détecter mon pied et faire ouvrir le coffre quand mes deux mains tiennent les sacs d’épicerie. Mon cellulaire peut détecter que la chaleur a augmenté dans la voiture et baisser la température en communiquant directement avec système de climatisation quand je suis en train de rouler. »

Techniquement, ce n’est pas compliqué.

Le vrai travail se fait en amont, dans les bureaux des ingénieurs qui doivent réfléchir à quoi les fonctions serviront réellement, et arrêter de tout pelleter sur les écrans-interfaces qui forcent à faire des choix.

Le contexte sera l’interface

L’interview a ensuite bifurqué vers ces interfaces qui « n’existeront plus ».

Bien sûr qu’elles existeront encore en tant que concept. Mais dans l’avenir, elles seront en grande partie physiquement intégrées dans l’environnement contextuel, celui qui entoure nos actions.

Déjà certains thermostats anticipent notre retour et chauffent la maison avant qu’on mette le pied dans la maison.

Le contexte est riche en information, et de plus en plus d’applications ou d’outils le prendront en compte pour mieux vous servir.

Google Now on Tap, une fonction annoncée récemment, tient de cette promesse.

Vous êtes en vacances et une église vous intrigue; Google est capable de comprendre la question « quel est le nom de cette église ». Longtemps les machines n’ont pu prendre une telle fonction en charge par manque de contexte explicite. Avec le GPS, le cellulaire est capable de faire comprendre à Google de quelle église vous parlez!

Fondre l’interface dans l’environnement

D’une certaine manière, l’idée derrière no interface laisse sous-entendre qu’il n’y a plus deux systèmes qui interagissent l’un avec l’autre, mais un seul qui évolue dans le même espace.

La proposition est claire : en incluant le contexte, l’environnement qui nous entoure, dans le système, grâce aux nouveaux capteurs, devient la machine.

Et sans interface, nous sommes dans la machine, dans l’environnement-machine. Nous semblons former un seul système.

Nuançons. Ce n’est pas tout à fait vrai : vous existez toujours en tant que système indépendant. Mais c’est l’impression que cela donnera. L’impression que nous faisons un tout avec l’environnement sans la présence d’une interface explicite.

Et il ne faut pas nécessairement avoir peur.

La « machine sans interface », devenue notre environnement, sera là pour nous aider, pour faciliter notre vie.

Nous fondre dans la machine

L’affrontement annoncé dans les films de science-fiction populaires à la Terminator n’aura pas lieu. On parle davantage ici de symbiose personne-machine, ou peut-être même de symbiose personne-réseau.

Cette invitation à amalgamer l’interface à l’environnement donne le ton à cette nature technologique qui détermine à son tour de plus en plus la nature humaine aujourd’hui.

C’est l’aube de ce qui porte le nom d’informatique ubiquitaire, ou même intelligence ambiante. Nous deviendrons nous-mêmes les interfaces du monde de demain.

Telle est la promesse.

La question qui me hante maintenant : à quoi ressemblera leur bouton « J’accepte »? Vous savez, comme celui qu’on voit sous les longues conditions d’utilisation des logiciels, celui sous les textes qu’on ne lit jamais, mais sur lequel on clique toujours?